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Full text of "Mémoires"

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L 






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MEMOIRES 



* 



DE LA SOCIETE 



DEB 



ANTIQUAIRES DE LA MORINIE 



■ f 



Saint-Omer. — Typ. Fleury-Lemaire. 



* i 



MÉMOIRES 



/ » 



DE Li SOCIETE 



DES ANTIQUAIRES 



DE LA MORINIE 



■o«cc^o- 



TOME XIH. — K 864-1 869. 



Doctrina investigando restituet. 




Tumerel, hbraire, rue du Commandant. 

A SAINT-OMBR l { 

Legier, libraire, Grand Place. 



▲ PAmis : 



| D brache, libraire, rue Montmartre, 48. 



M DCCG LXIX. 



3>£ <*// 
Mrr? Se 

v,/3 



SOCIETE DES ANTIQDAIRES DE LA MORINIE 



-0&XS90- 



DICTIONNAIRE GÉOGRAPHIQUE 



DK l/ARRONDISSEMENT 



DE SAINT-OMER 



*'»* ? 



754 



DICTIONNAIRE 

GÉOGRAPHIQUE 

DE l'aRRONDISSEMENT 

DE SAINT-OMER 

AYANT 1789 

COMPRENANT 

Les nonis de licux, villes, bourgs, bamcaux, chàlcaux, censes, fermes, mouliné, écarts, 

monastères, pricurés, commanderies, maisons de Templiers, chapelles, 

hdpitaux ou maladreries. fiefs ou seigneuries, 

Ics noms parliculicrs des rivières, caria ux, ruisseaux, sources, fontaines, 

mares ou étangs, 

ravins, monts, bautcurs, fonds, vallons ou vallées. boia» 

motles de défense, refuges, signaux au feu ou présumés tela, 

voies romaines, chemins, carrefoars, cbaraps de bataille, de justice ou d'exéculion, 

licux où se tenaient lesplaids géoéraux et les franche» véri tés, les cours de justice, ctc. etc. 

la mouYance féodale, les circonscriptions judiciaires et ecclésiastiques, 

les anciennes formes des ooms cités en gallo-belge, en latin, cn roman ou 

patois roman, leur prononciation, 
la populalion actuclle de chaque ville, bourg et tillage, compare à celle de 1698, 

d'après l'intendant Bignon, 

avec Tindication et la date des documenta manuscrits ou imprimés 

où les noms et Ics differentes formes des noms de lìeux ont été puisées, 

des transformations ou changements que quelques-uns ont subis ainsi que des territoires 

auxquels correspondent ceux qui ont disparu. 

par M. Aimé COURTOIS 

AVOCAT, SECRÉTAIRE-ARCHIVISTE DE LA 80CIE'tÉ DES ANTIQUAIRES 

DE LA MORINIE 



SAINT-OMER 

LXPRIMERIE FLEURY-LEMAIRE, RUE DE WISSOCQ. 

1869 



AVIS AU LECTEUR 



Le dictionnaire topographique de Varrondisse- 
ment de S-Omer, publié ici par la Société Imperiale 
des Antiquaires de la Morinie, a été redige suivant 
les modèles envoyés par le Ministre et conformément 
aux instructions émanées du Gomita Historique établi 
au Ministèrede l'Instruction publique. Nousdevons 
ajouter que ce consciencieux et utile travail a été 
honorablement mentionné, en 18^, au Concours 
general des Compagnies savantes. Malheureusement 
son savant et regrettable auteur, M. Àimé Courtois, 
dont nous pleurons la perte recente, n'a pu revoir 
son oeuvre avant Timpression. Peu après avoir re?u 
des mains de Son Excellence la glorieuse médaille 
qui lui était décernée, il a vu subitement ses forces 
s'épuiser et s'éteindre... Triste et fatale destinée !... 
Notre excellent et si regretté collègue ij'a pas eu le 
temps de mettre la dernière main à ses nombreuses 
et intéressante^ ^cherphes : brisé par la douleur au 



— % — 

milieu de sa course,... la tombe s'entr'ouvrait sous 
ses pas... Il lui fallut quitter avant l'heure une vie 
déjà bien largement remplie !... 

— Un manuscrit autographe qui n'est parfois 

qu'une ébauche, a dù suffire seul pour la publication 

de cette oeuvre posthume, en faveur de laquelle nous 

devons réclamer l'indulgence... 
Tout notre zèle et nos efforts ont dù se borner à 

revoir les épreuves, à colorer quelques traits légè- 

rement accentués ou demeurés inachevés, à combler 

quelques évidentes lacuries. .. 

— La Société des Àntiquaires de la Morinie a cru 
devoir piacer à la suite du dictionnaire topograpbi- 
que, quelques autres publications dues à la mème 
piume ; ces, oeuvres jusques-là éparses ou pseudo- 
nymes sont un heureux complément à notre bistoire 
locale. On nous saura peut-ètre gre de les avoir 
réunies... 

— Le précieux collaborateur que nous avons perdu 
et qui a laissé parmi nous un vide irréparable , 
M. Àimé Courtois, était Tun de ces hommes d'elite 
auxquels on est bien force de succèder, mais qu'on 
ne saurait remplacé. . . 

H ri de Laplane, 

Sftrétaire-fénéral de la Soeiéte Imperiale des Antiqnairei de la Morinie, 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR LA VIE ET LES OUVHAGES 



DE 



M. A. COURTOIS. 



Aimé COURTO IS, 

Avocai, 

Secrétaire-Archiviste de la Sociélé Imperiale des Antiquaires de la Morirne 

né a ImrmìamfC'fi/ilrdnj-As-A-a/tisl le 26 7 1 !" 1811, 

decèdè a S!0W le 6 Juillel 186i. 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR 



LA VIE ET LES OUVRAGES 



DK 



M. A. CODRTOIS 



AVOOAT 

Secrétaire- Archiviste de la Socie té des Antiquairca de la Morirne, 
Membro de plu?ieurs Sociétés savantes, e te, eie. 



pah M. J. DELMOTTE 

AVOCAT 

Membre Titulaire de la Société" des Antiquaires de la Morirne. 



SAINT-OMER. 

1MPRIMERIE FLEURY-LEMAIRE, RUE DE WISSOCf. 

1868. 



M. Courtois venait de termiper le Dictionnaire Topogra- 
phique de V arrondissement àè Saint-Omer, qui lui avait valu 
une très honorable distinction du Ministre de l'Instruction 
publique ; il révisait son travail et en avait confié les premières 
feuilles à l'imprimeur, lorsqu'une maladie soudaine lui interdit 
toute occupation sérieuse... Quelques mois après, la mort frap- 
pait notre collègue dans la force de l'àge et la plénitude de 
l'intelligence, et privait la Société des Antiquaires de la 
Morinie de l'un de ses membres les plus doctes, les plus émi~ 
nents et les plus aimés... 

La publication du Dictionnaire Topographique a été con- 
tinuée par les soins de la Société qui en fait le XIH e tome de 
ses Mémoires. 

Notre Société avait un autre devoir à remplir; la mort, en 
brisant une existence qui nous est chère, n'a pas'brisé nos 



i 



.* 



— 6 — 

affections ni éteint le souvenir de celai qui nous a quittés pour 
une vie meilleure : c'est cette haute et chrétienne pensée qui a 
inspirò la décision prise par cette Compagnie, celle de mettre 
en téte de l'oeuvre capitale et suprème de M. Courtois, une no- 
tice sur la vie et les oeuvres de notre regretté collègue. La tra- 
dition des bons exemples donnés par des hommes utiles est, 
en eflet, un des plus précieux patrimoines laissés à leurs fa- 
milles et aux Sociétés dont ils ont été une des lumières. Ces 
exemples répandent un enseignement fécond et une vertueuse 
émulation qui rendent plus chòre encore la méinoire de ceux 
qui les ont pratiqués. 

La Société m'a chargó de la pieuse mission de raconter ce 
qu'a été notre collègue ; elle a cru sans doute que l'amitié qui 
m'unissait à lui depuis notre première jeunesse, écoulée dans 
la méme vallèe, elle a penséque nosrelations toujours confra- 
ternelles au barreau, me faisaient un devoir de rendre ce dernier 
hommage a l'éminent Secrétaire- Archiviste que nous avons pcr- 
du. C'est ainsi que j'ai comprisla décision de notre Compagnie; 
c'est pour cela que je n'ai pas décliné ce périlleux honneur... 

J'avais à redouter un écueil : M. Courtois avait toujours éìé 
modeste et indifférent aux frivoles succès de la vanite. 
Aussi,ai-je bien vite écarté la pensée de faire, en phrases pom- 
peuses, un éloge académique que son àme sereine aurait dé- 
savoué, mais rassuré par l'expérience qui nous enseigne 
qu'une grande modestie jointe à un vrai mérite, porte avec 
elle un meilleur enseignement qu'un vaste esprit bouffi d'or- 
gueil, j'ai voulu, si je puis m'exprimer ainsi, satisfaire au voeu 
posthume de notre collègue bien aimé, en étudiant simplement 
sa vie, et en retracant les services qu'il a rendus a l'histoii^ 
de nos contrées. 

J'aurai atteint mon but si cet essai obtient les suffrages de 
ceux qui ont connu et apprécié M. Courtois. 

— Jean-Aimé Courtois est ne à Tournehem, le 26 décembre 
1841, son pére, originane de Montraédy, était parent d'un 
philologue distingue du méme nom ; ses affaires l'ayant con- 



_ 7 — 

duit à Boulogne, ii y épousa M 1,e Anloinette Odent, issue d'une 
de ces vieilles et opulentes familles boulonnaises dont chaque 
generation, depuis trois siècles, a fourni des citoyens utiles à 
la cité et à la province. Esprit cultivé et délicat, douée des 
qualités du coeur, mais módiocrement attirée vers les mono- 
tones occupations d'un comptoir , Madame Courtois ne tarda 
pas à décider son mari à abandonner le commerce et à se 
retirer à la campagne. Installée à Tournehem, sur les bords 
de la limpide rivière de l'Hem, dans cette riante vallèe qu'en- 
toure une doublé ceinture de collines et de superbes foréts, la 
jeune femme se consacrait à l'éducation de ses enfants, et le 
reste du temps, elle lisait et versifiait. Docile à ses leqons, 
Aimé, tout enfant encore, dévorait les livres qui lui tombaient 
sous la main; gràce à la vigilance maternelle, aucun d'eux ne 
pouvait gàter son coeur ; à dix ans, déjà on le citait, dans son 
entourage , comme un petit prodige. 

Heureusement pour son a venir, notre jeune ami allah bientót 
recevoir uns éducation plus male et plus substantielle ; conduit 
de bonne heure à Boulogne, par sa mère qui y avait sa famille, 
et place dans la fio ri ssante insti tu ti on de M. l'abbó Haffreingue, 
l'élève fit des progrès rapides, il occupa bientót les premières 
places, passa une ou deux classes, et néanmoins emporta jus- 
qu'à la fin toutes les couronnes de sa division. Il alla ensuite 
compléter ses études à Paris, afin de se préparer à la carrière 
de l'enseignement ; lauréat au collège Stanislas, nommé au 
concours general, il fut rappelé par son ancien maitre jaloux 
de Tattacher a sa maison, et revint à Boulogne professor la 
rbétorique, à un àge, ou bien des jeunes gens sont encore sur 
les bancs. 

Longtemps après, dans ces causeries intimes où Fon aime à 
se reporter aux années passées au collège, Courtois nous ra- 
contait avec une naì'veté charmante, non exempte d'une cer- 
tame satisfaction, qu'en montant dans sa chaire de rbétorique, 
il étaitun des plus jeunes du cours, et qu'après la classe il se 
mettait à jouer avec ses élèves, oubliant qu'il était leur maitre, 



_ 8 — 

se faisaut aitisi le camarade de tous, cornine plus tard il est 
reste l'arai de tous ceux qui l'ont approché. 

M. Uaflreingue avait Lieo jugé son ancien élève : Courtois 
occupa avec distinction, pendant plusieurs annécs. la eh ai re 
de rhétorique ; une pbysionomie sympalhique, uue bienveil- 
lance enjouée, beaucoup de simplicité d'allures, lui donnaient 
sur la jeunesse un ascendant irrésistible, de méme que ses 
connaissances enlittérature et son brillant enseignement exci- 
laicnt l'enthousiasme de ceux qui suivaient ses l'ec/)ns. 

Ce n'était cependant pas dans Tinstructiou que M. Courtois 
devait passer ses plus longues anuées ; ses tendances élaient 
\ers Ics lutles du barreau. Il quitta avec regrct, un regret 
bien parlagé, les lieux où sa jeunesse s'était écoulée heurcusc, 
et vint à Paris suivre les cours de la faculté de droit. L'elude 
de la jurisprudence avait pour lui l'attrait quelle inspire aux 
intelligcnces supérieures , et néanmoins, aulaut par goùt que 
pour alléger les ebarges d'une situation nouvclle, l'étudiant 
conscntait à redevenir instituteur et consacrait ses heures de 
liberté à compléter Tédiication littéraire et philosophique d'uu 
jeune bomme * dout la famille jouissait d'une grande faveur 
auprès du Roi Louis-Philippe. Il passa deux saisons d'été à Eu 
ou en voyage avec son élève devenu son ami. C'était un repos 
nécessaire après Ics labeurs du professorat et une sorte de 
halle avant d'entrer dans la vie militante du barreau ; il y 
gagna, en outre, d'honorables et solides amitiés qui ne se soni 
paséteintes avec lui. 

En 1844, M. Courtois vini se fixer a Saint-Omer cornine 
avocai ; il ne larda pas à s'y faire apprécier et à conquérir une 
des meillenres places au milieu de confrères alors très nom- 
breux; Bientót une honorable alliance contraetée dans une 
famille de l'ancienuc magistrature de l'Artois, lui assura une 
position aussi heureuse qu'indépcndante. 

1 M. Estancelin, fìls de M. L. Estancclin, adrninistrateur des bieiis 
de la famille d'Orleans, deputò de la Seine-lnféricure, nonimé lui- 
méme représentant a l'Assemblée legislative en 1849. 



— — 

Tout réussissait à Courtois ; il était aimé de la magistrature, 
cher a ses confrères qui le nommèrentplusieurs. fois bàtonnier 
de leur ordre, et sur de la confiance de ses clients. — Cesi 
qu'il s'ctait fortement pénétré des préceptes que Tacite donnait 
auxjeunes orateurs de son tcmps 1 : « Il ne suffitpas àl'avocat 
» de s'instruire au moment utile de quelque objet isole et 
» special ; car la science d'emprunt qui ne s'acquiert qu'au 
» jour le jour est une science vaine et de mauvais aloi. » — 
Si d'autres ont eu plus d'éloquence, plus de vigueur de parole, 
nul ne Va dopasse pour la science, la sùreté de la doctrine et 
la solidilé" du jugement. La préparation des affaires était pour 
lui un devoir ; gràce à une étudc consciencieuse des doeu- 
ments et des faits, à un examen approfondi des difficultés et 
des points de droit qu'elles comportaient, Courtois, lorsqif il 
arrivait à l'audience, était toujours a l'cxemple des grands 
mahres, admirablement arme pour la lutte. Dans ces condi- 
tions, maitre de sa pensée et de sa parole, il pouvait prèter un 
chaleureux appui aux causes dont il s'était chargc, sans se 
laisser entrainer au-delà des limites du juste et du vrai, mais 
aussi sans omettre aucun argument sórieux. 

Dans la discussion, il savait allier la solidité de l'argumen- 
tation a l'élégance de la forme. Souvent aussi, servi à propos 
par son grand savoir et sa mémoire constamment fidèh, il 
éelairait. tout a coup, le débat par un fait bistorique, ou bien il 
répandait sur l'affaire un inlérèl et un charme imprévus, a 
Taide tantòt d'une citation, tantòt d'une anecdote habilement 
choisie. D'autres fois encore, abondant sans efforls en traits 
beureux et en fìnes réparties, toujours marqués au coin du 
meiileur goùt, il provoquait une irrésistible hilarité qui ga- 
gnait a sa cause Ics suffrages de l'auditoire, avant de Tavoir 
fait triompber dans l'esprit de ses juges. 

Notre confrère se sentait peu d'attrait pour les causes crimi- 

1 Nec quisquam respondoat suftìcere ut ad tempus simplex quid- 

dam et uniforme doccamur 

G. G. Tac. de oralionibus 



— 10 — 

nelles qu'il n'acceptait que par devoir ou dans des circon- 
slances exceptionnelles ; il leur préférait les aflaires civiles, 
celles surtout qui exigeaient des recherches patientes, ardues, 
pour lesquelles il n'avait pas son égal. Il eut au cours de sa 
carrière, la bonne fortune d'étre chargé de plusieurs grandes 
aflfaires qu'il soutintde sa parole et de sa piume. Ses mémoires 
à consulter sont généralement reraarquables par le fond et par 
la forme ; gràce à une perspieacité rare et à un esprit synthé- 
tique, il y résumé corame dans un faisceau invulnerate ses 
citations, ses arguments, ses preuves. Ceux qu'il a écrils pour 
les héritiers ducommandant Moullet; contre Ryckman, etc, et 
dans les divers procès qu'il a plaidés pour la ville de St-Omer, 
sont des chefs-d'oeuvre de dialectique etdediscussion juridique. 

A l'occasion d'une demande en reclifìcation de noms formée 
par la famille de Bonnière de La Luzellerie '', il se livra à des 
recherches aussi curieuses qu'intéressantes, sur les noms de 
fiefs, les qualifications nobiliaires, et les usages singuliers de 
la noblesse boulonnaise. Son succès fut complet, il fitrcslituer 
à une noble famille les noms de ses aieux. 

Je citerai encorc deax auires mémoires sui* des malières 
fort imporlantes, intitulés, l'un : Observations des ricerains 
de la rive gauche du Robecque eri réponse aux rapporto du 
domaine et des ponts-et-chatissées ; l'autre, Alémoire à l'appai 
durecoursau Ministre des trazaux public s de la première 
sectiofi des Wattringues du Pas-de-Galais, concernant Ir 
Mardick. 

Il s'agissait, dans la première affaire, de la propriété d'uue 
partie des digues du Robecque 2 que l'Etat disputait a la fa- 
mille Herbout et à divers particuliers. Rechercher et com- 
pulsar de vieux titres, vérifier d'anciens réglemcnts de police, 
des délibérations des Elats et des arrèts du Conseil d'Ar- 

* La Luzellerie, fief de la eoiimiune de Wierre-Effroy. 

* Robecque, cours d'eau prenant naissancc sur les hauteurs de 
MuncqNieurlet, travcrsant perpendiculaireraent le bras superici; r 
de la rivière d'Hem, puis allant so confondrcavco le canal de Calai?. 



— 44 — 

tois, connaitro à fond la topographie du Bas-Artois et du 
Pays reconquis, démontrer enfln que le Robecque existait 
comme rivière au xn e siede, qu'il était la voie navigable dans 
cette contrée, avant la création du canal de Saint-Omer à 
Calais, et qu'il a ótó incorporò dans ce mèrae canal, tei était le 
labeur difficile entrepris par notre savant confrère. Ses clients 
n'eurent d'ailleurs qu'à se féliciter d'avoir conile leurs intéréts 
en de pareilles mains. 

Le second mémoire que nous avons cité a surgi a Foccasion 
d'un grave conflit qui s' était élevé entre la commission admi- 
nislrative de la première section des Wattringuesetle Ministre 
des travaux publics, sur la question de savoir à qui incombait 
de FEtat ou des Wattringues , les dépenses d'entretien et de 
curage du canal du Mardick *.- 

Pour obtenir la solution de cette question où s'agitaient des 
intéréts considérables, il était nécessaire de préciser l'origine, 
le but et la destination de ce canal, et d'en faire Fhistoirc do- 
puis le vii ou le vm e siècle. 

L'analyse du travail de Courtois nous conduirait au dola des 
limites que nous nous sommes tracées; contentons-nous de 
dire que notre confrère Fa enrichi de nombreuses pièces jus- 
tificatives et de cartes fìgurant le pays a diverses époques, qui 
en font un document du plus haut iutérct pour Fhistoire des 
pays de Langle et de Bredenarde. Ce travail , compose et 
imprimé en 4864, a servi, depuis, aux éditeurs du répertoire 
de législation et de jurisprudence de M. Dalloz pour Farticle 
Wattringues. Il avait, d'ailleurs, élé précède, dès 4856, par 
une Notice historique sur V ancienne té des Wattringues et 
leur ancienne organisation dans le Bas-Artois, le Calaisis, 
et dans les deux chdtellenies de Bergues et de Bourbourg. 

1 Le Mardick, canal endigué, sur le prolongenientde la rivière d'Hem 
et du Mculestroom, prend naissance dans le canal de Saint-Omer à 
Galais, a Hcnnuin et va joindre, après un parcours d'environ 7 ki- 
lomètres, à travers F ancien pays de Langle, la rivière canalisée d'Aa, 
à Fendroit dit les Hauts-Arbres, un peu au-dessous de Graveìines. 



«LMÌ-.ÌÌ.." :^. t ìss^-^tar: . 



— 12 — 

Dauj cet essai, Tailleur s'attache à établir, a Faide de dueu- 
ìnents contemporains, que, dès le xi c siede, la contrée qui 
borde, a droito et à gauche, la rivière d'Aa, avait été l'objet 
de travaux considérables, afin d'arréter l'irruption des eaux 
de la mer et de desséehcr ces vastes plaines marécageuses 
que nous continuons d'appeler le Plat-Pays. Notre honorable 
collègue, avec l'éruditiou qui le distingue, prouve à l'évidenco 
que notre moderne institution des Wattringues, empruntée a 
la Hollande, n'a ricn inventé, rien innové, qu'elle n'a faitque 
remettre en lumière et améliorer un regime ancien, et donnei* 
une impulsion nouvelle et feconde à un système de dessèche- 
ment connu de nos ancètres. 

Toutes les terres basses étaient,. il y a huit siècles, en eflet, 
soumises à un regime désigné dans le latin usuel de l'epoque, 
sous le noni de fossatum ; les propriétaires étaient tenus d'entre- 
lenir les cours d'eaux qui longeaient ou traversaient leurs ter- 
rains, et de payer une cotisation annuelle pour faire face aux 
dépenses générales ; chaque contrée avait sa congregano ou 
commission ad mini strati ve, et son Water grave. Ces sages me- 
sures ont rendu des services éminents au pays; les chartes des 
xi e et xi i e siècles signalent les terres conquises à la culture 
par rendiguemeirt de la mer et le dessèchement des marais ; 
c'est ainsi qire se sont successivemcnt formées, entre Saint- 
Omer etBourbourg, ces bandes de terre longueset étroites ap- 
pelées lègres, dont la fertilité esl inépuisable. 

Ces études consciencieuses et les circonstances parliculières 
au milieu desquelles il s'était trouvé avait inspiré à notre con- 
frère le dessein de faire un traile special sur les Wattringues; 
cotte matière fon importante, qui donna naissance à de fré- 
quentes difficultés dans les départements du Nord et du Pas- 
de-Calais, n'avait pas été explorée jusqu'alors. Il avait, a cette 
fin, dès 4862, compulsé les anciens régleraents relalifs au 
dessèchement des terres marécageuses de cette partie de la 
Fiandre et de TArtois, il avait trouvé d'utilcs documents dans 
un terrier du Calaisis, dressé au xv c siècle par les Anglais; 



— 43 — 

ses malériaux étaient réunis, ses notes classées, lorsque le soia 
du Dietlonnaire Topographique le forga d'interrompre ce s 
travaux ; il venail de les reprendre lorsqu'il tomba malade 
au commencement de 4864; unjour que nous étions alle le 
visiter, il nous fit voir un manuscrit inachevó contenan t 
l'ébauche du travail qu'il se proposait de publier, et nous 
donna méme lecture de quelques pages destinées à lui servir 
d'introduction. La mort ne lui a pas permis de terminer cettc 
oeuvre doctrinale. 

Notre confrère se proposait aussi de faire un comraentaire sur 
les usages locaux de Tarrondissement de Saint-Omer, que le 
code ci vii et les lois spéciales ont laissés en vigueur L'intro- 
duction étail achevée, lorsque les commissions des sept can- 
tons de l'arrondissement publiòrent leurs procès-verbaux re- 
latifs aux usages locaux, elle fui imprirnée à la suite. D'aulres 
occupations Tempéchèrent de réaliser son premier projet *. 

Nous avons suivi M. Courtois dans sa carrière de juriscon- 
sulte. nous allons le retrouver au milieu de son élément de 
prédilection* et Tétudier comme bistorien ; nous croirions 
pourtant avoir negligé un coté intéressant de sa vie, si nous ne 
nous arrétions quelques instants à le considéter comme poète. 

Tout, en effet, semblait entraìner Courtois vers la poesie et 
seconder les aspira tions de sa mère. Enfant, il avait étó nourri 
par elle de^Ia lecture de Gilbert et de Chénicr ; un peu plus 
tard, il avait meublé sa mémoire des inimitables méditations de 
Lamartine, voirc méme des meilleures productions de notre 
grand chansonnier. Lorsque bien des années après, nous fai- 
sions appel à ses souvenirs d'enfance, il nous disait avec bon- 
homie qu'il avait écrit ses premiers vers à Tàge de onze aDs ; 
cette 'composition prématurée n'était assurément pas la révé- 
lation'du poète, mais elle dénotait au moins une precoce et 
vive intelligence. 

1 Usages locaux de TatTond 1 de Saint-Omer suivis d'une intro 
«luHion, par M. Courtois, avocai. '1861, St-Omer, Fleury-Lomaire . 



— U — 

Sans ètre destine à prendre place parmi les rares élus des 
muses, il était un de leurs adorateurs les plus fervente Des 
odes, des piòees fugitives et de circonstances, furent les pre- 
mières fleurs de sa jeunesse ; bientót les journaux de Bonlogne 
se disputèrent ses pures et gracieuses productions ; enhardj 
par le succès, le jeune professeur semait Qà et là sur son che- 
min des pièces dótachóes, toujours pleines de poesie et d'élé- 
gance. Lors de l'inauguration de la colonne de la grande 
armée, il composa une ode où la noblesse de la pensée égale 
la délicatesse des sentiments l . 

Nous ne dirons rien de cette facilité étonnante qui lui faisait 
improviser des vers sur les sujets les plus arides ; en voici un 
exemple dont l'auteur de cette notice a étó le téraoin Un jour 
de printemps, Courtois avait plaidó devant le juge-de-paix 
d'Ardres à l'occasion d'un charivari donno par des jeunes 
gens à un grison qui avait convolò en troisièmes ou quatrièmes 
nòces. Après l'audience, l'idée lui vint de mettre en vers cette 
scène dròlatique, et pour ne pas étre distrato, il fit à pied les 
vingt-quatre kilomètres qui séparent Ardres de Saint-Omer. A 
son retour, il vint nous débiter tout d'un trait, plus de deux 
cents vers pétillants d'esprit, composés chemin faisant. Cette 
boutade n'a sans doute jamais été écrite. 

Au plus fort des labeurs de l'àge mùr, la poesie était son 
délasseraent ; nous le verrons au cours de cette biographie, 
méler les aspirations poétiques aux arides recherches de l'ar- 
cheologie. 

En 1862, les fétes de N otre-Dame des Miracles lui inspi- 
rerei une cantate délicieuse qui fut mise en musique par M. 
L. Catouillard; et trois mois à peine avantsa mort, il insérait 
dans une revue littéraire une charmante pièce de vers sur le 
beffroi de Boulogne 8 . 

Courtois était un versifìcateur élégant et correct, mais pour 



1 La colonne de Boulogne. A Napòléon (1841 Boulogne, 
1 Revue Littéraire de Boulogne-sur-Mer, 1864. p. 161. 



— la- 
stre un grand poète, il lui manquait celtc inspiration pas- 
sante, ces fortes images qui peuvent seules faire vivre l'oeuvre 
d'un poète à travers les àges. 

La vraie vocation de Courtois n'ótait mémé pas, le dirai-jc, 
malgré ses succès, dans la vie militante du barreau. Sesinstincls 
le portaient vers les recherches de l'érudition, et surtout vers 
l'étude de l'histoire de son pays. 

Membre titulaire de la Socióté des Antiquaires de la Morinie, 
dès son arrivóe à Saint-Omer *, il devint, en 4848, Secrétaire- 
Archiviste de cette Compagnie lorsque M. Henri de Laplane 
remplaqa M. Louis de Givenchy comme Secrétaire-Perpétuel f . 

Notre confrère apportait à ce nouveau labeur une sante ro- 
buste, une volonté ferme, uue mémoire vaste et sùre dans la- 
quelle les dates, les textes, les lieux étaient rangés comme 
dans une bibliothèque ; il avait beaucoup vu, beaucoup lu et 
tout retenu. Aussi devint-il bientót un des maitres de cette sa- 
\ante Compagnie. 

Rappellerons-nous les séances mensuelles, les coramissions 
qu'il rendait si intéressantes par ses spirituelles causeries, 
par l'intérét qu'il répandait involontairement sur des sujets 
arides, par ces anecdotes légendaires, ces saillies d'un vif es- 
prit, et par cette sorte de ferveur historique inspirée par 
l'amour de la science ? C'était surtout dans les entretiens fami- 
liers que se dévoilail cette ardeur d'investigation et de savoir; 
personne mieux que lui n'explorait une matière ardue, ne àé- 
couvrait une etimologie obscure, et n'en tirait d'aussi ingé- 
nieuses déductions. L'abondance et la sùreté des souvenirs, la 
finesse des aper^us et la fidelité toute locale de certaines des- 
criptions, leur donnaient un charme irrésistible. 

Ces impressions fugitives s'évanouiront sans doute, mais 
notre regrctté collègue laisse des recherches d'érudition, des 
études historiques et d'autres oeuvres sérieuses qui ne sont 
pas mortes avec lui. 

1 5 septembre 1845. — * 8 novembre 1848. 



' — 46 — 

Nous ne mentionnerons quc pour mómoire cettc sèrie de 
procès-verbaux de nos séances, toujours écoutés avee une al- 
tention sympathique et où se reflète la physionomie de chacune 
d'elles. — Hàtons-nous de parcourir Ics nombreux écrits sorlis 
de la piume feconde de notre collèguc. 

la Société venait de l'admetlre dans son sein, il voulut paj er 
s\ bien venue. Un Coiip-d'CEil sur Saint-Omer à la fin du 
XVIP siede i , est une charmante esquisse de notre ville en 
4698. Après quelques considéralions générales sur la pros- 
perile où s'était élevée Saint-Omer, l'auteur nous transporte 
tout d'un bond sur la tour Saint-Bertin, pour nous faire visiter 
en détail cette ville d'un magnifique aspect que le due de 
Lancastre appelait la ville aux beaux clochers. Pour compléter 
ce tableau, il nous donne le spectacle d'une de ces grandes cé- 
rémonies où défilent devantnous, dans toutes les magnifìcences 
et les singularités de leurs costumes, tous les ordres, toutes 
les corporation^, les autorités de tout genre, et jusqu'aux 
braves habitants des faubourgs, avec un bateau au bout d'une 
piqué en guise de bannière. — Cet essai, très goùté et très 
applaudi à la séance publique du 22 janvier 1846, estécrit 
d'un style vif et alerte, et s'il porte encore le cachet du pro- 
fesseur de rhétorique, il fait pressentir l'historien du pays. 

Citerai-je un succòs du mèmq, genre obtenu dans la séance 
solennelle du 7 février 1848. 2 ? Courtois avait emprunté son 
sujet à un ptacard ou édit que Charles-Quint avait promulgiié 
dans sa province d'Artois, afin de reprimer certains abus. Il 
nous fait assister à la lecture de cet édit, à la bretèque de 
Saint-Omer, le 15 novembre 1531 , et au spectacle d'une mul- 
titude irrévérencieuse qui ne ménage pas ses commentaires 
satyriques à l'adresse de ceux qui veulent diminner le nombre 
des tavernes et interdire le jeu de brelan. 

* Mémoires de la Soeìété des Antiqua! ros de la Morinie. t. VII, 
p. 137. 
2 Mémoires, jt. IX, p. I0ì. 



— 47 — 

Et pourtaDt les ordonnanees du souverain ne venaient pas 
à eontre-temps .; l'ivrognerie, la débauché, le luxe, Jes séduc- 
tions et les querelles ne sont pas nés d'hier, et si nous en 
croyons uotre vóridique narrateu/, les moeurs de nos aieux ne 
valaient guère mieux que les nòtres.... 

L'édit ne satisfit personne ; le peuple et la bourgeoisie 
n'étaient pas les seuls raéconteuts ; la nob lesse éciatait en 
murmures; car elle avait comptó sur de nouveaux privi- 
lèges , et ses espérances étaient dóques. — Notre spiritile! 
coUègue s'égaie à nous retracer quelques unes de ses pré- 
tentions : n'esl-il pas insupportabta. disaient les uns, de voir 
des gens de robe se créer des annoine*, des bourgeois s'inti- 
luler ehevatiers, des laboureurs chasser la perd/ix, et des 
ferames de roturiers se faire appeler madame? C'est une 
honte s'écriaient les a.tres, que de pareils abus ne soient pas 
réprimés à l'égal du rapt et du voi ! 

N'oublions pas quii s'agit du xvi e siècle. Ces idées, sans 
doute, ont fait leur temps, mais n'en reste-il que le lointain 
souvenir, et seraient-ils donc si rares ceux qui, à l'heure 
qu'il est, sentiraient ba tre au fond de leurs coeurs une fibre 
sympatbique à de pareils préjugés ? 

Cette étude semée de traits d'esprit et de réflexions parfois 
piquantes et toujours fìnes, valut à Courtois de chaleureuses 
félicitations ; disons en outre qu'elle accuse chez son auteur 
une initiation plus complète aux moeurs de l'epoque ne semble- 
t-elle pas une page détachée d'un historien contemporain, notre 
bon vieil Hendricq ?.. .. * 

La Justice criminelle en Artois au XV e siècle *, est écrite 
dans le méme courant d'idées ; c'est le procès-verbal d'une 
affaire capitale jugée le 13 mars 1424, par la cour échevinale 
d'Ecques 2 , curieux specimen d'un procès criminel commencé 

1 Bulletin historique, t 2, p. 576, Gartulaire de Notre-Dame de 
St-Omer, greffe du domaine d'Ecques. 

* Ecques, eommune de 1 300 habitants, à 9 kilom. de Saint-Omer 
et à 6 kilomètres de Térouanne. Le chapitre collègi al de Notre-Dame 

2 



— 48 — 

par la constatation du fait, la recherche des preuves maté- 
rielles, l'information, la géhenne, c'est-à-dire la torture, et 
qui se termine par la condamnation à mort et l'exécution des 
coupables le jour méme , sur les lieux, avec toutes les formes 
de la procedure du temps, formes que les échevins villageois 
ont ponctuellement suivies. 

Courtois nous apprend deux circonstances de ce procès qui 
ne sont pas sans importance pour l'histoire de la contrée ; les 
juges de l'échevinage posèrent leurs questions en flamand, et 
assistèrent au supplice des condamnós pour répondre de l'exé- 
cution de leur sentence. Il aurait pu ajouter que sauf le cas 
de flagrant délit et de domicile, hors de la juridiction, le pré- 
venu devait rester libre juscfu'après l'information. En plein 
xix e siècle, nous avons discutè énormément pour atteindre un 
résultat un peu moins liberal. 

La Coìijuration des Rambures en 4653 et le Siège d'Ar- 
dres en 4657 *, d'après un manuscrit presque contemporain 
communiqué par M. Hamy, notaire à Audruick, sont des do- 
euments précicux paur l'histoire de la ville d'Ardres. 

L'année suivante, un jeune homme plein d'avenir, que la 
mort a moissonné trop vite, M^ Felix de Neufville, qui habitait 
le chàteau de Brugnobois, à Surques a , signala à l'attention de 
la Socióté un tertre considérable appeló le Mouflon, élevéde 
main d'homme, sur le penchant de la colline qui domine l'an- 
cienne forteresse de Brugnobois, comme ayant tous les carac- 
tères d'un twnulus 8 . Bientót des fouilles exécutées sous l'in- 

de Saint-Omer était seigneur haut justicier du.dómaine d'Ecques. la 
justice s'y rendait en son nom. Les bàtiments de l'échevinage sub- 
sistent encore ; c'est une des principales fermes du village. 

1 Bulletta, t. 1, p. 170. 

8 Surques, comraune à 24 kilom. de Saint-Omer, aux sources de 
i'Hem. (Voir notice sur Surques, par M. F. de Neufville, Mémoires 
de la Société, t. 8, p. 422). 

a Lambert d'Ardres, ed. de Godefroy, 1855, p. 47. 
Montfelon, Mom Fidlonis, — lire la scène curieuse entro los 
borgers du Mouflon et Raoul, corate de fìntnes, en 1015. 



— 49 — 

telligente direction de M. de Neufville que la Socicté avail 
noni me membre correspondant, justifièrent ces próvisions et 
amenèrent Ja découverìe d'objets intéressants. Couriois et 
l'auteur de ces lignes en rédigòrent un rapporttrès circon- 
stancié doni les conclusions furenl que le tertre du Mouflorì 
était un monument funebre indigène, élevé, suivant les usages 
et les riles religieux des anciens habitants de la Morinie, au 
v e ou vi e siòele de nolre ère *. 

Ce travail dont la meilleure part revient a M. Courtois, 
inaugura, pour ainsi dire, les imporlantcs publications da 
jeune archóologue. 

La paroisse Saint-Martin hors les murs, ancien faubourg 
de Saint-Omer a , est un fragment de topographie et d'histoire 
locale, écrit sans aucune prétention. « Modeste architecte, dit 
» l'auteur, j'ai choisi mes pierres dans la carrière memo, 
» toutes les fois que j'cn ai eu la facilité, mais je n'ai pas 
» bésité à m'emparer de celles que j'ai trouvées déjà extraites, 
» sauf à les retailler à ma faqon pour les approprier à mon 

» pian et les faire entrer dans ma chétive construction 

» Je ne donne pas ce travail comme une oeuvre savante 

» tout ce que j'ai voulu faire, (l'est une page d'histoire cur- 
» rente calamo, que je crois sinon complète, du raoins exacte.» 

Notre confrère est vraiment trop modeste, la page d'histoire 
qu'il nous a donnée sous ce ture est non seulement exacte 
mais tout à fait complète. 

Sa notice se divise en deux parties : c'est d'abord la descrip- 
tion d'un important faubourg aujourd'hui tout a fait disparii, 
avec ses ruelles tortueuses et obscures, ses pàtcs de maisons, 
sa vieille église Saint-Marlin bàtie, dit-on, par Saint-Omer 
lui-raéme, avant l'arrivée, sur les bords de l'Aa de ses compa- 

* Mém. de la Société, t. 8, p. 535. Rapport sur les fouilles faites 
on 1847 et 1848, au Mouflon, territoire de Surqucs, sous la direction 
de M. de JNeufville, parMM. Courtois et Delmotte, avocats. 

* Saint-Omer, Chanvin, 185^. 



— 20 — 

gnons dans l'apostolat, son hòpital Saint-Louis, ses chapelles 
aux flèches élancées, et son vieux chateau des Comtes de 
Guìnes, transformé depuis en couvent de Dominicains, dont 
les hautes tour» crénelées dominaient tonte la ville. 

Dans une seconde panie, Courtois nous fait assister à des 
événements désastreux pourla cité. En 4 477, peude semaines 
après la mort de Charles-le-Téméraire, Louis XI, à la tète 
d'une puissante armée, vieni n:etlre le siège devam Saint-Omer, 
restée fidèle à la fille, bien jeune encore, du due de Bour- 
gogne. Noire historien raconte les phases de ce siège ménio- 
rable. La municipalité avait pris une résoluiion héroique plu- 
sieurs fois renouvelée dans le* temps modemes ; trois grands 
faubourgs au sud-ouest de la ville avaient éié dómolis, Téglise 
Sainl- Martin, les couven s des Cordeliers et des Dominicains, 
Fabbaye de Sainte-Claire, les hòpitaux. les édifices publics et 
732 maisons habitées par 3700 personnes, avaient été déiruits 
et rasés au niveau du sol. Biei tó. la cloche d'alarme annonce 
Farrivée du Roi de F.ancc et de son armée, et réunil à l'hotel— 
de-ville les notables Audomarois, qui font le serment de re- 
sister jusqu'à la mort. Les altaques vigoureuses de la porte 
Sainte-Croix , de la porte Boulenisienne et de la porte du 
Brulé, échouent contre la valeur des assiégés. Louis Xr qui 
n'aimait pas à se hasarder dans une mélée, se tenait sous une 
tente placée sur la hauteur de la Malassise '. 

Toul le pays était livré sans défense à la fureur et a la ra- 
pacité des généraux de Louis XI ; tous les villages environ- 
nant les chàteaux et les abbayes furent saccagós et brùlés ; 
c'est ainsi que le Roi dont les grandes qualités n'ont pu faire 
oublier les cruautés, se souvenait de la magnifique hospitalité 
que dix-huit ans auparavant, lui avait offerte, dans nos murs, 
Philippe-le-Bon, aieul de la princesse Marie, à qui il s'effor- 
gait d'enlever l'Artois. 

1 Malassise, hameau de Longuenesse. Un magnifique couvent de 
Bénédictines du Saint-Sacrement vientd'y étre construit (1866). 



— 21 — 

La ville de Saint-Omer rósistait toujours, lorsque le mariage 
de Marie de Bourgogne, célèbre à Gand, le 12 aoùt 1477, 
avec Maximilien d'Autriche, vint donner un nouveau soutiea 
à cette princesse et transformer Y Artois et les Pays-Bas en un 
champ clos où devaient se rencontrer les deux plus puissantes 
maisons de l'Europe. 

Courtois fait un tableau navrant des atrocités roouies com- 
mises dans nos malheureuses contrées, par des hommes qui 
avaient la meni e origine, la méme langue, la méme religion, 
et que la politique transformait en ennemis implacables les 
uns des autres. 

Nous nous sommes arrété quelque temps à l'analyse de ce 
travasi de notre collègue, parce qu'il fait ressortir sous son 
aspect vrai et saisissant i'béro'isme de nos ancétres, au milieu 
d'une des ópoques les plus troublées et les plus tristes de notre 
bistoire. 

M. Courtois avaitune prédilection particulière pour la vallèe 
de l'Hem et surtout pour la vallèe de Tournehem, qui était le 
lieude sa naissance. Pendant ses vacances scolaires oucellesdu 
barreàu, son attrait le ramenait fréquemment auprès des rives 
verdoyantes de l'Hem, sur ces montagnes aux aspects si pitto— 
resques, et le conduisait vers l'une ou l'autre de ces deux cba- 
pelles qui dominent la vallèe, l'une vieìllie, légendaire, déla- 
b t *ée et deserte, l'autre moderne, parée et fréqueniée par des 
railliers de pélerins qui vienneni invoquer Notre-Dame de la 
Forét ; H aimait à se retrouyer au milieu des camarades de 
son cnfance, de ces habiUnts industrieux et bons qui tous le 
saluaient comme un ami et 'eche/chaient ses conseils. 

Il mettait à profit chacun de ses voyages pour s'instruire de 
l'histoire, des unnuments et des usages du pays. Que delon- 
gues heures n'a-t-il pas pas^ées dans les mai/ies, les p/esby- 
tères, les clochers, pour fouiller les archives, les dépóts de 
manuseri.s, les vieux bahuts, dépj>uiller les titres, terriers, 
plans, p.-ocès-ve.baux, papie.s jetés au rebut, surpris par la 
nuit ou oubliantle succulent festin auquel un ami l'avait convié? 



— 22 — 

Mais parfois ausai une heuréuse truuvaille récompeusait 
amplomcnt son labeur. C'ost ainsi qu'un jour il découvrit, dans 
un grenier, un manuscrit in-4° de 430 pages, écritvers le mi- 
lieu du xvi e siècle, par Jehan de La Caurrye. 

Ce Jehan de La Caurrye, procureur fiscal de la chàteilenie 
de Tournchem, «ivait assiste, en 1542, au siège et àia destruc- 
lion de cette ville et de son chàtcau ; les archives avaieut été 
détruiles ou brùlées; Thonnéle procureur fiscal s'eflorca de ré- 
parer ce désastró en consignanl dans un registre tous les faits 
dont il avait été le temoni, et tous les titres qu'il lui fut pos- 
sible de se procurer; grace à ce manuscrit, notre infatigablc 
collègue a pu déterminer la topographie et la biographic féo- 
dales de la chàteilenie de cette petite ville qui eut des jours 
de prospérité et d'animation, lorsque pendant un siècle, le 
grand bàtard de Bourgogne, fiìs naturel de Philippe-lc-Bon, 
et ses successeurs, y tenaient leur cour *. 

La Xotice sur la Chàteilenie de Tournehem * n'est pas le 
seul travail pour lequel notre collègue ait eu recours à Jehan 
de la Caurrye ; ce vieil annalisto lui a fourni trois manifestcs 
ilo Francois I cr 3 , de Charles-Quint * , et d'Henri Vili 5 , 
Courtois les publia dans le buìletin historique de la Société 6 , 
en les accompagnant de notes et éclaircissements d'un grand 
intérét. 

Quelques années après, il publiait sur la chapeìle Saint- 
Louis, a Guémy, quelques pages intéressantes qui fixent la 
date de ce vénérable sanctuaire, auquel la tradition populaire 
attribuait une origine merveiHeuse 7 . 

« 1445 à 1542; 

2 Notice sur la Chàteilenie de Tournehem, buìletin, t. I, p. 58. 

3 Date de Ligny, le 10 juillet 1542. 

* Date de Bruxelles, le 19 juillet 1512. 

5 Donnole 22juin 1543. 

6 Buìletin, t. 1, p. 46. 

7 Buìletin, t. 2, p. 971. Cette chapeìle, depuis longtemps en ruines, 
est située sur le plateau le plus élevé de la colline nord de la vallèe 
de rilem, à 2 kil. de Tournehem. 



~ 23 ~ 

Ailleurs, il parie de l'ancienne abbaye de Lieques ', dout 
l'église inachevée et uiutilée, attire au loin les regards par la 
masse imposante, de ce monitóre de Premontare, qui avait 
trouvé en M. Rozé, cure d'Hardinghem, un historieu que la 
inori a empéché d'achever son oeuvre *. Qà et là, il rencontre 
une forteresse ruinée par les guerres, une tour féodale, une 
église sept ou huit fois séculaire, une vieille inscription qu'il 
reconstitue, qu'il décrit religieusement et dont il retrace toutes 
les vicissitudes. L'histoire locale qu'il possedè à merveille , 
s'enrichit sous sa piume de faits ignorés ou passés inaper^us 
qu'il exhume de manuscrits délaissés et à demi rongés par les 
vers. Gitons une de ses trouvailles qui fait honneur à la saga- 
cité de l'inventeur et au bon sens de nos paysans d'il y a trois 
siècles. Un parchemin qui recouvrait le livre d'un écolier 
attira un jour son attention ; ce n'était rien moins qu'un traité 
de paix, fait au xvi e siede, entre deux villages voisins que la 
différence de gouvernement avait armés l'un conlre l'autre. 
Les habitants de Surques, qui étaient franglais, et ceux du 
Locquin *, qui ressortissant du bailliage de Saint-Omer, étaient 
par conséquent sujets . de la maison d'Àutriche , déléguèrent 
des députés qui se rendirent sur un chemin formant la sépa- 
ration entre les deux (erritoires ; là, il fut convenu qu'en temps 
de guerre on s'abstiendrait de s'attaquer, de se piller, et, à 
défaut de table, continue notre collègue, d'après le manuscrit 
cité, « l'un de ces graves plónipotentiaires eut l'obligeance de 
» préter son dos, en guise de pupìtre, pour rediger tout au 
long cette charte surco-loquinoise » qui a ótó conservée et qui 



* M. Rozé, né à Lieques, mort cure d'Hardinghem, en 1867, 
auteur de plusieurs travaux historiques. 

« Bulletin, t. 2, p. 682.— Lieques, à 26 kil. de Saint-Omer, et 26 
kil. de Boulogne, bourg de 1600 habitants, dans le bassi q superi eur 
de la vallèe de l'Hem, célèbre par une collegiale devenue bientót une 
abbaye de Prémontrés qui subsista jusqu'en 1791. 

i Locquin, aujourd'bui Haut-Locquin, à 22 kil. de Saint-Omer, 
ancien chàteau-fort, demolì en 1595. 



L 



— 24 - 

est encore un précieux specimen des moeurs paisibles et de la 
littérature de cette contrée. 

Les investigations auxquelles Courtois s'ótait livré le por* 
tèrent a étudier les ancienne* voies romaines. Ces patientes 
étudesnous ont valu les Recherete* historiques surla Leulène, 
voie romaine de Térouanne à Sangate et à Wissant 1 . Ce 
travati est un des plus remarquables qu'ait publié le docte 
Secrétaire-Archiviste de la Socióté. Personne , avant lui , 
n'avait déterminé l'emplacement exact, entre Térouanne et la 
mer, du prolongement de cette magnifique chaussée partant 
de Rome, traversant l'Italie et la Gaule, et se dirigeant, sous 
e nom de Chaussée-Brunehaut, vers Reims, Cambra i, Arras 
et Térouanne. 

L'iti né raire d'Antonin, la carte de Peutinger et les autres 
documents anciens n'indiquent qu'une seule voie de Térouanne 
à Gessoriacum, chef-lieu des cótes de la Morinie. Gràce à 
Texamèn serupuleux des textes écrits à toutes les époques sur 
les chemins celtiques, gaulois, romainset dumoyen-àge, gràce 
aussi à une connaissance approfondie des lieux parcourus par 
lui plusieurs fois, ettoujoursà pied, Courtois a pu reconstituer 
avec exactitude la chaussée de Térouanne à Sangate et à 
Wissant, renouer entre eux tous les tronqons existants, et dé- 
terminer ainsi, dans tout son parcoufs, Tassiette du chemin, 
sous le nom de Leulène. Un autre résultat de ses investiga- 
tions a étéde démontrer que la Leulène est de la méme epoque 
que la branche principale. Les noms de lieux traversés par 
elle et empruntés pour la plupart au nom de la voie elle-méme, 
lui ont été d'un grand secours Nous reconnaissons volontiers 
que l'argnmentation des étymologistes repose souvent sur des 
bases conjecturales, et que Courtois a quelquefois abusé de 
Vincroyable aptitude qu'il avait à trouver la racine des noms 
de lieux et à les reeoinposer. Mais ici ce reproche aerait in- 
juste, les données de notre érudit collègue soni confirmées par 

1 Mém. de la Morinie, t. 9, 2* partie, p. 59. 



— 25 — 

Thistoire, la tradition et l'archeologie, et surtout par le trace 
en ligne droite et à travers champs de cette ancienne voie, 
« signe éminemment caractéristique qui a toujours fait 
» distinguer les voies romaines d'aver, les autres grands che- 
» mins. l » 

En certains endroits, la Leulène a conserve les soixante- 
quatre pieds de large qu'elle avait à l'origine, et son empier- 
rement de silex tellement solide et compacte qu'on le croirait 
forme d'un seul caillou. Jusqu'au xiv e siècle, elle étaitla route 
la plus fréquentée eutre la France et i'Angleterre, mais après 
l'ensablement du port de Sangate et surtout lorsque Wissant, 
ce port britannique, comme l'appelle Lambert d'Ardres, eut 
été dépossédé du monopole du passage dont il jouissait depuis 
si longtemps, cette antique chaussée fut peu à peu délaissée, 
et, depuis plusieurs siècles, elle est complètementabandonnée. 

Le travail de notre collègue est un véritable traité sur la 
matière, il répand la lumière sur un point reste obscur, et 
paraìt donner une solution definitive à un intéressante questioir 
de géographie et de topographie. 

La Notice sur Osterwic, nom presume de V ancien port de 
Sangate, et le Portus super ior de Cesar 2 , est une courte et 
substantielle dissertation sur l'emplacement qifoccupaitce port 
lors de la conquète romaine, et son identité avec le Portus 
superior. On sait, en effet, par des documents irrécusables, et 
notamment par Lambert d'Ardres 3 , qu'il existaitaut.efois, au 
lieu nommé depuis Sangate, dans un petil golfe obstrué plus 
tard par les sables, un po/t naturel et une station tròs sùre 
pour les vaisseaux. 

1 Beauraanoir, qui vivait soas Saint-Louis, s'exprime ainsi dans 
sa coutume da Beauvaisis : « Eil qtumin furent tVt à droite lingne 
» ès liex ou ligne se pooit porter saus empecquement ita tres grant 
» montaignes, de riviòres oa do unres, et de soixante-q^atro pieds 
» de largite. » 

* Bulletin historique, t. 2, p. 791. 

a Lamberti chronicon Gliisuensìs et ArJensis, édition de M. le 
Marquis deGodeiroy Ménilglaise, 1855, p. 719. 



— 26 — 

L'ne Promenade au Blanc-Nez 1 , eontieiit une desoripfion 
intéressante de cette majestueuse falaise qui n'est pas sans 
celebrile dans la géographie et dans les chroniques du moyen- 
àge, et comme l'esprit charmant de Courtois lui suggérait 
aisément les images les plus gracieuses au milieu des aridités 
archéologiques, il a emprunté aux traditions populaires de 
l'epoque druidique, deux légendes : la Fiancée de Sclives et 
VHistoire de Walter et d'Addis, qu'il a ornées de la plus 
fraìche et de la plus suave poesie. 

Courtois s'intéressait à toutes les publications qui avaient 
son pays pour objet ; il aidait par ses recherches ceux qui 
s'occupaient de ces sortes de travaux, et leur prodiguait sans 
hésitation tous ses renseignements ; parfois il enrichissait un 
ouvrage de notes savantes qui portaient la lumière sur des 
points obscurs ; d'autres fois il y joignait des cartes, des plans, 
des glossaires pour l'intelligence des lieux et des expressions 
jsurannées ; ou bien il mettaiten tète du livre une introduclion 
qui doublait le mérite de l'oeuvre; toujoursil parlait avec éloge 
de ses collègues qui avaient tentò quelque publicaùon d'his- 
toire locale, et s'effac^ait pour leur donner du relief. 

Un homme qui porte dignement un nom célèbre dans les 
annales de l'érudition, M. lemarquis de Godefroy-Ménilglaise, 
avait forme le dessein de publier une édition de Lambert 
d'Ardres, « ce vieil cure d'Ardres » qui, au commencement 
du xni e siede, avait écrit Thistoire des comtes de Guìnes, ses 
ancétres. Après des recherches incessantes, M. de Godefroy 
put réaliser cette oeuvre de science et de patiente érudition 
qui assoderà son nom à ceux de ses illustres ai'eux. Il avait 
trouvé en M. Courtois un auxiliaire aussi précieux que désin- 
téressé, qui mit a sa disposition sa connaissance parfaite de la 
géographie locale , et enrichit la Chronique de Guines et 
d'Ardres d'un appendice contenant la lopographie du comtó 

Saint-Omer, Chanvin, 1854. 



— Zi 



et de cartes du pays tei qu'il était il v a six sièdes el lei 
cjue nous le voyons aujourd'hui *. 

Modeste corame il l'était, Courtois sul louer l'oeuvre du sa- 
vaut éditeur sans mentionner la part qu'il y avait prise *, 

Notre collègue donna aussi ses soins à une publicatiou d'un 
grand intérét pour une porlion de l'ancienne Morinie. Un 
manuscrit du xv e siede, intitulé : le Litre des Usaiges et 
Coustumes de la Conte de Ghysnes, avait été fortuil'ement dé- 
couvert dans la bibliothèque imperiale, par M. Tailliar, con- 
seiller à la cour imperiale de Douai. Get honorable magistrat 
dont le nom est connu dans le mode savant, s'empressa de 
inetlre la copie du manuscrit et une remarquable introduction 
qu'il y avait joinle, a la disposition de la Société des Antiquaires 
de la Morinie qui se ebargea de la publicalion. Courtois enri- 
chit cet ouvrage d'un Apercu historique sur le covate de Guines 
et ses institutions, qui en forme pour ainsi dire le corollaire 
indispensable a . C'est un rapide récit de Tinvasion du pays de 
Guines par des pirates venus du Nord, el un tableau anime de 
hi cour semi-normande, seni i-f rancia ise des descendanls de 
Sifrid le Danois. Nous n'avons qu'à suivre nolre spirituel con- 
ducleur; avec lui, nous nous mélons à ces personnages aux 
moeurs encore empreinte.s de barbarie et de ru desse, mais 



1 Chroniqne de* Guines et d'Ardres, par Lambert, cure d'Ardre.s 
1)18-1203), texte latin et francais en regard, par le Marquis de 
Godefroy-Ménilglaise, avec la topograpbie du comté de Gulnes et 
des carlesdu pays tei qu'il ótait au xm« siede et tei qu'il est aujour- 
d'hui, par A. Courtois. Paris, 1855. 

8 Bulletin historique, t. 1, p. 287. 

8 Usaiges et auciennes coustumes de la conte de Ghysnes avec 
une introduction et des notes par M. Tailliar, conseiller à la cour de 
Douai, et un Aporcu historique sur le comté de Gulnes, par M. 
Courtois, avocai, Secrétaire- Archi viste de la Société des Antiquaires 
de la Morinie. St-Omer, 1856. — M. Courtois a joint à son travail 
une vue de la ville et du chàteau de Guines à la fin du xm* siècle, 
d'après un pian trouvé à la tour de Londres, et un glossaire des 
mots surannés qui étaient usités dans le pays. 



— 28 — 

chevaleresques et galantes ; avec lui , nous assistons à ces 
plaids géneraux, à ces cours plónières, à ces tournois, à ces 
fétes brillantes qui attirent les pairs, les barons, la noblesse 
du comtó et des alentours. Guiues avait eu ses jours de pros- 
perile ; à l'indépendance et à la splendeur allaient succèder la 
servitude et la désolation. Lorsque les coutumes furent rédi- 
gées vers le milieu du xv e siècle, le Comté n'avait plus ses 
anciens souverains, il n'appartenait méme plus à la France ; 
c'était un Roi Anglais qui parlait en maitre dans ces belles 
contrées *. 

Vers la méme epoque, un ouvrage dù au patriotisme ardent 
et a la piume exercée d'un Boulonnais, était venu jeter dans 
l'arène des discussions savantes une question pour ainsi dire 
internationale : Où est né Godefroi de Bouillon, le conqué- 
rant de Jérusalem? Est-ce à Boulogne, dans le palais d'Eus- 
tache II, comte de Boulogne ? Est-ce en Belgique, dans l'un 
des cbàteaux de sa famille maternelle? M. l'abbó Barbe, 
ancien professeur de philosophie dans l'institutìon de M. Haf- 
freingue, aborda résolument et savamment la question, et la 
decida en faveur de sa ville natale *. La thèse contraire avait 
pour patron un bomme d'une grande órudition, M. de Ram, 
rccteur magnifique de l'Uni\ersité de Louvain, preVident de 
l'Académie Royale de Belgique. M. Barbe se crutobligé de 



1 Octroy d'assiscs par Henry VI, H i de France et d'AngL terre , 
donne à ParK le 26 jùin 1423, p. 3:2 da livre des Usaiges. 

1 Du lieu de naissance de GoJe roi de Bouillon à propos du projet 
de lui clevor un monument dans la ville de Boulogne-sar-Mer, par 
l'abbi E. Barbe. Boulogne, 1855. 

Nouveaux < claircissemenls sur la queslion du lieu de naissance 
de Godefroi de Bouillon, en réponse a une notile de M. le recteur de 
l'Universi té de Louvain s^r le uieine snjcl, par M. l'abbé K. Barbe. 
Boulogne, 1858. 

Projet d'élever une statue à Golefroi de Bouillon s.ir la place dì 
l'Hòtel-de- Ville de Bo dogne-sur-Mer , par M. Améd e de Poucques 
d'Herbiiighem, conseiller à la cour importale d'Ainiens. Amiens, 
1856. 



— 29 — 

répliquer : « Cette fois, c'est sur le terrain méme ou son ad- 
» versaire s'est retranché qu'il vieni lui livrer batailie ; c'est 
» là qiTil Taltaque cn détail dans chacun de ses retranché- 
» menls, prend d'assaut toutes ses redoutes et en disperse les 
» débris. » Débarrassé ainsi d'un redoutable antagoniste, il 
établit d'une manière irréfutable que Godefroi est né à Bou- 
logne ! . 

Courtois, Boulonnais d'origine et par ses affections, ne pou- 
vair reste r étranger à ce débaì, Il s'estima heurenx de n'avoir 
qu'à se ranger sous la bannière de son ancien maitre, et a 
appuye/ pa/ quelques faits les conclusions de l'auteur 11 n'eut 
garde de laisser échapper l'occasion de louer un travail ricbe 
de documenta, ?atisfaisant pour l'esprit, remarquable par une 
dialectique incisive, ei par une diction sobre el elegante. 

Son Happort sur la Crypte de la noutelle Calandrale de 
Boulogne *, rst une oeuvre de pieux souvenir. Pour la nartie 
arcliéologique et de?criptive, il n'a eu qu'à suivre la notice si 
précise e si claire de M. l'abbé Haignéré, alors p-ofesseur de 
rhétorique dansrinslitution de M. HafTreingue. Mais ce travail 
facile ménagea une véritable consolation à son coeur bon et re- 
connaissant. Notre confrère saisit l'occasion de parler de la mai- 
son qui avait abrité ses jeunes années, de son vénérable maitre, 
M. HafTreingue, cet homme à la foi robuste et au coeur magna- 
nime que les plus hautes disttnctions ont laissé simple et mo- 
deste. Avec quelle suavilé il se reporte à ses jeunes années , 
« à cette epoque où lui et ses camarades enfanis foulaient sous 
» leurspieds, dans leurs joyeuses récréations, ce so! déj^ bou- 
» leversé par tant de révolutions, et qui, gràce à un homme 
» incomparable, est redevenu une terre bénie, et conserverà 
» à toujours la sainte destinationqui vient de lui étre rendue!» 
Sa reconnaissance pour son ancien maitre collaborateur et 
ami, était vraiment touchante. Combien de fois, nous, ses con- 



1 Bulletin historique, t. 2, p. 2%. 
1 Mémoires, t. 9, 2 e partie, p. 355. 



— 30 — 

frères, ses collègues, ses amis, ne l'avons-nous pas surpris 
nous racontant avec cotte bonhomie charmante et cet accenl 
du coeur qui le caractérisaient, mille anecdotes de son séjour 
dans cette célèbre institution ? 

Nous nous sommes étendu sur cet épisode de la vie de 
Courtois, parce que nous ne pouvons nous lasser de dire quel 
trésor de bonté et de reconnaissance recélaitle coeur de notre 
collègue regrettó. 

Rappellerons-nous enfin, en terminant cette sèrie des pu- 
blications de notre ami, le comptc-rendu analytique d'un 
ouvrage dù à la piume savante et exercée de notre éminent 
collègue M. Henri de Laplane. Il y avait certes beaucoup a 
louer dans l'histoire des Abbés de Saint-Bertin que l'Instilut 
venait de couronner ; Courtois esquisse a larges traits cette 
longue vie de l'une des plus puissantes maisons de l'ordre de 
l'ordre de Saint-Benoit qui embrasse une periodo de douze 
siècles ; il signale le mérite inconteslable du livre, et s'il loue 
l'auteur avec conviction et délicatesse, son appréciatión reste 
toujours mesurée et indépendante ! . 

Uva quelques annóes, une ardente polémique s'engagea 
sur le choix d'un sujet de féte historique , V Entrée de Guil- 
laume Cliton à Saint-Omer. ótait propose par ceux qui se 
rappelaient l'éclat des fètes de 1841 et 1846. Un journal de la 
località qui mettait un autre projet en avant, attaqua vivement 
le personnage à qui on préparait une entrée triomphale, et la 
chat te barbare par laquelle ce souverain flamand accordai! h 
la ville dQ Saint-Omer le droit à'arsin. Ce privilège consti- 
tuait, a la vérité, de terribles et implacables représailles, mais 
il était dans les moeurs de nos ancétres ; l'étranger coupablo 
d'attentat envers un bourgeois, était cité à comparaìtre devant 

1 Les Abbés de Satnt-Bertin, d'après les anciens monùments de 
ce monastère, par M. Henri de Laplane, Secrétaire- Perpétuel Atl- 
joint de la Société des Antiquaires de la Morinie, 2 voi. in-8° avec 
planches. Saint-Omer, 1854-1855. — Cet ouvrage a obtenu la pre- 
mière médaille d'or au grand Concours des Antiquités de la Franco 
en I«5C>. 



— 31 — 

le chàtelain, et s'il refusai! de donner satisfaction dans les trois 
jours, lous les menibres de la communauté bourgeoise ven- 
geaient sur lui l'insulte faite a leur frère , en démolissant et 
brùlant sa maison. 

M. Courtois qui avait étó acclamé vice-président de la cojn- 
mission de la féte historique, ne crut pas pouvoir laisser la 
mémoire de Guillaume Cliton et celle de nos ancétres expo- 
sóes au mépris public. 11 publia dans le Mémorial Artésìen ' 
une savanle et curieuse notice sur le droit $ arsili et la loi du 
talion, où il prouve à Faide de documenta des xn e et xm e siè- 
cles, de la charte octroyée à la ville de Saint-Oraer, en 1427, 
par Guillaume Cliton, et par une aulre charte de l'évéque de 
Térouanne du 4 er juillet 4321, que ce terrible droit d'arsin 
était, au milieu d'une epoque barbare, un véritable progrès 
dans la législa'tion et dans les moeurs de nos contrées arlé- 
siennes et flamandes, c'est-à-dire la substitution de l'action 
publique aux vengeances privées, et, en definitive, la pro- 
lection legale du faibie contre le fort avec la sanction de la loi. 

La thèse de notre confrère où la science historique était 
déguisée sous i'apparence de l'ironie, eut le rare mèrito do 
clóre la discussion ; l'organisation de la féte historique suivit 
lentement son cours, elle jeune et vaillant Cliton fit brillam- 
ment son entrée triomphale dans nos murs, le 3 juillet 1865, 
une année après la mort de celui qui avait contribué a réha- 
biliter sa mémoire 2 . 

Tout ce qui serattachait à sa ville d'adoption, à son histoiro, 
aux. hommes qui, à divers titres, avaient répandu quelque 
éclat sur elle, était l'objet de sa prédilection. Il éprouvait une 
satisfaction réelle à ressusciter un vieux document, un livre 
enfoui dans la poussière des dépóts publics. Cest pour obéir i\ 



1 Mémorial Artésien, n os des 18, 25 octobre, 5 novembre 186:2. 

4 Féte historique donnée les 3 et 4 juillet 1865. — Entrée do 
Guillaume Cliton, xiv e comto de Fiandre, a Saint-Omer, le 14 avril 
1137. 



— 32 — 

ce sentiment qu'il publia dans le bulletin, à titre de docunieiH 
lirtéraire et historique, un petit poème compose dans le goiìt 
de Ronsard, par un poète audomarois, et devenu excessive- 
mentrare *. Il y joignit rles notes critiques, et des observa- 
tions qui donnent un nouvel intéri t à ce tableau historique de 
nolre cilé au commencement du xvn e siècle. 

Courtois était d'ailleurs jaloux de conserver intact le dépót 
de nos archives eommunales : un jour Saint-Omer fut menacé 
de perdre celles de Nolre-Dame, le minist/e de l'tntérieur 
avait manifes é Tinlention de le? tran? porte;* aux a chives dé- 
partementales à Ar as. Cette prótention était-elle fondée en 
droit et motivée en fait? La Société dcs Antiquaires de la 
Morine ne le cmt pas; son Secrétaire-Archiviste , qui fut 
chargé de faire un rapport sur cetle question. prouva péremp- 
toirement que la loi du 5 brumaire an V était inapplicable 
puisqu'il ^'agissait des archives propres d'une église réguliè- 
remenl rendues à la ville par une loi postérieure. Ces raisons 
furent agréées par le ministre qui nous laissa nos archives f . 

Courtois avait une verità ble affection de savant pour les 
vénérables archives; c'est là qu'il avait découvert , quel- 
ques années auparavant, un des documents les plus curieux 
de notre histoire ecclésiastique locale du xi e siècle?... Le 
récit des exactions commises par Eustache, avoué du chapitre, 
au préjudice des hommes de cette abbaye et notamment sur 
ceux d'Ecques, de Dohem, de Burkes(Saint-Martin-au-Laért), 
du procès qui lui fut intentò par son onde méme, ptévót du 
chapitre, devant Robert-I e-Jeune, comte de Fiandre, et de 
l'arrét qui remet la décision de cette affaire au duel judiciaire 
propose par Jean de Bergues, au nom du prévót et du cha- 
pitre de Notre-Dame. Le lieu du combat est fixé sur le Vieun 



1 Polygraphie audomaroise ou Genie Zétésien, par Guillaume de 
Le Nort, audomarois, maìtre-és-artslibéraux, imprimé à Saint-Omer 
en 1733. — Bulletin, t 2, p. 326. 

* Bulletin historique, t. Ili, p. 141 et 147. 



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— 33 — 

Marche. Au jour indiqué, le comte de Fiandre se rend à 
Saint-Omer avec sa cour; Gerard, évéque de Térouanne, 
Geoffroy de Boulogne, évéque de Paris, Tabbó et les moines 
de Saint-Bertin, siègent sur une estrade au milieu de la lice ; 
les corps de Saint-Bertin, de Saint-Folquin, de Saint-Omer, y 
ont été transportés processionnellement, Eustache est appelé, 
Tévèque lui lit la formule de serment solennel qu'il doit préter 
sur les Saintes Reliques. Le malheureux avoué éprouve un 
remords, il recule devant un parjure, et courbe la téte en face 
de ses juges. 

Cette pièce intéressante, qui nous rappelle des moeurs et des 
usages si différents des nòtres, porte la date de l'anlOBS. 
Notre docte secrétaire-archiviste Fa traduite et en a publié le 
texte latin avec la traduction et des notes explicatives * . 

Que de richesses ignorées seraient rcndues à l'histoire s'il 
se rencontrait beaucoup de chercheurs comme notre zélé col- 
lègue ! Il eut un jour la bonne fortune d'exhumer un véri- 
table trésor paléographique enseveli dans les flancs d'une 
montagne de papiers. C'étaient les Privilèges et les Annales 
de Véglise de Watten 2 ; les Privilèges 8 , manuscrit du xv e 
siècle, comprenant 341 chartes inédites et pour la plupart 
inconnues jusqu'ici ; les Annales 4 , rédigées vers 4528, par 
un chanoine de la prévótó de Watten qui a soigneusement 



1 1858. Saint-Omer, Chanvin. 

* Watten (Nord), bourg de 1350 habitants, sur la rive droite de 
l'Aa, à 10 kilom. de Saint-Omer et à 34 de Dunkerque. — Robert- 
le-Frison, Comte de Fiandre, y fonda, en 1072, une collegiale trans- 
formée plus tard en un collège de jésuites anglais, et vers la fin du 
siècle deroier, en une maison de campagne de Tévèque de St-Omer. 
La tour, ébréchée par le terops, conservée comme amer aux navi- 
gatemi, domine tout le pays. 

* Privilegia ecclesia Watinensis, 1 voi. in-4° sur papier, recou- 
vert en parcjiemin, manuscrit en caractères des xiv 6 et xv e siècle», 
contenant 436 pages. 

4 Annales ecclesia Watinensis y per prxposilos distincti, 2 voi. 
in-8° sur papier, manuscrits en caractères du xvi« siècle. 

3 



— 34 — 

enregistré, tantót en latin, tantót en fran^ais, les évènements 
intéressants qui se sont passés dans le monastère depuis sa 
fondation. 

Les Ànnales et les Privilèges sont pour l'iiistoire de la 
Fiandre de précieux documents et « viennent jeter sur la con- 
» trée qui s'étend à droite de l'Aa, et sur Watten en parti- 
» culier, le rayon de lumière que l'histoire de Lambert d'Ar- 
» dres et la chronique d'Andres ont répandu de l'autre còte 
» do la rivière. » 

Notre infatigable collègue a fait de ces deux recueils une 
analyse substantielle qui sera consultée avec fruit par ceux 
qui voudront recourir aux sources historiques *. 

Desi 845, au milieu des rudes labeurs d'une vie sérieuse- 
ment occupée, Courtois eut rarement le loisir de faire des 
vers ; mais les grands poètes de l'antiquité et les nótres, qui 
avaient charme sa jeunesse, lui étaient restés familiers ; il 
savait par coeur et nous récitait des scènes de Corneille et 
des odes entières de Lamartine ; il lisait dans leur langue, 
Homère, Anacréon, Sophocle, Virgile, Horace et Tibulle. 
Quelquefois aussi , lorsqu'il fouillait la riche bibliothèque 
de Saiat-Omer, il découvrait, à coté d'un document histo- 
rique, les ceuvres d'un vieux poète artésien, et, si le livre lui 
plaisait, il l'exbumait de son antique poussière, redisait à ses 
concitoyens le charme qu'il y avait trouvé, et, autant sans 
doute par reconnaissance que par satisfaction personnelle, il 
faisait briller d'un éclat nouveau des gloires poétiques que 
nos pères avaient laissó pàlir. 

Simon Ogier était une de ces gloires oubliécs. — Jadis 
poète renommé dans sa province, il avait chanté en beaux 
vers latins les cygries de l'Aa et les bocages de Blandecques ; 
mais depuis bientót 250 ans, ses ceuvres reposaient paisible- 
ment sur les rayons des bibliothèques, lorsqu'une publication 

Bulletin historique, t. I, p. il et 67. 



— 35 — 

toute recente inspira à notre confrère la pensée de nousles 
faire connaìtre. 

On .sait que Saint-Omer fut pendant plusieurs siècles sous la 
dominalion étrangère; les Francis, jaloux de reconquérir cette 
ville importante, Tassiógèrent à diversesrepriseset óchouèrent; 
au milieu des tronbles de la ligue, le 24 novembre 1594, ils 
renouvelèrent leurs attaques, sans ótre plus heureux. 

La joie qu'óprouvèrent nos aieux d'avoir échappó aux 
« traistres Franchois atéìstes qui ne cognoissent Dieu, n'ont 
» foi ni loy, pour adseurer leur chef hérétique, le Béarnois * » 
se traduisit par des actes mémorables. Jean de Vernois , 
évéque de Saint-Omer, institua une procession solennelle qui 
avait lieu le 24 novembre. Un sculpteur de l'epoque repró- 
senta en un bas-relief très curieux qui se voit encore au 
musée, les détails de cette entreprise nocturne. 

M. Albert Legrand, vice-président de la Sociótó des Anti- 
quaires de la Morinie, avait inséré dans le bulletin * un récit 
contemporain inédit et intéressant de cet évènement. En le 
lisant, Courtois se souvint que Simon Ogier avait célèbre, 
dans des odes latines , cette victoire dont il s'attribuait en 
grande panie le morite pour avoir le premier sonné le tocsin 
de Téglise Sainte-Aldegonde. Ce bon et vaniteux Ogier ne 
crai n t pas de se comparer aux oies du Capitole qui ont sauvé 
Rome, et se plaint amèrement de l'ingralitude du magistrat 
municipal qui n'a pas citò son nom dans le rapport officiel. 

Courtois a fait revivre ces odes peu connues, en les tradui- 
sant en excellents vers, et en les accompagnant de notes expli- 
catives d'un vif intórét. Notre confrère s'égaie bien un peu 
des prétentions de son héros, prò patria semper olor vigil, 
qui moins heureux quo les oies du Capitole, n'a pas requ le 
prix de sa vigilance et de sa courageuse initiative. Il n'oublie 



1 Ertrait da registro aux délibérations de mai 1588 au 3 janvier 
1601. — Archives de Saint-Omcr. 
* Bulletin historique, t. I, p. 421. 



— 36 — 

méme pas la devise que sa mauvaise humeur lui fit adopter : 
Solor olor, c'est-à-dire : Cygne, je me console f . 

Enhardi par ce premier essai, Courtois eut la curiosile de 
lire les autres ouvrages du poète audomarois ; ils lui róvé- 
lèrent « une belle et riche imagination, une àme grande et 
» généreuse, un coeur doué de la plus exquise sensibiiitó, 
» un véritable poète dans l'acception de ce mot, en méme 
» temps qu'ils forment dans leur ensemble comme un vaste 
» tableau où vient en.quelque sorte se daguerréotyper touie 
» l'histoire contemporaine, hommes et faits. » 

A quoque lemps de là, la Sociétó des Antiquaires de la 
Morinie tenait une séance publique et solennelle * ; notre col- 
lègue crut que la Société choisie qui la composait, écouterait 
volontiers une lecture où il raconterait la vie et analyserail 
les oeuvres de son héros , d'après lui-méme, inspiration dou- 
bleraent heureuse pour Simon Ogier et pour son spirituel 
historieu. Le premier a re^u un honneur qui ne passera pas 
de sitót, et notre confrère a attaché son nom à une publication 
d'une remarquable ólégance. 

M. Courtois commence par nous faire connaìtre Simon 
Ogier, né à Saint-Oraer, le 3 mai 4549, d'une famille des 

plus honorables de la bourgooisie a Simon lui vient en 

aide a chaque pas ; son biographe n'a souvent qu'à mettte en 
ordre et à traduire en vers frangais les documents qui abon- 
dent dans ses écrits. U le suit dans un voyage qu'il fait en 
Italie pour ne pas étre témoin des désastres que la guerre 
accumulait sur sa malheureuse patrie. Avec quel enthou- 

1 Bulletin Hstorique, t. 11, p. 123. 

* 20 juin 1856. 

3 Simon Ogier est né dans une maison portant aujourd'hui le 
n° 99 de la rue de Dunkerque, et qui a conserve le style du xvi e 
siècle. Elle appartient à M. Gordier, fabricant de savon. Le 3 mai 
1849, la Société des Antiquaires de la Morinie, afìn de populariser 
le souvenir de Simon Ogier, a fait graver sur la facade de cetlé 
maison une inscription en or sur une table de marbré. 



— 37 — ' 

siasme, en entrant dans la ville étemelle, salue-t-il cette reine 
des Dations et les hommes illustres qu'elle a produits ! 

Dósormais il pourra se livrer en paix à ses inspirations 
poétìques : 

« Maintenant près du Tibre et de ses prés fleuris, 
» Je puis donc, libre enfin de crainte et de soucis, 
» Réver loin du turaulte et cbantant sur la lyre, 
>» Modulerles accorJs que ma muse m'inspire *. >» 

Après dix annóes passées sous le beau ciel de l'Ausonie et 
dans les délicieuses campagnes chantées par Virgile, lorsque 
le canon a cesse de gronder dans le Pays-Bas, Simon Ogier 
reprend le chemin de TArtois. Dans une ode : Ad Nymphas 
Audomarenas, dans ralle ad Aam y il adresse ses plus affec- 
tueusessalutations à ce monde poétique dont son imagiuation 
avait peuplé nos alentours : 

« Que j'aime à voir, Aa, tes ondes cristallines, 

A Avec leurs cygnes blancs, 
» Avcc le choBur joyeux de tesblondes ondines 

» Et tes bords verdoyants ! 

» Que j'aime à te revoir, lorsque la Morinie 

» Ployant ses étendards , 
» Goule des jours de paix et tourne son genie 

» Vers les muses, les arts * ? » 

1 Mémoires de la Société des Antiquaires, t. X, p. 151. 
Nunc igitur juxtà Tiberini fluminis undam, 
Purpureo in prato, et silvae Tiridantibus umbris, 
Semotum longè à populo, strepituque, licebit 
Sol licitare Lyram et modulari carmina lieta. 
Silvae, Verone, 1584. 
* Mémoires, t. X, p. 154. 

Ad Aam 
Laetor Aa tuos cùm video fluctus 

Gycnis abundare 
Et te juxta, Nymphas nescientes luctus 
Choros agitare 



—minarne— - - »■ 



— 38 — 

Notre collègue nous initie aux actes les plus importants de 
la vie de son hóros; pendant près de dix ans, les soins d'une 
jeune famille, les affaires publiques et la désolation que la 
guerre entrarne après elle , tiennent suspendue la lyre du 
poète;mais en 1597, les muses reprennent leur empire, et 
notre concitoyen ne passe pas une année sans mettre au jour 
un volume de poesie. 

Les sujets de ses chants sont variés : l'éloge des lettres et 
des illustrations de son epoque, la religion, la famille, les 
malheurs de la guerre et les bienfaits de la paix, les évène- 
meuts passés sous ses yeux. Parfois aussi il décoche quelques 
traits piquants àTadresse de certains bourgeois qui le blàmaient 
de perdre son temps à composer des vers et surtout de dépenser 
son argent à les faire imprimer; d'autres fois encore il raille 
finement et, -certes, avec fort peu de tendresse, les industriels 
de sa ville natale qui, pour vouloir trop gagner, vendaient aux 
consommateurs des denrées falsifiées f . 

Morinosque sequi pacificas artcs 

Et odisse bella, 
Quse per omnes fortis Arthesise partes 
Sua carent sella. 
1 Une épigramme que n'aurait pas désavouée Martial, est dirigée 
contre les brasseurs , et dédiée ad archonlas , c'est-à-dire aux 
magistrats de la cité. Voici la spirituelle traduction qu'en a faite 
notre collègue : 

Locuste, le brasseur, empoisonne sa bière 

De soufre et du venin d'une herbe délétère. 

Pourquoi n'en fait-on pas un exemple éclatant 

Ainsi que de tous ceux qu'on sait en faire autant? 

Pourquoi conduits, pieds nus, corde au cou, par la voie, 

Pour étre lacérés par les oiseaux de proie, 

Ne sont-ils pas pendus, accrochés au gibet, 

Et par l'exécuteur étranglés court et net ? 

Cet avis aux brasseurs serait très salutaire, 

Fabriquant désormais une bière sincère, 

Ils ne nous vendraient plus un infernal poison 

Pour le jus fermenté de l'orge et du houblon, 

La bière avec le vin lutterait d'avantage, 



— 39 — » 

Le biographe nous montre Simon Ogier à raison de l'epoque 
où il a vécu, comme Tun des plus remarquables poètes lyriques 
que compte la France. Ses silves el ses élégies dans lesquelles 
il a chantó, sous mille formes, les beautés de la terre natale, 
et les malheurs de TArtois au milieu des guerres désastreuses 
du xvi e siècle , ne seraient indignes d'aucun des poètes 
qui excitent notre admiration. En les lisant, « on y trouve la 
» sensibilité d'Ovide jointe à IMiarmonieuse élégance de 

» Tibulle les derniers vers de Gilbert et les feuilles 

» d'automne de Millevoye, ne respirent pas une tristesse, 
» une douleur plus vraie, mieux sentie, ni mieux exprimée. » 

Son elegie Artesia peut étre citée pour Télévation des pen- 
sées et pour la noblesse de style qu'cxige ce genre de poesie ; 
inspiróe par le plus pur patriotisme, Simon Ogier l'adressc à 
ses concitoyens qui consument leurs forces dans les fureurs 
de la guerre civile, tandis que 

l'orgueilleux Croissant dans Ics mcrs d'IIespérie, 

Dejà commande en souverain. 

Nous ne pouvons resister au dósir de ciler quelques vers 
de cette belle elegie dans la traduction de notre collògue. 

Est-ce un songe trompeur ! les vieux Gaulois, nos pères 
Accordaient peu, dit-on, à la nuit, au sommeil ; 
Mais vous, contre moi seule et vos raalhcureux frères 
Actifs et toujours en éveil, 

Vous dormez, ó Francais, vous fermez la paupière, 
Et vous ne voyez pas s'avancer le Croissant, 
Comme un oiseau de proie ouvrant sa large serre 
Pour étreindre notre Occident ! 



\u lieu d'ètre pour tous un perfide breuvage, 
Mortel à l'estomac et fatai au cerveau, 
Conduisant, avant Theure, un buveur au tombeau ; 
Prise modérément, cette liqueur divine 
Dissipant les soucis, l'humeur noire et chagrinc, 
Prolongerait nos jours comme dans Page d'or, 
Au temps du vieux Lamech et (Ju bon roi Nestor. 



— 40 — 

Ah ! prenez garde ! un jour, si de cette indolence 
Vous ne secouez pas le charme séducteur, 
Le reptile Ottoman qu'avec tant d'iraprudence 
Vous récbauffez sur votre coeur, 

S'élancant en sifflant, dans sa fureur traltresse, 
Saura vous réveiller de ce calme trompeur ! 
11 courbera vos fronts, comme il courba la Grece, 
Sous son orbe triomphateur ! 

Prenez garde ! le Ture est un ami penìde, 
Il fascine sa proie, ainsi que l'épervier f 
Qui, planant dans les airs, fond dans un voi rapide 
Sur la colombe et le ramier. 

Levez-vous donc, Gaulois, enfants de la Celtique, 
Et guidant vers l'Istcr vos soldats fremissants, 
Délivrez et l'Europe et la terre Hellénique 
De ces barbarcs mécréants. 

Cet appel aux armes avait sa raison d'étre, au xvi e siècle, 
lorsque l'étendard de Mahomet se promenait viclorieux dans 
les trois parties de l'ancien monde. Simon Ogier, s'il revenait 
parmi nous, trouverait encore des accents passionnés pour ré- 
chauffer le patriotisme de ses concitoyens du xix c siècle ; seu- 
lement le danger est dóplacé, il ne nous vient plus de l'Orient. 
Notre poète jetterait sans doute un nouveau cri d'alarme, mais 
contre les barbares du Nord dont l'ambition ne sera satisfaite 
que lorsqu'ils règneront sur les rives du Bosphore. 

Courtois a eu le rare bonheur de nous faire connaìtre un 
poète illustre de notre ancienne province et de nous donner 
de beaux vers. La biograpbie poétique de Simon Ogier est 
d'ailleurs d'une lecture attaccante ; les órudits trouveront à la 
suite de ce travail un catalogue raisonné et une analyse des 
ouvrages publiés par notre vieux poète. 

Deux années après, il publia le texte d'un petit poème en 
vers latins rimés dans lequel Simon Ogier raconte un voyage 
qu'il fi t à Bruges, en 1597. Cet itinéraire ne manque pas 



— 44 — 

d'intérét ; le voyageur décrit soigneusernent les lieux qu'il a 
traversés, les péripéties de la rome, el nous raconte bravement 
les dangers qu'il ent a courir de la part des bandes hollan- 
daises et anglaises qui, a cette epoque, désolaient les cótes de 
la Fiandre. Les fatigues furent bien vite oubliées lorsqu'ar- 
rivé à Bruges, il devint l'hóte farailier de Philippe II, Roi 
d'Espagne, qui alors y tenait sa cour. 

Notre collègue a joint au texte une traduction en vers fran- 
§ais où il s'est attaché à reproduire le style libre et coulant de 
l'originai. Nous ne craignons pas de dire qu'il a réussi, et 
qu'en sa compagnie nous avons fait un voyage à Bruges qui 
nous a laissé des souvenirs fort agréables *. 

La poesie était pour notre confrère un délassemenl qu'ii 
s'accordait volontiers au milieu de ses travaux ardus ; mais 
lorsqu'il avait sacrifié quelques heures aux muses, il revenait 
comme par une attraction irrésistible à ses études favoriles, 
c'est-à-dire à tout ce qui se rattachaii à l'histoire de son pays. 
Il s'était tout particuliòrement occupò de philologie ; gràce à 
son aptitude remarquable pour les langues, il trouvait, dans 
cette science aride une boussole qui guidait et assurait sa 
marche à travers les écueils de la carrière archéologique. 

Les Recherches sur V ancien Tdiome audomarois qu'il 
publia en brochure, en 1856 2 sont un véritable tour de force. 
Il essaie de prouver que la langue thioise ou flamande était, 
au vn e siècle, et est restée aux xin e et xiv e siècles, la langue 
vulgaire dans le pays qui s'élend de Saint-Omer à Abbeville 
et d'Aire à Boulogne. 



« Bulletin historique, t. I, p. 235 (1856). 

* L'ancien Idiome audomarois. — Le roman et le théotisque belge, 
preuves de Pexistence de cette dernière langue à Saint-Omer, dans 
les alentours, dans le Bas-Artois, l'ancien comté de Gutnes , le 
Calaisis, l'Ardrésis, le Boulonnais et la Picardie ; son origine, son 
identité avec l'idiome des anciens Morins et des Gallo-Belgea, sa 
perpétuation jusqu'à nos jours dans les faubourgs de Saint-Omer. — 
1856, Chanvin. 



— 42 — 

La thèse do notre éminent Secrétaire-Archiviste, précisé- 
ment parce quelle est nouvelle et heurte uq courant d'idées 
regues, peut paraitre un paradoxe. Pour la faire accepter il 
fallait des preuves inattaquables ; Courtois les a demandées 
aux meilleures sources; puisant à pleines mains dans les 
chartes, les contrats, les terriers des siècles les plus reculés, 
il fait passer devant vos yeux des milliers de noms de lieux, 
de domaines, de rues qui lui donnent cent fois raison ; il vous 
fait suivre les transformations des mots, il les dissèque, les 
analyse, en cherche les racinesles plus tenuc9, etreconstitue, 
à votre suprème ótonneinent, des mots perdus depuis six ou 
huiUsiècles, mais que le sagace philologue a découverts dans 
des parchemins presqu'illisibles et à demi rongés des vers. Et 
lorsqu'il a entassé preuve sur preuve et donne un corps à ses 
doctrines, il descend de siècle en siòcle, avec cette vieille 
langue que parlaient les Morins et les Gallo-Belges, lors de la 
conquéte romaine, il voit peu à peu se resserrer le cercle de 
ceux qui la parlent, jusqu'à ce qu'enfìn il ne la retrouve 
vivante, en Artois, que dans les faubourgs de Saint-Omer et 
dans une partie de la population de Clairmarais. Oh ! que 
notre confrère a bien mérité qu'on lui appliquàt la devise 
adoptée par la socióté savante dont il ótait une des plus écla- 
tantes lumières, et mise par elle sur ses diplómes : Doctrina 
investigando restìtuet ! 

Le travail de M. Courtois offre un haut intórét; dansces 
derniers temps, d'illustres érudits ont étudió les origines de 
la langue romane, qui est la mère de la langue francaise. M. 
Villemain * ne petit citer comme échantillon du roman wallon 
au ix e siècle que le fameux serment de Charles-Ie-Chauve en 
842, etquelques mots isolés dans une chronique normande. 
D'autres écrivains, et notamment M. Tailliar * ne signalent en 
cette langue aucun acte public incontesté, antérieur à 4 497. 

' Gours de littérature au moyen-àge. 

* Recueil d'actes des xn e et xin e siècles, en langue romane-wal- 
lonne du nord de la France, publié par M, Tailliar. — Douai, 1849, 



— 43 — 

Il est vrai que nos archives possèdent un document plus 
ancien qui prouve qu'au milieu du xn f siede la langue fran- 
qaise était en usage à Saint-Omer l . Mais Courtois est alle 
bien plus loin; le cartulaire de Saint-Berlin lui a fourni deux 
pièces authenliques, Fune de Fan 850 , Fautre de 867, en 
latin barbare où se rencontre un nombre considerante de 
mots romans .qui se sont perpétués dans notre patois arté- 
sien ; et il en tire cette conséquence tròs logique qu'en plein 
ix e siècle, la langue romane était connue, sinon dam> la ville, 
ati moins dans Fabbaye de Saint-Bertin. 

« N'est-il pasd'ailleurs interessane poursuit notre confrère, 
» que ce soit à Saint-Omer, sur Fextréme limite du roman- 
» wallon, du fran^ais, dans une ville dont une partie de la 
» population continue à parler le tbéotisque ou flamand, que 
» nous trouvions les plus anciens documents qui constatent 
» etFexistence du roman et son emploi dsns les actes publics, 
» à une epoque plus reculée que dans les contrées du centro 
» de la France et dans le voisinage de Paris ? » 

Le roman n'était cependant pas la langue vulgaire du pays ; 
Courtois veut précisément prouver que la langue communé- 
ment parlée à cette epoque reculée, par les babitants de la 
Morinie, était le flamand. Ses arguments sont des plus forls, 
on nous permettra d'en indiquer quelques-uns. 

Dès le vn e siècle, dit-il, on voit Saint Omer appelant auprès 
de lui trois religieux de Fabbaye de Luxeuil, d'origine teuto- 
nique, parce qu'ils parlaient la langue du pays *. 

Cette langue se parlait encore au x e siècle, lorsqu'après 
les invasions normandes, on construisit à Saint-Omer des rues 
auxquelles on donna des noms flamands. 

1 Acte passe entre Milon, évéque de Térouanne et le chapitre de 
Saint-Omer (M59 à 1167) ; M. Vallet de Viriville Fa analysé dans 
son Essai stir les archives historiques du chapitre de Véglise cathé- 
drale de Saint-Omer. 

* Quia patriae linguai», ut potè teutonici, bene sciebant. — 

Iperius chronic. Sithiense, 



— 44 — 

Plus tard, aux xiv e et xv e siècles, les affiches se faisaient 
danslesdeux idiomes francais et flamand, etlesmayeurs et 
échevins rédigeaient en flamand leurs sentences criminelles 4 . 

Notre docte collègue a poursuivi ses études philotogiques 
bien au-delà du rayon de Saint-Omer ; il retrouve la langue 
thioise dans cette vaste contrée qui s'étend de Térouanne a 
Boulogne, et des bords de l'Aa aux rives de la Cariche et de 
l'Àuthie, et il constate les vestiges irrécusables du long séjour 
qu'y a faitla langue flamande. lei, là, plus loin, ce sont des 
villages, des fermes, des territoires, des rivières, des chemins 
qui portent des noms défìgurés par le temps, dont la physio- 
nomie et la signification nous transportent en plein pays fla- 
mand. 

Les hisloriens du pays confirment, d'ailleurs, la thèse de 
notre ingénieux philologue. Lambert d'Ardres, qui écrivait 
dans les premiòres années du xm e siècle, dit que le flamand 
était la langue vulgaire dans le Calaisis et le nord du Bou- 
lonnais. Guillaume d'Andrea qui vivait trente ans après, nous 
apprend que les causes soumises à la cour de Tabbaye se plai- 
daient et se jugeaient en flamand. Il y a plus, trois cents ans 
s'ócoulent, et la justice se rend encore en cet idiome dans la 
ville d'Ardres. 

Sous la piume de notre collègue, les arguraents de la science 
perdent leur sécheresse, car il sait les colorer par un style 
ólégant, et méler à une discussion nécessairement aride, de 
charmantes anecdotes qui viennent encore à l'appui de son 
système. 

Il ne lui suffisait pas d'avoir établi l'existence simultanee 
des deux idiomes frangais et flamand dons nos contrées; il 
avait à rechercher comment, et à quelle epoque, ils s'y étaient 
introduits. 

L'origine du roman est connue ; il s'est formò peu à peu du 
latin rustique que parlait une partie de la population des 
Gaules sous la domination romaine. 

1 Goutumes de Saint-Omer, 1509, art. 7. 



-^—^toi n ■ ii > ^ 



— 45 — 

Les choses ont dù se passe? de cette manière dans la Mo- 
rirne : au iv e siècle, le latin était parlò à Térouanne et à Bou- 
logne, residence des chefs militaires et civils. Des villes, la 
langue latine s'est naturellement répandue dans les campa- 
gnes od elle n'a pas tarde à s'altérer, et il n'est pas témóraìre 
de comparer le latin, que parlaient alors nos ancétres, au 
fran^ais que jargonnent les Africains et les Indiens soumis à 
notre domination. Quoiqu'il en soit, dès le vn e siècle, la forme 
latine s'oblitérait pour se perdre bientót dans la langue popu- 
laire. 

Quant au flamand, d'où vient-il et à quelle epoque s'est-il 
introduit dans la Morinie ? Est-ce Tidiome des Francs ou 
celui des Gallo-Belges, la langue des vainqueurs ou celle des 
vaincus ? 

Notre confrère cherche la solution de cctte doublé question 
dans l'origine des Gallo-Belges qui habilaient nos contrées, 
lors de la conquéte romaine. Issus de la race germanique, ils 
ont apportò avec eux leur langue. La langue parlée par les 
anciens Morins étail donc un dialecte germanique. Il montre 
ensuite, dans une savante discussion, que cetidiome qui s'est 
perpétue de siècle en siècle, et dont se servent encore nos 
Haut-Ponnais et nos Lyzelards, est de la móme famille que 
cette grande langue thioise qui étend son empire sur les pro- 
vinces de la Fiandre, de la Hollande, en Westphalie et sur les 
rives de la Baltique. 

Cette publication que nous avons essayé d'analyser est une 
des plus solides qu'aienl produites M. Courtois; elle lui ouvrit 
les portes du Corniti Flamand de France, dont le siège est à 
Dunkerque. Dès ce moment, il devint un des collaborateurs 
des membres de cette compagnie, et inséra successivement 
dans les annales du domite divers articles qui furentaccueillis 
avec une honorable distinction. 

Une brochure qu il fit paraìtre sous ce titre : Communauté 
d'Origine et de Langage entre les habitants de V ancienne 



— 46 - 

Morinie Ramingante et wallonne fut principalement remar- 
quée *. 

Dans la pensée de l'auteur, cetopuscule est écrit pour com- 
battre l'opinion généralement admise qui assigne la rivière 
d'Àa, entre Saint-Omer et Gravelines, comme ligne de démar- 
cation entre la race flamande ou germanique et la race arte- 
sienne ou celtique *. 

Courtois avait dójà traité cette question sous plusieurs as- 
pects dans Y ancien Idiome audomarois ; il voulut approfondir 
et elargir son sujet, en faisant marcher parallèlement la Com- 
munauté d'origine avec la Communauté de langage. 

Nous ne suivrons pas Térudit philologue lorsqu'à l'appui 
de son système historique, il passe successivement en revue 
les documents du moyen-àge et de la renaissance, la vie de 
Saint-Eloi ócrite au vn e siècle, les chartes de Saint-Bertin, le 
cartulaire de Sithiu et toute cette nomenclature d'autorités 
empruntées aux sources les plus diverses. Il faut vraiment 
posseder des gràces d'état pour pénétrer sans hésitalion dans 
les profondeurs d'un pareil labyrinthe; aussi n'éprouva-t-il 
pas une mince satisfaction à la vue de certaraes pièces au- 
thentiques qui lui parurent décisives. C'est d'abord un acte de 
donation passe en flamand , devànt les échevins du pays de 
Langle, le 24 juin 1 457, qu'il donne en son entier avec la tra- 
duction , — un rapport de la méme epoque du cure de Saint- 
Nicolas 8 , — puis, en plein xvii e siècle, des ordonnances de 
Louis XIV, transcrites en flamand sur les registres aux dé- 
libérations du pays de Bredenarde. — Mais le documentle 
plus curieux est le cueilloir originai de Tabbaye de Beaulieu * 

1 Dunkerque, imp. B. Kien. 

1 Les Morins et les Flamands n'appartenaient pas à deux races 
différentes ; ils ne formaient qu'une seule et méme nation, désignée 
au x e siècle sous le nom de Térouannais : vocantur Tervannici. 

8 Saint-Nicolas, une des quatre paroisses du pays de Langle, fior- 
mant encore aujourd'hui une paroisse distincte, mais dépendant au 
civil de la commune de Sainte-Marie-Kcrque. 

* L'abbaye de Beaulieu, dont il ne reste que des ruines, avait été 



— 47 — 

en Boulonnais, dressó en 1286, où les noms de terre d*un très 
grand nombre de villages sont en flamand. Or, rien de plus 
tenace que les noms attachés à la terre ; aujourd'hui, après 
huit siècles, sans parler des villages et des hameaux, combien 
ne rencontre-t-on pas d'enclos, de vallées, de chemins qui 
continuent d'étre désignés par les anciens noms flamands? 

Notre confrère développe sa ihèse avec une rare babileté ; 
il est permis sans doilte de ne pas admettre toutes ses dé- 
monstrations, de s'étonner parfois de la hardiesse, de la te- 
mente méme de ses étymologies ; mais on reeonnaìtra que ses 
déductions pbilologiques, toujours ingénieuses, sont souvent 
un trait de lumière jetó sur des points obscurs ou mal ótudiés 
de nolre histoire ancienne. 

Citerons-nous encore, dans le méme ordre d'idées, une 
étude sur le Patois picard dans le rayon de Saint-Omer et 
de Calais, qui a paru en une sèrie d'articles dans un journal 
de la localité? 

Courtois considère le patois picard comme le type des divers 
patois frangais de la Gaule-Belgique, après n'avoir été lui— 
méme, à son origine, qu'unc altération du thiois, par le latin 
d'abord, puis par le roman. Ces prémisses s'appuient sur des 
exemples empruntés au patois artésien, tei qu'il est encore 
parlò ; pour ceux qui le connaissent, le patois picard a, en effet, 
conservò des traces de cette doublé origine. 

Ce précis, comme toutes les productions de la méme piume, 
abonde en observations curieuses et en réminiscences pleines 
d'à-propos. Quel est celui de ses lecteurs qui a oublió Texpli- 
cation de Yeindove, cette incantation aujourd'hui presque dis- 
parue de nos cainpagnes et dont tous nous avons conserve le 
souvenir ? 

Pour en finir avec les études philologiques, nous citerons 

fondéc au xni e siècle parEustache II, seigneurde Fiennes, à son re- 
tour de la guerre des croisades, Beaulieu fait partie du territoire de 
Ferques. 



— 48 — 

enfin une disserta tion sur V origine du mot Ruthen *, Voici 
quelle en fut l'occasion : 

L'une des queslions posées au Congrès archéologique de 
France, réuni à Dunkerque, en 4860, était celle-ci : « Quelle 
» est l'origine du mot Ruthen applique au littoral de la Fiandre 
» et du Calaisis? N'en existe-t-il aucun souv3nir ? » 

Notre collègue, qui avait assisto à plusieurs séances du 
Congrès, n'avait pas été satisfait de la solution donnóe à cette 
question. Il Tétudia a sa manière, et publia, l'année suivanle, 
le résultat de ses recherches dans les Annales du Comitó 
Flamand. 

Des documents inódits du x e siècle, et plus tard Meyer et 
Malbrancq, lui avaient fait penser que le pays de Ruthen 
s'étendait le long des còtas entre Calais et Dunkerque. Les 
cartes marines et les livrea de navigation désignent sous les 
noms de Oat-Ruytingen olftln-Ruytingen, c'est-à-dire extra 
Ruthénien et intra Ruthónien, deux bancs de sable en mer, 
l'un entre Calais et Gravelines, l'autre au-delà de Mardick, et 
ne laissent, certes, aucun doute sur la situation géographique 
de cette région. 

Mais à quelle epoque remonte cette dénomination et quelle 
en est l'origine ? 

Notre ingénieux collègue se séparé complètement des écri- 
vains qui ont traité cette quastion soit avant lui, soit au Con- 
grès de Dunkerque. Il les combat avec une érudition sùre, 
et arrive à cette conclusion que « Ruthen n'était ni un nom 
» de peuple, ni un nom indiquant une division territoriale et 

» géographique, mais que celle dénomination servait à 

» designer la nature et la configuration de la partie de la cóle 
que nous venons d'indiquer, et l'aspect « sous lequel cette 
» cote, vue de la mer, se présenlait par opposition aux cótes 
» élevées et abruptes du Boulonnais. » 

Ainsi l'étymologie, la signification et l'origine du mot Ru- 

1 Annales du Gomité PJamand de France, t. VI. 



— 49 — 

tben doivent étre chercbées dans le pays méme où il a été 
employé, et où il est l'équivalent des ces uiots : bas ou plat 
ricage, bas ou piai pays *. 

On sait en effet que le littoral entre Calais et Dunkerque 
est une grande terre naturellement endiguée par les dunes, 
tandis que les cótes du Boulonnais sont des falaises escarpées. 

Cette étymologie du mot Ruthen parait très vraisemblable 
à notre collègue ; il en donne mille lumineuses raisons qui 
confondent notre ignorance en ces matières. Quelle que soit, 
plus tard, la solution definitive de ce problème ardu, il nous 
resterà une étude instructive et éminemment curieuse que nous 
recominandons aux archéologues. 

M. Courtois avait l'humeur très pacifique, il était doux et 
bon, dans toute Tacception dumot, etpourlant il lui est arrivé, 
en certaines occasions, de s'armer du fouet de la satire qu'il 
maniait d'une main aussi habile que vigoureuse. — Vers le 
mois de juin \ 863, une circonstance toute fortuite fit découvrir 
sur le territoire de Bayenghem-lez-Eperlecques *, des puits 
profonds, creusés dans une épaisse couche de sable, et comblés 
jusqu'à leur orifice avec des débris de poterie, d'armes, d'os- 
sements d'animaux et de cendres mélées de charbon de bois. 

Une commission formée de dix membres de la Société des 
Àntiquaires de la Morinie, se transporta sur les lieux et assista 
à de nouvelles explorations. Trois puits avaient été ouverts ; 
Vund'euxfut fouillé jusqu'à la profondeur de 16 m. 70 e, 
panie dans le sable, partie dans la terre vegetale ; il avait un 

* Rut-hen, d'après notre auteur, derive du mot teutonique Aen, 
digue, rivage, village, pays, comme le mot hem, et du verbe alte- 
rnami rullen , en latin barbare,* rutare, renverser, abaisser, cfoù 
il suit que rut-hen, a la méme significatìon que les mota latins : 
dejeclum liltus, strutum ou prostralum littus, ou de j erta strato,, 
prostrata plaga ou regio , et doit se traduire en franeais, comme ces 
mots latins, par ceux de bas ou plat rivage, bas ou plat pays. 

* Bayenghem, commune située à 42 kilomètres de Saiot-Omer et 
d'Ardres. 

4 



.7 



- 50 — 

diametro de 95 à 97 cen:imètres en baut et en bas. La com- 
mission constata elle-inèrnc que les trjis puits recélaient jus- 
qu'au fond les débris disparates qu'on lui avait indiqués. 

Des opinions très diverses se firent jour ; nous n'avons pas 
h les énumérer. 

Notre confrère Courtois vit dans cotte découverte un inté- 

ressant sujet d'études, cts'en empara avec l'ardeur qu'il ap- 

portait à tous ses travaux. Selon lui, les puits de Bayenghcm 

ont étó creusés à l'epoque payennc où les Gallo-Romains brù- 

laient les corps, afin d'y enfermer, après l'incinération, les 

cendres et les restes des corps recueillis dans des urnes. — Il 

appuya son système par des démonstrations tirées de l'bistoire 

du pays et de la topograpbie des lieux méme. N'est-il pas 

remarquable, en eflct, dit-il, que ces puits soient situés sur 

une colline, au bord d'une chaussée gauloise, à coté les uns 

des autres, sur un banc de sable, sans revèrement intérieur 

pour empècher les éboulements? D'ailleurs, Tuniformité de 

leur contenti , les urnes incontestablement d'origine gallo- 

romaine, la disposition des cendres, toutes ces circonstances 

n'excluent-elles pas tout autre bypothèse ? 

Mais aussi modeste qu'érudit, et nevoulant pas se fier à 
son seul jugement, Courtois s'adressa aux sommités de la 
science archéologique. Les réponses qu'il en obtint vinrent 
le confirmer dans son opinion, M. J. Quicherat surtout, dans 
une lettre des plus flatteuses, rendit pleine j usti ce a la sagacité 
de notre collègue qui « le premier, dit-il, a reconnu Vexis- 
» tence des puits funéraires dans le Nord de la France. » 

La discussion était restée dans des régions sereines, lors- 
qu'un ócrivain pseudonyme de beaucoup de science, qui 
aborde les questions les plus ardues avec un style magistral 
et parfois agressif (on a su depuis que c'était un docte prò- 
fesseur du lycée de Saint-Omer), attaqua le système soutenu 
par M. Courtois, et s'efforqa de démontrer, à Faide de textes 
puisés dans un ouvrage récent, que les puits de Bayenghem 



— 51 — 

n'étaient, en réalité, que des puticules ou sortes de fosses com- 
raunes servant de sépulture à Rome, et dans les Gaules, après 
la conquéte. — Au fond, ce système a beaucoup d'analogie 
avec celui do notre confrère : dans les deux hypotbèses, les 
puits de Bayenghem ont étó deslinés à des sépultures, mais 
l'accord cesse lorsqu'il s'agit de savoir si ce sont des cendres 
ou des débris de corps humains que ces puils ont recélés pen- 
dant plus de seize siècles. 

Courtois ne dédaigna pas un tei champion, mais en staticien 
Labile, it sut choisir son terrain, et sans chercher à dénigrer 
son adversaire, il le convia à l'accompagner à Bayenghem, 
pour y suivre avec lui les phases des découvertes. A ses yeux, 
la première condition pour élucider une question topogra- 
phique est de connaìtre le pays, de méme que pour décider 
de la nature et de l'antiquitó d'un objet, il faut l'avoir vu. — 
La querelle prit de grandes proportions ; les deux cbampions 
publièrent dans les journaux do Saint-Omer une sèrie d'ar- 
ticles pleins d'érudition et d'esprit. — Courtois, aiguillouné 
par un adversaire patient au travail et ardent pour la lutte, 
s'arma de toutes ses armes, et avec une verve toute gauloise, 
un style ironique et incisif, il démontra que la tbèse du docte 
professeur, à coup sur magniGque dans un livre, s'óvanouis- 
sait sur le sol de Bayenghem. 

Cette joùte brillante avait merveilleusement dispose l'opi- 
nion publique en faveur de notre ami ; elle avait eu encore 
un résultat plus general, en étendant la publicité de ces dé- 
couvertes, et en appelant sur elles les investigations des hom- 
mes spéciaux ; à ce point de vue, elle n'a pas rendu un mince 
service à la science archéologique. 

A vrai dire, l'érudition n'a pas dit son dernier mot sur les 
puits de Bayenghem. Sans manquer de respect à nos maltres 
en ces matières, ne peut-on pas contester leurs conclusions ? 

Y a-t-il témérité outrecuidante à de se lancer dans de nou- 
velles conjectures ? Nous n'avons pas étó de cet avis, et malgré 



— 51 — 

notre incoropétence, nous avons, à cetto epoque, hasardé une 
opinion differente de celle de nos devanciers. 

La question est, d'ailleurs, intéressante pour l'histoire ée 
nos contrées, dans les premiere siècles de l'ère chrétienne, 

Faat-iì, de toute nécessìté, renfermer la discussion dans le 
cerei* des puticules et des puits cinéraires? Est-il prouvé que 
ces puits aient, à line epoque quelconque, seni de fosse sepol- 
crale? Est-il admissible que les habitants d'un chélif hameau 
bàti sur la créte d'une colline, au milieu des foréts, aient 
ereusé à une profondeur de plus de cinquante pieds des trous 
tellement étroits qu'on ny peut manoeuvrer la béclie et la 
pioche, afin d'y déposer soit les corps, soit les restes carbo- 
nisés, soit memo les cendres de leurs morts? Il est remar- 
quable que jusqu'à présent les fouilles n'ont révélé la présence 
d'aucun ossement humain, d'aueune urne entière, d'aucuoe 
arme, d'aucun ornement ou bijou d'or, d'argent ou de cuivré. 
Les tasses, les plats et vases dont on retrouvó des débris, fai- 
saient sans doute partie de la vaisselle d'un ou plusieurs ìnó- 
nages, mais rien de tout cela ne ressemble à des urnes ciné- 
raires. 

Quant à nous, nous inelinons à croire que ces puits ont été 
ereusés pour se procurer de l'eau ou y fatre des sondages. Les 
données historiques de la contrée et les faits rendent cette 
opinion très vraisemblable. 

Lorsque la Morinie fut conquise par Cesar, le pays était 
généralement couvert de bois et peu habité. L'endroit od est 
actuellement Bayenghem, éloignó de Térouanne, de Cassel 
et des villes du littoral, a pu, en raison de sa situaiion, devenir 
un poste militaire; la chaussée romaine qui te traverse fortifie 
: cette conjecture. Quelques habitations s'y seront groupées peu 
à peu, et auront forme une mansio; le manque d'eau, le be- 
soin d'en avoir sur les lieux mémes, auront suggóré l'idée 
de creuser un ou plusieurs puits, jusqu'à ce que l'on ait ren- 
contré uue source. 



^ 



— 53 — 

Aulre hypolhèse : les Romains qui, au second sitale aprèa 
Jésu^-Christ, expioitaient déjà les miaes de houille et de fer 
de la Bretagne, ont-ils cherchó dans les profondeurs du sol 
de Bayenghem des produits similaires? Les raisoas de le 
penser ne sont pas à dédaigaer. 

Plus tard, ces puits ont pa étre abandonnes à une epoque 
et par une cause restées inconnuos et devenir, comme le 
soupqonue M. l'abbó Cochet 1 , des puits àcuisiner, e'est-è- 
dire des réceptacles de pois cassés, d'os d'animaux domes- 
tiques, de cendres impropres à tout usage d'alors et de rubiti* 
de toute espèce. Cette solution ferait tomber à faux bien des 
raisonuements, et laisserait sans application aux fouillesde 
Bayenghem les théories laborieusement échafaudées par les 
savants. 11 en resterait au moins une découverte importante 
de travaux exécutésàune epoque très reculée, dontl'honneur 
presque entier est revenu à Térudit et modeste secrétaire- 
archiviste de la Société des Antiquaires de la Morinie. 

Les savants ne sont pas les seuls qui aient dissertò $ur la 
destination de ces puits merveilleux. Il y a aussi l'apprécia- 
tion populaire avec son cachet éminemment locai des idées 
deshabitants de nos campagnes. Certaines gens ne peuvent 
croire que Fon se donne tant de peine et qu'on dépense son 
argent pour chercher au fond d'un puits un secret romain ou 
gaulois. 

Los explorateurs avaient recueilli soigneusement beaucoup 
d'objets extraits des trous ; leurs agissements avaient intrigué 
plus d'un paysan. Quelques jours après, Fauteur de cette notice 
saisissait une conversation très curieuse entre plusieurs cam- 
pagnardò d'Eperlecques et de Bayenghem. L'un des orateurs 
racontait la visite des dix antiquaires ; ils laissent entendre, 
disait-il, qu'ils cherchent des corps morts il y a deux mille 

1 M. Cochet, auteurde la Normandie Souterraine, des sépultures 
gauloìses, romaines, franques et normandes, et d'Un grand noinbre 
d'ouvrages d'érudition. 



— 54 — 

ans ; ils ont bien emporio des os et de vieux écarts, sans dire 
ce qu'ils en veulent faire, mais c'est une tonne d'or enfouie 
lors des guerres qu'ils espèrent trouver au food du puits ; ils 
ont formò une société pour cela, et font monter la garde nuit 
et jour autour des puits, e te, eie. 

Puissent un jour les investigations des archéologues faire 
jaillir la lumière des puits de Bayenghem, et leur arracher le 
secret qu'ils tiennent enfermé* depuis tant de sièclcs ! ! 

Il n'est pas un de nos lecteurs qui n'ait entendu parler du 
Portus Itiu8, ce port du littoral de la Morinie où Jules-César 
s'est embarqué pour ses expéditions en Angleterre. En lisant 
les Commentaires du grand capitaine romain et la description 
qu'il fait de ce lieu jusqif alors inconnu de ses concitoyeus, 
on s'est naturellement demandò quel point de la còte peut re- 
présenter pour nous le Portus Itius. La controverse sur cette 
question géographique et bistorique est ancienne, et a pas- 
sionné quelques sérieux esprits. Elle avait néanmoins cesse 
et la discussion paraissait épuisée ; car depuis que Ducange , 
à la fin du xvn e siècle, et surtout depuis que ringónieur 
Henry, dans son Essai historique sur l'arrondissement de 
Boulogne, publié en 1810, avaientréuni loutes les probabilités 
en faveur de Wissant *, ce modeste village paraissait ètre en 
possessiou de l'avantage d'avoir été, Uva dix-neuf siècles, le 
point d'embarquement du grand conquérant romain. Aucune 
voix contraire ne s'était pour ainsi dire élevée, lorsque le dé- 
bat se ranima dans les séances du congrès archéologique de 
Dunkerque * et dans une dissertation publiée vers le méme 
temps par M. F. de Saulcy, prcsident de la commission char- 

1 Les puits de Bayenghem. — Propagateur du Nord et du Pas- 
de Cnlais, 10 aoftt 1863. 

1 Wissant, à 22 kilomètres de Boulogne, au centre d'une anse 
considcrable abritee par les deux caps Gris-Nez et Blane-Nez, an- 
ciennement ci té maritime et port frequente, aujourd'hui simple 
village d'agriculteurs et de p( N cbeurs. 

« Aoùt 1860. 






IME 



-55 - 

gée de dresser la carte des Gaules, sous le proconsulat de 
Jules-César. Cet illustre savant, après avoir visite les lieux, 
se rangea à l'opinion de Ducange, et entraina la commission 
après lui. 

Au Congrès de Dunkerque, l'opinion opposée rencontra 
de fervents adeptes : M. Wikeham Martin, membre du par- 
lement anglais, vice-prósident de la Société Archéologique du 
comté de Kenf , — M. Louis Cousin, président de la Socióló 
Dunkerquoise, mais Boulonnais de naissance et de coeur, — 
etsurtout M. l'abbé Haigneré, archiviste de la ville de Bou- 
logne, revendiquèrent pour Boulogne l'honneur d'avoir été le 
Portus Itius, et soutinrent vaillamment leur thèse. 

De son coté, Wissant trouva en M. Tailliar, conseiller à la 
cour imperiale de Douai, un défenseur éloquent et convaincu. 
La question ne fut pas résolue *. l'un des plus brillants joùteurs 
du Congrès la releva bientòt dans un savant mémoire qui té- 
moigne d'une forte érudition embellic par le charme du style, 
mais aussi de Tardeur de tempérament de l'écrivain *. 

Courtois n'avait jusqu'alors rien écrit sur le Portus liius, il 
fut introduil dans le débat par M. Haigneré lui-mème. 

La Société des Antiquaires de la Morirne, dans sa séance 
du 44 avril 4862, s'était occtipée de cette question à l'occasion 
du prospectus du mémoire de l'érudit Boulonnais. L'assem- 
blée, sans rien préjuger sur les nouveaux documents que 
pourrait produirc l'auteur de la publìcation annoncée, avait 
reconnuque la plus grande somme de présomptions était en 
faveur de Wissant, et les avait d.'duites sommairement. Cour- 
tois avait éié le rédacteur du procès-verbal de cette séance ; 
cette circonstance lui inspira le désir d'étudier spécialement 
cette difficile question, et une année après, il lisait, au milieu 

* Elude sur le Portus Itius de Jules-César; rcfutation d'un mé- 
moire do M. F. de Saulcy, par M. l'abbé Daniel Haigneré, archiviste 
de la ville de Boulogne. Paris, 1862, 



— 56 — 

d'une memoratile et solennelle assemblée ', un invai) inlitulé : 
Etite à Boulogne que Iute* Citar s'eiC embarqui? .Yeti ce 
pai Witsanl qui répond le mieux à la tituatùm du Porius 
Ititu ? 

Les limites de cetle notice ne aous pennettent pas d'ana - 
lyser lea pièces de ce grand débat ; nous ne ferons qu'indi- 
quer les raisons les plus saillanies produites de pan et d'antro, 
mais auparavant nous voulons dire un mot d'uà épisode qui, 
dans les derniers tenips de la vie de nolre collègue, a mis en 
relief «ne des qualités de celle feconde nature. Le procès- 
verbal bien calme et bien iuoffensif de la séance où la Société 
avait émis son svis sur le probleme du Portut Itiut *, avait vaia 
une verte sentonce à son rédacleur et à la Société tout en- 
tiere '. Blessé au vii" par cetle agrcssion imprévue lui venant 
d'un collègue et d'un ami, Couriois voulut combaure son ad- 
vcrsaire avec les mSmes annes et sur le méme lerraìn. Son 
ariicle imi tuie : une Vision archéologique , insérée dans la 
revue méme qui avait contenu l'attaque *, causa un cerlain 
émoi dans le monde erudii du nord de la France. Il y avait 
dans la nature généralement calme et un peu lente de nolre 
collègue, des ressources inaltenducs quii développait à son 
heure avec nne verve inlarìssable. Sans sortir des limites des 
couvenances et des égards dus a un nonfrère d'nne valeur 
in con testé e, notre spirituel Secreta ire-Are bivi ste eleva son 
agresseur sur un magniloque piédestal pourmieux lui décoeber 
des traits aiguisés par une fine et mordanle ironie; l'arme dan- 
gereuse de la satiro avait été rarement maoiée d'une main aussi 
déliée et aussi sùre. Cetle vigoureuse riposte eut tout le succès 
que son auteur pouvait désirer, mais les btessures qu'elle (il 

1 Réunion des délógues des Sociélés savantcs, à la Sorbonne, le 
6avrilt863. 
1 Bulletta historìque, t. 3, p. 73. 

* Revue litlorairc de Boulogne- su r-Mer, octobre 1863.— Le Portai 
Itiui et les Antiquatres de la Slonnie. 

* Revue liltéraire de Boulogne, décembre 1863. 



— OT — 

dans ce combat singulier n'ótaienf ni mortelles ni bien prò- 
fondes, et le blessé eut plus tard la sagesse de tendre une 
main amie qui ne fut point repoussée. 

C'est avec une conviction sincère que M. l'abbé Haignéré 
place le Portus Ittus à Boulogne ; ses arguments solide- 
ment enchainés, sont présentés avec une grande force de lo- 
gique ; nous craindrions de les afTaiblir en les analysant. 

Boulogne possedè un large pori creusé par les siècles, à 
l'embouchure d'une profonde rivière, abrité par deux pro- 
montoires élévés, tandis que Wissant n'a qu'un mouillage au 
fond d'une anse ouverte. 

Les anciennes voies celtiques, les chaussées empierrées des 
Romains, conduisaient à Boulogne et à Sangatte; aucune route 
antique n'aboutissait à Wissant. 

On n'a jamais rien trouvé de romain à Wissant : les prò- 
tendus forts et camps romains ne sont que des accidents de 
terrai n, des tertres naturels, ou des oppida du raoyen-ége. 
Le sol de Boulogne et des environs recèle des débris de tous 
les àges ; en le remuant, on rencontre à chaque pas des ves- 
tiges de murs, de temples et de tombeaux de la plus baute 
antiquité. 

Les écrivains latins des deux premiers siècles confondent 
généralcment Gessoriacum et Itius y pour n'en faire qu'un 
seni port, et pour eux le Portus Gessoriacus n'est autre que 
le Portus Morinorum Britannicus. Cela n'exclnt pas Fexis- 
(ence de criques dans cbaque aufractuositó du rivage et de 
porls secondaires dans la contrée. 

L'histoire, d'ailleurs, continue l'érudit archiviste boulonnais, 
démontre que depuis le milieu du premier siècle jusqu'à la 
fin du cinquième, le port de Boulogne a été exclusivement 
celui des Césars de Rome. Jusqu'au xi° siècle, Wissant est 
inconnu et n'a pas d'histoire. 

Enfin le port de Boulogne satisfait à toutes les conditions 
énumérées dans les Commentaires de Cesar. 

Le travail du docte antiquaire Audomarois est une ré- 



— 58 — 

ponse sérieuse, toutefois peut-étre un peu trop personnelle à 
la brillante étude de Fécrivain boulonnais, et révèle une con* 
naissance approfondie de la question '. 

Voici quelques-uns de ses principaux arguments en faveur 
de Wissant : 

Les h istori ens et géographes contemporains des premiere 
empereurs romains, parlent de Gessoriacum, àujourd'hui Bou- 
logne, et A' Itius cornine de deux ports distincts. Cesi au xvi e 
siècle seulement qu'un auteur anonyme s'est avisé d'en faire 
un seul port, celui de Boulogne où Cesar se serait enibarqué*. 

L'habile archéologue parcourt rapidement les. présomptions 
tirées da rapport des distances dans la traversée. Cesar a 
choisi Itius parce que ce port offrait le trajet le plus court 
pour aborder à la còte britannique ; or, la traversée par Bou- 
logne est, d'après Cesar et les anciens géographes, d'un tiers 
environ plus longue que par la rade de Wissant; la conclu- 
sion se déduit naturellement de ces prémisses. 

Le parallèle entre l'important port de Boulogne, arsenal et 
chantier maritime des Morins, et la chélive station navale de 
Wissant, n'est pas un argument; Cesar voulait une expódition 
proni pte par le plus court chernin, et non par le port le plus 
frequente. 

Le géographe Ptolémée viont en aide à la tbèse de Wissant; 
et fournit un argument capital. D'après lui, le promontoire 
Itius et Ges«oriacum sont situés sous une memo latitude, mais 
sousdeuxméridiens qui diffèrent entre eux de 45minutes; or, 

1 Saint-Omer, 1865, Fleury-Lemairc.— Bulletta liist, t. $, p. 375. 

8 Vers le v e siècle, le nom dj Gessorvtcum a fait place à celui 
de Bononia. Des góographes, et en parliculier Walekenaor avaient 
fait de Gessoriacum et de Bononia deux villes distindcs séparécs 
par la Liane. M. Couitois a victorieusement rcfulé cclte opinion et 
prouvé l'identité de Gessoriacum et de Bononvi dans un judicieux 
travail public dans un journal de Boulogne, sous le pseudonyme 
Oldman. 

La Colonne et YObservaleur de Boulogne, 31 déccmbre 1848 et 7 
jamicr 1849. 



— 59 — 

il n'y a sur tome la falaise d'autre promontoire que le cap 
firis-Nez qui domine l'anse de Wissant. 

Ce n'est qu'au xvi e siècle, ajoute l'érudit archéologue, que 
lathèsede Boulogne a pris naissance, Avant cette epoque, 
aux xn e et xm e siècles, lorsqu'apparaissent les premières 
chroniques du pays, à quel port est reste attaché le souvenir 
du passage de Cesar? N'est-ce pas au port de Wissant, terme 
de la voie romaine, appelée alors Chaussée Brunehaut, ou 
Leulène, fréqucntée suivant l'expression de Lambert d'Ardres, 
par une populeuse muUitude de passants l ? 

Courtois s'était d'ailleurs préparé à la lutte par l'exploration 
des lieux et l'étude consciencieuse de toutes les sources bis- 
toriques et critiques ; à part les considérations scientifiques 
qu'il neglige un peu, sa dissertation resterà comme une des 
plus puissantes et des plus solides qui aient été écrites en fa- 
veur de Wissant. Est-ce à dire que la discussion soitépuisée? 
que la question aitrecu sa solution demière? Non, sans doute; 
depuis 1864, de nouveaux champioris l'ont résolument abor- 
dee *; M. Haignéré lui-méme est restò fièrement sur la brèche, 
et au moment méme où nous corrigeons les ópreuves de cette 
nolice, on nous eommunique une nouvelle brochure de Tinfa- 
tigable athlète boulonnais *. 

1 Suprà viam, olim Laeliam, tunc temporis rcgalcm et populosà 
transeunti um multitudine frequentatam. Chronicon Ghisnenss et 
Ardense. 

1 Le general Creuly, dans la Revue Archeologi que, — M. A. de 
Poucques d'Uerbinghem, conseiller à la Cour imperiale d'Araiens, 
— M. l'abbó Van Drival, membre de la commission des Monuments 
historiques, — M. l'abbé Robitaille, chanoi ne d'Arras, — M. Jules 
Lion, auteur de divers travaux liistoriques sur le pays. M. Lion 
place le Portus llius à Ambleteuse. 

Edwin Guest, membre de la Sociétc nivale de Londres; ce savant 
anglais place le Portus llius à Wissant et appuie ce systéme par des 
donnces nouvclles. 

L'illustre bislorien de Jules-Ccsar , t. II, p. 167, se prononce for- 
tement en faveur de Boulogne. 

• Le Portus llius à Boiilogne-sur-Mer, memoire lu à la Sorbonne 



— «0 — 

Quant à notre ami, après avoir lu son travail à la Sorbonne, 
il ne prit plus pan à ces débats, il n'oùt méme pas la conso- 
lation de surveiller l'impression de son mémoire qui ne parut 
qu'après sa mort. 

Pour nous, simple narrateur des faits, nous nous garderons 
bien d'intervenir dans une question aussi controverse ; d'une 
pari, aucune étude speciale ne nous y a preparò, et, d'ailleurs, 
nous n'avon* nul désir de compre une lance téméraire en 
faveur de l'une ou l'autre thèse, au risque d'étre écrasé par 
un coup de massue. N'est-il pas plus sage de laisser aux as- 
sises de Fbistoire le jugement de ce grand procès, en répétant 
avec le savant marquis de Godefroy : « Qu'il est bien difficile, 
» avec quelques lignes des Commentaires, de reconstituer un 
» rivage, un port, que les sables ont tant de fois transformés ; 
» et que cette question sera longtemps encore le secret des 
» falaises et des flots ? » 

Courtois, lorsqu'il écrivait sa dissertation sur le Portus Itius, 
terminait un ouvrage bien plus important et d'une utilité plus 
réelle, le Dictionnaire topographique de l'arrondissement de 
Saint-Omer. Invite par M. le Ministre del'Instruction publique 
à venir à Paris, pour y recevoir la récompense dont son travail 
avait été jugé digne, il s'y rendait dans les premiers jours 
d'avril 4863, lisait son mémoire devant la commission du 



le 4 avril 1866, sous le patronage de la Société Académique de 
Bou'.ogne, par M. l'abbé Haigncré, secretai re- per pétuel. Boulogne, 
octobre 1867. 

L'auteur semble raoins s'en prendre à M. Courtois qui n'est plus, 
qu'à la Société des Anliquaires de la Morirne dont il était l'inter- 
prete. La riposte est vive, dédaigneuse, et c'est de toute la iiauteur 
de sascienceque cet honorable secrétaire- perpétuel pulvérise les 
objections que la soeur atnée de la jeune et ci jà illustre société 
académique avait laborieusement accumulées dans le mémoire de 
M. Courtois. Nous serions injuste si nous n'ajoutions que M. Hai- 
gnéré a puisé dans une conviction ardente et ferme, et a développé 
avec vigueur au souticn de sa théorie de nouveaux et puissants ar- 
guments qu'il n' avait qu'indiqués dans sa première brochure. 



— 6t — 

Comité historique, et qnelqucs jours après, proclamé lauréat, 
.ilrecevait une médaille d'or desmains de ce mème ministre *. 
Si les àmes les plus modestes ne soni pas insensibles à la 
louange, nous concevons que notre ami ait Tessenti ce jouHà 
un légitime orgueil, car il fui accueilli avec une bienveillance 
marquée par les hommes considérables de la science qui 
s'empressèrent de lui adresser des félicitations unanimes aussi 
méritées que chaleureusement sympathiques. 

Cet ouvrage, redige d'après les ordres et le pian donnés 
par le mini&tère de rinstruction publique , fait panie d'un 
travail d'ensemble qui s'étend à tous les déparlements, et doit 
étre centralisé au minislère. Condii et exécuté à ce point de 
vue, il ne peut étre jugé et apprécié que par un petit nombre 
d'houraies, et par les érudits du nord de la France. 

Notre studieux collègue n'a rien negligé pour que son Dic- 
tionnaire topogmphique fui aussi exact et complet que pos- 
sible. Les recherches pénibles et ardues auxquelles il s'est 
livró, auraient été impossibles, en aussi peu de temps, a tout 
autre qu'à celui qui était, pour ainsi dire, un livre ouvert et 
une histoire vivante de nos contrées. En effet, il n'est pas un 
village, un hameau, un écart, un chàteau, un fief important, 
une chapelle, — pas une rivière, un bois, une colline, un 
ancien chemin, quii ne passe en re vue, en signalant les noms 
qui leur ont été donnés dans les temps les plus reculés jusqu'à 
nos jours ; — noms flamands, lalins, romans, patois, et que 
sais-je? — 11 consulte les vieilles chroniques, les cartulaires 
des abbayes, les pouillés des églises, les arcbives des com- 
munes, les terriers conservés dans les dépóts publics ou chez 
les arpenteurs, les manuscrits, titres, actes de notaires, inven- 

1 Une menti on très honorable et une médaille d*or ont été décer- 
nées à M. Gonrtois, avocat, Secrétaire- Archiviste de la Société des 
Antiquaires de la Morinie, pour son Dictionnaire lopographique de 
Parrondissement de Saint-Omer, dans la séance 6olennelle des dé- 
légués des Sociétés savantes, tenue le 11 avril 1863, à la Sorbonne, 
sous la présidence de M. le Ministre de rinstruction publique. 



— 62 — 

taires, livrcs de fiefs, aveux et dénombrements, scntences de 
justice, rcgistres de calholieité, traditions et légcndes locales ; 
et, après avoir puisé à pleincs mains à tant de sources pré- 
cieuses longtemps nógligées, mais ouverles à l'histoire par ses 
investigations, il établit une classification generale par commune 
ou ancien village, — puis il élague rigoureuscment toutes Ics 
choses étrangères ou inuliles a son sujet, pour ne conserver 
quo Ics fails et rcnseignements strietcnient nécessaires, et 
offrir en quelques' lignes, souvent en quelques mots, tout ce 
qu'il faut savoir sur un village, un hameau, une rivière. C'est 
ainsi que Al. Courtois est parvenu à faire un dictionnaire 
concis, instructif et complet de toute la topographie d f un vaste 
arrondissement qui s'étend des sources de PAa jusqu'à son 
embouchure dans la Manche, et des vastes étangs de Clairma- 
rais jusqu'aux montagnes du Boulonnais. 

Le Dictionnaire topographique est une oeuvre utile et sé- 
rieuse qui sera souvent consultée par ceux qui nous suivront, 
et deviend.a le vade mecum de tous ceux qui voudront écrire 
sur le pays. 

ile livre est le couronnement de la vie (Vhistorien et d'ar- 
cbéologue de notre éminent Secrétaire-Archiviste, M. Courtois 
Ta compose et écrit tout entier de sa main, mais Dieu ne lui 
a pas accordé la satisfaction de le publier lui-méme, il l'a re- 
tire de ce monde lorsqu'il s'occupait à corriger les épreuyes 
des premiers feuillets. 

lei finit la tàche que uous avons prise volontiers d'analyser 
les écrits divers, mais loujours sérieux , bien faits, de notre 
bien aimó confrère, collègue et ami. Nul mieux que lui n'a 
fait revivre, en les retirant de la poussière des siècles, les 
hommes et les choses de son pays ; il a possedè, avons-nous 
dit déjà, toutes les qualités d'un antiquaire tracées par notre 
Société morinienne dans sa legende ; ce n'est pas une mediocre 
louange ; mais l'honneur de sa mémoire sera d'avoir mérité 
qu'on lui applique cet éloge donne à un illustre écrivain : « Il 



— 63 — 

» n*a pas écrit une tigne que la conscience la plus delicate 
» ne puisse avouer. » 

Tel était M. Courtois dans ses livres, dans ses pnbìications, 
dans sa poléuiique ; tei il élait en face de ses confrères du 
barreau, réaluant le doublé mérite de Porateur : vir bonus, 
dicmdi peritus ; tei il élait encore dans les relations privées 
et dans les mille fonctions gratuites qui bonoraient sa vie, 
l'homme modeste, loyal, honnète, serviable et sincèrement 
religieux. Les mots, a dit Fénélon, ne sont que les vétsments 
de la pensée, aussi, noire excellent ami ne perdait pas Tocca- 
sion de dire ce qu'il pensait, ce qu'il était. Indulgent à l'égard 
de tous, pénétré de celle véritable tolérance chrétienne qui 
croitdifficilementau mal chez autrui,il ne pouvailse taire lors- 
qu'il voyait se produire au grand jour des doctrines subver- 
sives et irréligieuses. A propos de la brochure de son ami, 
M. l'abbé Clabaut, intitulé : Ernest Renan et V Evangile *, 
il sut trouver une voix énergique et des accents de juste indi- 
gnation contre cctouvrage hostile à nos plus sainlos croyances; 
le mcilleur catholique ne désavouerait pas les quclques pages 
dans lesquelles il a noblement aflìrmé sa foi. 

Nous avons suivi d'un seul trait M. Courtois dans Tcxercice 
de sa profession d' avocai et au milieu de ses études favorites, 
pour considérer l'ensemble de ses travaux dans sa doublé car- 
rière de jurisconsulte et d'écrivain. Mais en dehors de ces 
mériles professionnels, notre ami avait les qualités, et, nous 
n'hésitons pas à dire les verlus que nous appré^ions le plus 
dans les rapports privés. Simple dans ses mceurs et fidèle 
dans ses affections, il alliait la droiture du coeur à l'indépen- 
dance du caractère et à la franchise du langage. Il ne recher- 
chait pas la faveur, et n'aspirait méme pas à cette notoriété de 

4 1863, Boulogne. — L'abbé Clabaut, ancien condisciple et ami 
de Courtois, lui succèda dans la cliaire de rhétorique de l'inslitution 
de Mgr. Haffreingue, à Boulogne; plus tard professeur distingue de 
philosophie dans le mème établissement, M. Clabaut est decedè a 
Boulogne, le 19 septembre 1865. 



— 64 — 

province qui, pour certains bommes est une renoramée ; 
heureux dans son intérieur, dans son cabinet de iravail où il 
se conOnait comme dans un sanctuaire, entourédelivres et de 
manuscrits, il dédaignait les inoyens de se produire et évitait 
méme les occasions qui pouvaient le mettre en relief. Ne 
l'avons -nous pas vu, à diverses époques, pubiier dans les 
journaux, dans les rcvues, des articles très remarqués qu'il 
signaitd'un nom autre quelesien? N'avons-nous-nous pas 
lu souvent les éloges qu'il donnait à des ouvrages dont les au- 
teurs lui avaient emprunté leurs matériaux les plus précieux ? 

En 4848, ses concitoyens l'appelèrent à siéger dans le 
conseil municipal. M. Courtois n'avait ni brigué ni recberchó 
cet honneur ; il ne l'avait méme pas désiré. Ces fonctions lui 
créaient de nouveaux devoirs ; il voulut leur consacrcr le 
temps doni il disposait. Assidu aux sóances, zélé pour les in- 
téréts de la ville, partisan de toules les mesures utiles, il 
étudiait les affaires en projet ou mises à l'ordre du jour, les 
éclairait par sa science du droit, ses connaissances variées et 
son esprit judicieux. Souvent aussi il preparali dans le sein 
des commissions dont il faisait partie, les résolutions adoptées 
ensuite par le conseil municipal. Ses collègues ne tardèrent 
pas à apprécier son aptitude pour la rédaction de leurs dèli— 
bérations, et le nommèrent fréquemment secrétaire du conseil. 
A deux reprises différentes, le Maire de Saint-Omer et l'auto- 
riló supérieure chercbèrent à se Tallacher par un lien plus 
étroit, en le désignant au gouvernement pour les fonctions 
d'adjoint, mais les plus honorables instances ne parvinrent 
pas à le décider à ceindre Técharpe municipale. Inaccessible 
à l'ambition, il trouvait sa récompense dans son dévouement 
méme à la chose publique, dans le bien qu'il avait fait et dans 
restime de ses concitoyens. 

La carrière de celui dont nous esquissons le portrait n'offre 
point sans doute de ces actions éclatantes qui font les grandes 
róputations, mais elle renferme, ce qui vaut mieux, des vertus 
et des exemples qui ont leur source dans un vrai mérite. 



ttÈ^m^^SSr^^M 



— 65 — 

M. Gourtois mettali libéralement au service de ses compa- 
triotes les rares loisirs que lui laissaient le barreau et ses tra- 
vaux historiques. Il accepta successivement plusieurs fonctions 
gratuites dans le seul but de faire un peu de bien. Lors de 
l'inauguration des délégations cantonales instituées par la loi 
du 4 5 mai 4850, son expérience et l'attrait qu'il avait conserve 
pour Tenseignement le firent naturellement cbarger de la sur- 
veillance et de l'inspection des écoles du canton sud de Saint- 
Onier. Ceux qui ont été ses collaboraleurs n'ont point oublié 
le concours de sa consciencieuse vigilance et les services si- 
gnalés qu'il a rendus aux mailres et aux élèves. 

Peu de lemps après il fui nommó membro du bureau d'as- 
sistance judiciaire, administrateur des hospices civils et sup- 
pléant du juge de paix, — Membre de la commission admi- 
nistrative de la bibliolhèque de la ville, il s'appliqua à faire 
compléter les grandes collections historiques et littéraires, et 
à enrìcbir ce magnifique dépot public de tous les ouvrages 
nouveaux qui ont un intéròt sérieux. Il déploya le méme zèle 
aux archives communales doni il était l'un des conservatemi. 

Parlout où le devoir de ses fonctions l'appelait, partout où 

il pouvait ètre utile, notre collègue apportato avec la ponc- 

tualitó, un esprit judicieux, concilianl et ferme à la fois. La 

bienveillance formait le fond de son caractère et lui était d'un 

grand secours pour tempérer la vivacité d3 la discussion, la 

sévérité de certains jugements ou l'amertume des reproches 

méritós par ses subordonnés. Combien de fois, au milieu des 

réunions publiques , au sein des commissions dont il était 

membre, n'avons-nous pas apprécié Thcureuse influence qu'il 

exercait sur ceux qui Tentouraiem ? Quel autre mieux que lui 

savait calmer les esprits animés par des préventions irréflé- 

chies, ou adoucir la rigueur de mesures inlempestives ? Nous 

pourrions citer mille traits de cette bonté delicate, habile à 

découvrir en toutes choses le coté favorable , et rebelle au 

soup^on du mal. En voici un pris au hasard : parmi les insti- 

tuteurs soumis à sa surveillance, il s'en trouvait un à qui sa 

5 



— 66 — 

négligence et la mauvaise tenue de son école avaient attirò 
des avertissements réitérés; sa révocation étaìt imminente. 
Courtois intercéda en sa faveur, mais pour que ses charitables 
démarches fussent doublement utiles à celui qu'il voulait 
sauver, il visita ses classes, l'encouragea de ses conseils, ra- 
nima enlui l'amour du devoir, et eut enfin le contentement 
de faire maintenir à la tète de son école le pédagogue désor- 
mais transformé par ses soins en un instiluteur exemplaire. 

M. Courtois était membre correspondant d'un grand nombre 
de sociétés savantes de la France et de l'étranger. Ces hono- 
rables distinctions n'étaient pas à ses yeux une pure satis- 
faction d'amour-propre. Honneur oblige, disait-il; il se croyait 
obligé de payer sa bien venue par ce qu'il appelait une note, 
un renseignement, sur les matières traitées par la com- 
pagnie qui venait de l'accueillir dans son sein, et il n'était pas 
rare que ce premier travail, goùté par ses nouveaux collègues, 
fùt naturellement suivi d'une collaboration plus sérieuse. Nous 
avons analysó dans cettc notice plusieurs de ses publications 
insérées dans les Annales du Cornile Flamand de France, et 
dans les revues boulonnaises. Bien d'autres compagnies sa- 
vantes ont trouvé en lui un utile auxiliaire, et à aucune il n'a 
refusò le concours qui lui était demandé. Les écrivains de tout 
genre, historiens, archéologues, Hnguistes, le consultaient sur 
des questions difficiles qui lui coùtaient de fatigantes recber- 
ches; nous pourrions en citer qui ont abusé de l'extréme 
obligeance de notre excellent Secrétaire-Archiviste, et puisé 
sans discrétion, nous dirons sans délicatesse dans les trésors 
d'érudition qu'il leur ouvrait à pleines mains. 

Notre collègue ne faisait point partie de la Société d'Agri- 
culture de l'arrondissement de Saint-Omer ; ses goùts et ses 
études ne l'y avaient pas attiré. Un jour cependant ses conseils 
furent sollicités pour l'organisation d'une féte agricole. C'était 
au mois d'octobre 1 863; un concours de labourage et d'ins- 
truments aratoires avait lieu a Tournehem, et de tous les points 
de lf$ circonscription devaient arriver des varlets avec leurs 



— 67 — 

altelages, des forgerons avec leurs engins, pour s'y disputer 
les prix offerts à leur vaillance et à leur habileté. Courtois ai- 
mait Tournehem où s'était écoulées les années de son enfance; 
il n'h esita point à s'unir à la commission de la Société pour 
rehausser l'éclat de cette solennité. Aussi, dès le matin du 
jour fixé pour le concours, voyez, à l'entrée de la ville, du 
coté du marche, se dresser fièrement encore cette vieille 
porte avec sa voùte cinq fois séculaire, ce donjon à demi 
ruiné entouró d'une triple ceinture de lierre, cette terrasse 
qui domine les anciens remparts ; voyez ces débris branlants 
de l'antique forteresse des comtes de Guìnes *, parcourez les 
rues, les places publiques , partout flottent des drapeaux 
aux couleurs des anciens souverains du pays mèlées aux 
couleurs nationales, des bannières, des oriflammes ornées 
d'ingénieuses devises qui rappellent les jours de gioire de 
cette cité du moyen-àge. La vie et le mouvement paraissent 
étre revenus dans l'humble bourgade artésienne, bien diffe- 
rente toutefois de celle dont un vieil annaliste du xvi e siècle 
nous raconte les merveilles avec un naif enthousiasme, lorsque 
le grand bàtard de Bourgogne y tenait sa cour \ lei, plus de 
chevaliers de haut lignage aux resplendissantes armures, plus 



1 Le chàteau de Tournehem, construit au xi e siècle par les pre- 
miers comtes de Gulnes, descendants de Sifrid le Danois, fut res- 
taurò par Baudouin li, vers 1170. Au xin° siècle, il passa dans le 
domarne du comte d'Artois. Au commencement du xv e siècle, il ap- 
partenait à la maison de Bourgogne. Le traile de Gambrai de 1529 
réunit Tournehem à l'Artois que possédait alors Charles-Quint ; 
cette ville ne fit retour à la France que sous Louis XIV, après la 
conquète de cette province. 

* Philippe-le-Bon, due de Bourgogne, donna, vers 1445, la chà- 
tellenie de Tournehem à son fils naturel Antoine, surnommé le grand 
bàtard de Bourgogne. Gè seigneur passa à Tournehem les deroières 
années de sa vie ; il y mourut en 1504, et fut inhumé dans la cha- 
pelle collegiale qu'il avait fait bàtir. Un cercueil en fer, trouvé en 
1820, sous Tancien choeur de Péglise, avait sans doute renferm^ l$s 
f9/5te& d'Antoine de Bourgogne. 




— 68 — 

d'aventureux paladins portant les couleurs de leurs dames, 
plus de brillante coursiers superbement capara^onnés, plus de 
nobles dames pour décerner aux vainqueurs la palme du 
triomphe. Les toumois, les carrousels, les joùtes guerriòres 
n'ont laissé que des souvenirs rapidement efTacés. Les remparts, 
les ponts-levis ont 6\é abattus, le chateau lui-méme a disparu 
pour toujours, et c'est à peine si ce sol, aujourd'hui couvert 
de riches moissons, conserve quelques vestiges de cette re- 
doutable forteresse. Faut-il regretter cette epoque, lorsque 
Ton sait que tout près des licux où se donnaienl ces fétes prin- 
cières, les campagnes Jévastées, les maisons livrées au pillage, 
le pays mine par des guerrcs incessantes, témoignaient de la 
misere effroyable du peuple ? Quel contrasto ! au lieu d'un 
champ clos et d'une lice sablée, c'est une vaste plaine où se 
meuvent à l'envi, sous les regards de toutc une joyeuse popu- 
lation, spixante vigoureux attelages, conduits par de vaillants 
laboureurs, vétus de la blouse moderne, et tra^ant avec la 
charme perfectionnée des sillons corrects et profonds. Cette 
lutte paciflque a son attrait; lorsque tous ìesvarlets ont fourni 
leur tàche, et que le jury a classe les combattants selon leur 
mérite, le Prósident de la Sociéló d'Agriculture \ entouré de 
ses collègues et des notables du canton, proclame du haut du 
balcon de l'iiótel— de-ville, les noms des lauréats, acclamés 
aussitót par les mille voix d'une fonie bruyante rassemblée 
sur la place du Marche. 

Cette féle agricole dont notre confròre fui le témoin, cut un 
succès que nulle autre dans Tarrondissement n'avait encore 
atteint, et qu'aucun concours n'a depuis égalé. M. Courtois 
contribua plus que personne à donner un caractère originai 
et vraiment locai à cette solennilé qui vivrà longtemps dans la 
mémoire des habitants de la vallèe de l'Hem. 

1 M. Quenson, Ofììcier*de la Légiori-d'Honneur, président bono- 
raire du tribunal ci vii de Saint-Omer, président de la Société des 
Antiquaires de la Morinie, membre de plusieurs Sociétés savantos, 
etauWur de publications historiquesjustenient estimócs. 



— 69 — 

Qui de nous, le voyant plein de vie et d'entrain, aurait pu 
craindre que ce voyage serait le dernier que notre collègue 
ferait à Tournehem ? 

Courtois avait la constilulion robuste et la puissante organi- 
sation des hommes qui naissent au monde pour mener une 
longue existence, mais il ne fut pas ménager du riche tempé- 
rament quo la Providence lui avait donne. L'assiduite au tra- 
vail, les longues veilles ont-elles développé les germes d'un 
mal devant lequel lesmédecins ont reconnu leur impuissance? 
Nul ne le sait; mais vers le mois de mars suivant, notre ami 
commenda à ressentir un cerlain malaise, précurseur de l'affec- 
tion organique qui devait l'emporjer. Sa sante jusqu'alors 
florissante fut presqu'inopinément ébranlée par une cause 
inconnue ; bientót, ni les ménagements qu'il s'imposait, ni les 
soins les plus tendres, ni les ressources de la science, ne pu- 
rent arréter les progrès d'une maladie du foie qui venait de 
se déclarer. Les forces l'abandonnaient, et sa physionomie 
naguère souriante et reposóe, reflétait les ravages que ce mal 
incurable exergait dans son corps. — Et pourtant l'energie 
ne lui manquait pas. Tous les jours il sortait avec ses enfants, 
et faisait de longues proinenades sur les collines solitaires qui 
dominent la vallèe de l' Aa. Jusqu'à la fin, par un de ces pri- 
vilèges qui conservent au coeur une illusion décevante, il 
croyait à sa guérison et se ber^ait de Tespoir d'allei* rétablir 
sa santo a Vicby. 

Il arriva mème un jour qu'il parut avoir oublié ses préoc- 
cupalions pour prendre sa part dans une féte d'un caractère 
presque public dans notre arrondissement. M. Levert *, venait 
d'étre appelé à la préfecture du Pas-de-Calais; naguère 
sous-préfet à Saint-Omer, où il avait laissé les meilleurs sou- 
venirs, il devait y faire sa première visite au mois d'avril 1864. 



1 M. Levert, inembre honoraire de la Società des Anliquaires de 
la Morirne, aujourdhui préfet du département des Bouches-du- 
Rhóne. 



-70- 

Ses nombreux amis résolurent de féter son retour au milieu de 
nous ; Courtois, tout malade qu'il était, voulut assister au 
banquet offert à M. Levert et apporter à cet éminent homme 
d'état de qui il était parti culièrement estimé, un deraier té- 
moignage de sa sympathie personnelle. 

Mais déjà Courtois n'était plus que l'ombre de lui-méme, 
et cette franche et communicative gaìté que nous lui connais- 
sions avait fait place à une résignation empreinte de sérénitéet 
de tristesse qui ne laissait d'illusion à personne. Incapable 
désormais de se livrer à la vie militante du barreau, il avait 
remissesdossiers de plaidoirie àses confrères, sansrenoncer 
pourtant encore au travail de cabinet. Dans les derniers temps, 
la commission de la 1 re section des Wattringues du Pas-de- 
Calais, Tavait cbargó de suivre administrativement un procès 
important qu'elle soutenait contre trois à quatre cents proprié- 
taires du canton d'Audruick, qui se prétendaient indùment 
imposés. La question lui était familière, et il désirait la déve- 
lopper lui-méme devant le conseil de préfecture. Après plu- 
sieurs remises qui lui avaient été graciensement accordées, la 
cause fut fixéè au 26 mai, Courtois prit ses dispositions pour 
faire le voyage avec moi qui étais son adversaire au procès. 
La veille de notre départ, je le revis ; ses traits étaient plus 
altérés que de coutume, il me prit la main, e' est fini, me dit-il, 
avec une douce mab indófinissable tristesse, vous irez seul à 
Arras; et comme je m'efforcais de lui donner un espoir que 
moi-méme je ne pouvais malheureusement partager, il me ré- 
pondit simplement, mais avec un accent convaincu : J'ai es- 
pére jusqu'aujourd'hui, mais Dieu en a dispose autrement ! 
Je compris alors que notre pauvre ami avait conscience de sa 
position. 

Quelques jours après, Courtois ne quittaitplus ses apparte- 
ments ou son jardin. Deux respectables ecclcsiastiques le 
visitaient fréquemment, et lui apportaient les consolations de 
Tamitié et surtout celles de la religion ; c'étaient M. Villy, 



- 71 - 

alors cure de la paroisse de Saint-Denis, et M. Boutoille, cure 
de Zutkerque, comme lui originaire de Tournehem, son ca- 
marade d'enfance, et reste jusqu'à la fin son meilleur ami. 
H. Courtois n'avait d'ailleurs jamais oublié les enseignements 
de sa jeunesse, ni ses devoirs de chrétien. Animò par cette 
foi ferme, efficace, qui satisfait l'esprit, remplit le coeur et 
dirige les actions de la vie, il avait constamment accompli sans 
faiblesse comme sans ostentation, toutes les pratiques imposées 
par l'église. Des àmes de cette trempe ne redoutenl pas la 
mort, elles la regardent comme le terme de leurs épreuves, et 
le passage à une vie meilleure. Preparò par les pieuses 
exhortations de ces dignes prètres, fortifìé par les secours 
de la religion, le malade fit tranquillement son sacrifico, et vit 
venir la mort avec la confiance d'un chrétien. 

Et pourtant, les àmes les plus fortes ne sont pas insensibles 
à la voix du sang ; l'avenir de ses enfants, bien jeunes encore, 
que sa mort allait priver d'une direction sage et sùre, le próoc- 
cupait vivement. Un jour, ses deux fils étaient aux pieds de 
son lit, il les contemplait, et la tristesse de sa physionomie 
révélait les angoisses de son coeur paternel. Quel malheur 
pour vous, mes enfants ! s'écria-t-il, dans l'élan de sa doulou- 
reuse inquiétude; mais bientót rassénéré à la vue de leur 
mère et du crucifix, il ajouta d'une voix douce et résignée : 
Dieu et votre mère vous restent. Cette pensée lui rendit le 
calme et la confiance. Il avait raison de compter sur cette 
doublé protection, car, depuis, la Providence semble avoir 
conduit ses deux fils vers des points differente en conformité 
de leurs goùts et de leur aptitude. 

Enfin, le 6 juillet 1864, dans la matinée, Courtois, entouré 
de sa femme et de ses enfants abimés dans leur douleur, 
assistè par le vénérable cure de sa paroisse, s'endormit du 
sommeil du juste, sans vives souffrances du corps, comme on 
entre dans le repos du soir après le labeur de la journée. 

,/Unsi mourut, à l'àge de 52 ans, Jean-Aimé Courtois, au 



'— 72 — 

moment où son intelligence avait acquis un degré de maturité 
que Tétude peut seule donner, laissant la réputation d'uij 
homme de bien et des oeuvres destinées à lui survivre. 

Aucune qualité essentielle n'a manqué à notre bien airaó 
collègue : ferme dans les principes religieux qu'il avait puisés 
au sein d'iune famille patriarchale, il conserva intactes toutes 
les traditions de ses ancétres ; en lui, la foi du chrétien était 
unie à l'indulgence du sage, suaviter in modo, fortiter iure. 
Dans une sphère assez étendue, toutes les amitiés comme 
toutes les estimes lui étaient acquises, et nulle d'entre elles 
ne lui fit défaut que par la mort. 11 eut, en effet, cctte rare 
fortune de conserver jusqu'à ses derniers jours de fidèles 
amis qui recherchaientle charme de son commerce, et auprès 
desquels il se reposait volontiers de ses travaux. Ceux qui 
ne l'ont vu que de loin, sur un théàtre ofliciel, ou dans 
Texercice de sa profession, ont connu la sagacité de son esprit 
et la sùreté de sa science, mais une certaine réservc qui lui 
était naturelle ne laissait par toujours percer la bonté de son 
àme. Si on l'approchait de plus près, ses manières franches 
et son liumeur toujours égale , lui conciliaient les coeurs 
les moins portés à l'entrainement ; chez lui, rhomme de 
coeur dominait toujours l'homme de la science. 

Gomme écrivain, M. Courtois a marqué sa place panni les 
hommes qui ont honoré leur pays ; sans doute il ne faut pas 
exagórer le morite du poète et du littérateur, mais comme 
érudit et comme historien, il n'est pas l'inférieur de certains 
noms que le succès a mis en relief ; nul ne le dépasse pour la 
patience et Fexactitude des recherches, et son style simple, 
clair et élégant à la fois, sait rendre altrayantes les disserta- 
tions ardues et cacher la science sous l'ingénieuse variété du 
récit. 

Toutes ces qualités ne cherchaient point Téclatdu dehors ; 
Courtois était peu visiteur et n'ambilionnait pas la louange et 
les frivoles succès de la vanite; c'était dans l'intimité de tous 



— 73 — 

les jours , avec ses confrères et ses amis, ou encore dans ses 
causeries avec ses collègues de la Sociélé, qu'il se révélait et 
se donnait pour ainsi dire tout entier. Il faut avoir connu le 
charme de son amitié pour comprendro quels regrets M. 
Courtois a laissés panni nous ; aussi pouvons-nous dire que sa 
perte a été un dcuil pour la Sociélé des Antiquaires de la 
Morirne, un vide pour le barreau, et pour ses amis et safamille 
une profonde douleur. La niémoire de l'excellent confrère, 
du savant modeste, du bon citoyen ci de l'Iiomme de bien, 
resterà gravée dans le coeur de ceux qui Font aimé, et sera 
impérissable dans son pays. 




INDEX 



DES OUVRAGES ET PUBLICATIONS 



DE M. CO&RTOIS 



MENT10NNÉS DANS GETTE NOTICE. 



Pages. 

1 Coup-d'oeil sur Saint-Omer à la fin du xvn° siècle 16 

2 Lecture et publication d'un placard de Gharles-Quint à la 

Bretèque de la maison royale de Saint-Omer, en 1531. 
— Tableau de moeurs à Saint-Omer et en Artois, au 
xvi e siècle 16 

3 La Justice criminelle en Artois au xv e siècle 17 

4 La Conjuration des Ramburesen 1653, et le siége d'Ardres 

en 1657 18 

5 Rapport sur les fouilles exécutées en 1847 et 1848 au 

Mouflon, territoire de Surques, sous la direction de 

M. F. de Neufville 18 

6 La paroisse Saint-Martin hors les murs, ancien faubourg , 

de Saint-Omer 19 

7 La Ghàtellenie de Tournehem .....,., ?2 



— 76 — 

Pages. 

8 Manifeste de Francois I ep , de Charles-Quiut, et d'Henri Vili, 

d'après une copie insérée dans le rcgistre aux fiefs de 
la che tei le ni e de Tournehcm, par Jehan de le Caurye, 
son receveur, en 1543 22 

9 L 'ancienne chapclle de Saint-Louis à Guémy 22 

10 Quclqucs mots sur Pancienne abbaye de Licques 23 

1 1 Recberckes liistoriques sur la Lculène, voi e romaine de 

Térouanne à Sangatte et à Wissant . . . . • 24 

12 Nolice sur Osterwic, nona presume de Tancicn pori de 

Sangatte et le Portus Superior de Cesar 25 

13 Une Promenade au Blanc-Nez 26 

14 Un mot sur la clironique de Lambert d'Ardres, éditée par 

le marquis de Godefroy 26 

1 5 Topographie du comté de Guines 27 

16 Apercu historique sur le comté de Guines et ses insti tu - 

tions 27 

17 Notes sur les ouvrages de M. Pabbé Barbe relatifs au lieu 

de naissance de Godefroi de Bouillon 28 

18 Rapport sur la crypte de la nouvelle cathédrale de Bou- 

logne 29 

19 Compte-rendu analytique de rhistoire des'Abbés de Saint- 

Bertin, par M. de Laplane 30 

20 Le droit d'arsin reconnu aux Audomarois dans leurs ebartes 

communalcs et la loi du talion 31 

21 Observalions et notes critiques sur le Géuic Zétcsien, poò- 

me de Guillaume de Le Nort, audomarois 32 

22 Rapport sur les archives de Notre-Dame de Saint-Omer. . . 32 

23 Procès crimine! d'Eustacbe, avoué du chapitre de Notrc- 

Dame, au xi e siede 32 

24 Annales et privilèges de Téglise de Watten 33 

25 Traduction d'une ode latine de Simon Ogier, sur l'attaque 

de Saint-Omer par les Fraucais, en 1594 35 

26 Biographie poélique de Simon Ogier, d'après lui-méme. . . 36 

27 Traduction du voyage de Saint-Omer à Bruges à la fin du 

xvi° siècle, par Simon Ogier 40 

28 L'ancien Idiome audomarois 41 



— 77 — 

Pages. 

29 Communauté d'orìgine et de langage entre les habitants 

de l'ancienne Morinie flauringante et wallonne 45 

30 Le patois picard dans le rayon de Saint-Omer et de Calais. 47 

31 L'origine du mot liulhen 48 

32 Les puits cinéraires de Baycnghem-lez-Eperlecques 49 

33 Une vision archéologique, réponse à la brochure de M. 

Haignérc intitulée : le Porlus Itius et les Anliquaires 

de la Morinie 56 

34 Est-ce à Boulogne que Jules- Cesar s'est embarqué? N'est- 

ce pas Wissant qui répond le micux à la situation du 

Portus Itius ? 54 

35 Identité de Gessoriacum et de Dononia 58 

36 Ode : la Colonne de Boulogne 14 

37 Au Beffroi de Boulogne 44 

38 Cantate sur Notre-Dame des Miracles 14 

39 Mémoire concernant la rivière du Mardick 11 

40 Mémoire relatif au Robecque 10 

41 Mémoires : Moullet, de Bonniòre, ville de Saint-Omer, etc. 10 

42 Traité sur les Wattringues 12 

43 Introduction aux usages locaux de l'arrondissement de 

Saint-Omer 13 

44 Procès-verbaux et rapporls insérés dans le bulletin de la 

Société des Antiquaires de la Morinie, arliclespublics 
dans les journaux, revues, etc 16-66 

45 Compte-rendu d'un ouvrage de M. l'abbé Clabaut intitulé : 

Ernest Renan et PEvangile 63 

46 Dictionnaire topographique de Tarrondi&sement de Saint- 

Omer 60 



~^Nexoosft^>^ 



OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES 



En essayant de composer un dictionnaire géogra* 
phique de cet arrondissement, aussi minutieusement 
détaillé que Fannonce le titre qui précède, nous 
n'avons fait que répondre à Fappel de M. le Ministri 
de llnstruction publique et des Cultes, qui a sollicité 
un semblable travail pour toute la France et en par- 
ticulier à Fappel qua bien voulu nous faire la Society 
Imperiale des Antiquaires de la Morirne. 

Quelque soin que nous nous soyons efforcés d'ap* 
porter à sa réd action, nous sommes loin cependant 
de pouvoir assurer que ce travail est complet et qu'il ' 
ne soit pas possible d'y rien ajouter après nous. Tout 
ce que nous pouvons affirmer, c'est d'avoir mis, ati* 
tant qu'il était en nous, une scrupuleuse exactitude 
à sa composition et de n'avoir produit aucun nom 
autrement que nous Favons lu dans les documenta 
qui soni citès. 



— II — 
ANCIE»ES DIVISIONS Dl T TERRITOIRE 

compris dans l'arrondissement de Saint-Omcr. 

L'arrondissement de S l -Omer correspond a peu 
près au centre de la cité des Morins, Morirti, et du 
Thérouarmais, Pagm Tertcanensh, dontThérouanne 
était le chef-lieu l . 

Déjà, au premier siede de notre ère, du temps de 
PUne l'ancien* la oité.xles Morins était divisée en 

~>i •'*•.'-«- * ' - ** 

dfìux.pa£ T 3tfu pagùJkmlVixii portait lenom d&paguz 
GfàQfiQeus* auquel .était .annexé le paysxles Oro-, 
m^geftws, tOrovtansaci -fune ti pago quiGetoriacm 
WGafar, l-hix cinquième siedete pagtts Ge&ormew 
ét^jfc dev^pjn lui-tfaènje une cité des Morins dont 
^oqlQgnp» étóit le che.£-liexL: civitasBouonieusium:. 
Mais ThérouJMMtó était restée le chef-lieu de la cité 
d^JJqFius proprexnent dits i.civitas Morinum 3 ,. 
^ .11 pajait Jteutefois qu'à cette dentière epoque, le 
mot civi^cbs a'était plus indicatif, comme au temps 
de Cè&Wi d'vi» corps de natipp, d'un petit état ayani 
styjj gouyernemjent à part et séparé, piais seulement 
d'jnje, ville jnvuricipale t municipium, chef-lieu d'uà 

•* V. pitia loia au dictionriaire le mot Thérouanne. * 
3 Notices de l'empire. 



— Ili — 



pagi a la tètè duquel était un Comte, relevant de 
Tautorité d'uri Due ou d'un Marquis. Ut, en effet, 
les docùments postérieurs nous montrent Tàncienne 
cité des Morins divisée en cinq pagi qui étaient : 

' É * 

* . 4 ' ' ' 

^ìe pagus Tervamnsis ou Taruanehcis, Thérouan- 
nàis proprement dit ; 2° le pàgus Bolénsis ou Bono- 
niensis, le Boulonnais; 3° le Quantowico, ìepays 
de Quantòwic ; 4° le pagus Ternensis, le Ternois, 
devenu depuis le comté de S l -Pol ; et 5° le Mem- 
piscon autrement dit le Thérouannais en Mempiscon, 
Pàgus Taruannensis infra Mempiscon. Ce dernier 
et le pagus Teruensis n'étaient à proprement parler* 
que deux subdivisions da pagus Tèrvanensiszviive- 
ment appelé la région de Thérouanne, regio Terua- 

* 

nica, et tout nous porte à croire, avec Bucherili*, 
que le Quantowico était Tancien pays des Oroman- 
saces qui, suivant Pline, était annexé mpagus'Geso- 

riacus ou Boulonnais. .^ 

. • ■ * 

Le dernier acte où la ville de S l -Omer (Sithiu) est 
désignée comme étant situé é dans lepays.de Thè-;, 
rouanne, in pago Taruanensi, (?st une charte de 
Lothaire, Roi de France, en date du7janvji^9^: 
(cart. sith. p. 149, édit. de M. Guérard), - r ./ -• 

Quelques aqnées après , à la. suite de la mort . 



— IV ~ 

d'Arnould-le~Vieux , pendant le règne duquel le 
nord de la France, à partir de l'Authie et le midi de 
la Belgique en deca de l'Escaut, avaient continue à 
former un gouvernement héréditaire désigné sous le 
nom de Marche, Marka, (cart. 6,p. 140), ce gouver- 
nement fut divise, on ne sait trop dans quelles cir- 
constances (J. Meyer armai.) en trois grands comtés, 
qui prirent les noms de Comtés de Fiandre, de Bou- 
logne et de S'-Pol. A partir de cette epoque, les villes 
de S'-Omer et d'Aire, érigées en chefs-lieux de Chà- 
tellenies, membres du Comté de Fiandre, prirent la 
place de Thérouanne qui resta soumise à l'Évèque et 
au chapitre et ne fut plus que le siège de l'Évèché 
et d'un fief particulier, désigné depuis son amortis- 
sement, en 1156, par le Roi de France, Louis-le- 
Jeune, sous le nom de Regale de Thérouanne. 

— La chàtellenie de S'-Omer, bornée au nord par la 
création du Comté de Guines qui était aussi membre 
du Comté de Fiandre au nord-est et à l'est par la 
chàtellenie de Casse], au sud-est et au sud par celle 
d'Aire et la Regale de Thérouanne, s'étendit princi- 
palement du coté du sud-ouest où elle embrassait 
le Comté de Fauquembergue ; mais plus tard la créa- 
tion du Comté d'Artois qui la separa dù Comté de 
Fiandre, sa transformation en bailliage et le démenv 



V — 



brement du Comté de Guinea, vinrent successivement 
ajouter à la circonscription dont S'-Omer était le 
centre, les petits pays de Langle et de Bredenarde 
ainsi que l'importante chàtellenie de Tournehem. 
La destruction de Thérouanne et le démembrement 
de la regale lui valut encore une extension de terri- 
toire. C est de cet ancien bailliage augmenté d'une 
partie de ceux d'Aire et de Lillers, d'une partie de 
la regale de Thérouanne, de douze paroisses du gou- 
vernement d'Ardres et de six paroisses du Calaisis 
que l'arrondissement de S-Omer a été forme. Sa 
plus grande longueur, prise des dunes du village 
d'Oye jusqu'à l'ex trém ite sud de Febvin-Palfart, est 
de 15 à 16 lieues, sa plus grande largeur d'environ 
huit lieues. Il compte 7 cantons, 119 communes, 
3 villes, qui sont S -Omer, Aire et Ardres , et 3 
bourgs, Audruicq, Fauquembergue et Tournehem ! . 

A. Gourtois. 

1 lei s'arréte le mamiscrit originai et autographe de M. Court 



- * . * 



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DICTIONNAIBE GÉOGRAPHIOUE 



DE L'ARRONDISSEMENT 



DE SAINT-OMER. 



A 



Aa (!'), riv., prend sa source à Bourthes , passe à 
Fauquembergues, à Lumbres et à S -Omer, est cana- 
lisée, à partir de cette ville et se jette dans lamer 
au-dessous de Gravelines. — Agniona , indéclin. ; 
Agnione, Agmonis, — Supra fluvium Agniona, 648, 
Cartai . Sithiens. , p . 1 8 . — Fluviiqu/i dicitur Agniona , 
1056, ib. p. 186. — Fluvii Agnione, 1112, ib. p. 
125. —Agnionn fluvii, 1107, ib. p. 210.— i, 1139, 
Cartai. S. Àud ornar., in-4°, p. 8. — Vetus A. — Lane 
A, ibid. — Sour le rivière desous que on appelle le 
Vies A, 1334, grand cartai. S. Bertin, t. iv, p. 270. 
— Aa {lumen nostrum, xvi e siècle, S. Ogier, étymol. 
7, imprimée en 1602. (Voyez les mots : Ancien Aa, 
Enna, Ennena, Enula, Erbostade, Grand Large, 



2 ÀCQ 

Grande Rivière, Keetestroom, Leeck, Meldicque , 
Morlacque, Nartstroom> Romera, Ryfvart. 

àcquembronne (Àkembronne) , chat. c ne de Lum- 
bres, sur le torrent dit V lanette. — Aquemeronne; 
1240 , Invent. des chart. d'Art. — Àcquembronne , 
1543, aveu du s^ de Rodelinghem. C'était un fief re- 
levant de la seigneurie de Seninghem, (Inv. d. chartes 
d'Àrtois) . 

àcquembronne (bois d'), dépendant de cet ancien 
domaine. 

àcquin (Àcoin), c on deLumbres, 761 h.; en 1698 : 
99 h. — Atcona, v. 850, cart. Sith. p. 99. — Atcona 
quod adpresensnuncupamus Atquinium. . . de Atcona 
sive Acquinio, ib. 1 1 83, p. 369. — Ecclesia de Aquina, 
ib. 1193, p . 215— 1107, p. 218 — 1097, p. 243 — 
1139, p. 311— 1144, p. 316.— Aquine, 1170, chro- 
mc. Àndrens. p. 408. — Aquinum, Lambert. Àrdens. 
p. 21 ; Invent. des chart. d'Àrtois, 1286. — Curtis 
de Aquin, xm e s. cart. Sith. p. 340. — Àcquin 
était l'un des nombreux domaines de l'abbaye de 
S-Bertin , de la mouvance du chàteau et du ressort 
du bailliage de S-Omer et, au spiri tuel, du doyenné 
d'Àlquines. — saulfà eux (aux religieux de S -Bertin) 
riserve ès terres et seigneuries d'Arques, Herbelle, 
Àcquin, le Val-Bosquet (vai d'Àcquin), Coyecque et 
Venclos dumonastère S^Bertinen la dite ville toute 
justice haulte, vicomtière et fonssière laquelle nous 
déclarons aux dits lieux leur appartenir t sous le res- 
sort toutes voyes de nostre dit bailliage de S^Omer. 
1542, arrét de la cour de Malines, ree. de chartes. 



;i 




AItt 3 

Dépendances : Ophove, le Val d'Acquin, la Wat- 
tine, le N or dal, Lawverdal. 

Acquin (prieuré <T) . — La maison et prieuré d'Ac- 
quin, ibid. C'était le manoir méme , chef-lieu du 
domaine de S-Bertin. 

Acquin (le bois, le mont, le fond <T *). 

Adsoit, ham, e 116 de Zudausque. Dans la parome 
et dìmage de Quelmes, au lieu nommé la terre Hatsot, 
1292, Synopsis, 1. 1, p. 128. — Le Hatsoy, paroisse 
de Zudamque, Maillart, cout. d'Artois. 

Affringues, c on de Lumbres, 162 hab. ; en 1698 : 
52 hab. — Arfrenges, 1186, cartul. Sith. p. 369. — 
Haffrenges, 1239 et 1240, Inv. chart. d'Art. — 4/*- 
fringws, 4566, pouillé de Boulogne. 

Ce village, autrefois annexe de la paroisse de Cou- 
lomby, relevait, comme fief, decelui de Seninghem, 
du bailliage de S-Omer. Inv. chart. d'Art. — Pouillé 
de Boulogne. 

Dépendances : Cceurlu, ( e ;Lannoy, f e . 

Aire-sur-la-Lys, arr* de S'-Omer, ville forte ; 8682 
hab.; en 1698 : 4829 h. — Aria monasterium , 857, 
cartul. Sith. p. 162. — Ariacum, ibid. — Villa Aria, 
1093, ibid. p. 205. — Arie, 1241 , Mém. Antiq. Mo- 
rin., t, x, 2 e part. p. 342. — Je Willaumes, provos 
de le glise de S^Pierre d'Arie , et je Bernars, doiem 



1 Le mot fond est gónéralement employó dans rarrondissement de 
S'-Omer pour designer tonte espéfce d'endroit creux et prò fond et 
particulièrement les vallées étroites et profondes , les cavités , les 
gorges ou vallons que forment entro eux les contreforts ou arétes 
des colli nes ou du penchant des colline». 



4 AIA 

de le glise de S^Pierre d'Arie, ibid. — La ville d'Ayre, 
1338, ibid. p. 358. — Aire, ibid. 

Aire (ehàteau ou bourg d') . Suivant Bresinius et 
une ancienne tradition citée par Malbrancq, ce serait 
Lydéric 1 er qui aurait fonde le ehàteau ou bourg 
d'Aire, en 677 , dans une ile formée par le Madie et 
la Laquette, et ce serait Antoine, fils de Lydéric, qui 
aurait entouré cette ile de fortifications. C'est dans 
Tenceinte de ce ehàteau que s'est élevée une église 
dédiée d'abord a S l Jacques et, depuis sa destruction 
par les Normands et sa reconstruction, au xi* siècle, 
à S -Pierre, devenue la collegiale de ce nom et aujour- 
d'hui Téglise paroissiale d'Aire : Castellimi primo 
erexit (Lydericus) , ubi duo pene id temporis coibant 
fluvioli (Madicam et Laquetam nunc vocantj in ma- 
jores latices suos collaturi. Modo locum illum Cas- 
telli pontem (pont du Castel) nominante . Parenti* 
exemplo e duobus fluviolis bipartito ad Lisam di- 
ductis insalarti confecit Nec sat fuit fossa An- 
tonio, quin eum perhibet Bresinius Ariam mwnibus 
cinxisse atque honorandi tumuli patris sui ergo , 
templum Divo Jacobo Majori apostolo sacrum con- 
didisse, quod Nortmannorum flammis absumptum 
instaurante Balduino Lisano S> Petti nomen acce- 
pit, Malbrancq, de Morin. t. 1* r , p. 465. On peut 
ajouter que la rue qui conduit à cette ancienne ile et 
à cet ancien ehàteau, porte encore le nom de rue du 
Bourg et du Castel. Mais en ce qui concerne Lydéric 
et son fils , cette pretendile tradition est fort incer- 
taine. 



AIR 5 

Aire (chàtellenie d') . — Ariensis castellatura, 1 075, 
M. Antiq. Morin. t. x, 2 e part. p. 311 . — Evrardus 
castellanus de Aria, 1119, ibid. p. 315. Auxurs. 
cette chàtellenie s'est confondile avec le bailliage 
qui l'a remplacée sous le rapport judiciaire et admi- 
nistratif. Toutefois l'office de chàtelain a continue a 
subsister à titre de fief. Mais cet office dont les attri- 
butions n'étaient pas définies et faisaient d'ailleurs 
doublé emploi avec celles du bailli et du maieur 
donnèrent lieu, au siècle dernier, à un procès et à 
d'interminables contestations. (P. v. de la rédact. de 
la cout. d'Aire en 1739. 

Aire (bailliage d'). — Baillie d'Aire, 1321 , ree. de 
chart. p. 30. D'après la nomenclature de Maillart, 
qui est la plus exacte, ce bailliage comprenait : Aire, 
Ames, Auchel, Blessi, Calonne-sur-la-Lys, Crecques , 
Cuhem, Delette, en partie, Enquin, Estrées-Blanche, 
Ferfay , Fief, Fléchin , Fléchinel , Glominghem , 
Lambres, Liettres, Ligny, Linghem, Mametz, Ma- 
zinghem, Molinghem, Nielle-lez-Thérouanne , en 
partie, Norrent-Fontes, Quernes, Quiestède, Rebec- 
que, Rely, Rincq, Rombly, Roquestoire, S l -Martin- 
lez-Aire, S'-Quentin, S l -Venant, Semy, Wavrans- 
les-Elne, Wittes, Witternesse. Plusieurs de ces terri- 
toires dépendaient en outre, en partie, soit du bail- 
liage de S'-Omer, soit de celui de Lillers, soit de la 
regale de Thérouanne. 

Aire (doyenné d') . Il comprenait, sous le diocèse 
de Thérouanne : Aire, Lambres, Isbergue, Molin- 
ghem, Norrent-Fontes, Linghem, S^Hilaire-Cotes, 



6 AIR 

Auchy-aurBois , Blessy ; et , sous le diocèse de 
S -Omer : Aire , Lambres , hbergue , Wilernesse , 
Blessy et Marthes, Molinghem et Mazinghem, Nor- 
rent-Fonte , Rinck et Glominghem , S^-Quentin , 
S*-Jlfartów-fez-jiw'e. 

Aire (banlieue d'). Elle s'étendait sur les villages 
et hameaux faisant encore aujourd'hui partie du 
territoire communal de cette ville et dont les noms 
suivent : Glominghem, Moulinrle-Comte, S^Quentin 
vili. ; le Fort S^Frangois ou chemin du Fort, Garlin- 
ghem, Houlleron, La Jumelle, Lacque, Mississipi, 
Neufpré, Pecqueur, S'-Martin, la Téte de Fiandre , 
Widdebrouck, ham.; Bruvaut, la Cerne à V Avoine, 
le Cornet d f Enfer, Estracelle, f es . 

Aire (S l -Pierre ou collegiale d'). Fondée en 1054 
ou 1059, par le comtede Fiandre, Baudoin de Lille, 
et enrichie par Philippe d'Alsace au siede suivant, la 
collegiale d'Aire était la plus importante de l'Artois 
après celles d'Arras et de S-Omer. Elle était composée 
d'un prévót, d'un doyen, d'un chantre, d'un trésorier, 
et elle comptait 39 prébendes de chanoines. Bignon. 
— Ecclesia Ariensis in honore S. Vetri apostolorum 
principis constituta, 1075. M. Antiq. Morin. t. x, 
2 e part. p. 31 1 . — Le glise de S^Pierre d'Arie, 1241 , 
ibid. p. 342. — Le chapitre avait des droits de sei- 
gneurie et de justice dans une partie de la ville et de 
la banlieue d'Aire et de plus à Wail-lez-Hesdin , à 
Mazières, à Baisieu, à Rocoìirt, à Magnicourt-en- 
Comté, a Tatinghem, à Capellebroucq, à Watten, à 
S l -Venant, à Waignelle-lez-Robecq, à Molinghem, à 



ALQ 7 

Blesty, etc. ibid. p. 144: (Recherches historiq. sur 
le chap. et l'égl. collég. d'Aire, par M. Jules Rouyer). 

Dépendances. (V. ci-dessus banlieue). 

àllée (l'i de Bas-Hayette, bois , c De de Bouvelin- 
ghem. 

* Alloigne, fief, c ne de Roquétoire, relevant du chà- 
teau d'Aire. — Alloigne-en- Roquétoire, doni la sei- 
gneurie s'étend à Wardrecqme et Baudringhem , 
1739. P. v. de rédact. de la cout. d'Art. 

Allouette (1'), ham. e 116 d'Alquines. 

Alluin (T), f e c M de Polincove. 

Alquines (Aliane), c on de Lumbres, 776 hab. — 
Villa Alekin, 1105, cart. Sith. p. 242. — Chronic. 
Àndrens. 1130, p. 423. — Àlekine, 1139, cartul. 
S*-Om. p. 1. — Alekines, 1393, cartul. S-Om. anni- 
vers. p. 31 1 — Allekines, 1308, ibid. p. 77 v°. — 
Vetus oppidum Alekina, Meyer, sous l'année 1156. 
— Allequines, 1543, terrier de la chàtellen. de Tour- 
nehem. — Decanatus de Alkines , pouili. de Thér. 
A. Tassaro. — Alquines, 1566, gr. cart. deS-Bertin, 
t. x in fine. — Alquine, bourg, Maillart, cout. d'Art. 

L'ancien bourg d'Alquines , aujourd'hui simple 
village, était le chef-lieu d'un des 13 doyennésde 
l'archidiaconé d'Artois qui comprenait la partie wal- 
lonne ou gallicane de l'ancien diocèse des Morins. 
Les évéques de Thérouanne y avaient une maison de 
campagne dont il reste encore quelques vestiges. 
D'après l'ancien pouillé relevé par Alard Tassart, au 
xv e siede, les paroisses comprises dans le doyenné 
d'Alquines, étaient celfes-ci : Alquines , Coulomby , 



8 ALQ 

Audrehem, Selle, Joumy, Bouvelinghem, Senin- 
ghem, Quelmes , Acqiiin, Boningues-lez-Ardres, 
Rummghem, Bayenghemrlez-Éperlecques, Recque et 
Polincove, LicqueetHocquinghem, Àlembon, Guèmy, 
Éperlecqw, Surques, Nordausque et Tournehem. — 
Après la destruction de Thérouanne en 1 553, l'acte de 
répartition du diocèse des Morins intervenu entre les 
rois de France et d 'Espagne, en 1559. (A. Mir. t. iv, 
p. 660) attribua le doyenné d'Alquines au roi très 
chrétien, en lui conservant son ancienne circonscrip- 
tion décanale. Mais la bulle direction du diocèse de 
Boulogne, dans lequel Alquines fut compris, divisa 
ce doyenné en deux parties dont l'une fut attribuée 
à Tournehem qui en* fut le chef-lieu. D'après cette 
nouvelle division, voici quelles furent les paroisses 
du doyenné d'Alquines, depuis 1566 jusqu'à la revo- 
lution : Alquines et Loquin (le Haut-Loquin) , Acquiti, 
Bayenghem le Comte , Boumonville et Henneveux , 
Bouvelinghem et Westbécourt, Colembert etNabrin- 
ghem, Coulomby et Affringues , Hocquinghem et 
Herbinghem, Joumy et Rebergues, Licques, Longue- 
ville, Menneville , Quesque et Lottinghem , Sei les et 
Brunembert, Seninghem et Bayenghem, Surques et 
Escceuilles. (Gr. cart. S-Bert. t. x in fine). 

Alquines, domaine de Tévéché de Thérouanne , 
amorti par le roi de France, Louis-le-Jeune, en 11 56, 
(Meyer, loc. cit.) était au nombre des 19 paroisses du 
gouvernement d'Ardres (Maillart, cout. d'Artois) re- 
levant de la prévóté de Montreuil et du bailliage , 
d'Amiens. La partition du diocèse de Thérouanne 



ANG 9 

laissa ce domaine indivis entre les deux évéchés de 
S-Omer et de Boulogne. (Pouillés, Maillart). 

Dépendances : LeFromentel, Neuville, le Buisson, 
le Warlet, la Haute Plancque, les Bulescamps , éc. 

àmalixe (T) f hauteur, c M d'Inghem. 

Ancien Aa (F), nom que portait autrefois le lit na- 
turel de cette pivière , aujourd'hui le Grand Large , 
(voy. ce mot) entre S-Omer et Watten. — Paludosa 
terra cujus termini sunt de Huulelec (rivière de 
Houlle) , usque ad Lee de Serke (la rivière de Serques) , 
usque ad vetus A, 1 139, cart. S-Om. in-f\ p. 1 v° et 
in-4°, p. 8. — On appelait également, au xiv* siede, 
vies A, ou vieille rivière d'A (1346 et 1347, gr. cart. 
S'-Bertin, t. iv), Tancien cours naturel que suivait 
cette rivière entre Arques et S-Omer, et dans cette 
ville raème, avant la création de la Meldicque (voy. ce 
mot) pour Tétablissemeni des moulins de S'-Bertin, 
dans l'enclos de cette abbaye. 

Ancienne Lys , lit naturel de cette rivière au-des- 
sous d'Aire. — A Molline le Corate, entre le rivière 
de leLis et le rivière que on dist le Viese Li$, 1400, 
M. Antiq. Morin. t. x, 2 e part. p. 360. 

Ancienne Ville, emplacement compris dans Ten- 
ceinte des fossés de ville de Tbérouanne ; quartier ou 
section du village qui en porte aujourd'hui le nom. 
(Voy. ThérouanneJ. 

Angle (l 1 ), petit pays du Bas-Artois (voy. ce mot), 
compris dans le canton d'Audruicq. — Chdtellenie 
de Langle, pays de Langle t terre de Langle 9 1248, 
Invent. des chart. d'Artois. — Bailliage de Langk , 



i 



10 ANG 

1281 , ibid. — Angulw, pouilié du diocèse de Thé- 
rouan. — Ànglense territorium, Malbrancq, de Mo- 
rinis. — Land vanden Houck, 1427. (Acte de sai- 
sine en flamand, cartul. Chart. p. 340 v°). — « Pays 
» et terroir de l'Angle qui se nomine ainsy pour ce 
» quii est assis en un anglet, entre rivières, tenant 
» d'un lez au territoire de Calais et autres terres oc- 
» cupées par les Angloiz, et d'autre coste au pays et 
» conte de Flandres, selonc la rivière qui maisne de 
» S l -Omer en la mer ; lequel pays se comprend en 
» quatre paroisses , assavoir : S l -Folquin , Sainte 
» Marie-Eglise (S^-Mariekerquei , Saint Nicolay (S l - 
» Nicolas], et Saint Omer-Eglise ;S l -Omer-Capelle).» 
1507, cout. Bouthors, t. n, 8 e et dernière sèrie, p. 
687. — « Pays de l'Angle qui est de la compréhension 
» du pays et comté d'Àrtois et applicqué au bailliage 

» de S-Omer par cy-devant esclissé de la chatel- 

» lenie de Bourbourg, comté de Flandres. » Cout. 
du pays da l'Angle, grand cout. t. 1 er , p. 298. 

Les quatre paroisses du pays de l'Angle formaient 
entr'elles une keure ou commune, sous Tadministra- 
tion et la juridiction d'un chàtelain ou bailli, d'un 
collège d'échevins et de k&urhers et d'une cour de 
francs-hommes. C'était là ce qu'on appelait les Trois 
Bancs ou pouvoirs publics du pays. Les échevins 
connaissaient , comme juges, de toutes les matières 
civiles, les cceurhers , des affaires criminelles et la 
cour des francs-hommes, des matières féodales. Le 
siège de ces trois tribunaux était a Monnequebeure , 
hameau de S-Folquin, dans une maison qui porte 



ARD 11 

eneore le nom de Ghiselhus (maison de l'ótagej, à 
coté du Muncqbv/re (cour des moines) de S-Bertin, 
où cette abbaye, en sa qualité de seigneur vicomtier 
et grand dècima teur du pays de l'Angle, tenait aussi 
ses audiences. (Voy. les mots Monnequebeure et Ghi- 
selhus). 

Sous le rapport spirituel , le pays de l'Angle était 
dans le ressort du doyenné de Marck. (Pouill. de 
Thérouann.) Mais après la suppression du diocèse 
des Morins, il fut réuni à celui de SM3mer et au nou- 
veau doyenné d'Audruicq . (1 560) , pouill . de S'-Omer) . 

Àu xn e siècle, le pays de l'Angle, comme le porte 
sa eoutume , faisait partie de la chàtellenie de 
Bourbourg dont il a été séparé au commencement 
du xm e siècle, pour étre annexé au comté d'Artois et 
au bailliage de S-Omer. Ses quatre églises, élevées 
successivement dans le cours du xi e siècle et au com- 
mencement du xn e étaient, dans l'origine, de simples 
annexes de la paroisse de Bourbourg dont elles se 
sont détachées. Le pays de l'Angle portait alors le 
nom de Bage , en latin Bagus ou Bagum. (Voy. les 
mots Bage et S^Nicolas). 

Ansel Pil, vallon, c ne de Pihem. 

Ardres (Ardre, en patois Arde), arr 1 de S-Omer, 
2,034 hab. ; en 1698: 1089 hab. — Arda, 1084, 
chronic. Andrens. p. 345. — Ardea, 1150, ibid. p. 
450. — Arde, 1244, gr. cart. S-Bertin, t. in, p. 33. 
Ardre, 1317, cart. Chart. p. 26. — Villam Arde® 
oppidum liberum fecit, Lamb. d'Ardr. — Castrum 
Ardece, casteUum Arderne, dunjo Ardensis, ibid. — 



42 ARD 

Fondée en 1069 par Àrnould de Selnesse (v. ce mot), 
la ville d'Àrdres était, sous le rapport féodal, le chef- 
lieu d'une des quatre chàtellenies , Fune des douze 
baronies et sa motte , Fune des douze pairies du 
coni té de Guines. Àrdres, à partir du traité d'Etaples 
(1 402) , était devenu le chef-lieu de la partie de ce 
comté restée à la France et comprenant, avec la chà- 
tellenie d'Àrdres, celles d'Àudruicq et de Tournehem. 
Au spirituel, cette ville faisait partie du doyenné de 
Guines. 

Dépendances : Le Bois-en- Àrdres, vili., lePigeon- 
nder, les Pélerins, le Rossignol, le Quartier de la f* 
Valque, le Quartier Rozinville, le Quartier Verman- 
dicy la rue du Fort-Rouge, la Rivière 77, le Quartier 
de la Chapelle, les Blanquarts t le Haut Communal , 
le Quartier des Marais, les Noires-Terres, l'Ile de la 
CaMchoise, le Pont Sans-Pareil, ham.; la H ay e ou 
Wort la Haye ou Wohay, Hémery, f e8 . 

Ardres (gouvernement ou bailliage souverain d') . 
D'après la nomenclature officielle de Bignon (Meni, 
sur la Picardie, 1 698) et celle de Maillart (cout. d'Art.) 
ce territoire, aussi designò sous le nom d'Ardrésis , 
comprenait 19 paroisses qui étaient avec Àrdres: 
Alembon, Alquines, lterc^-en-Campagne, Boningues- 
lez-Ardres, Bouquehault, Bouvelinghem , Brémes , 
Landrethun-ìez-krdres, Licques, Louches, Nielles- 
lez-Ardres, Rodelinghem, en partie, Ferlinghem, en 
partie, Sanghem, Surques et Zouafques. Cette cir- 
conscription était à peu près celle de la chàtellenie 
d'Àrdres, la seule du comté de Guines qui fùt restée 



ARD 43 

à la France, depuis le traité de Madrid en 1529. — 
Aujourd'hui, on donne encore le nom d'Ardrésis à la 
plaine au bord de laquelle est située la ville d'Ardres. 
— Sous le rapport judiciaire, le gouvernement d'Ar- 
dres ressortissait des bailliages de Montreuil et d'A- 
ni iens. Sous le rapport administratif, il fut annexé, 
après la réunion de Calais à la couronne, au gouver- 
nement de cette ville ; Ardres devint comme celle-ci 
lp siège d'une subdélégation. 

Ardres (pairies ou baronnies d') . — Ardenti* do- 
minus Arnoldus duodecim pare* vel barones castro 
Arde® appenditios instituit (en 1 069), Lamb. Ardens. 
Il n'existe aucune nomenclature de ees pairies ou ba- 
ronies qu'il ne faut pas confondre avec les barouies 
et les pairies du comté de Guines dont Ardres est 
devenu le chef-lieu après le démembrement de ce 
comté. Les baronies et les pairies du comté de Guines 
ont éprouvé, depuis leur eréation, quelques change- 
ments. (V. notrenotioe, dans l'édit. de Lambert d'Ar- 
dres , par M. le marquis de Godefroy de Menilglaise, 
p. 506). Voici la nomenclature qu'en donne l'alma- 
nachde Picardie de 4780. Baronies : Andres, Cour- 
tebowrne, Balmghem,Licqne$, Alembon, Crezecques, 
Bouquehaut, le Val, Hermelinghem. « Outre ces ba- 
rons, il y a ceux de Fiermes , de la Motte d' Andres, 
de Zeltun et de la M astine. Mais en conséquence des 
démembrements essuyés par le comté de Guines, 
leur mouvance est attachée, savoir : de Fiermes, au 
chàteau de Boulogne ; de la Motte d f Andres, au chà- 
teau de Calais ; de Zeltun et de la Mattine, au chà- 
teau de SM)mer. » 



14 ARD 

Pairies : Le Perrier (le Poirier?) Lostebarnes , 
Nielles (lez-Àrdres) , Campagne, Eclémy, La Haye, 
Autingues, Surqws, Bouvelinghem. « Outre ces pairs, 
il y a encore ceux de Fouqwsolles, Réques et Arquin- 
goul ; mais en conséquence des démembrements es- 
suyés par le comté de Guines, leur mouvance est 
attachée au chàteau de S-Omer. » Ibid. 

Ardres (banlieue d') « Toute la paroisse d'Ardres, 
la partie septentrionale de la paroisse d'Autingues , 
une partie du hameau de Lostebarne, dépendant de 
la paroisse de Louches, le fauxbourg de Brèmes et le 
hameau de Bayincourt dépendans de la paroisse de 
Brèmes, composent la partie de l'Ardrésis nommée 
banlieue ou municipalité d'Ardres. » Ibid. « La com- 
munauté de cette ville et banlieue est composée de la 
ville, du faubourg de Haut, du faubourg de Brèmes, 
du Bois-en-Ardres, des Grande et Petite Cauchoise , 
du hameau du Plat d'Or, de partie du vilkge d'Au- 
tingues et de Lostebarne et de la ferme de Leauette; » 
1755, journaux aux délibérations municipales, arch. 
d'Ardres. 

Ardres (collegiale et prieuré d'). Fondée en 1069 
par Arnould de Selnesse, cette collegiale fut cédée 
plus tard à Tabbaye de la Capelle dont elle devint un 
prieuré, designò sous le nom de prieuré d'Ardres. 

Ardres (l'abbaye d'Andres a) . Après la destruction 
de l'abbaye d'Andres par les Anglais, les religieux de 
ce monastère s'établirent a Ardres dans une maison 
qui devint le chef-lieu de cette abbaye et qui continua 
à ètre administré par un abbé commanditaire jusqu'à 



ARQ 15 

la revolution. — L'abbaye d'Andernes à Ardres (Spe- 
cileg. Dachery, t. ix , p. 673). — Bignon. — Alma- 
nach de Pieardie) . — Cette maison était aussi désignée 
sous le nom de Refuge d'Andres. (Archives) . 

Ardrésis (F). V. ci-dessusgouvernementd'Ardres. 

Arques (Are), c on sud de S'-Omer, 21992 hab. ; en 
1698 : 592 hab. — Araca, 828, cart. Sith. p. 159. 
— ArecaSy x e s. ib. p. 67 et 146. — Arkas, 1107, ib. 
p. 218. — Arcw, La m b. d'Ardr. 

Arques, terre du baillagede S l -Omer, ancien comté 
dont on ne trouvepas d'érection ; elle appartieni à 
l'abbaye de S^Bertin depuisplus de mille ans. 1698, 
Bignon. 

Dépendances : Le Haut- Arques, Malhove, Ophòve, 
le Fort-Rouge , le Hocquet , Lobel , le Stiennart, la 
Garenne, Balavia, la Verrerie, les Fontinettes. 

Arques (doyenné d'). Il comprenait, sous le dio- 
cèse de Thérouanne : Arques, Racquinghem, Renes- 
cure t Roquestoire, Hallines, Wardrecque , Wizerne, 
la chapellenie d'Òphove , S^MartinAez-kire, Rincq, 
Rebecque, Esquerdes, S l -Martin de...., Blendecques 
et Wisque ; — Sous le diocèse de S-Omer : Arques, 
Racquinghem, Blaringhem, Wittes, Cohem, Renes- 
cure. (Pouill. de Thérouan. et de S'-Omer). 

Arquingert. V. Arquingout. 

Arquingout (Arkingou) , f 8 c ne de Leulinghem-lez- 
Étréhem. — Le fief d' Arhingoud qu'il tient de la diete 
comté de Guisnes, gisant entre Estréhem et Tadin- 
ghem. Cart. chart. 1435, p. 233. 

D'après cet acte et plusieurs autres de la mème 



Ì6 ASS 

epoque, ainsi que d'après le procès-verbal de rédac- 
tion de la coutume de S-Omer, en 1 739, la seigneurie 
d'Arquingout était Fune des douze pairies du comté 
de Guines. Elle était comprise dans la banlieue de 
S'-Omer. La ferme d'Arquingout, dont le nom, par 
suite d'une faute typographique , est écrit sur la 
grande carte de France Arquingert, a été démolie, il 
y a quelques années, mais le territoire en a conserve 
la dénomination. 

Assinghbm (Assingan, en patois Assinghein) , barn . 
e 116 de Wavrans, sur la rivière d'Aa. — En descendant 
le long la rivière parmy Ouve-Werquin , Rumilly , 
Assinguehem, Wavrans, Ente, Lumbres et Setques , 
etc. 4447, cart. SM)mer, in-f°, p. 108. 

Assinghem (Assinghein), autrefois f% aujourd'hui 
terroir de la commune de Houlle. — Terram de Hes- 
singhem, juxtaSperlaca, 1 139, cart. deSM)mer, in-f* 
p. 2. — Hassinghem, 1223, A. Mir. diplom. Belgic» 
t. in, p. 385. — In valle de Hessinghem, 1398, cart. 
Chart. p. 194, v°. — Ou i?&/<TEssinghem, en le vallèe 
qu'onnomme le zud vallèe.-^ Ou vai cTEssinghehem, 
en lenort vallèe <TEssinghehem, 1411 , ibid. p. 210 
v°. — Gitani à Essinghem en la paroche d'Esperlecke 
et en le paroche de Houlle, ibid. 4344, p. 21 1 v°. 

Assonval, vili. c ne deRenty, 138 hab.— Assonval, 
paroisse, Maillart. — Le Marquisat de Renty , les 
terresde Coupelle-Vieille, Coupelle-Neuve, Assonval, 
etc, et autres du ressort de ce baili age (de S fc -Omer). 
Pr. v. de rédact. de la cout. deS-Omer, p. 11.— 
Assonval a été annexé et réutri à Renty depuis 1800. 



AUD 47 

Aubonne ou Auborne, noni que porte la Melde (V. 
ce mot) à Ecques et à Heuringhem. 

Audenfort (Audanfor, en patois, Audinfor), ham. 
c ne de Clerques. — „ Villa de Aldenfort, 1105, cart. 
Sith. p. $42. — 1112, chron. Andrens. p. 365.— 
Aldenfordium , Lamb. d'Ard.— Audenfort , 1218, 
gr. cart. S. Bert. t. n, p. 179. — Des religieux, abbé 
et couvent de S^Bertin. ... à cause de leur maison et 
chasteau d'Audenffort... 1578, compt. de la chat, de 
Tourneh. 

Cette maison, siège de la seigneurie d'Àudenfort 
relevant du chàteau de Tournehem, existe encore. 

Audincthun, c ou de Fauqembergue. — Odingatun, 
1016, A. Miraei, diplom. Belgic, t. ìv, p. 176. — 
Comes Balduinus quandam villam Odingatum nun- 
cupatam... sancto tradidit Audomaro, ibid. — Cum 
ipsa supradictd villa Odingatun.... comitatum.... 
alterius villw Dalhem (Dohem) nuncupatw... com- 
mutatione..... redemi (Ego Helecinus), ibid. — Odin- 
getun, 1139, cart. S. Om. in-f° p. 1 re v°. — Audinc- 
thun, xvi e s. pouillé de Boulog. 

Suivant une tradition, le village actuel d'Audinc- 
thun serait d'une origine toute moderne. L'ancien 
village de ce nom aurait été situé sur le mème terri- 
toire, au lieu dit la Campagne. Son nom ne figure 
pas dans le pouillé du diocèse de Thérouanne où Fon 
rencontre celui de Wandonne, comme formant une 
paroisse du doyennè d'Hellefaut, et dans le pouillé 
du diocèse de Boulogne on letrouve écrit apreste 
nom de Wandonne, comme en étant l'annexe : Wan- 



18 AUD 

donne et Audinethun. Cette paroisse, par suite de la 
répartition de 1 559, fit partie du doyenné de Fau- 
quembergue. 

Dépendances: Wandonne, vili., Wandonnelle , 
ham. — S^Aubin, Milfaut, le Moulinet, le Bout la 
Haut, le Blanc-Mont, la Secherete, f 6 * ou éc. 

Audinthun, ham. c ue deZudausque. — Hodingetun, 
1200, chronic. Andr. p. 528. — Odentun, 1401 , cart. 
chart. p. 239. — Le verde voye qui maine de Odentun 
à Cormettes, ibid. (V. le mot Petit Etréhem). — Le 
petit Odinthun, 1739, P. v. cout. de S'Omer. — 
Maillart, cout. d'Artois. 

Audréhem (Audréhan , en patois, Audréhein) c on 
d'Ardres. — Aldomhem (probablement faute de copiste 
pour AldenehemJ, 850 et 877, cart. Sith. p. 103 et 
124. — Aldenehem et Aldenhem, 1 084, chron. Andr. 
p, 351 et m. — Haldenehem, 1225, ibid. p. 385. 
— Haldehem, Lamb. d'Àrdr. — Audenhem , 1221, 
chron. Andr. p. 637. — A Momieur (J'Audenehem 
(le maréchal d'Audréhen) pour sen fief quii tient du 
chaslel de Tournehem, 1355, comptes de la diateli, 
de Tourneh. arch. de Lille, t. 187. — Odenehan, 
Audenehan, Audeneham, Odenehem, 1353, 1357 et 
1361 , signatures du maréchal d'Àudréhem, (Anselme 
H. généal. et chronolog. de la Maison deFrance, 
t. vi, p. 752) . — La terre et seigneurie d'Audréhen. . . 
le chasteau, donjon, fossez, basseeourt et pourprins 
dudictchasteau.... 1542, aveu de J. deFouxolle, 
terrier de la chàtellen. de Tournehem. (V. le mot 
Catelet). 



AUD *9 

Audréhem était un fìef important ayant toute jus- 
tice et s'étendant sur plusieurs territoires voisins , 
notamment en Louches et en Ferlinghem. Il relevait 
de la chàtellenie et faisaìt partìe du doyenné de 
Tournehem depuis 1566 et avant cette epoque du 
doyenné d'Alquines. 

Dépendances : Le Ra$-Lùqum, Fouxolles, la Quin- 
goye, le Poirier, Wmocq, ham. ; le Catelet, Fertin, 
Raminghem, La Motte, les Deux sarts , le Pré de 
Licques, f 68 ou éc. 

àudruicq (Audru-ic), arr* de S'-Omer. — Oldernnic 
(faute de copiste pour Olderuuic), 4417, ehronic. 
And. p. 363- — Oldervinc (pour OldervuicJ, ibid. p. 
398.— Ouderwich, 1130, ibid. p. 423. — Auérewich, 
1229, ibid. p. 661. — Alderwicim, Lamb. d'Ardr. 
— AuderuuiCy 1279, André Duchesne, hist. de la 
Maison de Guines, preuves, p. 300. — Auderuuiek, 
1284, ibid. — Ville et banlieue d'AuDRMCK, 1507, 
eout. locales du baili. d'Amiens, M. Bouthors, 8 e 
sèrie, p. 679. — Àudruicq, xvn e s. arch. du pays de 
Bredenarde. — S. urbis et terrory Àudruicq, ancien 
seeau des mayeurs et échevins d' Àudruicq. 

Cette petite ville dont le Chingledicque ou fosse 
d'enceinte existe encore, en partie, était le chef-lieu 
dupays de . Bredenarde (V. ce mot), Tun des quatre 
membres du comté de Guines. Au spirituel , elle fai- 
sait partie du doyenné de Merch ou Marek. Elle figure 
dans le pouillé du diocèse de Thérouanne sous eette 
dénomination : Audrewic inBredqnardd. Mais après 
la destruction de Thérouanne elle fut distraite du 



20 AVE 

doyenné de Merch et divini elle-mème le chef-lieu 
d'un nouveau doyenné du diocèse de S -Omer com- 
prenant, avec sa propre paroisse, celles de Nortker- 
que, S l -Folquin, S*-Mariekerque, Sì-Nicolas et Zut- 
querque. 

Audruicq (chàteau d') . Castrum quod olim a Vete- 
rum Vico Alderwicum dietim est, xn e s. Lamb. Àrd. 
C'est de ce chàteau, restaurò par le comte de Guines, 
Baudouin II (1 1 74) , que relevaient tous les fiefs du 
pays de Bredenarde, designò , comme domaine, sous 
le noni de chdtellenie d' Audruicq. Sur l'emplacement 
de cette forteresse s'est élevé, au siècle dernier, une 
maison de campagne qui existe encore. 

Dépendances : Les Vives , le Blan-Bouillon , le 
Pont de pierres, Hennuin, le Rèbus, le Noir Bou- 
teiller, la Commune, le Fort B&twrd, la Nord Stra#- 
ten, la Liette, le Mont-Hulin, ham. ; le petit Tombe, 
lePont-Neuf, éc. 

àutingues, c où d'Àrdres. — Altenges, 4084, chron. 
Andr. p. UL—Altinges, 1122, ibid. p. 383.— 
Altenghes, xm e s. ibid. p. 347, — Autinghes, 1449, 
cart. Chart. p. 228 v°. — Àutingues, xv* s. livre des 
usaiges de Guines. 

Àutingues était Fune des douze pairies du comté 
de Guines, ibid . p . 1 81 . — On confond souvent Àu- 
tingues avec Houtinghem, autrement écrit Autinga- 
hem, Hautingahem, Hosting fieni et Hottinghem, an- 
cien hameau d'Andres. 

Dépendances w^ePlat d'Or, les Tilleuls, les Mou- 
lins. 



AVR 21 

Avennes (les), mont, e* de Beaumetz-lez-Aire. 

Avroult (Avrou), c on de Fauquembergue. — Aver- 
hout, 1139, cart. S^Om. in-f°, p. 2. — Averhoud , 
1443, gr. cart. de S^Bertin, t. vi, p. 657. Haveroult, 
1507, cout. de Fauquembergue. — Avroult, xvin e s. 
cout. d'Art. Maillart. Avant 1834, qp village dépen- 
dait de la commune de Mercq-S^Liévin dont il était 
l'annexe. 



B 



Bac (le), f e , c ae deS l -Folquin. 

Bage, nom primitif du pays de l'Angle et en parti- 
culi er du village de S'-Folquin et de S'-Nicolas son 
annexe. — S. Nicolam in Bago , pouillé du diocèse 
de Thérouanne. — Jou Emouscuens de Ghisnes.... 
ay donne... à ma kière ante M me l'abesse de Bonham 
et au couvent de chet mesme lieu cinq m. de terre. . . 
gisans en le parroche de le Bage devant leur port (de 
Leibistade) aujourd'hui la Bistade, sur S -Nicolas , 
1270, À*Duchesne , maison de Guisnes, preuves , 
p. 292.— Au Pont( lisez au Port) de le Bagge, 1241 , 
ibid. p. 284. (V. le mot BonhemJ. Cette dénomi- 
nation s'est perpétuée jusqu'à nous dans celle de 
Bagettes ou Bajettes ci-après. 

Baillet (le fief), seigneurie, c ae d'Enquin. 

Bajettes (les), ham. c ùe de S-Folquin, sur la rive 
gauche de l'Aa. 

Bajettes (f* des) , ibid. 



j^ 



BAL 83 

Bajettbs (fortdes), c ù0 de S-Folquin, ancienne re- 
doute établie sur la rivière d'Aa et dont il reste encore 
quelques vestiges, ibid. 

Bajettes (cimetière des) , pàture autrefois a usage 
de cimetière et appartenant à l'église de S'-Folquin, 
ibid. 

V. dans le Glossarium Germanicum de Wachter, 
lesmots bag, bug, en angl. sax. byge, sinus, et dans 
le Glossarium de Ducange le mot baia, sinus, portus, 
baie. Le pays de l'Angle occupe en effet les bords de 
Tancienne baie ou delta de l'Àa qui, mème encore au 
xf s.ècle, s'écoulaitàla mer par une infinite de petites 
embouebures : ab Oceano multis hostiolis infusus 
excipitur, chron. Watt. D. Mark Thesaur. nov. anecd. 
t. ni, p. 899. l 

Balance (la), éc. vallonet haut r , c ne d'Eperlecque. 
— La maison Willame Romei, scituék devant la 
Balanche, 1399, cart. Chart. p. 197. — Terre assise 
en le par oche d'Esperlecke prez de le Balanche, vers 
west, sur le quemin qui maine à Menteque aboutant 
zut à une petite terette sur le Lindedal (v. ce mot) et 
nort sur le chemin de Menteque, 1434, ibid„p. 197. 
— Quemin qui maine de Touvnehem vers le Balanche. 
1516, aveu du s gr de Monnecove, arch. de Tourneh. 

Suivant une tradition , ce serait dans le fond , dit 

1 Abandonnóe à elle-méme , l'embouchure de la rivière d'Aa re- 
fiendrait à cet ancien état. Tómoin notamment ce qui est arrivé au 
xvu e siècle à la suite des guerres de la France avec TEspagne. 
« Vona irouvé par expérience que le bassin ou profondeur de la 
» rivière d'Aa, vers la mer, rìestoit plus un canal mais plustot 
» un lacq divise en plusieurs ruisceaux.... » Relation d'un con- 
temporain publiée par M. de Coussemaker. 




24 BÀL 

de la Balance, sur l'ancien chemin de Sithiu (S'-Omer) 
à Marck et à Oye que se serait élevé l'ancien village 
d'Eperlecque, détruit par les Normands, vers881 , et 
ce serait a l'enseigne d'une ancienne auberge, établie 
sur le carrefour forme par la jonction des chemins de 
Mentque et de Tournehem, que cette partie du terri- 
toire d'Eperlecque devrait ce nom. l 

Balin (le), fief, e 06 de Blendecque. 

Balinghem (Balingan, en patois, Balinghein) , c on 
d'Ardres. — Bavelingehem , 1084, chron. Andr. p. 
345. — Balinghem, 1178, ibid. p. 460. 

D'après une charte de 1 273, insérée dans le Livre 
de$ Usaiges, p. 141, André Duchesne et Guillaume 
de Witte, Balinghem était l'une des douze baronies 
du comté de Guines. 

Tertre ou motte de Balinghem. On appelle ainsi un 
monticule assez élevé qui 'existe encore dans une 
pàture voisine d'une grande ferme. C'est l'emplace- 
ment presume de l'ancien chàteau-fort de Balinghem, 
dont la principale tour était tellement haute que, sui- 
vant Monstrelet et le petit pouillé du diocèse de Bou- 
logne, (y. Balinghem) les guetteurs qui y étaient 
placés pouvaient observer de là tous les mouvements 
des troupes anglaises, hors de Galais. 

« L'histoire de Charles VI remarque qu'en 1406, 

1 La tradition ajoute que l'auberge de la Balance était un coupé- 
gorge od Ton assassinait les voyageurs ; qu'une enquète judiciaire y 
fit découvrir un grand nombre de cadavres et que par suite il inter- 
vint une sentence qui conclamila à mort les habitants de cette maison 
et ordonna la dómolition de cette ancienne auberge dont le nom ins- 
pire encore dans le pays un certain effroi. 



\ 



BAS 25 

» le fort de Balinghem, à une lieue de Guisnes, étoit 
» un poste des plus avantageux et qui nuisoit beau- 
» coup aux parties des Anglois, pour Iors à Guisnes 
» et à Calais qu'on découvroit d'une vedette a la cime 
» dune tour ; et aussitót on en donnoit avis à tous 
» les environs avec des flambeaux et des torches 
» allumées. » P. pouillé. 

Dépendances : Le Marais , le Vieux Bac , le bord 
de Brémes, barn.; la Maison-Bianche, éc. 

Bambecque, chat. c he de Bacquinghem. 

Banc des Groseillers, ham. c ne d'Oye. 

Barbinghem (Barbingan, en patois, Barbingheinj , 
ham. c tìe de Moringhem. — Bermingahem , v. 850. 
cart. Siìh. p. 98. — In Momingehem (Moringhem) 
Guntbertus habet bunaria VIIL... In Bermingahem 
habet marna, ibid. 

Barlinghem (Barlinghein) , ham. c ne de Moringhem, 
proche du territoire de Boisdinghem. — Berninga- 
hem , v. 850, cart. Sith. p. 100. — In Botniggahem 
(Boisdinghem) Bertrada habet aliam.... In Bernin- 
gahem habet inter silvani et terram arabilem buna- 
ria plus XI, ibid. 

Barne (la), moulin et ham. c ne de Campagne-War- 
drecque. 

Bas-Artois, canton du bailliage de S'-Omer, com- 
prenant le pays de l'Angle, le pays de Bredenarde et 
la terre de Buminghem. V. chacun de ces mots. 

Bas-Cornet, ham. c ne de Serques. 

Bas-Escambre , m in , c ne de Tournehem. (V. Es- 
cambre) . 



86 BAU 

Bàs-Loquin (le), ham. c MS du Haut-Loquin etd'Au- 
dréhem. 

Basse-Boulogne, ham. c* e d'Enguinegate. 

Basse-Boulogne, ham. c* c de Zutquerque. 

Basse-Commune, ham. c M de Balinghem. 

Basse-Meldique, riv. dérivation de FAa , prend 
naissance en aval de Blendecque, traverse le village 
et le marais d'Arques, et se décharge, sous le nom de 
Rifvart, dans la rivière de Clairmarais qui va elle- 
mème par la Grande Meer, le Grand Leeck et le Mor- 
lacq se décharger, près du pontde S-Momelin, dans 
la rivière d'Aa eanalisée. — Meulledic, 1334, gr. cart. 
S'-Bertin, t. vi, p. 179. (V. Meldicque). 

La Basse-Meldique, ainsi appelée par opposition à 
la Meldique ou Haute-Meldique qui est la principale 
branche de la rivière d'Aa endiguée par les abbés de 
S -Bertin au xi e siècle , lors de Fétablissement du 
moulin d'Arques et plus tard entre Arques et S -Omer 
pour Fétablissement des moulìns de S -Bertin, allait 
autrefois se réuniràl'Aa dans la ville mèmede S fc -Omer 
où elle entrait, à coté de la Haute-Meldicque, par une 
ouverture dite la walerporte, porte à Feau ou porte 
Fabbé. (Test seulement depuis le xvn e siècle que le 
cours de cette rivière a été détourné, a partir du ma- 
rais d'Arques, dans sa direction actuelle. (Requète et 
pian de 1 637, arch. de la ville de St-Omer) . 

Basse-Ville (la) s 011 de la c ne d'Ardres. 

Bas-Wissocq, ham. c tte d'Audréhem (V. Wissocq). 

Batavia, chat. c tte de Blendecque. 

Baubrelle (le fief), c ne d'Enquin. 



et.. 



BAY 27 

Bàudringhem (Baudringhein) , ham. c ae de Cam- 
pagne et de Wardrecque. — Boudringhem , 1397, 
cart. des Chart. p. 275 v°. — Baudringhem, 4460, 
cart. anniv. S-Om. p, 45 v°. 

Bàvincourt (le), f e , e * de Brèmes. 

Bayenghem (Ba-ien-ghein) lez-Eperlecque. e 00 d'Àr- 
dres. — Baingehem, Bainghehem, Baingahemet Ba- 
hingahem, 1084, chron. Àndr. p. 345, 348, 354 et 
371. — Baninghem, 1214, ibid. p. 612. — Bauin- 
ghem : desous le moni de Bauinghem, au quemin qui 
va de S^Omer à Ardres, 131 1 , comptes du baili, de 
S l -Om. — Bainghehem-lez-Esperlecke, 1431 et 1423, 
cart. Chart. p. 178 v° et 181 . — Bainguen et Bain- 
ghen-lez-Esperlecques, 1542 et 1543, terr. de la chat, 
de Tournehem. — Baynghem, 1578, autre terr. ibid. 
— Bayenghuem-lez-Esperlecque , 1673, 3 e terr. ibid. 

Ce village qui était l'un des domaines des comtes 
de Guines relevant du chàteau de Tournehem, fut 
sueeessivement erige en seigneurie vicomtière, par 
Maximilien de Bourgogne, s^ de Tournehem, le 30 
mars 1542, et en baronie, le 1 er mars1545, par 
Charles-Quint, en faveur de Jehan de Northout, qui 
y possédait le flef de ce nom. (Lettres-patentes insé- 
rées au registre aux ftefs de Tournehem) . C'est par 
erreur que Tintendant Bignon (Mém. sur TÀrtois, 
1698) fait mention de cette érection sous le mot 
baronie , cornine ayant eu lieu en faveur de Bayen- 
ghem-lez-Seninghem . 

Au spirituel , Bayenghem-lez-Éperlecque , sous le 
diocège de Thórouanne , faisait partie du dqyenn^ 



28 BEA 

d'Alquines ; sa paroisse ayant l'église de Nortleulin- 
ghem pour annexe, fut attribuée, en 1366, au nou- 
veau doyenné de Tournehem, compris, par la mème 
bulle, dans le diocèse de BoulogDe. 

Dépendances : Elvelinghem, les Communes, Mon- 
necove, ham.; Norlhout, f*; les Moulins, la Maison 
Bianche, éc. 

Bayenghem (Ba-ien-ghein) lez-Seninghem, c 0B de 
Lumbres. — Beingahem , 850 et 877, cart. Sith, p. 
100 et 124. — Beinghem, pouill. de Thérouan. — 
Bayenghem-lez-Seninghem, 1698, Bignon, Mém. sur 
l'Artois. 

Le territoire de Bayenghem-lez-Seninghem était 
réuni en un principal fief connu sous le noni de La 
Motte, dans la mouvance du chàteau de S'-Omer. 

Ce village qui, en 1 698, ne comptait encore que 64 
habitants, a toujours été , sous le diocèse de Thé- 
rouanne et sous celui de Boulogne jusqu'à la revolu- 
tion de 89, une annexe de la paroisse de Seninghem. 
Son chàteau seigneurial était le siège d'une chapel- 
lenie ; capellania castri de Beinghem, pouil. de Thé- 
rouanne. 

Dépendances: LaMotte, le ValduBois, chàteaux. 

Beaucqurt (le] (Bocour), f 8 c n * de Louches. — Cense 
duBeaucourt, 1778, rapport du s^de Noyelle, en 
Louches. 

Beaugrand, ham. e" de Nortquerque. 

Beaulo, forèt, c ne, d'Eperlecqueet deRuminghem. 
Bethlo, 1142, A. Mir. diplom. Belgio. 
— In nemore de Bethlo , juxta aquam 



BEA 29 

quwappellatur Recheetjuxta villana de Newerlede, 
ibid. V. Muncq-Nieurlet. — Sylvam quw Bethlo 
dicitur acSperliacum.... transcripsit, Meyer, annal. 
sous l'an. 1071. — Biaulo, Ipérius, sous la mème 
année. — Le forest de Biaulo, 1360, comptes de la 
diateli, de Tourneh. arch. de Lille. — Dessoubs le 
bos de Biaulo eri la par oche d'Esperlecke, 1 401 , cart. 
Chart. p. 213. — Beaulo, 1517, aveu du s** de Mon- 
neeove. terr. de Tourneh. 

Beadmetz (Bomé) lez-Aire ou lez-Laires, c on de 
Fauquembergue. — Beaumez, pouill. deThérouan. 

— BometZy 1698, Bignòn. 

Ce village faisait partie du bailliage de Lillers et 
du doyenné de Bomy. (Bignon, Maillart, pouil. de 
Thérouanne et de Boulogne) . 

Beaumont, ham. c ne de Ledinghem. 

Beadmont, f e c ne de Racquinghem. 

Beaupré , f e c ne de Boningues-lez-Ardres. — Fief 
séant audit Boninghes en ung lieu nommé Beauprey. 

— Fief nommez la fosse de Beauprey , séant au dit 
Boninghes, 1542, terr. de la chàtell. de Tourneh. 

Beadrepaire, nom d'une seigneurie du village de 
Nortbécourt. — Fiefs de Beaureper et de Lobel séans 
au dismage de Nortboucoud. — Primes en ma dite 
terre et seigneurie de Beaurepaire où est assis mon 
chef-lieu et manoir amazé de maison manable, tou- 
relle , colombiet ; estables de brecquier, granges et 
aultres maréchaussées.... 1541, terr. de la chàtell. 
de Tourneh. Il y a longtemps que ce manoir n'existe 
plus ; mais le nom de Beaurepaire est reste au terroir. 



30 BEC 

Le titre de seigneurie vìcomtière a été confirmé à ce 
fief par lettres-patentes de Maximilien de Bourgogne, 
s** de Tournehem, en date du 8 octobre 1544 , ibid. 

Beauvoir, hauteur, faisant partie de la colline sud 
de la vallèe de l'Hem, c De de Tournehem. — Le moni 
de Beauvoir, 1578, terr. de Tourneh. 

Becqub 1 (la) , ruisseau qui prend naissance à Hel- 
lefaut et traverse les territoires de Bilques et d'Heu- 
ringhem où il forme, a partir de ce dernier village, 
une petite rivière dite la Melde, lun des affluents de 
la Lys. — Le beque en le parroce d'Hellefaut, 1388, 
cart. Chart. p. 55. — Le bqgue qui vieni de Willes- 
tripe (champ voisin du Grand-Bois) à Labesart en le 
diete ville de Bilque, 1402 et 1412, ibid. p. 52 et 57. 

Begque a Poissons la), ruisseau, affluent de l'Àa, 
c m de Blendecques. 

Begque de la Barne (la) , ruisseau, affluent du canal 
de Neufossé, c ne de Campagne-Wardrecques. 

Becque de Caugal (la), ruisseau, affluent de la 



1 Le mot b eeque, beque ou btke, emprunté au flamand, est un 
substantif commun génóralement usité dans l'arrondissement de 
S*-Omer pour designer fio ruisseau coulant au fond d'un ravin. 
Quand le ruisseau D'est qu'intermittent et l'accessoire da ravin , on 
emploie aussi pour le designer le mot caviti : Le Cavato qu'on ap- 
pelle le Beke hi descent vers les dits moulins (d'Esquerdes) des 
montagne* , 1292, B. H. Antiq. Morin. 29* livr. 1859, p. 646. — 
Lorsqu'au contraire le ruisseau coule dans un Ut creusó ou endiguó 
de main d'homme, comme dans le Bas-Artois, il prenait autrefois le 
nom de leed (conduit), en patois Mette. Telles sont la Liette d'Àu- 
druicq, la Little d'Eperlecques et la Liette de Ruminghem et de 
Muncq-Nieurlet. Cette dernière est désignée en latin, dans une 
charte de 1174, A. Du Chesnes, Maison de Guinea, preuves, p. 126, 
par cette expression : utraque beka. 



BEL M 

Melde, c ne de Quiestède. — Caucal, au XIV e s. Coka- 
ghe, ou Cochage, était le nom du bois de Quiestède 
situé sur la cauchie ou voie romaine de Thérouanne 
à Cassel : le voie qui va de le Cokhage au pont de 
VEscore, aujourd'hui FÉcouart, 1316, cart. S-Om. 
anniv. p. 77. 

Becque des Chàrtreux (la) , ruisseau qui prend sa 
source à Wisques, coule au fond du vai de S^-Alde- 
gondeen passant au-dessous de rancienne Chartreuse 
pour aller tomber dans les fossés de ville de S'-Omer. 

Becque de Coguendàl (la) , ruisseau affluent de la 
Melde, c ues de Roquétoire et de Quiestède. 

Becque de l'Écouart (la) , ruisseau affluent de la 
Melde, e ne d'Ecques. (V. Écouart). 

Becque Herlin (la), ruisseau, c he de Racquinghem, 
affluent de la Melde. 

Becque Jedon (la), ruisseau, ibid. 

Becque Marie Voort (la), ruisseau, c ne de Polin- 
cove , affluent de la rivière d'Hem. 

Becque Rigoulet (la), ruisseau, c ne de Nortquer- 
que , affluent de la rivière de Nielles. 

Becque Veret (la), ruisseau, c De de Polincove. 

Becque du Woohaye (la), ruisseau, c^d'Ardres, af- 
fluent de la rivière d'Àrdres, autrement dite du Woo- 
haye. 

Belle-Croix (la), ham. c ne de Racquinghem. — 
Croisière en patois Crome de chemin ou carrefour, 
forme en cet endroit par Tentrecroisement de la voie 
romaine de Thérouanne à Cassel et la route imperiale 
de S-Omer à Aire. 



32 BER 

Belle-Verdure (la), hauteur, faisant partiedela 
colline sud de la vallèe de Fileni, c ne de Tournehem. 
— Mont de Belleverdure, 1578, terr. de la chàtell. 
de Toumeh . 

Belle-Verdure (la) , ancienne cense et ancien ham. 
de la c De de Tournehem, situés sur le plateau de cette 
colline et formant un dimage particulier. — Deux 
mesures de terres gisans au dismage de Belle-Verdure, 
1578, terr. de de Le Helle. — D'après ce terrier, la 
cense de la Belle- Verdure comptait 1 24 mesures de 
terre, y compris son manoir amazé de maison mar 
nable , contenant avec le jardin , deux mesures de 
terre enclos de vives hayes. Le hameau avait une 
place et une commune entourées de quinze à vingt 
habitations, également closes de vives hayes. Cense 
et hameau, tout était détruit vers la fin du xvii e siècte, 
sans qu'il en soit reste méme aucune piantati on. — 
Un lieu cy-devant amazé de maison, granges et es- 
tables quy estoit le chef-lieu de la place et censse nom- 
mée vulgairement Belleverdure, présentement à usage 
de labours, 1673, terr. de Monsigny. Le hameau de 
la Belle- Verdure figure encore sur les cartes de Des- 
lile, de Cassini et de la marine. 

Bergerie (la), f e , c ne de Clairmarais. 

Berne, fief, c ne d'Escoeuilles. D'après le terrier de 
cette commune, ce fief relevait de celui de Honvaut. 

Berquigny, ham.. c ne de Bomy. 

Berthem (Berthein) , ham. c nes de Louches et de 
Zutquerque. — En la paroisse de Zutquerque, en 
ung lieu nommé le Breuthin, aboutant de zut à le 



WL 33 

becque de la voie de Zntquerque, nort au chemin du 
dict Breuthin, 1517, aveu du s gr du Vroland. — Ung 
lieu nommè Berthem, aboutant zud à la becque de 1$ 
voie de Zutquerque, nort au chemin du dit Berthem, 
1588, autres rapports, 

Besière (la), bois, c ne de Dennebroeucq. 

Beuthin (le), fief, c ùe de Tournehem. — Fief 
nommé le Beuthin gesant en la paroi$$e de Tourne- 
hem, joignant le chemin derrière Yiglite du dit Tour- 
nehem, terr. de Tourneh. 

Bibroud (le) (Bibrou), ham, c ae d'Heuringhem. La 
véritable orthographe de ce nom devrait étre Bybrouck 
(au marais ou près du marais) . 

Bienque (la), ruisseau, affluentde Pancien Aa ou 
Grand Large, c ne * de Tilques et de Serques. Ce noip 
s'écrit aussi Bienne.* 

Bientque (Bieinke), ham. c ne de Pibem, c on de Lum- 
bres. — Biechenez, 1 139, cart. S-Om. p. 1 . — En le 
parroce de Pihem et terroir de Biequenes, 1385, cart. 
S l -Om. anniv. p. 56. — Bienquez, 1423, ibid. p. 61 . 
— Sur le quemin de Leulène qui va de bout en bout 
la dite ville de Bienques, 1 423, ibid. p. 66 v°. On sait 
que la Leulène c'est la voie romaine de Thérouanne 
à Sangate et que ce chemin traverse en effet le ha~ 
meau de Bientque. — Biequennes, 1507, cout. ìoe. 
du baili. d'Amiens, t, n, p. 658. 

La seigneurie de Biequennes ou Bientque relevait 
du chàteau de S-Omer ; elle avait sa coutume parti- 
culière. 

Bilque, vili. c Be d'Hellefaut. — Villa de Billeke, 

3 



L 



34 BIS 

1139, cart. S l -Om. p. 1. — Billeka, 1159, ibid. p. 
21 r. — Billech, 1133, ibid. p. l. — Bilke, 1367, 
ibid. p. m. — Bilque 9 1423, ibid. p. 123. 

Ce village qui figure dans le pouillé du diocèse de 
Thérouanne (Billeke) et dans celui du diocèse de 
• S-Omer (Bilques), comme formant une paroisse du 
doyenné d'Hellefaut , est reste à l'état de commune 
jusqu'en 1 81 9, epoque où il a été réuni à la commune 
et à la paroisse d'Hellefaut. Bilquesétait dans la mou- 
vance du chàteau et dans le ressort du bailliage de 
S-Omer. Pr. v. de la cout. de S l -Om.; — Maillart. 
C'est par erreur que Bignon Fa compris dans le 
bailliage d'Aire. 

Bistade [la) ham. du village de S'-Nicolas, e" 6 de 
S^-Mariekerque. — Nostre-Dame à Lei bistade, 1 244, 
gr. cart. S-Bert. t. in, p. 36. — Nostre-Dame de 
Leisbistade, 1244, A. Duchesne, M°* de Guines, 
preuves, p. 286. — Fiefde la seigneurie de Bistade, 
gisans en la parroche de tf-Nicolay ou terroir de 
l'Angle, 1456, cart, Chart. p. 13. — Bue de Bistade, 
ibid. 

Leisbistade, dont le nom compose des trois mots 
flamands ley's by stade, signifiant au stade, c'est-à- 
dire au port de la rivière, était ainsi appelé parce que 
c'était là comme c'est encore aujourd'hui l'un des 
principaux passages de la rivière d'Aa qu'on y tra- 
versai au moyen d'un bac , entre la chàtellenie de 
Bourbourg et le pays de l'Angle ! . Béatrix, com tesse 

1 Ce hameaa, è raison de sa situation à Pex trèmito da Bas-Artois 
et des marais da pays de l'Angle, par rapport aax habitants de la 



1 



BLA 36 

de Guines et chàtelaine de Bourbourg, y avait fonde, 
en 1 224 , une abbaye de femmes sous le nom de 
N.~D. de Leibistade ou d'abbaye de Bonhem, à cause 
du chàteau-fort de ce nom (voir ce mot) qui s'élevait* 
près de là. (Chron. Andr. p. 647). Dans une charte 
de 12178 où il s'agit d'une donation de cinq mesures 
de terre faite à ces religieuses , il est dit que ces im- 
meubles sont situés en le paroche de le Bage (S'-Ni- 
colas alors l'annexe de S'-Folquin) devant leurport, 
A. Duchesne, loco cit. p. 292. (V. le mot Bage). 

La partie de la Bistade qui est sur la rive droite de 
FAa dépend de St-Pierre-Brouck, c on de Bourbourg. 

Blakenbergh, haut. c ne de Tilques. 

Blamart, ham. c ne d'Ecque. — En le ville de Es- 
que. . . ou lieu qu'on dist le Bramvelaretvelt, sur le 
pré de l'Escore (Ecouart), 1299, cart. S'-Om. anniv. 
p. 72 v°. — Le camp de Bramelaire, 1451, ibid. 

Blanc-Bouillon, ham. c De d'Audruicq. 

Blancbourg (Blanbour), ham. c ne de Blendecque. 
— Chàteau seigneurial qui a donne naissance a ce 
hameau et qui est depuis longtemps détruit. — Une 
maison et fortrèche séant à Blandecques nommé 
Blanboure x 1418, gr. cart. S'-Bert. t. vi, p. 211. — 
Chàteau de Blanbour g, 1510, terr. de Blendecque. 

Blanche- Vallèe (la), vallon, c ne de Bouvelinghem. 

Blanc-Mont (le), haut. c ne de S'-Martin-au-Laèrt. 

terre ferme de l'Ardrésis et de la ch&tellenie de Tournehem, était 
considerò dans ces contróes comme un pays perdu et si tue au bout 
du monde. De là ces expressions proverbiales qui y sont encore 
usitées : aller hla Bistade, envoyer quelqu'un a la Bistade, c'est- 
à-dire fort loin et où le diable envoie, 



36 BLE 

Blanc-Mont (le), haut. e** de Delette. 

Blanc-Pignon (le), ham. c he d'Audruicq. 
fc Blanc-Pignon (le) , éc. c M de Louches. 

Blanc-Pignon (le), éc. c M de Roquétoire. 

Blancs-Monts, (les) haut. c°* d'Esquerdes. 

Blaubecque (le), ruisseau, c ic de Blendecque. 

Blendecque, c on sud de S-Omer. — Terra de 
Blendeka, 1139, cart. SM)m. p. 1. — Blendeque , 
1296, cart. SM3m. anniv. p. 61 . — Blendecque, 1423, 
cart. S'-Om. p. 123. — Blendecha, pouil. deThér. 

La terre de Blendecque, erige en comté, le 23 mai 
1664, en feveur de Francois de Lens, relevait du chà- 
teau de S -Omer, (Bignon) . 

Son église paroissiale , sous le diocèse de Thé- 
rouanne, faisait partie du doyenné d'Arques ; mais 
lors de la création de Tévèché de S-Omer , elle fut 
comprise dans le doyenné d'Hellefaut. 

Blendecque (Barnes de). On voitencore dans ce 
village Télégant pavillon qui servait d'habitation a 
Pabbesse dessoeurs de S te -Colombe, autrement dites 
les Dames de Blendecque, dont le monastère, de l'ordre 
de Citeaux, avait été fonde en 1186 par Désiré, évè- 
que de Thérouanne. (Bignon , mém. sur l'Artois , 
pouil. des dioc. de Thérouanne et de S-Omer). 

Dépendances : Le Blancbourg , la Croix, la Creme 
Villeron , Montauban , VHermitage , le Hocquet , le 
Fort-Mahon , Weslhove , Wins, Soyeeques, le Long- 
Pont, ham. ; VÀbbaye, f°; la Folte , la Belle-Vue , 
chàteaux. 

Bléquin (Blékin), c on de Lumbres. — Belkinium, 






BOI 37 

xn e s. Lamb. d'Ard. — Blékin t pouil. de Thérouan. 
— La ville de Bléquin, 1240, invent. des chartes 
d'Art. — Forteresse de Bléquin, 1239,ibid. 

Ce village relevait immédiatement du chàteau de 
Seninghem, sous la mouvanceet le ressort du chàteau 
et du bailliage de S-Omer. 

Bléquin (doyenné de) . Sous l'évèché de Tbérouanne, 
Bléquin était compris dans le doyenné d'Hellefaut. Il 
devint lui-mème le chef-lieu d'un des doyennés du 
diocèse de Boulogne, comprenant dans sa circons- 
cription : Bléquin et Ledinghem, Coyecque, Delette 
etNielles-lez-Thérouanne, Dohem et Cléty, Esqusrdes 
et Leulinghem , Herbelle et le$ deux Upen, Lumbres 
et Setque, Nielles-lez-Bléquin et Vaudringhem , Pi- 
tterà, Quelmes , Quiestède , Radinghem , Rebecque , 
Remilly-Wirquin et Ouve , Westecques , Wi$me$ et 
S'-Pierre. (Pouil. du dioc, de Boulogne), 

Dépendances : Le Neuf-Manoir, Rippemont, ham. 

Bleue-Maison (la), f e etham. c ne d'Éperlecque. — 
Ancienne forteresse dont il reste encore une tourelle 
incorporee a la ferme actuelle. 

Bloum, ham. c Be de Nortquerque. 

Boguet, ham. c De de Roquétoire. 

Bois (le) Berthelot, c ne de Seninghem l . 



1 Ce bois et la plupart de ceux dontles noms suivent ne sont quo 
des bosquets de peu d'ótendue. Les seuls bois de Tarrondissement 
de S l -Omer qui aient de l'importance et qui forment les centres 
auxquels se rattachent les bois particuliers sont les foréts de Tour- 
nehem , d'Éperlecque , de Clairmarais, de Licques et les bois de 
Seninghem. (V. Tournehem, Beaulo, Eperlecque, Rihout, Clair- 
marais, Cambrihout, SeninghemJ. 



38 BOI 

Bois (le) Bertoulin, c ùe de Delette. 

Bois (le) Bléquin, c he de Vaudringhem (défriché). 

Bois (le) Boubert, c ne de Blendecque. 

Bois (le) Bourré, c ne de Nielles-lez-Bléquin. 

Bois (le) Bouret, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) Brion, c ùe de Bouvelinghem. 

Bois (le) Brulé, c ne de Blendecque. 

Bois (le) Brulé, c ne de S'-Martin-d'Ardinghem. 

Bois (le) Bucaille, c ne de Bléquin. 

Bois (le) Casier, c De d'Audincthun (défriché). 

Bois (le) Cesar, c ne de Bomy. 

Bois (le) Colpet, e* 6 d'Acquin. 

Bois (le) Communal, c ae de Nielles-lez-Bléquin. 

Bois (le) Cotteries, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) d'Acquembronne, c na de Lumbres. 

Bois (le) d'Amont, c ne de Bouvelinghem. 

Bois (le) d'Artois, c ne de Mentque-Norbécourt. 

Bois (le) d'Artois, c na de Nortquerque. 

Bois (le) deBeaufort, c ne de Clerques. — Fiefcon- 
tenant XI mesures de bois, les six séans deseure Cler- 
ques lez les bois de l'abbate de Lisques et les aultres 
cincquièmes eri Beaufort deseure le Val, 1542, terr. 
de la chàtell. de Tourneh. — Bois de Beauffort abou- 
tant.... zud au Rappoy (au Communal) d'Audenfort, 
1578, autre terrier. 

Bois (le) de Beaumetz, e 118 de Beaumetz-lez-Aire. 
- Bois (le) de Bergues, c ne de Blendecque. 

Bois (le) de Berthe, c ne de Landrethun-lez-Ardres. 

Bois (le) de Clerque, c ne de Clerque. 

Bois (le) de Cocove, c ne de Recque (V. Moieke). 



BOI 39 

Bòis (le) de Crecque, c ne de Mametz. 
Bois (le) de Crezecque, c ne de Louches. 
Bois (le) de Derrière, c ne de Bouvelinghem . 
Bois (le) d'Elnes, c na de Westbécourt. 
Bois (le) d'Elnes, c ne d'Elnes. 
Bois (le) d'Enfer, c ne de Delettes. 
Bois (le) d'Enquin, c ne d'Enquin. 
Bois (le) d'Erny, c^d'Erny-S'-Julien. 
Bois (le) d'Escoeuilles, e 118 d'Escoeuilles. 
Bois (le) de Fer, c ne de Landrethun-lez-Ardres. 
Bois (le) de *Floyecques, c ne de Vaudringhem. 
Bois (le) de Guerbat, c na d'Acquin. 
Bois (le) d'Hébergue, c ne de Nordausque (défriché). 
Bois (le) d'Hillaut, c nt d'Audréhem. 
Bois (le) d'Hondrecoutre, e 118 de Louches. 
Bois (le) d'Inglebert, c ne de Quelmes. 
Bois (le) de l'Arrouaise , e 116 de Zutquerque. (V. 
Draueze) . 
Bois (le) de la Barre, c ne d'Enquin. 
Bois (le) de la Biausque, c ne d'Alquines. 
Bois (le) de Labye, c ne de Lumbres. 
Bois (le) de la€agne, e 116 d'Alquines. 
Bois (le) de la Cauchie, c ne du Haut-Loquin. 
Bois (le) de la Commune, c ne d'Acquili . 
Bois le) de la Commune, c ne de Rebecque. 
Bois (le) de la Douce Fontaine, c ne de Fléchin. 
Bois (le) de la Forte-Jaille, c ne d'Alquines. 
Bois (le) de la Gresset, c ne d'Alquines. 
Bois (le) de Lambosse, c De deSeninghem. 
Bois (le) de la Mestière, c ne d'Audréhem. 



40 



BOI 



Bois (le) de la Motte, e** de Bayenghem-lez-Senin- 
ghem. 

Bois (le) de la Motte, c ne d'Audréhem. — Bois nom- 
ine La Mottehdult séant au terroy de Wissocq (ha- 
meau d'Audréhem) , 1542, aveu du s gr d'Àudréhem, 
terr. de la chàtell. de Tourneh. — Bois de la Motte, 
ibid. 1 

Bois (le) de Lannoy, c m d'Aflringues. 



Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 



pagne-Wardrecques. 



Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 
Bois 



le) Délasse, c ne d'Acquin. 

le) de la Taillette, c ne deZudausque. 

le) de la Trésorerie, c ne de Thérouanne. 

le) de la Vanque, e** de Seninghem. 

le) de TÉcho, c M d'Alquines. 

le) de TÉcottart, c nM d'Heuringhem et de Cani- 



le) de l'Egle, c ne de Seninghem. 

le) de TÉglise, c ne de Bomy. 

le) de Lépesse, c ne d'Alquines. 

le) de Licques, c Be de Boningues-lez-Ardres. 

le) de Longastre, c Be de Blendecque. 

le) de Quiestède, e 116 de Quiestède. 

le) de Renty, c nè de Renty. 

le) de S -Augustin, c ne de Clarques. 

le) deS^Bertin, c Be d'Audréhem. 

le) de S^Martin, c M de Clarques. 

le) de S-Martin, c ne de Louches. 

le) de S'-Rémy, c ne de Nielles-lez-Bléquin. 

le) de Samettes, c ne de Lumbres. 



1 Bois de la Motte est la traduction du mot théodisque Motte- 
hault ou Motte-holt. 



BOI &\ 

Bois (le) de Saule, c ne deCoyecques. 

Bois (le) des Avennes, c tìe de Fléchin. 

Bois (le) des Conflières, c m de Seninghem. 

Bois (le)" des Dames, c n * de Blendecque. 

Bois (le) de Senesart, c m de Lumbres. 

Bois (le) des Étroits Wahst, c ne de Seninghem. 

Bois (le) deSept-Fontaines, c tìé de Louches. 

Bois (le) des Fascines, c ne de Bouvelinghem. 

Bois (le) des Flayaux, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) des Fontinettes, c ne de Dohem. 

Bois (le) des Haies, e 11 * de Thiembronne. 

Bois (le) des Hospices, c nt d'Àcquin. 

Bois (le) des Moines, c ne de Nordausque (défriché). 

Bois (le) des Nonnes, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) des Prètres, c M de Thiembronne. 

Bois (le) desQuatorzeMesures,c Dt deThiembropne. 

Bois (le) des Renardières, e ne de Rebecque. 

Bois (le) de Tréval, c ne d'Àlquines. 

Bois (le) de Wisque, c ne de Wisque. 

Bois (le) de Wolphus, c né de Zouafque. 

Bois (le) du Bac, c ne de Lumbres. 

Bois (le) du Crocq, c M de Rebergue. 

Bois (le) du Fay, c oe de Thiembronne. 

Bois (le) duFond-S l -Jean, c ne d'Herbelle. 

Bois (le) du Hamel, c ne d'Alquines. 

Bois (le) du Hoston, c ne de Wizerne. 

Bois (le) du Loup, c ne de Seninghem. 

Bois (le) duMaisnil, c Be de Thiembronne. 

Bois (le) du Plouy, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) du Pré, c nc de Thiembronne. 



42 BOI 

Bois (le) du Rapoy, c ne de Bouvelinghem. 

Bois (le) du Rossignol, c De de Zutquerque. 

Bois (le) du Roi, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) du Roux, c ne de Landrethun-lez-Ardres. 

Bois (le) du Val, c ne d'Acquin. 

Bois (le) du Val, c ne de Surques. 

Bois (le) du Val, c ne de Landrethun-lez-Ardres. 

Bois (le) du Val Varen, c ne de Thiembrenne (V. Bois 
Warin. 

Bois (le) Épaté, c ne de Delettes. 

Bois (le) Fissoval, c ne d'Alquines. 

Bois (le) Foubert, nom que portait un bois de la 
commune d'Ardres au XII e siècle et dont le bois, dit 
aujourd'hui les Pèlerins, faisait partie, — In Fulberti 
nemore juxtà Northout. — Usque Fulberti boscum 
vel nemus. — In Fulberti nemore, secùs viam qum 
ducit apud Northout (V. ce dernier mot), Lambert 
d'Ardres. 

Bois (le) Garet, c ne de Thiembronne. 

Bois (le) Gillette, c nc de Thiembronne- 

Bois (le) Glaude, c ne de Fevbin-Palfart. 

Bois (le) Gressaye, c ne de Bouvelinghem. 

Bois (le) Guillaume, c ne de Febvin-Palfart. 

Bois (le) Huchette, c ne de Wizernes. 

Bois (le) Jean, c ne d'Acquin. 

Bois (le) Jean, c ne d'Afifringues. 

Bois (le) Jean, c ne de Rebergue. 

Bois (le) Labitte, c ne de Febvin-Palfart. - 

Bois (le) Lamotte, c ne d'Acquin. 

Bois ( le^ Léart ou Yéart, c ne d'Escoeuilles. 



J 



BOI 43 

Bois (le) Lefebvre, c ne de S-Martin-d'Ardinghem. 

Bois (le) les Moines, c nes de Bomy et d'Erny. 

Bois (le) Lorelle ou de l'Hermitage , c ne de Blen- 
decques. 

Bois (le) Lotin, c" e d'Alquines. 

Bois (le) Loutonnière , c ne de S fc -Martin-d'Ardin- 
ghem. 

Bois (le) Maine, c ne d'Escoeuilles. 

Bois (le) Marche, c ne deThiembronne. 

Bois (le) Monroy, c ne de Blendecques. 

Bois (le) Monsieur ou Pinsart, c ne de Surques. 

Bois (le) Pichon, c ne de Wizernes. 

Bois (le) Quartier, c ne d'Audincthun. 

Bois (le) Rémont, c ne de Delette. 

Bois (le) Renaut, c ne d'Enquin. 

Bois (le) Rifflet, ham. c ne d'Ouve-Wirquin. 

Bois (le) Richebé, c ne de Blendecque (V. Loo). 

Bois (le) Robert, c nc de Coulomby. 

Bois (le) Roblin, c ne d'Escoeuilles. 

Bois (le) Roquelaure, c ne d'Heuringhem. 

Bois (le) Ruiné, c ne de Seninghem. 

Bois (le) Sergelle, c ne de Wismes. 

Bois (le) Sophie Dehame, c ne d'Acquin. , 

Bois (le) Thouzel, c ne de Vaudringhem (défriché). 

Bois (le) Warin ou du Val Varen, c ne de Thiem- 
bronne. 

Boisdinghem, c on de Luinbres, 233 hab.; en 1698 : 
47hab. — Botniggahem (qu'il faut lire sans doute 
Botinggahem), 850, cart. sith. p. 99. — Boudin- 
ghem, Lamb. d J Ardr. — Bodingehem > 1139, cart. 



44 BOM 

SM)m. p. 1 r. — Bodinghem, 1247, ibid. p. 65 v°. 
— Boidinghem, 1240, cart. S-Om. anniv. p. 110. 
Terre et vicomté de Boidinghem, pr.-v. de la cout. 
de S -Omer. 

Ce village qui était dans la mouvance du chàteau 
et dans le ressort du bailliage de S-Omer, dépendait 
primitivement du doyenné d'Alquines et , depuis 
1566, du doyenné de Tournehera. 

Dépendances : Zuthove, ham. 

Bois-en-àrdres, vili. c B6 d'Ardres, sur l'emplace- 
ment de l'ancienne forèt de Selnesse. Sa petite église, 
annexe de eelle d'Ardres, a été construite vers le milieu 
du siècle dernier (Voir les mots Ardres et Selnesse) . 

Bomy, c on de Fauquembergues, 832 hab.; en 1698: 
408 hab. — Inparochia de Bomini (pour Bornmi), 
1168, gali, christ. t. x, p. 405. — Bommy, pouil. de 
Thérouan. 

D'après la nomenclature de Bignon, Bomy dépen- 
dait du bailliage de -Lillers et d'après celle de Mail- 
fart, du comté de S-Pol. 

Ce village était, sous le diocèse de Thérouanne, le 
chef-lieu d'un doyenné, decannatus de Bommy, com- 
prenant les paroisses suivantes : Rely, Ecques, Ma- 
tringhem, Ligny , Quernes, Hezecque et Senlis, Cré- 
qae , Lugy , Febvin-Palfart , Laires , Boncourl et 
Beaumetz, Heuchin, Reclinghem, Lysbourg, Verchin, 
Ènguinegate, Erny-S^Julien, Enquin et Fléchin. 

Sous le diocèse de Boulogne, Bomy conserva son 
doyenné. Les paroisses qui lui restèrent sont , avec 
la sienne dédiée à S-Vaast : Capelle-sur-la-Lys , 



BON 45 

Coupelle^Vieille , Creque , Enquin et Serny , Erny- 
S^Julieriy Estrées-Blanche et Fléchinelle, Engwne- 
gate, Hezecque et Senlis, Febvin, Fléchin et Cuhem, 
Fruges , Reclinghem , Laires et Boncourt , Zi</w# , 
Lysbourg, Lugy, Matringhem, Verchinet Vincly. 

Bomy fut Turi des chefs-lieux de canton du district, 
puis de Farrondissement de S'-Omer, de 1 791 à 1 801 . 

Dépendances : Berquigny , Greup, Rupigny, Pé- 
tigny, ham. 

Boncourt, vili. c ne de Fléchin. — Boucoud, pouil. 
deThérouan; 1353, gr. cart. deS-Bert. t. iv, p. 493, 
C'est de ce village, autrefois Fune des paroisses du 
doyenné de Bomy, que l'ancien collège de Boncourt à 
Paris avait pris son nom. V. Facte de fondation de 
ce collège en 1353, gr. cart. de S-Bert. loco citate. 
— Les maistres, gmverneurs et boursiers du collège 
de Boucout, fonde en VUniversitè à Paris, 1456, 
cart. SM)m. anniv. Le fondateur de ce collège établi 
dans la rue Bordet, n° 21 , occupé depuis par les bu- 
reaux de FEcole Polytechnique, était Pierre de Bo- 
coud, seigneur de Boncourt et de Fléchinelle. Cet 
établissement était spécialement destine à la jeunesse 
de la partie wallonne du diocèse de Thérouanne. Il 
eut entr'autres directeurs le savant Pierre Galland qui 
était d'Aire et Fami de Turnèbe. 

Bonhem (Bon-hem) , forteresse et abbaye du village 
de S -Nicolas, c ne de S te -Marie-Kerque, sur la rivière 
gauche de la rivière d'Aa. — Bercariam Bonhem cum 
totd terrd qum super accresci poterit.,... donavimus, 
L Mir. diplom. Belgic. t. iv, p. 189*— Berquariam 



46 - BON 

unam ovium quce vocatur Bonhem, in parochia S {ì - 
Folquini.... 1110, ibid. p. 8. — Villa de Boneham, 
1223, ibid. t. in, p. 385. — De me mote de Boneham 
et des haheughes des fosseis tout en tour où li cas- 
tiaux fujadis, 1244, ibid, p. 386. — Diruto castello 
quod dicitur Bonham f 1209, chron. Andr. p. 584. 
— Monasterium ancillarum Dei de Bonhem, 1224, 
ibid, p..647. — Al'abbeesseet aucouventdeBoimuEì/L 
de le dioche de Terouwane en le baillie de S'-Omer 
1315, comptes de la baillie de Merch. — Ou pah de 
Langle en la parroche de S^-Marie-Eglise.... abour 
tant envers west à le terre de Vabaye de Bonem.... et 
enverszudàle terre de Vèglise Sì-Nicol ay , 1456, 
cart. Chart. p. 14 v°. 

Le chàteau de Bonhem qui était alors ainsi que le 
pays de l'Angle, une dépendance de la chàtellenie de 
Bourbourg, a été détruit en 1209 par Philippe-Au- 
guste (chron. Andr. loco citato). Onen montre encore 
l'emplacement entre la Bistade et S -Nicolas ; mais le 
nom en est presqu'entièrement oublié. Quant à Tab- 
baye de Bonhem ou de N.-D. de Leibistade (V. Bage t 
Bistade et S^FolquinJ elle fut détruite au xiv e siècle 
par les Anglais, alors maitres du Calaisis. Ses biens 
furent transportés, en 1 395, à Tabbaye de S te -Colombe 
de Blendecques. A. Miraei loco citato. 

Boningues-lez-Ardres, c on d'Ardres, 575 hab.; en 
1698: 384 hab. — Boninges et Boninghes, 1084 , 
chron. Andr. p. 345 et 348. — Altaria de Boninghis 
et Suavca (Zouafque), Lamb. d'Ard. — Bonninghes , 
1471 , terr. de la chàtell. de Tour neh em. — Boyninr 



BOU 47 

ghes, 1578, autre terr. — Boningues, Bignon. 

Ce village, dont quelques fiefs , entr'autres celui 
de Beaupré , relevaient du chàteau de Tournehem , 
était au nombre des 1 9 paroisses du gouvernement 
d'Ardres. Il fìt d'abord partie du doyenné d'Alquines, 
puis, à partir de 1566, de celui de Tournehem. 

Dépendances : Héricat, le Trou-Perdu, Beaupré, 
le Vert-Sifflet. 

Borvel (le), éc. c fle de S'-Omer. 

Borwegue (le), ancien chemin de S-Omer a Calais, 
entre Moulle et Bayenghem-lez-Eperlecques. — Que- 
min qui maine de Bainghem à Westrehove (sur Eper- 
lecque) que on appelle Borweghe, 1432, cart. Chart. 
p. 182 v°. — Suprà viam de Westerhove sicut itur 
apud Calays, 1342, ibid. p. 204. — Entre Bainghen 

9 

et Westrehove.... aboutant west au chemin nommé 
Boervuech, 1 547, terr. deTourneh. (V. Petite Leuline) . 

Borwegue (le), V. Brouway. 

Bouquelboisque, ham. c ùe de Moulle. Ce nonr est 
tombe en désuétude ; le hameau qui le portait se con- 
fondavec le village. 

Bourg (le), ham. c ne de Wisque. 

Bourguet (le) , nom d'un ancien chàteau , c ne de 
Tilques. — Item toutes les terres quisont autour du 
chàteau du Bourguet, ou autrement dit du chàteau 
d'Ostrove, 1715, registre de Téglise de Tilques. 
L/emplacement de ce chàteau porte encore ce nom. 

Bourguet (le), ham. c ne de Thiembronne. 

Bout d'Amont, ham. c ne de Vaudringhem. Ce ha- 
meau se confond aujourd'hui avec le village. 



48 BOU 

Bout (le) de la Ville, en patois él Boudeville, 
ham. c ùe de S'-Martin-d'Ardinghem , à Fextrémité de 
Fauquembergue , sur la route imperiale d'Abbeville 
à S-Omer. 

Peut-ètre la véritable orthographe de ce nom doit 
elle ètre Helbodeville et faut-il voir dans ce hameau 
celui d'Helbodingahem, mentionné dans une charte 
de1016commeayant, avec Dohem, pour limites, les 
villages de SVMartin d'Ardinghem , Remilly, Cléty, 
Herbelle et Coyecques : comitatum alterius villw 
Dalhemnuncupatee et terree Helbodingahemet omnis 
terrò ad ipsam terram pertinenti*... redemi... cujus 
preeeinctionis metee ad Dardingahem et ad Rumlaca 
et ad Kiltaca et ad Hardbera et ad Coica sunt ter- 
minateti et separate? ■, 1016, A. Mir. dipi. Belg. t. iv, 
p. 176. Ces limites sont en effet celle de Boudeville 
et de Dohem réunis. 

Bodt [le) de Louches, ham. c he de Louches. 

Bout (le) du Fosse, éc. c nc de Wisque. 

Bouvelinghem, c on de Lumbres, 248 hab.; en 1698: 
185hab. — Boulinghem. Lamb. d'Ardr. — Bouve- 
linghen, 1273, liv. des usaiges de Guines, p. 141. — 
Parie de Bouvelinghem, 1435, cart. Chart. p. 232 et 
233. — Bovelinghem, pouil. de Thérouan. 

Bouvelinghem qu'on a souvent confondu avec Ba- 
velinghem ou Baulinghem (Balinghem), était Fune 
des douze pairies du comté de Guines (charte de 1 435 
citée plus haut, A. Duchesne, maison de Guines). Il 
était au nombre des dix-neuf paroisses du gouverne- 
ment d'Ardres et, au spirituel, il fit toujours partie 



BRE 49 

du doyenné d'Alquines (pouil. de Thérouan. et de 
Boulogne) . 

Dépendances : Merzoil, Petit Quercamp , Coète, 
le Moulin. 

Brambergues (le), haut r , e 116 de Blendecque. 

Bramelart (le) V. Blamart. 

Bramendal, vallon, c Des d'Acquin et de Seninghem. 

Brasserie (la), f e c ne de Louches. 

Bredenarde (pays de), petit pays du bailliage de 
S'-Omer, comprenant les quatre paroisses d'Audruicq, 
Nortquerque , Polincove et Zutquerque. — Brede- 
riarda, 1084, chron. Àridr. p. 350. — Bredenarde, 
*1084, ibid.p.349. 

Les quatre paroisses du pays de Bredenarde ne 
formaient entr'elles, comme celles du pays de l'Angle, 
qu'une seule commune , administrée par un collège 
d'échevins. Chaque paroisse en fournissait deux, 
excepté Polincove qui n'en fournissait qu'un. Il est 
fait mention dès Fan 1 084 des sept eschevins ou juges 
du pays de Bredenarde. Cet échevinage fut confirmé 
en 121721 : Jou Emouls cuens de Ghines.... faisons 
assavofìr . . . . que childe Bredenarde doivent avoir de 
droit et de anchien établissement et par droite lon- 
que tenanche , eschevinage et le loy plainement et 
entièrement de Baillioel en Fiandre, qui en {ta- 
meng est diete Meinschewic... A. Duchesne, maison 
de Guines, preuves, p. 299. Le pays de Bredenarde a 
conserve eette organisation jusqu'àla revolution de89. 

Brémes, c on d'Ardres, 841 hab.; en 1698 : 271 h. 

— Bratmes et Brasmes, 1084, chron. Andr. p. 345 

4 



ttO BAU 

et 348. — Brama, Lamb. d'Ardr, — Brame*, pouil. 
deThérouan. — Brémes, 1698, Bignon. 

Brémes, du doyenné de Guinee, était Fune des dix- 
neuf paroisses du gouvernement d'Ardres. 

Dépendances : Le Fort, la Basse-Ville, le Valentin, 
la Tournée, Bavincourt, les Fontinettes, le Marais, 
le Communal, la Riviérette de Balinghem, l'Hermi- 
tage, Ferlinghem, 

Bretelle-Straet (la), chemin aujourd'hui vicinai 
d'Hellefaut à Wizernes. — En le ville de Hellefaut... 
VI quartiers de terre .... joignant devers soleilàle 
rue qui vient de le bruière avalant à le Bretelle- 
Straet. — Le ruelle qui vient avalant dedans le 
Reque à le Bretelle-Straet qui va vers Wizernes , 
4437, cart. S'-Om. anniv. p. 230 v° (V. Reque). 

Breuil (le), barn. c ne de Surques. 

Briqueterie (la), éc. e 06 de Wizernes- 

Briqueterie (la) , éc. c le de S^-Mariekerque. 

Brouwày (le), ham. e 1 * de Moulle. Ce nom se pro- 
nonce aussi Bourway et s'écrivait autrefois Borwe- 
gue, comme celui de l'ancien chemin sur lequel ce 
hameau s'est forme (V. ci-dessus le mot BofwegueJ. 
Ce mot flamand dont la véritable orthographe est 
Boerwech , chemin vicinai , s'est corrompu de diffé- 
rentes manières. On le trouve en effet écrit suWant 
les temps et les localités > Boerwech , Bourwoeh , 
Bourwouch 9 Bourgué, et actuellement à Bayenghem- 
lez-Eperlecques, on le prononce et on l'écrit Brau- 
negue. 

Brugnobois, V. Brune-au-Bois. 



Brulé (le) f % c M de Vaudringhem. 

Brulle (le), ham. c Qe d'Eeques.— 4 Esques au lieu 
que ondit au Brulle, 4337, cart. S^Om. antìiv. p. 81 . 

Brune-au-Bois, seigneurie, c M de Guémy. — Fief 
seignewrial du Brugnobois sèant au terroy du dit 
Guémy, 1542, terr. de Tournehem. — Guémy, les 
fiefs et seigneu/ries de Brun$^au-Bois et de Clinspin 
audit lieu, pr. v. de la cout. de S-Om. 1739. (V. 
Haute-Chemiiiée. 

Brune-au-Bois, f* et ehàt. c he de Surques. — Fief 
nommé le fief de Brugniobos, séant à Su/rques, tenu 
du dit Tournehem, 1467, terr. de Tourneh. — De 
Neuvilte, écuyer pour sa seigneurie de Brune-au- 
Bois, 1739, pr. v. de la cout. de S'-Om. 

Bruvaut, ham. c* e d'Aire. 

Bruyère (la), ham. c ùe deRaquinghem. 

Brutères (les), éc. e" de Longuenesse. 

Bccaille (la), ham. e 10 de Thiembronne. 

Buisson, (le), ham. c tte d'Alquines. 

Bulescamps (les) , éc. c M d'Alquines. 

Burquendal ou vallèe de Burkes, c ne de S'-Martin- 
au-Laért. — A Salperwyc... ver* nort de le valée 
de Burquendal, 4407, cart. Chart. p. 220 V°. — Le 
grani quemin royal ou vai de Burques ainsi que on 
va à Ardres, 1418, Mém. de la Soc. des Antiq. de la 
Mor. t. ix, p. 149, note 3. — Le nom de Vallèe du 
Burques, seul usité aujourd'hui, est la traduction du 
flamand Burquendal. V. Burques. 

Burques, fief et ham. c ne de S'-Martin-au-Laért. — 
Burkes, 1139, c^trt. S'-Om. p. 2. — Burcas, ibid. 



52 BUR 

p. 48 v°. — Villam Burkes totem cum paludosa 
terrà.... palus quw est inter Hoselberc et Burkes, 
1139, ibid. (V. Heselberc). — Une ville et les appar- 
tenances d'icelle nommèe Burques, appartenant aux 
dits prévost (de l'église de S'-Omer) qui est assise en 
la banlieue de notre dite ville de S-Omer, 1 423, let- 
tres-patentes de Philippe de Bourgogne, recueil de 
chartes, p. 42. — Burques, hameau entre S^Martin- 
aUrLaert et Solperwik, xvui e s. Maillart, cout. d'Art. 
— Terre et seigneurie de Burques, ibid. 

Le hameau de Burkes qu'on chercheraitvainement 
sous ce nom sur les lieux mèmes , est celui de la 
Tour-Bianche. (Test ce qui résulted'anciennescartes. 
Sur celle de la banlieue de S-Omer, dressé en 1 626, 
le chàteau de la Tour-Bianche est désigné sous le nom 
de Beurg, et sur une autre carte de 1744, sous son 
nom actuel. Mais l'avenue qui conduità ce chàteau y 
porte encore le nom de Beurg et il en est de mème 
du manoir isole situé près du chàteau au sud, à la 
naissance du sentier. Gette maison y est désignée 
sous le nom de Cense du Beurg. C'est au hameau de 
la Tour-Bianche que le vallon , dit aujourd'hui la 
vallèe de Beurkes , va s'embrancher à la vallèe de 
l'Àa. 



e 



Cabanes (les), ham. c ue d'Oye. 

Cailleumoint (le), haut r c ne de Boray. 

Cailleuée (la) , haut r c De de Bomy. 

Calbarne, nom que portait autrefois un hameau 
de Moulle maintenant confondu avec le village. C'était 
aussi le nom du vallon où était situé ce hameau : Le 
vallèe de le Quellebarne, 1448, cart. Chart. p. 214 
et 21 5. 

Calembert, mont, c ne de Journy. — Le Calemberc, 
1775, rapp. du seig r de Journy, terr. de Tourneh. 

Calvaire (le), éc. e 116 de S te -Mariekerque. 

Camberny, ham. c tte de Roquétoire. — Pont Bermy, 
1299, cart. SM3m. anniv. p. 72 v°. — Voiequiva 
dupont Bermy aupont del'Escore (Ecouart), ibid. 

Cambre, éc. c Qe de Clerques. 

Cambrehout (le), bois, e he de Clerques. — Camre- 
hauty 1516, comptes de la fabrique de Guémy. — 
Camrehault, 1522, ibid. — Camrehoult, 1 51 3, ibid. 



54 CAP 

— Cambrehout, 1510, ibid. — Cambrehoult, 1543, 
terr. de la diateli, de Tourneh. Ce bois continue par 
ceux d'Hondrecoutre, de Cresecque, du Paradis, de 
Beaufort, du Val, de Licques, de Montgardin, de Bou- 
quebaut, etc, forme une longue chaine désignée sur 
la grande carte de France sous le nom de Forét de 
Licques. 

Camp (le) de Coldede. V. Colwide. 

Campagne-Wardrecque, c° ft sud de S'-Omer, 465 
hab.; en 1698 : 233 hab. — Campani w , 811 , cart. 
Sith. p. 72. — Campania, 866, ibid. p. 112. — Cam- 
panie, 1139, cart. S'-Om. p. 1 v°. — Campanies 9 
1367, cart. S-Om. anniv. p. 31 . — En la parroche 
de Campaigne oest de Runescuere, 1 354, cart. chart. 
p. 274. — Personatus de Campaignes , pouil. de 
Thérouan. — Campagne-Vaudreque, 1698, Bignon. 
— Campagne-lez-Verdrek, paroisse, xvm e s. Maillart. 

Ce village figure dans Bignon sous le bailliage 
d'Aire et dans Maillart sous le bailliage de S -Omer, 
dont il faisait réellement partie. Au spirituel, il dé- 
dépendait du doyenné d'Arques. 

Campagnette, ham. c ne de Wavrans. 

Canarderie (la), ham. c hes de Clairmarais et de 
S-Omer, dans le marais. 

Cantemelle, ham. c M de Wisme. 

Capelette (la), ham. c tte de Zouafque. 

Capelhove, V. chapelle S l -Quentin. 

Capelle-sur-La-Lys , vili. c m de Coyecque, autre- 
fois paroisse, et coni m une en 1800. 

La paroisse de Capelle, Capella S. Odonh (pouil. 



CÀU 56 

de Thérouan.) dépendait du doyenné d'Hellefaut sous 
le diocèse de Thérouanne et du doyenné de Bomy, 
sous le diocèse de Boulogne. Elle était dans te ressort 
de la regale de Thérouanne et en dernier lieu dans 
celui du bailliage de S'-Omer. 

Cappelle (la), cense, c ne de Setque (V. Sithiu). 

Càrnoy, fief et f e , c ne d'Enquin. 

Càrnoy (la), m itt , c ne de Fléehin, ham. de Cuheni. 
Le canton de prairie sur lequel a été erige ce moulin 
en 18121 est contigu au domaine de la Càrnoy d'En- 
quin dont il dépendait. 

Càrnoy (le), bois, c tìe de Clerques. 

Càrnoy (le), bols communal, c ne de Tournehem. — 
La commune des bois de la ditte ville nommée le 
Càrnoy e, cout. de Tourneh. 

Catelet (le), f e c ne d'Àudréhem , emplacement de 
l'ancien chàteau des seigneurs de ce village (V, le 
mot Àudréhem) . 

Cauchie (la) d'Ecques, ham. c ne d'Ecques, — Gisant 

d'aval le Cauchie d'Esque et devers soleil au 

quemin de Cassel, 1432, cart. S-Om. anniv. p. 90 v°. 
Cehameau est situé sur la voieromaine de Thérouanne 
à Cassel. 

Cauchie (la) du Loquin, emplacement de l'ancien 
chàteau de ce nom, c ne du Haut-Loquin, près de l'an- 
cien chemin de Thérouanne à Wissant, chemin au- 
quel allait s'embrancher celui de St-Omer à Boulogne. 
Cétait le siège de la principale seigneurie du village. 

Cauchoise (la), ham. et territoire, c°* d'Àrdres, 



56 GAU 

près du Pont à Quatre-Branches, autrement dit le 
Pont Sans-Pareil. — Ile de la Cauchoise, ile formée 
en cet endroit entre les trois canaux de S l -Omer à 
Calais, des Trois-Cornets et du Bas-Houlet. — La 
Grande et la Petite Cauchoise, journaux d'Ardres de 
1755 à 1787, arch. de cette ville. — Cauchewade et 
Couchewade, xm e et xvi e s. : est en demie poise de 
bure sour VAbiede le Capele, (l'abbaye de la Càpelle, 
aujourd'hui la ferme des Caples, c ne des Attaques) et 
el vuindas ki siet entre Montoire et Coucheuuade, 
1280, A. Duch. maison de Guines, preuves, p. 295. 
— Et iceulx leurs bourgeois francs de tous travers 
aux lieux de Couchewade, 1507, cout. d'Ardres. 

Cette franchise du droit de travers à Couchewade 
estégalement rappelée dans les coutumes du pays de 
Bredenarde et d'Audruicq. 

La Couchewade (des deux mots flamands kots wade, 
gué du péage) , était l'endroit où Fon traversait le 
Polvart l ou rivière de France, aujourd'hui la rivière 
des Trois-Cornets , pour passer du Calaisis dans le 
comté de Guines entre les deux territoires des Atta- 
ques et d'Ardres. Toutes les marchandises entrant et 
sortant y payaient un droit de travers autrement dit 
de gué et flégué (arch. d'Ardres). De là ce nom de 
Couchewade que portait non seulement File actuelle 
de la Cauchoise, mais encore le territoire des Atta- 
ques et ce village lui-mème, situé de l'autre coté du 
Polvart et du canal d'Ardres qui le continue en- ti- 
rant vers Touest. Le terrier du Calaisis dressé par 
les Anglais au xvi e siècle trace ainsi la limite de ce 



\ 



AVR 37 

territoire à partir du Houlet en se dirigeant vers le 
couehant : and so over the Holet by the said Poly- 
vare or Ardivate (le canal d'Ardres) through the 
Coustwade, c'est-a-dire : « et ainsiau-delà du Houlet 
» par le dit Polvart ou Ardyvart à travers la Coust- 
wade. » Phis loin il est dit que le Houlet à partir du 
Boots Bulwark (le fort du bac où Fon passait la ri- 
vière) séparait la paroisse de Guemps de la parome 
de Comwade et de la Capelle : the Holedd from boots 
Bulwark parting Ghemp parish from the parish of 
Couswade and CapelL C'est aussi sous ce nom (Con- 
chelwardej que figure la paroisse des Attaques dans 
le pouillé du diocèse de Thérouanne cornine faisant 
partie du doyenné de Merch, aujourd'hui Marck l . 

On passait la rivière sur deux points : au Boots 
Bulwark, autrement dit la Petite Cauchoise ou le fort 
Brulé, en suivant le cheminde S l -Omer à Marck, par . 
le hameau de la.Montoire, et au Boutes Hawk ou 
Grande Cauchoise, aujourd'hui le Pont a Quatre 
Branches , pour aller de la mème ville à Calais, en 
suivant le méme chemin jusqu'à sa bifurcation au 
Bois-en-Ardres. Depuis la réunion du Calaisis a la 
couronne, ces deux passages portaient le nom de 
Barrières de France. V. Petite Lenirne, au tableau 
des grancs chemin s au moyen-àge (Introduction). 

1 La Coìtcheivade, Fune des paroisses de la keure ou comraune 
de Marck, parait devo ir son nom moderne des Attaques aupontd'Es- 
tctques ou des Estaques, c'est-à-dire au pont en bois sur pilotis établi 
sur la rivière, aujourd'hui le canal de Calais : apud Couchewade propè 
pontem d'Estachies, 1319, cart. chart. p. 68. Ce pont s'appelait ainsi 
par opposition au Pont de Pierres, aujourd'hui le Pont de Briques, 
dont il estdéjà^fait mention en 1208. 



38 GBA 

Cauboy (le), ham. e" de Renty. 

Cabboy (le), bois, e™ de Tournehem. 

Cavin (le), grand ravin qui prend naissance au- 
dessous de Cléty et traverse les territoires d'Herbelle, 
d'Inghem et d'Ecques , pour alter se jeter dans la 
Helde. A Ecques, ce ravin est plus généralement dé- 
signé 30us le nom de Beque. V. ce mot. 

Gense (la), f ancien domaine, c"du Haut-Loquin. 

Cense (la) DE Difoues, f" e"" de Boisdingliem. — 
Tonte une ferme et dìpendaneex, anciennement nom- 
mie la Cbnse de Difoues, rituée en la commune de 
Boisdinghem, tit. particul. 

Cense (la) a l'Avoine, t* e"* d'Aire. 

Cense (la) des Moikes, f e et chat. e** de Salper- 
wick. Ancienne maison de campagne de l'abbaye de 
S'-Bertin à laquelle on a aussi donne le nom de Villa 
Jiapoléon, depuis que Napoléon I"y a momentané- 
ment établi son quartier general et logé, en 1804. 

Cense (la) de tous les Diables, f" c" de Landre- 
thun-lez-Ardres , sur laquelle on raconte une foule 
de légendes, à propos de «ette dénomination. 

Cense (la) Wilkain, f c c na de Guemp, démolie de- 
puis environ vingt ans. ■ 

Champ (le), db Bataille, plaine, e" d'Enguinegate 
où s'estlivré, en 1513, la bataille dite la Journet 
des Éperons. 

Champ (le) d'bn bas, ham. c ne de Campagne-War- 

icque. 

Chapelle (la), éc. c" e d'Oye. 

Chapelle (la), barn, e" d'Audruicq. 






CflÀ 8» 

Chapelle (la) be Notré-Damb du Mont, c* 6 de 
Nielles-lez-Bléquin. Cette chapelle isoiée sur la haun 
teur et à la fondation de laquelle se rattache une 
pieuse legende était le but d'un pélerinage ; elle a été 
détruite lors de la première revolution. 

Chapelle (la) Notre-Dame, éc. e ne deS'-Folquin. 

Chapelle (la) Notre-Dame de la Forét , chapelle 
od Fon fait des pèlerinages , dans la forét , c* e de 
Tournehem. 

Chapelle (la) Saint-Louis, très ancienne ruine sur 
Fun des points les plus élevés de la colline, c» e de 
Guémy . Cette chapelle qui domine le plat pays et qui 
était autrefois en grande vénération , a donne son 
nom à la hauteur , à la rivière et à la vallèe de 
l'Hem. — Desoubs le mont de la chapelle S % -Loy$, 
1544, terr. deJTourneh. Il résulte d'un testament du 
siede dernier et des déblais récemment faits dans 
l'intérieur de cette ruine où i'on a trouvé une clef de 
voùte aux armes du Grand Bàtard de Bourgogne que 
cette chapelle a été construite par ce seigneur, devenu 
possesseurde la chàtellenie de Tournehem (1445 a 
1504). 

Chapelle (la) Saint-Quentin ou de Saint-Mille- 
port, c n * d'Àrdres. — S. Quintini capelluto, qum 
erat in loco quimque hodie dicitur Cappelhova, xii e 
s. Lamb. d'Ardr. — Capelhove, 1307, cart. ehart, 
p. 25 et 26. Ce hameau porte sur le cadastre le nom 
de Quartier de la Chapelle. On y fait des pèlerinages. 

Chapitre (le), éc. c ne de S^-Mariekerque. 

Chartreux (les) f* et usine, e 1 " de Longuenesse , 



60 CU 

ancienne abbaye du vai de S te -Aldegonde , fondée en 
1298 par Jean de S^-Aldegonde, s^ deNoircarmes 
(Bignon) . — Anno domini M CCC quinto , nono kl. 
augusti dedicatum fuit cymeterium domus istius qw 
vocatur valli* Sanctw Aldegondi* à reverendo in 
X i0 patre ac d 00 d?° Jacobo Dei gralid Morinensi 
episcopo et continet dictum cymiterium duo jugera 
terree arabili*, cart. Chart. 

Chàteàu (le), en patois cVCatieux, f e c ne de Lan- 
drethun, sur l'emplacement de l'ancien chàteau sei- 
gneurial. — F e c ne de Thiembronne, — Ruines et em- 
placement8 des anciens chàteaux-forts de Fauquem- 
bergue, de Renty et de Tournehem. (V. ces mots). 

Chateàu (le) d'Hellefaut, emplacement du chà- 
teau de ce nom, c ne de Blendecque. 

Chaussée (la) Brunehàut, nom queportentles deux 
anciens cheminsde ThérouanneàBoulogne et à Arras. 
Y. le tableau des grands chemins au moyen-àge. (In- 
troduction) . 

Chemin (le) de la Barrière de Frange, ham. c ne de 
Vieille-Eglise. 

Chemin (le) d'Hourde, section de l'ancien chemin 
de Cassel à la Tour d'Odre à Boulogne. — Le chemin 
de Hourde quimaisne de Tournehem à Lisques, 4 578, 
terr. de Tourneh. V. le tableau des grands chemins 
au moyen-àge (Introduction). 

Chemin (le) du Fort, ham. c ne d'Aire. 

Choquel (le), ham. c ne de Rebecque. 

Choquettes (les), bois, c ne d'Acquin. 

Clair-Boudin (le), éc. c ne deS-Folquin. 



CLA 61 

Clairmarais, c oe nord de SM)mer. — Claruma- 
riscus, xn e s. cart. sith. p. 335. — Claromaresch, 
4442, A. Mir. dipi. Belg. t.«n, p. 33. — .Clarema- 
resch, ibid. — Clermaresch , 4270, A. Duchesne, 
maison de Guines, preuves, p. 294. — Domus de 
Clar ornar esco, 4464, ibid. t. iv, p. 209. — Clair- 
marets , abbaye, Maillart. 

-L'abbaye de Clairmarais, ordre de Citeaux, fondée 
en 4 4 42 par S-Bernard et dotée par Philippe d'Ai- 
sace, comte de Fiandre, abbaye dont il reste encore 
quelques ruines et la ferme , a été le berceau de ce 
village dont lés habitations sont éparses dans le ma- 
rais. Gette commune autrefois annexée a la paroisse 
de Scoubroucq qui n'a plus d'église, fait partie de la 
paroisse d'Arques. 

Dépendances : La Canarderie, la Moquette, la 
Berquerie ou Befgerie, L'Oost-Vyver, S-Bernard, le 
Scoubroucq, Stiennart, ham.; le Stremberg, l'Holle- 
becque ou Crèvecwur, le Zutbrouck, le Grand Brouck, 
le Trou d'Enfer, éc. 

Clarques, c on d'Aire, 365 hab.; en 4698 : 447hab. 
— Clarques , 4 403 , eart. S -Om. anniv. p. 444. — 
Clarque-lez-Thérouanne , paroisse, Maillart. (V. S- 
Augustin) . Ce village, autrefois compris dans la ré- 
gale de Thérouanne et la paroisse de S -Martin-au- 
Mont, faubourg de cette ville, était en dernier lieu 
dans le ressort du bailliage de S'-Omer et le doyenné 
d'Hellefaut (Maillart, pomi, du dioc. de S'-Om.) Dans 
la nomenclature de Bignon il figure sous le bailliage 
d'Aire. 



63 GLI 

Dépendances : he% Faubourgs , P-Jean , SP-Au- 
gustin. 

Clehques , c°» d'Ardres, 279 hab.; en 1698 : 58 
hab. — Clark®, ili* s. Lamb. d'Ardr. — Clarke*, 
1427, gr. cart. de S'-Bert. t. i, p. 220 : Scilicet 
Audenfort, Clarkes, Sainghem, etc, ibid. — La ville, 
terre et seigneurie de Clerques, 1543, terr. de la chat. 
deTourneh. 

Clerques , annexe de la paroisse d'Audréhem , 
d'abord sous le doyenné d'Alquines, puis sous celui 
de Tournehem , faisait partie de la chàtellenie de 
eette ville, sous le ressort du bailliage souverain de 
Guines, puis sous celui de S'-Omer. 

Dépendances : Audenfort. Cambre, le Hamel. 

Cléty, c on de Lumbres, 501 hab.; eu 4698 : 175 h. 

— Kilciacum, 857, cart. Sith. p. 164 et 165. — 
Kiltiacum, x* s. ibid. p. 80. — Kiltaca, 1046, A. 
Mir. t. iv, p. 176.— Kelti, 1139, cart. S'-Om. p. 1 v°. 

— Cleti d'Amont, 1292, cart. S'-Om. anniv. p. 96. 

— Cléty, 1364, ibid. p. 83. 

Cléty, autrefois annexe de Dohem , était dans le 
bailliage de SMÌrner ; il figure a tort sous le bailliage 
d'Aire dans la nomenclature de Bignon. 

ClEty d'Aval, s on de la c* e de Cléty. 

Clinspin, fief, c ne de Guémy. — Ung manoir amazé 
conteuant trois memres mi environ nommè le manoir 
de Clienspcn, 454 0, comptes de la fabrique de Guémy. 

— Ung fief nommè Clainspin séant au terroy du 
diet Guémy, 4543, terr. de Tourneh. — Droits de 
travers à Moufflon, Clainspin et ailleurs, 4 578, ter*. 



COH 63 

de Tourneh. — Guémy, le* fiefs et seigneuries de 
Brune-au-Bois et de Clinspin au dit lieti, 4739, pr. 
v. de la rédact. de la cout. de S'-Om. 

Cloquant, ham. c ne de Thiembronne. — Villa de 
Clocamp, 4271, cart. S'-Om. p. 74. — Cloquant, 
hameauprès S^Liévin, Maillart. 

Cloqueì te (la) , ham. c oe de Clairmarais, erige en 
commune en 4 790, mais avant cesse de Tètre en 4 804 . 

Gochendal, ham. c ne de Roquétoire, dans un vallon 
près de la Cauchie ou voie romaine de Tbérouanne à 
Cassel. 

Cocove, chat, e 06 de Recque. — Cukehova, 4084, 
chron. Andr. p. 349. — Cochova, 4084, ibid. p. 486. 
— Cochove, 4203, ibid. p. 532. — Kouchove, 4262, 
privil. Ec. Wattin. — Coukhove, 4309, cari. Chart. 
p. 264 v°. — La terre et seigneurie de Couquove % 
tenus et mouvants de la chatellenie de Tournehem, 
4544, terr. de Tourneh. 

Coete, f e c fie de Bouvelinghem. 

Cceur (le) Joyeui, éc. c ne de Longuenesse. 

Cceurlu, f% c ne d'Àffringues. — Coeurlu, 4432, 
cart. S-Om. anniv. p. 446 v°. — Courlu, ibid : Ad 
cause de sa terre, signourie et chastellenie de Senin* 
ghem dont mwut et est tenue le diete terre et signou- 
rie de Coeurlu, ibid. 

Cohem, ham. c ne de Wittes. — Coehem, 4340, cart. 
S'-Om. anniv. p. 280 v°. — Cohem, 4365, ibid. p. 
327. — Cohem, S^Jean-Baptiste, pouil. de S'-Oroer. 
li'église de Cohem dépendait du doyenné d'Àrques. 
Ce Yillage formai t la partie iriois de la commuftauté 



64 COM 

de Blaringhem , dépendant de la Fiandre. — Les 
bailli et gens de loy de Cohem-Blaringhem-Artois, 
représentés par le bailli du dit Cohem, 1739, pr. v. 
de la cout. de S -Om. 

Cohem (prieuré de) . — Prioratus de Cohem, pouil. 
deThérouan. — Leprieur de Cohem, partit. de Tévèch. 
de Thérouan. A. Mir. t, ìv, p. 665. L'église'de Cohem, 
dédiée à S'-Jean-Baptiste, a été détruite. 

Coin (le) Perdu, ham. c 0e de Ruminghem. 

Colombeque (la), ruiss. c oe de Blendecque. 

Colwide, nom queportait un chàteau-fort de l'Ar- 
drésis, c ne de Rodelinghem. — Ardece dominus Ar- 
noldus... in nemore quod... Colvidà nomen accepit, 
turrim suspendit et elevavit in aere gloriosam, et 
muro super fossatum circumcinxit undique et cedi- 
ficiis decoravit locumqueper capellam ad servien- 
dum deo fabricatam deo gratificava. Lamb. d'Ard. 
cap. 68. — Coleivide, 1209, chron. Andr. p. 584. — 
Castellum etiam de Colwide succindit et in quantum 
potuit turrim ejus prostravit, 1214, ibid. p. 608. — 
Aboutant nort au chemin qui maisne de réglise du 
dict lieu (de Rodelinghem) à Montgardin.... listant 
à le terre de Coluede, 1543, terrier de la diateli, de 
Tournehem. — Tenant west à la terre de Colluede , 
aboutant nort à la rue qui maisne du dict Reude- 
linghem à Montgardin, ibid. 

Le canton où s'élevait cette importante Forterèsse 
porte aujourd'hui le nom de Camp de Colvede. 

Communàl (le), ham. c ne de Brèmes. 

Commune (la), ham. sur les trois communes de Nor- 






COS 05 

dausque, Bayenghem-le2-Eperlecques et Muncq- 
Nieurlet. 

Compointe (la), c ne de Tournehem. 

Comtes, seigneurie, c he de Delettes. — La seigneu- 
rie de Comtes en Delettes, 1739, proc. v. de la cout. 
de S-Omer. 

Confosse, m in , c ne d'Esquerdes. 

Contart (le fief), c oe d'Herbelles. 

Cormettes, vili. c ne de Zudausque, 102 hai).; en 
1698 : 23hab.— Cormettes, 1123, cart. sith. p. 263. 
— • Vormetw, Lamb. d'Ardr. — Terre et seigneurie 
de Cormettes, en laquelle il a court, bailly, hommes 
féodauxet officiers, 1543, terr. de la diateli, de Tour- 
nehem . 

Ce village, qui a encore une église, était avant 
1789, une paroisse dontZudausque, aujourd'hui son 
chef-lieu, était l'annexe. Erige depuis loraen eom- 
mune, il a été réimi à Zudausque, posteri eurement à 
l'organisation de 1800. Cormettes était dans le res- 
3ort immédiat de la chàtelleme de Tournehem. Sa 
paroisse, sous le vocable de S l -Folquin, était primi- 
tivement dans le doyenné de S'-Omer, elle fut com- 
prise dans celui de Tournehem, du diocèse de Bou- 
logne, en 1566. 

Cornet (le), ham. c ue de Wittes. 

Cornet (le) d'Enfer, ham. c ne d'Aire. 

Cosebourne ou Cousebourne , nom d'un fief et 
d'une loealité dont la situation est aujourd'hui in- 
connue, mais qui parai! se rapparter, d'après les 
terriers, au Poirier, c oe d'Audréhem. — Cusebrona , 



66 COT 

1084, chronic. Àndr. p. 350. — Cosabrona, ib. p. 
351. — Cosobrona, ibid. p. 370. — Cossobronna , 
ibid. p. 400. — Une anitre pièce de terre à usage de 
bois et riez estanten la diete corninone etrappoy 
d'Audréhem nomine le Couppe prenant dtpuis le 
chemin de le Hoylle qui manne de Cousebourne à la 
forest.... Em bas de la diete Couppe y a ung chemin 
mennant de Coursebourne quy manne à travers des 
Aids riez jusqu'à la forest de Tournehem, lesqwls 
riez, au dessoubs de Coursebourne, ont accoustumé 
avoiresté dépouilléez par le bestiai des subjects de 
Fouquesolle, 1542, rapp. du seigneur d'Audréhem 
terroir de la chàtell, de Tournehem. — La rivière 
qui flue du moulin d f Alquines et de la place du Tertre 
rers Raminghem et Cour ssebour ne.... Chemin con- 
duisant du moulin de Coursebourne à l'église d'Au~ 
drehem, 1775, reg. aux dénombrements de la chat, 
de Tournehem. 

Ces indications se rapportent exactement au ha- 
meau du Poirier, situé sur la rivière, en aval de la 
ferme de Raminghem, au pied du mont de la Couppe 
et où il v a un moulin à eau ; du reste, le souvenir do 
cet ancien nom s'est conserve sur les lieux. 

Cottehem, f e et m 5n , c ne de Guémy. — Ung certain 
fiefséant audit terroy et dismaige de Ghimy nommé 
Cauthem, 1543, terrier de la chat, de Tournehem. — 
Douze mesures et demie d'héritage tant pature que 
terre à labour situées à. Cottehem. . . . Quatre mesures 
de pature sur par èie de l aquelle il y avoit ancienne- 
ment une motte au Ueu nommé Cothehem, 1777, 



COU 67 

è 

reg. aux dénomb. de la chàtellenie de Tournehem. 

Cocbronne, ham. c he d'Ecques. — Conbronne , 
1299, cart. S-Om. anniv. 71 v°. — Combronne , 
1299, ibid. p. 171 . — Colbronne, 1374, cart. chart. 
p. 15. — En le ville d'Esqw.... le vallèe de Con- 
bronne..:. le vote qui va de Esques à Coubronne, 
1316, cart, S-Om. anniv. p. 77. — Caubourne, 1480, 
ibid. p. 195. 

Coudrée (la), f* c ne de Nortbécourt. — Au terroir 
de Nortbécourt.... seze mesures listant west aux 
terres de le Caudrée, 1578, terr, de la chat, de Tour- 
nehem . 

Coulomby, e * de Lumbres ; 629 hab.; en 1698 : 
175 hab. — Columbi, 1281, invent, des chart. d'Art. 
— Vallis Columbarum (vallèe de Coulomby), 1239, 
ibid. — Colombi/ , pouil. du dioc. de Thérouanne. 

La terre de Coulomby relevait du chàteau de Se- 
ninghem. Sa paroisse, dont celle d'Affringues était 
Tannexe fittoujours partie du doyenné d'Alquines. 

Coupette (la), sommité du mont de Wisque* 

Couples (les), ham. c ne de Zutquerque. 

Couppe (la), sommité du mont d'Audréhem. — La 
Couppe et montagne d'Audréhem, 1775; reg. aux 
dénomb. de la chat, de Tournehem. 

Couppe (la), sommité d'une colline, c ne de Tour- 
nehem. 

Courbronne, ham. c ne de Racquinghem, aujour- 
d'hui lehameau d'en bas. — Kessebronne, 1368, cart. 
chart. p. 279. 

Courgain (lei, ham. c ne de S'-Folquin. 



68 CRE 

Courgain ;le), c fte de S te -Mariekerque. 

Court-Hault le , bois, c oc d'Escoeuilles. 

Coyecques, c on de Fauquembergues, 663 hab.; en 
1698 : 163 hab. — Coiacum, 850, cart. sith . p. 101 . 
— Coiacus, 877, ibid. p. 124. — Coika, 1075, ibid. 
p. 195.— Koika, 1097, ibid. p. 243. — Coica, 1016, 
A. Mir. dipi. Belg. t. iv, p. 176. — Coieka, 1107, 
cart. sith. p. 218. — Coiekes, 1286, inrent. des 
chart. d'Artois. 

Coyecques, compris dans le bailliage de S-Omer, 
formait, sous le diocèse de Thérouanne, avec Her- 
belle et la ehapellenie de Ponches, son hameau, une 
seule et mème paroisse du doyenné d'Helfaut. — 
Herbelle S. Leodegarius, Coiacus S. Petri, cap. de 
Ponches Pouil. du diocèse de Thérouanne) . Il passa, 
en 1566, dans le nouveau doyenné de Bléquin, du 
diocèse de Boulogne. * 

Dépendances : Le Hamel, Capette, Noureanville, 
Ponches, le Croce/, le Marais, la Hégrie, Samble*- 
thìtn. 

Crecques, vili. c fte de Mametz, 371 hab.; en 1698 : 
163 hab. — Kerseka, Kerske, 1168, Gali. Christ. t. x, 
p. 405 et 406. — Terram inter abbati am S. Au- 
gustin. Juxta Morinum) et Kerseka Jaccììtetn.^Ker- 
seque, 1351, cart. S. Om. anniv. p. 102 v°. — Cre- 
seque, 1351, ibid. p. 103. — Crescque, 1351, ibid. 

La paroisse de Crecques (Cresecke, pouil. du dioc. 
de Thérouanne), faisait partie du doyenné de Bomy. 
Elle était en partie dans la regale de Thérouanne et 
en partie dans le bailliage d'Aire Maillart3. 



CHE 69 

Crehem, barn. c n€ de Remilly. — Crohem, 1264, 
cart. S. Om. anniv. p. 71 v° — Crohem en leparosse 
deReumilly,M%% ibid. p, 150 v°. 

Cresecque, baronie et chàteau maintenant demolì, 
c oe de Louches. — Chdteau de la dite baronie de 
Cresecques, 1496, reg. aux dénomb. de la chat, de 
Tournehem, 1773 à 1783, p. 163. — Art. 11 et 21 
du dit aveu de 1496, tieni en fief deux mesures et 
demie de terre à usage de manoir, jardin et paturc 
tenantes. . . . partie à la S'-Martin, à l'église de Lou- 
ches ; vers occident, aux patures du chdteau de Crc- 
zecques. . . . ibid . p . 1 70 . 

La seigneurie de Crezecques figure encore au siede 
dernier, parmi les douze baronies du comtédeGuines. 
Il reste quelques débris de son ancien chàteau sur 
l'emplacement duquel s'élève une ferme. 

Cresecque (bois, moulin de), c ne de Louches, dé- 
pendant autrefois de cette baronie. 

Cressonnière (la), fief et chat., c he de Nielles-Iez- 
Ardres. — Kersonniere, 1317, cart. chart. p. 25 v°. 
— Jou Elnars escuter s, sires de Nieles, fais savoir à 
tous que comme pardevant Eustasse de le Kerson- 
nièrc, escuyer, mori homme, ense court et pardevant 
ses hommes, vendesissent et werpesissent et delivras- 
sent Marguerite Horters et Jehan de le Podenie (V. 
ce mot), ses barons, une garbe de dysmes.... ibid. — 
Le Cressonnière, 1358, comptes de la chat, de Tour- 
nehem, arch. de Lille. — Maison et cense de le Cres- 
sonnière-lez-le-Montoire, 1543, terr. de là chat, de 
Tournehem. 



70 CUC 

La seigneurie de la Cressomiière relevait immé- 
diatement de la baronie de Nielles. 

Cressonnière (la), f e c ne de Racquinghem. 

Cressonnière la), fief, c oc de Surques. — Certain 
fiefnommé la Cressonnière..., Jehan Comynet ani- 
trcs.... eri soloient lenir ung lieu manoir et terrcs 
ahanables où il y a une motte et fossès tout tenant 

cnsemble t contenant vingt et une mesures abou- 

lant zut à le rue qui maisne de le pasture de Surques 
àBadnghem, nommé le Stallin, west au chemin de 
Beaurietz.... 1543, terr. de la chat, de Tournehem. 

Creuse (la) Helàrt, hauteur, c M de Blendecque. 

Creuse (la) Villeron, ham. c ne de Blendecque. 

Crincq (le), ruisseau, c ne de Blendecque. 

Crocq (le), ham. c ne de Coyecques. 

Croisilles, fief, c ne de Landrethun-lez-Ardres. — 
Ung fief seigneurial nommé Croisille, séant au dict 
Landrethun, Frelinghem et à Venviron, 45*3, terr. 
de la chat, de Tournehem. 

Croislin, fiefc ne d'EperIecques. 

Croix (la), ham. c De de Blendecque. 

Croix (la) d'Escambre, carrefour forme par labi- 
furcation du chemin de Tournehem à Bonningues- 
lez-Ardres, aujourd'hui chemin de grande communi- 
cation, c he de Tournehem. — Terroir et fief dépendant 
de la cense d 'Escambre. — Lesecond fief séant les le 
Crois d'Escames, aboutant du nort au chemin quy 
maisne de Tournehem à Bonningues, 1541, terrier 
de Tournehem. 

Cucheval, ham. c ne d'Ouve-Wirquin. — Cucheval, 



CUP 1\ 

1369, cart. S'-Om. anniv. p. 184. — C-ucheoelt,\d&3, 

ibid. 

Cuhem, vili. c ue de Fléchin. — Jean d'Ergny re- 

cmnait lenir en fief du comte d'Artois toni ce 

qui lui appartieni à Enquin et tonte la justice de 
Cuhem, \%b8, invent. des chart. d'Artois. 

Comprisen 4800 au nombre des communes, Cu- 
hem a été réuni depuis à Fléchin dont son église 
avaittoujours été l'annexe. 

Cul (le) de deux pièces, f e c ne de Tournehem. Cette 
vieille cense dont le nom figure au nombre des dé- 
pendances de l'ancien gouvernement d'Àrdres et des 
hameaux du Pas-de-Calais, était située à l'extrémité 
du territoire de Tournehem, dans l'angle forme par 
la bifurcation des deux chemins de Bonningueset de 
Guémy. Elle a été démolie et mise à l'état de terre à 
labour, il y a environ trente ans. 

Culhem, ham. en partie sur la commune d'Eper- 
lecques et en partie sur celle de Mentque-Nortbécourt 
entre lesquelles il est divise par la voie rtfìnaine de 
Thérouanne à Sangatte dite la Leuline ou Leulène. 
— Culhem, 1093, cart\ sith. p. 205. — Culam , 
Culhàm, 1307, cart. chart. p. 191 v°. — Au vai de 
Culham devers Sperlecke deu coste le sente de In- 
glinghem, ibid. 

Cupe (le), ham. c ue de Polincove, sur le canal de 
S-Omer à Calais. 

Cupréhout (le), bois, c ne de Tournehem. — Bois 
deSaMajesté nommée la Cupprehout, 1578, terr. 
de Tournehem. Ceiois occupe le sommet de lahau- 
teur dite la Couppe. 



« 

\ 

v 



D 



Daxhem. V. Dohem. 

Delettes, c ott de Lumbres, 1032 hab.; en 1698 : 
227 hab. — Delethes, 1200, chron. And. p. 528.— 
Delettes, 1374, cart. chart. p. 15. — Delettes delez 
Thérouanne, ibid. p. 16. — Village de Adelettes 
prez Thérouanne, 1543, terr. de la chat, de Tour- 
nehem. — Dalettes, Maillart. 

Delettes, partie du bailliage d'Aire, du bailliage 
de S-Omer et de la regale de Thérouanne (Maillart), 
était une paroìsse dont Nielles-lez-Thérouanne était 
l'annexe, d'abord sous le doyenné de Bomy, puis 
sous celui de Bléquin. 

Dépendances : Westrehem, Upcn d'Amont et Upen 
d'Aval, Radometz. 

Dennebrceucq ou Dennebreu, c on de Fauquember- 
gues. — Dainenbroucq, 1559, A. Miraei dipi. Belg. 
t. iv, p. 670. Danebreuq, Maillart. 

Le noni de Dennebroeucq (en flaman Den Broek, le 



DOH 73 

* 

marais), ne se trouve ni dans te pouillé du diocèse de 
Théronanne, ni dans celui du diocèse de Boulogne. 
Mais dans la répartition du diocèse de Théronanne 
figure corame annexe de Rédinghem le noni de Glein : 
Reclinghemet Glein, 1559, A. Mirai dipi. Beig. t. n\ 
p. 662, sous le doyenné de Bomy. Or Glein est un ha- 
meau de Dennebreeucq et ce village étaitavant 89, 
comme il Test encore aujoard'hui, l'annexe de Ré- 
clinghem. Il suit donc de là que le noni primkif du 
village était Gkin et que celui de Dennebroeucq s'ap- 
pliquait seulement au marais qui est le centre du 
village actuel. 

Dépendances : Glén. 

Descel, ham. c°* d'Oye. 

Dessus (le) du Canal, ham. c ne de Raequinghem. 

Difque, vili. c ne de Moringhem. — Diffecet, 4117, 
chron. Àndr. p. 362. — Diffeke, 1 194, ibid. p. 508. 
— Le chasteau, basse court , gardinages et pourprim 
du the f-lieu de Difque, 1543, terr. deTournehem. 

Difque relevait du chàteau deTournehem, il a tou- 
jours été l'annexe de Moringhem. 

Dix Censes (les), ham. c ne d'Oye. 

Dohem, c on de Lumbres, 781 hab.; en 1698 : 222 
hab. — Dalhem, 1016, A. Mir. dipi. Belg. t. ìv, p. 
176. — Vili® Dalhem.... cujus prcecinctionis metce 
ad Dardingohem et ad Rumlaca et ad Hardebera, et 
ad Coica (S'-Martin-d'Ardinghem, Remilly, Cléty, 
Herbelles et Coyecques) sunt terminata et separatce, 
ibid. - Villa Dalhem, 1089 et 1 139, cart. S'-Om. p. 
48 et 2. — Dohem, 1291 et 1292, ibid. p. 62 et 76. 



74 DUN 

Ce village figure dans la nomenclature de Bignon , 
sous le bailliage d'Aire et dans eelle de Maillart, sous 
celui de S -Omer. Sa paroisse dépendait originaire- 
ment du doyenné d'Hellefaut. Elle passa avec Cléty, 
son atnnexe, dans le doyenné de Bléquin, du diocèse 
de Boulogne. en 4566. 

Dostyver, ham, c M de Clairmarais, 

Douce-Fontàine (la), bois, c M de FI èchi n. 

Draueze (la), bois, ainsi designò sur la grande 
carte de Franco, par corruption pour boh del Ar- 
renane (V. ce mot) ou bois d'Arrouaw, c nc de Zut- 
querque. 

Hernous, comte de Guisnes, déclare s'ètre dessaisi 
du manoir de la Montoire, du pare, du vivier, du 
pré.... etdu bois de FÀrrouaise, 1281 (de Godefroy [. 

Dones (les) , ham. c oe d'Oye. 



e 



Ecambre, f e , autrefois cense et fief, c M de Guémy. 
— Scarne*, 1107, chron. And. p. 361 . — 1204, p. 
556. — Escames, 1473, terr. de Touroehem de 1543, 
p. 62 v° et 54. — Escampnes, ibid. p. 69 v e . — Jehan 
seigneur de Northoult ad carne de sa femme tieni de 
mondit seigneur ad cause de son chateau de Tourne- 
hem le fief d' Escampnes séant audit Guémy et à Ven- 
viron, 1543, ibid. p. 163 v°. — M* du Norttout ad 
cause de Z) ,le Marguerite sa femme tieni trois mesures 
de sa place d f Esquames, 1 51 0, comptes de la fabrique 
de Guémy. — Eschames, 1512, ibid. — Squames, 
1520, ibid. — De la vefve et enffants du? de Nor- 
thoud chevalier, baron de Baynghem-lez-Esperlec- 
ques ad cause de sa cerne d f Escampnes f 1578, terr. 
de Tournehem. — Escambre, passim xvn*s. — Un 
manoir amazé de maison, granges, étables et autres 
édifices situò au dit Guémy vulgairement nommé la 



76 ECU 

censed' Escambre, 1778, reg. aux fiels de la chat, de 
Tournehem. 

Bien que la cense d'Escambre, aujourd'hui en voie 
dereconstruction, n'ait jamais cesse d'ètre habitée, 
elle n'est plus guère connue sous cet ancien noni que 
porte encore le canton de terre compris entre celle 
ferme et Tournehem. V. Bas Escambre et Croix d' Es- 
cambre. 

Ecluse \V) càrrée, éc. e™ 5 d'Arques. 

Ecout, chat, et ancienne seig rie , c oe de Tilques. — 
Equout, 1256, 1264, cart. S l Om. anniv. p. 27 et 28. 
— Lechdteau d'Ecoult, Maillart. Ce fiefétait com- 
pris dans la banlieue de S-Omer. 

Ecques, c" d'Aire, 1290 hab.; en 1698 : 560 hab. 
-—AttiOf villa dominica> 648, cart. sith. p. 19. — 
In Ascio super ftumo Widolaci (la Melde qui passe à 
Witteset au Widdebrouck), 800, ibid. p. 65. — Esca, 
Escha utraque (Ecques et Westecques), 1139, cart. 
SM)m. p. 1.— Eske, 1227, ibid. p. lO. — Esque, 
1299, cart. S'-Om. anniv. p. 71 v° 

Ecques, du bailliage d'Aire, d'après Bignon, et du 
bailliage de S l -Omer, d'après Maillart, était compris, 
suivant le pouillé du diocèse de Thérouanne (S. Ni- 
colaus de Esca), dans ledoyenné d'Hellefaut ; il con- 
tinua àen faire partie après la parlition de ce diocèse. 
lie domain^ et la haute justice de ce village appar- 
tenatent au chapitre de S'-Omer , probablement par 
suite du partage entre ce monastère et celui deS 1 - 
Bertin, en 820. 

Ecdire, ham. c Qe de Thiembronne. 



EDI 77 

Edekines, aticiens cb&tèau et hameau depuis long- 

temps détruits, c ne de Wizemes star leversantdes 

bruyères. — Edekine, 1139, cart. S'-Oro, p. 1.— 

Edekin, 1145, cart. &ith. p. 320, — H edekines et 

Hedikines, 1304, Meni, des Àntiq. de la Morjn. L iv, 

p. 274. — A Edekines sous u/he rne qui moine de 

S^Aunier devantje costei de E deh ine* en le demi* 

dici Edekines.... Au dict Edekines sur le tue qui 

moine du dict Edekines en lo voye qui marne de 5 1 - 

Omer por les bruyères à Terwane> 1414, cart* chart. 

p. 117 et 117 v\ — Entre Wynsch (yfeìte) èi Ede* 

kines..*. m Plumsdal, ver$ west de Edekines abou~ 

tant vers zud sour le quemin qui va de S x ~Omer d 

Allines, 1358, ibid. p. 254 v°. — ii«|. lieu nommé 

Edeqmnm au dehors de la diete ville de S^Omer, ont 

accouiumé tmir de 7 ans en 7 ms au dict lieu d'Ede* 

quines, frames veritez que l'on nomme les frames 

veritez d Edequines^ 1531 , cout du bailliage deS- 

Om. art. 7. L'emplacement dece chàteau, autrefois 

si célèbre a cause deses assises judiciaires, est cotìnu 

des paysam des alentours sous le noni de Cotieuu* 

d'Elkène. Son existence qui n'était jusqu'ici condue 

que d'après la tradition est démontré par les dofcu- 

ments qui précèdent. Gette autre mention des uièiues 

doeuments : Jacques Ernoud demourant à Edekines, 

1414, pfouve en outre quii existait ett cfctendroit 

un centre d'habitations. Dans un procès-verbal de 

niesurage des bruyères, en 1547, il est dit qu'elles 

sont boroées d« coté de Touest au lieu otì fut le vil- 

Inqe d' Edequwes, gr. reg. arch. e" 1 * 8 . 



'78 ENG 

Ekarde, fief, c* e d'Audruicq. — Èkarde , 1150, 
chron. And. p. 457. — Echardentium genus, la fa- 
mille d'Ekarde, Lamb. Àrd. p. 131 . Ce noni est reste 
au canton de terre arable qui comprenait cette sei- 
gn eurie. 

Elnes, c ob de Lumbres, 417 bab.; en 1698 : 163 
hab.— Ente, 1365, cart. S'-Om. p. 101 \*. — Du 
long la rivière parmy Ouve, Wirqmn, Rumilly, 
Assinguehem, Wavrans, Enle, Lumbres... Sur le 
quelle rivière estoit pareillement assize le diete se- 
gnourie d'Enle qui estoit tenue en patrie de le diete 
conte de Fauquemberghe.... 1447, ibid. p. 108. — 
Terre et seignourie d'Eulle, cout. loc. du baili. d'A- 
miens, 8 e sèrie, p. 655. Eulle est une mauvaise lec- 
ture potfr Enlle. EInes était l'annexe de Wavrans : 
Wavrans et Henne, pouil. du dioc. de Boulogne. 

Dépendances : Ponchinte, la Roussie. 

Elvelìnghem, ham. c nc de Bayenghem-lez-Eper- 
lecques. — Elvinghem, 1407, cart. chart. p. 208. — 
1439 et 1444, ibid. p. 184. — En le paroisse de 
fìaynghemà Elvinghem, 1407, ibid. p. 208 v°. 

Enguinegàte, c° n de Fauquembergues, 445 h ab.; 
en 1698 : 227 hab. —Inkenegata, 1 1 68, Gali. ChrisL 
t. x, p« 405% — Hing kinegate, , ti 84, chron. Ahdr. 
jk 483. — Esqumegatte, 1698, Bignon et pouil. du 
dioc. de Boulogne. — Engmnegate ì pouil. du dioc. 
de Thérouanne. 

Ce Yillage feisant partie de la regale deThérouanne 
a été compris dans le bailliage de S-Omer par le 
traité des limites du 22 décembre 1664 ; il a toujours 



EPE 79 

été dans la ri rcon&cription spirituelle du doyenné de 
Boni y. 

Enquin (Enkin), c 0f> de Fauquembergut s, 680 hab*; 
en 1698 : 187 toh. — Enkin, 1439, cart. S^Om. p, 
1 . — 1227, ibid. p. 10. — 1248, Invent. des chart. 
d'Art. — Pouil. du dioc. de Tljérouanne. — Enqwn, 
1698, Biguon, pouil. du dioc. de Boulogne. — En- 
gitin-lez-Fléchinelle, Maillart. 

Enquin relevait de Renty ; il était compris dans le 
bailliage de S l -Omer et le doyenné de Boiny, avec 
Seroy, son annexe. 

Dependances : Scrny, F lochimi le, la Carnoy. 

Eperlscques, c 00 d'Ardres, 4971 hab.; en 1698 : 
449 hab. — Sperliacum, x e siècle, vie de S^Winnoc. 
— Sperlaca, 1139, cart S'-Om. p. %. — Villa Sper- 
leka, uni* s, cart, sith. — Spsrleke* 4142, A, Mir. 
dipi. Belg. t. ni» p, 333. — Le castelleme d'Esper- 
lecke, 1307, cart. chart. p. 191 v°. — ChusUllenie, 
terre et seigneurie d'Esperlecqms, 1507, couturaes 
cl'Eperlecques» — E*prelecque( > passim. 

Le chàteau-fort d'Epqrtacqueg, da^t il reste encore 
quelques vestiges, avait dans sa mouvance, indépen- 
damment des fìefs compris dans ce grand territoire 
qui a environ sept lieues de circonférence, la terre 
et baronnie de Ruminghem. Il relevait, pour le fóo- 
dal, en partie du eli atea u d'Aire (MaiUart), et pour la 
justice, du bailliage de SM)mer. Sous le rapport spi- 
rituel, Eperlecques fit d'aborti partie du doyenné 
d'Alquines et, à partir de 1566» du doyenné de Tour- 
neh em. 



80 ESC 

Dépendances : Culhem , W estrhow , la Menile- 
motte , le Pauverstrate , le Nordstrate , VOwst- 
Moni, VEtt+Mont, le Loo%thoucq f le$ Sars, le 
Quillewal, la Bteue-Maiton , le Sud-Brouck, le 
Gampette, t'Estabergae, l'Hellebrouck, l'Helle, f*. 
Epinette (T), haro. e* 6 d'Ardres. 
Erny-S'-Jumen, c oa deFauquenibergues, 379 hab.; 
en 1698 : 187 hab. — Ergni, 1248, Invent. des chart. 
d'Art. — fyan d'Ergili, chevalier, reconnoit tenir 
en fkfdu comte d'Artois 440 memres de terre entre 
Ergni et Mori ari (Thérouanne)..., et entre Ergni et 
Aires tout ce.qni Ini appartieni à Enkin, ibid. — 
E r 9 n \t> pouil. de Thérouanne. — Ergny-&-Julien, 
pouil. de Boulogne. 

Ce village était dans le ressort de la sénéchaussée 
de S*-PoI (Maillart) etdépendaitdu doyenné de Bomy. 
Escceuilles (Ecueil), c° de Lqmbres, 407 hab.; 
en 4698 : 175 hab. — Scules, 1084, ehron. Andr. p. 
351.— + Esqwles , Emielcs, 1240, Inv. des chart. 
d'Art. — Escomile*, 1542, rapport de David deHon* 
vanlt , $F d'Escoeuilles en partie. — Esquieulles , 
pouil. de Boulogne. — Escétilles, 1698, Bignon. — 
Ecueil, 1739, pr. verb. de la rédact. de la eout. de 
S'-Om. — Escoiteéille, Maillart. Cenoni se prononce 
cornine éoueiL 

Le village d'Escceuilles compris dans le bailliage 
de S'-Omer était, au spiriluel, 1'annexe de la paroisse 
de Surques. Qnelques-uns des fiefe de son territoire 
étaient dans la mouvance du ehàteau de Tournehem 
et dans le ressort judiciaire de rette chàtellenie. 



ESQ 81 

Esjcouart, f% c ne cTHeuringhem. — Escore, 1299, 
cart. S-Om. anniv. p. 72 y°. — En le ville d'Esque... 
le qwmin qui va de le Cochaghe aupont de i Escore. 
— Le voie du va du Pont Bermy (aujourcThui Cam- 
berny) au pont de l' Escore, ibid. — Le becque (ruis- 
seau) de l' Escoire, 1466, ibid. p. 193. Cette dernière 
orthographe est plus conforme que celle d'Escouart 
a la prononciation et a la forme primitive. 
Escouflans, seigneurie, c ne de Bomy. 

Espinoy (1'), f e c De de Rebergue; au xvi e s. fief et 
ham. en partie sur Àudréhem. — Spinetum, 1134, 
chron. Àndr. p. 406. — La rue quimaisne de l'église 
du dict Audrehem à V Espinoy, 1542, a veu du s gr 
d'Àudréhem. — Lesquelles communes et rappoy d' Àu- 
dréhem appartiennent quant à la despouille aux 
manants et habitants du dit lieu d' Audrehem, de 
l y Espinoy, de la Motte, de Wissocqel de Cousebournc 
et à aultres, de quelques seigneurs quils soient tenus, 
estans en la paroisse du dict lieu d r Audrehem, ibid. 

Espinoy (F), f e c ne de Clerques, au hameau d'Au- 
denfort. 

Espinoy [V], fief. c ne d'Heuringhem. — Ung fief 
estans à Heuringhem , nommé le fief de V Espinoy, 
15215, cart. chart. p. 374 v°. 

Espinoy (F), ham. c ne de Pihem. — Item deux mc- 
sures de terre ou environ gisans emprès les haies du 
bos d'amont (le Grand Bois) en allant à V Espinoy, 
aboutant d'aval au kemin qui maine du dit bos à 
VEspinóy, 1412, cart. SM3m. anniv. p. 58. 

Esquerdes (Ékerde), c on de Lumbres, 833 hab.; en 



82 EST 

1698 : 187 hab. — Squerda, 960, cart. sith. p. 80. 
— Esquerdes, A 156, cart. S'-Om. p. 54 \°. — Squer- 
des. 1250. — Eskuerdes, 1319, cart. S-Om. anniv. 
p. 99. — Terre et seignourie d' Esquerdes, 1507, cout. 
d'Àmiens. 

La seigneurie d 'Esquerdes relevait du chàteau de 
S-Omer sous le ressort du bailliage de S l -Omer. Àu 
spirituel, ce village dépendait primitivement, ainsi 
que sa chapellenie, du doyenné d'Arques. Mais de- 
puis 1566, il fit partie, ainsi que son annexe, Leu- 
linghem-lez-Etréhem, du doyenné de Bléquin. 

Esquerdes fut, pendant la revolution (de 1791 à 
1801) le chef-Iièu d'un des cantons du district de 
S-Omer d'abord, puis de Tarrondissement, le canton 
comprenait quatorze communes, savoir : Esquerdes, 
Lumbres, Quelmes, Leulinghem, Setques, Wisques, 
Hallines, Wizernes, Helfaut, Bilques, Heuringhem, 
Inghem, Pihem et Remilly-Wirquin. 

Éstelberg, haut. c ne de Tournehem. 

Estiembecque, fief, c ne de Clarques. — Vng fiefet 
noble tennement séant au dict lieu de Clerques , 
nommè le fief de Stienbecque, 1543, terr. de Tour- 
nehem. 

Estiembecque, fiefet ch au , c ne de Louches. — Stam- 
becco,, 1084, chron. Andr. p. 348. — W il lame de 
Estenbeke, adone baillieu de Guisnes et d f Ardres, 
1 307, cart. chart. p. 25 v° et 26. — Hugues Bouruel, 
escuyer s T du dict Estiembecque tient la motte où est 
scituè et assis le chasteau du dict lieu, 1543, ibid. 



r~r 



ETR 



83 



— Le chasteau, dongeon et fossez du dici Estiem- 
becque, ibid. 

Estrac elle, f c c De d'Aire. — La terre et seigneurie 
d'Estraselles, pr. v. de rédact. de la cout. du baili. 
d'Aire. 

Etoile (1% ham. c ne d'Oye. 

Etréhem, vili. c ne de Leulingbem-lez-Etréhem , 
124 hab. — Strato, 723, cart. sith. p. 49. — Se- 
thiaco, super fluvium Agniona, cum adjacentiis suis 
Kelmias et Strato, ibid. — Strathem, 1200, chron. 
Andr. p. 528. — Estrahem, 1317, cart. chart. p. 
221. — Entre Tadinghem et Estrahem, 1402, ibid. 
p. 222. — Estréhem, 1435, ibid. p. 233. 

Etroits (les) Wahs, bois, c ne de Seninghem. 



F 



Fàubourgs (les), éc. c ne de Clarques, au nord de 
Fancienne ville de Thérouanne, sur le territoire de 
Fancienne paroisse S'-Martin qui en était un fau- 
bourg. En 1698, le village actuel de Thérouanne 
portait également le noni de Fàubourgs ; il comptait 
à eette epoque 292 habitants. 

Fauquembergues, arr 1 de S-Omer, 1024 bab.; en 
1698 : 233 hab. — In monte qui dicitur Falcoberg, 
x e s. cart. sith. p. 138. — Falkenberga, xn e s. Lamb. 
Ard. p. 109 et 371. — Faukenberghe, 1271, cart. 
S l -Om. p. 61. — Fauquemberghe, 1276, arch. du 
ehap. de S-Om. — Fauquembergues, 1326, Inv. des 
chart. d'Art. — Ville et banlieue de Fauquemberghe, 
1507, cout. loc. du baili. d'Amiens. — La dite conte 
de Fauquemberghe est noblement érigée en conte, 
ayans plusieurs grandz noblesses, auctorités et préé- 
minence, ibid. — Chastellenye et bailliagede Fau~ 



FMJ 85 

quemberghe, ibid. — Ville, banlieue et eschevinaige 
dudit lieu, ibid. 

Fauquembergues, aujourd'hui simple bourg, au- 
trefois petite ville défendue par un fosse et un rem- 
part en terre, avec un chàteau-fort, était le chef-lieu 
d'un comté, d'un bailliage ou chàtellenie et d'un 
doyenné, avec une église collegiale desservie par un 
chapitre. 

Bien qu'il n'existe plus aucune nomenclature des 
dépendances de ce comté qui était compris dans la 
mouvance du chàteau et dans le ressort du bailliage 
de S'-Omer, on peut cependant, d'après d'anciens 
documents, indiquer les fiefs suivants connine relè- 
vant de ce grand domarne : Àssonval, Avesnes-lez- 
Herly, Campagna-lez-Boulonnais, Cléty, Coyecques, 
Elne, Menca, Mercq-S'-Liévin, Ouve, Remilly, Sam- 
bletun, Setques, S L Michel, canton d'Hucqueliers , 
Vincly, Warnecque, Wavrans et Wirquin. 

D'après le pouillé de Thérouanne, les paroisses 
qui dépendaient du doyenné de Fauquembergues, au 
xv 6 s. étaient les suivants : Renti, Novavilla, Sempy, 
Uémont, S. Vestus (Hestrus?), Ergny, Campaignes, 
Beccoud, Malrn (Marles), Malenta (Marenta), Hom- 
berch (Humbert) , Brimeu , Ays-en-Yssart , Àleste , 
Wyckinghem, Bourthes, Pruuere (Preures), Créki, 
Beaurain, Beussens, Rumilliacum comitis (Rumillyj, 
Helly (Herly), Wrecohc (Verchoque) , Embry. Le méme 
pouillé fait mention des églises et des établissements 
religieux ci-après : Scinda Maria et Sanctus Mar- 
tinm Falcobergensis ; Leprosaria Falcobergensis (la 



86 FER 

Maladrerie ou hópital S'-Ladre) ; les chapellenies de 
Renty et de Montcaviel ; Capitulum Falcobergense 
ubi sunt orto canonici ; Prioratus : de Bello Baino, 
de Bumilliaco, de Benty, de Helli, de Embry. 

Par suite de la partition du diocèse de Thérouanne 
en 4559, le doyenné de Fauquembergues passa sous 
le diocèse de Boulogne avec les paroisses qui suivent : 
Beaurain-Ville et Beaurain-Chàteau, Campagne-lez- 
Boulonnais, Créquy et Torsy, Embry et Ri mb ovai, 
Fauquembergue et S-Martin, Hémond et Boubert, 
Lebiez et Royon, Loison et Offin, March-S-Liérin, 
Rumilly-le-Comte et Àvesnes , Renty , Senlecque , 
Tiembronne, Verscocq (Verchoque) et Assonval,Wan- 
donne et Àudincthun (pouil. du dioc. de Boulogne). 

Fay (le) barn. c ne de Thiembronne. 

Febvin-Palfart, c on de Fauquembergues, 848 h.; 
en 4698 : 467 hab. — Fevin, xv e s. pouil. de Thé- 
rouanne et de Boulogne, cout. d'Artois,' 1679. — 
Febvin-Palfart, 4698, Bignon. 

« Fevin-Palfart, partie de S-Pol, de Blangy (Fab- 
» baye), d'Aubigny-la-Marche et du chapitre d'Ar- 
» ras » (Maillart) . Il résultait de cette division que 
ce village était dans le ressort de quatre juridictions 
différentes. Les terres qui dépendaient de la prévòté 
de l'abbaye de Blangy ressortissaient immédiatement 
au conseil d'Artois. Souslerapportspirituel, Febvin- 
Palfart resta toujours compris dans le doyenné de 
Bomy. 

Ferlinghem, barn. c ne de Brèmes. — Frelinghem , 
xn e s. Lamb. Ard. p. 263, 267. — Arnoldus (Domi- 



FIA 87 

nus Àrdensis) atrium Frelinghemensium firmo cir- 
cumcinmt fossato; quodpostea, in dedicalione eccle- 
siolw ineodem atrio eonstitutce, solo wquatum est, 
ibid. — Le valée du prétre au dismaige de Frelin- 
ghen, 1543, aveu du s gr de Rodelinghem. 

L'église de Ferlinghem a depuis longtemps dis- 
parue. Ce village qui était au nombre des dix-neuf 
paroisses du gouvernement d'Ardres, ne compte que 
40 habitants, en 1 698 il en avait 42. 

Ferme (la) Bomble. 

Ferme (la) Bouret, c ne deThiembronne. 

Ferme (la) du Brulot, c nf de Thérouanne. 

Ferme (la) Saint-Jean. 

Ferme (la) des Moines, c oe d'Herbelles. 

Fernage (la), hauteur, c ne de Bomy. 

Fersinghem, ham. c De d'Esquerdes, sur l'Aa. — 
Fresingahem, sitvm in pago Taruuanense super flu- 
vium Agniona, 788, cart. sith. p, 62. — Fresingc- 
hem, ibid.p. 62 et 97. 

Fertin, f e c ne d'Audréhem, autrefois sur Clerques. 
Flour de Fertin, escuter s gr du dit lieu de Fertin, tieni 
en fief de mondit seigneur de Bévres (a cause de son 
chàteau de Tournehem) le chef-lieu du dit Fertin, 
séant au village de Clerques, 1543, terr. de la chat, 
de Tournehem. 

Figuier (le), fief, c M de Tournehem. — Ung fief 
nommé le Figuier... au terroy et dismaige de Belle- 
verdure (hameau de Tournehem. V. ce mot), 143, 
terrier. 

Flaque (la) Gillette, ham. c ne d'Ecques. 



88 FON 

Fléchin, c 0tt de Fauquembergues, 640 hai).; en 
1698 : 280 hab. — Felchin, H68, Gali. Cbrist. t. x, 
p. 405. — Flechin, U<2, U66, cart. S'-Om. p. 59 
et 191 v d . — Fléchin, village erige en comté, partie 
Aire et per$onnat f Maillart. 

Ce village et celui de Cuhem, son annexé, ont tou- 
jours été compris dans le doyenné de Bomy. 

Fléchinelle, vili. c^d'Enquin, 158 hab.; en<698: 
70 hab. — Flichinet (pour Fléchinel), 1559, Aub. 
Mirai, t. iv, p. 662. — Fléchinel, Bignon. — Fle- 
chinelle, pouil. de Boulogne et Maillart. 

La vietile ferme de Fléchinelle, autrefois ma no ir 
féodal, était, suivant la tradition du pays, le siège 
d'une commanderie de Tempi iers dont les dépen- 
dances s'étendaient sur les territoires voisins. Avant 
89, ce village était annexé à Estrée-Blancbe (pouillé 
de Boulogne). Erige en commune en 1800, il a été 
depuis annexé à Enquin. 

Floyecqde, ham. c ne de Vaudringbem. — Seigneu- 
rie de Floyecques, 1739, pr. v. de la cout. de S l -Om. 

Fol (le) Pensé, ham. c BC de Bléquin. 

Fond (le) de Glein, vallon, e™ de Dennebroeucq. 

Fond (le) d'Eronval, vallon, e 11 ' de Tbiembronne. 

Fond (le) de la Bilance, vallon, e * d'Eperlecques. 

Fond (le) de la Cambre, vallon, c M de Clerques. 

Fond (le) de la Vallèe, vallon, c ae de Dennebroeucq 

Fond (le) des Hury, vallon, e 00 d'Affringues. 

Fond (le) de Thunes, vallon, c ae de Tbiembronne. 

Fond (le) de Vaudal, vallon, c M deWestbécourt. 

Fond (le) du Bdisson, vallon, c M de Thiembronne. 



FON 89 

Fond (le) du Many, vallon, c nt de Thiembronne. 

Fontaine (la), source, affluent de F4a, e" - de Wa- 
vrans. 

Fontaine (la), source, affluent de la Lys, e*' deRe- 
becque. 

Fontaine (la) Grande Chatelaine , affluent de 
THem c Be d'Escosuilles. 

Fontaine (la) Rumont, source, c ne d'Ecques. En le 
ville d'Esque.... la fontaine con disi Rumont, 1316, 
cart. S -Orti, anniv. p. 76, obsolet. 

Fontaine (la Sainte), source, affluent de la Melde, 
c^d'Ecques. — En le ville d'Esque.... d'amont à le 
Sainle Fontaine, 1290, cart. S-Om. anniv. p. 171, 
obsolet. 

Fontaine (la] Saint-Folquin, affluent de la rivière 
d'Àrdres, c°* de Brèmes. — Fons Sancii Folquini, 
xn e s. Lamb. Àrd. obsolet. 

Fontaine (la) Saint-Laurent, affluent de l'Aa , 
c ne de Renty. 

Fontaine (la) Saint-Martin, source qui n'existe 
plus, c ne de Louches. — Une pièce de terre.... en la- 
quelle sourt la fontaine S l -Martin tenant oest à 
Loeuline (la voie romaine de ce nom qui traverse 
Louches), 1542, aveu du s* 1, d'Àudréhem, pour ses 
fiefs en Landrethun, Louches, etc. 

Fontaine (la) Saint-Maxime, affluent de l'Aa, c M 
de Wismes. 

Fontaine (la) Saint-Omer, source , affluent de 
l'Heoi, c ne d'Escoeuilles. 



9o FOR 

* 

Fontaine (la) Saint-Pierre, source, affluent de la 
Li ette, c M d'Eperlecques. 

Fontaine (la) Saint-Pierre, source, affluent de 
PAa, e** de Thiembronne. 

Fontaine (la) Saint-Pierre, source, affluent de 
l'Hem, t m de Nordausque a Welle- — Le ruyssel qui 
vieni de la fontaine S*- Pierre , 1516, aveu du s* r de 
Welle, 

Fontaine (la) Saint-Quentin, source, affluent de 
l'Aa, c ne de Longuenesse, C'est la principale source 
qui fournit de Teau à la consommation des babitants 
de S-Omer, 

Fontaine (la) Saint-Sorémichiel, source* afilueut 
de l'Aa, c M de Setques. — Au terroir deSeteke.... 
dessoubs les Cauffoun et est appellée li diets preis à 
le Fontaine Saint-Sor émichiel, 1349, cart. S-Orn. 
anniv. jf. 113. Obsolet. 

Fontaine (la) Sainte-Frevisse, source, affluent de 
la Laquette, c ne de Bomy. 

Fontaine (la) Sainte-Soieque , affluent de TAa, 
c ot de Blendecque. 

Fontinettes (les), ham. c M d'Arques. 

Fontinette (la) Saint-Giiles, source dans le bois 
de la Haie, c ne de Mentque-Nortbécourt. 

Forestel, barn. c nfl de Merck-S'-Liévin. 

Fort-Batard (le), barn, partie sur Audruicq et 
partie sur Nouvelte-Eglise, des deux còtés du canal 
de S-Omer à Calais, autrefois le Polvarl. (V. ce mot 
et Barrière» de France). 

Fort (le) Brulé, ancien fort anglais établi sur la 



FOR 91 

rive droite de la mème rivière, a son einbouchure 
avec le Houlet, c né de Guemps. Ce fort avait donne 
son nom à cettepartie du Polvart aujourd'hui le Bas- 
Houlet, V. ce mot. 

Fort de la Motte, c ne d'Àlquines. On donne ce 
nom à une motte de défense élevée dans les cbamps à 
environ 500 mètres au nord-ouest de l'église. (Test 
une espèce de terrasse d'environ trois mètres de hau- 
teur, formantun carré mesurant environ 150 mètres 
de chaque coté et environnée d'un fosse profond dé- 
fendu par une baie et des buissons d'épines. Cette 
motte où tes babitants d'ÀIquines se réfugiaient avec 
leurs bestiaux etleurs biens pour s'y défendre con tre 
les garnisons anglaises et espagnoles qui couraient 
le pays, est fort ancienne. 

Forte-Taille, V. bois de la Forte-Taille. 

Forteville, ham. c ne de Nortkerque. 

Fort Mahon, emplacemsnt d'un ancien fort sur le 
canal de S'-Omer à Calais, au Boi$-en-Ardres, c ue d'Ar- 
dres, écart forme de quelques habitations en cet en- 
drpit. 

Fort Mahon, ham. c n *de Blendecques. 

Fort Philippe, ham. c^d'Oye, à l'extrémité ouest 
du chenal de Gravelines. On l'appelle aussi le Grand 
Fort Philippe, pour le distinguer du hanwau forme, 
del'autrecóté du chenal, sur Gravelines et portant 
aussi le nom de Fort Philippe. — Ce hameau qui 
comptn une population de pécheurs de 113 babi- 
tants, doit son nom à un fief éfevé en cet endroit par 



92 FOU 

Philippe IV, roi d'Espagne en 1637 et démoli Yingt 
ans après en 1657. 

Fort (le) Rebus, ham. c M d'Àudruicq. — Ancien 
fort construit au xvi e siècle en cet endroit. — Le Re- 
busche et Rietbusche, xvii* s. ardi. d'Àudruicq. 

Fort (le) Rouge, éc. c Bt d'Ardres, emplacement de 
l'ancien fort de ce nom. 

Fort (le) Rouge, ham. c M d'Arques, près de Tan- 
cien fort de ce nom, sur la route de S'-Omcr a Cassel. 

Fort (le) Saint-Franqois, ham. c M d'Aire, près de 
la citadelle de ce nom. 

Fort (le) Saint-Jean, barn, e 11 ' de Polineove. — Le 
(ort qui s'élevait en cet endroit s'appelait primitive- 
ment le Fort du Nouveau Moulin. Il dut son nom 
actuel a l'effort infructueux que tenta le maréchal de 
la Force, le 24 juin, jour de la St-Jean 1638, pour le 
reprendre sur le prince Thomas qui Favait pris d'as- 
saut la veille. 

Fourdebecque, ham. c M de Wavrans. 

Fouxolles , ham. c ne d'Audréhem. — Foxola et 
Voxola, 1126, chron. Àndr. p. 391. — Decimavi 
quamdam de Voxashola et de spineto, 1134, ibid. — 
Vocsole, 1170, p. 468, ibid. — Bandoni n Duchin, 
escuyer capitaine dufort de Fouquesolle, 1372, An- 
selmo. — Chasteau de Fouquesolle, 1542, aveu de 
Jacques de Fouxolle. — Chateau, terre et seigneurie 
de Fouquesolles, 1739, pr. v. de la cout. de S'-Omer. 

Ce vieux chateau, depuis longtemps a usage de 
ferme, s'élevait sur une motte entourée d'eau. Il a 
été démoli et remplacé par un autre corps de logis, il 



FRO 93 

y a environ vingt ans. Ce domaine relevait du chàteau 
deTournehem. # 

Fresne (le), ham. c nt de Landrethun-lez-Ardres. 

Frctdevalle, eh™, c ne de Racquingbem. — A Ra- 
quinghem vers Froideval, 1365, cart. chart. p.327v°. 

Fromentel, ham. c ue d'Alquines. 



G 



Gàgevet (le), quartier du village, c ne de Tournehem. 

Galopin, ham. c°* de Ledinghem. 

Garenne (la), boiset éc. c M d'Arques. 

Garlinghem, ham. c ne d'Aire. — Garlinghem, ha- 
meau, parome de S^Martin (lez-Aire) , Maillart. 

Ghiselhus (le), noni que portait la 'maison où se 
tenaient les audiences du Pays de Langle, à Munc- 
quebeure, c De de S-Folquin. — Le Ghiselhus et sei- 
gneurie dudicl Langle, 1429, cart. chart. p. 166. — 
Au dit pays, de tonte anchiennelé, a eu et accous- 
tumé avoir une maison flammee le Ghiselhuus, as- 
size en la paroisse de Saint-Folquin , eri laquelle 
maison les officiers du dit pays ont accoustumé de 
eulx assembler pour le fait de la justice et d€y tenir 
plais. 

Glein, ham. c oe de Dennebroeucq. — Belinghem et 
Glein, 1539, A. Mir. t. iv, p. 662. — C'était Glein 



GHA 95. 

qui donnait alors son nom à la paroisse, V. Denne- 
broeucq. 

Glominghem, ham. c Be d'Aire. — .Gummelinghem* 
1207, A. Mir. dipi. Belgic. t. ni, p* 371 . — Gumi* 
nelinghere, es£ éviderament une jnauvaise lecture. 

Gobsart (le), bob, c ne de Touruehem. 

GouiDENOVe, ham. c ne de Brèmes, autrement dit le 
marais. — Aldemhova, 1084, chron. Aodr* p. 348. 
— Oldenhova, 111 7, ibid. p. 363, 397. 

Grand Bois (le), ham. c ne d'Helfaut. — Le Bos 
d'Amont (par opposition au Bos d'Aval, aujourd'hui 
le Petit Bois* V. ce mot), 1412, cart. S l -Qm. auniv. 
p. 58, 59, 60, 61 et €2. — Es villes paroiches et ter- 
ritoires de Billeque, Belle fault et Pihem.... à la 
place du dit Bos d'Amont.... au kemin qui moine du 
Bos d'Amont àS l -Omer, ibid. En patoison prononce 
Grand Bos. 

Grand Cavin (le), ravin* V. Cavin. 

Grand Drack (le), watergant ou canal dedessè- 
chement, c ne de S e Folquiii- 

Grajvde Eglitre (la), hauteur, c° e de Jouray. — 
Une place nommée la plqce du Bette sur l aquelle 
passe le chemin de S x -Qmer par la Grande Eclitre et 
le Loquin à Boulo§ne, 4778, uveu du s gr de Journy. 
La Grande Eclitre est aussi appelée le Uont A' Eclitre. 

V. ce mot. 

Grande Etxu§E (la),,écluse qui ferme les grands 
canaux de dessèchemeut du pays de Langle. et du 
village d'Qye, a leur enpbouchure dans TAa prèsde 
Graveliues; cette écluse si importante pour cette 



96 GRA 

contrée, à cause du voisinage de la mer, est sur la 
eommune de S l -Folquin. Elle est désigné sur le ter- 
rier anglais du Calaisis sous le nom de: The sluce 
havon. £n 1372, uneebarte de Marguerite, comtesse 
d'Artois, permet aux éehevins du pays de Langle de 
la reconstruire ainsi que toutes les autres poto* em- 
pècher Feau de la mer d'inonder leurs terres. [Grand 
cart. deS'-Bertin, t. v, p. 177. 

Grande Helle (la), f* c oe d'Eperlecques. 

Grand Large (le) , cours naturel de la rivière d'Aa 
depuis le Haut-Potìt jusq.u'à Watlen. — Aa riv. 
1778, cart. du dioc. de S'-Om. — Vetus A, 1139, 
cart. S -Om. p. 1 . — Paludosa terra cujut termini 
sunt de Huulelec (riv. de Houlle) usque à lec (riv.) de 
Sercke, usque ad Veterem A, ibid. Dans un autre 
cartulaire on lit : usque ad Vetus A. 

Grand Manillet, barn. c ne deMerck-S l -Liévin. — 
Maisnillet, 1459, carUS-Om. anniv. — Queminqui 
maisne d'Oweau Maisnillet.... terres du Maisnillet. 
ibid. — Le Petit Manillet qui est sur Ouve, portait 
alors le nom de Maisnil et souvent ces deux bameaux 
étaient désignés sous le nom des deux MrisniI : Le 
quemin qui maisne du Maisnil à /' autre, ibid. 

Grand Marais (le), ham. c le de Wittes. 

Grande Meer (la), étang, canal et écart, e 00 de 
S'-Omer, dans le marais. Meer en flamand, signifie 
lac, étang. A S -Omer, ce mot était particulièrement 
usité pour designer les lagunes ou étangs creusés 
par l'extractipu de la tourbe. Ce sont ces lagunes qui, 
en s'ajoutant les unes aux autres, ont forme peu à 



GUE 97 

peu le réseau des grands canaux qui sillonnent en 
tous sens le hassin niarécageux situé à Test et au 
nord-est de S'-Omer. Les fosses a tourbes isolées et 
de moindre importance s'appelaient Wael, gouffre, 
trou. V. Meer et Petite Meer. 

Grande Rue (la], quartier du village, c ne de Lou- 
ches. Cette rue porte aussi le nom de Chemin de 
Lenirne. V. ce mot. 

Grande Vallèe (la), vallèe de Ledinghem dans 
cette commune. 

Grand Quiestède. V. Quiestède. 

Gèand Semblethun (le), f e , c Be de Coyecques. — 
Semole-turi, Grand et Petit, cerne, paroisse de Coyec- 
ques, Maillart. — Fiefet seigneurie de Sdmblethun , 
pr. v. de la rédact. de la cout. de S -Omer. 

Grasse Payellè (la), ham. e** de Zutkerque. 

Greupe, ham. c nc de Bomy. 

Grise -Pierre (la), ham. e 66 de S le -Mariekerque, 
sur le canal de S-Omer a Calais. — Bac ou passage 
de la Grise Pierre, lieu où Ton passe le canal entre 
Ruminghem et S^-Mariekerque. 

Gris Mont (le), hauteur, e** de Rebecque. 

Groenwech (le),nom d'un chemin de S^-Marie- 
kercpie au xv c siècle. — En la parroche de S te -Marie 
Eglise, entre la diete rivière (d'Aa) et un chemin que 
l'on nomme le Groenwech (c'est-à-dire le Chemin 
Vert) , 1 456, cart. chart. p. 1 3 v°. 

GrosTison (le), f e c ne de Thiembronne. 

Guemp, c oa d'Audruicq, 795 hab. — Ganape, 8$6, 

838, cart. sith. p. 158 et 160. — Ganapenses, les 

7 



98 GUE 

habitanls de Guemps, Lamb. Ard. p. 55. — Ganep . 
1216, de Godefroy. — Henry de S'-Omer-Capelle , 
Guy de Oye, Predo de Ganep, ibid. — Decanati** de 
Merch.... Audrewic in Bredenarda , Ganep , ete. 
pouil. du dioc. de Thérouanne. — Gemp, pouil. du 
dioc. de Boulogne. — Ghemps , terrier anglais. — 
Guemp, 1583, cout. de Calais, grand cout. de Riche- 
bourg. 

Guemp, Fune des paroisses de la vicomté, de la 
keure ou échevinage et du doyenné de Merch (Marck), 
puis du gouvernement et du doyenné de Calais, an- 
nexé à rarehevèché de Cantorbéry, sous la domina- 
tion anglaise, continua, après la reprise de Calais, à 
faire partie du gouvernement de cette ville, autre- 
ment dit le Pays reconqun, et redevint l'une des pa- 
roisse*s du nouveau doyenné de Merch, rattaché au 
diocèse de Boulogne. 

GuÉAn, e™ d'Ardres, G4 hab.; en 1698 : 41 bah. 
— Oppidum nuncupatam Gimiacum, ix c s. Vita S. 
Bert. m 89 n° 819, bibl, comm. de S'-Omer. — Ghi- 
mini (probablement pour Ghimmi)> 1186*, gr. cart. 
de S L Bertin, t. 1, p. 454. — Ghimiaeutn, xu e s. 
Lambert. Ardr. p. 22.-L — Ghémy, 1311 et 1335, 
comptes du baili, de S-Omer et de la chat, de Tour- 
nehem. — Ghémy et Gnémy, 1471 et 1542, terr. de 
Tournehem. — Ghimi/, 1510, comptes de la fabrique 
de Guémy. — La dite terre et seigneurie de duerni/ 
se consiste en terre à clocher.... en outre en une 
ferme.... oii étoit autrefois le chateau dndit liev. 
1778, reg. aux fiefs de la chat, de Tournehem* 



GUZ 99 

Guémy, autrefois du doyenné d'Alquines, fut réuni, 
en 1566, à celui de Tournehem dont il dépendait 
sous le rapport de la mouvance féodale et de la juri- 
diction. 

Guindàl (le), ham. c ne de S l -Folquin. 

Guisbergues (les), chaine de collines, c ne de Re- 
bergue. 

Guzelinghem, ham. c ùe de Moringhem. — Terre 
et seigneurie de Guzelinghem e ti Moringhem, 1739, 
pr. v. de la rédact. des cout. de S-Omer. 



H 



Haguember(ujf. et Haquembergue, petit bameau, 
c ne de Loucbes. 

Haie (la), bois, c ne de Menlque-Nortbécourt. 

lf.UE (la) de Licques, bois, e nc de Bouvelinghem. 

Haie (la), fief, c no de Surques. — Terre, fief et sei- 

yneurie nommée La Haie.... manoir amasé de mot- 

' tes, fossez , 'baste court , gardim , preis t pasture*, 

terrea ahanables et bois terr. de Tournebem , 

t;>43. 

Haujnes, c c " de Lumbres, 619bab.;en 1698: 
145bab. — Terra de Haneline. 1 139, cart. S. Om. 
p. 2. — Hanlines, 1240, de Godefroy. — ilallines , 
14-16, cart. S. Om. anniv. p. 34. — Hallene,Ma\\- 
lard. — Hallines du doyenné d'Arques sous le dio- 
cese de Tbéroiianne et du dovenné d'Hellefaut sous 
le dioeèse de S -Omer, faisait partie du bailliage de 
eette derni ère ville. 

Ralimbrougk, fief dans le marais de la commini? 



BAU 101 

de S-Martin-au-Laèrt. — Hall incbr otte, 1387, cari. 
S. Om. p. 30 v°. r- Hallimbroucq, 1427, ibid. p. 
134 v\ 

Hàmeau (le) d'en Bas, hani. c" e de Racquiughem. 

Hamel (censedu), c oc d'Aire. 

Hamel (le) ham. c ne de Clerques. 

Hamel (le) ham, c oe de Coyecques. 

Hamel (le) c nc de Nielles-lez-Bléquin. 

Hamel (le), m in c ne de Blendecques, sur la rivière 
d'Aa. — Itfolendinum apud Hamel, 1139, cart. S. 
Om. p. 1 . — Amelum, 1 159, ibid. p. 3. — In Blan- 
deka apud Hamel auatnor molendina, gr. cart. de 
S l -Bertin, t. in, p. 294. — Le nom de ce moujin et 
du liameau est aujourd'hui con mi sous celai de 
Moulin Snick ou Moulin Porion. 

Hamel (le), fief, c ne d'Enquin. — La seigneurie du 
Hamel enSerny, pr. v. de la rédac. de la cout. du 
bailliage d'Aire. 

Hamelet (le), ham. c^deMercq-S'-Liévin. 

Harlettes, ham. c oe de Coulomby. — La seigneurie 
de Harletle en Coulomby, pr. v. de rédact. de la 
cout. du baili, de S. Om. — Harlette, hàmeau, pa- 
rome de Coulomby, Maillart. 

Hartweg, nom d'un ancien chemin, c nc deMent- 
que-Nortbécourt. — En la parome de Boucout il 
jtasse un quemin, parmy les dicles deux mesures, 
nomine le Hartweg, 1431, cart. chart. p. 212. 

Hasque. V. Wasque. 

Hauts Arbres (les), ham. c DC de S'-FoluUin. 

Haut-Arques, ham. c ue d'Arques. 



1 02 HÀtf 

Haut-Loquin, c on de Lumbres, 267 hab. — Bai- 
duinus de Lockim, 1213, chron. Andr. p. 606. Ce 
village ainsi appelé pour le distinguer du Bas-Loquih, 
hameau d'Audréhem, est communément désigné sous 
le nom de Loquin, comme il l'était autrefois. Il a 
toujours été l'annexe d'Alquines ; il faisait partie du 
bailliage de S-Omer. 

Haute-Drève (la), bois, c" c d'Acquin. 

Haute-Meldicque, noni de la principale branche 
de FAa entre Arques et S'-OmeV. V. Basse-Meldicque 
et Meldicque. 

Haut-Guemps (le), barn. c De de Guemps. 

Haut-Mont (le) barn. c ne de Moulle. — En ttaull- 
Mont en la parome de Monile, 1448, cart. chart. 
p. 21 4. La hauteur sur laquelle s'élève ce hameau est 
désignée dans les chartes de la mème epoque sous les 
noms de Haberch, Haultberch, altère du mot Hoch 
berg, haut mont. 

Haute Montoire (la), barn. c oè de Zutquerque. V. 
Mont otre. 

Haute-Muraille (la:, c De de S-Folquin. 

Haute Pannée (la), barn, des c nes d'Alquines et àe 
Quercamp. 

Haute-Planche (la), ham. c nc deRecque. 

Haute-Planque (la), ham. c ue d'Àlquines. 

Haut-Pont (le), faubourg de S-Omer, primitive- 
ment la partie basse de la ville , au-depsous de, la 
place du Haut-Pont, entre la rivière d'Aa et celle des 
Tanneurs. — Une maison estanl en Hauli-Pont, en 
lente de le Brouette.... aboxithsant par derrière 



HAV 103 

am étuves duLeu et du lìosendal, 1409, cart. chart. 
p. 41 et suiv. — Une maison queon dist le Pot es- 
tans dehors le Haultpont, 1363, cart. S. Om. anniv. 
p. 13 v°. — Une maison diete du Pot, estans entre 
deuxportes au Haultpont, 1407, ibid. p. 15. 

Le mot Haut-Pont n'est que ltf traduction de cetui 
de Hobrigheqqi, dans le dialecte flamand de S'-Omer, 
a la méme signification. De là le nom de Hobrighc- 
narts par lequel on désignait les habitants de ce fau- 
bourg. (Ordorinance du Magistrat de S'-Omer du 3 
septembre 1423, archives communales de la ville). 
— Mansurajuxta Hobrighe (la maison du Pòt doni 
il est parie ci-dessus], 1139, cart. S. Om. p. 1. — 
Parspaludis, in parochiaS. Martini extra parietes, 
apud Hobrighe, xm e s. Obit. eccles. S. Audomar. 
Laparoisse S -Martin hors les murs s'étendait dans 
l'intérieur de la ville sur toutle quartier situé au delà 
de la rivière, depuis le bas de la rue de CalaisjusqiTà 
la porte de Dunkerque. 

Hàute-Rue (la), ham. c ne d'Offekerque. 

Haut-Scoubroucq (le), ham. de Clairmarais. 

HàUTEr-ViLtE (la), ham, c oc deJourny. 

Haut-Wissocq , ham. c 8C d'Audréhem. V. Bas- 
Wissocq et Wissocq. 

Havelt (le), terre érigée en majorat, sous lares- 
tauration, c ne d'Arques. G'est le nom d'un canton de 
terre qui comprend les prairies situées au bord de la 
rivière. (Ha-x>elt ou À-velt, champ de l'Aa ou de la 
rivière). — La petite rivière (d'Arques) faisant la 



m HEL 

séparation des prés nommés le Havelst, 1588, sy- 
nopsis, t. ii, p. 9. 

Hébergue (le), bois depuis peu défriché, c tte de 
Nordausque. 

Hecque (le), bois, c ùe de Louches. V. Hiet. 

Hégrie (la), f e c oe de Coyecques. 

Helceke. V. Nordausque. 

Hellebroucq (le), barn, et ch au , c oe d'Eperlecqués. 

— Hairbrouck, 1325, cart. chart. p. 198. — Une 
maison à Hairbreuc sour la rivière (la Liette), ibid. 

— Herebrouc, 1413, gr. cart. S l -Bert. t. vi, p. 126. 
Hellefaut, c on de S l -Omer sud, 1223 bab.; en 

1698 : 210 bab. — Helefelt, 1139, cart. S. Om. p. 1 . 

— Hellecwelt, pouil. du dioc. de Thérouanne. — 
Terra de Hellefault, 1139, Cart. S, Om. p. 1. — 
Hellefaut, 1310, ibid. p. 112. — Per clivum montis 
prominenti* oillw quw locus ecclesia vocatur, prò 
eo quod beatissimi martyres Fuscianus et Yictoricus, 
in fronticipio christianis incolomm terra* prima- 
riam feriuntur ibi constmxisse ecclesiam f respisciens 
coatra monasterium (S lì -Bertini) ex parte occiden- 
tali, ix e s. liist. des miracles de S-Bertin, m ss de la 
bibliotb. comm. de S-Omer. Il semblerésulter de ce 
passage que le noni d'Hellefaut a dù primiti vemeii t 
s'écrire Healle falt ou Healle felt, ehamp ou lìeu de 
l'églisé. (Glossar. Wachter. V. Halle). 

Hellefaut, du bailliage de S'-Omer, était le siège 
d'un doyenné dont dépendaient les paroisses sui- 
vantes : 1° Sous le diocèse de Tbérouanne : HeUec- 
toelt Hellefaut), Tienbronné, Lunrentia seti Lwm- 



HEM 105 

bras (Lumbres), Merkems (Meroq-S l -Liévm , Pihem, 
Heuringhem, Wavranh, Wyma (Wismes), Rumilty., 
Dohem , Blekin , Kierstede (Qniestède), Wrestreke 
West-Ecque) , Harbele S. Leodegariu$ (Herbelles), 
Coiacus S* Petri (Coyecques), Capello de Ponchi 
(à Coyecques). W andatine, Radinghem, S. Ntcolaus 
de Esca (Ecques), Nielles in Bolonesio (Nielles-lez- 
Bléquin) ; — 8° sous le diocèse de S'-Omer : Helle- 
faul, Wiserms, Hallines, Blendeeques, Heuringhem, 
Bilques, Ciaf eque, Théronanne, Inghem, Ecques. 

Hem (!'), noni que la carte de Cassini et la grande 
carte de France attribuent a la rivière de Tournehem. 
Cenoni tout nouveau est generatemeli! adopté. V, 
Rivière. 

Hemmes (les), barn. c Qe d'Oye. Ce mot est un nom 
commun qui, sur le littóral du Calaisis et de la 
Fiandre iVaneaise, se traduit aujourd'hui par colui 
de renclotures, mot équivalent à celui de polder et 
servant a designer les relais de la mer endigués et 
inisen culture. De là les noms de Hemme$, Grande» 
Hemmes, Petite* Hemmes, Hemmes S'-Pol, etc, du 
flamand Heym^ Heyn, clóture et particulièrement 
relais de la mer endigués — cum jactibus mari$\ 
scilicet Uzib et aliisjaeUbus, 4239, chron. et cart. 
abbat. S. INicholai Furnensis, p. 68. — Terre Hemps 
et rejet de la mer, xvi e s. cout. du pays de Langle, 
gr. cout. de Richebourg, t. i, p. 313. — Par la 
formatimi d'une digue que les dits adjudicataires 
ont fait faire, les dites terres Hemps S^Pol, se trou- 
cent augmentèes de 198 mesures de terre qui serant 



106 HER 

minenen culture, 1762, synopsis arch . S. Bert. t. il, 
p, A4, m M de la bib(, de S^Omer, n° 804. 

Hemery, éc. c°* d'Ardres. 

Hennuin, ham. e** de S^-Mariekerque, de S l -Fol- 
quhi etd'Audruieq. — Sur le Mardicq , ducete le 
Overdrach (Gutndal) de Hàinnb-Wàins, 1444, cart. 
chart. p, 456. 

Herbelle, c oa d'Aire, 319 hab.; en 1698 : 111 bab. 
— Hardera, 1016 Miraei dipi. belg. t. iv, p. 176. — 
Harbela, 1026, 1093, cart. sith. p. 175,245.— 
Ikrbela, 1107, ibid.'p. 218. 

Herbelle, jdu bailliage de SM)mer, tit partie du 
doyenné d'Hellefaut sous le diocèse de Thérouanne 
et du doyenné de Bléquin soìis le diocèse de Bou- 
logne. 

Herdouzain (l), bois, c* e de Bòuvelinghem. 

Héricat (le), ham. c ne de Ronningues^lez-Ardres,' 
situé à l'extrémité d'un prefopd vallon au bord de la 
forèt de Tournebem et voisin d'un a*tre bameau dit 
le Trou+Perdu. V. ce mot. — Chernin qui madsne de 
l'église de Bùnmgues au Hmieat, xvi e s. terr. de là; 
diateli, de Tournebem . — Près le Héricart, ibid. 
On prononce, dans le pays, Hurica ou Hmiriea* On 
dit d'un homme fàroùclie et peti civilisé qu'oti dirait 
qu'il est né à l'Héricat ou au Trou-Perdu. 

Hetrles (les), bois, c ne d'Escoenilles. 

HeRmitage (1'), éc. c oe de Brèmes, 

Hermitage (1), barn, bois et chàteau, c oe de Blen- 
decques. 

Hermitage (!'), bois, c° c de Boiny. 



HEU 107 

Hermita6e (F), bois, e" é d'Enquin. 

Hermitage (F), bois, e™ de Mentquò-Nortbécourt. 

Hermitage (F), bois, c ne de Wisques. 

Hértboen, fìef, c tte d'Àudruicq.— Un fief sitile au 
terroir d'Oudervcic appelé Hertboen, 1300, de Gode- 
froy. 

Herselbergh ou Hoselberch et Kèselberg, an- 
cien nomdelahauteur qui domine a Fouest S'-Martin- 
au-Laèrt, manoirqui existait en cet endroit. — Inter 
Hoselberch et Burkcs, 1439, cart. S. Om. p. 1 et 2. 
— In loco qui vocatur Herselbergh et juxla molen- 
dinum ultra Làrt ctjuxta molendinum de Eqnout, 
in parochia sancti Martini extra muYos sancti Au- 
domari, 1256, cart. S. Om. anniv. p. 27 v a . — Un 
manoit situé à Salperwicq dit Kèselberg h....: d'a- 
mont le moulin qui va de Salperwicq à LeuUne, 1 481 , 
synopsis, t. i, p. 147. 

Hervàrt, ham. et eh™, c ne de S-Martin-d'Hardm- 
ghem. — Les fiefs XHerrarre, oziers f prez, paturès, 
secqpdture, cnclos, bóis, eaux, viviers, chateau àvec 
cour et basse cour, 1562, dénombrement du due de 
Croy. — Herrewart, 1739, cout. du bailliage de 
$M)mèr. ; 

Hereweghe. V. Petite Leuline. 

Hereweghe. V. Nouvelle-EgHse. 

Heuringhem, e 011 d'Aire, 482 hab.; en Ì698 : 442 
hab. — Henrikdgahem , 82$, cart. sith. p. 159. — 
Hemekingahem, Henrikingahem, 857, ibid. p. 161; 
165. — A Blendeque en envers Horinghern du coste 
de le Creme Voie, 1303, cart. S. Om. anniv. p. 169. 



108 UOL 

— Le cote qui va d'Oringhem à Esques, 1307, cart. 
S. Ori. anniv. p. 75. Heitringheìn, 1318, ibid. p. 
77 v°. 

Fief'du bailliage d'Aire puis de S l -Omei\ Heurin- 
ghem dépendait, comme paroisse, dudoyenné d'Hel- 
lefaut. 

Heurtevent, f e c ne de S l -Folquin. 

Hiet, fief, c ne de Louches. — La terre et seigneurie 
du Hiet sé ani au dict Louches et pah etwyron et s'es- 
tend jusques au dismage de Tournehem, 1543, terrier 
de la e Iva teli, de Tournehem. — Ce nom s'est altère 
en celui de Hecque que porte encorc un petit bois. 

Hillant, bois, c oe d'Audréhem. 

Hocquerie (la), f 6 , c de d'Ove. 

Hocquet (le), ham. c ne de Blendecques. — Hocket, 
1196, cart, S. Om. anniv. p. 39. 

Hole (le), bois. 

Holkstraet (le), noni d'un ancien chemin, c ftft de 
Serques. — Mn le paroiche de Serques ou lieti ou l'on 
disi Merre oest de le Holestraet, 1424, cart. chart. 
p.317. 

Hollande (le), ham. c fte de Recques. — Le rue me- 
nani de Recques à le Hollande, 1548, rapp. du s gr de 
Recques et du Vroland, terr, de Tournehem. 

Hollestraet, nom d'une ancienne rue, c M d'Ec- 
ques. — A Esques,,... le rue qui maine de Holles- 
traet à le Sablonnière, 1466, cart. S, Om. anniv. p. 
1 91 . — Ix chemin qui maine du poni Ver Un à Hol~ 
lestraet. 1467, ibid. * 

Holmjxgues, P et fief, c ne de Nordausque. — A 



■~'>~y-,~ 



£suaa 



HON 109 

Hollhighes en la parome d'Ausque, tenant de zud à 
la Bertelte de Hollinghes, de nort au quemin qui 
pansé pardevaul la maison du diti Bertelle, 1 453, 
eart. chart. p. 6. — Sur le West-Moni, tendnt òest 
à la terre de Holingues, de west au dismage de Leu- 
linghem et Tourmhem, 1544, dénomb. du s^ da 
Plouy^n Noràausque. Cenoni est tombe en dèsué- 
tude. Il est fort douteux qu'il y ait identité entre ce 
lieu et la vacherie désignée dans le cartulaire de Fol- 
quin sous les noms de Huolingaa/m et Wolingaham. 

Hondrecoutre, fief et f c e 06 de Louches. — Gra- 
naeontra, (pour Ondrecouira), 1118, ehron. Àndr. 
p. 408. — Hongreconrte, 1244, testament de Ban- 
rftwtin HI conile de Guinea, gr. eart. S-Bertin , 
t» in, p. 35. — Hondreoomtre, 1517, terr. de Tour- 
nehem, — - La teignmrie d'Hondrevoutrc , 1778, 
antre terrier. 

Hongrie (la), P c M de Leulinghem-lez-Etrehem. 
— ■ Lemanoir quon nomme Hongherie, 1318, eart. 
chart. p. $46 ?°. — Toutes les terres et les catex et 
toutes les appartenances qui affièrent à le court qu'on 
oppile Homgìmie, 1320, tbid. — En leparroche de 
Loninghem, bosten (à F-estt de) le Hongherie, 1517, 
tfaM. — Entre Wisseke (Wisques) et Hongherie par 
d'évad le ios de Wisseke, 1317, ibid. — Hongrie, 
wmteen la parome de Leutinghem, Mailliart. — Celie 
ferme est démolie depuis quelques annéés. 

Honinghem, ham. c oe de Febviti-Palfart. 

Hoktaut, fief , c M d*EscteuiHes. — Un manoir 
wmavé de maison, nommv Honvaet, qui est k chef- 



HO HOU 

Ikn de la dite seigiieurie d'Honvaul..*. list ani mn 
midi à la tue conduhant de la piate d'Escwuilte ven 
Vèglne, 1776, aveu du s gr de Honvaut, terrier d'Es- 
coeuille$. — Jullien de Honvaut, amsy e&emer * r de 
la Salle et d'Escceullez en partie, 1502, aete de sai- 
sine, arch. de l'église de Tournehem. 
. Houixe, c on de S-Omer nord, 485 hab.; en 1698 : 
210 hab. — Molendinum de Huneles , 1075, eart. 
oidi. p. 195 et 198. — Hunela, 1093, ibid. p. 215. 

— Honela, 1178, ibid. p. 339. — Honnle, 1186, 
ibid. p. 367. Nous croyons que ces mota doivent étre 
lus: Huwle$, Hwmla t Honela et Honulle.'—Hoidle, 
1296, gr. cart. S^Bert. t. iv, p. 29. 

Le nioulin et la seigneurie de Houlle appartenate&t 
a l'abbaye deS'-Bertin» ils relevaieut de la cbàtellenie 
de S'-Oroer et faisaient partie du doyenné de cette 
ville, sous le diocèse de Thérouanne et du doyenné 
de Longuene&se sous le dioeèse de S'-Omer* 

Houjxeron, haxn. c De d'Aire. — Howderon , ha- 
meau, parois&e de Q-Pierre dans la ville d'Aire, 
Maillart. 

Hoclet, rivière* de Marek, prenant uà issa noe au- 
près du Fort-Rouge, c oe d'Ardres. — Houdleda, xii e 
s. Lambert d'Ardres. — In Ardemis aqim filo nspte 
in Houdledam apud Mercaritinm defluentcm, ibid. 

— Holet et Hqlled, xvi c s. terrier anglais du Calaisis. 
Cette rivière portait aussi le noni de. Merckled ou sim- 
plement Leed. (V. ces mots). 

Autrefois le Houlet n'était que la continuation de 
la rivière de Nielles et de la Vonneautrement appelée 



HOU \ \ 1 

le Polvart et Rivière de fr^nce. (V. ces mots). C'est à 
partir de leur confluont que c<es deux rivières pre- 
naient le nom de Houlet, jusqu'à leur rencantre avec 
la rivière d'Ardresou iettar*, laquelle donnaii son 
nom au eoursd'eau jusqu'à son confi aent avec la ri- 
vière de Guiaesou Ghisnenlet, à Coulagne* Le Houlet 
comprend deux parties ou deux rivières qui coulent 
en deux sens opposés ; le Houlet proprement dit qui 
prend naissance a Marck etcoule du nord au sud jus- 
qu'à l'aneienne rivière d'Ardres, autrement dit le 
Canal des Trois-Coraets ; elle Bas-Houle* qui prend 
naissance auprès du Fort-Rouge et couledu sud au 
nord jusqu'à sa rencontre avec le Houlet dans le 
canal de Trois-Cornels où vient également se dé- 
charger le watergand de la rue de la Serpentine, ve- 
nant de Guemp. Ces trois cours d'eau réunis incli- 
nent vers l'ouest et vontjoindre au Pont à Quatre- 
Branches ou Pont-sans-Pareil, le canal de S l -Omer à 
Calais et le canal d'Ardres. 

L'ensemble de ces cours d'eau, coinprenant la ri- 
vière, de Guines, qui allait se décharger a la mer à 
travers la ville de Calais, la rivière d'Ardres, le canal 
des Trois-Cornets, le Bas-Houlet autrement dit le 
canal du Fort-Brùlé, la Vonne ou Robecque et la 
Liette ou rivière de Ruminghem qui se décharge 
dans l'Aa, formaient, au moyen-àge, une suite de 
canaux continus depuis cette dernière rivière jusqu'à 
Calais. Cette ligne a été remplacée, après la réunion 
à la France du Calaisis et de l'Artois, par le canal 
actuel de S'-Omer à Calais en 1682. La partie de ce 



H2 HUT 

canal qui, à partir du Port-Rouge, va joindre en ligne 
droite le Pont à Quatre-Branches, date de la première 
moitié du siede dernier. Auparavant le canal suivait 
le Bas-Houlet òu canal du Fort-Brùlé et celui des 
TroisCornets. Cesta cette epoque que le Bas-Houlet 
a été séparé de la rivière de Nielles et du canal par 
la digue actuelle, au pied de laquelte il prend nais- 
sanee. 

Hulin, fief, c -e d'Herbelles. 

Hulin. IV. Mont-Hulin . 

Hurtemse, ham. c oe de Fehvin-Palfart. 

Huttes lesi, ham. e" 6 d'Ove. 



Inghem, c" u d'Aire , 314 liab.; e» 1698 : 105 Lab. 
— Aynghem, 1309, cart. S. Om. anniv. p. 52 v". — 
Aynghehem, 1389, ibid. p. 51 v°. — Inghem, 1360, 
ibid. p. 188. — Inguehem, xvu c s. Bignon. 

Cevillage, en 1698, du bailliage d'Aire, pois du 
hailliage de S'-Omer, faisait partie du doyenné d'Hel- 
Ifìfaut. 

Inglebert, f\ e" de Quelmes. 

Imglinghem, barn, e"" de Mentque-Nortbécourt. — 
Ingiinghem, 1307, cart. chart. p. 191, — In calle 
de Culham, versus Sperleke, juxla semitoni de In- 
giinghem, 1308, ibid. p. 193. — La terre, cense et 
seigneurie d'Inglingken, dismage du dit Boucoud 
;Nortbécourt), 1543, terr. de la chat. deTournehem. 

Islinghkm , ham. c ne d'Eeques. — Yzelinghem , 
1454, cart. S. Om. anniv. p. 841. — Entre Cou- 
hronneet Yzelinghem au quemin qui moine du dici 
f-nubrnnm au divi lieu d' Yzelinghem, ibid. 



J 



Journy, c^d'Ardres, 274 hab.;en 1698: 169 h. 
— Comacum, pour Jornacum, i\° s. vie de S'-Omer, 
Acta SS. 9 septembre. — Jorin pour Jorni f 1084, 
chron. Andr. p. 350. — Jurin pour lumi, ibid. — 
Jorni et Jurni, 1084, 1122 et 1179, ibid. p. 370, 
478 et 385. — Journy, 1383, cari. S. Om. anniv. p. 
29 et 30. — Journy, xv e s. pouil. de Tliérouanne. — 
Terre et seigneurie de Journy monvant de la diete 
chatellenie de Tourìiehem, 1543, Terr. deTourneh. 

Au spirituel , Journy faisait partie du doyenné 
d'AIquines. 

Jumelle (la), barn, et f e , c oe d'Aire. — La Jumelle, 
hameau, paroisse de S'-Martin (lez-Aire), Maillart. 

Jumelle (la) , fief, c no de Tilques. — La seigneurie 
de la Jumelle laquelle sètend dans plusieurs pa- 
roisses de ce bailliage, pr. v. de rédact. de la eout. 
du baili. de S'-Omer. 



k 



Kempouck (le) éc. c ae de S-Omer, dans le marate. 

Ketestroom ou Kattestroom (le), rivière qui est 
une dérivation de l'Aa, prenant naissanee à recluse 
et au fort du Haut-Pont, traversant le marais et al- 
lant rejoindre la branche gauche de l'Aa, dite la ri- 
vière desTanneurs, autrefois appelée VErbostade, le 
Laertstroom ou Narlstroom, avec laquelle elle forme 
le Grand-Large ou Tancienne rivière d'Aa. — Lis- 
tanl de levarti et couchant à la rivière comnmne 
nommè Qwtinstroom, 1489, synopsis alphabetic. 
arch. S l -Bertin, 1. 1, p. 1 



L 



Labie ou Labiette, f e , c ftC de Lumbres. 

Labiette, f c a Audenfort , if* de CJerques. — La 
maison et chasteau d 9 Audenfort , alias Labiette, 
1673, lerr. (leTournehem. Pcu usile. Ces deux fer- 
ines appartenaient à l'abbaye de S'-Bertin, de là ee 
noni. 

Laert. V. S'-Martin-au-Laèrt. 

Laires, e ,n de Fauquembergues , 498 bab.; eri 
1098 : 330 hab. — Terra de Loris, 1148, A. Mirai, 
dipi. Belg. t. iv, p. 17. — Terra de Aam, 1168, 
gall.cbristconfìrinatiofuiidationisS. Augustinijuxta 
Morinum (Tliérouanne,, t.x, p. 405 et 406. — Laires, 
xv c ». pouil. de Thérouanne. 

Ce village était dans le ressort du bailliage de Lil- 
lers et au nombre des paroisses comprises dans le 
doyenné deBomy. 

Lamberge (le), rivière de Tilques, ainsi désignée 
dans une note du proeureur-syndic de S-Omer en. 



LAN 117 

1741 et publiée dans la cout. d'Artois de Maiilart, 
édit. 1756, p. 33. *— Du coté du septentrion, l'extré- 
mite de la banlieue (de S l -Omer) tt dèsignée par dif- 
ferenti buiswns et tertres qui conduisent du buissoti 
de la Tombe (sur Cormettes) à un ancien ravin ou 
courant d'eati nommé In Bienne qui, traversant les 
prez situés au-delà de l'église du village de Tilques, 
va se répandre dans la petite rivière nommée Lam- 
fiERGE. — Le Laènsbergue, matrice cadastrale de 
Tilques. 

Cette rivière va se décharger dans le Grand-Large. 
fV. ce moti. 

Lambert (mede), ham. c n * d'Offékerque. 

Landrethun-lez-Ardres, c ne d'Ardres, 559 hab.; 
en 1698 : 167 hab. — Landregatun, Landringatun, 
Landringetun, 1084, chron. Andr. — Parockia de 
Landertun, 1184, 1209, ibid. — Seigneurte de Lan- 
drethun, 1843, dénomb. de Jehan de Calonne s gr de 
Landrethun, arch. deTournehem. 

Ce village relevait de Guines et en partie de Tour- 
nehem, en dernier lieu d'Ardres ; il faisait partie du 
dctyenné de Guines, comme annexe de Rodelinghem. 
Landrethun était Fune des dix-neuf paroisses du 
gouvernement d'Ardres. 

Languesart (le), bois, c nè de Bouvelinghem. 

Lannoy, f e , c nt d'Affringues. — L'Abiette, le Vai 
Lanoy, censesenlaparoissed'Acquin,'faai\hYt. C'est 
une erreur ; les deux premières sont sur Lumbres, la 
troisième sur Affringues. 

Lannoy, flef, c ne de S l -Omer et de S'-Martin-au- 



H8 US 

Laèrt, dans le marais. — Alnetum, H39, cart. S. 
Om. p. 1. — Concessimus mariscum qui vocatur 
Brest elingbroch et mariscum qui vocatur Pascodes- 
broch in comitatu nostro de Àlneto jacentes, 1226, 
cari. S. Om. anni?, p. 27. — Quatre mesures que 
marès ne eauvce en le singnerie du dit capitle derrière 
Lannoy dont les trois quarterons et trois verghes 
sont terre waingnable (productive^ que on dist lé- 
ghers terre lègre), 1304, ibid. p. 38. — En Lannvy, 
entre la rivière d'Arbostade vers l'oest, ibid. p. 34 . 

— En Lannoy-lez-S'-Omer, faisant front au Lart- 
stroom f ibid. — Le seigneurie de l'Annoy et d'Hnlin- 
broucq qui sont dans la banlieue. ... proc. v. de la 
cout. de S -Omer, p. 26. Ces noms sont aujourd'hui 
complètement tombés en désuétude et oubliés. 

Lanquedicq (le , petit eours d'eau ou canal de des- 
sèchement qui séparait la terre de Ruminghein da 
pays de La n gì e. Il prenait naissance non loin de la 
rivière d'Àa, près de Tendroit dit aujourd'hui l'Aque- 
duc t et allait se décharger dans le Robecque. (V. ce 
mot) . C'est au moyen de ces deux cours d'eau qu'à été 
établi, en 1682 le canal actuel de S-Omerà Galais 
entre la rivière d'Aa et Hennuin. — En le parodie 
de S**-Marie-Eglise (S^-Mariekerque) . . . . aboutant 
vers le zuut au Langhedye, 1 442, cart. chart. p. 155. 

— Les sieu/rs déptités exposent encore très respectueu- 
sement àS. M. que pour faciliter lanavigation qu'il 
lui a più de faire établir entre S^Omer et Calais en 
Van 4682, les Etats ont été obligéspar ses ordresde 
faire creuser, approfondir et elargir à lews frais 



IAQ 149 

certaim deux petits rttisseaux, le Lanquedicq et le 
Robecq, pour les renare en forme de canaux et en 
état deporter bateaux et pour joindre à la rivière 
de Calais qui ne commendati à étre navigable qu'à 
une certaine écluse située au village d'Hennuin, 
1701, Cahier des délibérations des Etats d'Artois, 
areh. d'Àrtois à Arras. 

On appelait alors (en 1785) Lanquedicq^/ Robecq 
la partie du canal de Calais comprise entre Wetz et 
Hennuin, rapport de Fingénieur du % aoùt 18421. (V. 
canal de S-Omer à Calais et Robecque). 

Laque (la), petite rivière qui parait ètrelecours 
nature! de la Laquette (V. ce mot). Elle prend nais- 
sance auprès de la ferme de S l -André, commune de 
Witernesse , traverse le territoire d'Aire dont elle 
forme la séparation d'avec ceux de Lambres, d'Is- 
bergue et de Garbecque, passe sous le canal d'Aire à 
La Bassée au moyen d'un aqueduc en syphon et se 
confond avec le courant Brayèle qui va se décharger 
dans la Lys a S-Venant. — Lacqucsa, 1190, A. Mir. 
dipi*. Belgic. t. in, p. 358. — Inter nemus de Was- 
selau (la forèt de Nieppe) et Lacquetam (luvium, 
ibid. 

Lacque (la), barn. c nc d'Aire, sur la Laque. — Le 
Lac f hameau, paroisse de S l -Pierre dans la ville 
d'Aire, MaillarL 

Laquette (la), petite rivière qui prend sa source à 
Erny-S'-Julien, Enquin, Serny, Estrées-BIanche, où 
elle se grossit du Surgeon (V. ce mot), Liettres, 
Quernes, Witernesse et Aire, où elle traverse la ville 



120 LAR 

pour se jeter dans la Lys. — Wellulajam Laqueta, 
Malbrancq, de Morinis, t i, p. 357, sousTannée639. 

Laronville, ham. c ne de Tournehem, une ou deux 
habitations sont surNortleulinghem. — Larronville, 
1578, terr. de la chat, de Tournehem. 

Lares, fief, c De de Tatinghem. — La terre de Lares 
gisant deseure le ville de Tadinghem, 1435, cart. 
chart. p. 231 v°. — Pour la raison du queminpar 
lequel on va de Tatinghem à Estrehem entre les terres 
que on disi Lares qui soloient esire du fief et tene- 
meni d'Arkingoud (V. ce mot), 1443, ibid. p. 234, 

Lart (le) V. Le iSard et S l -Marti ivau-Laèrt . 

Lart (le), nom que portait une pàture communale 
sur l'emplacement de laquelle s'élève le village actuel 
de S'-Martin-au-Laért. — Lari, 1256, cart. S. Om. 
anniv. p. 27. — Une certame pièce de pré oupastu- 
raige laquelle est par de d f une communaultè appar- 
tenante à la dite ville (de S'-Omer^, nommée le Lart, 
estans au dehors d f icelle t assez près de laporte Bou- 
lissienne, et laquelle partie est assise entre deux che- 
mins quimaisnent de la dite ville à Ardres, Ì403, 
reeueil dechart. des ardi. comm. de S l -Omer, 1739, 
p. 49. Le mot flamand Laer signifie en eftet pàture 
publique, comminiate. 

Lart (le), barn. c ne deNielles-lez-Bléquin. — Lares, 
1240, dénombrement du s gr de Seninghem, de Go- 
defroy. 

Lart-Stroom \le) ou courant du Lart, branche de 
la rivière d'\«, dite la rivière des Tanucurs et de Sal- 
perwick. Elle prend naissance à S -Oiner , sur la 



LEI) 121 

place du Haut-Pont, coule dii sud-est au nord-ouest 
et à Fouest, sort de la ville sous le rempart près de la 
porte de Calais, puis se dirige au nord vers Salper- 
wick où elle recoit un autre petit canal et va joindre 
le Ketestroom avec lequel elle forme le Grand-Large 
ou Fancien Aa. Cette rivière portait aussi le noni 
d'Erbostade ou Arbostade, qui était autrefois celui 
du quai des Tanneurs. — Le rivière d'Erbostade 
quoti dist Lartstroom, 1432, cart. S. Om. anniv. p. 
36. — Le rivière nommée Lartstroom, 1458, ibid. 
p. 156. On prononce et on écrit aussi Nartstroom, 
par la mème raison que le mot Lart s'est altere en 
celui de Nari (V. ce mot). 

Larville, ham. e 18 de Surques. 

Lauverdal, f e et m itt , e™ d'Àcquin. 

Ledinghem (en patois L'dinghein, et fran^ais Le- 
dingan), c on de Lumbres, 345 hab.; en 1698 : 157 
hab. — Ledingheham, 1240, dénomb. d'EInard de 
Seninghem, de Godefroy. — Eldinghem, 1698, Bi- 
gnon. — Ledinghem, pouil. du dioc. de Boulogne. 
Ledinghem ou Aldi 'nghetn, paroisse, Maillart. Àldin- 
ghem et Eldinghem sont Forthographe exagérée de 
L'dinghem l . 

La terre de Ledinghem relevait du chàteau de Se- 
ninghem ; elle était dans le ressort du bailliage de 
S'-Omer et au spirituel, l'annexe de Bléquin. 

Dépendances : Mesnil-Routry , Reaumont, Gaio- 



1 C'est ainsi qu'en patois on prononce l'drainage ou et (traine 
pour le drainage. 



1 *2 LEU 

pin, Neufmanoir, La Rowhoy, le Moulin de Brmcq 
ou Le Breu. 

Leegk (le), branche droite de l'Aa, depuis sa nais- 
sance, à Técluse du Haut-Pont jusqu'à la rivière de 
Ni euri et qui en est la continuation. 

Lennebecque (le), ruisseau, c oa de Blendecque se 
jetant dansl'Aa. 

Ledlène ou Leuline (la), voie romaine deThé- 
rouane à San gate. Après étre sortie de Thérouanne, 
elle se séparé de la cbaussée Brunehaut de Boulogne 
au-dessus du meulin S l -Jean, passe a Herbelles, à 
Bientque, hameau de Pihem ; à coté de Oéhem, ha- 
meau de Remilly-Wirquin ; a Esquerdes où elle tra- 
verse l'Aa, au hameau de l'Hostrat ; à Wisque où elle 
estinterrompue ; à Etrehem, hameau de Leulinghem, 
à Leuline, hameau de Zudausque ; au village de Cor- 
inette ; à l)ifque ; a Culhem qu'elle séparé en deux 
parties, Fune sur Eperlecques, l'autre sur Mentque- 
Nortbécourt : à Nortleulinghem, où elle présente une 
seconde lacune; a Leulène, hameau de Tournehem, 
où elle traverse la rivière d'Hem ; à Zouafque ; a Lou- 
ches, dont elle forme la grande rue ; à Lostbarne ; 
sur Brèmes et Balinghem où elle forme une partie 
du chemin d'Ardres à Guines jusqu'à cette dernière 
localité qu'elle laisse à Test ; à Hames-Boucres ; a la 
Basse et Haute Leulingne ; hameaux de S'-Tricat ; à 
Frethun ; à Coquelle ou Cauquelle (Colquella) ; a 
Peuplingue et à Sangate où elle se termine à la mer. 
(Voir tous ceux de ces noms de lieux qui sont compris 
dans Tarrondissement de S^Omer^ . Voici quelles sont 



LEU 123 

les plus anciennes désignations de cette chaussée : 
Via regalis, xn e s. Lambert d'Àrdres. — Supra mani 
lune tempori* regalem olim Lmliam et populosd 
transeuntium multitudine frequentatavi, Leodeber- 
j*am (Lostbarne), ibid. — Strata publica , xni e s. 
chron. Àndr. : usque adstratampublicam, à Francia 
tendentem in Angliam, ibid. — Stratam publicam 
de Cameraco ad Atrebatum, hinc ad Morinnm et 
usque in mare, usque ad Wilh-Sandum fecit, que 
calceia Brunechildis nominatur usque in hodiernnm 
diem, xvi c s. Yperius chron. sith. Thesaur. nov. 
anecdot. Doni Martenes, t. in. 

Quant au nom de Leulines, il s'écrivait de diffé- 
rentes manières. — A la croix de Culam (Culhem), 
joignant à Le Euweltne, 1326, cart. chart. p. 212. 

— Sur le quemin qui maine de Le Eweltne à Sal- 
prewic, 1407, ibid. p. 220. — Ou quemin de Lewe- 
line en le ville de Loucez (Louchcs), 1358, comptes 
de la chat, de Toumehem, ardi, de Lille. — En 
leparroce de Pihemet terroir de Biequenes (Bientque^ 
au kemin de Leweline, 1389, cart. S. Om. anniv. p. 
55. — The Ewlin Way beginning al the sea side in 
theparish ofSangate ; L'Ewline voie commeiNjant à 
la cote de la mer dans la paroisse de Sangate, xvi e s. 
terrier anglais du Calaisis, à la tour de Londres. — 
The Parish and Township of Pepling (Peuplingue), 
bordered on the eastpart ori the Eulin Way, ibid. 

— The Parish of Calkewelle (Coquelle) in the side 
liette partly the Wlin Way, ibid. — In Sani Ni- 
case (S l -Tricat) abutting west the Ewlinde Way, ib. 



\M LEU 

— In Guisne* abutting east the Ewlinde Wày, eie. 
L'orthographe la plus généralemetit adoptée, à 

partir du xv e siede est Leuline ou Lwuline et Leulène. 

— Sur le quemin de Leuline qui va de bout en bont 
la diete ville de Bienqties, 1483, cart. S. Om. armiv. 
p. 56. — En la ville de Bienqnes, aboutant d'amont 
fi^GRANT quemin de Leuline. — Versmers de Cré- 
hem.... aboutant d'aval au quemin de L(eulline, 
1461, ibid. p. 278. — De là le bois d'Esquerdes.... 
aulezvers mer de Leuline, aboutant d'amont au 
chemin de Leulène, 1552, synopsis alphab. arch. 
S. Bertin, t. i, p. 31 v°. — Au village ou hatneau 
d'Estrehem.... près da grand chemin de Leulène, 
1440, ibid. p. 118 v°. — Dans la vallèe de Cornette, 
west du chemin de Leulenne, 1778, rapport da s gl 
de Connette, arch. de Tournehem. — A Nortleulin- 
ghem, aboutant d'orient au xieu chemin de Leu- 
lenne, alias, au vìeu chemin royal, reg. aux rapp. 
de la chat, de Tournehem, 1773 à 1778. 

Leulène ou Leuline, nom qu'on donnait par ana- 
logie à d'autres chemins réputés grandes routes : Le 
chemin de Loeullyne qui inaine de Tournehem à 
Menteque ; le chemin de Loeullyne qui manne à S l - 
Omer, 1578, terr. de la chat, de Tournehem. 

Leulène (la), m ift , c M de Tournehem. — Leuligne, 
hameau, parome de Tournehem, Maillart. Ce mot 
se prononce et s'écrit Leulène. — Certain mollin à 
eauwe sur le courant de la rivière fluent de Tour- 
nehem à Nortdausque prez et sur le chemin de Loeul- 
lyne venant de Valais f à usaige de battre et tordre 



LIA 12$ 

hwle $eu foment, 1578, teir. de h chat. deTourneh. 

— De Stasse Pietre pour trois quartrom de terre 
gkam entre Tournehem et Welle là oà il a fait ung 
molin à oile, 1335, coroptes de la chat, de Tour- 
nehem, à?ch. de Lille. Il y a maiutenant sur ce mème 
terrain a Leulène, deux moulins et deax habitations 
et a eètié* une distillerie transformée depuis peu eu 
atelier de broderie». 

Leuune, liam. e 110 de Zudausque, sur le chemin 
de ce nom. — Leuline , hameau , paroisse de Zu- 
dmisqne, Maillart. Cette orthographe est conforme ì\ 
la prononeiation. 

Leulinghem-lez-ÉtriShem, e " de Lumbres; 245 
hab.; en 1698:72 hab. — Loningahem, v. 850, 
cart. sith. p. 97. — Leparroche deLuninghehem.... 
le ville de Luninguehem, 1329, cart. chart. p. 241. 

— En le parroche de Loninghem, bosten (a Test de 
le Hongherie, par d'aval, 1317, cart. chart. p. 242. 

— Lulinghem, 1180, cart. sith. p. 353. — Leidin- 
ghem-leZ'QuelmeSy 1433, Synopsis alphabet. archiv. 
S^-Bertini, t. i. p. 129. — Leulinghem-les-Etréliem, 
paroisse, Bignon, Maillart. 

Ce village , au spirituel , Tannexe d'Esquerdes , 
était dans le bailliage de S-Omer. (Pouil. de Bou- 
logne, Bignon, Maillart). 

Dependances : Estrehem ou Etréhem , Arguin- 
gonty La Honguerie. 

LiAUETTE r ham. c ne de Lumbres, près d'un petit 
ruisseau. L'orthographe de ce mot doifc étre L'Yau- 



126 LIE 

wette, à proprement parler petite eau , filet d'eau 
courante. 

Liàuette, f e c ne de Louches, sur un petit ruisseau. 

Liauette, petit ruisseau qui prend sa source à 
Rebecques traverse les communes de Roquétoire et 
d'Aire où il va se déverser dans la Lys. 

Liby, s on du hameau de la Panne, c M de Nordaus- 
que, ancien carrefour où allaient se croiser plusieurs 
grands chemins. — Lideby, 1452, cart. chart. p. 201 
v°. — Au qwmin qui maine de Lideby à Tournehem, 
nommé Eostraet, ibid. — En la diete parome (de 
Nordausque) au lieu nommé Liby, 1543, rapport du 
s gr du Ploitz (en Nordausque), terr. de la chàtell. de 
Tournehem. — Listant de zut et west à la ruede 
Liby et à la tue qui descend du dit Liby à la place 
du dit Ausque, de nort à urie autre rue venant du 
Mot Liby y ibid. — Deulx manoirs aboutant d'oest et 
west aux grands chemins de Liby et de S^Omer, 1 548, 
rapp. du s gr de Recque et du Vroland, terr. de Tour- 
nehem. — Au terroir du dit village de Nortdausque 
aboutant zud au chemin de Liby allant à Tourm- 
hem, 1578, terr. de Tournehem. 

Lienne-Straeten, ham. c ne de Nortkerque, sur le 
chemin de grande communication d'Àudruicq à Ar- 
dres. Ce nom est tombe en désuétude. 

Liezelette (la), sentier très ancien, conduisant de 
la rivière d'Aa canalisée au Grand-Large. Le fosse 
qui borde au nord la langue de terre sur laquelle ce 
sentier est établi, formait, au xi e siècle, la limite des 
marais de Tabbaye de S'-Bertin qu'il séparait de ceux 



LIZ 1^7 

de Morquine ou du Bas-Cornet, commune de Serques 
et plus tard celle de la banlieue de S L Omer. Il forme 
encore aujourd'hui la limite du territoire communal 
de cette ville et de celui de Serques. La Liezelette 
passe sous le chemin de fer au moyen d'un tunnel. — 
Esled, 1056, cart. sith. p. 486.— Elsled, 1172, ibid. 
p. 339. Nous croyons que la véritable orthographe 
de ce nom doit ètre l'Esled, mot qui, dans le dialecte 
flamand du pays, signifiait conduit ou passage de la 
pàture. 

Lieuse, ham. c De de Moringhem. — Lieuze, ha- 
meau, parome de Moringhem, Maillart. 

Lignes, ham. c oe de Roquétoire. — La seigneurie 
de Lignes, proc. v. de rédact. de la cout. du bailliage 
d'Aire. Ce hameau compte 247 habitants. 

Lillette, barn, e 110 de Réclinghem. — Lilete, ha- 
meau, paroisse de Dennebrceucq, Maillart. 

Lindendal, vallon, c n€8 d'Épcrlecqueset de Houlle. 
— En le parodie d'Esperlecke en Lindendal, 1398, 
cart. chart. p. 494. — En le vallèe de Lindendale, 
1399, ibid. p. 45. — A Houle eri la vallèe de Liti- 
dedal, 1468, synopsis, t. i, p. 122 v°. Ce mot fla- 
mand (de dal vallèe, linden du tilleul), s'écritetse 
prononce aujourd'hui leDindalei le Dèdale. 

Listergaux, ham. c ne de Zutkerque. 

Livossart, ham. c nc de Febvin-Palfart, Libesart et 
Livossart, Maillart. 

Lizel, faubourg de S-Omer. -*- Insula intra pa- 
ludem monasterii, viu e s. Vit. S. Bertin, m s n° 819 
biblioth. deS'-Omer. — Super plures peoias marisci 



128 LIZ 

jme^tes extra imulam, 4319, cari, chart. p. 67 \\ 
— Eatra insulam Hongherie, ibid. — Lille, 1350, 
ibid. p. 71 . — En le Fresqw Poissonnerie en Lille, 
ibid. — Lizel, 1425, synopsis, t. i r p. 141. — En 
Hongrie, faubourg de Lizel, près du vivier de Jean 
Willers\ ibid. 

Lizel qui se pronooce en flamand cornine en iran- 
^ais l'izle, est la forme flamande de l'ancienne ortho- 
grapbe l'Iste. 

Lizel ou l'Isle, ancienne Ile Sithiu où s'élèvent 
les ruines de l'abbaye de S'-Bertin et où prit nais- 
sance la ville de S*-Omer. Ce nom qui était celui du 
centre de la bourgade s'étendit au territoire qui en 
faisait partie. C'est ainsi que dans la charte de saint 
Omer, évèque de Thérouanne (662), il est dit que la 
basilique Notre-Daine, l'ancienne catbédrale, a été 
construite dans I'Ile Sithiu : Quem construxerat in 
insula Sithiu basilicatn, cedificavimus in honorem 
Smictw Mari®, cart. sith. p. 23. Mais lorsque le noni 
de S'-Omer qui fut d'abord celui du Bourg ou chàteau 
fori dont l'église Notre-Dame et le monastère de 
S'Omer qui y était annexé, muìiitiuncula circum 
monasterium eximii prwmlis Àudomari, castrum, 
castellimi, bu-rgm S^-Audamari, fut devenu celui 
de toutela ville, entourée elle-mème de fortifications, 
le nom de Lizel ou l'hle se trouva désormais restreint 
à l'ancienne Ile Sithiu proprement dite et au fau- 
bourg qui, avant la construction des remparts n en 
était séparé que par un bras de rivière. Cette partie 
de la ville forma une paroisse à part désignée sous le 



LIZ 129 

nom de S l -Martin en Lizel ou en lisle, à cause de 
l'église S L Martin qui s'élevait dans l'Ile Sithiu à coté 
de l'abbaye. C'est ce que les documents et passages 
suivants établissent : Intra muros et clausuram villw 
S xi -Audomari in loco vocato vulgariter Lizel, 1 375, 
synopsis, 1. 1, p. 149. — La maison de VEpinette en 
la parome S l ~Martin en Ltzel, 1605, ibid. p.230. 
— En Lille en le rue devant Vatre S l -Martin, 1396, 
cart. chart. p. 101 v°. — En Lille assez prez de 
Véglise S'-Martin, 1433, ibid. p. 102.— En le 
ruelle qui maine de Véglise S l -Martin en Lisle vers 
le plache là où on desquerque les paskes et fustes, 
1434, ibid. p. 102 v°. — Une maison nommée le 
Rose estans en Lisle aboutant parderrière aux murs 
de Vabbaye de S l -Bertin t 1450, ibid. p. 103v°. — 
En Lisele dedens la ville, au lez zud de le rivière.... 
aboutant par derrière à liretage de S l -Bertin , 
1453, ibid. p. 104 v°. 

LiZELBROUCK, nom flamand par lequel les marai- 
chers désignent les marais du faubourg de Lizel où 
sont éparses ?à et là quelques habitations qui, pòur 
la plupart ont leur nom particulier. (V. Grande 
Meer, Petite Meer, Roeshof, S te -Aldegonde, ZienJ. — 
Lizellebrouck, 1458, gr. cart. S. Bertin, t. vii, p. 
335. 

Lizelvart (le) ou canal de Lizel. Il prend nais- 
sance à l'entrée du faubourg et va joindrela Grande 
Meer. Ce canal qui est la principale voie de commu- 
nìcation entre le faubourg de Lizel et le marais, en- 
trato autrefois dans la ville en passant sous le rem- 

9 



130 LON 

part par la Waterporte ou porte à l'eau, pour joindre 
la Basse-Meldieque, avec laquelle il formait le canal 
de la Machue qui se jetait alors comme aujourd'hui 
dans la Haute- Meldicque. Le canal de la Machue est 
depuis le siede dernier recouvert d'une voùte et sa 
superficie forme avec les deux quais la place de l'Ar- 
senal. (Test le quai sud de Lizel intra muros qui était 
désigné sousle noni de Pont desPakes ou Long-Pont f 
ou de rue du Rìcage, en Lizel ou en Lille. 

Lobel, fief, c oc de Mentque-Nortbécourt. — La 
terre et seigneurie de Lobel, séant au, dit Boucoud, 
oh il a court, baillyet hommes, sous-bailly, offìciers, 
1543, état des fiefs de la chàtellenie de Tournehem. 

Lobel, ham. c ne d'Àrques. — Arques auLancquart 
près Lobel, 1563, synopsis, t. n, p. 8. 

Lobel, f c , éc. ou hameau de la c ne de Tatinghem, 
aujourd'hui inconnu. — Du coté Laubel de Tadin- 
ghem, 1315, cart. chart. p. 222. — Pardecha Laubel 
si que on va à Tadinghem sur le voye que on dht de 
le Haye.... sour le voye entre Laubel et Tadinghem, 
1304, ibid. 

Ces noms devraient s'écrire l'Aubel, mot qui dans 
le patois roman du pays signitìait tilleul. On pro- 
nonce aujourd'hui aubieu. Un aubel ou tilleul isole 
seul au milieu des champs indiquait ordinairement 
le lieu où se tenaieut les plaids généraux et les fran- 
ches vérités du canton. 

Long-Jardin , fief et f e depuis quelques années 
démolie, c M de S'-Martin-au-Laèrt. — Cne pièche 
gesant emprez le croix de Langardin , sur Lart . 



LON 131 

1431, cart. chart. p. 123. (V. Ooix Pélerine). — 
Meme seroit trouvé que anchiennement les dites sei- 
gneuries de Lindequin et Longardin appartenoient 
auprévostde la dite église (de S'-Omer) et pour ce 
quelles estùient scituéès près de lq, dite ville et en la 
banlieue d f icelle, souvent advenoit qw les bannis de 
la ditte ville seretirèrent ès dittes seigneuries, comme 
en lieu non comprins en leur bannissement ne sub- 
ject à la dite ville, à cause de quoy les dits mayeur 
et eschevins avoient trouvé fachon de acquester par 
eschange fait avec leprévost d!icelle église les dictes 
seigneuries de Lindequin et Longardin, 1542, arrèt 
de la eour de Malines, arch, de S'-Omer. 

Long-Pont (le), ham. c ne de Blendecques. — Lon- 
gus Pons, 1139, cart. S, Om. p. I. — A Blendec- 
ques,... au Loncpont entre deuxyauwes, 1381» cart. 
S'-Om. anniv, p. 42 v°. 

Longuenesse, c on de S-Onver sud, 730 hab.;-en 
1698:200 hab. — Losantanas, 648, cart. sith. p. 
18. — Loconesse, 877, ibid. p. 125. — Loconessa, 
x e s. ibid. p. 145. — Locanes. 1107, ibid. p. 218. 
— Loganessa, 1093, ibid. p. 215. — Longuenesse, 
1145, ibid. p. 320. 

Quoique du bailliage de S'-Omer, Longuenesse re- 
levait au féodal du chàteau d'Aire (Maillart). Sous le 
diocèse de Thérouanne, son église faisait partie du 
doyenné de S l -Omer, sous le vocable de S'-Quentin, 
Sanctus Quintinus in Loconesse (pouillé du diocèse 
de Thérouanne). Sous le diocèse de S'-Omer, lapa- 
roisse de Longuenesse fui elle-mème le siège d'un 



-«; 



baAi^^A 



132 LOO 

doyenné qui comprenait : la paroisse de Salpertviq, 
Longuenesse S. Quentin, Tatinghem, le Lari (St- 
ilar tin), Tilques, S l ~Leger, Houlle, Monile, Serque», 
(Pouil. du dioc. de S-Omer). 

Dépendances : S*-Croix, le Fonds à Cailloux, la 
Verte-Ecuelle, la Niche à Chiens, la Malasstse, Notre- 
Dame-de-Grdce, le Cceur-Joyexix. 

Loo (le , ancien bois depili s longtemps défriché 
qui couvrait la hauteur de la Malassise, entre S- 
Omer'et Blendecque. Ce bois était célèbre par la 
victoire qu'y ont remportée, en 881 , les habitants de 
la ville naissante de S'-Omer sur les Nonnands, dans 
une bataille qui avait commencé au-dessus de Weinz 
hameau de Blendecques, et qui s'est terminée sur 
cette bautèur en face des remparts de la ville. Voici 
dans quels termes l'agiographe contemporain qui 
nous a laissé le récit de cette bataille décrit le bois 
de Le Loo : Itaque comperientes cunctos se undique 
scius fugam inoliente* desperabiliter ruperunt ad 
orientàlem piagata per sinistrata cornu vallantium 
tendentes ad quemdam quernum lucum putantesse 
ibi, frustras, aut de /fendere ante ffigere posse. Nostri 
itaque eos occidendo imequentes, hord ènim fuitdiei 
nona quando, exibant de castello, antequam perves- 
perasceret, omnem illam plurimam, ut ipsijacta- 
bant, selectorttm pugnatorum dei bello consumpse- 
rant.... fatta est autem fiap ctedes in loco nomine 
Windinghahammo. On lit en marge du manuscrit : 
Weins prez le Gontardenghes M 8 n° 819 de la bibl. 
deSM)mer. Une faible partie de ce bois de riiène, 



LOS 133 

quernus lucus, existe encore ; elle porte le nom de 
Boi* Richebé. 

La propriété du patis qui existait au-dessous du 
bois de Le Loo fut donnée a la ville de S-Omer par 
Robert-le-Frison, et confirmée tant parla charte de 
Guillaume Cliton, en 1427, que dans les chartes 
subséquentes : Pasturam adjacentem vili® Sancii 
Audomariin nemore quod dicitur Lo... usibuseo- 
rum concedo. (Recueil de chartes des arch. de S-Om. 
— Mém. des Àntiq. de la Morinie, t. 4, p. ix). — 
Entre le ville de Blendecque et le bos du Lo, 1310, 
cart. S. Om. anniv. p. 40. — Nus ne faille bos en le 
Loo outrageusement ne cache à conins ne à amtres 
bestes, xin e s. registre, arch. de S L Omer. — Le fief 
du bos de Leloo dit la Malassise (Maillart). 

Loo (ie), bois, c nc de Tournehem. — Le bois de le 
Loe, 1578, terr. de la chàtell. de Tournehem. — En 
la vallèe de le Loe, ibid. — Le sente qui maisne de 
Belleverdure à le Loe % ibid. 

Loquin (le(. V. Bas-Loquin. 

Loquin (le), ham. c ne de Thiembronne. — Lockin , 
1292, cart. S.Om.p. 95. 

Lortoy, fief, c ne de Wisque. 

Lostbàrne, ancienne maladrerie, construite au 
xu e siècle par le s^ d'Àrdres ; ham. c ne de Louches. 
Lodebrona, 1084, Chron. Àndr. p. 350. — Lode- 
bronna, ibid, p. 374. — Leodeberna, xn e s. Lamb. 
d'Àrd. — La parie de Locdebarne, 1435, cart. chart. 
p. 231 v°. — La chapelle de Locdebarne, 1543, terr. 
de la chàtell. de Tournehem. — Lo tbarne, 1616, 



134 LOU 

m s de Lamb. d'Ard., Guillaume de Witte, n°819, 
bibl. de S'-Omer. Lostbarne était Tune des douze 
pairies du eomté de Guines, ibid. 

Lostrat, ham. c no de Louches, sur Tancien che- 
min de S'-Omer à Ardres. 

Lostrat, ham. c ftC d'Esquerdes, sur la voie ro- 
romaine dite la Leuline. Ce nom, sur la grande carte 
de France est écrit fautivement Austra. 

Lostrat, ancien grand chemin, c ne de Journy. — 
La rue dite Lostrat qid conduit de S^Omer et de la 
Grande-Eclitre a Boalogne, 1773, rapport du s gr de 
Journy, terr. de la diateli, de Tournehem. 

Lostrat, ancien chemin dit le chemin de Fiandre 
à Fauquembergue, allant d'Hellefaut à Bilque. 

Lostrat ou Le Hostrat, ancien chemin de Bayen- 
ghem à Eperlecques. — Aboutant west à le Hostrat, 
1543, rapp. du s gr de Bayenghem, terr. de la chat, 
de Tournehem. 

Cette dernière orthographe nous indique assez 
que Lostrat n'est qu'une abréviation du mot flamand 
Hooge-Straet, haut chemin, chaussée, précède de 
Tarticle frau?ais le et que par conséquent ces noms 
devraient s'écrire LHostrat ou Le Hostrat. 

Louches, c on d'Ardres, 779 hab.; en 1698 : 500 h. 
— Lotenes, Lotersa (pour Lotess.es , Lotessa), 1084, 
chron. And. p. 345 et 349. — Lutesse, 1084, 1122, 
p. 355 et 384. — Lotessa, 1203, ibid. p. 532. — 
Lothesia, Lothosia, xn° s. Lamb. d'Àrd. — Loutesse, 
1244, testament du comte de Guines. gr. cart. de 
S l -Bertin, t. in, p. 34. — Loucez, 1358, compte de 



LUM 135 

la chàtell. de Tournehem, arch. de Lille. — Pour 
aller à Monstrewl en la sepmaine après la S l -Jean- 
Baptiste dair ahi passe l'uri LVHI pour empetrer une 
commission du prévost de Monstrewl eri cas de noti- 
velleté sur ce que li bailliu de Ghines avoit fait ou 
quemin de Leweline eri la ville de Loucez, ibid. — 
Louches, 1473, Terr. de Tournehem. 

Ce village dépendait du comté de Guineset en der- 
nier lieu du gouvernement d'Àrdres. Au spirituel il 
a toujours fait partie du doyenné de Guines. (Pouil. 
de Thérouanne et de Boulogne). 

Lucquet (le), fief, c ne dkfiebecque. — Lesprez du 
Lucquet, vers Creque,... le fieflltyjLucquet , 155§, A. 
Mir. dipi. Belg. p. 666 et 667. 

Lumbres, arr* ile S-Omer, 918 hab.; en 1698 : 
297 hab. — Laurentia } 1026, cart. sith. p. 175. — 
Terra sita super fluvium Agniona quw vulgo Lau- 
rentia nuncupatur, ibid. — Laurentia seuLumbras, 
xv e s. pouil. de Thérouanne. — Laurentia modo Lu- 
mières ad Agniona, Malbrancq deMorinis, 1. 1 index, 
p. 13. — Lumeres, 1184, chron. Andr. p. 483. — 
Hugo de Lumeres (seu Lumbres) , 1191, synopsis. — 
Parrochia de Lumbres, 1240, cart. S. Om. anniv. 
p. 110. — Es villes de Setque et de Lumeres, ibid. — 
La paroissede Lumres, 1286, de Godefroy. — Lum- 
bres, 1407, gr. cart. S l -Bertin, t. vi, p. 27 1 cr sup- 
plementi — Lumbres, 1447, cart. S. Om. anniv. p. 
108 et passim. — Maximilien de Fiennes, comte de 
Lumbres, 1 704, Mém. des Antiq. de la Morinie, t. vii, 
p. 117. — Lumbres, terre du bailliage de S l -Omer 



316 LYS 

apartient à Maximillien de Fiennes qui a toujours 
été qualifié du titre de comte, 1698, Bignon. 

Lumbres, du bailliage de S'-Omer, faisait partie 
du doyenné d'Hellefaut sous le diocèse de Thérouanne 
et du doyenné de Bléquin sous le diocèse de Boulo- 
gne. (Pouil. de Thérouanne et de Boulogne). Il rele- 
vait immédiatement du chàteau de Seninghem (de 
Godefroy) . 

Lusquet (le), f c , c he de Seninghem. 

Lys (la), riv. dont la principale source est à Lis- 
bourg (Lieges-Burt, naissànce de la Lys, c on d'Heu- 
chin, arrondissement de S-Pol. Elle passe à Thé- 
rouanne et a Aire où elle commence à ètre canalisée, 
et de là elle se dirige vers S'-Venant, Merville, etc, 
pour aller se jeter dans l'Escaut, auprès de Ganci, 
après un parcours de plus de 180 kilomètres. EHe 
recoit a Aire la Laquetle, rivière qui prend sa source 
à Bomy et a Boncourt, et la Melde qui descend d'Heu- 
ringhem. — Ad fluvium quod dicitur Leia, x e s. 
cart, sith. p. 91. — Eri leparoissede Delettes.... 
aboutant d'un leu à le Lis, 1374, cart. chart. p. 15. 
— Capette sur la Lis, 1559, A. Mir. dipi. Belgic. 
t. iv, p. 662. — La Lys, 1698, Bignon. 



M 



Madi (le), ruisseau prenant sa source auboisde 
Marthes et allant se décharger dans la Lys à Aire. — 
Madika, Malbrancq de Morinis, t. i, p. 57 : eteum 
(Laquetam) cum Madika duobusque altis fluviolis in 
Le giani suum admittit, ibid. 

Maisnil (le), ham. c de de Dohem. — Villa de Mais- 
nilio, 1271, cart. S, Om. p. 61. — Lequemin qui 
maisne d'Ouve au Maisnil, 1 459, cart. S. Om. anniv. 
p. 281 v°. — Maisnil-lez-Dohen, 1507, Bouthors, 
cout, de Fauquembergue. — En la carrière de Mais- 
nil-les-Dohem là où furent estouffées (enfumées) 
quelque soixante-deux personnes, nen reschappant 
quunejmne fille laquelle fust recousse demi vivanle 
après la retraite de ces Francois, 7 février159S, 
Hendricq. — Maisnil-Dohem, hameau, Maillart. 

Maisnil (le) d'àval, nom par lequel on désignait 
le Petit Maisnilliet (V. ce mot) pour le distinguer du 
Maisnil d'Awiont, autrement dit Maisnil -lez-Dohem. 



138 MAL 

— Le vote qui inaine du Maisnil d'aval, 1 394 , cart. 
S. Om. anniv, p. 104, et 1398, p. 105 et 105 v°. 

Maisnil (le) Boutry, ham. sur les deux communes 
de Ledinghem et de Vaudringhem. — Maisnil-Bou- 
try, 1507, Bouthors, cout. de Fauquembergue, Mail- 
lart. 

Maison Blanche, éc. c Dc de Bayenghem-lez-Eper- 
lecques. 

Maladrerie le) ou Léproserie d'Aire ; elle était 
située sur le territoire de Wittes, a Fendroit dit le 
Marais. — Leprosario, Ariensis, Pouil. deThérouanne. 

Maladrerie (la) ou Ladrerie d'Àrdres ; elle fut 
établie avec une chapelle sur la chaussée romaine 
dite la Leuline, au hameau de Lostbarne (V. ces 
mots), par Arnould de Markenes s gr d'Àrdres au xn e 
siècie. — Infirmariam sive infrmantiwn tugurium 
et Capellam extra Ardearnsupra viam tunc temporis 
regalem } olimLceliam... apudLeodebèmarnimtaii- 
ravit.... Lamb. d'Ard. Les revenus de cet établisse- 
ment ont été depuis réunis a ceux de Thospice S l - 
Nieolas dans la ville d'Àrdres, aujourdliui l'hópital 
S l - Louis : La Maladrerie de Lostebarne réunie à Vhó- 
pital S^Nicolas des pauvres d'Àrdres, 1764, titre 
particulier. 

Maladrerie (la) de Dohem, autrement dite la Mé- 
sellerie. EHeexistait, suivantla tradition, au lieti dit 
aujourd'hui par corruption la Méhurie. 

Maladrerie (la) ou Léproserie d'Eperlecques, au 
sud du hameau de Westrhove, au lieu dit encore au- 
jourdliui ìeMaschelpet, ou Piti ts des Mesels. — Supra 



MAL 439 

viam de Westerhove si cut itur aptid Calays, ad le- 
prosariam, 1342, cart. chart. p. 204. 

Maladrerie (la) cTEsquerdes, construite sur une 
parcelle de terre appartenant au chapitre de S-Omer 
etconnue aujourd'hui sous le nom de la Pruvoté. 
Cette léproserie était, dit-on, commune entre Es- 
querdes et les villages voisins. 

Maladrerie (la) de Fauquemberguè autrement dite 
la maison de S-Ladre, 'fondée sur l'emplacement 
qu'occupe aujourd'bui la maison presbytériale. — 
Leprosario, Falcobergensis, pouil. de Thérouanne. 
— La maison de S l -Ladre de Fauquemberghe, 1280, 
deGodefroy. Cetétablissement possédait entre autres 
une terre a Wandonne dite encore aujourd'hui la 
Maladrerie et une ferme a S'-Martin d'Hardinghem ,* 
connue sous le nom de Ferme de VHospice et autre- 
fois aussi sous celui de la Maladrerie. 

Maladrerie (la) du Loquin, située dans la com- 
mune du Haut-Loquin sur uri angle de terre qui 
porte encore le nom de Maladrerie. 

Maladrerie (lai d'Herbelles. Elle était construite 
sur 1 4 ares de terre aboutissant a la rue Beauvois et 
au sentier de Cléty à Herbelles. 

Maladrerie (la) deBayenghem-lez-Eperlecqueset 
de Monnecove, sur l'ancien chemin de S-Omer à 
Àrdres. — Deux mesures de terre ou environ nommé 
le Votrebert sur lequel est assize le croix du dict lieu 
de Monechove et à ce bout ivest doit estre le demeure 
des ladreSy saucìins en y a, 1517, rapport du s gr de 
Monnecove, terr. de la oliateli, de Tournehem. 



140 MAL 

Maladrerie (la) de Remilly-Wirquin. Elle était 
située au sud du lieu dit les Winques entre la rue 
Grenière et la rue Ber t in. 

Maladrerie (la) ou léproserie de S'-Omer, a u tre- 
ni ent dite la Madelaine. Elle fut fondée versi 106 
par un nomine Vumrade à l'extrémité sud du terri- 
toire de la ville, près d'Àrques, avec une église et un 
cimetière, cart. sith. p. 239, — Terra Lazarorum, 
1127, recueil de chartes, p. 5, 12, 17. — Ecclesia 
beat od Maria Magdalena* versus Arkes, 1247, recueil 
de chartes, p. 25. — Les terres et héritages de Vhò- 
pilal de la Maladrie ou Magdelaine broucq (pour 
lors située hors la ville près la porte S l -Michel du 
coté d'ArquesJ, 1398, synopsis, t. i, p. 214 v°. De 
là les noms de rue de la Magdelaine, de Magdelaine- 
Broucq et de Pdlure de la Magdelaine qu'on donnait 
au chemin de S-Omer à Àrques et aux prairies maré- 
cageuses qui s'étendent entre les remparts de la ville 
et le lieu où s'élevait Tancienne léproserie. 

Maladrerie (la) de Tbérouanne. Elle était sur 
Ctarques dans un lieu qui porte ancore ce noni. — 
La maladrerie pour la maison M. Denis Tingry , 
deux botteaux de blé commun, 1559, répartition du 
diocèse de Thérouanne, A. Mir. dipi. Belg. t. iv, 
p. 671 . — Et aussi est accordé que la Maladrerie de 
Terrouane demeurera par indivis entre les deux cha- 
pitres, ibid. p, 673. 

Maladrerie (la) de Tournebem. Elle était située 
en dehors de la ville, près de l'entrée du nord. — Un 
manoir amazé gisant hors du pont de l'Estanquc 



MAL 141 

aboutant oest à certain lieu qui fut la Matadrie du 
dit Tournehem, 1578, terrier. — Pour la recognois- 
sance de certain héritage qui estoit ci devant la Mar- 
ladrie dont estoit deub li s, par. mais pour estre 
abandonné vague et infructueux de tempi immémo- 
rial, néant, 1673, autre terrier de Tournehem. 

Maladrerie (la) ou hòpital S*-Germain a Louches, 
sis à Textrémité sud de cette commune. — Le che- 
min qui maine de Clercque à S^Germain en Louches, 
1 543, terr. de Tournehem. 

Maladrerie (la) ou hópital de Nordausque, — 
Une petitte ille contenant cinq quarterons du dici 
prey aboutant contre V hospital d'Ausque, 1542, 
terr. de Tournehem. — Six mesures de terre à usage 
de prey et pasture gesant nort de l'hospital du dit 
Nortausque, rapp. du s gr du Ploitz en Nordausque, 
terr. de Tournehem. — Aboutant zud aux terres de 
1* hospital de Nortdausque et d'aulire aupont du dit 
lieu, 1578, autre terrier. Les pàtures ditesencoreau- 
jourd'hui de l'hópital ne sont pas éloignées de ce 
pont. 

Malassise, eh 811 et f # c* e de Longuenesse. — Le fief 
du bois de Leloo dit la Mal asme, Maillart. 

Malfiance (la), f e , c" e de Reclinghem. — Le fief 
de Mal fiance du St-Cruci fi \x, terr. de la seigneurie 
de Wandonne, dont la Malfiance relevait. — Mal- 
fiance, chdteau, Maillart. Ce n'est qu'une très an- 
cienne ferme. 

Malhòve, hani. c BC d'Arques. — Le fief de Malove 
situé dans le comté d'Arques, 1435, gr. cart. S'-Bert. 
t. vi, p. 519. 



142 MAR 

Mametz, c on d'Aire, 1250 hab.; en 1698 : 366 hab. 

— Mamezia, Malbrancq de Morinis, 1. i f p. 57. — 
Mametz, Bignon. — Les terres de Mametz et Mar- 
the$, cout. d'Aire. — Mamez, village avec chdleau, 
Maillart. 

Ce viliage u'a été erige en paroisse que depuis ie 
concordai;. Marthes qui formait une commune lui a 
été depuis lors annexé. Mametz était du bailliage 
d'Aire et au spirituel il était avec Marthes l'annexe de 
Blessy qui alors faisait partie du doyenné d'Aire. 

Dépendances : Marthes f Crecques, Maubus ou 
Montbut. 

Mametz-en-Campagne, fief. — Pour wn fief de la 
Couture en Racquinghem et arrentement de Mametz- 
en-Campagne et Wardrecques, proc. v. cout. de S. 
Omer. 

Mametz, fief, c ne de Zudausque. — Le fief de Ma- 
metz-en-Zudausque, ibid. 

Mametz, fief, c ne deS-Martin-au-Laèrt. — Le fief 
de Mametz-au-Nar, proc. v. cout. d'Aire. 

Marais (le), ham. c de de Brèmes. 

Marais (le), ham. c ee de Coyecques. 

Marais (le), ham. c ne de S L Martin-au-Laért. 

Marais (le), ham. e 116 de Seninghem. 

Marais (lei, ham. c ne de Thiembronne. 

Marais (le), ham. c ùe de Vieille-Eglise. 

Marais David (le), ham. c ne de S'-Folquin. 

Marais de la Palme (le), fief, c ne de Nortkerque. 

— En mon marais de la Palme où il y a èdifice mec 
un colombier fait de brtques, assis auprès de la motte, 



MAH 143. 

eiivironnée devieilles murai Iles et d'un vivizr, 1530, ' 
rapp. du s gr de la Palme. 

Marais perdu (le), ham. c no de Nortkerque. 

Marchebecque (le), ruisseau affluent de la Liette, 
à Eperlecque. 

Mardic (le), canal de déchargeet de dérivation de 
la rivière d ? Hem ou Meulestroom, canalisée à partir 
du fort S-Jean, ham, de Polincove. II prend nais- 
sance a Hennuin où le Meulestroom passe sous le 
canal de S'-Omer à Calais au moyen d'un aqueduc 
cn syphon. Il longe les deux territoires de S le -Marie- 
kerque et de S-Folquin dont il forme la limite jus- 
qu'un peu au-dessous du Pont-Rouge, où il se con- 
tinue à travers le territoire de S-Folquin jusqu'aux 
Grands-Arbres, hameàu de cette commune , où il 
tombe dans la rivière d'Aa en passant par une écluse 
établie à son embouchure. Le Mardic est un des prin- 
cipaux et des plus anciens canaux de l'ancien pays 
de Langle (V. ce mot). La pècherie de ce canal appar- 
tenait aux abbés de S-Bertin, en leur qualità de sei- 
gneurs vicomtiers et de décimateurs du pays de 
Langle, esclichée, suivant l'expression .de la coutume 
de la chàtellenie de Bourbourg par le traile de Pé- 
ronne qui a donne naissance au comté d'Artois, dans 
les dernières années du xn e siècle. — Mardic Pis- 
caria, 1107, 1139, 1144, cart. sith. p. 219, 3121 et 
316. 

C'est par suite d'une erreur facile a démontrer 
qu'on a jusqu'ici applique cette désignation des bulles 
papales du xn e siècle en faveur de Fabbaye de S- 



144 MAR 

Bertin à l'ancien petit port de Mardick, situé entre 
Gravelines et Dunkerque. Simon Sithiensis abbas 
concordiam init cum Emma abbatissd Aurinicensi 
(vulgo dieta Orignies), super piscarid Mardick in 
castellarid Broburgensi, quam tandem juris esse ec- 
clesiw nostri S. Bertini agnoscit prmdicta Emma, 
illamque abdicet et quittam clamat, 11321, synopsis 
t. li, p. 47. Àcette epoque, le pays de Langle faisait 
encore partie de la chàtellenie de Bourbourg. — Sen- 
tence du conseil d'Artois qui maintient et garde lab- 
bay e de S l -Bertin dans ses droits et possessions qu'elle 
a dans sa terre, chateau et s**" et vicomté de Men- 
nequebeure et principalement dans le droit qu'elle 

A DE LA PÉ&IE DANS LA RIVIÈRE DE MARDICK M des- 

cendant depuis le Pont-Quaine (aujourd'hui le Pont- 
Rouge), assez près de Vèglise de S ie -Mariekerqite , 
jusqu'à la rivière d'Aa au coté de midi de l'église de 
S l -Nicolas oè la dite abbaye de S*-Bertin par elle 
ou ses commis et fermiers peuvent faire tendre roies 
àpécher depuis la rue de S^-Mariekerque ou de Bu- 
sericque jusqu' à Bistade, 1700, ibid". p. 47 v°. 

Kn présence de ces documents et en Tabsence de 
tout autre concernant le port de Mardick, il est im- 
possible de s'y tromper. D'autres documents viennent 
confirmer cette ancienne existence du Mardic du pays 
de Langle dont on regarde la création comme toute 
moderne. — En le paroisse de S^Folquin-Eglise, 
entre le Mardycet k Oudenwech, 1347, cart. chart. 
p. 161 . — Ou dictpays de Langle en le parroche de 
&*-Marie-Eglise..., aboutant vers le west au Mar- 



MEE 145 

die, 1442, ibid. p. 155. — En le parroche de S te - 
Marie-Egtise, aboutant novi sur le Mardycq du coté 
le Overdrachde Hainneweins (l'ancien girinola! d'Hen- 
nuin), 1444, ibid, p. 156. 

Marette (la), bois, e 00 deTournehem. 

Marival, ham. c oe de Wismes. 

Marnière (la), f°, c ne de Campagne-lez-Wardrec- 
ques. 

Marnières (les), éc. c nc de Nordausque. 

Marthes, vili, e 06 de Mametz. — Marthes, 1559, 
fépart. du dioc. de Thérouanne, À. Mir. t. iv, p. 666. 

— Mar the, village, il y a plusieurs fiefs de la regale 
de ThérouanneMùftzvt- Ce village était du bailliage 
d'Aire et Tannexe de Blessy, c on de Norrent-Fontes. 

Matringhem, cense, c he deBonningues-lez-Àrdres. 

— Au villaige et terroy de Bonningues.... prèste 
Hericast.... listant nort à la terre de la cense de 
Matringhem, 1543, terr. de Tournehem. — Le bois 
de Matringhem, ibid. Ce nom est aujourd'hui oublié. 

Maubreu, moulin à eau, c" e de Lumbres. — Le 

moulin de Malbroec, 1 233, de Godefroy. — Le Moulin 

de Maubreuc, 1220, 1269, gr. cart. de S'-Bertin, t. 

n, p. 204 et t. in, p. 364. — Au quemin qui maine 

de Samette à Maubreuc, 1432, cart. cart. p. 287. — 

En la ville et terroir de Samettes, emprez Lumbres, 

alistant vers zud à le rivière nommée Maubreuc... 

à le rivière de Maubreuc, 1 445, ibid. p. 5 v° et 6. — 

Oli prononce et on écrit aujourd'hui fautivement 

Montbreux et Montbrun. 

Meer (lai, s*^, c* e9 deS l -Omcr et de Lederzelle.— 

10 



1 46 MEN 

Aqua Mere, xn e s. cart. sith. p. 207. — Piscaria 
Mera, 4107, ibid. p. 219. — Inter Meram et Nitcrlet, 
1180, synopsis, 1. 1, p. 205 v°. 

II résulte des actes nombreux concernant la sei- 
gneurie de la Meer appartenant à Fabbaye de S- 
Bertin que : 1° la Meer autreirient dite Vetusta Mere, 
ctait la grande pièce d'eau qui est entre rancieri 
communal du Haut-Pont et Nieurlet et que les Fla- 
mands appellent Bredwatter large eau, et 2° que le 
fief ou ou domaine de la Meer comprenait tous les 
marais de Tabbaye sur S l -Omer, Boninghem et Nieur- 
let, barn, de Lederzelle. V. Grande Meer, Petite Meer 
et Vietile Meer. 

Mklde (la), petite rivière qui prend sa source à 
Hellefaut et à Bilques, parcourt le territoire d'Heu- 
ringbem, passe entre ceux de Quiestède et de Rac- 
quinghem, traverse les marais deWittes et va se jeter 
dans la Lvs à la hauteur de Thiennes, après avoir 
passe sous le canal de Neufossé dont elle forme elle- 
mème une branche sous le nom de Nouvelle Melde. 
— Fluvius est etiam nam Melda nomine qui, in 
Eskà et Heurijvghem vieis nonprocul Audomaropoli 
ortus, Couemum et Witiacum prceterlabitur et apud 
Thinnus, sublatis repagulis miscetur Lisce, Malbr. 
de Morinis, 1. 1, p. 12. Cette petite rivière porte aussi 
à Ecques le nom d'Aubome ou Aubonne. 

Mentque-Nortbécoubt , c on d'Ardres, 651 hab.; 
en 1698 : 320 hab. — Mentequa, 877 et 1107, cart, 
sith. p. 122 et 249. — Menteke, 1112, chron. Andr. 
p. 363. — Le bois de Menteke f la cense de Menteke, 



MER 1 47 

1279, 1286, de Godefroy. — En laparoisse d'Esper- 
lecke prez de la Balanche, vers west sur le quemin 
qui maine à Menteque. . . . aboutant nort sur le che- 
min de Menteque, 1434, cart. chart. p. 197. — Au 
cheminqui maine de Tournehem à Mentque, 1673, 
autre terrier. — Mentques et Quercamp, 1698, Bi- 
gnon. 

Àvant 89, Quercamp était en effet le hameau de 
Mentque qui était du bailliage de S'-Omer et du 
doyenné d'Àlquines, puis , à partir de 1566, du 
doyenné de Tournehem. 

Méranille, maison de campagne et f e , c ne de 
Nielles-lez-Àrdres. — Sancta Mariwvilla , 1196 , 
chron. Andr. p. 512. 

Meullemotte (la), ham. c nc d'Eperlecques. 

Merck-S'-Liévin, c on de Fauquembergues. — Mer- 
kenez, 1139, cart. S. Om. p. 1 . — Merquenes, 1289, 
cart. S. Om. anniv. p. 95. — En le parroche de 
Merquenes, eri le lille Bacon, entre le terre de Wer- 
neque au lez d'aval et.... du lez d'amont, afrontant 
vers mer sur le chemin qui va de Faukemberghe à 
V-Otner, 1399, ibid. p. 107 v° (V. Warneque). — 
Baillenage de Rumilly et de Merquenes t ibid. — La 
dite terre et seignouries de Merques, tenue et moti- 
vante de la terre et seignourie de Rumilly, 1507, 
Bouthors, cout. de Fauquembergue et de Merkes- 
S^Leger (lisez S l -Liévin). 

Merkénes, célèbre par son pélerinage en Thonneur 
de S-Liévin, figure dans le pouillé du diocèse de 
Thérouanne sous le doyenné d'Hellefaut et dans celui 



148 MIL 

de Boulogne (Marck-S l -Lièvin) sous celui de Fau- 
quembergues. Ce village faisait partie du bailliage 
de S l -Omer (S^Lièvin-Marq) Maillart ; toutefois il 
figure dansBignon (Marc et Avroult) , comme faisant 
partie du bailliage d'Aire. Le village d'Avroult en a 
été distrait en 1842, epoque de son érection en com- 
mune. 

Merzoil, barn. c ne de Nortbécourt. 

Mestière (bois de la), c ne d'Audréhem. 

Metz (le). 

Meulestroom le), partie inférieure de la princi- 
pale branche de la rivière d'Henri, depuis Polincove 
et le Fort S l -Jean où elle commence à è tre canalisée 
jusqu'à Hennuin où elle s'embranche au canal de 
S L Omer à Calais et où hj trop plein de ses eaux passe 
sous ce canal daqs le Mardic (V. ce mot), au moyen 
d'un aqueduc en Ryphon. — Le Mullestroom, 1673, 
arch. d'Audruicq. 

Midi (le bois du), c nc de Bouvelinghem. 

Milfaut, f e , c ne d'Audincthun. — Mylfaut, 1559, 
A. Mir. dipi. Belgic. t. 4, p. 672. — Millefaut, cha- 
teau, paroisse de Dunebrcoucq, Maillart. — Fùfde 
Milfaut t terrier de la seigneurie de Wandonne dont 
cette terre relevait. — Et encore proteste (le s ge de 
Wandonne) contre l'enclave que l'on a intére du fief 
de Milfau dans le bailliage de S^-Omer, le dit fief 
etani aussi temi du comté de S l -Pol; et de la pari 
duprocureur du roide ce bailliage a été soutenu au 
contraire que les fiefs de.... et de Milfau soni de la 



MON 149 

juridiction et ressort de ce bailliage, 1739, proc. v. 
de rédact. de la cout. du baili, de S'-Omer. 

Milliot (le bois), de Dohem. 

Mississipi, ham. c ne d'Aire. 

Monnecove, ham. c ne de Bayenghem-lez-Eperlec- 
ques. — MunniOy ix s. vit. S u -Bertini , Mabillon ; 
m s 819 de la bibl. de S -Omer : Ad villam distantem 
a monaslerio tertio miliario ad aquilonem piagarti 
dictam Munnio, ibid. Monnecove est en effet a trois 
lieues au nord de S L Omer sur Tancien chemin con- 
duisant a Marck età Oye que suivaient les Normands 
en 861 à leur retour de Sithiu auquel se rapporte le 
passage ci-dessus. — Munnio, x e s. cart. sith. p. 118. 
— Munelechove, 1084, chron. Andr. p. 356. — Mo- 
nekahova, 1200, ibid. p. 527. — Munekehove, 1223, 
p. 385. — Monechove, 1453, cart. chart. p. 6. — 
Ung fief notarne Monnecove, qui se comprend enjus- 
tice, en terres et eri rentes, mouvant du chateau de 
Tournehem, 1543, terr. de Tournehem. 

Monnequebeure, ham. c ne de S'-Folquin. — La 
maison plaidoyable de Monequebo&ure appartenant 
à S^Bertin, Maillart. — Les bailly et loi de la pré- 
voté de Monnequebeure dans le pays de l'Angle, 
1359, synopsis* t. ir, p. 49. 

Ce nom (du flamand Moncke-bure, cour des moi- 
nesì, était celui de l'hotel où les moines deS k -Bertin 
tedaient leur cour de justice féodale a Bourbourg et 
où devaient comparatore leurs tenanciers de cette 
chàtellenie. — In villa Broburgensi, ante ìwspitiwm 
vocatum Monekebure, 1410, Synopsis, t. li r p. 2$. 



150 MON 

— Prè$ de la maison de S'-Bertin nommée Mone- 
kebeure à Bourbourg, 1410, ibid. 

C'est a l'instar de cette cour de justice queles 
abbés de S 9 -Bertin créèrent celle du pays de Langle, 
après sa distraetion de la cbàtcllenie de Bourbourg 
dans les de:nières années du xn e siede. Àcótédu 
Monnequebure ou Monnequebeure, s'eleva la maison 
de justice et la cour féodaledu haut justicier (d'abord 
le comte de Guines, puis le comte d'Artois), laquelle 
emprunta également a celle de Bourbourg son nom 
de Ghyselkus (V. ce mot et celui d'Angle). On montre 
encore à Monnequebeure ces deux maisons aujour- 
d'hui à usage de fermes. 

Mont-a-Char (le), hauteur, c ne de Blendecques. 

Montagne (la) de Merzoil, hauteur, c ne d'Acquin. 

Montaigu (le), hauteur, c ne de Vaudringhem. 

Montauban (le), hauteur, c oe de Blendecques. 

Mont-Bart, hauteur et éc. c nc de Nielles-lez-Blé- 
quin. 

Mont-Baudel (le), hauteur, c ne de Blendecques. 

Mont-Boudart (le) ou de S-Pierre, hauteur, c oc 
d'Affringues. 

Mont-Brebis (le), hauteur, c Qe d'Esquerdes, 

Montbreux, V. Maubreu. 

Mont-Brule (lei, hauteur, c ne deGuémv. 

Montbrun, V. Maubreu. 

Mont-Bu, ham. c nc de Mamefz. — S rie de Maubm, 
1739, proc. v. de rédact. de la cout. d'Aire. Cette 
dernière orthographe est préférable à la première. 
On écrit nussi Maubus. 



MON 151 

Mont-Charté, hauteur, c ne d'Acquin. 

Mont-Conseil, hauteur , c fte de Tournehem. — 
iWauconseil, terrier de Tournehem, passim. 

Mont-Dartois, monticule, c De de Nortkerque. 

Mont de Gieux, hauteur, c ne de Vaudringhem. 

Mont de l'Abbaye , hauteur, c DC de Blendecques. 

Mont de la Cagne, hauteur, c fte d'Esquerdes. 

Mont de la Creonnière, hauteur, c he de Blen- 
decques. 

Mont de la Justice, hauteur, c ne de Tournehem. 

Mont de l'Eclitre, hauteur, c ne de Journy. 

Mont de Mette, hauteur, c ne de Delette. 

Mont de Soyecque, hauteur, c ae de Blendecques. 

Mont de Wolphus, hauteur, c de de Zouafques. 

Mont du Breuil, hauteur, c oe de Clerques. 

Mont Éné, hauteur, c ne de Thiembronne. 

Mont-Éventé, hauteur, c ne de Thiembronne. 

Mont-Gasart, hauteur, c oe de Clerques. 

Mont-Haut-Blanc, hauteur, c ne d'Herhelles. 

Mont-Hubert, hauteur, c ne de Thiembronne. 

MonT-Hulin, monticule etham. c ne d'Audruicq. 

Montifault, ham. Mailliart. — Monti faut, ham. 
de Merck-S^Liévin, alinanach du Pas-de-Calais. Ce 
nom estaujourd'hui a peu près inconnu. 

Montiflet, V. Bois Riflet. 

Mont- Jacques, hauteur, c De de Fléchin. 

Montoire (la), fief, ham. et bellesruines d'une for- 
teresse féodale, c De de Zutkerque, dans le bois dit de 
la Montoire, au-dessus deNielles-lez-Ardres. — Mon- 
torium, 1170, chron. Andr. p. 468. — Capello, apud 



Montorjum , Lamb. d'Ardr. — Le manoir de la 
Monloire, 1281, de Godefroy. — Ma garenne de 
toutes bestes en mon pare de la Montoire, 1273, 
Livre des Usaiges de Guisnes. p. 139. — Et en la 
chastellenie de le Montoire fadjoutèe à le dite baillie 
de Tournehem en le manière qiìelle fu ancienne- 
nement t 1360, comptes de Tournehem, areh. de 
Lille. — Toutes les terrasses du dit chastel de le 
Montoire estoient moult empiriez et de Ione temps 
que on avoit mises etjettéeàsubs en temps des guerres 
pour la défense du dit chastel, 1364, ibid. — Le 
chasleau de -la Montoyre, sis en forte assiette, sur 
une petite montagne duquel on découvre tout ce qui 
sort de la ville d'Ardres, laquelle (Montoire) fui 
abandonnée des ennemis et la fit desmolir aux gens 
dupays t lesquels en feire leur devoir pour le dovi- 
mage qu'elle leur avoit fait, 1542, Dubellay. 

Mont-Roty, hauteur, c^d'Acquin. 

Mont St-Jean, f e et chat. c De de Clarques, sur 
remplacement d'une ancienne abbaye. V. S-Jean- 
au-Mont. 

Mont St-Louis, hauteur, c ue de Guémy. V. Cha- 
pelle SMLouis. 

Mont-Sarah, hauteur, c ue de Blendeeques. 

Mont-Saul, hauteur, c ne de Fléchin, 

Mont-Tetin, hauteur, c ne de Fléchin. 

Morande (la), harn. c ne de Roquétoire. 

Moringhem, e 011 de S'-Omer nord, 543 hab.; en 
1698: 128 hab. — Morningehem, 850, cart. sith. 



MOT 453 

p. 98. — Mouringhem, 1431 , cart. chart. — Morin- 
ghem, 1451 , cart. S. Om. anniv. p. 130 et 131 . 

Moringhem était dans le bailliage de S L Omer et le 
doyenné d'Àlquines, en dertìier lieu dans le doyenné 
deToumehem. 

Morlacque (le), rivière qui forme la continuation 
du Leck et de la rivière de Nieurlet, entre ce village 
et le pont de S'-Mommelin où elle se déebarge dans 
la rivière d'Aa canalisée. — Morlaka, 1056, cart. 
sith. p. 186. — La rivière du Morlake au delà de la 
Meer, (V. ce mot), 1481, synopsis t. n, p. 65. — 
Entre le Moerlacq et le Maire, 1278, synopsis, ibid. 
p. 84. Cette rivière qui sert de décharge à tous les 
grands canaux et étangs des marais du faubourg de 
Lìzel, d'Arques et de Clairmarais, forme la limite 
entre l'ancienne Fiandre et Tancien 4rtois, entre les 
deux départements du Nord et du Pas-de-Calais et 
entre le territoire de S k -Omer et celui de Lederzelle, 
arrondissement de Dunkerque. 

Morquines, fief, c nf de Serques, dans le marais 
entre la rivière d'Aa et le Grand-Large, au lieu dit 
aujourd'hui le Bas-Cornet. — Moer kine, 1 481 , sy- 
nopsis, t. il, p. 65. — Le fosse qui divise les commu- 
naux de S^Omer des marais de Morquine, Maillart, 
(V Liezelette). — Terre et s™ de Morquines, 1739, 
proc. v. rédact. cout. de S ~Omer. 

Motte (la), f e et fief, c tte d'Audréhem. — Andriu 
de le Motte, 1244, gr. cart. S'-Bertin, t. m, p. 34. 
— C'est la déclaration du fief de la motte d'Audré- 
hem appartenant à Mary e de le Sienne, vefve de feu 



154 MOT 

m gr Loys de Ghistelle.... xv* s. terr. de Tournehem. 
Oudart de Renty, f de Qnillem, tieni de mond. $& de 
Beures en fief (à cause de son eh a tea u de Tournehem; , 
la terre, justice et s gTÌe de La Motte au dit lieu d'Au- 
dréhem, 1543, ibid. — Au chemin qui manne d'Au- 
dréhem vers Beaiiprez (V. ce mot) en laquelle pièce 
sont enclavées deux mesures demye de terre de la 
chapelle de La Motte, ibid. rapp. du s^ d'Àudréhem. 
La seigneurie de La Motte avait dix-neuf fiefs dans 
samouvance, ibid. 

Motte (la), fief et chat, e 06 de Bayenghem-lez-Se- 
ninghem. — La Motte en Bayenghem , chdteau , 
Maillart. 

Motte (la), fief, c M de Ledinghem. — Le fief de 
La Motte en Ledinghem, terr. de Fauquembergues. 

Motte (la), f e , c n# de Lumbres. — La seiqnmrie de 
La Motte en Lumbres, terr. de Fauquembergues. 

Motte (la), f e , c ne de Nordausque. 

Motte (la), chat. e ue deSeninghem. 

Motte (la), f e , c M de S'-Folquin. 

Motte-Dieu (la), fief, c ne de Fauquembergues , 
terr. 

Mottelette (la), f e et ancienne motte, c nf de Niel- 
les-lez-Ardres. 

Mottes Sarràsines (les;. Dans l'arrondissemeht 
de S-Omer, le manoir féodal construit sur une motte 
entourée d'un fosse était, avec la potence à detix pi- 
liers, Femblème de la justice vicomtière, comme le 
donjon et la potence à trois piliers étaient celui de la 
haute justice. Mais la population des campagnes 



MOT 155 

avait des mottes d'une autre espèce qui, dans les 
temps de guerre avec les contrées voisines, lui ser- 
vait de boulevard et de refuge contre les maraudeurs 
et les partis ennemis. C'est là que dans les cas d'a- 
lerte^t Jorsqu'ils étaient prévenus a temps par les 
signaux a "leu allumés sur les hauteurs par ceux 
d'entre eux qui y faisaient le guet à tour de róle, les 
paysans se retiraient avec leurs bestiaux et ce qu'ils 
avaient de plus précieux. Orderic Vital donne la 
description de ces sortes de mottes. Ce sont, dit-il, 
de grands monceaux de terre faits ou de gazon ou de 
terrain bien battu ; elles étoient rondes, finissaient 
en pointe et étoient revètues d'un retranchement ; 
on s'en servoit comme de forts en les environnant 
d'archers ou d'arbalétriers qui en s'élevant au-dessus 
les uns des autres pouvoient tirer sans s'incommoder. 
Les Ànglois faisoient beaucoup usage de cette forti- 
fication ; car en Gascogne on les attribue vulgaire- 
ment aux Rudigoris, nom que Ton y donne aux Àn- 
glois (Houard, dictionnaire du droit normand V. 
Mote). Dans Tarrondissemeiit deS-Omer, la plupart 
de ces anciennes forteresses en gazon sont connues 
sous le nom de Mottes Sarràsaines. Sarrasihs, tei 
était le surnom que la population wallonne de cet 
arrondissement donnait aux Flamands, aux Anglais 
et aux soldats de TEspagne. C'est celui que portent 
encore les habitants de Guines qui ont été pendant 
deux siècles sous la domination anglaise, ceux d'Au- 
druicq et de Tournehem qui ont été sous celle des 
rois d'Espagne, voire mème les Flamands des fau- 



156 MOT 

bourgs de Lizel et du Haut-Pont qui étaient traités 
de Sarrasms par les bourgeois de la ville, a la suite 
des démèlés qu'ils avaient entre eux. 

Il existe encore : 1° deuxmottes dites sarrasaines, 
Fune à envirou cinquante mètres de l'église de Bil- 
ques, Fautre dans le bois d'Hellefaut a troiscents 
mètres du centre du village, ayant dix mètres de 
hauteur sur douze mètres carrès ; 2° une motte des 
Sarrasins a Bientque, hameau de Pibem ; 3° un lieu 
dit le Chdteau des Sarrasins, à Remilly-Wirquin ; 
4° une motte des Sarrasins, a Enquin, dans un bois; 
5° une motte des Sarrasins, autrement dite des Tem- 
pliers, a Enguinegate, etc. Il en est d autres qui ne 
portent pas ce nom mais qui avaient évidemment la 
mème destina tion. Telles sont notamment La Motte 
ou fort de la motte d'Àlquines (V. Fort de la Motte), 
celle du bois de la Forte-Taille, sur cette mème com- 
mune La Mot le située dans le bois de ce nom, dit 
autrefois le Motte-Hault, sui' Àudréhem ; la grande 
motte d'Eperlecques dite la Menlle-Motte , parce 
qu'elle est située près du moulin à eau non loin de 
l'ancien e li à tea u. La Motte-Madame , à Mentque- 
Nortbécourt presque en face de la tour de Téglise. 
Les populations voisines de la forèt de Tournehem 
avaient des lieux de refuge d'un autre genre où ils 
cachaient les femmes, les enfents et les bestiaux. 
C'étaient de grandes fosses carrées ou circulaires 
creusées dans la forèt. Elles sont encore aujourd'hui 
désignées sous les divers noms de Fosses Sarrasines, 
de Fosses as lnglais ou de Muches (retraites, repaires) , 



MOU 457 

notamment près de Nortbécourt, des hameaux de la 
Wattine, d'Héricat et du Trou-Perdu. 

Motte-Wàrnèque (la). V. Warnèque. 

Mouflon (le), nom d'un fief et d'un tertre très- 
ancien quì n'est autre qu'une tombelle de l'epoque 
celtique, sur le penchant d'une colline en la com- 
mune de Surques. — Ad montem qui vulgo mont- 
felon dicitur juxta Surcas, xn e s. Lamb. d'Ard. On 
y tenait les franches vérités du canton et on y payait 
le droit de travers, comme lieu de limite entre le 
comté de Boulogiie et la chàtellenie de Tournehem. 
— Pour les despens du dici baillieu de Tournehem 
faits en alla/nt de Tournehem à Terwanne pour faire 
semonre les gens de Surkes qui demeurent dessouhs 
Engleterre adfin qu'ils winssent à la vérité de Mou^ 
felon appartenant à madame (la comtesse d'Artois) 
ainsi qu'ils soloient faire anchiennemenl et adpré- 
sent riy vosuillent venir t 1363, comptes de la chat, 
de Tournahem, ardi, de Lille, — Et seront tenus les 
dessus dilz bourgeois et soubz manants de ma dite 
ville et banlieue de S l -Omer de paier travers à Mou- 
flon et ailleursen ma diete chàtellenie de Tournehem 
là où il est accoustumé d'e&lrepayé, 1367, terr. de 
Totfrnehem. V. le t. vm des Mém, de la Soc. des Ant. 
de la Morinie sur les fouilles faites au Mouflon, p. 
537. — Bauduin de Montfellon, 1307, cart. ebart. 
p. 26. — Louis de Boure, escuyer, s** de Monìflon, 
1550, gr. cout. t. 1 , p. 73. 

Moulin de Breucq (le), m in , c ne de Ledinghem. — 
Le moulin de Bruegues, 1240, de Godefroy. 



L 



158 MOY 

Moulin de Crezecque (le), m i0 , c" c de Louches. — 
Au dit Louches au nord du moulin de Crezecque, 
1778, terr. de Tournehem. 

Moulin des Fosses Morel (le), m in c ne de Louches. 

Moulin de Glen (le), m in , c ne deDennebroeucq. 

Moulin de la Barne, m in , c ne de Campagne-lez- 
Wardrecques. 

Moulin de Liuze (le), m in , c ne de Zudausque. 

Moulin de la Brudagne (le), ni 1 *, c ne de Lumbres. 

Moulin de Rons (le), m itt , c ne d'Ecques. 

Moulin des Hulottes (le), m in , c nf de Racquin- 
ghem. 

Moulin de Stiembecque (le), m 1 ", e 16 de Louches. 

Moulin du Blanc-Pignon (le), m i0 , c ne |de Roqué- 
toire. 

Moulin du Brulé (le), m in , c ne de Vaudringhem. 

Moulin du Petit Hasard, m io , c ne de Ledinghem. 

Moulin lNGLEBERT(le), m i0 , e * de Quelmes, 

Moulin-le-Comte (le), ham. c M d'Aire. 

Moulin Saint- Augustin (le), m in , e" de Clarque. 
V. S'-Augustin. 

Moulin Saint-Jean (le), m in , c ne de Clarque. 

Moulin Widille (le), e w de Lumbres. 

Moulle, c on de SM)mer nord. — Moneta, 1186, 
chron. Andr. p. 187. — In villa quoque de Moulla, 
1200, ibid. p. 528. 

Moyecque, fief, e 110 de Recque. — Ung fief et nable 
tenement nommé le fief de Moiecque à ìisaige d&bois 
gesant toul en une pièce auprez du dict Couquove, 
contenant einquante mesures de terre m* enriron, 



MUS 159 

lenanl de nort, zut et oest au$ terre et riefz dn dict 
Vouquove... duquel bois par ci devant souloytavoir 
partie en riez etjardin et de pré$ent est le tout de-* 
venuet converty en bois, 1543, terr. de Tournehem. 
Cet ancien fief est aujourd'hui désigné squs le nom 
de Bois de Cocove. 

Muncq-Nieurlet , c on d'Àrdres. — Villulla de 
Nhverlede quce est sita super Reche , 1145, A. Mir. 
t. in, p. 392. — Un vielg chemin qui maisne du 
Millepit (marnière de Nordausque) parmi le dit lieu 
de Queneberghe à Moncqueniewerleet, 1452, cart. 
chart. p. 186 v°. Le mot monck qui en flamand si- 
gii i fi e moine, a été ajouté au nom primitif de ce vil- 
lage dont le nom primitif de ce village dont le do- 
marne appartenait aux moines de Clairmarais pour 
le distinguer de celui de Niewerled ou Nieurlet, en 
Fiandre, près deS'-Omer. 

Le territoire de Muncq-Nieurlet, où il se construit 
actuellement une église, a toujours été reparti entre 
les quatre paroisses d'Eperlecques, de Nordausque , 
de Kecque et de Polincove qui Tenvironnent. Com- 
pose de marais, de terrains incultes et de bois qui 
avaient été distraits en partie de la seigneurie de 
Bredenarde et en partie de la chàtellenie d'Eperlec- 
que. Ce domaine était, depuis le xiv e siede, dans le 
ressort du bailliage de S'-Omer. 

Mussem, ham. et ch au , c ne d'Ecques. — Mussem , 
1307, cart. S. Om. anniv. p. 53. — A Helefaut.... 
entre le kemin de Mussem et le kemin de Ternane, 
1387, ibid.p. 54. 



160 



MYE 



Myencte, fief, c nt de Louches. — Un fiefnammé 
Myente, en la parome de Louches aboutant d'oest à 
le terre de le Montoire, 1543, terr. de Tournehem. — 
XII meswres de terre aplicquées à la maison et cerne 
de le Cressionnière emprez le Montoire en un liev 
nommé le Myencte, ibid. 



1 



N 



Nard (le), nom sous lequél est communément dé- 
signée à S-Omer et dans les alentours la commune 
de S~Martin-au-Laèrt. (V. ce mot et Lart) . — Vicus 
qui vulgo Le Nard in veteribus monumentis Le Laert 
vocatur, Simon Ogier, étymol. 9. — Aucommence- 
ment de lan 4604 fui commencé à rebàtir le chwur 
de Vèglise paroissiale du Nard, proche notre ville 
qui jà passe trenle-quatre ans (1570) avoit étè ruiné 
par les grands vents, Hendricq. 

Nartstroom (le), nom que porte aujourd'hui le 
Lartstroom (V. ce mot) autreraent dit la rivière de 
Salperwick. 

Natoy (le), f e , c oe de Rebecque. — La terre de 
Poix-erirNatoy àBebecq, 1739, proc. v. cout. d'Aire. 

Neque (le), éc. c ne d'Esquerdes. — En Esquerdes 

près de le Necque. ... à la rue qui maine de le Necque 

à réglise d' Esquerdes, 1532, synopsis, t. n, p. 32. 

Neuf-Manoir (le), ham. c ncs de Ledinghem et de 

11 



L 



162 NIE 

Bléquin. — Le fief du Nouveau-Manoir, 1240, de 
Godefroy. — Neuf-Manoir , hameau , paroisse de 
Bléqain, Maillart. 

Neuye-Rue, ch au , c ue de Recque. — A Recque.... 
listant d'oest au s r de le Noeufverue, 1517, terr, de 
Tournehem. Ce chàteau doit son nom à sa siluation 
près de la nouvelle chaussée ou Niewestraet aujour- 
d'hui la route départementale n° 7 de Nordausque à 
Bourbourg, autrement dite, dans le pays, le chemin 
et autrefois la nouvelle rue de Gravelines. — Ung 
aulire fief sé ant à Recq.... aboutant d'oest à la terre 
du Vroland et sul à la ruò quy maisne de Caullant 
à le Niewestraet, 1547, ibid. Cette dénomiuation 
prouve qu'à l'epoque où cette ebaussée a étéétablie 
on parlait eucore flamand a Recques et dans les 
alentours. 

Neuville, ham. sur les deux communes de Quer- 
camp et d'Alquincs, près de la forèt de Tournehem. 

Niche a CuiExNS (la), ée. c nt de Longuenesse, sur le 
chemin de S-Omer à Blendecques. 

Nielles-lez-Ardres, c°" d'Ardres, 366 hab.; en 
1698 : 105 hab. — Nieles et Neles , 1084 , chron. 
Andr. p. 349, 354, 374 et 368. — Niles, 1122, ibid. 
p. 389. — Nelensis villa.... Neleia arva.... Nelisi.. 
Nileis, Lamb. d'Ard. — Ecclesia S. Vetri Ncleiorum, 
juxta Montorimn , ibid. — Le parie (la pairie) de 
Nielles, 1435, cart. chart. p. 232. — Nielks près 
Montoire, 1559, Aub. Mir. t. iv, p, 462. 

Nielles-lez-Ardres, l'une des douze pairies du 
counté de Guines (Duchesne r G, de Wittel ?tait Fune 



NOI 163 

des dix-neuf paroissés du gouvernement d'Ardres. 
Elle figure dans le pouillé de Thérouanne sous cette 
désignation : Nieles juxta Montem (pour Montorium) 
et dans celui de Boulogne sous son nom actuel de 
Nielles-lez-Ardres. Cette paroisse a toujours fait 
partie du doyenné de Guines jusqu'en 89. 

Nielles-lez-Bléquin, c on de Lumbres, 710 hab.; 
en 1698 : 467 hab. — Nieles, 1240, de Godefroy. — 
Le domaine de Niles, ibid. — Nielles in Bolonesio, 
pouil. de Tbérouanne. — La ville, mairieet esche- 
vinage et vicomté de la ville de Nyelles les Boulle- 
notSy 1458, cout. Richebourg, t. i,p. 398. — Nielles- 
les-Bléquin, pouil. de Boulogne. 

Ce village, dans'le ressort du bailliage de S-Omer, 
fit partie d'abord du doyenné d'Hellefaut, puis de 
celui de Bléquin. 

Nielles-les-Thérouanne, vili. c l,e de Thérouanne. 

— Nieles, 1168, gali, christ. t. x, p. 405 et 406. — 
Nieleprès Terrouane, 1559, Àub. Mir. t. iv, p. 668 

— Nielles-lez-Thérouanne, 1698, Bignon. — Niele- 
lez-Térouane, paroisse, Maillart. 

Ce village a forme une commune jusqu'en 1824, 
epoque où il a été anuexé a celle de Thérouanne. 

Noir-Bois (le), bois, c ne de Haut-Loquin. 

Noircàrmes, hanK c ne de Zudausque. — Nortkel- 
mes, 1300, cart. S. Om. p. 111 v°. — Nortquelmes, 
1423, ibid. p. 122. — Nortkelmes et Northquelmes, 
1447, cart. S. Om. p. 106. — Noir- Carmes, 1519, 
synopsis, t. n, p. 67. On prononce encore tantòt 
Nord-Kelmes et tantót Noircàrmes. Ce hameau doit 



164 KOB 

catte dénomination a sa situation au nord de Kelmes 
ou Quelmes. 

Noìr-Cornet (le), ham. c ne de Racquinghem. 

Noir-Cornet (ld, ham. e" 69 de Wizernes et d'Hai- 
lines. 

Noir-Cornet (lei, ham. c ne de S-Martin-au-Laèrt. 
Dans ces noms comme dans une foule d'autres, le 
mot noir est une altération du mot nord. 

Noir-Trou. V. Northout. 

Noire-Valléé (la), vallon, c ae de Bouvelinghem. 

Nordàl, ham. c ne d'Acquin. — Nortdalle, 1444, 
cart. ehart. p. 214. — Nordale eri laparoisse d'Ac- 
quili, synopsis, p. 103. 

Nordausque, c°" d'Ardres, 574 hab.; en 1698 : 
163 hab. Le noni de ce village a subì de singulières 
transformalions, il n'a commencé a s'écrire, comme 
on le pronorice aujourd'hui , qu'à partir du milieu 
du xv c siede. Avant cette epoque, il s'écrivait sim- 
plement Ausque, Aske, Ausseque, et antérieurement 
auxiv e siècle, Elscc, Helsche, Elseke, Elceke, Helceke, 
Helchecum, etc. — Villa Elseke, 1084, chron. Andr. 
p. 370. — Sub villa de Elceka in strafa publied 
jluvium de Tornehem swpius inundantem prospi- 
ciens.,.. pontem incipit, xiu e s. ibid. — Terra Kin- 
neberg quw est inparochia de Helseka, xm e s. obit. 
de S'-Om. — Terra in Kinberegh quee est inparochia 
de Elceka, ibid. — Le fiefde Queneberghe assis en la 
paroisse d! Ausque en un Ucu nommè Queneberghe, 
1453, cart. chart. p. 10 v°. — En laparoisse et dis- 
iti age de Nortdansque aboutant nort au chemin qui 



NOR 1 65 

mai$ne de Quemberghe à Tournehem, 1578, terr. de 
Tournehem. — Qwmberghe (V. ce mot) est un ha- 
meau de Nordausque. Ces trois indications démon- 
trent à Févidence l'identité A'Helceke, Elceke, Aus- 
queet Nordausque, ainsi appelé en dernier lieu pour 
le distinguer de Zudausque qui était aussi simple- 
ment nommé Ausque. En patois Ausque se prononce 
Euske, et il y a quelques années les vieillards disaient 
encore le mont d'Eusque pour le mont de Nordaus- 
que. On congoit quel se soit prononce eu ou au, 
comme dans Euchin qui s'écrivait Ekin, comme 
dans les mots chapetm, manteau, sceau, etc, qu'on 
écrivait chape/, mante/, scel, et que le premiere de 
la terminaison eke ait été muet comme dans les noms 
de lieux voisins Zoùafque, Mentque, Tilque, Bilque, 
etc, qu'on écrivait Suaveke, Menteke, Tilleke, Bil- 
leke, etc. C'est ainsi qu'on trouve Ausseque pour 
Ausque , au xiv e siede. Au vies Castel de Tournehem, 
au lezvers Ausseque, 1358, comptes de Tournehem, 
arch. de Lille. En revanche on trouve quelquefois 
Elsche ou Helsche au xm e siede, notamment dans les 
Privilèges de l'abbaye deWatten. Lambert d'Ardres 
a écrit ce nom en latin Elchecum, Hekechum, Elee- 
chnm. Dans un compte du bailli de S l -Omer en 1310, 
où il s'agit des réparations faites aux chemins, no- 
tamment a celui de S-Omer à Àrdres, on trouve cette 

mention : pour le pas entre Houlle et Aske XII l 

entr Ausque et Suaveske, etc, car la branche de la 
Petite Leuline (V. ce mot) qui se dirigeaitsur Marck 
jetait un rayon à l'extrémité de la Recousse allant 



166 NOR 

joindre à un kilomètre de là la Lenirne au-dessus du 
Marlepitz ou marnière de Zouafque. C'était le che- 
min qu'on suivait pour aller de SM)mer à Andre et a 
Guines. De là Finterei qu'avait l'abbé Pierre à con- 
struire sur eette chaussée au-dessous de Féglise de 
Nordausque, sub villa de Elceka, le pont dont il est 
fait mention dans le passage cité plus haut. Il y avait 
au Pont d'Ausque (V. ce mot) un bureau de péageau 
profit du seigneur de la chàtellenie de Tournehem. 
V. aussi le mot Zudausque qui a suivi une transfor- 
mation tout à fait semblable. 

Nordausque dont le territoire comprenait plusieurs 
fief relevant du chàteau de Tournehem était un frane 
alleu qui, comme tous ceux du mème ressort, était 
du quiefde la Motte Chastelaine et du bourg de £- 
Omer où se tenaient trois fois Fan les malles ou plaids 
génératix, c'est-à-dire les assemblées judiciaires des 
échevins dits des francs alleux présidés par les 
chàtelains eten dernier lieu, depuis le rachat de ce 
fief, au xv e siècle, par un mayeur, (Chron. Andr. 
Maillart). C'est en ce sens que Lambert d'Àrdres a 
dit que le domaine de Nordausque appartenait au 
chàtelain de SM)mer : Elchekemia pruedia Audoma- 
remi castellano. Au spiritaci, ce village (Ausque, 
pouillé de Thérouanne) fitd'abord partie du doyenné 
d'Alquines , puis de celui de Tournehem, (Nart- 
dausque et Welle, pouil. de Boulogne). 

Nordstraete, ham. c no d'Eperlecques, rue dont 
se compose ce hameau. 

Nordstraete, ancien chemin, c ue de Tournehem. 



NOR 167 

— 4 la Belle-Verdure.... aboutant oest à le fior 
straete — Ungmanoir amazé de maison manabte, 
grange, estableset aultres édificesséant au dit lieu 
de Belle-Verdwe,... listanl zut au chemin de U 
Nortstraetc, 1578, terr. de Tournehem. 

Nohdstraeten, ham. c oc d'Audruicq, sur le che- 
min de grande eommunicatiou d'Audruicq a Ove, 
l'ancien Herewegh ( V. Petite Leulineì. 

Ces mots en flamand signifie rue du Nord . 

Nortbécourt, vili. c nc de Mentque-Nortbécourt. 
— Buchout, 1084, chron. Àndr. p. 323. — Bochoud, 
1244, ibid. p. 618. — Becoud, 1362, eomptes de 
Tournehem, arch. de Lille. — Vers zud de l'église 
de Boucmt, bezude Wanda le f 1431, cart. chart. p. 
243* — Fief nomine le Waindal gisant en la paroisse 
de Nortboucoud, 1442, terr. de Tournehem. — Au 
terr air de Nortbécourt... tenant à ung chemin qui 
maisne d'Inglenghem au Wayndal, 1578, autreterr. 
A Nortbécourt et dans les environs, on désigne en- 
core communément le village sous son ancien noni 
deBoìtcou. 

Ce nom ne figure pas dans le pouillé de Thé- 
rouanne ; cependant on le voit cité cornine paroisse 
en 1431. Èsparoisses de Difques et de Boucout... en 
le paroisse de Boucout, cart. chart. Sous le diocèse 
de Boulogne Mentque et Nortbeaucourt se trouvent 
déjà réunis. Nortbécourt a été déclassé comme com- 
mune en 1821 , pour étre annexé à Mentque au tem- 
porel comme il Tétait déjà au spirituel, bien qu'il fùt 
supérieur en population. Il était, avant 89,. dans le 



168 NOIi 

ressort du bailliage de S-Omer. Eu 4698 il avait 
239 habitants ; il en compte mainteoant 236, mais 
sans compier la population de ses hameaux. 

Nortbrouck (le), c'est-à-dire le marais du nord, 
hani. c ne d'Eperlecques. 

Northout et Norhout, f c et s grie c nc de Nielles-lez- 
Ardres. — In Fulberti minore (Arde»), secus viam 
quce ducit apud Norhout, xu e s. Lamb. d'Ard. — Pa- 
gami* de Norolt y 1173, chron. Andr. p. 467. — 
Gomme de tonte ancienneté le dict suppliant (Jeban 
de Northout; soit extraicte de bonne et ancienne no- 
blesseet ses progéniteurs yssus de chevaliers banne- 
rets en la conte de Guisnes, et mesme messire Àìi- 
thoine $ gr de Northcud et de Nyelles abave du dict 
suppliant termina ;décéda) en l'an IIII C II t 1552, 
terr. de Tourneheni. — A u terroir de Nielles et d'Au- 
tingues à la rue de Northout , 1764, titre particulièr. 
Ce nom se prononee aujourd'hui Noirtrou et en pa- 
tois Noirt reme. 

Northout 1 , f e c ue de Bayeughein-lez-Eperlecques. 

1 A quelques pas du lieu où se trouve aujourd'hui la ferme ou 
cense de ce noni, od voyait jadis le manoir féodal des sires de 
Northout, premiere barons de Bayenghem, en faveur desqaels 
cette torre fut érigèe en baronnie par S. Ai. Charles Quint, en vertu 
de lettres patentes irapériales délivrées à Uaestricht le l' r mars 
1545. 

Jean de Northoct, lìls d'AxTOixE, sieur de Nielles, chevalier, 
seigneur de Bayenghem, de Northout et duQuesnoy, capitaine de la 
ville de Dunkerque, maitre d'hotel de la reìne douairière de Hongrie, 
gouvernante des Pays-Bas, est qualifié également dans lesactes de 
fondateur de lóglise de Bayenghem ; ses armoiries étaient celles de 
sa maison [d'argent à la croix ancrée de gueules) ; il avait épousé 
Claude de Bournel [arfnes dargenl à Vécusson de gveules orlé de 



NOIt 169 

— Le diti lieu de Bainghem, Northout, Monnecòve 
et anitre* > 1543, terr. de Tournehein. — Le fef de 
Northout sci tue au village de Baycnghem-lez-Eper- 
lecques, lequcl ficf consiste tant en manoir, j arditi, 
pré que terres à champ, 1778, rapport du s* 1- de 
Northout, arch. de Tournehem. Ce nom s'est insen- 
siblement altère depuis le siècle dernier en ceux de 
Noosthouck ou Loosthouck. Au nom de la vérité 
historique, il importe de le rétablir. 

Nortkerque (église du nord) , c on d'Andruicq, 1 1 60 
haJ>.; en1698: 325 hab. — Parochia S. Martini 
Northkerke, 1084, chron. Andr. p. 370. — Norl- 



huit perroquets de sinopie becqués etmembrés de gueules), la- 
quelle l'è fit pére d'ÀNTiioiNE, 2 e baron de Bayenghem, seigneur do 
Northout, capitaine du chateau de Ganci et bailìi de Termonde. 

Anthoine de Northout épousa Catherine de Baeust, dame de 
Melisnant (armoiries de sableàla fasce d'argent surmontées de 
trois merlettes de mime), dont il eut une lille unique Anne qui 
apporta en dot sa baronnie et ses seigneuries à Eustache de Croy 
son mari, seigneur de Crecques et de Clarques. (Eustache était fits 
de Jean et d'EutoNORE de Thiennes qu'il épousa en secondcs nóces). 

Le fief de Northout ne resta pas longtemps dans la famille de 
Gnor, en 1600 il passa dans la maison de Divion, pois dans celle 
des Pignatelli, comtes d'EGMONT, qui la cèda par voie d'aliénation 
à la famille d'un gentilhomme irlandais Bernard Maguire, comic 
de Ferra anag, émigré en Franco et marie à Saint Omer à la euite 
des événements qui arrachèrent la couronne d'Angleterre à la di- 
nastie des Stuarts. 

Le nom de Maguike n'existe plus aujourd'hui.dans nos province?; 
le dernier rejeton mAle decettenoble race Hiberniennen'a laissó que 
deux filles, mais ses terres, en Franco, ont passe à ses descendants. 
Le fief de Northout; est aujourd'hui entre les mains de l'un de ses 
arrières petit-fils du coté raaternel, le méme qui, comme un ensei- 
gnementde l'histoire, consigne ici ces lignes tracées d'après les actes 
authentiqucs puisés dans les archives publiques et particulières. 

II" DE LAPLANE. 



1* 

4f> 



470 \OU 

kerka, 4416, ibid. p. 399.'— Nortkerk, 1422, ibid. 
p. 382. 

Nortkerque, lune des qua tre paroisses du pays de 
Bredenarde (V. Bredenarde) faisait partie du doyenné 
de Merch (Marck) , sous le diocèse de Thérouanne et 
du doyenné d'Audruicq sous le diocèse de S-Omer. 

Nort-Leulinghem , e on d'Ardres , 208 hab.; e» 
1698 : 70 hab. — Lelengehem , Lilengehem , LuHn- 
gehem , Lillingahem , Lulingahem , Lullingham , 
4084 et 4422, chron. Andr. — Luelinghem, 4342, 
cart. cbart. — Apud Luelinghem.... stqora viam 
sicut itur apud Calays, ibid. — Leulinghem, 4453, 
cart. chart. — En laparoisse d' Ausque (Nordausque) 
au quemin qui maine du dit lieu à Leulinghem. — 
Leulinghem- les-Tournehem , Bignon. — Nort-Leu- 
linghem, Maillart. 

Ce village, aujourd'hui annexe de Bayenghen>lez- 
Eperlecques, était dans le ressort du bailliage de 
S-Omer. 

Notre-Dàme des Ardents, chapelle et ham. c nc de 
Seninghem. Ce noni, qui doit son origine à la cha- 
pelle érigée en cet endroit pour y piacer une Sainte 
Chandelle provenantde celle d'Arras et passant pour 
guérir du mal des ardents, est défiguré sur la grande 
carte de France en celui de Nolre-Dame des Ardents. 

N ou ve au ville, ham. c ne de Coyecques. 

Nouvelle-Eglise , c oa d'Audruicq , 354 hab. Ce 
village dont on rapporte seulement l'origine a l'epo- 
que de la domination anglaise dans le Calaisis, est 
l'une des plus anciennes paroisses de cette contrée. 



NOU 171 

Son nom primitif èt&it Herewegh (V. Petite Leuline), 
cause à de sa position sur cet ancien chemin. — The 
parish of Harrawaye noto called New kirke, la pa- 
roisse d'Harrawaye maintenant appelée Nouvelle- 
Eglise, xvi* s. terr. anglais du Calaisis. — Quatuor 
altaria, scilicet altare de M ar e (Marck) , altare de 
Oya(Oye), altare de Houve (Offekerque), altare de 
Herewegh... concedo, 1100, A. Mir. t. h, p. 1312, 
charte d'Eustache IH, comte de Boulogne et seigneur 
haut justicier de la vicomté de Merch (Marck), con- 
firmative des donations faites par sa mère Ide, à l'ab- 
baye de Notre-Dame de la Capelle que cette comtesse 
avait fondée en 1090, dans sa vicomté de Merch, au 
hameau de Broucham, alors paroisse de Merch et 
aujourd'hui com mime des Àttaques, dont la ferme des 
Capples, a un kilomètre du Pont à Quatre-Branches, 
rappelle Templacement et le nom. — Oycs, Hove, 
S^Omer-Capelle, Herenveth (mauvaise lécture pour 
Herewech) , 1216, de Godefroy. — Decanatus de 
Merch.... Merch, Hovo, Oya. Couchelwarde (les Àt- 
taques), Capella (Notre-Dame de la Capelle) Herc- 
weghe etc. pouillé JeThérouanne. 

Toutefois le nom flamand de Newkerkc, dont celti i 
de Newkirke n est qu'une variante conforme a la pro- 
nonciation anglaise et celui deNotivelle-Eglise que la 
traductión, était déjà usité dès le xn e s. — Newerca, 
(pour Neukerka), 1179, chron. Andr. p. 471. — 
Nouvelle-Eglise, autrefois Niew-Kerke, Maillart. On 
trouve aussi dans les titres particuliers Neaer-Kerke. 

Cevillagea fait originairement partie de4a vicomté 



L 



1 72 NOY 

et de la keare ou échevinage ainsi que du doyenné 
de Marck (Fiscum, ministerium > terre, vicomté, 
quore de Merch, Mercuriticium, baillie de Merch, 
decanatus de Merch). Sous la domination anglaise, il 
fut annexé à la terre d'Ove, l'une des Marehes du 
gouvernement de Calais (Caleyset the Marehes), le- 
quel relevait lui-mème, au spirituel, de Farchevèché 
de Cantorbéry. Après la reprise de Calais et du Ca- 
laisis (1558), Nouvelle-Eglise continua àfaire partie 
de ce gouvernement designò depuis lors sous le noni 
de Pays Reconquis, et il fut ratta che au nouveau 
doyenné de Marck, reconsti tue sous l'évècké de Bou- 
logne, d'après son ancienne circonscription, moius 
toutefois le Bas-Artois dont les huit paroisses, à 
l'exception de celle de S l -Omer-CapelIe annexée à 
S-Folquin, formaient, depuis ì 559, sous le diocèse 
de S -Omer, un nouveau doyenné ayant pour chef- 
lieu Audruicq. 

Noyklle, f c et s grie c°* de Louches. — La terre et 

seigneurie de Noielle au dict Louches, en laquelle il 

le seigneur) à court, bailly et hommes, 4543, terr. 

de Tournehem. — Rapport que fait et donne les 

soussignés Philippe-Omer Mascotte et G, D. de Ma- 
vigna écuyer, s? de Chavanel, de Holland et autres 
lieux, mari et bail de D e M. C. J. Marcotte, iceux 
du nom Marcotte enfans et héritiers de feu ? /. E. 
Marcotte, bourgeois de la ville de &-Otner, lequel 
étoit fils et héritiers de dame Cécile Leroux, quii a 
acqui s par contrai du 5 du mois de j ani ter 41 '48.. . . 
des r Ch. Barras et <P le À. L. Hébron, son épouse, 



NOY \ 73 

laquelle a Urite deM e N. J. Fontaine de Noyelles, 
M e particulier des eaux et foréts du Boulonnais, 
son cousin.... dufief, terre et seigneurie de Noyelles, 
au village de Louches, gotivernement d'Ardres.... 
1778, terr. deTourneheiri. 



o 



Offekerque, c on d'Àudruicq, 659 hab. — Altare 
de Houve, 1100, A* Mir. dipi. Belg. t, 11. p. 312. — 
Hove, 1216, deGodefroy. — Hove, 1313, comptes 
de la maladrerie de Merch. — Hovo, pouillé de Thé- 
rouanne. — Hove Kirke, terr. anglais du Calaisis : 
the way that cornetti from the castell of Oye to Oye 
bridge, and tcest the way that cometh from Hovkirke 
bridge, le chemin qui conduit du chàteau d'Oye au 
pont d'Oye et ouest le chemin qui conduit du pont 
d'Hove Kerke, ibid. — Ho f kirke, Howkirke et Hos- 
kirke, ibid. — Àuffequerqne, pouillé de Boulogne. 
— Ofqmrque, église primitive, Maillart. — Offe- 
querque, 1583, cout. de Calais. 

Ce village dont le véritable nom est Hove-Kerke, 
église de la Métairie, a fait primitivement partie de 
la vicomté et de la keure de Merch, puis du gouver- 
nement de Calais, sous la domination anglaise et en 
dernier lieu du Pays Reconquis. Il était au nombre 



OST 175 

des paroisses comprises dans le doyenné de Marck 
avant et après la domination anglaise. 

Ophove, liam. c ne d'Àcquin. Ce nona est fautive- 
ment éerit Ophaune sur la grande carte de Franee. 

Ophoye , ham. c M d'Àrques. — Capei lania de 
Ophove, xv e s. pouil. de Tbérouanne. 

Ophove, f c c ne du Haut-Loquin. Ce nam est fauti- 
vement écrit Le Pauvre sur la grande carte de Franee. 

Ophove, ancien ham. c n *de Brèmes sur Ferlin- 
ghem. — Sur le mont entre Sept-Fontaines et Op- 
pekove, 1543, terr. de Tournehem. Tous ces noms se 
prononcent Opove. La véritable orthographe est 
Op-hove, la ferme d'amont. 

Ostove, ham. c ne de Zutkerque. — Qstkove, 1196, 
chron. Andr. p.512. La véritable orthographe serait 
Oost-hove y la ferme de Test. 

Ostove, ancien ham. c nC de Surques. -~ Audict 
terroir de Surques. ... au chemin qui maisne de Mou- 
flon ver* Oestove,... la seule qui maisne de Oestove 
vers Hocquinghem, 1543, terr. de Tournehem. 

Ostove, ancien ham. c ne de Méntque-Nortbécourt. 

— Au terroir de Nortbécourt. ... au devant du ma- 
noir d Ostove.... zud à la rue qui moine d' Ostove à 
Mormecove , 1578 , terr. de Tournehem. — En le 
vallèe d' Ostove, ibid. 

Ostove, ancien ham. c ne de Rodelinghem. * 
Ostove, ancien ham. c ne de Quelmes. — Quelmes 
el Oestove y 4306, gr. eart. de S'-Bertin, t. v, p. 593. 

— (Esthove, 4407, ibid. t. vi, p. 9. 

Ostrove, chàteau dit aussi du Bourguet, depuis 



476 OYE 

longtemps détruit, c nf de Tilques. — Item toutes les 
terres qui sont autour da chdteau du Bourguet ou 
autrement dit du chateau d'Ostrove, listant vers 
zud à la rivière dumoulin, 4715, reg. m* de l'église 
de Tilques. — Cinq quartieri de manoir à Ostrove, 
ibid. — Jean Fertili sur cinq quartieri (Ostove de 
manoir à Ostrove, ibid. 

Ouve-Wirquin, c 0ft de Lumbres, 290 hab. — Ouve, 
1348, cart. S. Om. anniv. p. 402. — Owe, 4362, ib. 
— A Ouue aboutant au marès d'amont les font de 
Ouue, 4348, ibid. — Ouve, 4559, A. Mir. dipi. Belg. 
p. 670. — Houve , pouil. de Boulogne. — Houve, 
paroisse, Maillart. 

Ouve formait et forme encore avec Remilly et Wir- 
quin une seule paroisse dont le cbef-lieu est Remilly 
(pouil. deBoulogne). Il était, d'après Maillart, dans 
le bailliage de S'-Omer. 

OYE(r),f c c nt deS l .Folquin. 
Oye, c^d'Audruicq, 4895 hab.— Villa Oia, 4084, 
chron. Andr. p. 356. — Oya, 4084, ibid. p. 369. — 
Altare de Oya, 4400, A. Mir. dipi. Belg. t. iv, p. 
312. — Une bergerie à Oye jusqu'à la mer, 4424, 
de Godefroy. — Oya duo curati, pouillé de Thè- 
rouanne. — Oiani, les habitauts d'Oye, xn e s. Lamb» 
d'Ardr. — Oye, 4343, comptes de la maladrerie de 
Merch. — De le baillie d 9 Oie livrèe a chense à Stace 
Stakam, III ans, VII** livres lan, 4342, comptes de 
la baillie de Merch. — The parish ofOye.... Lord- 
shipp of Oye, la paroisse d'Ove... la seigueurie d'Ove, 
terr. anglais. 



OYE 177 

Le noni de cevillage (du flamand Oy, brebis, Hoy 
etHock, bergerie, d'où les deux fermes de la Hocqùe- 
rie qui portent encore ce nom, a donne lieu aux er- 
reurs les plus étranges. Parmi les historiens, les uns 
ont confondu ce village avec la ville et le comté d'Huy, 
dans le Hainaut, Hoy a, comitatus Hoyensis ; les au- 
tres avec la ville et le comté d'Eu en Normandie, 
Anta, pagus Aìtcensis ; d'autres lui ont donne le nom 
imaginaire de Ganzes et Ganzotd. La raison est que 
le village d'Oye rappelle le nom de ce volatile que les 
Morins, suivant Pline, engraìssaient et conduisaient 
par bandes jusqu'à Rome. « Et cependant dans cette 
» fa me use tèrre d'Oye que nous avons récemment 
» parcourue , dit avec une malicieuse bonhomie 
» Hector Piers, malgré ses larges fossés et ses prai- 
» ries fertiles, nous n'avons apenju qu'une volée 
» d'oies et beaucoup de dindons. » Ce qui ne Tem- 
péche pas de dire une ligne plus bas : « Autrefois le 
» comté d'Oye était sous Teau. Le titulaire était 
» Vv/n de$ douze pairs du comle de Fiandre. » H. 
Piers confond ainsi, comme ses devanciers, la chétive 
vicomté ou baillie d'Oye qui était dans le ressort de 
la vicomté ou baillie de Merch, avec le comté d'Hoye 
ou d'Huy doat le titulaire était en effet le douzième 
pair du comté de Fiandre et dont le cri de guerre 
était Rotter Groom ! 

Ce qu'il y a de vrai, c'est que la construction d'un 
chàteau-fort, sous la domination anglaise, Castell of 
Oye, le jrtiacipàl dù pays àprfes Calais, a donne au 
village d'Oye une grande importane^, comme poste 



L 



m 0¥E 

militaire. De là cette déppmwatixm de terre d'Qye 
que nous voyons attribuir par Jes histQràeos et 1*§ 
géographes contemporaLns à la partie du Gateisis 
incorporee au canion d'Àudruicq; mais le terrier ?a- 
glais et le procès-verbal de rédaction de la coutume 
de Calais en 1583, nous prouvent que cette dénomi- 
nation ne répondait à rien de réel ; que le villagp 
d'Oye n'était qu'une paroisse f qu'une simple sei- 
gneurie, comme les autres, sans aucune prépoadé- 
rance sur les paroisses et les seigneuries voisiqes ; 
que si son cure a le titre de doyen et vientaprès 
l'évèque de Boulogne , ce n'est pas comme doyegt 
d'Ove, mais comme doyen de Marck et que l'éteadue 
de son territoire évaluée, en 1556, a 8083 acresne 
répond mème pas à celle de 3038 hectares qu'U a 
aujourd'hui. Àussi le poète audomarois, Guillaume 
de le Nort qui, en 1633, s'est efforcé de prouver que 
le Portus Itius devait ètre Waldam n'a-t-il trouvé 
rien de mieux a dire sur l'importance d'Oye, dont 
Waldam est le hameau, que les vers suivants : 

Et la par oche d'Oye atteste par ses rentes, 
De cinq % six, sept mil francs, par ari, équivaleìites 
En rickes revenus à la cure d'un bourg, 
Quatre lieues de round estendane son dumage, 
Que seigneunrie encor son rogai paiMiogp^ 
D'un port supérieur et promontant à ioug. 

Le royal bailliage d'Oye a'avait en definitive d'au* 
tres limites que celles du dimage de ciotte paroisse et 
s'il pouvait ètre qualifié à juste (ìtre de royal ce n'était 



*t 4 



OYE 179 

que parce que le roi de France était tout à la fois le 
souverain et le seigneur particulier du Calaisis. 

En résumé, le village d'Ove a emprunté son nom 
flamand aux nombreuses bergeries établies sur cette 
partie de la cote, comme sur celles voisines de la chà- 
tellenie de Bourbourg, ainsi que le prouvent les do- 
cuments du xi e et du xn e siede ; bien que formant 
une vicomté ou baillie a part, il dépendait cependant 
de la vicomté de Merch, qui comprenait tout le lit- 
toral du Calaisis, depuis Sangate jusqu'à la rivière 
d'Àa, sans en excepter Pétresse (S -Pierre) et Calais 
qui jusqu'à la fin du xn e siècle n'a été que le havre 
de cette bourgade maritime. Sous la domination an- 
glaise, Oye a été rattaché au gòuvernement de Calais 
et il a continuò a en faire partie apres la réprise de 
cette ville sur les Ànglais. Sa paroisse qui était Tune 
dea plus importantes et formait deux cures, a fait 
partie du doyenàé de Merch, avant comme après la 
domination de l'Àngleterre dans le Calaisis. 



p 



Pallose (la), petite rivière qui prend naissance au 
pied de la forèt d'Eperlecques dans cette coinmune 
et va se jeter dans la Reninghe qui se confond avec 
l'ancien Aa et va se décharger dans cette rivière à 
Watten . 

Paillaet (le), flef, c ne de Surques. — Lefiefsei- 
gmurial die Paillart séant au dict Surques, 4543, 
terrier de Tournehem . 

Palent*n (le) , hara. e 1108 d'Ardres et de Brèmes. 

Palfàrt, ham. c oe de Febvin-Palfart. 

Panne (la), ham. c oe de Nordausque. — La Panne, 
1431 , cart. chart. p. 212. — George, seigneur de la 
Panne, ibid. 

Paradis (le) , bois, c oc de Louches. 

Parapet (le), ham. c ne de Wittes. 

Parc (le), bois, c ne de Tournehem. — Le pare de 
Tournehem, 1273, chart. d'Arnould III, comte de 
Guines, Livre des Usaiges de Guisnes, p. 139. 

Parc (le), c ne d'Enquin. 



PEN 181 

Parc (le), fiefet bois, c M de Longuenesse. — Cer- 
tainfiefscitué et assis hors la porte Boullizienne de 
la ville de tf-Omer, au lieu nommè le Parcq, conte- 
nant tout en une pièce le nombre de 42 mesures de 
terre ou environ, listant zut au chemin quy maisne 
dud. S^Omcr à Seninghen t listant nort au chemin 
qui maisne dud. S l -Omer vers Boulloigne (le chemin 
vertdu chemin S^-Croix a Tatinghem), aboutant 
west à une piedsente quy maisne du moulin Corlis 
vers les Chartreux (le sentier des Chartreux), abou- 
tant oest (est) à ung fosse nommè le Chingledicq (V. 
ce mot), 8 aóùt 1543, rapport de M rc Philippe de 
S^-Àuldegonde, ch er s gr de Nortquelmes, terr. de 
Tournehem. Une partie de ce fief est occupée par le 
fort des Cravattes ; le bois du Parcq est plus généra- 
lement connu sous le nom de Bois des Chartreux. 

Parquet (le), bois, c oe de Bouvelinghem. 

Patis (le), bosquet, c ùe d'Elnes. 

Pauverstrate (le), ham. et ancienne fuo. c he d'E- 
perlecques. Cette rue, partant de la Meullemotte, se 
dirigeait vèrs Tancien bois duWoosmette (aujourd'hui 
défriché) qu'elle longeait entièrement (vieux pian de 
1759). 

Payelle ville, ham. c he de Nortkerque. 

Pecqueur (le), ham. c M d'Aire. 

Pélérins (les), ham. et bosquet, e 1168 d'Àrdres et de 
Nielles-lez-Ardres, Suivant la tradition, le bosquet 
des Pélérins est un reste de l'ancien bois Foubert 
V. ce mot). 

Pendant (le), bois, c ne de Tournehem. II y a* le 



L 



i 82 PET 

Grand et le Petit Pendant. Ils sont séparés par un 
étroit vallon et le cheminde Tournehem àQuercamp. 
Ces bois se rattachent en se continuant par d'autres 
bois qui ont également leurs noms particuliers f à la 
forèt de Tournehem. 

PétigNy, ham. c ne de Bomy. 

Petit-Bois (le), barn. c ne de Pihem. Il s'appelle 
ainsi par opposition au Grand-Bois, ham. d'Hellefaut 
qui lui est contigu. Autrefois le Grand-Bois (V. ce 
mot) portaitle nom de Bos d'anioni , et le Petit-Bois 
celui de Bos d'aval. — Esvilles, parroches et tetri- 
tòires de Billeque, Helle fault et Pihem... Jaquemart 
Tartare demeurant au Bos d'aval a recongnut avoir 
prins et recheu à chense ung manoir gesans au Bos 
d'amont, 141 2. cart. S. Om. anniv, p. 60 v°, — Au 
Bos d'aval... . au flégart de le diete ville du Bos, 
4412,ibid.p. 59 v°. 

Petit Bodlogne (le), ham. de la c n6 de Nortkerque, 
ainsi désigné sur la grande carte de France et inusité. 
C'est sans doute la ferme Bouloigne ou le lieu dit 
Basse-Bouloigne, qu'on aura ainsi indiqué. 

Petit Boureweghe (le), nom de deux cheminsde 
peu d'étendue allant s'embrancher au Borweghe (V. 
ce mot et celui de Brouway), Tun a Houlle etl'autre 
a Bayenghem-lez-Eperlecques. 

Petit Cens (le) , c'est encore un nom qui figure 
sur la grande carte de France cornine s'appliquant à 
un hameau de Nielles-lez-Àrdres. — Inconnu. . 

Petit Coin (le), ham. c ne9 de Louches etdeZut-. 
querque. . . - 



he m 

PErrrJ)iFQUE,ham. c^deMoringhem. V. Dìfques. 

PATITE Bèquè (la), miss. c ne d'Autingues. 

Petite BSqitè (la), ruiss. c ne de Roquétoire. 

Petite Eclitre (te), baut. c M de Journy. — Le 
chemdn des Carters conduisant par la Petite Eclitre 
àia eroix Jean Despierres, 1778, rapp. du s fr de 
Journy. V, Grande Eclitre et Mont d'Eclitre. 

Petite Ferme (la), f e c M de Nordausque. 

Petites Hemmes (les), ham. e 1 * d'Oye. V. Hemmes. 

Petit Hollande (le), ham. c ne de Muncq-Fieurlet. 

Petite Leulène (la) . V. ci-eoritre. 

Petite Lys (la), petit cours d'eau qui a sa source 
et son einbouchure (dans la Lys) à Rincq c no d'Aire. 

PEtiTE Rue (la), s on de la e** de Louches. 

Petit Manillet (le), f° c ae d'Ouve-Wirquin. V. 
Maisnil et Grand Manilliet. 

Petit Marais (le), barn. c ue de Wittes. 

Petit^-Moelin (le), ham. c ne d'Oye. 

Petit Pays (le), ham. c ne de Rodelingbem. 

Petit Plouy (le), f e , c no de Récques, autrement 
dit le Plouy en Pairie. 

Peti* Pont (le), ée. c* e de S-Martin-au-Laèrt. 

Petit Quercamp (le), ham. c na de Bouvelinghem. 

Petit Qhiestède, s 011 de la c ne de Quiestède (V. ee 
mot) où est l'église de la commime. 

Petit Tombe Ile), éc. c ne d'Audruioq. 

Pierre (la), barn, e" 6 de Racqumghem-. — A Ra- 
quinghem devers Le Pierre, 1267, cart. chart. p. 
327 v°. 

PlERMjlaj, éc. et seig 1 * 6 , c ne de Zouafque&^ur 



484 PIQ 

l'ancien chemin de S-Omer a Marck et à Catais. — 
Ung manoir amazé de maison manable , grange et 
étables, preis, pasture*, bois et terres aux chatnps, 
nommé le manoir de La Pierre, séant au di$mage 
de Zuaveque, contenant 50 mesures de terre ou en- 
viron tenant oe$t et west aux bois et terre de Cou- 
quove, 1543, rapport du s gr de La Pierre, arch. de 
Tournehem, 

Pierre (la) ou Fontàine Collette, ham. c ad d'Hèl- 
lefaut. 

Pigeonnier (le), ham. c ne d'Àrdres. 

Pihem, c on de Lumbres, 605 hab.; en 1698 : 379 
hab. — Pithen, 1139, cart. S. Om. p. 1 . — Pihem , 
1423, ibid. p. 123. — Le parroce de Pihkm et ter- 
roir de Biequenes (Bientque), 1296, cart. S. Om. an- 
niv. p. 51. 

Pihem, du doyeuné d'Hellefaut, puis de celui de 
Bléquin, figure dans la nomenclature de Bignon sous 
le bailliage d'Aire, et dans celui de Maillart sous le 
bailliage de S'-Omer. 

Pinsàrt (le Mont), haut. c ne de Surques. 

Pippemont, ham. c De de Febvin-Palfart. — Pippe- 
montium, xvi e s. Simon Ogier. 

Piquendàl \ ham. c ne de Merck-S-Liévin. — Pi- 
kendale, 1139, cart. S. Om. p. 1. — Asserebant quod 
tota villa de Werneka et de Pikendale et tota villa 
de Clocamp-et tota villa de Maisnilio... ab eecleÉia 

1 C'est sur le territoire de Piquendal qu'on a trouvó dans la terre, 
il y a quelques annóes, un magnifiche bracelet en or massif eie l'epo- 
que Tpm£io©. r.r- •*". H. de^a •-• - 



PLO 488 

S*-Audomari . teneantnr, 4274, ibid. p. ©4. — Pi- 
quendak, 1291 , ibid. p. 62. 

Pire (le) barn, e™ 6 de Ledinghem. 

Place (la), ham- c Be de Zutquerque. 

PlàCes (les), ham. e** de Rebecque. 

Plalne Merzoil (la), e ne de Bouvelinghem. 

Plànohe Tournoire (la}, éc. c td deTilques. 

Plat d'Or, ham. c oe d'Àutingues. 

Plouy (le), barn, e" 8 de Febvin-Palfart. 

Plouy (le) , fief, c M de Nordausque au hameau de 
la Patine. — Fief, terre et seigneurie du Plots gesant 
oest de Véglise de Nortausque, 4543. — Le chef4ieù t 
manair et tuo tu du Ploichz, rapport du &* du Plouy, 
ardi, de Totuttiehem. Le petit groupe d'habitations 
qui porte encore sur les lieux le nom du Plouy, entre 
Recques et la Panne, se confond aujourd'hui avec ce 
hameau. 

Plout, fief, e* de Seninghem.— Ze fiefdu Plouich 
cnSeninghem, pr. v. derédact. des cout. deS-Omer. 

Plouy (le), ham. t ut de Surques. — Walterui de 
Ploichio, 4225, chron. Àndr. p. 654. 

Plouy l (le), ham. c? e de Wavrans. — Le vaie de 
Rumili^ au Piote li, 4326? Cart, S. Om. annw. p. 
404. — LePlomc, 4442, ibid. p. 432. 

* 

1 D'après la tradition, il y aurait eu jadis, sur ce point elevò, ape 
maison de Templiers ; de vieux restes de murs très épais y subsistent 
enoore, il est probable qu'ii y eut là un point de dófense au temp9 
de la domination espagnole. 

Le Plouy-lez-Wavrans a àppartenu longtemps à la famille de 
Lena elraitinctioa.de .tequelle tétte -tette- mt- £assée ' par voie d'é- - 
changedan» les maina d'un seigneur irlandais lor^M^gujgtt, réfujig ; # 
en Tfa^'éviotH^S Éenfier tfirocTV possedè encore. H. de L. 



m poe 

PomisIB (la), fièf> q"? de Niettes4e«-Ardrw.~WW- 
lelmm de Podonia, xn e s» Lamb, d'Ard. -+-Jehan é&. 
lePodenie, homme des s rl de la Cressoanière et de 
Nielles, 1314 et 4317, cart. ehàrt. p. 25 et 26. — 
Prés, lourbières de le Montoire, m bout du Pare. . . 
Une pièce de pré quoti nomine le Poidenie,A3(ì\ y 
Comptes de Tournehem , arch. de Lille. Ce noni 
n'est plus eonnu.. 

Point du Jour (le),éc e" de Tatinghem. 

Poiarr (le)» éc. <*• de Nielles-lea-Àrdres. 

Poirier (le), barn, e 00 d'Audréhem, autrefois Cous- 
seboume. V. Cosebourne. 

Poidre (le), rivière et canal de dessèchèment qui 
prpnd n&issfcnce dans les maràis de Polwicove et de 
Muncq-Nieurlet, auquel il seft d'égoùt, passe bous le 
Meulestroom, au Fort S*-Jean, traverse Textréiplté 
du territoire de Zutquerque et les marais d'Audruioq 
etvajohtdjre au Fort Rebus le eabal deS-Oraerà 
Cajais, en foce du Draek qui èn était autrefois la 
continua tion . — La rivière de Polire, 1682, decE- 
ments relatifs au catìal deCateis. 

Le poidre aetuel n a été creuséque vers la fin du 
xvir s^ole, eo remplaceraent de Tancien qui se di- 
rigeait vers Hennuin et cj» i , parvenu au-dessous dfe 
ce hameau, eoulait parallèlement au Robeeque dont 
il n'était séparé que par une dìgue. C'est sur cette 
partie du Poidre et du Robocque réunis que fot établi 
le nouveau canal de S'-Omer à Calais. Le cours du 
Poidre se trouvant ainsi obstruó au-dessous d'Hea- 
numi U en fésiillfc qtre tés wàrafe deSJuQcà-Nieurlet; 



PON 187 ; 

et de Polìtìèove furent inondés. Lea échevins du pays 
de Bredenarde réclamèrent auprès de l'intendant 
d'Àrtois qui leur refusa toute espèce de subvention 
et de concours soit de la part des Etats d'Àrtois, soit 
de celle du gouvernement: C'est alors que fut trace 
et creusé le nouveau Poldre aux frais de l'abbaye de 
Clairmarais a cause de soh domaine de Muncq-Nieur- 
let et des autres # propriétaires des marais, notam- 
ment du due de Croi* et de Solre. (Registre aux déli- 
bérations des échevins du pays de Bredenarde de 
1663 M693). 

Pólincove, c fl1 d'Audruicq, 562 hab.; en 1698: 
157 hab. — Pullingahove , Poltingahove , 1084, 
chron. Àndr. p. 355 et 370. - Polinghove, 1179, 
ibid. p. kl&.—Pohnchove, 1309, cart. chart. p. 
264 v°. 

Ce village, Fune des quatre paroisses du pays de 
Bredenarde, faisait partie du doyenné d'Àlquines, 
sous le diocèse de Thérouanne et du doyenné de 
Tournehem sous le diocèse de Boulogne v . Recques 
dont il était d'abord la succursale lui fut plus tard 
annexé. 

Ponchel (le), éc. c ne d'Arques. 

Ponches, ham. de c ne de Coyecques. Ponchw, 
1248, de Godefroy. — Ponches, 4264, aote* de fon- 
dation de la chapelleqie de ce hameau, gr. cart,4e 
S'-Bertin, t. ni, p. 30j?. — Capellania de Ponqhe*, 
pouil. de Thérouanne. 

Pwcip?£, barn, c™4'£to£*. __, . .... 



«88 PON 

Pontàsquin (le), barn. c* e de Wardrecques, pont 
entre cette commune et celle de Renescure, entre la 
Fiandre et l'Artois, le Nord et le Pas-de-Calais, sur 
le Neufossé et la voie romaine de Cassel a Thérouanne. 

Pont d'Asquin, ham. c ne de Polincove. 

Ges deux ponts s'appelaient sans doute ainsi pour 
pont à sequim, comme qui dirait pont à Vargent, à 
cause du droit de péage ou de travers qu'on y perce- 
vait, l'un a l'entrée du comté de Guines et l'autre à 
celle du comté d'Artois. 

Pont a Ham, ham. c De de Quiestède. — La prévoté 
de Roquétoire, de Pontaham, 1739, pr. v. de rédact. 
de la cout. d'Aire. — La seigneurie de Pont à Ham, 
ibid. — Pont à Ham, hameau, commune de Quies- 
tède, Maillart. 

Pont a Place (le), ham. de Fauquembergues sur 
la grande carte de France. Inconnu. C'est peut-ètre 
le lieu dit la place du chàteau. 

Pont a Quatre Branches (le) , V. Pont sans Pareil. 

Pont d'Ardennes, ham. et moulins, c ne de Wi- 
zernes. — Gondar denghes (donation à S-Bertin du 
niouli n, pré et maison de), 1248, gr. cart, de S'-Bertin 
t. ni, p. 116. — Entre Wisch (alias Winschjet Gon- 
tardinghes, 1399, cart. chart. p. 253. — Londar- 
denghes prè$Wizerne$, 1406, gr. cart. de S-Bertin, 
t. v, p. 19, 1* supplém. On prononce aujourd'hui 
tantdt Gontardennes et tantót Pont d'Ardennes ; 
mais cette dernière forme est plus vulgairement 
usi tèe. 

Pont d'Ausque (le), éttjwrdTiurte pont -etePfòr- 



PON 189 

dausque, lieu où il y avait une barrière de péage à 
Tentrée et pour le travers de la chàtellenie de Tour- 
nehem. — De le ville de S'-Omer à laquelle la comp- 
lesse Mahaut (Marguerite, en 4367) dorma et octroya 
que les bourgeois de la diete ville et banlieue ne pay& 
roient aulcuns travers au Pont d' Àusque > combiet 
qu'il appartieni et fut dépendant de certe seigneurie 
et chastellenie, et cemoyennant et en payant chas- 
cun an pour recognoissance six sols parisis de rente, 
1578, recettes de la chàtellenie de Tournshem. 

Pont de Briques (le), ham. c nC de Nortkerque.. 

Pont de Campagne (le), ham. e ne de Campagne-tezi 
Wardrecques, sur le capai du Neu fosse. 

Pont de Guemp (le), ham. e™ de Guempsurle 
Bfoulet, 

Pontd'Oye (le), ham. en partie sur lacommunede 
Nouvelle-Église et en partie sur la co min une d'Qye. 
— The Oye bridge, terr. anglais du Calaisis. 

Pont de Pierre (le), ham. c ne d'Àudruicq, dans le 
marais, sur le Poldre et le chemin d'Audrukq à > 
Hennuin. 

Pont du Halot (le) , ( ham . c n8 de S'-Folquin, 

Pont du Rossiqnol, ham. c ne de Nortkerque. Ce 
lieu se nomme aussi simplement le RqssignoL 

Pont Gayelle (le), ham, c ne de Thiemhronne. 

Pont Neuf (le) , éc. c ne d'Audruicq* 

Pont Rouge (le), entre SWEolquin et S le -Blatt^. 
kerque, sur le Hardick et la route départementale 
n° 7 de Norda,usque ^ Bourbpurg , daos le voiaimrge 
duquel il y a quelque maisons qui sont désignées 
sous cenom. 



190 POU 

l ': 
Pont sans Pareil (le) ou Pont a Quatre Branches 

condro it en 4754, à l'etitrecroisement du canal de 

S**Omér à Galais avec le canal d'Ardfes et celuì des 

T*ois Cornets. Les deux groupes d habitations qu'il y 

& des deux eótés du canal d'Ardres et de celui des 

Trois Cornets, sur le territoire d'Ardres et celui des 

ÀUaques, forment un hameau qui porte ce nom et 

qui, avant!754, était connu sous celui de Barriere* 

de Frante. 

Pont Sàint-Mommelin (le), ham. c ne de S'-Omer, 
près da pont de ce nom. Avant sa construction en 
1832, le groupe d'habitations qui l'avoisine portait 
le nom de Bae de &-Mommelin et plus anciennemeut 
celui de Bac d'Oudemonstre ou du Vieux Mouslier. 
— Labbaye de S % -Bertin pour obvier aux frais d'un 
gros et long procès, tratte avec les mayeur et éche- 
vins de S^Omer sur lepassage de la rivière d'Aa au 
Vieux Momtier de la manière suivante : 1° Chaque 
partie transigeante aura sa rive sur la dite rivière, 
SP-Bertin celle du ìès vers Fiandre et celle des dits 
de $*-Òmer f éu lès vers S^Omer ou Àrtois ; 2° qui- 
conque venant de Flandres voudra passer à bateau 
pour se renare à la rive de SP-Omer, il y seraconduit 
par le fermier ou batelier àe S'-Bertin et quiconque 
viendra de la rive de &-Omer ou Artois pour 
alter en Flandres sera conduit par le fermier ou 
batelier des mayeur et échevins de tf-Omer, etc., 
1388, synopsis, t. u, p. 93. 

ftèar* Tflotf * (te) , fcam . c n * d' Ardres . 

foTORMFE {&) , s^ de la c*+ d'Esquerdes . 



PRU 



191 



Préau (le), s où de la c M de Tournehem. 

Prés-Marais (le), ham. autrement dit le Marais, 
c ne de Guemp. 

Proye (Grande et Petite), éc. c ne deS le -Mariekerque. 

Pruyoté (la), lieu dit de la c oc d'Esquerdes, où était 
la Maladrerie. V. Maladrerie d'Esquerdes. 



r < 



Q 



Quabecque (la), ruisseau, affluent de la Liette, 
c oe d'Eperlecques. Il est forme par quatre sources 
prenant naissance à Bayenghem-lez-Eperlecques en 
tè te de l'ancien fief de Northout. 

Qoàtre-Moulins (les), s 00 du faubourg du Haut- 
Pont, c M de SM)mer. 

Quelle (la), petite rivière qui prend naissance 
dans les prairies de ('ancienne abbaye de S'-Àugustin, 
c M de Clarque, traverse une partie du territoire de 
Rebecque et va se jeter dans la Lys à Marne tz. — In 
pago autem Tarouannensi monasterium quod in 
suburbano Tarouannicce urbis situm erat, expetiit 
(S, Treverius).... Dici tur autem.... ipsum monaste- 
riumjuxta flavium Ulte (alias Ulle) prope pelagus, 
625, Malbrancq de Morinis, t. i, p. 217, ex vit. S. 
TreveriL 

Ce monastère, situé dans un faubourg de Thè- 



QUE 193 

Tonatine sur une rivière nommèe Ulle, est évidem- 
ment , comme le supposait le savant Jean Rolland, 
Fabbaye de S'-Augustin, située en effet dans la pa- 
roisse S-Martin de Thérouanne, sur la petite rivière 
de Quelle, mot identiquement le mème que Welle ou 
Uuelle, ainsi qu'on l'écrivait dans le dialecte frane 
et signifìant source, ruisseau. C'est donc a tort, sui- 
vant nous, que Malbrancq changeant arbitrairement 
ce mot Ulle en Ulter, a suppose que ce dernier nom 
devaitétre celui de la rivière d'Aa à Wizernes, parce 
que cette partie de rivière était outre le prétendu 
Golfe Itius ; opinion inadmissible et qui est cepen- 
dant généralement adoptée, sur la foi de Tauteur du 
de Morinis. 

Quelmes, c 0Q de Lumbres, 289 hab. ; en1698 : 
111 hab. — Kelmias, 723, cart. sith. p. 49. — Kel- 
mas, 850, ibid. p. 97.— Kelmes, 4109, ibid. p. 235. 
— Au zud de Tadinghem alistant zud au quemin de 
Kelmes, 1424, cart. chart. p. 221 v°. — Leulinghem- 
lez-Quelmes, 1433, synopsis, 1. 1, p. 129 l . 

Quelmes figure dans la nomenclature de Bignon 
sous le bailliage d'Aire et dans celle de Mailliart, ce 
qui est plus exact, sous le bailliage de SM)mer. Il est 
inscrit dans le pouillé de Thérouanne, d'après son 
orthographe primitive Kelmes, comme faisant partie 
du doyenné d'Alquines et dans le pouillé de Boulogne 
(Quelmes) comme étant compris dans le nouveau 
doyenné de Bléquin. 

1 Quelmes apparteaaìt à l'abbaye de S'-Bertin. 

4a 



494 QUI 

Quembergue, f e c ne de Nordausque au hameau de 
la Panne. Y. Nordausque. 

Quercàmp, c on de Lumbres, 374 hab.; en1698: 
IH hab. y compris ceux de Mentque. — Kercamp , 
4207, A. Mir. dipi. Belg. t. ni, p. 370. — Quiescamp, 
4239, de Godefroy. — Quiercamp, 1240, ibid. — 
Kerscamp, 1451, cart. S. Om. anniv. p. 131. — 
Querscamp, 1460, ibid. p. 46. — Mentques et Quer- 
càmp, Bignon. Quercàmp, hameau, Maillart. 

Ce village qui, avant la revolution n'avait pas 
d'église, dépendait de Mentque. Erige en commune 
depuis 89, ses habitants se sont construit une église 
qui a été annexée à celle de Bouvelinghem et qui est 
devenue paroissiale, seulement depuis quelques an- 
nées. 

Quilwalle, f e c oe d'Eperlecques, dans le marais 
près de Watten. — Kilwalle, 1227, Privilegia eccles. 
Wat. privileg. 35. — Kilwal cum omnibus pertinen- 
tiis suis tam in aquis quam in flotis et terris aliis 
quce dicuntur Legher, ibid. Les terres lègres du 
Quilwalle, redevenues à l'état de terres flottantes, 
ont été de nouveau mises en lègres, au moyen d'un 
moulin d'épuisement, il y a environ trente ans, epo- 
que de la reconstruction des bàtiments de la ferme de 
cenom x . 

Quiestède, c°° d'Aire. 307 hab.; en 1698 : 146 h- 
— Kierstede, pouil. de Thérouanne. — Querstede, 



1 Cette ferme successivement formée jadis par les mains des relt- 
gieux de Clairmarais appartenait à ce monastèro. 



lì 



QUI 195 

pouil. de Boulogne. — Quistède, le Petit et le Grand, 
Bignon. — Quistède, village; la partie orientale 
se nomme Quistède le Grand, et est du bailliage 
d'Aire ; la partie occidentale ce nomme Quistède le 
Petit et est de la regale de Thérouanne, Maillart. 

C'est au Petit Quiestède qu'est l'église de la pa- 
roisse qui était dans le doyenné d'Hellefaut, sous le 
diocèse de Thérouanne et dans le doyenné de Blé- 
quin sous le diocèse de Boulogne. 

Quingoie (la), ham. c tte d'Audréhen. 



R 



Raquikghem, c°° d'Aire, 504 hab.; en 1698 : 170 
hab. — Rakingem, 1207, A. Mir. dipi. Belg. t. in, 
p. 370. — Raquinghem, 1363, cart. chart. p. 32 v°, 
— Rakinghem, pouillé de Thérouanne. — Racquin- 
ghem, pouil. de S'-Omer. 

Bignon place ce village dans le bailliage d'Aire, et 
Maillart, avec plus de raison, dans le bailliage de 
S-Omer. Raquinghem a toujours été Fune des pa- 
roisses du doyenné d'Arques. 

Radometz, f e c ne de Delettes. — Radomez, cense, 
Maillart. — Lefiefde Radometz, proc. v. de rédact. 
des cout. de S-Omer. 

Raidemont, haut. sur laquelle s'élève le village 
d'Herbelles. 

Raiderie (la), ham. c nc de Seninghem. 

Ramendal, vallon, entre les territoires d'Acquin 
et de Seninghem. — Ramesdale, 1240, rapport du 
s gr de Seninghem, de Godefroy. 



REC 197 

Raminghem, f* c ne d'Audrehem. — Au chemin de 
Licques par Raminghem et PEclitre a S*-Omer , 
1778, rapportdu $** de Journy, arch. de Tournehem. 

Rappoy (le), haut. c DC d'Esquerdes. 

Rappoy (le), haut. c ne deWestbécourt. 

Rebecque, c on d'Aire ; 332 hab.; en 1698 : 117 h. 
Rebecque, 1316, cart. S. Om. anniv, p. 76 v°. — 
Robeke, pouil. de Thérouanne. — Rebecke, village, 
partie Aire et regale de Thérouanne, Maillart. — 
Rebecque et Choquel, Rignon. 

Rebergue, c on d'Ardres, 214 hab. — Rosbergue et 
Journy, 1223, gr. cart. de S. Rertin. t. n, p. 276. 
— Rosberge, 1130, chron. Andr. p. 423. — Rubergc, 
1150, ibid. p. 450. — Le grand chemin qui maisne 
d'Audrehem à Rubergue, 1543, rapp. du s gr d'Au- 
drehem, arch. de Tournehem. — De leur chatellenie 
(de Tournehem) relèvent les village* ci-après, sca- 
voir. . . Rebergues en partie, 1 739, proc. v. de rédact. 
des cout. de S-Omer. — Rebergue, paroisse, en 
Journy de partie : le reste est du Boulonnais, Mail- 
lart. 

Rebergue ne figure pas dans le pouillé de Thé- 
rouanne ; dans celui de Boulogne il est ainsi désigné, 
sous le doyenné d'Alquines : Journy et Rebergues. 

Reclinghem, c on de Fauquembergues, 381 hab.; 
en 1698: 304 hab. — Ricolvingahem, 857, cart. 
sith. p. 161. — Ricohingahem modo Reclinghem. 
Malbrancq de Morinis, t. i, p. 61 . — Reclinghem, 
pouil. de Thérouanne. — Relinghem, partition de 
Tévèché de Thérouanne, A. Mir. dipi. Belg. t. iv, 



198 REC 

p. 662. Herclinghem, pouil. de Boulogne. — 
Réclinghem, Maillart. 

Recousse (la), ham. c oc deZouafque. Ce nom appa- 
rai! pour la première fois dans les terriers de la chà- 
tellenie de Tournehem en 1733. Auparavant le ter- 
ritoire de La Recousse était ainsi désigné : Entre 
Wolphus et Norlausque, dismage de Zwaveque 
(Zouafque), listant au chemin qui maine d'Ardres au 
dit Ausque, 1543, terr. de Tournehem. Ce nom parait 
avoir eu pour origine Pétablissement, en cet endroit, 
d'un relai de poste et d'une auberge ayant pour en- 
seigne : A la Recousse. 

Recque, c oa d'Ardres, 445 hab.; en 1698 : 222 li. 
— Recca, 877, cart. sith. p. 124. — Reka, 857, ib. 
p. 162 et 165. — Reclca, (mauvaise lecture pour 
Recha), 1084, chron. Àndr. p. 356. Recca, ibid. 
p. 371. — Hugo de Reche vicecomes, 1145, charte 
relative a Muncq-Nieurlet, A. Mir. dipi. Belg. 1. 1, 
p. 391 . — Le molin à olle de Rec t 1335, comptes de 
la chàtell. de Tournehem. — Le moelin à olle de 
Recky 1353, autres comptes. — En laquelle ma diete 
ville de Recqj'dy bailly f francs hommes et officiers 
et du temps passe sept échevins qui avoient à la 
conjure de mori bailly congno%ssance de toutes ma- 
tières civilles, mais obstant les guerres quy ont esté 
par cidevant le dict eschevinage a esté délaissé , 
1548, rapp, du s gr de Recque et du Vrolant, Terr. de 
Tournehem. — Recques et Vroland, Bignon. 

Ce village était dans le ressort de la chàtellenie de 
Tournehem et du bailliage de S^-Omer ; il fit d'abord 



REM 199 

partie du doyenné d'Àlquines, puis de celui de 
Tournehem. 

Recque, nom primitif de la branche droite de la 
rivière d'Hem, prenant naìssance sur la limite des 
deux communes de Recque et de Polineove et com- 
munément appelée la Riviérette (V. ce mot) ou ri- 
vière de Nieurlet. — In nemore de Bethlo (V. Beaulo) 
juxta aquam quce appellatur Reche et juxta villam 
de Newerlede, 1 1 42. A. Mir. dipi. Belg. t. nj, p. 333. 

Recques, nom sur lequel la grande carte de Franco 
désignequelques maisons delacommune d'Hellefaut 
voisines de la Recque. On appelle ainsi le prolon- 
gement du plateau d'Hellefaut en forme de promon- 
toire au-dessus de la vallèe de l'Àa et de Wizernes, 
ainsi que le sentier qui gravit cet angle saillant. — ; 
A Helle fault ... . vers le quemin de Wisserne, par- 
dessous Le Recque, 1437, cart. S. Om. anniv. p. 228. 
— Le ruelle qui va à le fontaine de le Recques. ... au 
wec (chemin) de le Recques.... Tant eri le profonde 
Recque comme en ung ma%iet (marteau) montant en 
hault, joignanl du bout d'aval à le ruelle qui vient 
avalant dedans le Recque à la bretelle Slraet qui va 
vers Wisserne et le les devers mer alistant à le pro- 
fonde Recque et devers mer à le Recques de Pennès, 
1437, ibid. p. 230. 

Redoute (la), éc. c ne de Clairmarais, sur Templa- 
cement d'un ancien fort. 

Remilly-Wirquin, c od de Lumbres, 240hab.;en 
1698 : 360hab. — Rumliacum, 704, cart. sith. p. 
38. — Rumiliacum, x e s. ibid. p. 282. — Terra de 



200 REN 

Rumeliaco, 1139, cart. S. Om. p. 1. — Rumelly, 
ibid. — Rumilly, 1264, cart. S. Om. anniv. p. 95, 

— A Rumilly,. ..àie voie qui vaà Waverans, 1 297, 

ibid. p. 97. — A le voie qui va de Cleti à Rumilly, 

1299, ibid. p. 98. — Rumilly, pouil. deThérouanne. 

-^Remilly et WilquinetHouve, pouil. deBoulogne. 

— Remilli-WerquinMaìWzvt. 

Ce village, attribué par Bignon aubailliagc d'4ire, 
faisait partie de celui de S'-Omer. Il passa, en 1556, 
du doyenné d'Hellefaut dans celui de Bléquin. 

Rentque (le), bois et domaine, c M de Tournehem. 

— De le terre de Renteke, nient, car elle est tout 
waste (dévastée par les Ànglais de Calais], 1355, 
comptes de Tournehem, ardi, de Lille. — Lelieu 
nommé le Rentecque... au long du bois de Renteque, 
1578, terr. de Tournehem. On prononce Rincke et 
on écrit Rentque . 

Renty, c on de Fauquembergues, 803 hab. ; en 
1698 : 292 hab. — Rentica, xi e s. Vie de S'Bertul- 
phe, act. SS. Belgii 5° febr. — Alard et Guillaume 
de Renty frères, 1225, gr. cart. deS l -Bertin, t. n, 
p. 319. — Renti t 1439, cart. S. Om. anniv. p. 115 
v°. — Prioratus de Renty, pouil. de Thérouanne. — 
Renty , petite ville du bailliage de S^Omer, est la 
première terre de VArtois qui ait ètè érigée en mar- 
quisat par Vempereur Charles-Quint, en 4533, en 
faveur de la maison de Croy à qui elle appartenait 
alors ; elle a passe depuis dans eelle d'Egmont où 
elle est encore aujourd'hui, 1698, Bignon. 

Au spiritueU Renty ótait du doyenné de Fauquem- 



RIN 201 

bergues, pouil. de Thérouanne et de Boulogne. 
(V. pour Thistoire Renty en Artois, par M. H ri de 
Laplane, t. x desmém. des Àntiq. de la Morinie, 
1 rc partie, p. 1 à 103, in fine). 

Renty (Réeollets de) . Indépendainment du prieuré, 
Prioratus de Renty, mentionné dans le pouillé de 
Thérouanne et qui, suivant la tradition, avait rem- 
placé un monastère dit de S^Bertulphe, fonde par ce 
saint au vm e siècle, il existait à Renty, à Test du vil- 
lageactuel, un couvent de réeollets qui avait eu pour 
fondateur l'un des seigneurs de Renty, de la maison 
d'Egmont, au commenceraent du xvn e siècle. Cette 
maison religieuse, construite sur deux hectares soi- 
xante ares de terre, tenant du nord au chemin de 
Fauquembergues et du midi à la rivière d'Aa et à la 
verdoyante prairie de Renty, comptait, en 1793, 
huit pères et quatre frères qui durent Tabandonner. 
Elle n'a été démolie qu'en 1818. (Notice par H ri de 
Laplane et renseignements locaux). 

Repsart (le), bois, c ue de Bonningues-lez-Ardres. 

Requebreucq, ham. c M d'Ouve-Wirquin. — E$- 
quebreuc, 1391, cart. S. Om. anniv. p. 104. — En 
le parroce de Rumilly , es lieux qui s'ensuivent : 
primes trois mesures ou environ ou kief d'Èsque- 
breucq, 1398, ibid. p. 105 v°. Remilly, Wirqùinet 
Ouve ne formaient entre eux qu'une seule paroisse. 
(Pouil. de Boulogne). 

Rimeux, ham. c De de Renty. 

Rincq, ham. c ne d'Aire, — Altare deRinch, 1168, 
gali, christ. t. x, p. 405. — Rine, 1207, A. Mir. dipi. 



202 RIV 

Belgio, t. ih, p. 370. — Au village de Rine, 1421, 
ibid. p. 131. 

Rincq, dans le pouillé de Thérouanne, est au nom- 
bre des paroisses du doyenné d'Arques sous le dio- 
cèse de S-Omer, ce mème village (Rincq et Glomin- 
ghernj fìt partie du doyenné d'Aire. 

Riotte (la), m io , c M de Réclinghem. — Riole (la), 
hameaUy paroisse de Réclinghem, Maillart. 

Rippemont, ham. c ne de Bléquin. — Le nouveau 
manoir deRibemont, 1239, rapport d'Ellenard s* de 
Seninghem et de Bléquin, de Godefroy. 

Rivière (la), ancien nom que porte encore dans le 
pays la rivière désignée dans les géographies et sur 
les cartes sous le nom de rivière d'Hem. Ses princi- 
pales sources sont à*Escceuilles, à Alquines, a Alem- 
bon, à Sanghem et à Bainghem ou Bayenghem-le- 
Comte. Les différents ruisseaux formés par ces sour- 
ces et par plusieurs autres d'une moindre importance, 
se réunissent en trois branches dont l'une passe à 
Licques. La seconde branche, celle d'Escoeuilles, 
recoit d'abord La Planque coulant de Bainghem et 
va joindre la branche de Licques à Audenfort. Ces 
deux branches réunies ont unpeu plus bas, près de 
la ferme de La Motte, leur confluent avec la troisième 
branche venant d'Alquines , de Journy , du Haut- 
Loquin et de Fouquexolle. Après avoir traverse les 
prairies d'Audrehem et de Clerques, de Bonningue 
et de Guémy, de Tournehem, de Zouafque, de Nor- 
dausque et de Recque, la rivière se bifurque au-des- 
sousde cette derni ère commune en deux branches 



ROB 203 

désignées sous les noms, Fune de Riviérette, et 
l'autre de Meulestroom (V. ces mots). — Reveria /lu- 
men.... /lumen quod Reveria nuncupatur, Lambert 
d'Ardres. — Fluvius de Tournehem, xm e s. chron. 
Andr. Dans les documenta locaux du xiv c a la fin du 
xviii 6 siècle, ce cours d'eau n'est également designò 
que sous le nom de Rivière, ou par ces périphrases : 
La Rivière de Tournehem, ou la Rivière qui /lue 
vers Tournehem, s'il s'agit d'un lieu en amont ; la 
Rivière qui /lue de Tournehem vers Nordausque ou 
vers Reeque, s'il s'agit d'un lieu en aval de Tourne- 
hem. Froissart rappelle la rivière d'Osquequy est, 
ajoute-t-il, une moult belle rivière. 

Robecq (le), ruisseau qui prend naissance dans la 
forèt d'Eperlecques, au-dessus de Muncq-Nieurlet, 
d'où il tombe dans le marais après avoir traverse la 
Riviérette (l'ancienne Recque] à l'endroit où elle se 
continue par la Liette ou rivière de Ruminghem (V. 
ces mots). A son entrée dans le marais, le Robecq 
forme un canal qui séparé les deux communes de 
Ruminghem et de Muncq-Nieurlet. C'est sur cette 
petite rivière endiguée qu'a été établi la partie du 
canal de S-Omer a Calais , comprise entre le Cuppe 
et Hennuin (V. ces mots). Le cours supérieur du 
Robecq en de?a du Cuppe, avait autrefois son dé- 
bouché dans ce canal au Cuppe mème. Mais depuis 
environ dix ans, le Robecq, arrivé au Cuppe, a re^u 
un nouveaulit endigué qui le conduit parallèlement 
au canal de Calais jusqu'au Meullestroom où il a de- 
puis lors son embouchure. (V. Languedic et Vonne. 



2 04 ROQ 

Rodelixghem, c on d'Ardres, 233 hab.; en 1698 : 
199 hab. — Rolingehem, 1117, cart. sith. p. 258. 
— Rollingehem, 1 130, chron. Àndr. p. 423. — Fre- 
linghem et Rolinghem, xu c s. Lamb. d'Ard. — Reu- 
detinghem, xv e s. pouil. de Thérouanne. — Ung fief 
et noble tenement, nommé Reudelinghem, 1543, terr. 
de Tournehem. 

Ce village était au nombre des dix-neuf paroisses 
du gouvernement d'Ardres et comprisdans le doyen- 
né de Guìnes. 

Roidelant, fief c ue de Surques. — Ung fief nommé 
le fiefdu Roidelant, gesans à Surques, 1343, terr. 
de Tournehem. 

Roidemont (le , haut. c ne de Guémy, ainsi designò 
dans les terriers du xvi c siècle. 

Rond-Bas (le), bois, c M d'Escoeuille. 

Rond-Fossé (le), fief et manoir féodal eneore exis- 
tant, c M deLouches. 

Ront, ham. c ne d'Ecques. — Ront, 1299, cart. S. 
Om. anniv. p. 71 . — Le quemin qui maisne de Cau- 
bourne (Coubronne) àRont, 1480, ibid. p. 195 v°. 

Roquétoire, c on d'Aire, 1159 hab.; en 1698 : 478 
hab. — Rokestor, 1107, cart. sith. p. 218. — Rokes- 
toir, 1139, ibid. p. 311 . — Ronkestoir, 1316, cart. 
S. Om. anniv, p, 76 v°. — Rokestor, pouil. de Thé- 
rouanne. — Roquestoir f 1698, Bignon. — Roqué- 
toire, pouil. de Boulogne. — Róquestoir, village, 
partie Aire et regale de Thérouanne. * 

Ce village fit d'abord partie du doyenné d'Arques 
puis du doyenné de Bléquin depuis 1566. 



ROU 205 

Bosbergue, fief c n * de Zouafque. — Un fief uitué 
et assis au terroir de Zuaveque. nommé Rosebergue, 
1543, terr. de Tournehem. 

Roshof (le), ancienne cense, c De de S-Omer. — La 
cerne nommée Roeshof située dans le faubourg de 
Lisel, 1477, synopsis, t. n,p. 65. — En Lizelebroucq 
(V. ce mot) près le Roesnofou autrement dit le Rozo- 
holf 1645, ibid. p. 70. Le canton de marais, a usage 
de jardinages, que comprenait cette cense, porte 
encore le nom de Roshof. 

Rostn ville, ham. c ne d'Ardres, 

Rossignol (le) , bois et rivière de Nielles et hameau. 
Toutefois le bois est sur la commune de Zutkerke et 
le hameau (V. Pont du Rossignol) sur celle de Nort- 
kerque. 

La rivière du Rossignol dont les sources supé- 
rieures sont sur Louches et Zutkerque, prend nais- 
sance au vivier du chàteau de la Cressonnière, longe 
le pied du bois et de la colline et va joindre le canal 
de S l -Omer à Calais au Fort-Rouge. — Nelei vel 
Nelei fòntes, Lambert d'Ardres. C'est encore aujour- 
d'hui corame au xn c siècle, cette rivière qui borne à 
l'ouesl le Pays de Bredenarde dont faisaient partie 
les deux communes de Nortkerque et Zutkerque. 

Quant au bois du Rossignol, ce n'est qu'une partie 
de Tancien Pare de la Monloire. 

Rouche-Camp, f e et fief, c ne de Louches. C'est en- 
core un nom singulièrement altère par une pronon- 
ciation vicieuse. Sa véritable orthographe est Ruste- 
ghem. — Af gr d'Esquerdes tieni aus&y de mondit sei- 



206 RUM 

gneur en fiefle fiefde Rusteghem, séant audit Lou- 
ches, 1543, terr. deTournehem. 

Rouge-Fort (le), ham. c nc de Rebergues. 

Rougemont (le), ham. c ne de Dennebroeucq. 

Rougemont (le), ham. c ne de Rebergues. 

Rougemont (le), fief c ne de Fléchin. 

Rouge-Trou (le), ham. c ne de Nortkerque. 

Rodssie (la), éc. c nc d'Elnes. 

Roussoye (la),autrefoisdit IcNeuf^Manoir, ham. 
c De de Ledinghem (V. Neuf-Manoir). 

Rue Rrulée (la), ham. c M de S te -Mariekerque. 

Rue Couverte (la), s on isolée de la c ne d'Heurin- 
ghem. 

Rue Sainte (la), éc. compose de plusieurs maisons 
c n# d'Heuringhem. 

Rue des Saules (la), éc. comprenant quelquesha- 
bitations, c ne d'Herbelle. 

Rue Serpentine (la), s 0D de la c nc de Guemp. 

Ruels (les), éc. c ne de Rebergues. 

Ruminghem, c°* d'Àudruicq, 1127 hab.; en 1698 : 
519 hab. — Rumingahem, 850, cart. sith. p. 101. 
— Rummingahem, 877, ibid. p. 124. — Rumin- 
gehem, 1 1 45, Duchesne, Maison de Guines, Preuves, 
p. 95. — Ruminghem, 1453. cart. chart. p. 7. 

Ruminghem relevak immédiatement de la cour 
féodale de Railleul, sous le rapport de la coutume, 
du chàteau d'Eperlecque sous celui de l'hommage et 
du bailliage de S'-Omer pour la justice. Il fit d'abord 
partie du doyenné d'Àlquines, puis à partir de 1566, 
du doyenné de Tournehem. 



RYF 



207 



Rupigny, ham. c ne de Bomy. 

Ruth (le), éc. c ne de Ruminghem, sur la rivière 
d'Àa, à Tendroit ou la Liette ou rivière de Rumin- 
ghem va se jeter dans cette rivière et ou il y a un 
passage au moyen d'un bac, entre les deux rives 
d'Artois et de Fiandre, eutre la rive de Ruminghem 
et celles de Holque et de Watten : Le bac, le passage 
du Ruth, la campagne du Ruth. On donne ce der- 
nier noni a la section dn territoire de Ruminghem 
qui avoisine le passage. 

Ryfvart (le), autrement dit le Watergand du Roi, 
dans les marais du faubourg de Lizel, formant la 
limite des marais de S'-Omer d'avec ceux de Clair- 
ìnarais. Ce mot Ryfvart signifie en flamand fosse na- 
vigable de la rivière. Le Ryfvart est en effet la con- 
tinuation de la Basse-Meldicque (V. ce mot) qui va se 
jeter dans la rivière de Clairmarais et la Grande 
Meer. 



s 



Sablojn'NIère (la), ham. c M d'Ecques. — A Esques, 
à Le Sablonnière, aboutant par d'amont sur les 
preys de Yzelinghen, 4454, cart. S. Om. anniv. p. 
243. 

Sablonnière (la), ham. c nc de Roquétoire. 

Saint-àubin, fief, ch au et f e sur Wandonne, c ne d'Au- 
dincthun. 

Saint-Augustin-lez-Thérouanne, abbave d'hom- 
mes, ordre de Prémontré, près de Thérouanne, c ne de 
Clarque, fondée par Milon II, évèque de Thérouanne, 
en 1164, près des ruines d'un ancien monastère, 
détruit au ix e siècle par les Normands (V. le mot 
Qwelle). Ecclesia sancti Augnstini juxta Morinum, 
1288, A. Mir. diplom. Belgio, t. in, p. 444. — Ec- 
clesia sancti Augustini, Morinensis, 1147 et passim. 
Il résulte de cette charte et de plusieurs autres de la 
mème epoque que Tabbaye de S-Augustin existait 



1 

ti 



SAI 209 

avant 4163, epoque od elle aurait été incendiée (eh. 
de Thierry d'Alsace, 1163, A. Mir. t. i) et soumise, 
après avoir été reconstruite, a la règie des Prémon- 
trés. — S^-Augustin-lez-Thérouanne, Bignon. 

Saint-Augustin, eh™, f° et moulin provenant de 
cette abbaye, vendus nationalement après l'expul- 
sion des religieux en 1791 . 

Saint-Bernard, éc. c ne de Clairmarais, a lanais- 
sance de la rivière de ce dernier nom. 

Saint-Bertin , abbaye d'hommes de l'ordre de 
S'-Benoit, fondée a S'-Omer en 648. — Monasterium 
Sitdiu, 662, cart. sith. p. 21 . — Insula Sithiu mo- 
nasterium, 662, ibid. p. 24. — Beati Berlini mo- 
nasticum monasterium, ix e s. hist. mirac. S. Bertin. 
— Monasterium saneti Ber tini, x c s. cart. sith. p. 
139. — Sanctus Bertinus, 826, ibid. p. 158. — Si- 
tkiense cwnobium, 1056, ibid. 181 . — Couvent, ab- 
baye de S^Bertin, xin c s. et suiv. passim. 

Il ne reste plus de cette célèbre abbaye que la tour, 
un pan de mur de Téglise et quelques corps de bà- 
timents isolés l . 

Sainte-Aldegonde, f e et vallon, c ne de Longue- 
nesse. — Ste-Àldegonde, 1210, de Godefroy. — S le - 
Audegonde, 1286, ibid. — Vallis sancte Aldegondis. 
Le vai de S^-Aldegonde, 1305, cart. chart. — La 



1 Nous renvoyons sur ce point nos lecteurs à l'histoire des Abbés 
de St- Bertin, par'M. de Laplane, dont le consciencieux travail, cou- 
ronné par Tlnstitut, a obtenu la première médaille d'or au nom- 
breux coocours de 1856. 

44 



21 SAI 

terre de S ie -Aldegonde, pr. v. rédact. des cout. de 

S'-Omer. 

Sainte-Aldegonde, fief et éc. c ne de S'-Omer, dans 
le marais. — Le fief des vivicrs, eaux, pescherie* et 
terres maresqtics, nommé vulgairement les pescheries 
etbroucq de S le -Aldegonde siine tout en une pièce 
au faubourg deLizel, contenant i 04 mesures, 1420, 
synopsis, t. n, p. 66. — Le fief de S i9 ~Aldegonde, 
si tue dans la banlieue de S^Omer, en laparoisse de 
S l -Martin en Lizel, 1519, ibid. p. 67. Ce cantori de 
terre où il y a plusieurs habitations porte encore le 
nom de S te -Aldegonde. 

Sainte-Colombe, abbaye de femmes, ordre de Ci- 
teaux, fondée en 1186 à Blendecques. — Ecclesia 
sanctee Columbee de Blendeka^ìSQ, A. Mir. dipi. 
Belg. t. il, p. 1190. — Monasterium sanctee Mari® 
de sanctd Columbd de Blendeka, 1206, ibid. t. in, 
p. 370. — S ie -Colombe de Blendecque . . . . V abbaye 
de Blendecque.... les Barnes de Blendecque, passim. 
. Il reste encore de cette abbaye l'église devenue 
paroissiale, le pavillon de Tabbesse et le moulin *. 

Sainte-Croix, ancien faubourg de S-Omer, avec 
une église, aujourd'hui ham. de Longuenesse. — 
Altare sanctee Crucis, 1133, cart. S. Om. p. 7 — 
Ecclesia sancte Crucis,, 1139, ibid. p. 1. — Etquant 
ceulx de la ville de S^Omcr furent de ce advertis (de 
Fapproche de Louis XI) ils firent desmolir teus leurs 



1 Voir Thistoire de Clairmarais, par M . de Laplane, t. xi des mé- 
moires de la Société des Antiquaires de la Morirne, p. 154 à 189). 



SAI 21 1 

faulbourgs tant à la porte Boullisienne, Saintc- 
Croix, comme à la porle du Brulle, lesquelz estoient 
beaux et riches à merveilles et les phis beaux gardi- 
nages et mieulx clos que Von eust sceu deviser, 1477, 
chronique de Pierre Leprestre. — Archiprétrise (de 
S-Omer) paroisse.... S le -Croix sitpprimée, pouil. de 
S'-Omer. 

Sàinte-Marie-Kerque, c oa d'Àudruicq, 1210 hab.; 
en 1698 : 392 hab. plus les 350 que comptait alors 
S l -Nicolas, ensemble 732 hab. — Sanctce Marice 
Kerka, 1224, gr. cart. de S. Bertin, t. n p. 289. — 
S lc -Ma,rie-Eglise t 1456, cart. chart. p. 13. — Au 
pays et terroir de Langle en leparroce de S le -Marie- 
Eglise, ibid. — S^-Mariw-Kerka, pouil. de Thé- 
rouanne. — S te -Marie-Kerque, pouil. de S l -Omer. 

Cette commune, l'une des quatre paroisses du 
pays de Langle, passa, en 1559, du doyenné de 
Merck dans celui d'Audruicq, de recente création. 

Sàint-Folqwn , c on d'Audruicq, 1259 hab.; en 
1 698 : 528 hab. — Parochia sancii Folquini, 1 11 8, 
A. Mir. dipi. Belg. t. iv, p. 8. — Le paroisse de S l - 
Folkin-Eglise, 1431, cart. chart. p. 158. — S tl -Fol- 
quini Ecclesia, pouil. de Thérouanne. — S^Folquin, 
pouil. deS'-Omer. 

Au xn e siècle, la paroisse de S-Folquin compre- 
nait le territoire de S-Nicolas dont la petite église 
ecclesiola f n'était encore quune annexe, comme elle 
est redevenue de nos jours celle de la paroisse de 
S tp -Marie-Kerque. La preuve enrésulte de la charte 
précitée de 1119 où il est dit que Bonhem, appelé 



212 SAI 

depuis La Bistade (V. ces mots) , était dans la paroisse 
de S'-Folquin : Berquariam unam ovium, qucevo- 
calur Bonhem, in parodila sancti Folquini, cum 
omni terrà quce ibi deinceps accrescere polerit. Il y 
a mème tout lieu de croire que lenoni primitifde 
S l -FoIquin était La Bage, et que sa première église 
s'élevait, comme le rapporte la tradition, à Tendroit 
encore appelé aujourd'hui Les Bagettes où Fon 
montre encore l'emplacement d'un ancien cimetière 
(V. Bagettes). C'est ce qui semble résulter d'abord du 
passage suivant d'une charte de 1266 : Jou Ernoul 
cuens de Ghisnes,,.. ay donei... à ma kière tante 
Madame T ab besse de Bonhamet aucouvent de chet 
mesme lieu, cine mesures de terre. . . gisans en le par- 
roche de le Bage devant leurport, Duchesne, maison 
de Guines, preuves, p. 292. Ce port de l'abbaye de 
Bonhem était celui du bac de la Bistade ou Leisby- 
stade, mot qui peut se traduire littéralement par 
ceux d'Amnis adportum, au port de la rivière. Il est 
ensuite àremarquer que SVNicolas, erige en paroisse, 
est ainsi désigné dans le pouillé de Thérouanne : S. 
Nicolaus de Bago. 

Il est également probable que la paroisse de S l - 
Folquin comprenait en outre le territoire de S te -Marie- 
Kerque dont Téglise n'est devenue paroissiale qu'en 
1224 (gr. cart. de S'-Bertin, t. n, p. 289) et que par 
conséquent la paroisse de le Bage s'étendait primiti- 
vement a tout le pays de Langle, sans en excepter 
S'-Omer-Capelle aujourd'hui encore l'annexe de 
S'-Folquin. 



SAI 21 3 

On a vu plus haut que le pays de Langle est passe, 
en1559, dudoyennédeMarckdansceluid'Audruficq. 

Saint-Germain-en-Louches (V. Maladrerie de 
Louches). 

Saint- Jean-au-Mont, abbaye d'hommes, ordre de 
S'-Benoit, près de Thérouanne, transférée a Bailleul 
en 1558, puis a Ypres. — Monasterium sancii Jo- 
hannisin monte propè Morinum, A. Mir. dipi. Belg. 
L iv, p. 62. — L f abbaye de S^Jean-au-Monl-lez- 
Thérouanne, 1558, ibid. p. 309 (V. Mont-S'-Jean) . 

Saint-Martin-au-Laert , c on de S l -Omer nord , 
983 hab.; en 1698 : 93 hab. — Sanctus Martinus 
extra Burgum, 1123, cart. sith. p. 265. — Parochia 
S^-Martiniin suburbio, 1139, cart. S. Om. p. 1 . — 
Parochia S {i -Martini extra parictes, xm e s. obit. S. 
Om. — Parochia sancii Martini extra-muros sancii 
Audomari, 1256, cart. S. Om. anniv. p. 27 v°. — 
S^Martin dehors la porte Boulizienné, 1447, ibid. 
p. 134 \°. — Les forbourgs de S^Martin, 1307, cart. 
chart. p. 17. — Le paroisse S^Marlin dehors les 
murs, 1407, recette des ladres, m 8 . — Sanctus Mar- 
tinus de Lari, 1469, synopsis, t. n, p. 121 . — S x - 
Martin-au-Lart, 1469, ibid. (V. Nart). — Firent 
(les habitants de S^Omer) desmolir pareillement 
Vèglise parocial de S^Martin la-quelle estoit moult 
ancienne et la première qui avoit eité fondée en la 
dite ville, 1477, chronique de Pierre Leprestre. 

Cette église qui s'élevait dans la rue Boulisienne 
ou Boulnesienne en dehors les murs, à la hauteur 
de la GrandTlace, fut successivement reculée vers le 



21 4 SAI 

Lart où elle fut reeonstruite vers la fin du xvr siede 
sur Templacement qu'elle occupe aujourd'hui. 

Ce village designò dans le pouillé de Thérouanne 
sous son nom latin de S. Martinus extra muros, fit 
d'abord partie du doyenné de S l -Omer ; il passa en 
1559, sous le noni de Le Lart S^Martin, dans le 
nouveau doyenné de Longuenesse. 

Saint-Martin-au-Mqnt, ancien faubourg de Thé- 
rouanne, comprenant la coinmune actuelle de Clar- 
ques. — S x 'Martin-au-Mont près Terrouane, 1559, 
A. Mir. dipi. Belgic. t. n, p. 668. 

Saint-Martin d'Hardinghem, c on de Fauquember- 
gues, 465 hab.; en 1698 : 264 hab. — Dardingahem, 
1016, A. Mir. dipi. Belg. t. ìv, p. 176. — Ad Dar- 
dingahem et ad Rumlaca (Remilly; et ad Kiltaca 
(Cléty) et ad Hardbera (Herbelles), et ad Coica 
(Coyecques), ibid. — Sanctus Martinus Falcober- 
gemisy pouil. de Thérouanne. — S^Martin, pouil. 
de Boulogne. — Ardinghem S l -Martin, Bignon. — 
— S l -Martin d' Ardinghem, Maillart. 

Le doniaine de S'-Martin d'Hardinghem avait le 
titre de prévóté ; il relevait de la salle episcopale de 
Thérouanne et plus tard de celle de S'-Omer et de 
Boulogne. Au spirituel il a toujours été Tannexe de 
la paroisse de Fauquembergues. 

Saint-Martin d'Outre-l'Eau, ancienne paroisse 
et ancien faubourg de Thérouanne. — La cure de 
S^Martin d'Outre-V Bau près Terrouane, 1559, A. 
Mir. t. ìv, p. 669. Ce faubourg occupait en partie, 



SAI 215 

sur la rive droite de la Lys, l'emplacement du village 
actuel de Thérouanne. 

Saint-Martin-en-l'Ile. V. Lizel intra-muros. 

Saint-Martin-en-Louches, ch au , c ne de Louches. 
— La terre et seigneurie de S^-Martin en laparoisse 
de Louches, 1543, terr. de Tournehem. 

Saint-M artin-lez-Aire, ham. c ne d'Aire. — Sanc- 
tus Martinus juxta Ariam Sanctus Martinus 

Ariensis... Capella S ll -Martini extra Ariam, pouil. 
de Thérouanne. — S l -Martin d'Aire, A. Mir. dipi. 
Belg. t. iv, p. 662. S^Martin, w//a</e,Maillart. — 
S x -Martin-lez-Aire, pouil. de S'-Omer. 

La chapelle de ce village dépendait, sous le dio- 
cèse de Thérouanne, du doyenné d'Arques. Sous le 
diocèse de S'-Omer, elle faisait partie du doyenné 
d'Aire. 

Saint-Nicolas, vili, c nc de S te -Marie-Kerque. — 
Ecclesiola... parochiola S li Nicolai , juxta Grave- 
ningham in Maburg, 1114, cart. sith. p. 226. — 
Sanctus Nicolaus de Bago, pouil. de Thérouanne. — 
Au terroir de V Angle en le parroche de S l -Nicolay 
assize près de la grande rivière qui va de S % -Omer à 
Gravelingues, 1456, cart. chart. p. 13. — S^Nicolas, 
pouil. de S^Omer. 

Saint-Omer, ville, Pas-de-Calais, 19,796 hab.; en 
1698 : 11,451 hab. — Villa Sitdiu, supra fluvium 
Agniona, 648, cart. sith. p. 18. — Insula Sithiu, 
662, ibid. p. 23. — In pago Teruanensis in loco 
qui dicitur Sithiu, ix e s. S. vit. S. Berlin. — Castel- 
limi sancti Audomari, x e s. cart. sith. p. 136. — 



216 SAI 

Oppidum.... villa sancii Audomari, 4056, ibid. p. 
186 et 187. — Sanctus Audomarus, 1127, charte 
communale. — Castrum sancii Audomari, 1184, 
caft. sith. p. 364. — Burgus sancii Audomari, xn e 
s. Lambert d'Ardres. - Ad sanctum Audomarum in 
Flandriamvenit, xn c s. cart. sith. p. 286. — Seynt 
Homer, xn e s. denier de Philippe-Auguste, — Saint- 
Omcr, 1248, cart, S. Om. p. 66. — Saint-Aumer, 
1 321 , recueil de chartes et passim. — Sinte-Omaers, 
(en flamand), 1444, cart. S. Om. p. 124 v°. — Morin- 
la-Montagne, 1793. 

Saint-Omer (banlieue de). — Infra villam et 
bannileugam, 1168, diarie communale. — Banleuca 
juridictio sive altajusticia ville sane ti Audomari, 
1247, recueil de chartes. — Ville, esehevinage f 
changle et banlieue de Saint-Omer, qui est lune des 
principales villes du comté d'Artois, 1531, cout. de 
S*-Omer. — Celte banlieue doni l'ètendue est d'une 
lieue ou environ du coté du midy et du seplentrion, 
et d'une lieue et demie ou environ du coté de Vocci- 
dent, comprend les faubourgs de S l -Omer, plusieurs 
villages, hameaux, chdteaux, terres , fiefs et sei- 
gneuries, dont la déclaration sensuit : 

Le faubourg du Haut-Pont ; 

Le faubourg de Lisci ou de l'Isle ; 

Le village de Blendecques en partie ; 

Le chdteau d'Hellefaut ; 

Le hameaude Weins en partie ; 

Le hameau de Gondar denne en partie ; 

Le village de Wizernes en partie ; 



SAI 217 

Le village de Longuenesse ; 

La chartreuse du vai de S ie -Aldegondc ; 

Le chdleau de Wisques ; 

La ferme de S ie -Aldegonde au dit lieu ; 

Le hameau d'Estrehem enpartie ; 

La terre et seigneurie d'Arquingoult ; 

Le village de Tatinghem ; 

Partie da terriloire du village de Cormette ; 

Le village de S^Martin-au-Laèrt ; 

Le village de Solper-wicq ; 

La terre et seigneurie de Burques enpartie ; 

Les Communes de S l -Omer ; 

Le fiefdu bois de Leloo dit la Malassise ; 

Le fiefde Broucq-huis ; 

La Grande et la Petite Meer ; 

La terre et seigneurie de S le -Croix ; 

La terre et seigneurie de Neufrue ; 

Les terres de la Madelaine ; 

Etplusieurs autres fiefs et seigneuries dépendantes 
de celles ci-dessus et autres, Maillart. 

Parmi ces villages, ceux de Wisques, de Longue- 
nesse et de Tatinghem sont repris dans la charte 
d'Adroald de 648 cornine étantaunombre des dépen- 
dances de Sithiu. Dans une bulle de 1 1 39, les églises 
de Tatinghem, deS lc -Croixetde S-Michel sontcitées 
comme étant des appendances de celle de S-Martin 
hors les murs : Et in suburbio parochiam sancti 
Martini, cum ecclesia, cum appendiciis suis scilicet 
ecclesiam Tadingehem et sancti Michaelis et sanctce 
Crucis cum hospitibus t ... cum dimidid decimd sancii 



218 SÀI 

Martini, Thadingehem, Wisque, Longuenesse, Ede- 
kines et sancii Michaelis, cart. S. Om. p. 1. La pa- 
roisse S-Martin in suburbio s'étendait en outre non 
seulement à Hntérieur de la ville sur le bas de la rue 
de Calais, le quai des Tanneurs, le bas de la rue de 
Dunkerque et le Haut-Pont, mais encore sur le terri- 
toire de Salperwick et surla partie de celuideTil- 
ques comprise dans la banlieue. (V. les mots Haut- 
Pont et Heselberch) . Le village de Cormettes dont il 
est fait mention pour la première fois en 1 123, parait 
avoir emprunté son nom à sa situation sur les mettes 
ou limites de la cor ou échevinage. 

La banlieue de S^Omer, telle qu'elle existait avant 
89, peut donc ètre considérée, quant a son étendue, 
comme représentant eelle du territoire de Sithiu que 
Folquin et les agiographes des vili et ix e siècles ont 
désigné par les différentesexpressionsde loca Sithiu, 
loca villarum, hwc terra, 

Saint-Omer (chàtellenie de). 

A la fin du x e siècle, le Castellum S ll -Audomari 
ou bourg de S'-Omer dont Tenceinte fortifiée, com- 
mencée vers 879, n'a été terminée que vers 919, 
était encore dans la circonscription territoriale dont 
Thérouanne était le cbef-lieu : Monasterium cwnobii 
Sithiu quod est sitwn in pago Tarruannensi, 962, 
cart. sith. p. 149 (V. Thérouanne). Mais après la 
mort du comte ou marquis Àrnould-le-Vieux (965) et 
pendant la minorité de son petit-fils Àrnould-le- 
Jeune, il s'opera dans le gouvernement héréditaire 
créé par Charles-le-Chauve au profit de Baudouin 



SAI 219 

Bras-de-Fer, et désigné jusqu'alors sous le simple 
ìiom de Marche, Marka , toute une revolution dont 
on ignore les circonstances, mais qui eut pour ré- 
sultat la création des comtés particuliers et indépen- 
dants, sauf rhommage, de Boulogne, de S l -Pol et de 
Guines, et l'érection du gouvernement temporel de 
la ville de Thérouanne et de ses alentours par l'évè- 
que des Morins, gouvernement qui, après son amor- 
tissement, en H56, par Louis-le-Jeune, porta le 
nom de Regale de Thérouanne (Meyer, Ànnales). Le 
reste de la Marche ou Marquisat prit de son coté, à 
partir de cette epoque, le titre de comté de Fiandre. 
Les villes de S l -Omer et d'Aire qui n'avaient pas été 
comprises dans ce démembrement de Tancienne 
Morinie, devinrent alors deux fiefs dominants, deux. 
chefs-lieux de chàtellenie et comme telles deux mem- 
bres du comté de Fiandre : Castellatila sancii Au- 
domari membruta fuit Flandriw, cart. sith. p. 372. 
Il serait difficile de préciser d'une manière cer- 
tame Tétendue et les limites de cette chàtellenie pri- 
mitive qui comprenait deux mouvances parfaitement 
distinctes, celle d'un fief dominant du comté de 
Fiandre et la mouvance de la seigneurie vicomtière 
qui, d'après les principes du droit féodal, apparte- 
naitau chàtelain. Le prince royal de France (Louis 
Vili) devenu paisible possesseur de la partie du 
comté de Fiandre, érigée depuis en comté d'Artois, 
s'empressa d'óter aux chàtelains de S L Omer qui 
s'étaient érigés en petits despotes (chron. And. p. 
526) les pouvoirs qu'ils tenaient de lui comme admi- 



220 SAI 

nistrateurs de la chàtellenie, pour les confìer à un 
bailli qui exercjait cette fonction dans tout TÀrtois et 
à S -Omer en particulier. Il fit mème construire un 
nouveau chàteau (1211, Meyer) qui devint le chef- 
lieu fief de la chàtellenie au lieu et place de l'ancien 
chàteau désigné depuis sous les différents noms de : 
Chastellenie de S^Omer et des fiefs da lieu quon dist 
le Motte de S l -Omer.... le chastel de le Motte con dist 
le bourg eri S l -Omer, 1 365, cart. chart. p. 236 et 237. 
— Le fiefque on dist de le Mote de Saint Aumer.... 
le chastel appelé le Mote, 1374, ibid. p. 15 et 16. 
Les comtes d'Àrtois finirent mème par acquérir, en 
usantdudroit de retrait féodal lorsqu'il fut vendu, 
ce fief de la Motte l .> bien différent de la chàtellenie 



1 Cette motte qui domine l'ancienne cathédrale de S^Omer a été 
désignée dans la suite sous le nom de Mootte chdtelaine, elle porte 
aujourd'hui le nom de Montde Sithiu. Sur l'emplacement de l'an- 
cien chàteau s'elevo la maison de justice ou prison criminelle du 
département. « Selon le Chronicon Morinense cité par Malbrancq. 
» t. 3, p. 638, et suivi en general par les historiens modernes. Jules 
» Cesar aurait bàti un chàteau fort sur la hauteur connue sous le 
» nom de Sithiu, au lieu nommé la Motte, et Minerve y aurait eu 
» un tempie. C'est là Texpression de la'tradition ordinaire qui attri- 
» bue généralement au vainqueur des Gaules les forteresses bàties 
» par les Romains, longtemps mème après lui. De cette tradition il 
» ressortirait une probabilité que le premier chàteau de S^Omer 
» remontait à la périodc romaine, car il faut compter pourquelque 
» chose en histoire, les dires traditionnels qui se pe^dent dans la 
» nuit des temps. » Alex. Hermand, mém. des Antiq. de la Morinie, 
t. ix, l r * partie, p. 177. — Dans un opuscule publié en 1830, j'avais 
émis cette opinion contraire combattue par l'auteur : « Quant au 
» Mont de Sithieu, à mes yeux, il est contemporain des fortifica- 
» tions. C'ótait une motte seigneuviale, comme celles d'Ardres, et 
» de Guìnes, surmontée d'un chàteau qui fut la demeure des pre- 
» miers chàtelains. » 

Cette opinion était déduite des textes suivants : 1° Cwn Sithiu 



SÀI 224 

aveclaquelle on la jusqu'ici confondu, mais qui tout 
amoindri qu'il était, ne laissait pas de susciter sou- 



(Beatus Bertinus) adisset loca, per omnia invenit deserta, x* s. 
Folquin.—- 2° Aduni Ascio, villa dominicd,64&, charte d'Adroald. 
— 3° Fossd ambiens (Bertinus abbas) cimeterium eidem ccenobio 
consecravit in prcedicti collis vertice , conslrucld in ejus me- 
dio Basilica in veneratione S te Dei genitricis Maria, vm € s. 
histoire des miracles de S l - Bertin. chap. 7. — 4° Necdum locum 
hunc aliqua castelli vel valli defensabat munitio et ideo ma- 
gis hùc per facihs inimicorum (Nortmannorum) irrupit incur- 
sio, xi e s. ibid. — 5° Arreptoque itinere, insubtibili cursu di- 
rectim tendebant (Normanni 891) ad munitiunculam paupere, 
proh dolor ! sumptu, parvoque licet strenuo incolarum co- 
mitato factam in loco qui vocaiur Silhiu circa monasterium 
eximii prcesulis Audomari, faste, gleba et cespite, sicut artifi- 
ciosissime, Uà etiam firmissimè constructam, ix* s. ibid. 

S'il y avait eu sur le sommet de la colline de Sithiu une motte, 
un cbàteau-fort qui auraitóté, suivant l'expression de Malbrancq, la 
retraite d'Adroald et le dépót des richesses par lui acquises dans ses 
courses et ses pirateries sur le prétendu golfe ltius, Motta Siti- 
vensis receptaculum Adroaldi et gazarum ejus, comment Fol- 
quin aurait-il pu dire què lors de l'arrivée de S l -Bertin sur les bords 
de l'Aa, ce saint avait trouvé le territoire de Sithiu partout désert? 
Comment Adroald lui-méme n'aurait-il pas date sa charte de cette 
forteresse ? Comment l'abbó Bertin aurait-il pu établir un cimetière 
entouró d'un fosso et au milieu la basilique Notre-Dame, sur le 
sommet de la colline, in vertice Collis, si ce sommet avait déjà étó 
occupé par la motte Sithiu ? Comment expliquer que l'agiographe 
presque contemporain dece fait, n'eutpas ditun mot de cette motte et 
de ce chfiteau, qui devait toucher presqu'à l'église Notre-Dame et qui 
aurait rendu l'établissement d'un cimetière impossible? Comment 
expliquer enfln le silence absolu de tous les documents contempo- 
rains et de ceux de siècles suivants, jusqu'à la fin du xv e , sur l'exis- 
tence de ce prétendu cbateau ? Comment l'agiographe du xi* siècle 
aurait-il avance cette assertion répétée par Ipérius que lors des pre- 
mières invasions normandes, Sithiu n'avait aucune espèce de dé- 
fense ? Les récits de l'agiographe de la fin du ix e siècle, ne laissent 
d'ailleurs aucun doute sur l'origine de cette motte. Du temps de 
l'abbó Foulque (878) on avait trace le pian d'une enceinte fortifiée 
qui devait embrasser les deux monastères, S l - Bertin et S^Omer 
adossé à l'église Notre-Dame. Les travaux furent d'abord poussés 



222 SAI 

vent des difficultés et de leur porter ombrale (1386, 
Meni, des Àntiq. de la Morinie, t. v, p. Mi). 



avec vigueur et cette enceinte était en grande partie exécutée lors- 
qu'elle fut interrompue par les roalheurs du terops et la désertion 
des nobles. Mais en 891, à la nouvelle des ravages des Normands 
qui avaient dévasté l'Armorique et assiégé Paris, H erri e, custos de 
Notre-Dame, annonca au peuple que S l -Omer lui était apparii en 
songe et lui avait dit que les habitants de Sithiu pouvaient échapper 
à ces barbares en travaillant nuit et jour à fortifier le haut de la 
ville : Non cessent Arcem dm no cinque firmare. Ce conseil fut 
suivi et lorsqu'une première escouade de la borde normande arriva 
a Sithiu, elle fut toute surprise et déconcertée de rencontrer cette 
petite forte resse, munitiuncula, construite autourdu monastère de 
S l Omer ou, ce qui revient au méme, autour de l'église Notre Dame 
et consistant, à l'extérieur en une tranchée très largeettrès pro- 
fonde, fossm circa mumtionem mire et altitudini^ et ampli- 
tudini?, et à Tintérieur, en une palissade, fieste, en une motte, 
gleba, et en un rempart en gazon, cespite. 

L'agiographe distingue, d'une manière très claire et très précise, 
deux enceintes : celle de la ville qu'il appello Castellum, où les 
Normands pénétrant sans aucune difficulté par une porte restée ou- 
verte et située près de la forteresse (la porte S te -Croix); et la forte- 
resse elle mème dont ces mémes Normands forment vainement la 
siège et que l'agiographe désigne sous les divers noms de Castelli 
munitio t munitiuncula, Ara. 

Ces docilmente démontraient, à mes yeux, que le Mont de Sithieu 
ou Sithiu avait étó elevò à cette epoque (891), sur une partie du 
cimetière établi par S l -Bertin sur le sommet de la colline dont 
Téglise de Notre-Dame occupait alors le centre, 

Depuis lors il m'est tombe sous la main d'autres docutóents, jus- 
qu'ici ignorés qui viennent trancher la question dans les termes les 
plus positifs. C'est d'abord un obituaire du chapitre de la fin du xn e 
siècle; parmi les autres redevances dues à l'église de S^Omer ou de 
Notre-Dame. On trouve celle-ci : Comes Flandrie XXX sol. de 
terrà ubi castelluni nunc est quee de atrio ut dicilur fuit sub- 
tracia. On lit plus loin dans le mème obituaire : Item comes 
(Flandriae), de castello sancii Audomari et liberis terris circa 
castellum XXX s. Voi là qui est bien clair ; le terrain qu'occupait 
Je ch&teau et ses fortifica tions avait été distrait de Tàtre ou cimetière 
de l'église et c'était en reconnaissance des droits du chapitre sur ce 
l errain que le comte de Fiandre lui payait annuellement 30 sous. 



SAI 223 

La chàtellenie de S'-Omer, a l'epoque où Louis Vili, 
encore prince royal, en prit définitivement posses- 
sion (1211), correspondait a peu près aux quatre 
cantons actuels de S-Omer nord, de S l -Omer sud, de 
Fauquembergues et de Lumbres, moins les quelques 
villages ou seigneuries de ces cantons qui dépen- 
daient d'Ardres, du comté de S'-Pol, de Lillers ou 
d'Aire, moins encore les domaines de Baudringhem , 
d'Eperleeques, de Longuenesse, de Moulle, de S- 
Martin-au-Laèrt et de Serques qui, sous le rapport 
féodal, relevait du chàteau d'Aire (Maillart). Dans les 
cantons de Fauquembergues et de Lumbres étaient 
trois principaux quiefs ou fiefs dominants dont rele- 
vaient la plupart des autres. Ces trois grandes sei- 
gneuries étaient Fauquembergues , Seninghem et 
JJientque (V. cesmots). Au-dessous étaient celles de 
Renty, d'Elnes et d'Esquerdes qui avaient aussi une 
certaine importance. La mouvance du chàteau de 
SM3mer s'étendait mème médiatement au-delà des 
deux cantons de Lumbres et de Fauquembergues, 



Dans un autre état des redevances dues au chapitre et inséré dans 
un petit cartulaire, c'est le chAtelain qui doit ces trente sous pour 
sa Motte de S 1 -Omer : Ilem castellanus debet promotd sud sancii 
Audomari XXX s. Vili tèsto beati Johannis. 

Il est sans doute à regretter de voir ainsi s'évanouir cette anti- 
quité romaine qu'on se plaisait à prèter au Mont de Sithiu ; mais la 
vérité avant tout. Du reste, l'origine de cette molle, pour étre moins 
ancienne, n'en est pas moins glorieuse puisque, élevée pour servir 
de défense contro les Normands, elle a vu deux fois se briser contre 
elle les. efforts de ces barbares et que c'est de cette étroite enceinte 
que sont sortis les braves et intrépides soldats de Sithiu qui ont 
deux fois vaincu les hommes du nord, une première au-dessus de 
Weins et la seconde près de Cassel. 



224 SAI 

notamment à Coupelle-Neuve, a Coupelle-Vieille, à 
Fasque, à Verchocq, à Rimboval, à Rumilly-le-€om- 
te, etc. et en Fiandre à Buyscheure et à la baronnie 
d'Esquelbecque , laquelle relevait directement du 
chàteau de Fauquembergues. (Documents divers les 
plus rapprochésde l'epoque contemporaine). 

Il est bon de faire observer que cette circonscrip- 
tion de la chàtellenie de S-Omer était purement féo- 
dale, qu'elle ne réglait que la mouvance. Le ressort 
judiciaire fonde sur Tappel et les différents degrés 
de juridiction n'a pris naissance qu'au xiv e sièle et il 
n'a été définitivement réglé, en ce qui concerne la 
cour féodale des francs-hommes ou hommes de fief 
du bailliage de SM)mer que par un arrèt de la cour 
souveraine de Malinès en 1531. (Ànciens usages 
d'Àrtois; Ordonnancesroyaux du bailliage deS'-Omer 
et autres documents) . 

Sàint-Omer (bailliage de). — À Texemple de son 
pére Philippe-Auguste qui avait remplacé l'office de 
sénéchal par quatre grands bailliages établis sur les 
frontières de son domaine et divisés en prévótés 
royales pour connaitre de ce qu'on appelait les cas 
roymtx et surveiller les justices seigneuriales, Louis 
Vili qui alors qu'il n'était encore que Théritier pré- 
somptif de la couronne, avait succède aux droits de 
sa mère sur TArtois et le quartier de S-Omer, créa 
un bailli pour administrer ces deux domaines. Il pa- 
rait que cette mesure, en ce qui concerne la chàtel- 
lenie de S-Omer, y fit cesser de graves abus et que 
Tautorité royale fut accueillie dans cette contrée avec 



M 



SAI 225 

joie par les vassaux ; car l'abbé Guillaume qui écrivit 
à cette epoque sa chronique d'Andre qu'il termina 
avec sa carrière en 1234, s'exprime ainsi dans le 
préambule d'un chartedatée de 1200 : Eodem quoque 
tempore, nobilis vir Willelmus castellanus sancti 
Audomari et suprà nominati castellani WUlelmi 
filius, per totum territorium sancti Audomari quasi 
solus dominans, et ideò tyrannidem suam vicinis et 
remotis in sud juridictiom possessiones habentibus 
ostentans, locum istum cepit multipHciter inquietare 
volens à nobis, moreusitato, aliquidextorquere.Nam 
antequam regis dominium castellaniam sancti Au- 
domari occuparet, non erat qui eidem castellano in 
aliquid resistere auderet. Les noms des premiers 
baillis de TArtois et de S'-Omer ne sont pas connus 1 . 
Unecharte de 1247 en cile un, Simon de Villars : 
S. de Villar. miles Ballivus attrebatensis et sancti 
Audomari (recueil de cliartes et de Godefroy) . Quel- 
ques années après, en 1255, SM)meravait unbailli 
particulier qui entra en conflit avec les mayeur et 
échevins (de Godefroy) . Il paraitrait mème que déjà , 
en 1229, S^Omer aurait eu Fun de ces officiers nom- 
ine Scaution qui aurait porte le titre de bailli de 
St-Omer pour le Roi. (Deneuville et Derheims, hist. 
deS'-Omerp. 125). 

1 Le premier bailli de S l -Omer, dont le nom a été conserve est 
celui de Hbnaud d'Aire, qui vivait en 1193, d'après une charte 
de l'abbaye de S l -Bertin. Voir à cet égard une notice historique in- 
titulóe : Les Bailtis ou Capitaines de Saint- Omer, par M. H ri de 
Laplane, secrétaire-général de la Sociétó. (Bulletta de la Société des 

Antiquaires de la Morinie, 38* livraison, p. 1007 à 1011). 

15 



226 SAI 

Le bailliage de S-Omer ne eomprenait encore, à 
cette epoque, que l'ancienne cbàtellenie, plus le bail- 
liage du pays de Langle (1248 et 1277, deGodefroy). 
Plus tard, par suite de la cession du comté de Guines, 
consentie par Àrnould III au profit de Philippe-le- 
Hardi; roi de France (1282, Duchesne, Maison de 
Guines, preuves, p. 292), les bailliages de la chàtel- 
lenie de Tournehem et du pays de Bredenarde furent 
annexés a celui de S-Omer (Comptes de recette des 
baillis de S'-Omer de 1 306 à 4 342) . 

Toutefois le ressort judiciaire de ces deux bail- 
liages, en ce qui concerne Tappel, n'a été définiti- 
vement attribué au bailliage de S^Omer, sur contes- 
tation, qu'en 1531 (Ordonnances royaux). Depuis 
lors, le démembrement de la regale de Thérouanne 
et le traité des limites passe le 22 settembre 1664 
sont encore venus modifier, du coté d'Aire et de Thé- 
rouanne les limites des deux bailliages de S l Omer et 
d'Aire. Voici quelle est la nomenclature de celui de 
SM3mer d'après la liste fournie par le lieutenant de 
ce siège en 1741 et publiée par Mailliart l : 



Acquembrouk (Aquembrouc) , chàteau. 
Acquili, paroisse. 



1 Voir Maillart, Coutumes d'Àrtois, p. 28, ódit. in-P de 1756. 

Cette nomenclature n'est qu'indiquée dans le manuscrit de l'au- 
teur, bous avons cru devoir la rétablìr in exlenso telle qu'elle figure 
dans Mailliart, y compri* les variantes d'orthograpbe. 

H ri DB L. 



SAI 227 

Alding-hem, ou Leding-hem. 
Arking-hout, cense, entre Estrehem et Tating- 
hem. 

Arque, paroisse, chàteau et comté, appartenant a 
l'abbaye de S-Bertin. 
A$sing-hem, entre Wavrans et Remilly. 
Assonval, paroisse. 

Audinc-tun, (le petit), hameau au nord de Zud- 
Ausque, sa paroisse. 
Audinc-tun, paroisse. 

Angle (le pays de T), compose des paroisses de : 
1° Sainte Marie- Kerke. 
2° Saint Nicolas. 
3° Saint-Folquin. 
4° Saint Omer-Capele. 

5° La maison plaidoyable de Monqueboeure, 
appartenant a S. Bertin ; Dom Vàt Grenet 
abbé, fit décreter les coutumes de l'Angle 
Ie25juin1586. 
Avroult, hameau. 

Auden-fort, le Val, l'Hamel, le Héricat et le Vitre, 
hameaux . 

B 

Bayeng-hem, lez-Sening-hem, paroisse. 
Bayeng-hem, lez-Eperleque. 
Barbing-hem, hameau. 

Baudrìng-hem, hameau de la paroisse de Campa- 
gne- Werdrek. 

Beaumont lez-Bléquin, hameau. 



228 SAI 

Barling-hem, hameau près Matrin-ghem. 

Beau-repaire, cense, près la Wostine. 

Beau-riet, chàteau de la paroisse de Bayen-ghem- 
le-Comte ou le Creux. 

Beausart-au-Bois, hameau, près Renty. 

Beau-$art-en-l Eau, hameau près Renty. 

Belle-Font aine, hameau. 

Blessy, paroisse; elle relève de Renty; mais le 
ressort en est conteste par Aire. 

Bienque, hameau, paroisse de Pihem. 

Bilque, paroisse. 

Blaring-hem , paroisse , partie Artois et partie 
Fiandre. 

Blandèquey paroisse, abbaye de Dames, ordre de 
Citeaux, sous le vocable de S^-Colombe, et comté. 

Bléquin, paroisse. 

Boi$-din-ghem, paroisse. 

Bois (le), grand et petit hameaux en la paroisse 
d ? Helfaut. 

Boningue, paroisse, partie Artois et partie Mon- 
treuil. 

Bouveling-hem y paroisse, partie Artois et partie 
Montreuil. 

Bredenarde (le pays de), compose de quatre pa- 
roisses : 

\° Audre-wik.. 
2° Nort-kerke. 
3° Zud-kerke. 
4° Polinc-hove. 



sai m 

Brimeu, paroisse. 

Brun-au-bois, hameau entre Surque et Escuille. 
Burques, hameau entre S.-Martin-au-Lart et Sol- 
perwik. 

Buscamp, paroisse. 

C. 

Camberg, hameau en la paroisse de Nort-ausque. 
Chartreux (les), près S'-Omer. 
Campagne, lez-Boulenois, paroisse. 
Campagne, lez-Verdrèk, paroisse. 
Campagne et Campinèles, hameaux de la paroisse 
de Wavrans. 

Capelle, sur le Lis, paroisse. 

Cauchie-d'Esque, hameau. 

Carnoye (la), censeprès d'Enguinnegate. 

Cauroy (le) , hameau près Renty. 

Clairmarets, abbaye. 

Clarque lez-Terouane, paroisse. 

Cléty, paroisse. 

Clerque, paroisse. 

Créquy, en partie, Tautre est de S. Poi. 

Cloqtiant, hameau près S. Liévin. 

Cormète, paroisse. 

Coubróne, hameau. 

Coudraye (la), cense près Nort-Bécourt. 

Coulomby, paroisse. 

Coupelle- Vieti le, paroisse. 

Coupelle-Neuve, Hameau de la paroisse de Fruge. 

Coyeque, paroisse. 



230 SÀI 

Crè-hem, hameau près Cléty. 

Cuhem, hameau entre Esperlek et Nort-Bécourt. 

D. 

Dane-breuq, paroisse. 
Difque, paroisse. 
Difque (Petit), hameau. 
Dohem, paroisse. 

Drion-Ville, près Wisme , partie Artois, partie 
Boulenois. 

Dolete, paroisse. 

E. 

E eque, paroisse. 

Elving-hem, hameau de la paroisse de Bayeng- 
hem.lez-Esperlek. 

Embry, paroisse. 

Enguin lez-Fléchinel, paroisse, il relève de Reuty. 

Enguine-gate, paroisse de la Régale-Terouanne ; 
mais le traité des limites du 22 septembre 1 665 l'a 
joint au bailliage de Saint-Omer. 

Etile on Henne, paroisse. 

Enon-Ville, hameau. 

Esclebeke, paroisse, chàteau, baronie, et Ledreg- 
hem ; il ny a d'Àrtois que le féodal qui relève de 
Fauquemberg ; mais le reste est de Cassel en Fiandre. 

Escoire (F), chàteau, près d'Ecque. 

Escoueuille, paroisse. 

Esperleq, ehàtellenie, paroisse. 



sai m 

Epinoy (T), hameau, près Pihem. 
Esquerdes, paroisse. 

F. 

Fasqw, paroisse. 

Fauquem-berg, bourg, paroisse, coni té, chapitre. 
Fléchinel, hameau, près de Waudring-hem. 
Florestel, (le), hameau, près de Marq-S.-Liévin. 
Fort du Riez (le), près>Coupelle-Neuve. 
Fouquesole, chàteau en la paroisse d'Audre-hem. 
Four-de-Bèq, hameau. 

G. 

Galopin, hameau près d'AIding-hem ou Leding- 
glem près de Capelle sur le Lis. 

Gondardaine, hameau près de Blandeque et de 
Wizerne. 

Gournay, paroisse. 

Guémy, paroisse. 

Guzeling-hem, hameau, près deMoring-hem. 

H. 

Hafringae, paroisse. 

Halcnne, paroisse. 

Hamel (te), hameau, près de Fauquemberg. 

Hamelet (le), hameau, près de Marcq-S.-Liévin. 

Harlète, hameau, paroisse de Colomby. 

Haspe, hameau. 

Harsoy (le), paroisse de Zud-Ausque. 



232 SAI 

Haye (la) chàteau eri la paroisse de Bayeng-hem- 
le-Comte ou le-Creux. 

Hegrie (la), en Coyecque, cense. 

Helfaut, paroisse. 

Herbelle, paroisse. 

Herling-hem, paroisse. 

Hervare, chàteau, près de Marcq-S. Liévin. 

Heuring-hem, paroisse. 

Hocquing-hem, paroisse. 

Hollande, hameau. 

Hollande (petite), hameau, en la paroisse d'Eper- 
leque. 

Hongrie, cense, en la paroisse de Leuling-hem. 

Hóquet (le), hameau, en la paroisse de Blandeque. 

Houle, paroisse. 

1. 

Inglebert, hameau, en la paroisse de quelme. 
Ingleg-hem, cense en la paroisse de Nort-Bécourt. 
Ingue-hem, paroisse. 
Joumy, paroisse. 

L. 

L'abiette, Levai , Lanoy , censes en la paroisse 
d'Àcquin. 
Leding-hetn ou Alding-hem, paroisse. 
Lilete, hameau, paroisse-de Danebreuq. 
Leuling-hem, lez-Estre-hem, paroisse. 
Leuline, hameau, paroisse de Zud-Àusque. 
Leuligue, hameau, paroisse deTourne-hem. 



SAI 233 

Lieuze, hameau, paroisse de Moring-hem. 
Longuenesse. paroisse. 
Lumbre, paroisse. 

M. 

Maisnil-Boutry, hameau. 

Maimillet, (grand et petit), hameau, près Marcq- 
S. Liévin. 

Maisnil-Dohem, hameau. 

Mal-fiance, chàteau. 

Mar ah, hameau, paroisse de Coupelle-Vieille. 

Marcq S. Liévin, paroisse. 

Matring-hem, paroisse de la Regale de Terouane , 
mais il est du bailliage de S l -Omer depuis le traité des 
limites de 1664. 

Mentca, paroisse. 

Mentque, paroisse. 

Mentque-Nieurlet, hameau de la paroisse de Bayen- 

ghem-lez-Eperlek. 

Mille faut, chàteau, paroisse de Danebreuq. 

Molle-ville, hameau, paroisse de Coupelle-Vieille. 

Mencove, hameau, paroisse de Bayeng-hem lez- 
Eperleq. 

Monti fault, hameau. 

Montoires (les), hameau ; il y a quelque chose de 
Calais. 

Moring-hem, paroisse. 

Mote (la) en Bayeng-hem, chàteau. 

Mote-Warneque (la) hameau, paroisse S. Liévin. 

Moule, paroisse. 

Mutsem, chàteau, paroisse de Westeque. 



234 SÀI 



X. 



Neuf-manoir, ha meati, paroisse de Bléquin. 
Nièle lez-Bléquin, paroisse. 
Nièle lez-Terouane, paroisse. 
Nord-d'Awque, paroisse. 
Nort-Bécourt, paroisse. 
Nort-Kerme, ou Xoire-Carme. 
yort'leuling-hem, paroisse. 
y ouzeau-ville lez-Ponche, hameau, paroisse de 
Coyèque. 

P. 

Pihem, paroisse. 

Pifjueldal, hameau, paroisse S._ Lièviti. 

Planque (le), hameau, paroisse de 

Ploich (le), hameau, paroisse de Walwrans. 

Ponche, hameau, paroisse de Coyèque. 



Q 



Quelme, paroisse. 
Quer-camp, hameau. 
Quer-val (le), cense. 



R. 



Racquing-hem, paroisse. 
Radomez, cense. 

Rebergae, paroisse ; en partie de Journy, le reste 
est du Boulenois. 



—"■ -■■ - - - . . , 1M 



SAI 235 

Recling-hem, paroisse. 

Recque, paroisse. 

Remilli-Werquin, paroisse. 

Renty, paroisse, marquisat. 

Rimbo-val, paroisse. 

Rimeux, hameau. 

Riole (la), hameau, paroisse de Recling-hem. 

Rolet (le), hameau, paroisse de Fasque. 

Ronville (la), hameau. 

Rond> chàteau, paroisse d'Eque. 

Rougefort (le), sur le Neuf-fossé, hameau. 

Ronssoy (le), cense, paroisse de Leding-hem, et 
près d'Enle ou Henne. 

Rude-mont, gameau, paroisse de Bléquin. 

Ru-hoult (le), chàteau ruiné et bois. 

Ruming-hem (la paroisse de), relève du chàteau 
d'Eperlek en Artois, nèanmoins la cour de Bailleul 
en a le ressort, selon les notes sur Artois, édition de 
1739, art. 1 n° 6. Le féodal ne devroit-il pas ètre 
d'Artois, a cause de la règie ancienne : La justice 
mit la seigneurie. 



S. 



Saint Angustiti, abbaye, ordre de Prémontré, au- 
dessus de Terouane. 

S. Gilles, hameau de Coupelle-Vieille. 

S. Jean-au-Mont , cense, paroisse de Terouane : 
autrefois c'étoit le chef-lieu de Fabbaye de S. Jean, 
transférée daus la ville d'Ypre en Fiandre. 



236 SAI 

S. Liévin-Marq , paroisse. 

S. Martin-d' Arding-hem. 

S. Martiii-au-Larty paroisse. 

S. Momelin, paroisse, partie Artois, partie Cassel. 

S. Philibert, chàteau en la paroisse de Rimboval. 

S. Pierre-à-Saint, paroisse. 

5. Wandrille, hameau en la paroisse de Coupelle- 
Vieille. 

Samble-tun (grand et petit) , censes , paroisse de 
Coyeque. 

Samète, hameau en la paroisse de Lumbre. 

Schoubrouq, et Cloquète, paroisse. 

Sening-hem, paroisse. 

Serque, paroisse. 

Setque, paroisse. 

Salper-wick, paroisse. 

Soyèque, cense en la paroisse de Blandeke. 

Surque, paroisse, partie Artois, partie Montreuil. 

T. 

Tassencourt, hameau, paroisse de Verchoq. 

Tating-hem, paroisse. 

Terouane, ville détruite en 1553, paroisse, chef- 
lieu de sa regale, ou temporalité, partagée entre les 
cathédrales de Boulogne, S-Omer et Ypre ; mais ce 
chef-lieu est reste Indivis entre les trois évèques. 

Tilque, paroisse. 

Tour d'Ausque (la), seigneurie, olim Alcio-villa. 

Tourne-hem, paroisse, ville et chàtellenie. 



SAI 



237 



V. 

Val (le) lez-Àcquin, li a meati. 
Val-dU'Bois (le), chàteau entre Bayeng-hem et Se- 
ning-hem. 

Valtencheux, chàteau. 
Vrolant (le), chàteau en Rèque. 
Upen-d'Amont, paroisse. 
Upen-d'Aval, paroisse. 

W. 

Wailly , hameau , en la paroisse de C^upelle- 
Vieille. 

Wardrecque, paroisse. 

Wastine (la), hameau. 

Waudring-hem, paroisse. 

Wavrans, paroisse. 

Waterdal, hameau. 

West-bécourt, paroisse, près d'Acquili. 

West-Ecque, paroisse. 

JVesl-Estrem, hameau, près Delète. 

Welzy (le), hameau, paroisse deTournehem. 
. Windal, (le), hameau, paroisse de Nort-Bécourt. 

Wildingue, hameau, paroisse de Wavrans. 

Willa-mez, hameau, en la paroisse de S. Martin- 
d'Arding-hem. 

Winch, paroisse. 

Windring-hem, paroisse de Wavrans. 

Winque, hameau, paroisse d'Houle. 

Wins, hameau en Blandeque. 



238 SAI 

Wirquin, paroisse. 

Wismes, paroisse, avec les hameaux de Sal-Weck 
et de Cantemerle. 

Wisque, chàteau et hameau. 

Wissocq, hameau, paroisse d'Audre-hem. 

Wizernc, paroisse. 

Z. 

Zeltun, hameau, baronnie, en la paroisse de Po- 
linc-hove. 

Zeta fé, paroisse, partie Artois, partie Montreuil. 

Ztid-Ausqne, paroisse. 

Zucquote, paroisse. 

Zud-rove, et Bas-Comet, hameaux de la paroisse 
de Serques. 

Zut-hove, hameau, paroisse de Boiding-hem. 

Sàint-Omer xlovenné dei. — Sous le diocèse de 
Thérouanne, SM3mer était le sièged'un doyenné qui 
comprenait, d'après le pouillé de ce diocèse , les 
églises et paroisses suivautes : Decanatus S iì -Audo- 
mari : Sanctus Leodegarius de Tilke ; Sanctus Ni- 
casius de Salbruca (Salperwick; Sanctus Jacobm 
de Tatinga (Tatinghem) ; Monile ; Sanctus Martinus 
in Insula (S-Martin-en-l'lle, à S-Omer) ; Sanctus 
Johannes Battista (a S'-Omer) ; Sancta Margareta 
ubi est curatus (à S'-Omer) ; Sanctus Quintinus in 
Loconessa (Longuenesse) ; Sanctus Baptista Johan- 
nes de Houlle ; Sanctus Dyonisius ubi est curatus 
(à S'-Omer) ; Sanctum Sepulchrwm ubi est curatus 



SAI 239 

(à S'-Omer) : Sanctus Martinus exlrà-muros ; Sane- 
Uis Micael ; Sanctce Crucis (ecclesia) ; — Serkes ; 
Capellania Sancii Martini in Insula ; Sanctw Mar- 
garita. 

Saint-Omer (diocèse de). Àprès la destruction de 
Thérouanne en 1553, le diocèse dont cette ville était 
le siège fut divise en trois : le diocèse de Boulogne, 
du coté du roi de France ; les diocèses de- SM)mer 
et d'Ypres, du coté du roi d'Espagne. Le diocèse de 
S'-Omercomprenait : 1°deux archidiaconés dontl'un 
dit l'archidiaconé d'Artois , comptait 63 cures, et le 
second, dit l'archidiaconé de Flandres, 39 cures seu- 
lement ; 2° une archiprétrise compose des paroisses 
de la ville et des faubourgs. Ces paroisses étaient : 
S te -Aldegonde, S^Denis, S^Sépulchre , S te -Margue- 
rite, S^Jean, S l - Martin* S l -Michel supprimée, S tc - 
Croix supprimée ; 3° douze doyennés dont les chefs- 
lieux étaient : Hesdin, Aire, Arques f Lillers, Mer- 
ville, Morbecque, Hellefaut, Longuenessei Audruicq, 
Bourbourg, Watten et Bollizelle (pouil. de S-Omer, 
Bignon) . V. parmi ces chefs-lieux ceux qui font partie 
de Tarrondisserncnt de S-Omer. 

4 

Sàint-Omer (chapitre ou collegiale de). — D'abord 
succursale de S'-Bertin établie a coté de leglise Notre- 
Dame, où avait été inhumé Saint Omer, pour la des- 
servir: cette communauté fut transformée dans la 
suite (820) en collège de chanoines par l'abbé Frido- 
gise qui appartenait à cet ordre et qui profita de son 
autorité pour partager les biens de l'abbaye de S 1 - 



240 SAI 

Bertin en deux parts l ; Fune comprenant les deux 
tiers fut attribuée aux moines du monastère d'en bas, 
inferius monasterium, et la seconde ou le tiers aux 
chanoines du- monastère d'en haut, superius monas- 
terium. Les deux maisons n'en continuèrent pas 
moins à ètre adminislrées par le mème abbé jusqu'à 
la fin du x e siècle, où le prévót devint seul chef de 
la communauté. — Basilica in insula Sithiu, 662, 
cart. sith. p. 25. — In prcedicti Collis vertice con- 
structd in ejw medio basilica in veneratone S te Dei 
genilricis Marice, vm e s. agiographe. — Audomarus 
atque Bertinus cimiterium in villa Sithiu, in stipe- 
n'ori loco, ad tumulanda sua et monachorum cor- 
pora, communi opere fecerunt, in cujus medio basi- 
licam in honore sanctce Marice construxerant, 839, 
cart. sith. p. 85. — Monasterinm sancti Audomari 
in monte, x c s. cart. sith. p. 160. — Superius mo- 
nastcrium, ibid. — Ecclesia sancti Audomari, 1133, 
cart. S. Om. p. vii. — Capitulum ecclesia sancii 
Audomari, 1166, ibid. p. 55. — Le eh apitele.... le 
captile de S l -Omer, passim. — Ecclesia collegiata 
B. V. Mariw S^-Audomari, A.. Mircei. — Par suite 
de l'érection de l'évèché de S-Omer, cette église est 
devenue cathédrale. 

Saint-Omer-Càpelle, c O0 d'Àudruicq, 658 hab.; 
en 1 698 : 286 hab. — Mahaut de &-Omer-Capelle. . . 
Henri de S'-Omer-Capelle , 1216, de Godefroy. — 



1 Voir les Àbbés de S-Bertin, par M. deLaplane, 1. 1, p. 49à56, 
gouvernement de Fridogise, 11 # abbé, de 820 à 834. 



SAL 241 

Sancii Audomari ecclesia*, in Angui o , pouil. de 
Thérouanne. — S l -Omer-Egli$e, 1507, cout. du pays 
de Langle. — S l -Otner-Eglhe et Capelle, 1559, par- 
tition du diocèee de Thérouanne. — Saint- Omer- 
Capelle.... Saint-Omaerskercke, 1586, cout. dupays 
de Langle. — St-Omer-Capelle, Bignon, Maillart. 

Suivant une tradition confìrmée par plusieurs in- 
dices, S-Omer-Capelle, devenuel'une des quatre pa- 
roisses du pays de Langle, n'auraitété, àson origine, 
quune chapelle, un secours dépendant de SP-Omer- 
Eglise, située dans la vicomté de Merci), S lì -Àudo- 
mari-Kerka, désignée plus tard sous les noms fla- 
mands, anglais et fran^ais d'Ouderkerke, Older- 
kircke et Vieille-Eqlise. (V, ce mot). 

Saint-Pierre a Gein ou a Saint, vili. c ne de Wis- 
mes. — S l -Picrre, pouillé de Boulogne. — S l -Pierre 
à Saint, p.aroisse, Maillart. Dans le pays on prononce 
S-Pierre a Gein ou a Gien, probablement par alte- 
ration pour S^Pierre-ès-Liens. 

Saint-Quentin-lez-Aire, vili. c ne d'Aire. — 5 l - 
Quentin, pouil. de S-Omer. — S l -Quentin, village, 
autrefois Bléty, Maillart. 

Gè village, situé dans la banlieue de la ville, faisait 
partie du fief appelé la vicomté d'Aire, proc. v. de 
rédact. de la cout. d'Aire. 

Saint-Vinocq, ham. c De de Rebecque. Il tire son 

notn d'une chapelle de S'Winoc autrefois élevée en 

cet endroit. — Lckterre de S^Vinocq, 1559, 4. Mir. 

dipi. Belg. t. iv, p. 672. 

Salperwick, c on de S'-Omer nord, 312 hab.; en 

46 



242 SAN 

1698: 169 hab. — Salpervinc, 1096, cart. sith. p. 
244. — Salperwic, 1184, chron. Àndr. p. 486. — 
Saapruich, 1253, deGodefroy. — Sauprwic, 1256, 
cart. S. Om. anniv. p. 27 v°. — Salprewiic, 1460, 
cart. S. Om. p. 134 v°. — Salpruich, 1460, cart. S. 
Om. anniv. p. 48. — Salbruca, pouil. de Thérouanne. 
— Sanprewic, 1342, comptes de recettes de la baillie 
de Merch. — Mathieu de Salperwic, bailli de Ghines, 
1364, comptes de recettes de la chàtellenie de Tour- 
nehem. — Sulbruic, 1477, Pierre Lcprestre. — Le 
paroisse de Salprewyc, 1441, cart. chart. p. 1441, 
— Salprewìc, ibid. — La parome de Salperwicq, 
pouil. de S L Omer. — Saper Wicq, Bignon. — Solper- 
Wick, Maillart. — Salperwick, dont le nom continue 
a s'écrire ainsi d'une manière conforme à son ortho- 
graphe primitive bien que Fon prononce le plus coiti. 
munément Saubruwi, était compris dans la banlieue 
de S-Omer et dans le doyenné de cette ville sous le 
diocèse de Thérouanne. Après l'érection du diocése 
de S l -Omer il fit partie du nouveau doyenné de Lon- 
guenesse. 

Salvecques, ham. c oe deWismes. — Wismes pa- 
tisse avec les katneaux de Sal-Weck etdeCante- 
merlè, Maillart. 

Samblethun, fief, c ne de Coyecques. — Samblethun 
et Zamblethuìi, 1559, A. Mir. dipi, Belg. t. iv, p. 
670. — Fief et seigneurie de Samblethun dit le Hai± 
grieen Coyecques, proc. v. de rédact. des cout. de 
S -Omer. V. Grand et Petit Samblethun. 
' Sanlis, fief, c ftc d'Ouve. — La seigneurie de SànMs- 



SEL 243 

en~Wirquin> proc. v. de rédact. des cout. de SM)mer. 

Sartebeque (le), ruisseau, affluent de la Ltette, 
c Be d'Eperlecques. 

Scadembourg, ch atl , c M de S l -Martin-au-Laért. 

Scoubrouck (le), ham. e 116 de Clairmarais. — La 
terre d'Escalembruec,.... Bousart d'Escalemhruec, 
1270, Jules de SMJenois, inventaire des chartes de 
Fiandre. — Schalenbroek, ibid. — Scoubrouck, xvi* 
s. Simon Ogier. — Schoubrouq et Moquette, paroisse, 
Maillart. Le Schoubrouck (Schael bpoeck, marais de 
TEcaille òu de la Coquille) est un enfoncement ou 
petit vallon marécageux entre la forèt de Clairmarais 
et la terre ferme de Lederzelle et de Nortpeene. Il 
comprend ; 1 ° le Bas Schoubrouck et le Coin Perdu, 
hameaux de Nortpeene, et 2° le Haut Schoubrouck 
et la ferme du Bas Schoubrouck, la Cloquette et la 
ferme qui sont sur Clairmarais. 

Selnesse, chàteau féodal, siège de la seigneurie 
d'Ardres avant la construction de cette ville en 1089, 
par Arnould de Selnesse. L'emplacement de ce chà- 
teau situé au Bois-en-Àrdres, au bord du marais, a 
conserve ce nom jusqu'à la fin du siècle dernier. — 
In loco qui antiquo nomine usque in hodiemum 
diem dicilur Selwssa, juxtà mariscum in confinio 
prwdii S. Mari® de Capelld, xn e s. Lamb. d'Ardr. 
— Firmissima Selnessa.,.. munilio circumquaquè 
fere marisco spacioso et profundo, silvarumque den- 
sitate circumcincta, ibid. — Magna Selnessensium 
mansionis loco commolito et contrito, cedificiisque 
apud Ardeum cmtractis atgue del&tis, deleta est 



244 SEN 

cnm castello memoria etiam Selnessensium : Adeò 

ut ab Arded etiam prwdicaretur et nominaretur Ar- 

densium proteetor et hominus, ibid. — Plus de deux 
mesures un quarteron à la Selnesse . . . , plus de quatre 

mesures trois quarts traverse par la rue de l'Epi- 

nette. . ,, cinq quarts et demie de terre à la Selnesse. . . 

soixante-deux verges de terre à la Selnesse.... trois 

mesures depré a/ux Noires Terres.,., 47 mesures te- 

nant au canal d Ardres, 1779. état des terres au 

Boisen-Ardres, journaux d'Ardresde 1755 à 1787, 

archives de la mairie de cette ville. 

Suivant Lambert d'Ardres, on trouvait de son 
temps à Selnesse des vestiges d'antiquités romaines et 
celles d'une chaussée (V. Petite Leuline). On y ren- 
contre encore aujourd'hui, près des Noires Terres, 
des restes de substructions. 

Seninghem, c on de Lumbres, 674 hab.; en 1698 : 
163 hab. — Siningahem, 857, cart. sith. p. 161 . — 
Sinningahem, 877, ibid. p. 124. — Sinninghehem 
etSinninghem, xn°s. Lamb. d'Ardr. — Seninghem, 
1233, de Godefroy. — Seningehem, 1239, ibid. — 
Selingueham, 1240, ibid. — Sellmgueham t ibid. — 
Seninghem, pouil, deThérouanne et deBoulogne. — 
Seninghem, terre du bailliage de S l ~Omer f èrigée en 
comté eri faveur de Charles de Croy, fils de Henri 
seigneur de Croy, de Seninghem et de Renty, mort en 
4 54 4 qui est le premier qu'on trouve qualifié de comte 
de Seninghem, Bignon. 

Ce village a toujours fait partie du doyenné d'Ai- 
quines.On Fa quelquefois confondu avec Sanghem, 



SER 245 

dont l'orthographe primitive Sawinghem, al té rèe par 
une mauvaise expression, dans la ehronique d'Andre, 
est ainsi écrite : Saninghem, Sanninghem, Secvin- 
ghern, Sauvinghem, et sous sa véritable forme Sa- 
vinghem. 

Sept-Écluses (les), ham. c ne d'Àrques, près des 
six écluses à bassin établies sur le canal dit : le Neu- 
fossé, à l'endroit où ce canal gravit la hauteur d'Àr- 
ques. 

Sept-Fontaines, ch ,u , c ne de Louches. — Sepifàn- 
taine. — 1435, cart. ebart. p. 231 v° — Au chemin 
qui manne du dict Landrethun à Septfontaines , 
4543, terrier de Tournehem. — Terre et seigneurie 
de Septfontaines, passim. 

Serny, vili. c ne d'Enquin. — Enquih et Serny, 
pouil. de Boulogne. — Serny, village, mi-partie du 
bailliage d 'Aire et de la sénéchawsée de S l -Pol , 
Maillart. 

Serques, c oh de S'-Omernord, 1076 hab.; en 1698: 
466 hab. — Segerke, 1135, cart. S. Om. p. 1. — 
Sigerka, xn° s. obit. deS'-Omer. — Segherka, ibid. 
— Segerhu, ibid. — Segherke, ibid. — * Zeg herc ke, 
1276, cart. S. Om. anniv. p. 122. - En le ville de 
Serques.... une mesure qui </ist deu coste l'atre de 
Zegherke.... furent esquevin de Zegherke.... Drieu 
Rohet Jehan Delehaye, 1276, ibid. — Enleparroche 
de Serques.... et feurent Drieu Rols et Jehandt le 
Hayepour esquevins, 1294, ibid. — Serkes, pouillé 
de Thérouanne. 

Serques, dans le bailliage de S'-Omer, fit d'abord 



246 SU 

aussi partie da doyenné de cette ville puis de celui de 
Longuenesse. 

Sktquis, e * de Lumbres, sur la rivière d'Àa, 274 
hab.; en 4698 : 99 hab. — Sethiaco, 723, cart. sith. 
p. 49. — Tradidi.... omne$villa$mea$ nuncupantes 
Sethiaco super fluvium Agniona, cum adjacentiis 
suis Kelmias et strato (Quelmes et Etréhem), ibid. — 
Sethliaco, 866, ibid p. $65. — Setheke villa et unum 
molendinum, 1139, cart. S-Om. p. 1 v°. — Setheka, 
obit. S. Om. — Setheka, ibid. — Seteque , 1365 , 
cart; S. Om. p. 101 v°. — Set que, 1449, ibid. p. 
106 v°. 

Cevillage, annexe de Lumbres, faisait partie du 
bailliage de S'-Omer. 

Sithiu. V. Saint-Bertin et Saint-Omer. 

Sithiu, nom primitif de la cense et du domaine 
que le ehapitre de S-Omer possédait à Setques. — 
Villulla qua dicitur Sithiu, super fluvio Agniona, 
887, cart. Sith. p. 129. -—Setheka cevo quw Sithiu 
vocitatur, obit. S. Om. — Rumelli et Setteka solvunt 
nngulis annis, Setheka qua dicitur Sithiu.... ibid. 

Les terres et les prés qui faisaient partie de cet 
ancien domaine de Setques ou Sithiu appelé plus tard 
La Capelle, portent encore le nom de cense et de 
prévóté. Une sentence judiciaire de 1447 en fait 
mention en ces termes : Sur ce que les dits deman- 
deurs (les prévót, doyen et ehapitre de S -Oroer) di- 
soient que.... entre les aultres seignouries leur coni- 
pétoit et appartenoit de très anchien temps la ville, 
terre et seignourie de Selque en laquelle ih avoient 



SOY 247 

tonte justice et seignourie bautte, moyenne et basse, 
bailly, sergent et aultres offìciers.... et lequel sei- 
gnourie de Setque avoit une rivière à laquelle es- 
toient joignans et contigues plusieurs terres etpreys 
appartenans aux dits demandeurs et tenus d'eulx et 
en laguelle rivière avoient anchienneme^it ung moliti 
auquel les habitants du dit lieu de Setque estoient 
banniers, lequel molin avoit eslé ars et détrùit par 
les Englois et avoient encoires le manoir et tenement 
qui estoient le chief-lieu du dict lieu de Setque que 
onnommoit La Cappelle.... cart. S. Om.p. 107 et 
108. 

Soyecques, ham. c De de Blendecques. — Soieka, 
1207, A. Mir. dipi. Belg. t. in, p. 371. — Persona- 
rum et altare ecclesice sanctce Columbce de Blendeka; 
capellam de Soieka ad eumdem personatum spectan- 
tem t cum decimatione, obventionibus et aUis perii- 
nentis suis . . . . confirmamus, ibid. — Quidquidpos- 
sidatis in parochiis de Rekinghemet de Soieka , ibid. 

Gette chapelle dite de S te -Soyeeques, où Fon va en 
pélerinage pour obtenir la guérison des enfants qui 
ont les soies, existe encore, 

Turaèbe (Adversariorum libris, lib. 8 cap. xxi), 
fait de Soyecques le Gessoriacum navale. Voici com- 
ment il en décrit la situation : Oppidum est Belgictyn 
in Morinorum finibus munitissimum et firmissimum 
quod àudomàri fanum dicitur, situm in humili et 
latdplanitie, luteribus clivo pene fallente assurgen- 
tibus : Ea planities reducto intimoque recessu ticum 
attollit Soiàcum : incoia hodieque Portum Soiaci 



2*8 SOY 

vocant.... Gessoriacum quod ubi terrarum fueral 
quoerimus mi hi reperire videor undè olim trajectus 
in Britanniam esse solebat. Ausim enim affermare 
Soucum esse. Turnèbe ne connaissait pas les lieux 
puisqu'il place dans une mème plaine S'-Omer et 
Soyecques qui sont tous les deux au pied d'un coteau 
et séparés Pun de Pautre par une colline. Aussi a-t-il 
la modestie de ne pas s'attribuer cette importante 
découverte, mais d'en rapporter toute la gioire à son 
ami Pierre Galland, né à Aire vers 1510, élevé à S- 
Bertin, promu par Pabbé de ce monastèro qui en 
avait la collation, aux fonctions de proviseur du col- 
lège Thérouannais de Boncourt à Paris et decèdè 
recteur de PUniversité en 1559. Jean Stade, Surita 

• 

et surtout après eux Malbrancq, ont encore brode ce 
théme si ingénieux en transformant pour plus de 
vraisemblance le mot Soyecque, Soiacum, en Soriek 
et Soriacum. Ce passage de Pauteur des Adversaria 
est cité en outre, par Ortelius, par Polidor Virgile et 
par Paul-Emile, liv. 7. Un poète audomarois, Guil- 
laume de le Nort, qui écrivait son Genie Zéthésien 
quelques années avant que le De Morinis eut paru 
(1634), s'est amusé a combattre cette opinion de 
Turnèbe généralement admise de son temps et à 
tourner ainsi en ridicule la découverte d'un ancre 
sur laquelle cette opinion était appuyée. 

Si V ancre est iransporté au hameau de Soiecque, 
Jadis nommé Soat, sur le vai de Blendecque, 
Par un fort chariot monte de martinet ; 
Laissédu brusle-fer (forgeron) ne lepouvaìit défaire, 
S'ensuit-il que la ryier ait bordi cette terre 
Et porte ses bateaux ancrer en ce somme t ? 



SUR 249 

Stavart, petit canal navigable prenant naissance 
a Àudruicq, au lieu dit le Rivage, autrefois le Stade 
et allant joindre le canal de S-Omer a Calais sur deux 
points, au Pont-Neuf et au Fort-Rebus. Ce noni 
abrégé de Stade-Vart, fosse navigable du rivage, est 
dirigine flamande. 

Stenegat ou Steengate, nom que portait au xiv e 
sièclé la partie de l'ancien grand chemin de S -Omer 
à Boulogne, entre Tatinghem et Quelmes. A Ta- 
dinghem.... sous le vote d'Estrahem que on dame 
Stenegate, 1317, cart. chart. p. 221 . — Au quemin 
de Kelmes.... au lieu nommé Steengate, 1414, ibid. 
étym. Steengate, trouà pierres ou rue empierrée. 

Stiennart (le), éc. c nc d'Arques, dans le marais. 

Stiennart (le), éc. c ne d'Hellefaut , aujourdliui 
compris dans lesbaraques du camp. 

Stiennart (le), ancien nom de terre, c ne de Rec- 
ques. — En le ville de Recque.... au Stiennart en 
Ridelant aboutant zut à la terre de le Hollande.... 
listant west à le ruelle de le Hollande, 1517, terrier 
de Tournehem. — Etym. Steenart, adj. qui tient de 
la pierre, lieu pierreux ou construction en pierre, 
redoute. 

Surgeon (le), petite rivière prenant sa source à 
Boncourt, c De de Fléchin, passant par ce village, 
Cuhem et Fléchinelle et allant se jeter dans la La- 
quette à Estrée-Blanche. 

Surques, c on de Lumbres, 426 hab. — Surches, 
1084, chron. Andr. p. 400. — Surlces, et Surlcas, 
probablement pour Surkes et Surkas, ibid. p. 356 



250 SUR 

et 370. — Surdches, 1177, ibid. p. 362. — Surke$, 
H16et1122, ibid. p. 394 et 395. — Surke$ 9 pouil. 
deThérouanne. — Surques, pouil. de Boulogne. 

Ce village qui, au spirituel, avait Escoeuilles pour 
annexe et faisait partie du doyenné d'Alquines, était 
un fief du comlé de Guines et Fune des dix-neuf pa- 
roisses du gouvernement d'Ardres. 

Etym, Scheurse]ke, canton de la crevasse, de Tes- 
pace creux, de la fosse. 



T 



Table Ronde (la), ham. c ne de Louches. 

Tape-Cul (le), ham. c ùe d'Oye. Cette dénomination 
qui indique quelquefois le lieu où il y avait une ba- 
lance ou une bascule pour peser les voitures, est 
commune à plusieurs cabarets iselés sur les grands 
chemins. 

Targette (la), ham. c ne de Louches. Ce hameau 
qui fait partie de celui de Berthetn doit son nom a 
l'enseigne d'une auberge et d'un cabaret. 

Tatinghem, c ao de S'-Omer sud, 654 hab.; en 1698, 
166 hab. — Tatinga villa, 648, cart. sith. p. 18.^- 
Thathingahem, 826, ibid. p. 158. — Sanctus Ja- 
cobus de Tatinguhem, 1 123, ibid. p. 263. — Tadin- 
gehem ecclesia, 1139, cart. S. Om. p. 1. — Thadin- 
gehem, ibid. — Thadinghem, 1229, ibid. p. 84. — 
Tadinghem, 4304 et passim, cart. chart, — S.Ja- 



252 THE 

cobus de Tatinga, pouil. de Thérouanne. — Tatin- 
ghem, pouil. de S-Omer. 

Ce village "était compris dans la banlieue de S l - 
Omer et primitivement dans le doyeuné de cette ville. 
Il passa eu 1560 dans celui de Longuenesse. 

Etym. Tadinghe-hem, l'hem ou métairie de Thade 
(bert). V. le Glossarium de Wacther, v° Tat. 

Télégràphe, éc. c ne de B^yenghem-lez-Eperlec- 
ques. C'est Tendroit où était le télégràphe aérien. 

Thérissart (les deux), anciens bois, maintenant 
défrichés, c oe de Tournehem. — Le bois die Thé- 
rissart.... le Petit Thérissart.... entre deux Théris- 
sart, 1578, terr. de Tournehem. Ces deux bois por- 
taient en dernier lieu les noms àe premier et deuxième 
Hoquet. 

Etym. Terre-essart, a cause du défrichement du 
plateau, compris entre ces deux bois et ceux du 
grand et petit Cauroy et du Gobsart. 

Thérouanne, c on d'Aire, 933 hab.; en 1698 : 292 
habitants. — Fauxbourg de Thérouanne, 1698, Bi- 
gnon. 

Thérouanne (ancienne ville de), quartier du village 
actuel comprenant l'enceinte et l'emplacement de la 
ville de Ihérouanne jadis cité des Morins et siège de 
l'évèché de ce nom, détruite et entièrement rasée en 
1553, par Charles- Quint. — Terouavva, n e s. Pto- 
lémée. — Tarvanna, ni e s. carte de Peutinger. — 
Tarvenna, iN e s. ilinéraire d'Antonin. — Morini, 
v e s. S'-Jéróme. — Civitas Morinum, v c s. — Tar- 
wanna, Notiti» diversa Imperii roman. — Ternana, 



THE 253 

850, cart. sith. p. 106.— Tornarne, 1026, ibid. 
p. 176. — Morinwn, xiii* s. Ibid. p. 305. — C&no- 
bium sanctiJohannis in monte, junta Morinum. — 
Ecclesia sancii Augustini juxta Morinum, 1288, A. 
Mir. dipi. Belg. t. in, p. 424. — Morian, 1248, de 
Godefroy : Jean d'Ergny, chevalier, reconnoit lenir 
en fìefdu comte d'Artois HO mesures de terre enlre 
Ergni (Erny-S'-Julien] et Morian. — La ville de 
Thérouanne, autrefois appelée Moriane, cout. Ridi, 
note de Brodeau. — Ainsi que Morinon changea en 
Terroane son nom.... 1634, G. de le Nort. — Mori- 
norum civitas, 1075, cart. sith. p. 192. — Urbs 
Morinensis, xin e s. chron. Andr. p. 475. — Taren- 
borch (en flamand), 1440, cart. S. Om. p. 125 v°. — 
Sint Augustine ini biscop domvan Tarenborch, c'est- 
à-dire de S'-Augustin en Tévèehé deThérouanne. — 
Terewane, Térouane, xn e s. arch. du chap. de S. Om. 
Mém. des Ant. de la Morinie, t. 6 p. xxiv. — Te- 
remiane, 1241 , gr. cart. de S. Bertin, t. ni p. 35. — 
Thierowane, 1241, arch. du chap. d'Aire, Mém. des 
Antiq. de la Morinie, t. x, 2 e partie, p. 342. — La 
mtleetcitéde Théroaanne, 1507, cout. Bouthors. 
Etym. Tar-woenne, grande, forte, principale ha- 
bitation, de tar, ter, theur, grand, fort, principal 
(Wactherv Theur) et de woenne, wanne, habitation; 
en allemand whonung, et en flamand wooninge, des 
verbes wohnen, woenen, woonen, habiter. La forme 
flamande Taren-borgh, ou le mot borgh, citadelle, 
est substitué à woenne, vient à l'appui de cette signi- 
ficatton. Tar un, chez les Belgescomme chez lesGau- 



254 THE 

lois, et Thor, chez les Germains, était le dieu du 
tonnerre et les savants interprètent ces mots dans le 
sens de fort, puissant. Oa concoit d'ailleurs que dans 
le pays des Morins où il n'y avait que des bourgades 
éparses, la construction d'une place forte, d'une ville 
que les Morins ont dù considérer comme ne formant 
qu'une seule maison, ait naturellement donne lieu à 
cette dénomination prise d'une manière absolue de 
grande et de forte habitation. 

Thérouanne (ci té ou région de). Division territo- 
riale dont Thérouanne était le chef-lieu. Désignée 
d'abord, comme lesautres chefs-lieux des cités voi- 
sines, sous son nom de peuple Morirti, Morinum, 
Morenum, Morian> qui a survécu a la dénomination 
vraisemblablement postérieure de Terwenne (grande, 
forte ou principale habitation) que lui a valu, sans 
doute , dans la langue indigène, l'enceinte fortifiée 
élevée par les Romains. Cette ville parait avoir été, 
dans le principe, le chef-lieu de la cité des Morins, 
comprenant toute la Morinie. Pendant les premier^ 
siècles de l'ère chrétienne, Gessoriacum, appelé plus 
tard Bonmia, n'était encore qu'un port, une petite 
ville que Florus compare a Fregella, ville du Latium : 
idem Fregellw quod Gesoriamm et que Pline repré- 
sente comme le chef-lieu d'un simple pagus de la cité 
des Morins auquel celui des Oromansaei était anoexó : 
Deinde Menapii, Morini, Oromamaei juncti pago 
qui Gessoriacum appellalur. De son coté, Ptolémée 
qui substitue au nom de peuple Morini le nouveau 
nom du chef-lieu Terouvva, ne fait figurer Gessoria- 



THE 2S5 

cum dans sa nomenclature, qu'avec la qualification 
de port, au mème titre que le promontoire Ictus et 
l'embouchure du fleuve qu'il appelle Phrudis. Mais 
au v e siècle dans les notices de l'empire à coté de la 
Civitas Morinum ou Morenum apparait la nouvelle 
cité des Boulonnais Civitas Bononiensium. Thé- 
rouanne n'était donc plus à cette epoque que le 
chef-lieu de la partie de la cité des Morins en dehors 
du Boulonnais et divisée plus tard, peut-ètre mème 
dès eette epoque, en trois pagi qui étaient : \epagus 
Ternensis, plus tard le Temois ou comté de S^Pol ; 
et le pagus Mempiscus ou Mempiscon, autrement dit 
encore pagus laruanensis infra Menpiscon. 

Telle était encore, en 962, la division territoriale 
à laquelle la ville de Thérouanne donnait son nom, 
division alors désfgnée sous le nom de Regio \Ta- 
rmunica. La région de Thérouanne formait, a cette 
epoque, avec la cité de Boulogne et la Fiandre, sous 
le nom de Marcile ou Marquisat, Marka, le gouver- 
nement héréditaire que Charles-le-Chauve cèda en 
fief à Baudouin Bras-de-Fer, son gendre, en 864. 
Baudouin-le-Chauve, fils et successeur de Baudouin 
Bras-de-Fer, mourut en 918. Àprès avoir rappelé 
cet événement, Folquin, Fauteur du Cartularinm 
sithiense qui s'arrète a l'année 964, ajoute cette ob- 
servation : Markatn vero ejiis (Balduini Calvi) filii 
ejus inter se diviserunt , et Amulfus, qui major natu 
eràt, Flandrianis Adalolphus vero civitatem Bono- 
niam et regionem Taruennicam, pariterque sancti 
Berlini suscepit abbatiam, cart. sith. p. 140. Les 



256 TUE 

historiens postérieurs se sont accordés a prétendre, 
les uns après les autres que par ces mots Regio Ta- 
ruennica, il fallaitentendre le comté de S l -Pol, parce 
que, suivant eux, la ville de Thérouanne formait 
déjà, dès cette epoque, un donnine particulier appar- 
tenant à l'évèquede Thérouanne et désigné plus tard 
sous le nom de Regale de Thérouanne. Mais c!est là 
évideuiment une erreur, un anachronisme. La ville 
de S'-Pol portait, il est vrai, avant sa destructipn par 
les Normands, dans la dernière moitié du ix e siede, 
le nom de Tarvanna quelle devait, comme Thé- 
rouanne, à ses fortifìeations. Il est vrai encore que 
cette ville était devenue le chef-lieu d'une subdivi- 
sion de la région de Thérouanne. Mais cette subdivi- 
sion qui ne figure pas encore dans le capitulaire de 
Louis-le-Débonnaire (830), contenant la division de 
l'empire des Francs, apparai! pour la première ibis 
dans une charte de Charles-le-Chauve de 877 (cari, 
sùh. p. 122), sous le nom de p^gus Ternensis. Loin 
d'ètre restreinte, comme on le suppose, au comté de 
S-Pol ou Temois, l'expression Regia Taruennica 
ou Tarvennicq designai/ non seulement la cioilas 
Morinum du y e siècle, e'est-à-dire tonte la partie de 
la Morinie prise en dehors de la civitas Bononien- 
sium ou Bouloanais, mais elle désignait méme, au x e 
siècle, d'nne manière generale et absolue, toute l'an- 
cienne Morinie, c'est-à-dire toute la contrée com- 
prise dans le diocèse des Morinsou de Thérouanne. 
C'est là un fait qui a pour garant un agiographe con- 
temporain, Folquin de Lobbes, ancien moine de S l - 



the mi 

Bertin, qui a écrit hi vie de S'-Folquin. évèque de 
Thérouanne, vers la mème epoque où le levile Fol- 
quin a écrit son Chartularium sithiense, c'est-à-dire 
dansle troisième quartdu x e s. Voici en effet ce que 
dit cet auteur en parlant des habitantsdu diocèse de 
Thérouanne a l'epoque oìi S'-Folquin avait pris pos- 
sessioni de cet évèché : Littora Britannici Oceani 
in finibus Galliarum, occidentem versus, gens qui- 
dam incolit, non tam lata quàm valida : apud his- 
toricos Morini, nunc à Tarvenna utbe eorum quon- 
dam opulentissima sed modo diruta et poenè esina- 
nita (à Normannis circiter ad ann. 881). Vocantur 
Tarvennici.... Extremi autem hominum ab hoc for- 
sitana poeta dicuntur, quòd Flandria qvm pars 
hujus gentis est, ea maris loco occupai, ultràque 
nulla gens habitare audita est, prohibente oceano 
totnm prò parte usus more suo. Namex ea parte 
quam quam Bononia urbs et Odraus occupai farus 
facilis ad Britanniam est transitus.... Mabill. Acta 
SS. ord. S. B. speculi iv pars prima, p. 686. Voilà 
qui est bien clair ; au x e siècle, la dénomination de 
Taruennici ou Tarvennici avait remplace, cornine 
nom de peuple, celle de Morini, et cette dénomina- 
tion, prise d'une manière absolue, s'étendait à tous 
les habitants du diocèse de Thérouanne, y compris 
ceux de la Fiandre et du Boulonnais. Du reste, Fau- 
teur du Chartularium sithiense est parfaitement 
d ? accord, sur ce point, avec son homonynie. Quand 
il parie de la population du diocèse de Thérouane, il 

Tappelle populus Taruennicus , notamment à la 

17 



258 THE 

page 90. C'est là un faitqu'il était indispensable de 
constater parce qu'il a été jusqu'ici méconnu. Donc 
à plus forte raison, Fexpression Regio Taruennica, 
mise en opposition avec Flandria et Civitas Bono- 
niensium doit elle s'entendre de toute la partie du 
diocèse de Thérouanne, en dehors du Boulonnais. 

Thérouanne (pays de), autrement dit le Thérouan- 
nais. — Pagus Taroanensis, 648, cart. sitli. p. 18. 
— Pagus Taruanedsis, 962, ibid. p. 149. 

Ce pagus qui était trèsétendu, comprenait deux 
parties distinctes : le pagus Taruannensis, propre- 
nient dit, et le pagus Taruannensis intra ou infra 
Mempiscum, ou simpleroent Mempiscon. 

Le pagus Taruannensis, proprement dit, s'éten- 
daitdu sud-ouestau nord-est, depuis la Canchejus- 
qu a l'Àa et la rivière d'Hem. — Belrinium super 
fluvio Quanlia, inpago Taruanense, 723, cart. stth. 
p. 49. Il s'agit dans cette eharte de Beaurainville, 
qui est en effet sur la Canche, dans le canton de Cam- 
pagne-I ez-Hesdin, arrondissement de Montreuil. — 
Embrica (Embry, canton de Fruges), in pago Tarue- 
nensi, 868. ibid. p. 167. — Blangiacum (Blangy- 
sur-Ternoise, c°° du Parcq, arr* de St-Pol), in pago 
Taruanorum f 685, ibid. p. 33. — Fressinium, super 
fluvio Capriuno, in pago Taruanense, Fressin sur 
le Cavron, autrement dit la Planquette, arr* de Mon- 
treuil, c on de Fruges, 800, ibid. p. 65, etc. Ce pagus 
correspondait assez exactement aux neuf doyennés 
suivants du diocèse de Thérouanne : Hesdin, Fan- 
quembergues, Bomy, Lillers, Aire, Hellefaut, Ar- 



THE 259 

qws, S % -Omer et Alquines. Tout ce qui est au nord 
de la vallèe de l'Hem et du versant meridional de la 
grande colline d'où coulent les sources de l'Àa et de 
ses affluents et au nord de la vallèe de Créquy jus- 
qu'à la Cariche, appartenait au Pagus Bononiensis 
qui comprenait, sous le diocèse de Thérouanne, les 
quatre doyennés de Boulogne, de Frencq, de Wis- 
sant et de Guines, et comme annexe, celui de Merch 
qui s'étendait sur toute la cote du plat Calaisis, en 
deliors du comté de Guines et sur les pays de Langle 
et de Bredenarde, moins Polincove. Du coté du sud 
était le doyenné de S*-Pol qui correspondait à peu 
près au Pagus Ternensis et qui depuis a forme les 
troia doyennés de S l -Pol, de Fillièvres et de Frévent. 
Le Mempiscon ou Pagus Taruanensis infra Mem- 
piscum, s'étendait au delà de l'Aa, du Neufoifsé et de 
la Lys inférieure sur la partie flamande du diocèse 
de Thérouanne. — Slratsele, super fluvio Niopa, 
in Pago Tarwanense, intra Mempiscum (Strazeele, 
arr' d'Hazebrouck) , 875. cart. sith. p. 117. — Crum- 
beke, in Pago Tarwanense, infra Mempiscum, super 
fluvium Fleterna, 875, ibid. Crombeke est un village 
du canton de Haeringhe, arrondissement de Furnes, 
dans la Fiandre occidentale, royaume de Belgique. 
— In loco nuncupanle Mekerias, in pago Terwa- 
nense, infra Mempiscum.... et in alio loconuncu- 
pato Heingasele* in pago suscripto, super fluvium 
Isera (l'Jsère qui a son embouchure à Nieuport (Bel- 
gique), 867, ibid. p. 115. — Et infra Mempisco Leo- 
dringas mansiones (Ledringhem, arrondissement d« 



860 THE 

Dunkerque) . . . . sitasinpago Taruanense,l%3, ibid. 
p. 49, etc. 

Lepagus Teruanemis que nous voyons cité encore 
en 962 comme étant toujours la division territoriale 
où était située la ville de S-Omer se trouva quelques 
années plus tard, après la mort d'Arnould-le-Vieux 
(965) entièrement démembré comme le reste de la 
Marche ou Marquisat, et de ses débris se formèrent 
les comtés d'Hesdin et de Fauquembergues, le tem- 
porel del'évèque et duchapitre de Thérouanne, ainsi 
que les chàtellenies et bailliagesde Lillers, Aire, S l - 
Omer, Eperlecques et Tournehem. S l -Omer et Aire 
restèrent dans le domaine des marquis et du comté de 
Fiandre, comté qui date aussi réellement de cette 
epoque et conserva la mouvance des autres fiefsaussi 
bien qu^ celle des nouveaux comtés de S l -Pol, de Bou- 
logne et de Guines formés du Pagus Teruanemis et 
de la Civitas Bononiensium. 

Thérouanne (diocèse de). — Taruennensis ecclesia, 
662, cart. sith. p. 23 et passim. — Episcopium Ta- 
ruanmme, 1057, ibid. p. 181. — Taruanemis pa- 
rochia, 1107, ibid. p. 218 et passim. — Morinensis 
episcopatus, 1144, ibid. p. 319. — Teruanemis sedes, 
1120, cart. S. Nicol. Furn. p. 53 et passim. — Mo- 
rinensis diocesis, 1133, cart. S. Om. p. 6 v° — Bis- 
copdom Vari Tarenborch (en flamand), 1444, ibid. 
p-124. 

Le diocèse des Morins ou de Thérouanne était di- 
vise en deux archidiaconés r Fun ditd'Artois, Tautre 
de Fiandre. L'archidiaconé d'Artois comprenait 13 



THE 261 

doyennés, savoir : Aire, Alquines, Bomy, Boulogne, 
Fauquembergues, Frencq, Guines, Hellefaut, Hesdin, 
Lillers, S^Omer, S l -Pol et Wissant. — Les doyennés 
de Fiandre, au nombre de 12, étaient : Argues, Bail- 
leul, Bergues , Broucburg (Bourbourg) , Caslelum 
(Cassel), Dixmude, Furnes, Ipres , Merch (Marck), 
Messines, Novusportus (Nieuport), Poperinghes. — 
Tassart fait observer que les doyennées de Messines 
et de Nieuport n'existaient pas primitivement et 
avaieut été formés, celui de Messines, d'une partie 
dudoyenné d'Ipres et celui de Nieuport d'une partie 
du doyenné de Furnes. Ce diocèse, après la ruine de 
Thérouanne (1 553) , a été divise en trois autres (1 559) , 
le diocèse de Boulogne, le diocèse de S'-Omer et le 
diocèse d'Ipres. 

Thérouanne (regale de), division territoriale, fief 
de leglise de Thérouanne.— la regale de Théroane 
est aitisi appelée, parce que l'èvèque du lieti en est 
seigneur temporel et y ajustice, haute, moyenneet 
basse en admortissement réal, g. cout. de Rich. t. i, 
p. 159. — Quiconque est évèque du dit Thérouane, 
à cause de son dit évéché, est seigneur spirituel et 
temporel de la dite ville, des flos, flégards, chemins, 
voiries et abordement d'icellc ; en laquelle, ensemble 
en toules ses autres terres à lui appartenans à cause 
de son dit évéché, il a toutejustice, haute, moyenne 
et basse, sous le roy nótre sire, en amortissement réal, 
et dont les baillifs et échevins dit haut banc ont la 
polke et gouvernement d'icelle ville : et si a le dit 
évéque à préscnt en ses mains la terre et seigneurie 



262 THE 

des Marlers où ilaprévot et échevins usans de pa- 
reille coutume que la dite regale, cout. de Théroane, 
art. 6, ibid. — Eodem anno (11 56) Ludovicus Fran- 
corum rex, Taruannam mediterraneam Morinorum 
urbem, cum comitalu, oppidoque vetusto Àlekind, 
ac supremo imperio in Ardam, Lilerium et Hesdi- 
num, ad hcec alam magni, ut vocant t cc&tc, inportu 
Ghivelt propria ac libera dimisit ecclesiw Morino- 
rum, Meyer, ann. Flandr. sub anno 1156. 

Née du doublé droit de juridiction qu'exercait 
l'évèque et sur les biens de son église, comme tous 
les bénéficiers et a certains égards sur sa ville epis- 
copale en sa qualité de défenseur de la cité, defensor 
civitati's, puis naturellement transformée en fìef, 
d'après les principes adrnis a partir du milieu du ix e 
siècle, la puissance temporelle de l'évèque de Thé- 
rouanne sur cette ville était restée a l'état de sinopie 
fait occompli sous la suzeraineté des comtes de 
Fiandre qui l'avaient reconnue et s'en étaient méme 
déclarés les protecteurs (1142, A. M. dipi. Belgio, 
t. iv, p. 201). Mais Milon II, par une habile politique 
demanda et obtint facilement du roi de France Louis 
le Jeune, l'acte précité de 1156 qui légalisant par 
l'amortissement cet état de fait jusqu'alors irrégulier 
sous ce rapportque les églisesne pouvaient posseder 
aucun bien qu'il ne fùt amorti, rendit celle de Thé- 
rouanne la vassale directe de la couronne et comme 
telle indépendante de la suzeraineté assez indecise 
qui l'avait jusque là rattachée au comté de Fiandre. 
Telle est l'origine bien sinopie de l'enclave que la 



THE 263 

regale de Thérouanne formait dans ce canton et 
qu'elle continua à former plus tard dans le comté 
d'Àrtois. 

La regale de Thérouanne comprenait, d'après la 
nomenclature de Maillart, les villages ou fiefs sui- 
vants : Amonval ou Amonval , Belle-Fontaine , 
Belleriette, Blessy, Bourech, en regale, Capendu, 
Chapelle (la) sur la Lys (Capelle), Clercques, Cot- 
tene (Cottesi, Croisette en partie, Fautre est de S e - 
Pol, Dallettes (Delettes) en partie, d'Ardinghem-S*- 
Martin, Doresville, Elle ou Henne, Emonval, En- 
quin, Enguinegate, Esquedecques en partie, Estrées- 
lez-Fléchinel en partie (Estrées-Blanches), Floury 
eri regale, Fontaine en regale, Henne, Inguehem 
(Inghem), Lierres, Ligny-lez-Rely, Mette, Matrin- 
ghem, Mazinghem, Menca, Molinghem, Mortnghem, 
Mussem, Nedon en partie, Nielle, village partie Thé- 
rouane et partie Aire, Nourent [N orr exit), Noyelles- 
lez-Térouane, Quernes en partie, Quiestede le Petit, 
Randometz (Radometz), Rocquestoire en partie (Ro- 
quétoire) , Vincly , Upen-d'Amont , Upen-d'Aval, 
Wavrans-lez-Ene, Westrehem, Wismes. 

Thérouanne est restée jusqu'en 89 le chef-lieu de 
son ancienne regale par indivis entre les trois cathé- 
drales de Boulogne, S'-Omer et Ipres. 

Thérouanne (avouerie de], fìefque les avoués de 
l'église de Thérouanne tenaient de celle-ci a la charge 
par eux de défendre ses droits. Le premier deces 
avoués dont le nom soit connu s'appelait Eustache : 
Eustatius advocatus Taruanemis, 1093, cart. sith. 



264 THE 

p. 205. Là comme ailleurs, les avoués s'érigèrent en 
tyrans et en oppresseurs des vassaux de l'église qu'ils 
étaient ehargés de défendre. Une sentence judieiaire 
rendue par Thierry d'Alsace en la cour de ses barons, 
(1142, A. Mir. t. iv, p. 201) flétrit, en les retracjant, 
les excès commis par Arnould, l'un de ces avoués, et 
le condamne a demolir la forteresse Castellimi, qu'il 
avait construite a Thérouanne, mème pour s'en rendre 
maitre et y dominer. L'avouerie n'en continua pas 
moins à y subsister, mais seulement au mème titre 
que les autres fìefs. — L'advouerie est dite à cause 
de l'avoué de Théroane qui est pair de la cour de 
l'évéqueet qui tient à hommage de l'évéchi et àjus- 
tice dans la banlieue, anc. cout. de Thérouanne, 
Richeb. — Quiconcques appelle des échevins de la 
dite ville et citi de Théroane ef aussi de la seigneurie 
de ladvouerie du dit Théroane et il déchet de son 
appellation..,. il commetet chet en amende, ibid. 
— J7 est accordé que le fief de l'advouerie tenu et 
mouvant de la salle episcopale de Terrouane demeu- 
rera aux dits deux évéques (depuis au nombre de 
trois) par indivis pour en prendre et percevoir les 
fruits par moitié , 1559, partition du diocèsede Thé- 
rouanne, A. Mir. t. iv, p. 668. 

Thérouanne (vicomtéde), fief également tenu de 
Téglise de Thérouanne à raison des fonctions de vi- 
comtes exercées par ses premiers possesseurs. Lors- 
queplus tard, ces fonctions devenues héréditaires 
avec le fief qui en avait été Témolument eurent été 
remplacées à Thérouanne comme ailleurs par la créa- 



TIL 265 

tion d'un office de bailli, la vicomté est restée à l'état 
de simple seigneurie. — Et à l'èvèque du coté du 
roy catholique demeureront et appartiendront les 

fiefs qui sensuivent : La vicomté de Terrouane 

1559, A. Mir. ibid. 

Thérouanne (chapitre de), temporel du collège 
des chanoines de la cathédrale de Thérouanne. — 
Coustumes et usaige's gardées et observées eri la ville 
et cité de Thérouanne, sous la scignourie de véne- 
rables seigneurs, doyen et chapitre de réglise du dit 
lieu et ès autres terres et seignouries de la dite 
église , tant à Lepseux , Fontaine-lez-Hermans , 
Floury, Blessy , Bresines, Autinghes, Ellencourt, 
Pernes, Ametles , Libourch (Lisbourg) , Prudefin, 
Rely, Inghehcm, Wierhoffoy (Wierre-Effroy), et ail- 
leurs oh ih ont justice temporelle, 1507, cout. Bou- 
thors. Cette juridiction des chanoines a donne lieu 
souvent à des dissensions assez graves entre Téveque 
et le chapitre. 

Thiembronne, c on de Fauquembergues, 950 liab. ; 
en 1698 : 1036hab. — Tinbronna f 1178, cart. Andr. 
p. 472. — Tinnebronne, 1184, ibid. p. 486. — Tiem- 
bronna, 1214, ibid. p. 610. — Tienbronne, 1271, 
cart. S. Om. anniv. p. 61. — Pouil. de Thérouanne. 

Ce village était dans la sénéchaussée de Boulogne 
et dans le doyenné d'Hellefaut, sous le diocèse de 
Thérouanne, dans celili de Fauquembergue, sous le 
diocèse de Boulogne. 

Etym. Tinne-bronne, sourcedu sommet. 

Tilques, c cn de S-Oroer nord, 983 bab<; cn 1698 : 



266 TIL 

230hab.— Tilleke, 1139, cart. S. Om. p. 1 et 1144, 
cart. sith. p. 319 et 321 . — Tilleka, xn e s. obit. S. 
Om. — Tilque, 1370, cart. S. Om. anniv. p. 123. 
— Sanctus Leodegarius de Tilke, pouillé de Thé- 
rouanne. — Tilques, S l -Léger, pouil. de S l -Omer. 

Ce village qui était en partie le domaine du cha- 
pitre de SM3mer passa, en 1560, du doyenné de 
cette ville dans celui de Longuenewsse. Le coté sud 
duLiemberge était dans la banlieue, le coté nord 
dans la chàtellenie et le bailliage de S l -Omer. 

Etym. Till-eke, canton, territoire de la lille, c'est- 
à-dire de la terre rompue, cultivée ; de Fancien verbe 
Tilian , en flamand , teelen, procréer, engendrer, 
cultiver la terre, d'où teel-man, homme qui cultive 
la terre, laboureur, et le verbe roman idiotique, 
tiller l'ardori, tailler, rompre le gazon. Dans le glos- 
sale de Ducànge, les mots Tilia, Tille, sont donnés 
comme signifiant une certaine mesure de terre ou de 
vigne. Dans le dialecte des environs de S'-Omer, le 
mot Tille désignait au contraire d'une manière ge- 
nerale toute portion de terre cultivée au milieu d'au- 
tres qui ne Tétaient pas, abstraction faite de toute 
idée de mesure et quelle que fùt son plus ou moins 
d'étendue : En le parroche de Merquenes (Mercq- 
S-Liévin) wyt mesures de terre gesans en le Tille 
Bacon, lequelle Tille contient environ qualre-yins 
mesures. — Les dessus dits frères ont congnut et 
confesse que des wyt mesures dessus dictes, ils en 
tiennent deux mesures de terre harable lesquels sont 
gisans en le dici Tille Bacon, en une pièce du boud 



TOU 267 

d'aval à la terre de Werneque et du boud d'amont à 
/eTiLLE Martin, 1399, cart. S. Om.anniv. p. 107v° 
et 108. 

Tiretou Tirt.et, V. Riviérette. 

Tirlemont, hauteur, c ne dEnquin. 

Tour Blanche (la), eh™ c ne de S'-Martin-au-Laèrt. 

Todrnehem, c 0Q d'Ardres, autrefois ville, aujour- 
d'hui bourg, 810 hab.; en 1698 : 187 hab. — Tor- 
nehem, 1084, chron. Andr. p. 345 et 370. — Tur- 
nehem, 1084, ibid. p. 353, — Turnahem, 1107, ibid. 
p. 361 et passim. — Turnehem, 1105, cart. sith . p. 
242. — Fossato autem munitissimo atque firmi*- 
simo... villarn (de Tornehem] circumcinxit et fer- 
mavit, (Baudouin II comte de Guines, vers 1194), 
Lambert d'Ardres. — Sor les plus rem bos à prendre 
kej'aivenduà Tornehem, 1241, gr. cart. S'-Bertin, 
t. in, p. 34. — La ville de Tournehem, 1306, comptes 
du baili, de S'Omer. 

Etym. Torne-hem, par inversion pour Toren-hem, 
le village de la Tour. (V. Tournehem, chàteau de). 

TouHnehem, ville, et Chingledico. On appelait 
ainsi la partie de la ville comprise dans l'intérieur du 
Chingledicq ou fosse de ceinture qui formait les for- 
tifications de la place. Cette enceinte était divisée 
en plusieurs parties qui étaient : Le marchiò ou était 
la halle et le four bannier, sous les murs et à la porte 
d'entrée du chàteau ; le quartier nord et le marais, 
entre les deux rivières ; le Wall'shouck ou quartier 
des fossés de ville et le quartier de la Zutporte et de 
la Grosse^Rite (Terrier de Tournehem) . 



268 TOU 

TOURNEHEM ÉCHEVINAGE et BANLIEUE. C'était la 

partiede la ville en dehors du Chingledicq, compre- 
nant le quartier dit Valenchienne (V. ce mot), le 
Préau, le Blechof, la Croix d' Escambre ou Cui de 
deux pièches, la Longue Haie, le Gagevelt, la Vaque- 
rie, les maisons en dehors du pout de VEstaque ou 
de YEstanque, la Belle-Verdure et le nioulin de Leu- 
lène. (V. ces mots). Terriers de Tournehem. 

Tournehem (chàteaude). — Castellurn apud Tor- 
nehem turris, Lambert d'Ardres. — Villa et castellurn 
de Tornehem, chron. Andr. 

Construit par les premiers comtes de Guines et 
réparé par Baudouin II (Lamb. d'Ard.), le chàteau 
de Tournehem et ses dépendances furent cédés par 
Arnould III au roi de France Philippe-le-Hardi 
(1282) qui parait avoir annexé ce domaine au comté 
d'Artois dont il dépendait au commencement du xiv e 
siècle. — A M™ la comtesse Marguerite pour le re- 
manence d'une gregneur somme de monnoie qui li 
acoit esté deue pour le revaicement dou castel de 
Tournehem, 1311 , comptes du bailliage de S-Omer. 

Par suite de ce revalvement (reconstruction des 
tcalles ou rcmparts). Cette forteresse, au xiv e siècle , 
se trouva considérablement agrandie. Elle compre- 
nait deuxenceintes : l'une dite le Vies Castel, qui se 
composaitde la Viete Tour ou donjon construjt par 
Baudouin II en forme de layrinthe (Lamb. d'Ardr.), 
sur une motte entouré d'un wié ou étang et le costei 
proprementdit où était, avec lasalle des Chevaliers t 
la cuisine et les Cambres, la grosse tour (Comptes de 



TOU 269 

Tournehem, 4359, arch. de Lille), que le due de 
Vandome a renversée toute d'une pièce et d'un seul 
bloc (1542, Hendric(j) et qu'on a retrouvée en cet état 
dejios jours en aehevant la démolition de cette place 
de tout temps tenne des plus fortes du pays (Du 
Bellay). Il ne reste plus de ce chàteau que la porte 
d'entrée du coté du marche, avec la ruine d'une des 
tourelles doni elle était flanquée et la terrasse qui 
dominait au nord, du coté de larivière> ce qu'on ap- 
pelait la basse cour du chàteau. L'approche de ses 
murailles était défendue à l'est et au sud par un rem- 
part en terre, entre deux fossés qui existaient encore, 
il y a trente ans, ainsi que la motte avec son puits et 
quetques débris de la mese tour de Baudouin IL 

Tournehem (chàtellenie de], division territoriale, 
mouvance et juridiction dont le chàteau de Tour- 
nehem était le chef-lieu. — Pagus de Tornehem, xn e 
s. vie de S'-Bernard le pénitent, m 8 819, bibl. de 
SM)m. — Tornehem cum appendi tiis ejus, Lambert 
d'Àrdres. — Castel lum de Tornehem et omnia ejus 
appenditia, chron. Àndr. p, 451 . — Baillie de Tour- 
nehem, 1 31 1 et passim. — Castellerie de Tournehem, 
4355, comptes. — lerre, fiefet chàtellenie de Tour- 
nehem, xvi e s. terriers. 

La partie de cette chàtellenie qui était dans la 
vallèe de l'Hem, portait le nom particulier de rivière 
oh rivàre, qui était celui du cours d'eau. — In Bre- 
denarda, in rivaria et aliis terree suce partibus , 
chron. 4ndr. — Apud Ardeam moram (adente et 
quotidie Bredenardam cum Rigaria (prò Rivaria) 



270 TOU 

rapinis et incendiis devastante, ibid. p. 608. Il est 
fait mention du bailliude Tournehem dès 1241 (tes- 
tameli t deBaudouin III) et dans les comptes du xiv e 
sièele figurent tout à la fois les gages d'un castelain 
et d'un bailly. 

La chàtellenie de Tournehem avait environ quatre 
lieues d'étendue dans sa plus grande longueur et 
autant dans sa plus grande largeur. — De lapart 
des lieutenant general et hommes de fief et autres 
officiers de la ville et chàtellenie de Tournehem nous 
a étè dit.... que de leur chàtellenie relèvent les vii- 
lages ci-après, savoir : la ville de Tournehem, Ghié- 
my, les fiefs et seigneuries de Brune-au-Bois et de 
Clinspin au dit lieu, la seigneurie de Clerques et 
autres fief au dit lieu y Bonningues en partie, Au- 
denfort, Cuhem, Cauchi et le Breu, avec le fief de 
day et leurs mouvances, Herbinghem t Sanghem en 
partie, Surques en partie, Hocquinghem en partie, 
Rebergues en partie, Ecueil en partie, Audréhem, 
chateau, terre et seigneurie de Foucquesoles, Journy, 
les seigneuries de Launay, de Bedupré, Petit Fon- 
quesolles au dit lieu, Wele et ses mouvances, Recque 
et seigneurie du Vroilant au dit lieu, Nortleulin- 
ghemen partie, Bayenghem-lez-Eperlecqueset au- 
tres mouvances au dit lieu, Nortbécourt, Westbé- 
court, Difques en partie , Moringhem en partie, 
Cormettes aveeses mouvances, Rodelinghem et Lan- 
drethun et autres fiefs, seigneuries et mouvances 
dispersées enplusieurs autres villages, 1739, pr. v. 
de rédact. des cout. deS'-Omer. 



tou m 

La cour féodale de la ehàtellenie de Tournehem 
connaissait, sur appel, des jugements rendus par les 
maveur et échevins de la ville, aux termes d'un arrèt 
de la cour de Malines du 22 juin 1532 et dune sen- 
tence du conseil d'Artois de 1478, les propres juge- 
ments étaient sujets à appel au bailliage de S l -Omer 
(Cout. de Tournehem, art. 7 et 8). 

Tournehem (maitrise des eauxet forèts ou garennes 
de] ; juridiction forestière qui s'étendait sur les bois 
et forèts de la ehàtellenie, y compris les bois des deux 
chàteaux de la Montoire et de Montgardin. Il est éga- 
lement fait mention du forestier de Tornehem dans 
le testament de Baudouin III (1241). Au xiv e siècle 
cetofficier est désigné dans les comptes (1335) sous 
le titre de garennier. Il recoit deux sous tournois 
par jour, un peu moins que le bailli et il a sous lui 
quatre sergents à huit deniers par jour. Le forestier 
ou garennier avait Tintendance et la juridiction de 
tout ce qui concernait la garenne, c'est-à-dire les 
bois et forèts. Il pronongait avec l'assistance des ser- 
gents, formant'le tribunal dehgarenne ou justice 
forestière sous sa présidence, sur tous les délits 
commis dans Tétendue de sa juridiction (arrèt jde 
Malines, 1532). Mais lorsqu'après la mort (1555) de 
Maximilien de Bourgogne, petit-fils du grand bàtard 
auquel la ehàtellenie de Tournehem avait été donnée 
en mariage (vers 1445) par Philippe-le-Bon, ce 
domaine eut été réuni à celui d'Àrtois, le roi dTs- 
pagne supprima l'office de garennier dont les fonc- 
tions judiciaires furent remplies par le lieutenant 



272 TOU 

general. Mais en 1693, après la réunion de TArtois, 
à la couronne de France, Louis XIV rétablit Tan- 
cienne organisation sous lenom àemaitrise deseaux 
et foréts dans Tournehem, continua à ètre le siège 
en y ajoutant la garde de la forèt d'Eperlecques. 

Les bois compris dans cette circonscription étaient : 
1° la forét de Tournehem, s'étendant sur le terri- 
toire de cette coramune et les villages voisins. Elle 
était d'une contenance de 1780 mesures 49 verges, 
équivalant a 35 ares 46 centiares la mesure et se 
divisali en plusieurs cantons désignés sous les noms 
de Hotipsdael , Wynsquedal , Scaphons, Mishout, 
Colneshoatt les Croisettes , l'Eclitre, le Festefoie, 
etc. À cette forèt se rattachaient une foule de petits 
bois particuliers dont la plupart existent encore ; 
c'étaient : le Carnoy, le grand et le petit Cauroy, 
la Compointe, le Cupréhout, le Gopsart, le grand et 
le petit Hérissart, le Loo, la Marette, le grand et le 
petit Pendant, le Rentque, la vallèe Poi et le Vosgat, 
sur Tournehem ; le bois de Licques sur Bonningues, 
le bois d'Artois et le Rapoy sur Àudrehem, etc. ; 
2° de Tautre coté de la vallèe, sur la colline qui borne 
TÀrdrésis : le Pare, le Cambrihout, les bois d'Hou- 
drecoutre, de Cresecque, du Paradis, de Beauffort, 
la forét de Licques, le Cromile) la Seile, la Male- 
maison, le bois de Montgardin ou de Balinghem et 
la Queue de llourgogne ; 3° la forét d'Eperlecque et 
de Ruminghem,, autrement dit la forét de Beauloo,' 
Biaulo, Belhloo, avec ses dépendances, les bois des 
Moines, de Recque et de Muncq-Nieìirlet ; 4° les bois 



1 



TRO 273 

de la Montoire et d'Àrrouaise (par corruption la 
Draueze) sur Zutquerque. 

Trésorerie, fief et ancienne ferme de ce nom, c ne 
de Thérouanne. — Et à Vèvèque du còte du roy ca- 
tholique demeureront et appartiendront les fiefs qui 
sensuivent : la Trésorerie pour larnoitié.... Et à 
l'évéque qui sera du coté du voi très chrétien, les 
fiefs suivants : La Trésorerie pour la moilié, 4559, 
À. Mir. t. iv, p. 666 et 667. — A la Trésorerie ou 
Fabrique, ibid. p. 672. Il y a encore près de Tan- 
cienne ferme de ce nom le bois de la Trésorerie et le 
canton au lieu dit de la Trésorerie. Il est probable 
que ce fief était originairement Fapanage de la dignité 
de custos ou trésorier de la cathedra! e de Thérouanne. 

Trou Perdu (le), ham. c ne de Boningue-lez-Àrdres 
au bord de la forèt de Tournehem. (V. Héricat). 



48 



u 



Upen ( les deux j , bameau , c n(k de Delette. — 
Uphem, 1069, Lamb. d'Ardr. p. 269. — Jehandu 
Pen, 1417, cart. S. Om. anniv. p. 85 v° — Jehan de 
Waminet Dupen, 1432, ibid. p. 81 . — Le fiefd'Upen, 
1559, À. Mir. t..iv, p. 666. On distinguait déjà dès 
lors Upen-d'Amont d'Upen-d'Aval : La terre d' Upen- 
d'Amont, ibid. p. 669. — Upendal, 1698, Bignon. 
— Upen-d'Amont, Upen-d'Aval, Maillart. — Le fief 
d' Upen-d'Amont la terre et seigneurie d' Upen- 
d'Aval, 1739, pr. v. de rédact. descout, de S l -Omer. 
Etym. Up-hem, le hameau ou village supérieur, 
situé en amont (par rapportala vallèe de la Lys). 
L'ancien domaine d'Up-hem près de Wie^e-Effroy 
doni il est fait mention dans une charte de 867 (cart. 
sith. p. 112 et 113), aaujourd'huisonnom bien plus 
singulièrement encore altère que celui de son homo- 
nyme de rarroudissement de.SM)mer. On Fa d'abord 
écrit le fief, le domaine, la ferme du Pan. Il figure 
enfin sur la grande carte de France sous le nom de 
Le Paon. 



V 



Val (le), ham. c fte de Landrethun-lez-Àrdres. 

Val (le), ham. c Qe de Mercq-S'-Liévin. 

Val (le), ham. c ne de Thiembronne. 

Val (le) d'Acquin, c ae d'Àcquin. — Kinendale (pour 
Akinen-dale) , 1186, cart. sith.p.369. — Apixd Ki- 
nendale solvendam (raseriam frumenti) ecclesia de 
Acquin assignavit, ibid. — Val (le) lez- Acquin, ha- 
meau, Maillart. — La terre du Val, vicomté d' Ac- 
quin, 1739, pr. v. de rédact. des cout. de S l -Omer. 

Val (le) de Lumbres, ham. c ne de Lumbres. Chacun 
de ces hameaux est situé dans un vallon. 

Val (le) de Surques, fief, chàteau seigneurial de- 
puis longtemps démoli, c ae de Surques. Ce nòm de- 
vrait s'écrire Wale. Le Wale en Surques était Fune 
des douze baronnies du comté de Guines (Du- 
chesne, de Witte). — Ego Hugo de Walo.... con- 

* 

cessi ecclesice Andrensi duas aucas qnas Johannes de 
Ostsurkes debebat. . . . Hoc autem feci die qua à paro- 



276 VAL 

chia med de Surkes versus Jerusalem iter arripui, 
!218,chron.Andr. p. 628. 

Vallèe (la), f e , c ne de Roquétoìre. 

Vallencienne (rue de), c ne de Tournehem, autre- 
fois quartier de la banlieue de cette ville. — A Val- 
lenchiennes cschevinaige du dit Tournehem, 1578, 
terrier. — Le manoir nomine Apollo gisant au lieti 
nomine Vallenchiennes, ibid. 

Etym. Ce faubourg parait a\oir empmnté son nom 
aux walles anciennes ou murailles vieilles, comme 
lés appellent les terriera, construites par le comte 
de Guines, Baudouin II, derrière l'église : fossato 
autem munitissimo atque fermissimo conversa parte 
templi vili aiti circumcinxit et firmavi 7. Lambert 
d'Ardres. 

Valrestaut (le), barn. c nc de Tbiembronne. — 
Valli* Restauldi, 1176, cart. S. Andr.-au-Bois, M. 
Parenty, Puits Artésien, 1840, p. 204. — Guillaume 
de Thiembronne, héritier du s** Clarembauld, ajouta 
aux libèralités de son pére, au Valrestauld, la fon- 
dation d'une chapelle qui seroit desservie par Vun 
des religieux, 1208, ibid. p. 208. — Aumoisd'aoul, 
cette année (1253), Aolio, dame de Thiembronne, 
institua une deuxième chapellenie à Varestauld , 
ibid. p. 212. 

Etym. Le Val de Rétaud, nom d'homme. 

Valtencheux, ch au , c nc de Renty. — Valtencheux, 
chateaUy Maillart. — Le chateau de Val-Tencheux 
provenant auparavant des comtes d f Egmont t appar- 
tenait au milieu du XVII* siede à la fami Ile de 



VAS ' 277 

Bryas, dont tuie branche sappelait Bryas du Val- 
Tencheux.... La chapclle particulière du chdteau 
du Val-Tencheux fut bénie le 46 septembre 4695, 
arch. de Renty, H ri de Laplane, Meni, des Antiq. de 
la Morinie, t. x, 1 re partie, p. 73, in fine, note. 

Etym. Waldt-enchc, Fétroit (vallon) ou gorge du 
bois. 

Vaquerie (la) , éc. c oe de Tournehem , ancienne 
cense. — De Jehan le Brocq, pour le manoir de le 
Vakerte accensé à perpétuel ferme pour LVsouspar 
an, 1335, comptes de Tournehem. — De Jèhàn le 
Br oc, pour le manoir de le V acquerie . . . . nient, car 
le manoir est ars et exilliés (par les Anglais], 1355, 
autres comptes. — Lieu nommé la Vacquerye, lis- 
tant zud au chemin qui maisne de Tournehem au 
Grandprey, nort au chemin chariable qui maisne de 
Tournehem à lachapelle S^Louis, 1578, terrier. 

Etym. Vaquerie, vacherie ; manoir où le seigneur 
entretenait primitivement un certain nombre de va- 
ehes qu'on menait paitre dans les bois et sur les 
terres de son domaine. Les comtes d'Artois devenus 
possesseurs de ce domaine, ont acòensé ou affermò 
ce manoir avec le droit de pacage qui y était attaché. 

Vasserie (la), fief, c oè de Fléchin. — Le fiefde la 
Vasserie, 1739, pr. v. de rédact. des cóut. de SM3m. 
— A Fléchin..., la seigtieurie de la Vasserie, ren- 
seignements locaux. 

Etym. Vasserie ou Vassorerie. On appelait ainsi 
uii fièf qui en còmptait solis sa dépendarice plusieurs 
aufrès, dònt les possesseurs étaiènt chevaliòrs. 



278 . VEN 

Vateland (le), f e , c ne de Surques. Cette ancienne 
cense a donne son nom à la vallèe du Vateland ou 
Wateland. Renseignements locaux. 

Etym. Woest-land, terre deserte. 

Vaudringhem, c on de Lumbres, 413 hab.; en 1698: 
262 hab. — Vualdringahem, in pago Tarwanensi, 
super fluvium Dilgia, 867, cart. sith. p. 115. — 
Waldringhem, 1200, chron. Àndr. p. 524. — Wa- 
tringhem, 1239, de Godefroy, rapp. du s gr de Se- 
ninghem. — Waudringueham , 1240, ibid. autre 
rapp. du s gr de Seninghem. — Waudringehem, 1282, 
ibid. — Vuaudrmg]\em, Bignon. — Waudringhem, 
paroisse, Maillard. 

Ce village dont la seigneurie relevait de Senin- 
ghem, faisait partie du bailliage de S'-Omer; au 
spirituel, ilétait l'annexe de Nielles-lez-Bléquin. 

Etym. Waldringhe-hem, village, hameau des bois. 
Il résulte des deux rapports d'Elenard de Senin- 
ghem, en 1239 et en 1240, qu'à cette epoque, les 
territoires de Bléquin, deLedinghem et de Vaudrin- 
ghem, étaient encore Irès boisés. 

Vaudringhem, fief, c ùe de Mentque-iVortbécpurt. 
— Le second fief se comprend en XVIII mesures de 
terre ou environ, gesant en une pièce au dici lieti de 
Nortboucoud, au lez nort du chemin quy maisne du 
dict lieuà Beaurepaire, nomine le fief de Waudrin- 
ghen, 1542, terr. de Tournehem. 

Etym. Meme désignation que ci-dessus. 

Vendringhem, ham. c ne de Wavrans. — Walon de 
Wtndringhehem.. . . en tieroir de Wendringhehem. . . . 



VIE 279 

XV verghes de pre qui gissent au wier et aboutent à 
le voie qui va à Wancruns, 1 297, cart. S. Om. anniv. 
p. 196 v° — A Waudringhem en leparoche de Wa- 
v'rans.... au moilliende le ville de Wendringhem, 
1436, ibid. p. 116 v°. 

L'orthographe de ce nom n'est pas encore bien 
fixée ; on l'écrit et on le prononce indifférenjment 
Vendringhem, Vedringhem , Vendringhem et W a- 
dringhem. 

Etym. Wandringhe-hem, hameau du passage (de 
la rivière d'Àa). 

Vernove, ham. c ne de Quelmes. — Un manoir 
amazé gissant dans la paroisse de Quelmes en un 
hameau nommé La Vernove, 1478, synopsis, t. i, 
p. 28 v°. 

Etym. Vern-hoeve, métairie, ferme écartée, écart. 

Verte-Ecuelle (la), éc. c ne de Longuenesse, sur le 
chemin de S L Omer a Blendecques. 

Vestrove. (V. Westrhove. 

Vieille-Eglise, c on d'Àudruicq, 941 hab. — Ec- 
clesia ville quw dicitur Audomarikerka, 1139, cart. 
S. Om. p. 1 v°. — Altare de Sancti Audomari Ec- 
clesia, 1133, ibid. p. 6 v°. — Une terre située dans 
la vicomté de Merck et dans la paroisse de Sancto- 
merglise, 1140, de Godefroy. — Meme terre dans la 
paroisse Sancti Audomari Ecclesia, 1141, ibid. — 
S. Odomarkerke, xn e s. obit. S l -Om. — S. Aud'kerke, 
ibid. — Olderkirke , terr. anglais. — Ouderkerke, 
carte anglaise. — Vieille-Eglise ou Ouderkerke , 
Maillart. 



280 VIE 

Ce village a suivi le sort de la vicomté de Merch 
dont il faisait originairement partie ; il a été compris 
dans le gouvernement de Calais sous la domination 
anglaise et il a continue à appartenir à cette circon- 
scription désignée depuis sa réunion à la France 
sous le norn de Pays reconquts. Àu spirituel il a tou- 
jours fait partie du doyenné de Merch. Il parait que 
sa paroisse a été annexée a celle d'Oye où, d'après le 
pouillé de Thérouanne, il y avait deux curés, car 
elle ne figure pas sur ce pouillé. D'autre part, les. 
cartes de Mercator et de Blanc la représentent.comme 
étant comprise dans la division du Calaisis désignée 
surfces cartes sous le noni de Terre d'Oye. (Test seu- 
lement dans le pouillé de Boulogne que ce village est 
repris sous son nom fran^ais de Vieille-Eglise. Son 
église est toujours sous le vocable de S'-Omer et 
d'après la tradition conservée dans lepays^c'estbien 
cette paroisse qui portait originairement le noni de 
S. Audmarkerke ou de S^Omer-Eglise, nom qui est 
passe depuis a S 4 -Omer-Capelle dans le pays de 
Langle l . 

Vieux-Bac (le). V. Pont de S-Mommelin. 

Vieux-Flos, f e , c oe de Quelmes. On appelle flos 
une fosse à ciel ouvert où Ton recueille les eaux 



1 La transformation de S. Audomarikerka en Vieille Eglise 
s'explique. Il rósulte de l'obituaire du chapitre que la première de 
ces dénorainations s'écrivait et se prononcait par abréviation Aud 1 - 
kerke. Orj en flamand, aud, aujourd'hui oud, signifiait vieux, 
vieille. Par suite on a prononcé Oud Kerke et, plus tard, co nom 
flamand s'est naturellcment traduit en fran^ais par celui de Vieille- 
Eglise. 



VOS 281 

pluviales pour servir d'abreuvoir dans les lieux où il 
n y a pas de cours d'eau. 

Vinfil (le), canal de dessèchement ou watergand, 
prenant naissance au watergand de Vieille-Eglise et 
allant se déverser dans la Rivière Neuve, après avoir 
passe sous le canal de Calais près du Pont-Sans-Pa- 
reil, au moyen d'un aqueduc à syphon. — Wingfield, 
xvi e s. terr. anglais. 

Etym. Wlng-field f champ de rapport, champ mis 
en culture, en termes jdiotiques, terres lègres.Le 
canal du Vinfil séparé les marais des terres arables 
auxquelles il sert d'égoùt. 

Vincq (le), ham. c Qe de Houlle. V. Winque. . 
;, Vindal (le). V. Windal. 

Vivres (les) ham. c nc de Zutquerque. Suivant la 
tradition il y avait dans ce hameau un vivier, en fla- 
mand vyver: de là, ce nom. 

Vosgat (le), bois et rnanoir, c" e de Tournehem. — 
Le bos et cauffour du Vosgat , 1 311 , comptes du bail- 
liage de S-Omer. — En le vallèe du Vosgat listant 
west au rnanoir du Vosgat de présent démoly et 
ruynée, 1578, terr. de Tournehem. Ce rnanoir n'a 
jamais été reconstruit et le bois est depuis peu dé- 
friché. 

Etym. Vos-gate, trou au renard. Les nombreux 
terriers qui existaient dans ce bois dont le sol est fort 
inégal, justifiaient cette dénomination. 

Vosmet (le), bois, c ne d'Eperlecques. — A Esper- 
lecke dessoubs le Vousmitte, 1307, cart. chart. p. 
191 . — A Esperlecke du coté le Fosmitte, 1326, ib. 



282 VRO 

p. 206 v\ — Le chemin qui maisne du mont de 
Bainghem vers le Vossemelte, 1517, rapp: du s gr de 
Monnecove. Le bois du Vosmète aujourd'hui défri- 
ché, contenait environ 15 hectares ou 45 mesures 
anciennes. 

Etym. Vors-met, la limite de la forèt, ès mettes de 
la fot et ou bois d'Eperlecques. 

Vroland (le), fief, c ne de Recques. — Le Vroland, 
1309, cart. chart. p. 264 v°. — La maison... la tour 
de Frolant, Froissart. — Lepourprins de mon chas- 
teau du Vroland, Bassecourt, le Moulin... la Vietile 
Motte qui est entre deux rivières y comprins le j ar- 
diri à posmes t eawes rivières et fossez avec le jardin 
oultre l f ancien cours de l'eawe qui se comprend XVIII 4 

mesures de terre ou environ, 1517, rapport du s* r de 
Recques et du Vroland, terr. de Tournehem. Il ne 
reste plus de ce manoir féodal queje courtil du Vro- 
land, en 1517, le grand enclos du Vrolaìid qui en 
ait retenu lenom. 

Etym. Voor-land, avant terre, alluvion. Ce terri- 
toire avec ceux de Recque et de Polincow a dù è tre 
conquis sur les eaux par la création de la Becche ou 
Biviérette et du Meulestroom. 



w 



T 



Waldam (le), ham. c ne d'Oye, sur la còte. — Le 
Wale, d'un baici de Fiandre qui brisa devers l'eest 
du Wal, 1342, comptes de la baillie de Merch. — 
Waledam, xvi e s. terr. anglais. 

Etym. Walle-dam, barrage oudiguedela fosse. 
La fosse de Waldam était un petit port. 

Walschouck (le), quartier écarté de la c ne de Tour- 
nehem. — En l 'eschevinage du dici Tournehem , 
aboutantnord à la rivière, zud au Walzoucq, 1578, 
terrier. 

Etym. Walles-houcq, le coin ou quartier des fosses 
de ville. 

Wamel (le), ham. c" e de Coyecques. 

Etym. Wamel pour Hamel, hameau. 

Wandonne, vili. c ne d'Àudincthun , 334 hab.; 
en 1698 : 2Ì27 hab. — SuivantMalbrancq (de Morinis, 
t. i, p. 395), ce village aurait d'abord porte le nom 
de Pétresse ou S^Pierrc, qui est encore celui du 



284 WAN 

ruisseau, affluent de la Lys, qui le traverse , sa dé- 
nomination actuelle de Wandonne serait la contrac- 
tion et Fabréviation de Wamberti dominium domarne 
de Wambert, premier seigneur connu de Renty dont 
le territoire aurait embrassé celui de Wandonne. 
Mais cette assertion n'est pas justifiée du moins en 
ce qui concerne le nom de Pétresseet Tannexion de 
Wandonne à Renty. — Wandonne, 1365, cart. S. 
Om. anniv. p. 101 v°. — Wandonne, pouillé de Thé- 
rouanne. — Wandome et Audincthun, pouillé de 
Boulogne. — Wandosnes , Bignon. — Wandonne , 
Maillart. 

Les faits suivants sont difficiles a concilier avec 
Tassertion de Malbrancq suivant laquelle ce village 
aurait fait partie de Renty. La terre et seigneurie de 
Vandosnes, relevait, non pas de Renty qui était dans 
la mouvance du chàteau de S-Omer, mais du duché 
de Créquy qui était dans la mouvance du cointé de 
S l -Pol. Renty était dans le doyenné de Fauquember- 
gues et Wandonne dans celui d'Hellefaut; il n'est 
passe dans celui de Fauquembergues que sous le 
diocèse de Boulogne (1 566) . 

De la terre de Vandonne relevaierit les fiefs sui- 
vants : 1° le fief dit de Coucy ; 2° le fief Burette, sur 
lequel s'élève une ferme ; 3° le fief Canespil et la 
motte Hesdrival où s'élève également un£ ferme ; 4° 
le fief du Moulimt où il existe une ferme et un mou- 
lin ; 5 1 le fief et la cense de Milfaut, et 6° le fief de 
Malfiànce du S^Crucifix, ferme de la commune de 
Réclinghem. 






WAft 885 

La seigneurie de Wandonne a été érigée en ba- 
ronnie le 3 février 1761 , sous le noni de Baronnie de 
Dion de Wandonne. (Renseignements et documenta 
locaux). 

La commune de Wandonne a été réunie à celle 
d'Audincthun, son ancienne annexe, en 1822. 

Etyrn. Wam (bert) donne ou wall (on). Ce dernier 
était un chevalier qui, en 1016, retrocèda au cba~ 
pitre de S'-Omer le domaine d'Audincthun et ses dé- 
pendances (A, Mir. dipi. Belg. t. iv, p. 176). 

Wandonnelle, ham. c ne d'Audincthun. 

Etyrn. Wandonnelle, petit Wandonne. 

Wàrdrecques, c on d'Aire, 383 hab. — Werdrika, 
I207, A. Mir. dipi. Belg. t. ni, p. 370. — Verdreke, 
1246, de Godefroy. — Werdrecquc, 1397, cart. chart. 
p. 273 v°. — Werdrccke, pouil. de Thérouanne. — 
Werdrecques, pouil. de S l -Omer. — La terre de 
Wàrdrecques, proc. v. de rédact. des cout. de S- 
Omer. — Warecque (pour Wardrecque), parome, 
Mailiard. Ce village faisait partie du bailliage de 
S'-Omer et du doyenné d'Arques. 

Warlet, barn. c ne d'Alquines. 

Warnes, barn. c ne de Roquétoire. — Warnes, ha- 
meau, paroisse de Rincq, Maillard. 

Etym. War-(ejnes, le lieu duwarou vivier. On 
appelait War (de waren, garder) un pare forme au 
moyen d'un barrage sur un cours d'eau pour y re- 
tenir le poisson. 

Warnes d'Amont, P, c oe de Roquétoire. 

Warneque^ barn. c fte de Mercq-S'-Liévtn, — Wer- 



286 WAT 

neka, 1139, cart. S. Om. p. 1. — Tota villa de 
Werneka et de Pikendale et tota villa de Clocamp 
et tota villa de Maisnilio cum domibus , fossatis , 
pratis, molendinis, tetris arabilibus, incultis, rcd- 
ditibus, hospitibus et omnibus aliis ad dictas villas 
spectantibus, exceptis tantum modo altàjusticia et 
comitatu proediclorum locorum ab ecclesia S li Audo- 
mari prò censu tamque terra Villana et censualis 
teneatur... 1271, ibid. p. 61. — La seigneurie de 
Wernecqueset de la Motte, 1456, cart. S. Om. anniv. 
p. 49 v°. — Le due de Croy pour ses terres de Saint- 
Liévin, Lamotte-W arnecques , Rebergues en partie et 
autres terres, 1739, proc. v. de rédaction des cout. 
de S'-Omer. — Mottc-W ameque (la), hameau, pa- 
roisse de S^-Lièmn, Maillard. Le chàteau de la Motte- 
Warneque est depuis longtemps détruit. 

Etyni. Werfejnecke, le cantori du retranefiement, 
de la défense. 

Wasque ou Hàsque (le), m in , f e , c ne de Moringhem. 
— Haspe (pour Hasque), hameau, Maillard. — Mou- 
lin du Hasque, gr. carte de France. — Le Wasques ; 
il y avait autrefois un moulin à veni ; il ny reste 
plus maintenant quune ferme, (renseignement 
locai). 

Etym. Was t en roman wason, gazon, en allemand 
ge-wachs, herbe, en flamand ge-was, piante, tvasfejke 
le canton du gazon, des rietz. 

Wattine (la), (en patois YW ottóne), ham. des deux 
c Qes de Mentque-Nortbécourt et d'Àcquin. — La sei- 
gneurie de W astine au village de Difques, 1739, pr. 



WAT 287 

v. de rédact. des cout. de SM)m. — Wastines [la), 
hameau, Maillard. 

Etym. Woestine, lieu désert, incul te et sauvage, 
La Wattine est en effet un lieu écarté qui touche a la 
forét de Tournehem. 

Waterdal, ham. c ùe de Seninghem. — La ville 
de V airedale, 1239, de Godefroy. — Alenard (de 
Seninghem) déclare lenir encore du comte (d'Artois) • 
sa ville de W airedale, avec ses apparlenances jus- 
qu'au fosse de Heldon, 1240, ibid. — Waterdal, 
hameau, Maillard. 

Etym. Waler-dal, le vai à Teau. Ce nom qui a 
conserve intacte son orthographe primitive, s'ap- 
plique exactement à la vallee étroite et profonde où 
est situé ce hameau. 

Wattrewech (le) ou Petite Leuline, nom d'un 
ancien chemin qui conduisait de Tournehem au- 
dessus de Welle et de Nordausque dans la direction 
de Watten et qui parait ètre une section de Tancienne 
route royale ou voie romaine de Cassel par Watten à 
la Tour d'Odre au-dessus du port de Boulogne. (V. 
Chemin d'Houdre). — Dessoubs le mont de Belle- 
Verdure. . . . six mesures de lerres ahanables aboutanl 
oest au dici chemin de Leulline et west au Wattre- 
wech, 1516, rapp. du s gr de Welle. — Watrewoch, 
1541, autre rapport du mème fief ; deusc pièces de 
lerres ahanables et riez gesans au lezwest de Leau- 
line.... dessoubs le mont de Belle-Verdure listant 
nord au Potrewoch (alias Potrewech et Potrehouck) 
et 6 mesures i\A aboutanl oest au dit chemin de 



888 WAT 

Leauline et west an Watrewoch, ibid. — W&tre*- 
houck, 1578, terr. de Tournehem. ~ Ginq quar- 
tiers de terre. . . . aboutans oest au chemdn de Lendine, 
west au chemin de Wattrehoucq, dict Petite Leu- 
linne, 1673, autre terrier de Tournehem* 

Le Wattrewech dont le nom est saos doule une 
altération du Wattenwech , cbemin de Watlen , 
coni me Andre -hem est celle d J Auden-hem , existe 
eacore depuis Tournehem cu il porte le nom de 
Rlanke-Rue jusqu'à sa jonction avec la Leuline. lì 
suivait cette voie romaine, avec laquelle il se con- 
fondait, l'espace d'environ deux cents mètres jusqu'à 
la hauteur du hois le Loo ou la Leuline inOéchit à 
droite vers le sud tandis que le Wattrevcech se con- 
tinuai en ligne droite vers l'est-nord-est à travers \ 
le plateau du mont de Nordausque et les terres de la 
seigneurie de Holingues (V. ce mot), pour se conti- 
nuer par le Hostraet, aujourd'hui la rue du Stade, 
qui conduit directement à Watten. La partie du 
Wattrewech comprise entre le bois dit le Loo et la 
rue du Stade irexistait déjà plus au xvi e siècle, car 
les terriers n'en font pas mention. Mais il existait 
encore en 131 1 , c'est du moins ce qui semble résul- 
ter de l'article suivant des comptes du bailliage de 
S-Omer, a cette date : Autres demers payés du 
Quement M me (Mahaut) de M livres tournois que M* r 
d f Artois ses très chers seigneurs et pères (Robert II, 
morten 1302) que Dieu absoille, ordonna estre des- 
iarti* par les baillis d'Artois powr mauvais pom, 
passages et cauchies refaire..,. En le baillie de 



WAT 289 

&-Qmer.... pour Ispas qui est entre Holinghes et le 

Lo, XVI Uvres. La terre de Holingues (V. ce mot), 

s'étendait entre le bameau d'Elvelinghem et la parti e 

da raoat de Nordausque ou west mont qui confine 

aux territoires de Nort-Leulinghem et de Tóurne- 

hem. Sur le We&l-Mont, temnt oest à la terre de 

HoUnfues, de west mi dismage de Leidinghem et de 

Tmmehem, <544, aveu du s gr du Plouy en Nor- 

daueque. Il s'en&uit dono quii existait, e&4314, 

ejatre le Loo et la ierre de Holingues, à travers le 

West-Mont, un grand cbemin auquel il a été fait, a 

cette epoque, des réparations. Or c'est préciséraent 

cette direction que devait suivre le Wattrewech ou 

chemin de Watten pour se continuer la ligne droite 

et aller joindre la rue du Stade au Vosmet ou Wesmet 

qui, a partir de ce paini, se dirige également en ligne 

droite yers Watten*; et corame, d'une part, la me du 

Stade venant en ligne directe de Watten , seinble 

tout a coup abandonner cette direction au Vosmet 

pour infléchir vers le sud et que d'autre part, il 

existe eaeore au bameau d'Elvelinghem un tron$on 

de rue qui est ligne droite tout à la fois avec la 

rue du Stade au Vosmet et avec le Watterweeh pris 

à la hauteur du bois de le Loo, om peut raisonna- 

hlement en conciare que le tron?on de r«e qui existe 

eneore a Elvelingbem est un reste de la partie du 

cbemin de Watten comprise eatre le bois de le Loo 

et le Vosmet. Cette direction -eorrespond, du reste, 

exactenaent a la ligne que le savant Dom Grenier 

Introductiotì a Thistoire generale de Picardie, t. ih* 

19 



290 WAT 

p. 498), attribue a la voie romaine de Boulogne à 
Cassel par Watten. Cette voie avait sa direction sur 
la gauche par Alembon, Licques, Clercques, Guémi, 
Tournehem, Welles, où elle coupé la chaussée de 
Sangate (la Leuline) ; elle passe entre Pauvres- 
Slrades et Nord-Strades, pour aller traverser la 
rivière d'Aa à W atteri. C'est comme si Doni Grenier 
avait dit que, parvenu sur le territoire d'Eperlecques, 
cette voie romaine suivait la rue du Stade. Car la 
rue du Stade se trouve effectivement entre les deux 
rues ou hameaux de Nordstrate qui se dirige au 
nord vers la forèt et de Pauverstrate qui descend au 
midi vers la Meulle-Motte, en cotoyant le petit bois 
du Vosmet. (Renseignement locai). 

Au Wattrewech allait se rattacher, aussi a la hau- 
teur du bois dit le Loo, un autre chemin qui le met- 
tait en communication avec Tancien chemin de 
S*-Omer à Ardres, autrement dit le Bóerwech (V. ce 
mot), qu'il allait joindre sur le territoire d'Eperlec- 
ques a la Balance (V. aussi ce mot). De sorte que le 
Wattrewech faisait partie, au moyen-àge, du grand 
chemin de Tournehem à S^Omer, ainsi désigné dans 
les documents du pays : Le quemin qui maisne de 
Tornehen vers le Ballanche, 15<6, rapport du s^ de 
Monnecove. — Item un enclos conlenant six quar- 
tiers séant audit lieude Belle-Verdure, listant nord, 
au chemin de Lwullyne quy maisne à S^Omer, 1 578, 
terrier de Tournehem. — Deux mesures de terre 
séantes au dit Vierbergue (sur Nordausque), listant 
west au chemin de Leulinne, aboutant nort au dict 



WEE 291 

chemin de Leulinne quy maisne à S^Omer, 1676, 
autre terrier. — Du coté du midi de Monnecove, ter- 
roir du dit Nort-Leulinghem.... aboutant de sepr 
tenlrion à l' ancien chemin royal qui condili t de 
S^Orner à Tournehem, 1774, rapport du s gr de Mon- 
necove. 

Wavrans, c 00 de Lumbres, 801 hab.; en 1698 : 
251 hab. — Wavrantis villa, x c s. cart. sith. p. 26. 
— Wavrants, pouil. de Thérouanne. — Waverans, 
1297, cart. S. Om. anniv. p. 96. — Wavrans, 1447, 
cart. S. Om. p. 108. — Wavrans près Enle, 1559, 
A. Mir. dipi. Belg. t. ìv, p. 670. 

Etym. Wauver-randt. bord de l'étang. Il parafi 
que primitivement l'Aa formait une espèce de lac 
entre Elne et Ouve. (V. Wirquin, Remilly et Weu- 

DRINGHEM. 

Ce village, compris dans le bailliage de S'-Omer, 
relevait de Fauquembergues. Il fit partie d'abord 
dudoyenné d'Hellefaut et depuis 1566, de celui de 
Bléquin l . 

Weetstraet, noni d'un chemin sur les bruyères 
de S'-Omer au xv e s. — Desoubs le bruière sur la 
me nommée Weetstraete, vers oest et entre la terre 
Willame Ernould de Edekines vers west, 1 421 , cart. 
chart. p. 249. 

Etym. Wet-straet , rue de la Loi, ainsi appelées 

4 C'est à Wavrans que mourut Saint-Omer, le grand pontife des 
Morins, qui a laissé son nom à notre ville dont il fut le premier 
apdtre. Aussi ce village est-il quelquefois f appeló Wavrans-Saint- 
Oraer. — On dósigne encore la maison où le saint Evèque rendit le 
dernier soupir. H l1 de L. 



mi wes 

probablement parce qu'elle conduisait a Edekifies 
(V. ce mot) où la Loy, c'est-à-dire la cour féodale des 
,francs-hommes du hailliage tenait les franches vé- 
ri tés. 

Welle, f e , autrefois village, c DC de Nordausque. 
— Walainw, Wallainw, Lamb. d'Ardres. — Apud 
Welenas juxta Tornehem, ibid. — C'est lerapport 
et dénombrement queje, Denis de Bersaques, fay et 
bailleàhault et pnissant seigneur Adolf de Bour- 
gogne, seignmr de Tournehem, de ma terre et sei- 
gneurie de Welle.... Et primes ay en ma demaine 
une maison et aultres édiffìces, terres labourables, 
preis patis et riez estans tout en une pièce , conte- 
nant 264 mesures et demic, 45 vergues de terre ou 
environ.... en laquelle pièce dessus déclarée de mon 
dictficfet manoir est scituèe et assize l'église et ci- 
mentière du dict lieu de Welle, dont j'en suis fon- 
dateur qui contieni demye mesure demy quarteron 
ou environ.... Ung manoir et motte non amazé.... 
tenant de zut à la communaultè du dit limi de 
Welle y 4516, rapport du s gr de Welle. Il ne reste 
plus de ce village que le manotr seigneurial a usage 
da ferme, et les ruines de l'église qui était sous le 
vocable de S'-Pierre et Tannexe de celle de Nor- 
dausque (pouil. de Boulogne). 

Etyni. Welle, de welle, source, lieu de la source. 
La source principale qui prend naissance a Welle est 
celle dite la Fontaine et le Ruisseau de S*-Pierre, 

Westbécourt, c on de Lumbres, 128 hab.; en 1698: 
52 hab. — Bockout juxta Aqmnum, Lamb. d'Ard. 



i 



WES 293 

— La terre et seigneurie de Westboucoud en laquelle 
il ajusticeet seigneurie vicomtière, court, bailly et 
hommes cottiers par lesquels il fait exercer sa dite 
justice, 4543, terrier de Tourneh'em. — Wesbeau- 
court, Bignon. — West-Bécourt, par visse, près d' Ac- 
quiti, Maillard. 

Ce village compris dans le bailliage de S l -Omer 
était l'annexe de Bouvelinghem du doyenné d'Al- 
quines. 

Etym. Wesi-iiochout, le Bochout de l'ouest, par 
rapport a Nortbécourt. V. Nortbécourt. 

West-Cocove, cense qui n'existe plus , c oe de 
Recques. — La maison de Westcouquove qui se 
comprend en tene motte, basse court, grangcs, està- 
bles, jardins et terres ahanables, 1517, rapport du 
s gr de Recques et du Vroland. 

Etym. We$t~Cocove, Cocove de l'ouest, par rap- 
port à Recques. V. Cocove. 

West-Ecques, éc. c ne d'Ecques. — Westresque , 
1318, cart. S. Om. anniv. p. 77 v°. — Le parroce de 
Westresque, 1333, ibid. p. 80. — La paroisse de 
Wcstesqm, 1433, ibid. p. 92. — Wrestreke, pouil. 
de Thérouanne. — Westeque, pouil. de Boulogne. 

— Vuesteque , Bignon. — West-Ecquc , paroisse , 
Maillard. — M c Nicaise Macquinghem, cure de West- 
Ecques, reprcscnté par M c Gambier, cure d'Ecques, 
1739, pr. v. do rédact. des cout. de S l -Omer. 

Cette ancienne paroisse qui n'est plus aujourd'hui 
qu'un écart, ne comptait, en 1698, que 19habitants 
Bignon). Elle passa, en 1566, du doyenné d'Helle- 



294 YVES 

faut dans celui de Bléquin [pouil. de Thérouanne et 
de Boulogne). West-Ecques, Ecques de l'ouest. V. 
Ecques. 

Westhove, ha'm. c no de Blendecques. — Westhove, 
1381, cart. S. Om. anniv, p. 42 v°. — Seigneurie 
en Blendecques aulieu nomine Westhove, 1739, pr. 
v. de rédact. des cout. de S fc -Omer. 

Etym. West-hoeve, hameau de l'ouest. 

Westraet, ancien nom d'une rue à Bayenghem- 
lez-Eperlecques. — La rue qui maisne de l'église 
vers Westraet, 1434, cart. chart. p. 186. 

Westrehem, ham. c De de Delettes. — Westerne- 
hem, 1087, cart. sith. p.203. — Westréhen, 1439, 
cart. S. Om. anniv. p. 115 v°. — West-estrem, ha- 
meau près Delettes, Maillard. 

Etym. Westerhem, hameau Occidental. 

Westrhove, ham. c oe d'Eperlecques l . — Terra 
jacentes (apud Sperlekam), supra,... viamdetyes- 
terhove sieut itur apud Calays , ad leprosariam, 
1342, cart. chart. p. 204. — En leparoche d'Es- 
perlecke.... à Weslrehove, 1485, ibid. p. 195 v\ — 
Une mesure de terre à labour gesant entre Bainghem 
et Wcstrchovc, 1543, terrier de Tournehem. 



1 Le hameau du Westrhove est situò derrière et au midi de l'an- 
cien chàteau-fort abandonné a la suite de Ja levée du siège de 
S l -Omer en 1638, et détruit insensiblement depuis 1677, epoque à 
laquelle la ville de S l Omer passa définitivement sous la domination 
francese. 

D'après un mesurage presque contemporain, la commune d'Eper- 
lecques contenait alors 6388 mesures 4 verges, non compris les 
rues, flógards et rivières (pian du 15 octobro 1759) 

II' 1 DE L. 



WEZ 295 

Westrhove ou Westhove, fief, c ne de Kebergues. 

— La terre et seigneurie de Westrehove qui sestend 
à Rebergueset Surques où il y ajustice et seigneurie 
fondere et vicomtière, bailly , court et hommes , 
1543, terr. de Tournehem, — Anthoine de S l rLau 
tient ung fief du chasteau de Tournehem nommè 
Westhove, gesant icelluy fief en la paroisse de Ru- 
bergues, ibid. 

Ce nom et le lieu auquel il s'appliquait sont au- 
jourd'hui inconnus. 

Etym. Wester-hoeve , métairic occidentale, par 
rapport au village de Rebergue : West-hoeve, mé- 
tairie de l'ouest. 

Westyeuse ou Westyuse, ham. c ae de Landrethun- 
lez-Ardres. - Westyeuzenes, 1547, terr. de Tour- 
nehem. — En la paroisse de Landrethun, listant de 
nord aucheminqui maisne à Westyeuzenes, ibid. 

Etym. West-yeuzenes, Yeuse Fouest. V. Yeuse. 

Wez (le), ham. du village S' -Nicolas, c ne de S te - 
Marie-Kerque, sur la rivière d'Àa, a Tembouchure 
du canal de S l -Omer à Calais. On prononce Wesse. 

— Wichz, 1293, privil. 37 eccles. Watin. — Nous 
esquevinset corier de Bourhourg....pour le grant 
deff aulte d'eaawe qui fu au terroir de Bourborch, à 
le requeste du commun et aveuck une partie des 
bonesgens du terroir devant dit, alames auprévost 
de le église de Watenes et requesmes à lui et au cou- 
vent et en charité qu'ilz nous octroiassent et don- 
nassent congié de perchicr le dik (la digue de la ri- 
vière d'Àa), à Wichz toudist à Upent Graveningue 



296 WIN 

(en amontdeGravelines), ibid. — Le Wez, 1456, cart. 
chart. p. 13 et 44 v° et 14. — Ung fieftmu de la 
seignourie de Bistade à la charge d'une padre de 
blans wam déubs à Jacques du Wez, escuter, sei- 
gneur du dici Bistade contenant le diet fìef66 v. de 
terre qu'on dist abords gesant en la parroche de S'- 
Nicolay ou terrouoir de l'Angle, joignant oest à le 
rivière allant de S'-Omer à Gravelinghes.... ibid. 

Etym. Wich, golfe, baie, embouchure. C'était à 
partir du Wez que commendai! le Bage ou baie de 
TAa. V. Bage. 

Widdebroucq (le), ham. c ne d'Aire, dans le ruarais. 
Widdebroucq ou Willebroucq, bameau de la parome 
de S^Martin, mi-partie du bailliage d'Aire et de la 
chatellenie de Cassel, Maillard. 

Etym. Wyd-krouek* grand marais. 

Wii>ille (moulin de la), c ne de Lumhres, 

Wilbedinghe, ham. c no de Wavrans. — Wiidingue, 
(pour Wilbedingue) , liameau, paroisse de Wavrans, 
Maillard. 

Etym. Wile-bedinghe, précaireà temps, coaees- 
sion à titre précaire et pour un temps indéterminé. 

Willàmetz, ham. c he de S'-Martin-d'Àrdinghem; 
— La terre de Willametz, pr. v. de rédact. des cout. 
de S'-Omer. — Willa-mez, hameau en la paroisse 
de S. Martin d'Ardinghem, Maillard. 

Etym* Willam-metz, manseou manoir deWillam. 

WiNCOUE(le), ham. e" de Houlle. Cenomsepro- 
nonceet sécrit aussi Yincq. Sa véritable orthographe 
devrait ètre Winck, mot idiotique emprunté au fla- 



t*tfmiÌBKÈÈIÈÈÈl*iÈmaia*tmm\T m amamimàmmn ■ l"t mi imi i .^^^/m^mmm 



win mi 

mand Winket et employé dans le sens de coin, can- 
ton, quartier. C'est ainsi, du reste, qu'au xv c sièele 
on réerirait : Unemesure de terre gisant au Wincle, 
alistant oest à le terre de léglisède Tilques. 1438, 
cart. chart. p. 219. — Winque, hameau, paroisse 
d'Houlle, Maillard. 

Windal (le), ham. du village de Nortbécourt, e 1 " 5 
de Mentque. — Wandal, 1434, cart. ehart. p. 212 
et 213. — Vers zud de l'égMse de Boucout, bezude 
(au sud de) Wmdale, ibid. — Le Waindal, 1342, 
terr. de Tournehem. — Le premier fiefen 24 nmures 
de terre ahanable et pasticq amazé tout tenant eri 
une pièce nommèe le Waindal en Norbécourt, pr. 
v. de rédact. des cout. de S'-Omer. — Windal(\e\ 
, hameau, paroisse de Nortbécourt. 

Etym. Win-dal, vai ou vallon cultivé, productif, 
par opposition a la Wattine ou Woestine (lieu désert 
et inculte) qui est à coté. 

Wms, ham. c oe de Blendecqwes. — Winningahem, 
838, cart. sith. p. 160. — Vindingahcm, 850, ibid. 
p. 107. — hi loco nomine Windinghahammo, his- 
toire des. miracìes de S'-Bertin, m s 819, bibl. de S*- 
Omer. On lit ei> marge : Weins prez le Gontarden- 
ghes. — Wymch y 4338, cart. chart. p. 234 t°. — 
4 mesur es de terre environ gesant en plusieurs pò- 
che* entre Wymch et EAekinm, ibid. — Wms> ha- 
meauen Blendecque, Maillard. On prononce Weinsse. 

Etym. Abréviation et contraction de Weydinghe- 
kamme, en termes idiotiques, renclótures des prés, 
pdtures lègrés. On appelle ainsi un terrai» maraica- 



298 WIS 

geux transformé en prairie ou en pàture grasse, au 
moyen de larges fossés qui lui server) t toutà la fois 
de dature* et d'égoùts et dont la terre extraite a été 
cmployée à rexhaussemeut du sol. Dece mot Wey- 
di righe et de son synonyme Winninghe, (de Winnen 
cultiver, gagner). On a fait les mots romans Wayn, 
prairie foin, récolle : gaing, temps de la récolte , 
gaugivesie, pàturages. De là le mot franejais regain, 
seconde récolte de foins. 

Winsquedàl, vallon et canton de la forèt de Tour- 
uehem. — Wynsquedal.... le bois du Wynsquedal, 
1578, terr. deTournehem. 

Etym. Weingue-dal, contraction de Weydinghe, 
vallèe du pacage. 

Wirquin, ham. c ne de Ouve. — Werquin, 1367, 
cart. S. Om. p. 116. — Weirquins, 1319, cart. S. 
Om. anniv. p. 99. — Werkin, 1438, ibid. p. 231 . — 
Entre Rumilly et Wirquin, ibid. — Wirquin, pa- 
roisse, Maillard. — Wilquinet Wirquin, proc. v. de 
rédact. descout, de SM)mer. 

Etym. Wier-kin ou quin, la lande du teier ou gué 
de la rivière. — A Remilly.... au Wier.... au Ven- 
chel deseure le Wier, 1297, cart. S-Om. anniv. — 
Les long hes avesnes du Wyer, 1439, ibid. p. 148. — 
On appelle avesnes plusieurs chaines de rideaux in- 
cultes superposés en amphithéàtre sur le penchant 
d'une colline. 

Wismes, e * de Lumbres, 560 hab.; en 1698 : 163 
hab. — Wima, 1168, gali, christ. t. x, p. 405. — 
Wimes, 1105, cart. sith. p. 242. — Wyma, pouil. 



WIS 299 

de Thérouanne. — Wyme, 14121, eart. S. Om. anniv. 
p. 59. — Wismes et S'-Pierre, pouil. de Boulogne. 
— Wismes, paroissc, avec les hameaux de Sal-weck 
et de Cantemerle, Maillard.- 

Wismes est passe de la regale de Thérouanne dans 
le baili iage de S-Omer (1 662) et du doyenné d'Hel- 
lefaut daus celui de Bléquin (1566). En patois ce mot 
se prononce Wème. 

Etym. Weeme, contraete de Wye-hem, maison 
sainte, en flamand presbytère, autrefois église l . 

Wisquendal, vallon, c oe deRemilly. — A Rumilly, 
en le vallèe da Wisquendal le , 1436, cart S. Om. ann. 
p. 146. — Aux fons des Wisquendal les, 1439, ibid. 
p. 148. 

Etym. des trois mots: dal vallèe, quen lande, et 
wis pàturage, pàtis, la vallèe du patis, des landes, 
des rietz. 

Wisques, c on de Lumbres, 167 hab.; en 1698 : 70 
hab. Wiciaco, 648, cart. siili, p. 18. — Wiske et 
Wisque, 1139, cart. SM)m. p. 1. — Viscum, 1159, 
ibid. p. 2. — Wisceka, obit. SM)m. — Wisseke, 
1317, cart. chart. p. 243. — Entre Wisseke et Hon~ 
gherie, par d'aval le b':s de Wisseke, ibid. — Wis- 
que, 1420, ibid. — Wisque, ehàtean et hameau. 
Maillard. Le chàteau de Wisques, flanqué de tou- 
relles, existe encorc. Àu spirituel, cette commune 



! Le choBur de Tóglise de Wismes est remarquable par son archi- 
tecture elegante des xiv* et xv e siècles, il a étó construit par le cha- 
pitre de Thérouanne à qui l'église appartenait. 

H" DE L. 



300 WIZ 

qui était dans la banlieue de S l -Omer, est Taunexe 
d'Hallines. 

Etym. Wis-eke, canton des pàturages. 

Wissocq, ham. c ne d'Audréhem. — Wesioc, 4084, 
eliron. And. — In villis Zomi, Audcnhem, Posole, 
Landerthum, Westchoch, ibid. p. 580. — Wisso, 
xn e s. Lamb. d'Ardr. — Wissoc, 1398, cart. chart. 
anniv. p. 31 . — Wissocq, 1543, terr. de Tournehem. 
Ce hameau se divise en Haut et Bas Wissocq. Dans 
le pays on prononce Wmo. 

Etym. Wis-hock. 

Wittes, c oa d'Aire, 544 hab.; en 1698 : 175 hab. 

— Witeka, 1207, A. Mir. dipi. Belg. t. hi, p. 370. 

— Witquc, 1559, ibid. t. iv, p. 672. — Wicteque, 
tableau du siège d'Aire, 1638. — Wictez, Bignon. — 
WitreSy pouil. de S-Omer.— Wicte, 1739, pr. v. de 
rédact. descout. d'Aire. — Wide, village, Maillard. 

Cette commune était du doyenné d'\rques et du 
bailliage d'Aire. 

Etym. Wydt-ekc, le canton du large, ou l'étroite et 
profonde vallèe de la Melde aboutit à la ptaine basse 
et spacieuse que parcourt à partir de eet endroit la 
Basse Lys. 

Wizernes, c°° de S-Omer sud, 1256 hab.; en 
1698 : 217 hab. — Wcserinium, 850, cart. sith. p. 
103.— Wuesarimum, 877, ibid. p. 124. — Wiserna. 
1093, ibid. p. 215. — Vinserna (pour Vuiserna' , 
1145, ibid. p. 320. — La courou cerne de Wisernes, 
1296, synopsis, t. i, p. 149. — Maison et prieuré de 
Wiscrne, 1542, recueil de chartes. 



WIZ 301 

Ce village et celui d'Halli&es jusque là réunis, fu- 
rentdivisés en deux paroisses en 128Q (gr. cart. t. in, 
p. 480). — r Sanctus Folquinus de Wisserna, pouillé 
de Thérouamic. — Wisernes, S^Folquin, pouil. de 
S-Omer. — Vwsernes, Bignon. — Wizerne, partisse, 
Mai Hard . 

Compris en parile dans la banlieue de S'-Omer et 
paroisse du doyenné d'Arques, Wizernes .passa dans 
le doyenné d'Heliefaut en 1560 (pouillé de Thè- 
rouanne et de S'-Omer). 

Les mayeur et échevins de S'-Omer contestaient, 
dans Tintórèt de letir juridiction, le iitre de prieuré 
que les moines de S l -Bertin a ttribua ient a leur mai- 
son de Wizernes; ils prétendaient que les maisons 
des dits de S^Bertin au dit Wiserne, Salpruicq et 
Longuenesse riesloient que censes, combien quils les 
appelassent pnorez et payoiertt les censiers des dittes 
muhons éorvées à la ditte ville pour l 'entretenement 
des chemins, comme les aulres laboureurs demourans 
mia ditte banlieue, 1542, ree. de ehart. Quanta 
Thypothèse emise par Malhrancq (de Morinis, t. i, 
p. 217 et suiv.) que ce prieuré aurait été orig inaire- 
ment un monastère plus ancien que celui de S'-Bertin, 
un monastère auquel il donne le nom purement ima- 
ginaire de Monasterium Ulterense emprunté a celui 
de la rivière d'Àa qui, en cet endroit, se serait appelée 
Ulter. V. le mot Quelle. 

Etym. Wise-reen, lisiène ou limite des patis de 
S-Omer dont la banlieue s'étendait dans Wizerne 
mème jusqu'à la riviere. 



302 WOR 

Wolphu3, ham. c* e de Zouafques. — Wulfhus, 
1084, eh. And. p. 370. — Wlfus, 1200, ibid. p. 527, 
— La vicomté de Wolphw, 1473, terr. de Tourne- 
hem. — Ma terreetseigneurie deWolfus gisant en 
la par oisse de Zouaveque-lez- Tournehem qui se com- 
portent assavoir : mon chef-lieu et motte de Wol- 
lefus amasé de maison manable, grange, étable, 
autres édiffices, bassecourt, jardin, pastures, bois, 
etc. f contenant le tout 306 mesUres etc. 1561 , rapp. 
du s gr de Wolphus. 

Etym. Wolf-hus, la maison de Wolf ou du Loup. 
Peut-ètre était-ce un nom d'enseigne, comme à S l - 
Omer où il y avait aussi la Maison du Leu. 

Wort-là-Hàie (le), actuellenient appelée Wohaie 
ou simplement la Haie, f e , c ùe d'Ardres, où sont les 
prineipales sources de la rivière. — Gillet du Wort, 
1328, comptes de Tournehem. — Lafermedu Wort- 
la-Haye, xvin e s. titres particuliers concernant le 
moulin d'Ardres. 

Etym. Worth, cense, métairie, curtis, prwdiùm 
rusticum, Ducange. La Haie, clóture de broussailles 
et d'épines qui défendait les approches des fossés de 
la ville d'Ardres : Sepibus et ericiis conceptum , 
Lambert. 



Y 



Yeuse, ham. c ne de Landrethun-lez-Ardres. — 
Yuynes, 1084, ckron. Andr. p. 350. — Yusnes, ibid. 

— Yeuzeneet Yeuvezene, 1547. rapp. du s^d'Yeuse. 

— Ung manoir amazé de maison manable et aultres 
édifficeSy séant au village d'Yeuzene, contenant 44 
mesurésung quarteron de terre ou environ, listant 
de nort à la me quy manne à Westyeuze, ibid. — 
Item 26 mesurcs de terre tant bois que riez... abou- 
tant d'ocst au chemin qui maisne d'Yeuveze au bois 
de Hondreccultre t ibid. Ce nom se prononce généra- 
lement Yuze. 

Etym. Yeuse, chène, Yetizènes, Tendroit, le lieu 
chéne ou de l'Yeuse. 



z 



Zebblinchem, uoììì d'un tenoir d'Arques où il 
existait au xv c siede un bameau. — Aléaume de 
Longpré, bailli de St-Omer, par ordre de Jean due 
de Bowgogne, fait déprisonner ceux d'Arques pour 
un cerftrouvé dans lepresbitère et une biche au ha- 
meau de Zevlinghem, 1414, synopsis, t. n, p. 4 v°. 

Zeltun, fief et manoir feodal depuis longtemps dé- 
truits, c ne de Polincove, a la bifurcation de l'Hem H 
dans l'angte forme par les deux Jbranjches de cette 
rivière, le Meullestroom et la Riviérette. — Sceltun, 
1084, chron. Àndr. p. 354. — Seillun, 1118, ibid. 
p. 392 et passino. — Seltm, 1179, ibid- p. 474 et 
passim. — Willelmus de Seillun, 1145, A. Mir. dipi. 
Belg. 1. 1, p. 391 . — Seltunium, Lamb. d'Ardres. — 
Henricus de Seltunio juxta turrim Celtim (pour 
Celtun), in divisionem terrarum unde nomen acce- 
pit àgentilibus olim conslruclam, ibid. — Zelimi, 
1396, cart. chart. p. 266 v°. — Mahieu de Sojer- 
capelle, bailliu de Zeltun, saluta., pardevani my 



ZEL 305 

comme bailliu et pardevant les francs hommes de le 
court de Zeltun'... Henry de Northout recongnoist 
avoir vendu ung fiefqiCil tieni de le court de Zeltun 
contenant le dit fief3 mes. ... à Polinchove.. . . abou- 
tant à le rivière de Pollinchove, ibid. — Zelthun, 
4517, rapp. dus gr du Vrolarid : A Recq.... aboutant 
oest à la rivière qui va à Zelthun, ibid. — Je soub- 
signé arpenteur . . . . cejourd'hui 4 5 janvier 4674, eri 
laprésence demessieurs les eschevins du village de 
Pollincove, pays de Bredenarde, d'une pari, et le 
s r Jean Cocquilier bailly de la baronnie de Zeltun 
pour et de la part de M me la baronnesse douairière 
du dict lieu, d' aulire, j'ay mesuré le refouissement 
faict de la rivière du Mullestroom.... le dict soub- 
signé at trouvé que la quattriesme tacque du dict 
refouissement est commenchante à l'oposite de la 
ferme du dict Zeltun.... Registre extraordinaire de 
la ville et banlieu d'Audruicq. Il resuite de cet arpen- 
tage que la ferme et le domaine de Zeltun occupait 
une étendue de 56 verges, environ 373 mètres, de 
long sur la rive droite du Meullestroom. — Zeltun, 
hameau, baronnie, en la paroisse de Polinc-hove, 
Maillard. Ce fiefétait en effet au hombre des douze 
baronnies du comté de Guines : Et nous conte de 

Gtyysnes et Baudin de Guysnes pardevant les ba- 

rons de la conte et terre de Guysnes, e est assavoir... 
La dame de Seltun. ... 1 273. charte, Livr . des Usaiges 
de Guines, p. 141 . Ce nom, dans Duchesnes (Maison 
de Guisnes, p. 3) et dans le manuscrit de Dom 

20 



306 ZOU 

Dewittes (n°8l9bibl. de S'-Omer), est défiguré en 
celui de Zuueveland, Zeveland. 

L'emplacement de ce domaine figure aujourd'hui, 
comme lieu dit, sur la matrice cadastrale et il est de- 
signa dans le pays sous le noni de les Zeltans. 

Etym. Sel-ttin, manoir salique ou seigneurial, 
Dominica villa. 

Zieu (le), canal et sentier de halage dans les marais 
de S'-Omer. 

Etym. Ziiveg, chemin détourné. 

Zouafques, c on d'Ardres, 427 hab.; en 1698 : 222 
hab. — Suaneca et Suaveea, 1084, chron. Andr. p. 
344 et 347. — Suavelces, Suavclkas, ibid. p. 353 et 
370. — Villa de Suanekes (pour Suaoekes), 1084, 
ibid. — Suavekes, 1122, ibid, 382. — Suanacas 
(pour SuavacasJ , Soancas (pour Soavcas), 1122, 
ibid. p. 400. — Suavca, Suavka, Suavekce, Lamb. 
d'Ardr. — Suaveske, 1311, comptes du bailli de 
S^Omev :Au qucmin qui va de S x -Omer à Arde.... 
pour le pas qui est en cel ménte quemin entre Ausque 
(Nordausque) et Suaveske, ibid. — Zuaveque, 1543, 
terr. de Tournehem. — Zwaveque , ibid. : Entre 
Wolphus et Nortausque dismage de Zwaveque, ibid. 
— Zuvoavecque, Zwavecque, Zwawecque, Zwvecque % 
1578, autre terrier. — Zoafque, 1673, autre terrier 
de Tournehem, passim. — Zouaffre, pouil. de Bou- 
logne. — Zouafque, Bignon. — Zuafe , paroisse , 
partie Artois , partie Montreuil t alias Zoasque , 
Maillard. . 

Ce village dont la seigneurie app^rtenait à Tabbaye 






ZUD 307 

d'Andre, relevait d'Ardres; ;il était au nombre des 
dix-neufparoisses del'Ardrésis. D'abord du doyenné 
d'Alquines, puis de celui de Tournehem, son église 
avait toujours été jusqu'en ces derniers temps la 
succursale de celle de Guémy, aujourd'hui son se- 
cours. 

Etym. Swaf-eke, le canton ouquartier du courant 
(d'eau) ; de Sweven, errer, flotter, courir. 

Zudausque, c on de Lumbres, 470 hab.; en 1698 : 
82 hab. — Le nom de ce village a subi une transfor- 
mation analogue à celle de Nordausque. — Elciaco, 
850, cart. sith. p. 98 : In Loningahem (Leulinghem- 
lez-Etrehem, V, ce mot) Beregen habet bunaria Villi 
arat bunaria UH. In Elciaco Amalger habet bu- 
naria XII IL ibid. — Tour d'Ausque, seigneurie 
ohm Alc io villa, Maillard. — Ausque, 1393, cart. 
chart. p. 240 v° : A Odintun (hameau de Zudausque) 
80 vergues et che pour chincq quartiers de blé par 
an héritablemenl, tei blé et aussi boin qui croistent 
sur le diete terre et sii ny croissoit point de blé le 
dict Jacques seroit tenu de payer tei blé et aussi boin 
comme blé de ledisme d'Ausque, ibid. — Zutausque, 
1331, ibid. p. 2521 : Si donnons.... à le tavle des 
povres de Zutausque et à V église de Zutausque.... 
cent sols par isiSj ibid. testament. — Zudausque, 
pouil. de Boulogne. — Zud-Ausque, paroisse, Mail- 
lart. 

Compris dans le bailliage de S-Omer, ce village 
anspirituel, était Tannexe de Cormettes, aujourd'hui 
sa succursale. 



308 ZUT 

Etym. Zuydt-Àusque, par rapport a Nord-Àusque. 

Zudrove, ham. c ftC de Serques. 

Zutkerque, c ne d'Audruicq, 1755 hab.; en 1698 : 

500 hab. — Parochia de Sutkekercke, 1084, chron. 

Àndr. p. 370. — Parrochia S lì -Martini de Sulh- 

guerca, v. 1122, ibid. p. 400. — Sutherche, ibid. 

p. 423. — Sulhkerke, xm e s. ibid. p. 538. — Sut- 

kerka, Lamb. d'Ardr., cart. S. Om. 1139, p. 2. — 

Sudkerka,, 1179, ibid. p. 4. — Sutekerka, 1133, 

ibid. p. 7. — Suquerque, 1311, comptesdu bailliage 

de S l Omer. — Zutkerka, pouil. de Thérouanne. — 

Zut-Kerque, pouil. de S-Omer. — Zudkerque, Bi- 

gnon. — Zud-Kerke, Maillard. 

Cette paroisse faisait partie du pays de Bredenarde. 
V. ce mot. 

Etym. Zuydt-Kerke, l'église dusud, par rapport 
à Nortquerque. 

Zutove, ham. c De de Boisdinghem. — Zuuthove, 
1445, cart. chart. p. 5 et 6 : A Boudinghem, ung 
manoir sur le rue de Zuuthove, ibid. — Zut-hove> 
hameau; paroisse de Boidinghem, Maillart. 

Etym. Zuydt-hoeve, la métairie du sud. 



FIN. 



L'ANCIEN IDIOME 



AUDOMAROIS 



LE ROMAN ET LE THÉOTISTE BELGE. 



._ l_^. 



■Mitrili 



A 



I/ANCIEN IDIOME 



AUDOMAROIS 



■OCOO^O- 



LE ROMAN ET LE TDÉOTISTE BELGE 



PREUVES 

DE L'EXISTENCE DECETTE DERNIÈRE LANGUE A SAINT-OMER 

Dani Ics alenlsnri, dani le Bas-Arlois, l 'ancien Comlé de Gulnes , le Calaiiis, 

l'Ardrésii, le Boulonnais et la Picardi e ; 

ton Origine, ton ideatiti avec l'idiome des aneient Horins et des Gallo-Belgei ; 

ta perpetua tion jnsqu'à nos joart dans let faubourgi de Saint-Omer. 



t»AR 



M. A. COURTOIS, avocai , 

Secrétaire-Archiviste de la Société des Anliquaires de la Morinie. 



SAINT-OMER. — 1MPRIMER1E FLEURY - LEMAIRE. 



I/ANCIEN IDIOME 



ÀUDOMAROIS 



0/o/0< 



L 



LE ROMAN- WALLON ET LE LATIN 1USTIQUB V 



Il y a peu de villes qui soient aussi intéressantes à étudier, 
sous le rappcrt de la philologie, que celle de Saint-Omer. 

Elle possedè daos ses archives l'acte public le plus ancien 
connu, écrit en franqais dans les provinces d'Artois et de 
Picardie ; elle a, dans son Carlulaire de Saint-Bertin, un 
specimen du roman, sous la forme du latin rustique , au 
ix 9 siede, et une partie de sa population a conserva jusqu'au- 
jourd'hui l'ancien idiome que parlaientles Morins et les Gallo- 
Belges lors de la conquéte romaine. Cotte identité, nous es- 
saierons du moins de l'établir. 

1 On eritend par roman-wallon le francais pHmitif tei qu'on le 
parlait dans le Nord de la France en de$a de la Loire. 



— 6 — 

Le savant M. Tailliar, conseillcr à la cour de Douai, a pu- 
blié, en 1849, un Recueil d'Actes des Xir el XIW siècles, 
en langue romane du Nord de la France. A part le testament 
d'un seigneur de Haucourt dont la date (1133) etraulhenticité 
sont contestées, l'acte le plus ancien, inséré dans ce recueil 
est de 1197. De son cólo, M. Dorbis, conservateur des archives 
du département de la Somme, s'est livré à un travail analogue. 
L'acte le plus ancien qu'il ait trouvé écrit en franqais, dans 
les archives de l'abbaye de Corbie et du chapitre de la cathé- 
drale d'Amiens, est de 1247 *. 

Les archives du chapitre de Saint-Omer possèdent un docu- 
ment plus ancien : c'est un tableau des marchandises qui de- 
vaient payer le tonlieu. Cet acte est le vidimus d'un autre acte 
plus ancien, passe en présence de Milon, évèque de Thérouanne 
(1159 à i 169), et d'autres personnages contemporains. Voici 
comment il se termine : 

Chou est conferme par le scel le eveske Milon de Térouane et dou 
prevost dou capitle de Saint-Omer, fìlg au conte Tiery de FJandres 
et dou frère au conte Philippe, et se aucnns le voloit dép^chier par 
sa maliee, escumenis seroit. Chou fu fait devant ches tesmoins : le 
evesque Milon de Terewane, Pieron prévost de Saint-Omer, le doyen 
Jean et plusieurs autres. 

« Ce document, comme le prouvent déjà ces citalions, dit 
» M. Vallet de Viriville , qui a dressé le catalogue de ces 
» archives, mérite le plus vif intérèt. Il vise évidemmeni un 
» acte date du xn e siècle, et les synchronismes qu'il présente 
» circonscrivent cette date entre 1159 et 1167. Très vraisem- 
» blablement le fond du conlexte a été transcrit de l'unc des 
» deux pièces dans l'autre. Nous avons donc ici, à quelques 
» addi.ions près, qu'i! est facile de distinguer un specimen du 
» dialecle artésien au troisième quart du xn e siècle. L'exé- 



1 Nous ne voulons parler que des actes publics et destransac- 
tions. M. Pbignot, pn ; sidcnt de l'Àcadémie de Dijon, a publié dans 
la France litlérmre, L 19, quelques extraits de roman-wallon at- 
tribués à la lin du x e siècle. 



» cution atteste par ses caractères archéologiques la fin du 
» xn e siècle ou le commeneement du xm e * » 

Il est donc certain que la langue frammise était en usage à 
Saint-Omer dans le cours da xn e siècle et, comrae le prouve 
ce specimen, comparò à d'autres de la mème epoque, cette 
Jangue y était écrite plus correctement que dms d'autres 
parties de Paneienne Gaule-Belgiquc plus éloignées du pays 
où Fon parie flamand. Nous indiquerons plus loin la cause de 
cette différence. 

Si nous remontons trois siècles plus haut, nous trouvons 
dans le cartulaire de Saint-Berlin deux spécimens bien plus 
intéressants encore au point de vue de la philologie L'un est 
la Breviario villarum monachorum victùs, ou état des mé- 
tairies d'où les moines tiraient leurs subsistances, dressé par 
les ordres de Fabbé Adalard vers 850 ; le second est le Brems 
de substantid et censu ou état des subsistances et revenus 
assignés par le moine Gunlbert a l'abbaye de Saint-Sauveur, 
dressé par ce moine lui-méme religieux de Saint-Berlin en 
867. 

Le lexte de ces deux pièces est en latin usuel ou barbare 
tei qu'on Pemployait dans les comptes; La différence qui 
existe entre ce latin et celui des actes publics est d'autant 
plus remarquable que Guntberl, qui était un moine très sa- 
vant, a redige lui-méme en latin très correct plusieurs Charles 
du cartulaire. Voici quelques-uns des mots qu'on rencontre 
dans ces deux documents et dans une charte de la méme epo- 
que ; nous traduirons ces mots en patois et en franQais : 

Carrus ad host, un car à host (host ì ost, armée) ; c'étaient 
les chariots que cbacun devait fournir aux armées du Roi , 
à raison de ses possessions J ; de spelta benna, des bennéies 
d'espeute, la charge d'un tombereau d'épeaulre; de baliarcho 

1 Mémoires des Antiquaires de la Morirne, t. 6. 
* De là le mot car-host, carosse, en latin barbare carrocium, 
currus bellicus, charìot de guerre. 



— 8 ~ 

carradjb , des corretele* de baliarche ou brilliar, espèce 
d'orge ; multones, moutons, bbrbiub, berbis, brebis ; bbr- 
bicarius, berquer, berger; caballarics, cavalier; cabalm- 
carb, cavalquer, chevaucher ; brace, brace, grain uioulu et 
préparé pour faire la bière, espèce de moliture ; camba, cambe, 
brasserie; cbbvisia, certoise, bière; castitia, cdteux,; bona" 
ria, bonier8 t mesures de terre ; causi les, camtsoles ; lad- 
mow bs, clamones, robes de moioes ; pbnsa, pesée ; porcarius, 
porquer, porcher ; flascones, flacons ; manscs, manse, ma- 
noir ; jornalis, journal, mesure de terre ; drappos, dr ap- 
paila, draps, étofles ; kamisias, kemises, chemises ; clocca, 
cheque, cloche, etc. ft . Tous ces mots dont les radicaux seu- 
lement sont latins ou théotisques appartiennent évidemment à 
une troisième langue formée des deux premières, au roman. 

Àu milieu de tout cela, on rencontre le pronora ille> em- 
ployé comme article : Me decanus, Me major, el do'ien, el 
maieur ; et des gallicismes, comme ceux-ci : faciunt in heb- 
domada II dies, ils font deux jours par semaine ; facit servi- 
tium, il fait le service ; facit sicut superius, il fait comme 
plus haut ; sercit uuaquaque die ad pi8trinum t ad bracUo- 
rium, il sert chaque jour à la boulangerie, à la brasserie, etc. 

Ces documents nous prouvent que la langue romane dont 
Nithard nous a conserve un specimen dans les serments de 
Charles-le-Chauve et de son armée en 842 était en usage à 
Sainl-Omer à la méme epoque, sinon dans la ville, du moins 
dans l'abbaye de Saint-Bcrtin. Ils sont d'autant plus précieux 
qu'ils sont peut-étre les seuls où Fon trouve un aussi ghmd 
nombre de mots romans réunies. Ecoutons en eflet ce que dit 
M. Villemin dans son cours de Littérature au Moyen-Age l : 
« Aucun mouvement de quelqu'étendue, nul poème,nul chant 
» n'atteste le premier état du roman wallon dans une epoque 
» contemporaine des plus anciennes poésies provenqales. A 
» l'exception des fameux serments de 842, antérieur à l'an 

1 Cartular. Sithiense. Edit. Guérard, p. 97 et seq. 



— 9 — 

» 4000. Sons cotte epoque reculée on ne trouve que des mois 
» isolés de ce dialecte épars dans les chroniques laiines, mais 
» pas une phrase entière Ainsi je lis dans une chronique de 
» Mortagne, au vm e siècle, qu'un homme périt d'une mort 
» très odieuse vulgairement appelée murt. Ailleurs, je vois 
» que les Normands remontaient la Seine et arrivaient jus- 
» qu'à Paris sur des navircs nommés bargas dans la langue 
» du lieu ; navibus quas nostrates bargas vocant. Voilà un 
» échantillon du francai* au ix c siècle ; voilà tout ce que j'en 
» sais. » 

Àinsi après avoir feuilleté les anciennes cbroniques écrites 
au centre de la France et à Paris méme, M. Villemain en est 
réduit a ne pouvoir citer, comme échantillon du roman-wallon 
au ix e siècle, que ces deux mots mwrt et Bargas. 

N'est-il pas intéressant de voir que ce soit à Saint-Omer, 
sur l'extréme limite du roman-wallon, du fran^ais, dans une 
ville dont une partie de la population continue à parler le 
théotisque que nous trouvons les plus anciens documents qui 
constatent et l'existence du roman-wallon et son emploi 
dans les actes publics à une epoque plus reculée que dans les 
contrées situées su centre méme de la France et dans le voi- 
sinage de Paris ? 

Mais s'ensuit-il que le roman-wallon fùt déjà au ix e siècle 
la langue vulgaire en usage panni les habitants de Saint-Omer ? 
C'est ce que nous alions examiner. 

1 Paris 1855, in-12, p. 208. 



II. 

LE THÉOTISQUE OU LANGUE TUIOISE, 

autrement appelée le Thiois et, dans le Nord, le Flamand * . 

Lorsque le saint évòque Omer eut pris possession de son 
siòge épiscopal de Thérouanne, il s'empressa d'appeler auprès 
de lui ses trois compagnons de Pabbaye de Luxeuil, Bertin, 
Moniraelin et Ebertram. Il jeta les yeux de préférence sur 
ces trois religieux, taut à cause de Taffeetion {>articulière qu'il 
portait à Bertin, dit Iperius, quo parce que, étant tous d'ori- 
gine teutonique, ils savaient bien la langue du pays . tam 
amore ipsius sancti, quam quia patria tingitani , upote 
teutonici, bene sciebant *. 

Plusieurs documents du xiv e siècle (Grand cartulaire de 
Saint-Berlin, t. V, p. 422 et suiv.), un compte des rentes 
appartenant à la maison des Ladres, en 4 406 (manuscril de 
la bibliothèque communale) et d'autres documents nous four- 
nisscnt Findication d'un certain nombre de rucs de Saint- 
Omer dont le» noms appa/tiennent au tbéotisque belge ou 
Flamand ; tei les sont : Arkestrael, la rue d'Arques, aujour- 
d'hui la rue d'Arras, Potestraet, la rue du Pot, Wackestraet, 
la rue du Guet, aujourd'hui la Litle-Rue, Becquestraet, la rue 
du RuisFeau, nujourd'hui la rue de l'Arbalète, Payellestraet, 
Madocstraet, Vinpuestraet, etc. Dcux ponts portaient le nom 
Tua de Texbrighe 8 , Tautre de Lobrighe', les quais y étaient 

1 On comprenait sous le nom de Théotisque (Theolùcn ou Tento- 
nica lingun) Ics ^ivers idiomes issus du Teuton et spécidement les 
dialcctos Frane, Alternami, Belge ou Flamand. 

2 Iperius G'ironic. SUhiense. Apud D. Mart. nov. test. t. 3. 

8 et 4 En flamand le mot poni s'ecrie brugge, mais en anglo- 
saxon et dans le dialecte de la deuxiòme Belgique, il s'écrivait brige 



— 11 — 

désignés par le mot de Stade ; Erbostade, aujourd'hui le 
quai des Tanneurs; le Stade qui conduit au Brulé, celui du 
ruisseau de Sainte-Claire, doni une panie était occupée par 
l'ancien lit de TAa. 

En lisant ces noms, ne se croirait-on pas dans une ville 
flamande? 

Ces documenta prouvent donc : 

1° Qu'au septième siede le thiois ou théotisque était la 
langue vulgaire du Tliérouannais et de Saint-Omer en parti- 
culier; 2° que le dialeete, qu'on parlait dans cette ville et 
dans les alentours, était le mèrne que celui des bords eu Rhin, 
du Grand Ducbé de Bade, de Constance qui était la patrie 
commune de Sainl-Omer et de Saint-Bcrtin , 3° que cette 
langue dominait encore dans la ville à l'epoque de la construc- 
tion des rues dont nous venons de rappeler les noms, epoque 
qu'on pourrait fìxer au x e siècle, après les excursions Nor- 
mandes et Tachevement des remparts de la ville. 

Voici d'autres preuves à Tappili de ce fait : 

Dans une charte de l'année 800, il est dit de la donation 
qui y est constatée qu'elle est destinée à l'acbat d'étofles pour 
faire des vètement.% drappalia, et notamment des cliemises 
d'outre-mer vulgairement appelées behniscrist : ut vesti- 
mento, comparenteur. id est drappos ad kamtsias ultra ma- 
rinas que vulgo berniscrist vocitentur. Les mois drappos et 
kamisias qui sont romans , n'appartenaient donc pas à la 
Sangue vulgaire et par conscquent celle-ci n'était pas le ro- 
inan, mais bien le thiois ou thcostiquc. Dans cetle dernière 

(le g dur); tcmoins les noms de lieux Stimnribriga, Amiens. Briga 
Jsarx, Pontone. Sons ce rapport lo dialetto .thiois qu'on parlait à 
Saint-OrcGr et dans les aleutours est irtcnliqucmcnt le memo que 
l'ancien idiome gallo-belge. — Le Texirighe (Mail Io pont de la place 
da Haut-Pont, et le Lobriglie. echi qui communique des jardins de 
Saint-Berlin avec la me des Moulins. — La Payelleslrael et la Ma- 
docsiruel, ecmmuniqr.aient de la rue basse Saint-Martin avec le 
ruisseau Sainte-Claire ; la Vìncqueslraet, la rue du Vincquai. 



— *2 — 

langue en effet, le mot berne strisi signifiait chemise d'homme. 
En anglais le mot shirt a encore cette signifieation *. 

Nous lisons dans l'agiographe qui a éerit Fhistoire des 
invasions normandes à Saint-Omer, vers la fin du ix e siècle ou 
le commencement du x c , que de 6on temps le briquet dimton 
se servait pour faire jaillir le feu d'uu caillou étàit un poinqon 
011 stylet de fer appelé sol : Stilo ferree qui sol vocatur, 
undè solet excuti ignis è silice ; que le nom KHcUefaut ou 
Hellefald signifiait dans la langue du pays ecclesia locus, le 
lieu de l'église, parce que c'était sur cette hauteur que saint 
Fuscien et saint Victoric avaient construit le premier tempie 
cbrétien parmi les peuples de la Morinie. Or, dans la langue 
thioise, le mot sol correspondait en effet au mot grec stylos, 
celui à'healle au mot église, et fald, fold, au mot lieu clos 
dans les champs ou village *. 

La/paroisse actuelle de Saint-Momelin, le vetus monaste- 
rium, était désignée dans la langue vulgaire, commele prouve 
une charte de 1172, sous le nom à'Oudemonstre qui a la 
méme signifieation. Au xv e siècle il avait changé ce nom fla- 
mand conlre le nom roman de Viez-moustier qui n'en était 
que la traduction. 

Au xiv e siècle, les affiches, à Saint-Omer, se faisaient dans 



1 Voir le Glossarium Germanicum de Wachter, sous les mots 
bern et schurze: bern vir et vir praecipuus ; schurze, IstendisiÀirta, 
Cambris Crys, indusium. — Anglo-Saxon. Scrydan vestire. 

2 Ibid. sous le mot hall : domus ampia et spatiosa, palaliura, 
lemplum. Eo anglo-sax on ce mot s'écrivait Meati, ealh, alh. Il 
s'écrivait de méme dans Fancien gothique. Ainsi daus la traduction 
de l'Evangile par Ulphjlas vers Fan 370, in alh signifie in templo, 
faurhah alhs, velum templi, etc. — fold y fald, en anglo-sax on, 
feld dans les autres dialectes, signifiait solum habilatum et da.ns 
les noms de lieux, dit Schrezius, qui en cite pJusieurs exemples, 
il signifie la méme chose que villa, sxpè idem ac villa. -~ Il est à 
remarquer que dans le llamand des environs de Saint-Omer ce mot 
se prononce encore faldt, comme du temps de saint Fuscien et au 
x° siècle, 



— 43 — 

les deux idiómes, en franqais et en flaraand, in idiomatibus 
gallico et flamingo *. 

L'article 7 de la coutume de Saint-Omer rédigóe en 4509, 
porte encore cetle mention : « que ses mayeur et eschevins 
» ont accoustumó faire randigier leurs sentences criminelles 
» en langcrige flamang *. » 

Cette ville, comme celles de Fiandre, a conserve jusqu'à la 
revolution son tribunal de la Vierschaire et ses amans ; son 
patois, comme on le verrà plus loin, porte encore Tempreinte 
du flamand. 

Mais ce dialecte du théotisque ne s'arrétait pas aux murs 
de la ville et, comme aujourd'hui, à la rive droite de l'Aa. Il 
a également régné sur la rive gauche de cette rivière et dans 
tonte la panie fran^aise et artésienne dont Saint-Omer était le 
chef-lieu. :. 

Sans parler des noms de villages dont la formeu^jyjienne 
s'écarte du flamand moderne ou est altérée par la pronon- 
ciation, nous rencontrons dans tout ce rayon des nomade fer- 
mes et de territoires dont la physionomie flamande et la signi- 
fication, d'accord avec la situation des lieux, ne sauraient étre 
raisonnablement contestées. Nous en citeròlis quelques-uns. 

Op-hovb, la ferme d'en haut, hameau d'Arques; West- 
bovb, la ferme de l'ouest, hameau de Blendecques, à l'ouest 
de ce village ; Esquerde, Scherde, le Pas (de l'Aa). C'est à 
Esquerde que la voie romaine de Thérouanne à Sangate et 
à Wissant traverse cette rivière ; no stràt, Hoo straet, le 
Grand Chemin, hameau d' Esquerde, sur cette ancienne 
chaussée ; Quies-tede, Keise-stede, la Cense de la Chaussée, 
sur la voie romaine de Thérouanne à Cassel * ; North-dal 
le Val du Nord y hameau d'Aequin, situò au nord de ce vil- 
lage, au fond d'une gorge ; Zut-hove, la Ferme du Sud, ha- 

1 V. le t. IX des Ména, des Àntiq. de la Morirne, 2 e partie, p. 106. 
* Kcise, chaussée de graviers, est un mot qui appartient au fla- 
mand du rayon de Saiut-Omer. 



— 14 — 

meati de Boisdinghem, sur la limite sud de ce villngc ; la 
Wattine, Woestyne, désert, forèl, lieu sauvage, hameau de 
Mentque et d'Acquin, sur la lisière de la IbiètdeTournehem; 
Win-dal, le Valeri culture, hameau de Nord-Bécourt, voisin 
de la foret; Boch-hout, le coin du bois; Nord-boceout, 
West-aocuout et aneiennement ZuD-Bocnot T T, Ìe-Coin nord, 
le Coin ouest et le Coin sud de la forti (de Tournehem). 
Bècourt est une fe;me toute mode/ne qui remonle au siècle 
dernier ; Monne-k-uove, Monck-hove, la Ferme du Moine 1 ; 
West'r-iiove. la Ferme occidentale, hameau d'Eperlecques 
à l'ouest de ce village; Blacken-berg, le Mont Chauve, la 
colline qui domine Tilques ; Scadden-bourg, le Chdteau de 
la Motte, ancien petit caslel flanqué de tours et environné de 
fossés sur le bord du sentier qui conduit de Saint-Martin-au- 
Laért a Salperwick ; Laer, pàture publiqne, dans laquelle a 
été transférée Tancienne église de Saint-Martin hors lesmurs 
De là le noni de le Nahd, par corruplion et par euphonie, au 
lieu de le Laer, que porte communément ce village. 

Tous ces noms auxqucls nous pourrions ajouter une infinite 
de noms de cantons appartiennent incontestablement au fla- 
mand et ils sont d'accord avec les documents de nos archives 
etl'histoire, pour nous montrer cette langue cornine ayant 
précède le francais, non seulement dans la ville de Saint-Omer, 
mais encore dans toutes les eampagnes qui l'avoisinent. 

Mais il est bon de le faire remarquer, cette dénomination 
de flamand, consacrée par l'usage, est tout à fait impropre. 

Le nom de Fiandre ne s'étendait pas primitivement au-delà 
du districi de Bruges. C'est la un fait qu'a victorieusement 



1 Ce lieu rst ainsi appete parco quo c*est là que, d*après le rtcit de 
l'agiographe da ix e siècle et de Folquin, Ics Normands, au retour 
de leur première excursion au monastèro de*Saint-Bertin, en 866, 
auraient tue le moine Regenard qu'ils avaient amene avec eux : ad 
nalivitalis sux villani, distante à monaslerio Sithiu Miliario tercio, 
ad aquilonem plagam dictam Munnio. 



— 15 — 

démontré M. de Loys, à Faide des documento contemporains 
les plus positifs l . L'auteur ajoute qne c'est peu de temps après 
le milieu du ix e siede que le nom de Fiandre se conimuniqua 
à tous les pays doni Baudouin Bras-de-Fer obtint le gouver- 
neraent, c'est-à-dirc tous les pays rcnfennés enlre TEscaut, 
la Somme et l'Océan. 

Mais à cet égard M. de Loys a étó beaucoup trop large. 
Dans un petit opuscule que nous n'avons plus sous les yeux, 
le savant docteur Le Glay, conservateur des archives du de- 
partement du Nord, a établi que ni Baudouin Bras-de-Fer, 
ni Baudouin-le-Chauve et Arnould-le-Vièux, ses successeurs, 
n'ont jamais pris le titre de Comtss de Fiandre, mais seule- 
ment celui de Marquis et de Comte sans y rien ajouter. Aux 
preuves qu'en donne M. Le Glay nous ajonterons celles-ci : 

Le chroniqueur Folquin, contemporain d'Arnould-le-Vieux 
et moine du monastère de Saint-Bertin dont ce comte était 
l'abbé, ne fait ps une seule fois mention du Comté de Fian- 
dre. Les seuls titres qn'il donne à Arnould et à ses prédéces- 
seurs sont ceux de gloriosus Markio, gloriosus Markisus, 
glorioms Comes. Quand il raconte qu'à la mort de Baudouin- 
le-Chauve, ses deux fìls se partagèrenl son gouvernement, il 
ne dit pas qu'ils partagèrent le Comté de Fiandre, mais la 
Marche : Markam vero ejus filii ejus Inter se diviserunt. 
Arneuld eut la Fiandre, Flandriam, et Adolphe la cilé de 
Boulogne et la région deTbérouanne, avecl'abbaye de Saint- 
Bertin, Civitatem Bononiam et regionem Tarruennicam 3 . 
Or la région de Tbérouanne ne se bornait pas au Thérouan- 
nais, mais elle comprenait en outre le Mempiscon, c'est-à-dire 
toute la Fiandre frammise, moins le Mélantais, et en outre la 
panie de la Belgique sur lequel s'étendait le diocèse d'Ypres. 
Et en efiet le mème Folquin appellé les còtes de Nieuport et 



1 Mém. des Antiq. de la Morirne, t. II, p. l(tèet suivatites. 
» Cart. Sith. p. 140. 



_ *6 — 

de Furnes : Fines Ménapiorum, et les agiographes de Saint- 
Berlin dont l'un écrivait au vili* siècle et dont l'autre fut con- 
temporain de Baudouin Bras-de-Fer et de Baudouin-Ie-Chauve, 
non seulement se servent des mémes expressions, mais ils 
appellent Cassel, le premier, locum famosurn, Castellum 
videlicet Ménapiorum, et l'autre, arcem quondam opmatis- 
simam Menapcm ft . 

1 Vie de Saint-Bertin, marniseli t de la bibliothèque Saint- Omer, 
n* 819, chap. 15 et 39. 

Au temps de Cesar, les habitants de toute la còte marìtime de 
la Fiandre, de la Belgique et de la Hollande, depuis les bords de 
l'Aa jusqu'à l'embouchure da Rhin et au-delà de ce fleuve étaient 
tous corapris sous le nom générique de Menapii. Mais refoulés en 
deca du Rhin et de la Meuse, à cette epoque méme par les Tench- 
thères et les Usipètes qui en furent chassis à leur tour par Cesar lui- 
méme et remplacés plus tard, sous le règne d'Auguste, par une 
colonie de Suèves et deSicambresqu'ytransféraTybère, les Menapii 
n'occupèrent plus que la contrée comprise entre l'Aa, la Lys et 
l'Escaut. PJus tard encore, lorsque cette partie de la Fiandre, jusque 
là couverte de foréts et de marais inaccessibles, vit enfin s'élever 
ses prineipales vii les, telles que Gand, Courtray et Bruges, chacune 
de ces vii les devint elle-mème le chef-lieu d'un pigus ou municipe, 
d'un district ; le pagus Menapiscus ou Mempiscon dont Tournai a 
été longtemps le chef-lieu, se trouva réduitaux territoires de Cassel, 
Ypres, Hazebrouck, Rousselaer, Furnes, Nieuport, etc, et cette 
contrée ne forma plus qu'un seul et méme district avec celai de 
Thérouanne. Une charte du cartulaire de Saint-Bertin, de Fan 875, 
désigne Strazelle et Crombek comme étant situés in pago Tarwa- 
nense, intra Mempiscum, dans le district de Thérouanne, dans le 
Mempiscon. 

Du récit de l'agiographe du vni e siècle qui appelle Cassel un lieu 
fameux, il résulte en outre que cette forteresse avait alors un Gou- 
verneur ou Comte particulier, Comes ejus loci et que c'est là que de 
Saint-Omer on envoyait les malfaiteurs condamnés ad nervum t 
c'est-à-dire aux fers, pour y subir leur peine. Mais il paralt que 
dans l'in torva He qui s'était écoulé entre le vm c et la fin du ix e siècle, 
la forteresse de Cassel avait été ruinée, far le second agiographe, 
en racontant le dernier combat que les Audomarois livrèrent aux 
Normands qu'ils poursuivirent jusque-là, se sert do l'ex pressi on 
indiquée ci-dessus : « La forteresse autrefois très célèbre d^s Mé- 
» napiens, arcem quondam opinatissimum Menqpum. » 



V 



— 17 — 

De son coté Frodoard, qui fut également le contemporain 
d'Arnould-le-Vieux, donne à ce prince non pas le titre de 
Comte de Fiandre, mais de Prince -des Morins, Moiunorum 

PRINCEPS f . 

Ce ne fut qu'après Tavènement de Hugues-Capet que les 
successeurs d'ArnouId prirentdéflnitivement le titre de Comtes 
des Flarnands , Flandrenslum Comes, et que le nom de 
Fiandre s'étendit à toutes les contrées qui faisaient partie de 
ce come. 

Àussi voyons-nous au xn e siede la ville de Saint-Omer 
désignée comme étant de Fiandre, et ad Sanctum Audoma- 
rum, in Flandriam, venit *, et le comté de Guìnes ainsi que 
la seigneurie d'Ardres comprises sous cette mème dénomi- 
nation. 

Et, comme à cette epoque le théoti?que beige n'était plus 
parie que dans le comté de Fiandre, il en resulta qu'il prit 
partout insensiblement lo nom de Flamand. Les linguistes 
allemands désignent cette langue et le bollandais sous le 
nom de Dialecte Belge ; c'est aussi le nom que nous lui don- 
nerons désormais. 

On va voir, du reste, que cette langue s'étendait en France 
bien au-delà de Tancienne chàtellenie de Saint-Omer. 



* Frodoard. Annales, t. V. Monumcnt. hist. germ. collect. n° 385. 

* Gart, Sith., pars Secunda Simonis, lib. II. Edit. Guérard, p. 286. 



SI 



DIGRESSION 



COUP-D (EIL PHILOLOGIQUE SUR LES CONTRÉES VOISINES 



LE COMTt DE GUINE1, LE BOULONNAIS ET LA PICARDIE. 



Ili 



Guillaume d'Andre qui écrivit en 4J229 la chronique de 
s on abbaye, nous apprend que, de son temps, les affaires qui 
étaient soumises à la cour de cette abbaye, ne se plaidaient 
et ne se jugeaient qu'en flamand : « Ex Consuetudine quoque 
» patrice nostrce, disait-il dans une assemblée tenue à Char- 
» roux, in curia nostra, per singulas quindenas y humanas 
» leges et judicia mundana constat exerceri quce omnia non t 
» msi Flandrbnsi idiomate, discuti debent et terminati *. » 

Au siècle précédente ceux des moines d'Andre, qui étaient 
originaires du pays, ne comprenaient point le roman que 
parlaient leurs confrères, ceux de Charroux, en Poitou, qui 
étaient venus les premiers peupler le monastère, lors de sa 
fondation, et en occupant toutes les dignités. « Nos Andrésiens, 
» dit Guillaume, étaient fatigués de la domination de ceux de 
» Charroux et ils supportaient avec peine qu'eux, Flamands, 
» ils fussent soumis à ces Poitevins qui, à raison de la diffé- 
» rence de langue, étaient à leurs yeux cornine des étraugers, 
» utpotè qui propter linguarum dissonantiam eis videbantur 
» alieni. » Au nombre de ces moines Andrésiens ou Flamands 
était Grégoire, fils du seigneur de Balinghem et petit -fils du 

1 Chronicon Andrense y Spicileg. Acbery, t. IX. 



— 49 — 

comte de Guines Manassès. Ce dernier, en vue de dissiper 
cette próventien, avait envoyé ce jeune moine a la maison 
mère de Charroux pour l'y mettre en rapport avec les digni- 
taires de cette abbaye, panni lesquelles celle d'Andre était 
tenue de choisir les siens, et aussi pour affermir Grégoire 
dans l'exercice de sa profession. Après un séjour de quelques 
annóes, notre jeune novice retourne à Andre, où il trouve son 
aieul malade. Le Comte, déjà parvenu à un àge fort avance, 
s'était fait transporter dans le dortoir méme de l'abbaye, où il 
attendait sa fin prochaine. Grégoire s'approche de lui et san» 
se donner a connaitre, il salue très humblement son ai'eul en 
langage poitevin, comme s'il avait ignoré celui de la contrée. 
Manassès connaissait le poitevin qui n'était autre que le ro- 
man, mais il était si peu habitué à l'entendre perler autour de 
lui, qu'il prit ce salut pour une plaisanterie. Comme il était 
d'un caractère naturellement gai et que chez lui, malgré sa 
grande débilité, l'esprit avait conserve toute sa vigueur, il 
rendit ce salut d'un lon ironique, en langage poitevin, sermone 
Pictatico derisorie resalutavit, en ajoutant qu'il n' était plus 
en posilion de rire et de plaisanter. Grande fut sa surprise et 
sa joie quand, dans celui qui lui parlait roman, il reconnut 
son petit-fils. 

On était alors en plein xn e siècle. 

Còtte anecdote rapportée par Guillaume nous prouve com- 
bien à cette epoque le roman était encore peu connu à la cour, 
au centre méme du comté de Guines. 

Il n'en était plus de méme quarante ans après. Baudouin II 
avait attiré auprès de lui une foule de clercs auxquels il faisait 
traduire des livres latins en roman, cette langue dans laquelle 
il était verse lui-méme, in sibi notam linguam romanam *. 

Mais la masse de la population conserva longtemps encore 
son ancien idiome. Au commencement du xvi e siècle la justice 
continuait à se rendre en flamand dans le chef-lieu méme de 

1 Lambert d'Ardres. M*. de Godefroy, p. 175. 



— 20 — 

l'Ardrésis, devenu eelui du comté de Guìnes. C'est ce que 
prouve l'article 5 de la coutume d'Ardres rédigée en 1o07où 
1-on Irò uve cette disposition : « Item poevent, lesdits bailly et 
» eschevins, renouveler leur Loy, tenir leurs plaids, faire 
» leurs jugements en flamencq, en la manière accoustumé, 
» etc. *. » 

Lambert d'Ardres qui écrivait l'histoire des comtes de Guines 
environ trenle ans avant Guillaume d'Andres, parie toujours du 
tbéotisque comme etani de son temps la languc vulgaire non- 
seulemenl du corale de Guìnes, mais encore du Calaisis et du 
Nord du Boulonnais. Atnsi il dit de Sangate que c'est parce 
que la mer s'est fait jour autrefois à travers les dunes et a 
pénétré dans les sables qui bordent la cóle que les indigènes 
ont donne à ce lieu le noni d'Arena foramen, en langue vul- 
gaire sant-gate : Arence foramen, vulgo autem sant-gam, 
indigena iiomen indiderunt. Il dit également de wissaNt 
qu'il éerit Witsant, que ce lieu tire ce nom t ulgaire do la 
blancheur de ses sables : Ab albedine arence vulgari nomine 
appellatur witsant. Or dans la langue thioi.se et eneore au- 
jourd'hui en flamand sandt-gate signifìe en effet troude sable, 
arence foramen, et wit-sandt, sable blanc. 

11 paraitrait mème que cette langue se serait perpétuée 
assez longtemps sur cette partie de la còte, car Tauteur du 
Peftit Pouillié du diocèse de Boulogne, reproduisant l'explica- 
tion de Lambert d'Ardres sur Sangate, dit que ce village « tire 
» sa dénomination et signifie en bas flamand, langage ordi- 
» naire du pnfa,'trou de sable, arence foramen, à cause que 
V la mer par son impcluosité, ai'ant percé les dunes, y forma 
» Une espèce de lac où il se forma un port avec flux et reflux. » 

Le méme auteur fait cette observation sur le nom d'Eschin- 
ghem : « Le grand nornbre de villages sous la mème termi- 
» naison de ghem ou de hem et hen dans le Boulonnais et 

1 Coutumes locales du Bailliage d* Amie-m, M. Boutbors, 8 C sèrie 
p. 671, 



— 21 — 

» lieux circonvoisins ne vient pas de ce que les Anglais les 
» aient fait bàtir, ou ainsi nommé pendant qu'ils en étaient 
» les maiìres, comme plusieurs se sont persuadés, mais de ce 
» qu'en ancien langage allemand ou teutonique, ou bas fla- 
» mand qui a été longtemps en usage dans ce pals, les inots 
» de ghem, de hem, de hen, signifie, ainsi qu'en anglais, 
» habitalion ou village ou hameau. » 

L'histoire auraitgardéle silence,querexistence du dialecte 
théotisque Belge dans ces contrées n'en seràit pas moins 
facile à constater par une foule de noms de lieux et de terri- 
toires, doni la forme encore toute moderne et la signification 
ne peuvent laisser aucun doute. 

Ainsi ce sont d'abord, dans le Bas-Artois et le Calaisis, les 
noms de villages terminés en Kerke, église : zut-kerke, 

NORT-KERK3, S tc -MARIE-KERKE, HOFFE-KERKE Ce demier nOUl 

s'écrivait simplement hove, en 4400. Vieille et nouvelle- 
église, figurent sur les anciennes cartes sous la forme flamande 
ouder-kerke, neuer-kerke, Neu-Kerka et Niw-Kerka, dans 
deux chartes du xn e siècle. 

Audruicq l , le chef-lieu des quatre paroisses du Pays de 
Bredenarde, nous apparali, il y a deux siècles, comme une 
commune flamande. Sa maison de ville qui était colle du 
Pays, s'appelle Lands-hus; son fos«é de ceinture, cingel-dick; 
son canal, sta-mrt, rivière navigable de la ville; son bateau 
de marche, Merchet-schip ; son Livre du Lundi, où s'inscri- 
vaient les causes de peu d'importance jugées par le Petit 
Auditoire, Maendach-bouck ; sesmarais ont des noms terminés 
en brceucq (broeck), le Zut-Br&ucq, le Barne-Br&ucq ; le 
Nord-Brceacq ; scs hameaux situés sur des rues s'appellent 
Nord-Straten, Lien-$traten> cbemin du Nord, chemin public, 
"io • , eie • 

Le pays de langle, compose des quatre paroisses de Sainte- 
Marie-Kerque, Saint-Nieolas, Saint-Folquin et Saint-Omer- 

1 Au xn e siòclc Alder-Wick et à partir du xm e Auder-Wick et 
Ouder-Wick, village plus ancien, principal. 



— M — 

Capello qui ne formaient entr'elles qu'un seul et méme éche- 
vinage, avait ausai sa maison commune, située au centre de ces 
quatre paroisses. Elle portait, corame l'hótel-de-ville de Bour- 
boorg, le nom de Gysel-hus, ou maison de l'òtage, parce 
qu'elle servait en méme temps de prìson. Le siége de juridie- 
tìon que possédait l'abbaye de Saint-Berlin à coté da Gysel- 
hus, avait également emprunté sa dénomination à celui que 
cette abbaye avait a Bourbourg et s'appelait Munckebure, la 
cour des moines. De là le nom que porte le hameau de Saint- 
Folquin où l'on montre encore cette maison. Les habitants du 
Pays qui étaient entrés dans la confédóration échevinale se 
devaient entr'eux, comme les bourgeois, aide et assistance et 
s'appelaient Keur-broeders, frères de Loy. La coutume, quoi- 
que rédigée en franqais, est pleine de mots flamands, tels que : 
Cueringhes, pandinghcs, panthuys, houders, poinctynghes, 
waUeringhes, reepdicks, etc. 

Un fait bien digne de remarque, c'est que dans le méme 
siècle (le xvi e ), où le Bailly et les échevins d'Ardres, d'une 
ville tonte francese, se réservaient, par un article exprès, 
inséré dans la coutume, la faculté de « renouveler leur Loy, 
» de tenir leurs plaids et de faire leurs jugements en Flamencq, 
» en la manière accoustumée. » Philippe II, roi d' Espagne, 
en sa qualité de comte souverain de l'Artois, fit insérer dans la 
coutume du Pays de Langle, de cette contrée limitrophe de la 
Fiandre et alors détachée de la Franco, un nouvel article qui 
n'admettait d'autre langue officielle et judiciaire que le Fran- 
cis. « Et se feront totites procédures et actes judiciaulx en 
» langue franchoise, porte l'art. 55 de la coutume homolo- 
» guée par ce prince en 4586, et ce pourra Fon servir par 
» ex trai t pour vérifìcation des dictes coustumes, sans qu'il soit 
» requis d'aultre preuve, auquel effect leur avons accordé de 
» les pouvoir faire imprimer. » 

Ce fut aussi sous le gouvernement de Philippe II, in 4593, 
que le Magistrat de Saint-Omer cessa de rediger ses sentences 
criminelles en flamand. 



— 93 — 

L' ancienne coutume de Guìnes, au xv e siècle, est également 
pleine de noms appartenant à cette langue. Cette ville a une 
Vierschaire, ou tribunal ; des ammana ou officiers. Quand uà 
bourgeois est attaqué par un étranger et qu'il s'écrie, porterà! 
c'est-à-dire bourgeois, ses cobourgeois doivent aller à son 
secours sous peine d'amende. Le bateau de marche, comme 
celui d'Audruicq, Cappelle en flamand Mercktschip, son canal, 
Led ou Ghisnenlet; sur cette rivière il y a trois écluses dont 
l'une celle qui est la plus rapprochée de Calais porte le nom 
de Bambrecgtesgat, etc. 

Au-dessus d'Ardresetde Guìnes, on rencontre bouqu'hault, 
autrefois Boch-Holt et Boch-Hout, le pli, le coin du bois ; 
dipbn-dal, le vai profond, ferme de Bouqu'hault, surlebord 
d'une gorge profonde. 

Atournehem, Tune des quatre chatellenies du comté de 
Guìnes, le fosse d'enceinte s'appelait comme à Saint-Omer et 
à Audruicq, Chingle-Dick; le quartier, situé dans l'angle de 
ce fosse, porre encore le nom de Walles'houck, quartier du 
rempart; une rue, celui de Brouck-Kerke ; le champ où se 
faisaient les exécutions, en face de la Z ut- por te, celui de 
Galge~Velt 9 champ du gibet ; un des cantons de Téchevinage, 
celui de A'Ambacht-Keure, métier ou juridiction de la Keure, 
etc. Cette petite ville avait aussi ses ammans et ses keuriers. 

Les terriers des xvi e et xvn e siècles nous montrent, dans 
toute la vallèe de l'Hem, un grand nombre de noms de champs 
terminés èn velt, de monts en berg : Estell-berg, Cole-berg, 
Crom-berg, Maulquen-berg y etc. ; de noms de bois terminés 
en hout : Scaps-hout, Muts-hout, Lanters-hout, Cambri-hout, 
etc. ; ce dernier bois Cappelle encore ainsi ; des noms de val- 
lons terminés en dal : Wynsque-dal, Houps-dal, etc. *. On y 

1 Le mot dal, dalle, vallèe, appartient à quatre langues : le Belge, 
le Suédois, FAnglais et Flrlandais. Dans le dialecte Frane, ce jnot 
s'écrivait tal, tuoi ; en Bas-Brcton ou Celtique, tuollum ; en GalU- 
que, dol ; en Islandais, dalur ; dans l'ancienne Gothique, dalei ; 
en AUemand, thal, — Berg, mont, est tout à la fois Belge, Frane, 



— 24 — 

rencontre en outre parrai les fermes et les hameaux. : aude- 
land, ancien champ, hameau de Licques, sous ia forèt, par 
opposition aux champs voisins plus récemment mis en culture ; 
courte-bocrne, dans les Charles, Curte-brona et Curie- 
brune ! , la courte ou petite source, autre hameau de Licques, 
sur la Brunelle, Tun des pclits ruisseaux affluents de la rivière 
d'Hera ; Cousebourne, dans les Charles Cuse-brona (Kuysch- 
bron), source limpide, hameau d'Audrehem, aujourd'hui le 
Poirier ; ost-hove, la ferme de Test, sur Bainghem ; le vint- 
hus, la maison aa vent, sur le haut plat qui eau domine le vai 
d'Alembon, etc. 

De Tautre coté de la colline, dans le Boulonnais, où suivant 
Tauleur du Petit Pouillié, on a longtemps parie ce qu'il appelle 
le Bas-Flamand, les noms terminés en beve, dal, brune ou 
bron et en berg, soni encore plus fréquens. Kous cilerons 
entr'autres : 

Hove, ferme sur Wimille; hott-hove, ferme du pré, ha- 
meau de Bazinghera ; Ost(e)r-hore, la ferme orientale, hameau 
de Bòulogne, assis, pour ainsi dire, a cheval sur la lignc de 
démarcalion qui séparé à l'est le territoire de celie ville de 
celui de Saint- Martin ; zudìe-r-hove, la ferme meridionale, 
hameau de Ferques ; — Dalle, le vai, hameau de Lacre ; 
belle-dalle, beau vallon, ferme deTardinghem ; nord-da(l),. 
le vai du nord, ruisseau qui coule dans un petit vallon, for- 

Allemand et Sucdois. On ne le trouve pas dans les dialectes Cellique, 
Gallique ou Camhrien. — Hout, bois, aulrefois boli, mot Anglo Saxon, 
n'appartient qu'au Belge ; en Allemanda ce mot s'ccril holz, Cnl en 
Cellique et Coill en lrlandais. — Weltlt, champ, apparlient aussi 
exclusivemcnt au Belge ; ce mot s'écrit en Allemand, felci et en 
Anglais, field. 

1 Le mot brunn, source, fontaine, eau de source, appartient à tous 
les anciens dialecles théolisques. Dans les langues modernes, voici 
comincutil s'écrit : — Allemand, brunn, britnnen, born. — Suédois, 
brunn. — Anglais, bourn. — Belge, borri, bunu bron. — En palois, 
li se prononce ausa de trois manières, suivant les lieux : brune, 
brórieei bourne. 



— 25 — 

mant la limite nord du territoire d'Audresselle ; bruch-dal, 
le vai du marais, hameau d'IJesdin-l'Abbé, contigu à un autre 
hameau dit le Marais ; gri(e)sen-dal, le vai au gravier, ferme 
de Wimille, dans la vallee de Wimereux ; merling-dal, le vai 
aux merles, ferme de Verlinethun, dans un petit vallon con- 
tigli à la forèt d'Hardelot ; Piten-dal, le vai de la fosse, de la 
mare d'eau, sur Saint-Mar;in-lez-Boulogne ; ferme de Neu- 
chatel ; toten-dal, le vai du capuchon, hameau d'Alette ; — 
Brunen-berg *, le mont de la source, celle de la Liane qui 
prend naissance dans ce village ; belle-brune, au ix e sièele 
Helich-bruna, source sainte, d.-uis Lambert d'Ardres, Bere- 
brona, source du ber ou baron et enfin Belle-brune, belle 
fontaine, belle source ; losen-brune, sur Wimille, franche 
fontaine, exempte de toute servitude et appartenant au fonds 
od elle coule . lien-bruxe, sur Tingry,. fontaine publique, où 
tout le monde a le droit de pui?er ; rousque-brune (rusehe- 
brune), source du vivier, sur Vieux-Moutier ; Tiem-bronnc 
(Tyen-bronn), source courante, ruisseau, eie, etc 

Nous pourrions grossir cetle liste des noms termincs en beri 
qui sont tous parfaitement caraetéristiques, et montrer la pro- 
fonde emprcintc que le théotisque a laissé sur le territoire 
mème de Boulogne. 

Nous pourrions aursi faire une excursion du mOme genre à 
travers FArtois. Mais il est-temps.de nous arreter. 

Voilà donc toùt d'abord les limUes du théotisque reculées 
des bords de TAa à ceux de la Canche. Voyons s'il ne faut pas 
les reculer beaucoup plus loin encore dans la ricardie. 

1 Dans le Boulonnais le mot berg se prononce ber. On a inscnsi- 
blemcnt confonda ce mot avec cclui de beri qui, dans Ics noms pro- 
pri d'hommes, se prononce ainsi. Mais au xn e ciòcie il nYn rtait 
pas de m^me. Lambert d'Ardres écrit Bruncslergh et il latinise en 
Cola -ber gin m celni de Colembcrt qu'on trouve écrit dans Ics Chartes 
Coleberg. Il faut donc, dans tous les noms en bert y remplatcr le t 
par un g et supprimer la lettre m qui a été insérée expletivement 
par euphonie, 



— 26 — 

M. Ed. Duméril a publié il y a quelques années un recueil 
de Poésies populaires latine*, chantées eD France antérieure- 
raeot au xn e siede. Au nombre de ces poésies, page. 456, est 
le chant en l'honneur de saint Gali. Ce chant, dit M. Magnili, 
membre de l'Institut, dans un article publié dans le Journal 
des Savants (année 4844), « n'est que la traduction latine, 
» faite pour son couvent par Ekkehard IV, d'une hyrame com- 
» posée en langue théotisque par un moine de Corbie, mort 
» en 915. Ekkehard lui-méme nous en avertit modestement 
» dans sa préface : Ratpertus monachus. . . . hoc fecit carmen 
» barbaricum, populo in laudem san e ti Galli canendum, 
» quod nos multò impares homini, ut tam dulcis melodia 
» latine luderet, quàm proximè potuimus, in latinum trans- 
» tulimus. On ne peut douter, comme le remarque M. Du- 
» méril, que ce Carmen barbaricum ne fùt en vers théotis- 
» ques. L'ancien historien du monastòre de Saint-Gali nous 
» l'apprend en tennes formels : Ratpertus, dit Mazierus, (de 
* viris illustribus Sancti Galli, lib. x. cap. xxv) • composuit 
» rhythmicè, lingua tamen Germanica, ritam Sancti Galli 
» et publicè in ecclesia decantandam populo dedit. » 

Or, pour quel peuple ce moine de Corbie a-t-il compose 
ces vers théotisques, cette hymme en langue germanique des- 
linee à èlre chantée publiquement dans Téglise ? Evidemment 
c'est pour le peuple de Corbie et des alentours. « Les deux 
» biographes de l'illustre AdelharJ, abbé de Corbie, dit encore 
» plus M. Magnin, Paschase Ratpert et Gerard de Corbie, 
■» célèbrent l'eloquente facilitò avec laquelle ce saint persou- 
» nage parlait la langue théotisque *. » 

Il faut donc nécessairement admettre que le théotisque a élé 
iongtemps parie au centre méme de la Picardie, dans les alen- 
tours de Corbie et d'Amiens ; que cette langue y existait 

1 Journal des Savants, 1844, p. 49 et suiv. — Bollandistes, act. 
sanot. 2 Januar. — Voici du reste le passage auquel M. Magnin fait 
allusion : Si vero idem barbara, quam Teuliseam dicunt, lingw 
loqueretur, prxeminebat charitalis eloquio. 



— 27 — 

i 

encore au x e siècle et qu'elle y était en usage non pas seule- 
ment, comme on l'a dit, parmi les seigneurs francs, mais 
encore dans la masse de la population où elle luttait opiniàtre- 
raent contre le roman qui n' était pas encore compris de tout 
le monde, surtout dans les campagnes. 

Au reste, il en a été du théotisque comme des eaux de 
l'Océan ; il a laissé partout des traces irrécusahles de son pas- 
sage. Et ici les noms topographiques sont encore parfaitemcnt 
(Taccord avec l'histoire pour attester son long séjour, surtout 
sur la cote du Ponthieu entre la Canche et TAuthie. 

Ainsi les différentes branches du canal qui sert au desséche- 
ment du marais qui longe la dune, portent le nom de Trin- 
gues. Ce mot, en théotisque, signifiait échaux. Sur les bords 
de ce canal est un hameau appelé le Ran et en patois le Rin 
d'Effliers. Ce mot n'est que la périphrase de celui de Tringues 
et signifie le canal d* écoulement. Groffliers, gros ou grand 
échau, doit également son nom à la digue ou fosse de Gra- 
veaux (grave, fosse) qui protège cette panie de la còte contre 
les flots de l'Océan l . 

Ces dénominations nous prouvent que le théotisque était 
encore en usage sur cette còte à l'epoque où l'on travailla à 
son desséchement. 

Il est à remarquer que dans sa retraite vers le Nord, cette 
langue avaut de quitter définitivement une contrée a toujours 
cherché, comme elle le fait encore aujourd'bui dans les Flan- 
dres Frammise et Belgique, un dernier refuge parmi les popu- 
lations maritimes. 

Les noms des villages qui s'élèvent sur cette partie du littoral 
appartiennent également au théotisque et sont indificatifs de 
ieur situation *. 

1 Dans le Glossaire de Schrezius Trenke du verbe Irinken, boire. 
absorber, signifie aquarium, égoùt, échau, évier. — Rin chinai, 
affHety écoulement. — Groef, gros, fiiet ou fiies, écoulement. 

* Kust, Jivage, còte, Kustk et par 6yncppe Kuck, tìeu de la còte. 
— Bergh, x«de, anse, crique, Ber$hh f Heji de lianse, de Ja Qwque. 



— 28 — 

Plus avant dans Pintérieur, il est aussi un grand nombre de 
noms, méme parmi ceux dont la finale appartient au franQais, 
dont l'origine théotisque est incontestable et de toute évidence. 
Telle est, par exemple, celui de Nampont, appelé aussi aulre- 
fois Mittepont* en latin Mittispom, deux mots tout-à-fait syno- 
ninies. Car mite signifìait tonlieu, et nam correspondait au 
mot maltòte f . 

Ce village doit son nom au péage ou impót que Fon percevait 
au passage du pontétabli en cet endroitsurTAuthie. « Charles 
» V, par une ordonnance du 24 avril 1374, ditM. Harbaville, 
» d'après l'historien de Notre-Dame de Boulogne, reconirait 
» que le roi Jean, son pere, avait accordé a Notre-Dame de 
» Boulogne, 60 livres de rente à prendre sur les produits du 
» péage (pédagivm) de Nempont ; mais que par le malheur 
» des temps les revenus de ce péage étaient tellement dimi- 
» nués, qu'ils montaient à peine à 50 livres, sur lesquelles il 
» fallait déduire annuellement 6 livres pour Fentretien des 
» chaussées voisines. En conséquence, il cède le dit péage à 
» l'église de Boulogne. » 

Le pont de Nieulay ou de la Kieunne (Nieuenna) cntre 
Calais et la Chaussée, au passage duquel on payait également 
le droit de travers, est designò sur les cartes anglaises uu 
Calaisis sous le nom de Nieun-Nambridge, le pont de péage, 
de la maltòte de la Nieunne. 

— Merli moni, autrefois Merrimont, du mot roman ou francais mont, 
et des mots théotisques ry, rangée, sèrio, chaine, meer élang, moni 
ou dune de la chaine cPélangs. Getto chat ne d'étangs occupait autre- 
fois toute la zòne marccageuse qui borde les dunes. — Waben (Wai- 
bannum) de bnn route, grand chemin, et Wai gué, le chemin du gué 
du Pas de l'Autlne, ctc. 

1 Nani, du vcrbe namen percevoir, prendre, extorquer, enlever, 
signi Hait au propre percepitoti, rapine, exlorsion, exoclion, il s'ap- 
pliq iait, camme le mot mnli'le et plus ancienncmenl tolte, duverbe 
tollere, à tout impót odieux au peuple. — « Miete, mùde, mite, ctc, 
» latin barbar, mula, tolonium. » (ibiJ. v, miete). Ges mots sont 
restós dans le flamand : Naml signi He argent comptant et miet, 
salaire. 



— 29 — 

Nous pourrions étendre ces observations à toute la cote de 
Picardie et bien au-delà encore jusqu'à la Seine *. Mais c'est 
déjà avoir poussé trop loin peiit-ètre cette digression qui était 
néanmoins indi^pensable pourremonter a l'origine de l'ancien 
idome Audomarois et retrouver la filiation du dialecle flamand 
que parie encore la population de nos faubourgs. 

1 Àinsi de l'auf re coté de l'Alitine : Marquenterre, "Marschen-terre, 
terre, pays de Marais ; quend, k'int, bord rivage ; leugonaus ou 
Leueknau, dclroit de la baio, l'ancien noni de Saint-Valéry. — Eu, 
en latin nuca, de aite, prime, au(e)k licu de la prairie, provi Ile ; 
dìeppe, diepe, en terme de marino, chenal, port arlifìcielformé d'un 
long canal entre deux mòles ; havre, hav(e)n, port, rivage, de l'an- 
cien mot scandinave et scythe haf, mer, Occan. II averi , ìmfen, hafn 
se trouvent dans toutes les langues modernes issues du Teuton. 



IV. 
ORIGINE DU THÉOTISQUE ET DD ROMAN A SAINT-OJ1ER 

ET EN GENERAL DANS LE NORD DE LA FRANGE. 

Ainsi nous venons de constater l'existence de deux langues 
à Saint-Omer dès le n e siècle. Ces deux langues sont le roman 
et le théotisque. 

Le roman qui élait en usage panni les raoines de Saint- 
Bertin devait étre enseigné dans les écoles de ce monastèro et 
connu par conséquent d'une panie de la population. 

Toutefois il est Constant, que cene langue n'était pas celle 
que parlait le peuple et la majeure panie des habitants, mais 
que la langue vulgaire était encore alors, comme au vn c siècle, 
le théotisque. 

Dans la Picardie c'était l'inverse. Là, en effet, le roman 
était la langue vulgaire et le théotisque faisait exception. C'est 
ce qui resulto de la biographie d'Àdelhard, abbé de Corbie, 
dont nous avons parie un peu plus haut. Il y est dit, que ce 
saint personnage préchait avec une égale facilitò en langue 
vulgaire, vulgo, en théotisque et en latin '. 

Maintenant il se présente une question. 

D'où viennent ces deux langues et à qu'elie epoque se sont- 
elles introduites l'une et l'aulre dans nos contrées ? 

On est d'accord sur l'origine du roman : il s'est forme peu 
à peu du latin rustique que parlait une grande partie de la 
population des Gaules sous la domination Romaine. Nous 

1 Quem si vulgo audisses, dulcifluus emanabat, si vero idem bar- 
bara, quam teutiscam dicunt, lingua loqueretur, prcBeminebat cha- 
ritatxs eloquio ; quod si latine jam atlerius, prx aviditate dulcoris, 
non erat spiritus. (Bollandistes, act. sanct. 2 Januar). 



— 34 — 

rechercherons plus loin si le roman ou plutòt le latin a été 
également parie dans toute la Gaule-Belgique. 

Quant au théotisque, on ne s'en estguère occupé en France 
que par rapport aux provinces du centre et à la panie meri- 
dionale de la Gaule-Belgique, où cette langue était, compara- 
tivement au roman, celle du plus petit nombre et l'on en a 
conclu que le théotisque avait été apporté dans les Gaules par 
les Francs. 

Mais celie solution ne répond qu'à une partie de la ques- 
tion que nous venons de poser. 

Les Francs parlaient un dialecte théotisque, c'est vrai, et ils 
ont naturellement apporté cette langue avee eux dans les 
Gaules. 

Mais les Francs étaient peu nombreux comparativement à la 
population Gauloise qui parlait le latin rustique, et la preuve 
c'est que leur langue n'a pas Iarde à disparaitre devant le 
roman-wallon qui n'était qu'une transformation du latin rus- 
tique. 

Commént expliquer par cette courte apparition du dialecte 
frane le grand nombre de mots d'origine théotisque, qui sont 
entrés tout a la fois dans le roman et dans le latin barbare, 
cette langue hybride dont le volumineux vocabulaire a illustre 
la mémoire de notre immortel Ducange ? Comment expliquer 
surtout la longue prédominence du théotisque, comme langue 
vulgaire, non-seulement dans l'extréme .nord de la Gaule- 
Belgique, où on le parie encore, mais dans la Flandre-Wal- 
lonne et J'ancienne Morirne 3 II faudrait donc supposer que 
les Francs se sont concentrés de préférence dans ces provin- 
ces, qu'ils en ont expulsé les anciens habitants et qu'ils en ont 
changé tous les anciens noms de lieux pour en imposer d'au- 
tres pris dans leur langue. 

Mais c'est un fait reconnu et Constant dans l'histoire que les 
Francs se sont répandus dans toutes les Gaules, et que s'ils 
sont restés plus nombreux dans les provinces du nord, loin 
d'en expulser les habitants et de changer les noms de lieux, 



— 32 — 

ils se sont erapressés au contraire, là comme ailleurs, d'adopter 
et d'apprendre la langue des vaincus. 

Voiei une aatre diflìeulté non moius sérieuse. 

L'ancien dialecte Belge, l'ancien Flamand, formait un 
dialecte* à pari comme le Frane et FAllemand, qui avaient 
entr'eux tant de ressemblance '. L'un de ses principaux carae- 
tères consistait en ce qu'il employait et emploie encore la 
lettre t là où le Frane et FAllemand employaient un z, et le 
plus souvent aussi un d oli ces deux dialecles employaieir. un 
t. Il aimait et il airae encore, surtout dons la prononeiaiion, 
la syncope et la contraction. C/est ainsi qu'il a changé tous les 
ancien* niots en ald et en alt en la syllabe aud, aut y et en 
dernier lieu en oud, oudt. Le Frane, au contraire, a toujours 
conserve jusqu'à la fln Fancienne forme des mols, comme Fa 
fait l'Aliemand. EuGn le dialecte Belge se rapproebait sous 
tous les rapports de FAnglo-Saxon qui forme le principal 
élément de FAnglais moderne, tandis que la langue Franque 
est considérée par les linguistes allemiinds comme la soeur de 
leur ancien idiome et comme etani avec celui-ci la principale 
source de l'Aliemand moderne *. 

Or, c'est bien au dialecte Belge et non au Frane ou à l'Alie- 
mand qu'appartiennent lous les noms de lieux que nous avons 
cités et une foule d'autres que nous avons passés sous silence *. 

1 Nous avons, comme monuments de la langue Franque, les Evan- 
giles d'Otfried, les Hàroionics Évangéliqnes de Talien, la tradaction 
da Cantique des Cantiques de Willeram, etc. — Comme raonnments 
de FAnglo-Saxon, des traductioos de. rÉ vangile, les Lois d Édouard- 
lc-Confesseur et le Dictio.waire Anglo-Saxon de Somner revu par 
Benson, etc. 

* Lingua Alauansica et Francica est omnium veterani dialecto- 
rnm novissima.... Ab hoc sermone fluxit Soste r hodiernw. x Wach- 
ter, Glossar. Germ. prò? ratio, g xux. 

3 Ainsi par cxemplc Ouwe, la prairie, \Yjter-dal y le vai à Feau, 
Avondenct, ^Avoodt-enge;, Fctroit, la gorge du soir, Fruges (Vrue- 
ges, sous-entendu enge\ la gorge da malia, s'écriraient en Frane 
et en Allemand : Auwt. Aue, Wosser-thal, Abend-enge, Frùhe. 



— 33 — 

Ceux qui sont d'une forme plus ancienne se rapprochent 
beaucoup de la forme Anglo-Saxonne. Tels sont, notamment, 
les noms terminés en ingue et surtout en inghem qui sont 
communs à la Fiandre et à l'ancienne Morinie et nous rappel- 
lentles noms de plusieurs villes d'Angleterre, comme BueHn- 
gham, Birmingham, Notingham, etc. 

Mais voici venir une aulre hypothèse. Supposera-t-on avec 
plusieurs savants de la Belgique, frappés de l'analogie qui 
existe entre le Flamand et l'Anglo-Saxon, que la première de 
ces langues doit son origine à la seconde, à une colonie de 
Saxons qui serait venue s'ótablir sur les cótes la Belgique. 
Mais, alors, il faudrait que cet établissement Saxon ne se fùt 
pas borné à un seul point du rivage Flamand, mais qu'il se fùt 
étendu fort au loin, non-seulement sur toute la còte de la Bel- 
gique, de la Hollande, de la Fiandre Francai se, du détroit du 
Pas-de-Calais et d'une partie de la Manche, mais encore qu'il 
eùt penetrò fort avant dans les terres et qu'il eùt occupé méme 
une partie des provinces Rhénanes. Car le patois flamand 
qu'on parie dans les villages situós entre Saint-Omer et Cassel 
et qu'on a parie dans la Morinie est presqu'identiquement le 
méme que celui qu'on parie sur les bords du Rhin aux envi- 
rons d' Aix-La-Chapelle et de Cologne 4 . 

Or, il est impossible d'admettre qu'une invasion Saxonne 
aussi considérable ait pu passer inaperoue. Et ici l'on nous 
permettra une observation. 

L'histoire a ses sophismes comme la philosòphie, et c'est là 
peut-étre le plus grand obstacle qui s'oppose à ses progrès. 
Nous jugeons souvent du passò par le présent, et tei est l'em- 

1 C/est ce que nous a assuré, d'après sa propre expérience, Tun 
de nos plus bonorables concitoyens qui ne connatt pas d'autre fla- 
mand que celui qu'on parie dans le rayon de Saint-Omer. Ayant 
séjourné à Aix-La-Chapelle, il entendait parfaitement le patois que 
parie le peuple dans cette ville et les alentours et il pouvait facile- 
ment soutenir une conversa tion, bien qu'il ne comprlt pas le bon 
Allemand. 

3 



— 34 — 

pire qu'exerce sur nous une erreur, une fois établie, surtoul 
quand cette erreur flatte notre amour-propre national et se 
prète à de poétiques illusions que l'évidence méme n'y~fait 
rien. 

C'est précisément ce qui se passe des deux cótés de l'Aa. 

Ainsi nous autres Gallo-Belges ou Wallons, pour nous servir 
de l'expression de Bucberius dans son Belgium, nous sommes 
convaincus que nous descendons des Gaulois, de ces intrépides 
compagnons de Brennus que nous sommes jaloux de pouvoir 
compter au nombre de nos aieux, et nous regardons les habi- 
tants de nos faubourgs et nos voisins de l'autre coté de la rivière, 
parce qu'ils parlent une langue que nous ne comprenons plus, 
comme des étrangers qui seraient venus s'établir sous nos 
murs et auraient occupé tout le Nord de la Gaule-Belgique. 

De leur coté, les savants de la Fiandre, après avoir d'abord 
soutenu l'antiquité de leur langue et cherché à établir son 
identité avec le Cellique, ont fini par adopter notre propre 
système. Aujourd'bui ils se posent bravement en face de nous 
et ils semblent nous dire : non, nous ne sommes pas Gaulois ; 
mais nous sommes les descendants des Saxons et des Francs, 
de ce grand peuple qui sous ces deux dénominations a conquis 
à la fois la France et l'Angleterre. Nos pères ont vaincu les 
vótres et c'est leur langue que nous parlonsencore aujourd'bui. 

Ainsi, des deux cótés l'on n'a envisagé la question qu'au 
point de vue des nationalités telles que les avaient faites le 
regime féodal et les divisions politiques, sans tenir aucun 
compie de l'état de choses antérieur et primitif et Fon en a 
conclu à une distinction de race et d'origine. Des deux cótés 
on est parti, comme d'une base certame, de l'opinion généra- 
lement admise que tous les Gaulois en general, à quelque bran- 
che de la nation qu'ils appartinssent, parlaient une seule et 
méme langue, le Celtique, dont les patois de la Basse-Breta- 

r 

gne en France, du Pays de Galles, de l'Irlande et de l'Ecosse, 
dans les Iles Brìtanniques, sont comme le dernier débris ; que 
c'est de cette langue mélée au latin qu'est née la langue Fran- 



— 35 — 

gaise et que par conséquent le théotisque doit étre une impor- 
tatici! de la Germanie postérieure à l'epoque Gallo-Romaine. 

Il importe donc avant tout d'examiner si cette opinion géné- 
ralement admise, qui est le point de départ de tous les systè- 
mes, correspond à un fait réel. C'est de cet examen que doit 
sortir la solution de la question posée plus haut : d'où vient le 
théotisque Belge et à quelle epoque s'est-il introduit dans nos 
contrées ? 

Les Gaules, lors de la conquéte romaine, étaient divisées en 
trois parties qu'habitaient, savoir : Au midi, les Aquitains, au 
centre, les Celtes, au nord, les Belges, à partir de la Seine. 
Avant de pénétrer dans cette dernière contrée, « Cesar s'en- 
» quit auprès ues Belges eux-mémes du nombre et de la puis- 
» sance de leurscités, des forces qu'en temps de guerre elles 
» pouvaient mettre sur pied, et voici ce qu'il recueillit : La 
» plupart des Belges sont issus des Germains. Ayant traverse 
» le Rhin à une epoque reculée, ils se sont établis dans cette 
» contrée à cause de sa fertilité et ils en ont expulsé les Gau- 
» lois. » C'est Cesar lui-méme qui nous donne ces détails dans 
ses Commentaires. « Tous ces peuples, dit-il encore ailleurs, 
» en parlant des Belges, des Celtes et des Aquitains, diffèrent 
» entr'eux de langage, d'institutions et de lois ! . » 

Il suit donc de là : 1° que les Belges, dont faisaient panie 
les Morins, parlaient une langue differente de celle des Celtes, 
leurs voisins ; 2° que cette langue, puisque les Belges étaient 
pour la plupart issus des Germains, devait étre un dialecte de 
l'idiome germanique, ou théotisque. 

1 Cùm ab his quxrerel qua civitates quantseque in armis essent et 
quid in bello possente sic reperiébat : plerosque belgas esse ortos 
a germanis, Rhenumque antiquitùs transductos, propter loci fertili- 
iatem ibi consedisse : Gallosque qui ea loca incolerent expulisse. 
;Coesar. Gomment. lib. lì).— Hi omnes LINGUA, INSTITUTIS, LE- 
# GIBUS inter se differunt. (Ibid. lib. I). — Temporibus priscis, cùm 
lalerent hfz parles, ut barbara, tripartita fuisse creduyxtur in Cel- 
tas eosdemque Gallos divisa et Aquitanos et Belgas LINGUA, INSTI- 
TUTIS, LEGIBUSQUE discrepandes. (Ammien Marcellino 



— 36 — 

Les faits sont parfaitement d'accorò avec ces renseignements 
fournis par Cesar et confirmés par les géographes et les histo- 
riens qui sont venus après lui. 

Panni les peuples Belges, les plus puissants étaient les Ner- 
viens et les Trévires, dont la ville, Trèves, était sous les 
Romains la métropole de toute la Gaule-Belgique. Ces peuples 
se faisaient particulièrement gioire d'étre issus des Germains. 
« Les Trévires et les Nerviens, dit Tacite, à l'égard de l'attri- 
» bution qu'on leur fait d'une origine germanique, eux-mémes 
» l'ambitionnent. Il leur semble que cette gioire du sang les 
» mette à l'abri du reprocbe de ressembler aux Gaulois et de 
» partager leur inertie f . » La langue de ces peuples devait 
donc étre tout particulièrement un dialecte germanique. Or, 
saint Jerome nous apprend que de son temps, au iv e siècle, les 
Galates, ancienne colonie Belge établie en Asie plus de 300 
ans avant l'ère chrétienne, parlaient la méme langue que celle 
de Trèves *. La peuplade la plus puissante parmi les Galates 
était celle des Tectosages qui se subdivisait en trois tribus : 
les Tectosages proprement dits, les Tosiopes et les Teutobodes. 
Les deux premiers peuples étaient Belges, les troisièmes 
étaient Teutons d'origine ; mais tous trois parlaient la méme 
langue, c'est Strabon qui le dit *. 

Ces faits prouvent : \° que la langue de Trèves que che 
Saint-Jéróme, parce que cette ville était la capitale de la Gaule- 
Belgique, était d'origine germanique comme le peuple qui la 
parlait ; 2° que cette langue était commune à tous les Belges, 
méme à ceux qui avaient émigré en Asie sous le nom de Gau- 
lois ; 3° qu'après sept siècles cette méme langue n'avait pas 

1 Treveri et Nervi circa affectationem Germanie® originis ultrò 
ambitiosi sunt, taoquàm per hanc gloriam sangui ni s, à similitudine 
et inertià Gallorara separentur. (Tacit descriptio Cermanioe XXVIII). 

* Div. Hieronym . in secund. lib. commentar, ad Galatas prose- 
mium ; opera t. VI, pag. 299 edit. 1579. 

• Strabon, t. XII p. 567. — Histoire des Gaulois, par M. Amédée 
Thierry, t. I CT p. 350. 



— 37 — 

changé, méme daos une ville qui était le siége des principaux 
officiers roraains et où par conséquent le latin devait dominer. 

Mais après l'établissement des Francs dans les Gaules qu'est 
devenu cet ancien idiome des Belges ? Avait-il déjà fait place 
au latin corrompu devenu plus tard la langue franqaise, ou 
avait-il disparu devant la langue des vainqueurs? 

Ces deux hypothèses sont également inadmissibles. « Il est 
» si difficile, dit M. Magnin, dans l'article cité plus haut, de 
» contraindre un peuple à quilter sa langue que les Romains, 
» malgró tous leurs efforts pour imposer aux vaincus le joug 
» de leur langue avec celui de la servitude, selon Fénergique 
» expression de saint Augustin, ne purent abolir Tusage du 
» grec, du punique, ni du Gaulois. Au ITI 6 siècle, l'Afrique 
» et les Gaules avaient si peu renoncé à leurs langues indi- 
» gènes que la loi romaine fui obligée de tolérer la rédaclion 
» de certains actes civils en punique et en Gaulois, lingua 
» Punica tei Gallicana ! . Saint Jerome nous attesle que de 
» son temps les habitants de Marseille méritaient encore la 
» dénomination de Trilingues, que leur avait donno Varron, 
» parce qu'ils parlaient trois langues, le grec, le Gaulois et le 
» latin 2 . En Auvergne, ce ne fut que vers le v e siècle que la 
» noblesse se decida à étudier la langue latine *. » 

Nous avons une preuve bien plus frappante encore de cette 
énergique résistance des idiomes gaulois dans la perpétuation 
du Basque et du Celtique jusqu'à nos jours. 

Or, s'il en a élé ainsi dans le midi et le centre de la France 
où le latin s'est propagò de bonne heure et a jeté de profon- 
des racines, combien les Belges qui ont lutté si longtemps 
contre la domination romaine et ont toujours conserve quelque 
chose de la rudesse primitive qui faisait le fond de leur carac- 
tère, gens aspera Belgce, n'ont-ils pas dù se montrer bien 
plus indociles encore au joug de la langue latine? » Je ne crois 

1 Domit. Ulpian lib. II fideicommissorum digest. XXXI tit. l er g 2. 
* D. Hieronym. loco citato, p. 297. 
3 Sidon. Apollin. lib. II epist. III. 



— 38 — 

» pas, dit M. Bonamy, (Mémoire* de l'Académie des Inscrip- 
» tions) qua l'exception des parties meridionale* de la Belgi- 
» que, la langue latine ail été en usage chez les Belges, 
» comme elle le fot dans la Gaule-Celtique et dans la Gaule- 
» Aquitanique. Il est vrai, ajoate Dom Grenier qui reprodait 
» cette observation, que Sidoine Apollinaire disait sor la fin 
» da règne de Mérovée que la langue romaine étaìtabolie 
» depuis longtemps dans les villes de la Gaule-Belgique ; il 
» répondait au comte Arbogaste qu'il avait relrouvé dans son 
» style la majesté de la langue romaine : quòcirca sermoni* 
» pompa romani, si qua adhuc uspiam est, Belgici* olim, 
» site Rhenanis, abolita tetri* in te resedit f . » 

Qoant aux Franes, ils ne cherchèrent pas à imposer leur 
(angue aux vaincus. Loin de là ; ils adoptèrent eux-mémes, 
pour la rédaction des actes et de leurs coutumes, la langue 
latine qui élait restée celle de l'église. 

Comment se fait-il done qu'à partir de l'établissement des 
Franes, il ne soit plus fait mention nulle pari de la langue des 
Belges, comme il est encore fait mention, dans le centre et 
dans le midi, du Gaulois et du Celtique ? € Parie Celtique, ou 
» si tu l'aimes mieux, parie Gaulois, pourvu que tu parles de 
» Martin, » fait dire Sulpice Sevère à Tun des interloeuteurs 
de sa vie de Saint-Martin écrìte sous forme de dialogue : 
Tu terò.... Vel Celticè aut si matti, Gallici loquere, dnm- 
modo jam Mar Unum loqueris \ « Dans un poeme dont Wal- 
« tharius est le héros, ce guerrìer contemporain d'Attila esi 
» reconnu pour Aquitain à son parler celtique : 

>» Celtica lingua probat te ex illà gente creatura 
» Coi natura dedit reliquas 1 udendo procure *. » 

Dans la Gaule-Belgique, en dehors du latin et du roman, il 

1 Sidon. apollin. epistol. 17 lib. 4, — Dom. Grenier, Introducuon 
à Tbistoire generale dePicardie, p. 155. Ména. desAntiq.de Pìcardic. 

5 et * Journal des Savants, 1844. — Vita sancti Marlin. XX. — 
Poésies populaires latines, p. 350 v. 765 et seq. 



— 39 — 

n'y a qu'une seule langue, le théotisque. C'est en cette langue 
et en roman, in rusticani romanam lìnguam ani theotiscam 
que les conciles de Tours, de Reims, de Mons et de Mayence 
recommandent aux óvéques de traduire les homélies pour en 
rendre l'intelligence facile à tous. 

On ne peut supposer comme on l'a fait, que le théotisque 
ait été seulement la langue des *eigneurs Francs ; nous avons 
dójà démontré quii ótait parlò par le peuple. Cette hypothèse 
est d'autant plus inadmissible que d'une part elle suppose 
elle-méme, ce dont le contraire vient d'étre démontré, qu'au 
v e siècle toute la population de la Gaule-Belgique aurait aban- 
donné sa langue pour parler le latin ou le roman rustique et 
que d'autre part, la question que nous cherchons à résoudre : 
qu'était devenu l'idiome des Belges, resterait sans réponse. 

Cette réponse est facile du moment qu'il est établi, comme 
nous l'avons fait, que l'idiome Belge était un dialecte de la 
langue Germanique et que cette langue a peu varie. Cai* 
l'idiome des Francs étant lui-móme un dialecte de la mème 
langue, ces deux dialectes ont été naturellement confondus 
sous la méme dónomination, celle de ihéotisque. On sait, en 
effet, que l'on comprenait sous ce nom, non-seulement la lan- 
gue Franque, mais encore l'Allemand, le Flamand et en gene- 
ral tous les idiomes issus du Teuton, comme le Gothique, qui 
joint à l'ancien Voice introduit par les Tectosages et les Aré- 
komites entre le Rhóne et les Pyrénées est entré, avec le latin, 
dans la formation des divers patois du midi. 

Le Flamand est donc à l'ancien idiorae des Belges ce que 
sont le Basque à l'ancien Aquitain et le patois Bas-Breton au 
Celtique. En voici une autre preuve : 

Les Gaules ont été originairement peuplées comme l'a été 
l'Italie, par deux courants de migrations venant l'un du Sud 
et de l'Occident, l'autre du Levant et du Nord : d'un có»é, les 
Grecs et les Ibères, de l'autre, la race Indo-Germanique ou 
Celtique. En Italie le mélange du Grec avec l'Indo-Germani- 
que a donne naissance au latin ; mais le Grec est reste la lan- 



— 40 — 

gue esclusive de la partie Meridionale et il en a été de méme 
de l'Indo-Germanique dans la partie Septentrionale de cette 
péninsule. Dans les Gaules, les mémes causes ont produit les 
mémes effets. Le mélange de l'ibère ou Aquitain avec l'Indo- 
Germanique a produit le Gallo-Celte ou Celtique proprement 
dit, mai? les deux langues sont restées pures ou presque pures 
Tune au Nord, l'autre au Midi f . 

La partie de la grande famille Indo-Germanique restée au- 
delà du Rbin se divisa dans la suite en trois branches, les 
Ingoinone* qui avoisinaient TOcéan, les Herminones au centre 
et les Istcevones qui comprenaient le reste de la nation : 
Proximi Oceano Ingoevones, medii Herminones, cceteri Istce- 
vones *. Au nombre des principales tribus des Ingoevones, 
Pline compte les Cimbres, les Teutons et les Cauques : Inge- 
cones quorum pars Cimbri, Teutoni et Cauchorum gentes, 
et il attribue la méme origine aux autres Germains de la Bai- 
tique 3 . 

Or, les Belges avaient la méme origine et parlaient la méme 
langue que Fune des principales tribus des Ingoevones, celles 
des Cimbres ; e' est ce qu'a établi M. Amedea Thierry par une 
foule de preuves *. Donc, les Belges étaient eux-mémes issus 
des Ingoevones et ils parlaient la méme langue que les autres 

1 Le nom de Celles s'appliquait priuiitivement non-seuleroent aux 
Gaulois mais encore aux Germains et à tous les peuples du nord de 
l'Europe. G'est ce qui ré sul te du témoignage des bistoriens cités par 
Plutarque in Mario. Ephore la donnait comme une denominati on 
géographique qui comprenait tous les peuples d'Occident. Dion Cas- 
sius au in siècle de notre ère ne donne pas d'autre nom aux Ger- 
mains Transrhénans et il fait cette observation bien remarquable au 
livre 39 de son histoire : Anliquissimis temporibus, populi isti ad 
utramque Rheni ripam colente*, Geltce appellati sunt. G'est en ce 
sens qu'Appien appelle les Gimbres Celtas et Libanins, les Francs 
une nation celtique, gentem Celticam. 

5 Tacite descriptio Germania § 2. 

3 Pline, Histor. naturai. Lib. IV cap. 14. 

4 M. Amédée Thierry, Histoire des Gaulois, intioduct., p. L1X et 
suivantes, 



— u — 

peuples qui faisaient partie de cette grande branche de la 
nation Germanique. 

Que devrait-on penser si le Flamand était aujourd'hui la 
langue commune de tous les peuples qui occupentsur les bords 
de TOcéan et de la Baltique la position géographique des an- 
ciens Ingcevones ? (Test évidemment que le Flamand est l'an- 
cien idiome Belge. 

Eh bien, ce fait existe : la langue flamande étend son empire 
non-seulement sur les provinces de la Fiandre et de la Hol- 
lande, mais encore sur toute la partie nord des anciens cercles 
de Westphalie, de la Haute etBasse-Saxe, de la Prusse Orien- 
tale et Occidentale ; elle est parlée depuis la rive droite de 
TAa et Dunkerque jusqu'à Koenigsberg. Il en est ainsi depuis 
les temps les plus reculés. Un savant philologue, M. Lebroc- 
quy, Fa démontré dans ses Analogies linguistiques, par des 
Chartres des xm e et xiv e siècles et une foule d'autres docu- 
ments. Donc le Flamand et l'ancien idiome Belge sont bien 
une seule et mème langue. 

De là le rapport intime qui exisle entre le Flamand et sur- 
tout entre nos anciens noms de lieux et TAnglo-Saxon, cette 
ancienne forme de la langue des Tngoevones dont les monu- 
ments sont parvenus jusqu'à nous f . De cette langue sont nés 
l'Anglais, le Danois, le Suédois, Tlslandais et le Norwégien, 
langues qui ont aussi la plus grande affinité avec le Flamand. 

Maintenant si de ce rapprochement des langues nous passons 
à celui des traditions populaires et mythologiques, le résultat 
sera peut-étre plus frappant. 

Il estpeu de personnes qui n'aienlentendu parler du Neckre, 
ce genie malfaisant des eaux qui, dans les contrées septentrio- 
nales, prend mille formes diverses, garde l'entrée des golfes 

1 Ab bis tribus tota Germania, qua? primis temporibus una lingua 
utebatur, paulatim facta est trilinguis. Nam ab Ingevonibus habe- 
mus linguam Anglo-Saxonicam, ab Istwvonibus Gothtcam, ab Her- 
minvonibus Francicam et Alamannicam. (Watcher Glossor. Germa- 
nie, praefatio XLI). 



— 42 — 

et à qoi il faut ehaqae année une fictime hamaioe. Cet esprit 
aquatique porte à peu près la méme dénomination chez tons 
les peuples d'orìgine gennaniqne : Nak, en Norwégien ; Neh, 
en Suédois ; Nisse, antrefois Xicks, en Àllemand ; Niken et 
Nacheri, en Danois, en latin barbare, Nocca ; Ncek, Necker, 
en Bas-Allemand, en Hollandais et en Flamand. De là le 
noni de Neckur, sous leqnel les Seplenlrionaux designerei 
Neptune. 

Les Morins ont eu aussi lenr Neckre et le souvenir de celle 
ancienne divinile des eaux n'es! pas encore entièrement perdu 
dans nos campagnes. 

Ecoutons ce qu'en disait au xvn e siede notre poete Simon 
Ogier : 

« Il est à Saint-Omer un fantòme qu'on appello vulgaire- 
» ment Le Necre. Il erre et circule qh et là à travers la ville 
» pendant la nuit. Il prend différentes formes. Il apparait 
» mélamorphosé tantót en boeuf, tantòt en ane, tantòt en che- 
» vai, tantót en bélier ; il prend la figure parfois d'un singe, 
» parfois d'une chienne ; ici c'est un molosse, là c'est un 
» ours ; d'autrefois il se montrc sous Faspect d'un homme et 
» d'autrefois sous l'aspect d'une femme. Enfin c'est un véri- 
» lable Protée que nolre Necre, imitant touies les figures, 
» toutes les formes et prenant felle physionomie qn'il lui 
» plaìt f » 

Mais c'est à tori que Simon Ogier qui ne paraìt pas se douler 
que les Flamands et tous Ics peuples septentrionaux issus des 
Germains avaient aussi leur Xecker qu'ils confondaient et con. 
fondent encore avec le diable, assiraile le Necre Audomarois 

1 st quoddam spectrum Audomaropoli, quod vulgo Le Necre,... 
appella tur et noctu per urbem huc illuc oberrat et obambulat, et se 
in varias fìguras transformat, modo bos, modo asinus, modo equus, 
modo aries videtur, nonnumquàm caniculse, intcrdum ut molossus, 
interdum ut ursus coospicitur ; quamlòquc viri, quandòque mulierìs 
speciem muta tur. Denique hic Proteus noster omnium fìguras et 
formas imitatur et sibi quàm vult faciem adsiscit.... Simon Oger. 
ptymologiff. 5. 160i\ 



— 43 — 

au Gobelin. Ce dernier, esprit familier et domestique, appar- 
tieni à une autre famille de génies, celle des lulins. Il est 
connu en Angleterre comme en France sous le nom de Goblin, 
en Fiandre sous celui de Gauwelin (folàtre, du mot gauw, 
preste agile) , ou sous les diffórentes dénominations de Kabouter- 
Manneken, Bitebau, Nacht-Spoock, etc. ; et chez tous les 
autres peuples Germaniques on l'appello Kobold ou Covelein. 
« Le credule vulgaire, dit Schrezius, a imaginé certains esprils 
» visibles qu'il suppose habiter dans les réduits obscurs des 
» maisons ou dans un tas de bois. On leur fournit là en abon- 
» dance toute sorte de nourriture parce que, dit-on, ils appor- 
» lent à ceux qui les nourrissent ainsi, le blé qu'ils volent 
» ailleurs dans les greniers f . » 

Le Gobelin n'est plus guère connu chez nous que panni les 
matelots ; ils font peur aux novices de ce prétendu fantóme 
qui, ainsi que l'indique le mot flamand Gauicelin, n'est sou- 
vent qu'un farceur ou un filou. 

Le Neckre au contraire est un genie beaucoup plus sérieux. 
Ses apparitions, quelle qu'en soit la forme, annoncent toujours 
un sinistre événement. Dans le canton d'Audruicq on l'appe- 
lait aussi le fantóme de VAa. Au surplus le Neckre habite in- 
differemment toutes les rivières et il n'est pas encore très rare 
d'entendre une mère dire à son fils qui joue trop près de l'eau : 
garde à ty, eh' Neckre i va t'preindre. Mais le plus commun 
de ces génies malfaisants est le Neckre à V canne. Il se montre 
sous la forme d'un grand chien noir ou d'un barbet, en flamand 
Waterhondt, chien d'eau, trainant au cou une longue chaine ; 
de là son nom. Parfois dans le silence des nuits, on entend 
relentir au loin le bruit de cette chaine, et lorsqu'il y a quel- 
que malade dont la dernière heure approche ou qu'un malheur 
doit fondre sur une famille, on le voit róder autour de la mai- 
son. Tels sont les récits dont on s'entretient encore qk et là 
dans nos campagnes, l'hiver, pendant les longues soirées. On 

Schrerezius Glossar, Germanie. V° Kobolt. 



— 44 — 

ne saurait se figurer l'impression profonde qoe produisent sur 
cerlaines gens ces lugubres bistoires dont l'on cite les témoins 
de vim. 

De semblables traditions existent encore aussi dans le Bou- 
lonnais et c'est peut-ètre au téjour de ce genie qu'une om- 
breose et cbarmante vallee voisine de Boulogne, celle du De 
Xackre (De Nackre (dal), la vallèe du Neckre] doit son nom f . 

1 Noas croyons faire plaisir à nos lecteurs en reproduisant iei une 
elegie mytho logie, encore inèdite, qui caractèrise la croyance qu'a- 
vaient nos ancètres dans cette divi ni tó des eaux en mème teinps 
qu'elle ex pi i que la crai n te superstitieuse qu'èprouvent encore qucl- 
ques personnes de la campagne pour traverser la vallèe du De Nackre 
pendant la nuit. 

Exauce ma prióre, ò Neckre esprit des eaux ! 
Mes jours s'ècoulaient tous aussi purs que tes flots, 
Anssi rìants qu'un ciel se rei n et sans nuages ! 
Mais hélas ! aujourd'hui voici que les orages, 
La foudre du malheur a sillonué mon front !.... 
Neckre, par pitie, vengo raoi d'un aflfront, 

Écoute : il est à Gessorie Boulogne 
Un gnerrier brave et valeureux. 
Jamais le sol de la patrie 
N'a produìt sang plus généreux. 
11 m'aimait, je l'aimais, nos ànies 
S'unissaient dans la mème ardeur 
Kt de deux coeurs nos douces fi ani in es 
Ne formaient plus qu'un mème coeur. 

Mais une amie à l'air candide, 
Au cceur déloyal et trompeur, 
Osa détruire, la perfide, 
L'édifice de mon bonheur. 
D'Yvon inconstant et peu sage 
Me ravissant l'affection, 
Elle fuit avec le volagc 
Vers sa bianche Ile d'Albion. 

Si c'est à toi puissant genie 
Qu'appartient l'empire de Feau, 
Neckre, au port de Gessorie 
Ramène Yvon et son bateau. 



— 45 — 

A coté du genie des eaux, tous les peuples issus des Ger- 
mains ontleur syrène'ou femme marine. C'est, en Allemagne, 

Mais garde-toi dans ta colóre 
Sur lui d'appesantir ton bras, 
Épargne une téle si chère 
Ou, Neckre, ne m'exauce pas. 

(Tétait ainsi qu'Aline aux bords de la rivière 
Au grand esprit des eaux adressait sa prière. 
Ce genie liabitait dans le riant vallon 
Auquel dans tous les temps il a donne son noni. 

A peine elle avait dit qu'une horrible tempéte 
Des arbres en sifflant vient incliner le faìte. 
Des nuages épais, sillonnés par l'éclair 
Obscurcissent le ciel, appesanti ssent Fair ; 
On dirait que la terre en sa base ébranlée 
Soit au fatai moment d'engloutir la vallèe. 
Tremblante de frayeur Aline est à genoux, 
Craignant d'avoir du dieu provoqué le courroux. 

Soudain jaillit de l'onde une colonne bianche 
Qui rctombe en cascade et comme une avalanclie : 
L'air autour se condense en un épais brouillard 
Et la colonne a pris l'aspect d'un grand vieillard, 
G'est le Neckre. 

« A ton tour écoute, jeune Olle, 
» Toi qui viens m'évoquer du fond de cet asile, 
» Lui dit rOndin, écoute : il est des soins plus grand s, 
» Pour moi que les soucis des volages amants ; 
» Il est un plus utile emploi de ma puissance. 
» Mais je veux bien pourtant montrer quelqu'indulgence. 
» Ta déloyale amie et ton ingrat Yvon 
» Ne pourront aborder au rivage Breton. 
» Ainsi je l'ai voulu : Va, rends toi sur la plage, 
» Tes yeux contempleront les débris d'un naufrage. » 

Le Neckre disparalt après ce bref discours : 
La rivière en son b't bientòt reprend son cours. 
La lumière du jour a reparu plus pure ; 
Un soleil plus brillant réjouit la nature ; 
Le vent n'agite plus les feuilles du vallon. 



— 46 — 

Ja Meerfrau, en Suède et en Norwège, la Havfriie, en Islande, 
la Margygr, en Angle terre, la Mermaid. Les marais de Saint- 
Omer et des alentours ont aussi leur Meertrouw ou Meergraue, 
en patois, Marie Grauette, la dame ou la vietile du lac. Cette 
syrène, à l'instar de ses consoeurs du Nord, attire à elle les 
petits enfants qui s'approchent trop près de la berge ou qui 
penchent la téte par-dessus les bords du bateau et les entrarne 
dans sa grotte de vase et de roseaux. 

Les Germains du Nord étaient fort adonnés à la magie, lls 
s'appliquent à l'elude des incantations, disait Tacite, incanta- 

Le coeur triste, inquiet sur le destin d'Yvon 
Aline à pas pressés a gagné le rivage 
Où la mer gronde encorc après qu'a fui Torage, 
Où formés en colline, et creusés en sillon 
Les flots sont teints de sablc et d'un irapur limon. 
Pour les yeux d'une amante ah ! quel affreux spectacle ! 
Du grand esprit des eaux s'accompl issai t Toracle. 
Aline se détourne et de crainte et d'horreur. 
Un fragile bateau que la vague en fureur 
Pousse sur les récifs qui hérissent la plage, 
S'entr'ouvre et ses débris flottent sur le rivage. 
Un homme est là voguant en habile nocher 
Sur un màt qu'il oppose aux pointes du rocher. 
Dans ce suprème effort où sa vigueur s'épuise, 
Si ce débris lui manque il faudra qu'il se brise 
Sur ces écueils que bat la mer avec fureur. 
Mais bèni soit le ciel ! un courant bienfaiteur 
L'entralne à l'Occident où la plage est unie 
Et sur le sable Yvon aborde plein de vie. 
Aline avec transport y rec/rit son amant 
Qui luì raconte alors comment un coup de vent 
Engloutit la bretonne avec tout l'équipage ; 
Comment il a pu seul échapper au naufrage 
SotàfeÉu sur la mer par un étre divin 
Qui commandait aux flots et lui tendait la main. 

A son premier amour désormais plus fidèle 
Des amants, des époux Yvon fut le modèle. 
Depuis lors le Denackre et ses bords verdoyants 
Furent le rendez-vous des malheureux amants. 



— 47 — 

tiortum studiis incumbunt. Olaus Magnus, archevéque d'Upsal 
au xvi c siècle, nous apprend qu'il en ótait encore ainsi de son 
lemps chez les Finnois et les Lapons. Pour provoquer l'extase, 
le delire magique, leurs enchanteurs se servaient d'un petit 
tambour sur lequel ils frappaient à coups redoublés en pro- 
nongant des paroles cabalistiques. Notre célèbre comique 
Régnard, qui fitunvoyage en Suède et dans la Laponie, en 
1681, fut témoin lui-mème de ces sortes de cérémonies dont 
on trouve la description dans le premier volume de ses ceuvres. 

La magie n'avait pas moins de crédit chez les Belges. Une 
allocution pastorale de Saint-Éloy, leur missionnaire et leur 
premier évèque, défend aux.Flamands nouvellement convertis 
de consulter les enchanteurs et les devins, d'avoir recours à 
eux dans leurs maladies et d'enchanter certainesherbes 1 . Le 
XII e canon du concile de Leptines, tenu en 743, était consa- 
crò à proscrire aussi les enchantemenls. Mais son titre seul, 
Ex incantationibus, est parvenu jusqu'à nous. 

Qui le croirait ? Une cérémonie magique analogue à celle 
des Lapons existe encore dans quelques-uns de nos villages, 
sous la forme d'un jeu d'enfants. 

Le mot magie s'écrit en Flamand toverye, magicien, tote- 
naer et enchanter par la magie, toveren. Le jeu d'enfants dont 
nous parlons et dont nous avons été maintefois témoins a con- 
serve tous ces uoms et s'appello en patois eindoverie. Voici en 
quoi il consiste. 

Celui qui consent à étre eindovéy s'étend de son long sur le 
dos, après s'étre préalablement dóchaussé. Ses compagnons, 
ceux qui doivent procéder à Tincantation , lui introduisent 
d'abord de Yendowir, c'est-à-dire de l'achillèe mille— feuiUes 
dans les narines, dans les oreilles et entre les doigts des 

1 Quoties aliqua infirmitas supervenerit, non quoerantur p rocca n- 
tatores, non divini, non sortilegi, non caragi.,. Nullus proesumat... 
hcrbas incantare. (Vie de Saint-Éloi, par Saint-Ouen, liv. II, chap. 
15, collection des histor. Frane, t. III. — M. Schayes,des Pays-Bas, 
avantet après ladomination Romaine, t. II, p. 71 \ 



— 48 — 

mains et des pieds. Puis iis placent près de sa tète un gros 
caillou sur lequel l'uit d'eux frappe à coups redoublés, mais 
en mesure, avec un autre caillou, en chantant sur un ton 
monotone ces paroles mystérieuses et cabalistiques : 

Eindove, eindove li marti oet, 
Les quate-r-pieds sur un cavet, 
Eindove, eindove li martinet, etc. 

et il continue ainsi pendant dix à quinze minutes sans inter- 
ruption jusqu'à ce que Veindoverie, le charme ait produit son 
effet. Lorsque les eindoveux jugent que l'opération est faite, 
que Yeindovéy parait bien endormi, ils se retirent à petit bruit. 
Peu à peu, ce dernier, laissé seul, semble se raminer. Tout- 
à-coup il se lève, mais il a peine à se tenir sur ses jambes, il 
marche en titubant comme un homme ivre, il est censo en 
proie à un sommeil magique, au som narabu lisine. Une puis- 
sance occulte s'est e m parò de lui et Tobsède, deus ecce deus, 
c'est la règie du jeu. 

Bientót les agaceries des petits enchanteurs qui l'observent 
à distance derrière les arbres et les buissons et lui adressent 
une foule de questions ironiques, le mettent en fureur; il 
mugit, il écume, il fait entendre des sons inarticulés, baccha- 
tur vates. Il s' avance, toujours en dormant et les yeux fermés, 
du coté où se font entendre les voix qui excitentsestransports. 
Il est censé ne pas y voir, mais il jouit d'une lucidile surnatu- 
relle qui lui permet de ramasser des pierres et de les lancer 
vers ses joyeux compagnons pour qui chacun de ses mouve- 
ments, chacune de ses chùtes, car il doit se laisser choir à 
plusieurs reprises, c'est encore une règie du jeu, sont l'objet 
de nouveaux éclats de rire et de nouvellesplaisanteries.Enfin, 
après un temps moral et lorsque tout le monde est fatigué, le 
charme cesse, Yeindotéy se réveille, il reprend avec Tusage 
de ses sens celui de sa raison Les jeunes enchanteurs revien- 
nent le trouver et les novices ne manquent jamais de Tinter- 
roger sur ce qu'il a éprouvé. 



t* 



— 49 — 

Si Yeindoverie , ce mode d'incantation dont les effets ne 
manquaient pas de rapport avec ceux du magnétisme, a cesse 
depuis longtemps d'étre pris au sórieux, il n'en est pas de 
méme de la vertu attribuée à la piante enchanteresse qui y 
jouait un si grand róle. Veindovoir ou comme on l'appelle 
encore, Yherbe eindovoise, l'achillèe mille- feuilles et le mille- 
pertuis ont conservò parmi un certain nombre de gens leur 
antique réputation. Seulement les croyances chrétiennes sont 
venues s'y méler et ces vieilles superstitions de nos pères ont 
vu tourner contre elles-mémes leurs propres armes. Car, 
moyennant certaines conditions, Yeindovoir peut devenir un 
antidote contre la magie. Ainsi, voulez-vous èrre preservò des 
sortilèges? Consultez une vieille femme du village et de pré- 
férence une vieille mendiante. Si vous avez sa confiance et 
qu'elle ose s'ouvrir à vous, — ce qui sera très-rare et en gene- 
ral on ne peut ètre mis au courant des superstitions de nos 
campagnes que lorsqu'on y a vécu enfant, à un àge od les 
bonnes gens qui y croient ne se défient pas de vous, — cette 
vieille pourra vous donner la recette suivante dont vous aurez 
à faire votre profit : Prenez un mille-feuilles ou un brin de 
Therbe Saint-Jean (le mille-pertuis) ; insérez-le dans un bou- 
quet de fleurs pour que le prétre ne le voie pas ; faites toucher 
ce bouquet au Saint-Sacrement dans Poetavo de la Féte-Dieu 
et placez cette herbe sous le seuil de votre porte. C'estun talis- 
man contre lequel tous les mauvais sorte viendront se briser. 
Un sorcier ou une sorcière s'avisent-ils d'entrer chez vous, 
vous les voyez arrétés sur votre seuil comme par une puissance 
invisible, faire des grimaces et d'horribles contorsions et se 
retirer tout confus. L'herbe Saint-Jean que vous aurez cueillie 
la veille de la féte de ce saint, à jeun, en lisant le dernier 
évangile de la messe, produira au besoin le méme effet. Vous 
pourrez apprendre aussi une foule de formules comme par 
exemple pour arrèter le feu, pour empécher les chiens de 
vous mordre, les vaches de vous heurter, pour vous guérir de 

4 



— 50- 
la colique, du mal de dents et d'une foule d'autres maux. 
Certes si le bon Saint-Éloy revenait parmi nous pour extirper 
des bas-fonds de nos villages et peut-étre un peu aussi de nos 
villes les derni ers vestiges de cette magie à laquelle les peu- 
ples du Nord se livraient avec tant d'ardeur du temps de 
Tacite, il aurait encore fort à faire et il trouverait sans doute 
peu de chose à changer à la lettre pastorale qu'il adressait aux 
Flamands du vn e siècle. Mais en revanche il pourrait féliciter 
nos villageois de ne pas étre initiés àun autre genre de supers- 
titions qui, pour étre à la mode dans un monde plus élégant 
et n'avoir pas le caractère d'une croyance religieuse, n'en 
vaut certainement pas mieux et ne saurait faire plus d'hon- 
neur à l'intelligence et au bon sens de scs adeptes. 

VEindoverie a dù étre également en usage dans la Picardie, 
car l'achillèe mille-feuilles porte aussi dans le patois picard le 
nom à'endovoir, comme dans nos contróes. Cette dénomina- 
tion ne peut provenir, comme le suppose M. l'abbé Corblet 
dans son Vocabulaire au mot endovoir, de ce qu'on aurait 
attribuó à cette herbe la propriété d'endormir. L'achillèe mille- 
feuilles, loin d'étre narcotique, est au contraire vulnéraire et 
astringente. Si on l'employait, comme agent, dans l'incanta- 
ti on, c'est évidemment parce que les légers picotements causés 
par ses feuilles radiées, un peu raides et excessivement tenues 
avaient la propriété de surexciter la sensibilité et de produire, 
joints à l'assourdissement, une irritation nerveuse qui chez 
certains sujets pouvait étre portée jusqu'au delire. 

Nous laissons de coté bien d'autres traditions, bien d'autres 
usages qui nous sont communs avec les peuples du Nord. Ce 
qu'il y a de remarquable c'est que ce ne sont pas seulement 
les choses qui sont les mémes, mais aussi les noms. 

Parlerons-nous des dénominations topographiques ? Nous 
trouvons des noms de lieu terminés en hem, hove ou hof, 
selle, berg et dal non-seulement dans les provinces qui avoi- 
sinent la mer du Nord et la Baltique, mais encore en Suède 
et en Norwége. Nous rencontrons méme dans ces deux der- 



* 



— 54 — 

niers États des noms qui sont identiquement les mémes que 
dans dos alentours, tels que Fatkenberg sur le Cattógat, en 
Suède, Nordal, Leerdal, Hove en Norwége. Ce royaume a 
aussi son Aa. Cette rivière dont nous voyons invoquer le nom 
pour établir que nos pères parlaient Celtique ne compie pas, 
dans les États Allemands, moins de vingt-deux homonymes *, 
parmi lesquels nous citerons : en Frise, YAa qui se divise en 
trois branches, le Wester-Aa, le Walder-Aa et le Treider-Aa; 
en Prusse, YAa qui passe à Munster ; en Courlande, YAa qui 
passe à Mittau ; YAa en Suisse, dans le canton de Lacerne ; 
YAa dans le canton de Zurich. Dans les contréesqu'occupaient 
les anciens Ingoevones, sur les bords de la Baltique, A signifie 
encore eau et Aa rivière *. De là le nom des iles Aland, terre 
de l'eau. Notker moine de Saint-Gali, en Suisse, au x e sièele, 
dans sa paraphrase des psaumes de David emploie le mot aho, 
dans le sens de fleuve pour designer le Nil et le Jourdain. Il 
traduit entre autres ce passage du psalmiste, les fleuves ont 
élevé la voix, par ces mots : aha huoben uf irò stimma 3 . 

Nous pourrions pousser ces rapprochements presqu'à l'in- 
fini. Mais ceux que nous venons de signaler suffisent ; nous 
ne pensons pas que le doute soit encore possi bl e. Le théotisque 
que Ton parlait à Saint-Omer, dans la Morinie, dans la Picar- 
die et que Fon parie encore dans nos faubourgs et depuis la 
rivière d'Aa jusqu'à Kcenigsberg est bien Tidiome des anciens 
Belges issus pour la plupart des Germains et différant de lan- 
gage avec les Celtes. 

Il s'en faut de beaucoup qu'au douzième sièele cette langue 
fùt dójà disparue de nos murs et de l'abbaye de Saint-Bertin. 

1 In hydrogr. lexìco Teutschl. nominantur 23 rivi vel fluvii qui 
aa... dicuntur. (Scbrezius loco citat v° Aha). 

* Aqua Anglo-saxonibus diciture a, plur. <m... Ubi observandum 
quod e, in voce Anglo-saxonicà diphtbongetur per a et quod ea mo 
nosyllabum sit... Similiter Septemtrlonalibus a, simpliciter positum 
aquam, diplicatum flumen denotat... (Wacbter loc. cit. v° Ach). 

» Ibid V is Acha et Slimm. 



— 52 — 

Car à cotte epoque méme, en 4424, les moines de ce monas- 
tère choisirent pour abbé Fun de leurs frères nommé Jean, 
non-seulement parco que c'était un personnage honorable 
mais encore parce qu'il était disert et cola, dans la langue 
teutonique : Quendum Johannem, persona honorabilem, lin- 
gua theutonica disertum 4 . 

Toutefois uous devons constater aussi qu'à cotte méme epo- 
que le roman était parie dans une partie du diocèse de Thè- 
rouanne. Car 25 ans auparavant, en 4099, les chanoines et 
les abbés ayant procède à l'élection d'un nouvel évéque des 
Morins, firent tomber leur cboix sur Jean, chanoine du Mont- 
Saint-Éloy, qui connaissait parfaitement le latin, le roman et 
le teuton : Lingua latina, romana et theutonicd adprimè 
eruditum *. 

Mais comment et à quelle epoque le roman s'est-il introduit 
dans la Morinie et à Saint-Omer en particulier? 

On ne peut douter que le latin ait été parie dans toutes les 
anciennes villes de la Gaule-Belgique et notamment dans 
celles de la Morinie. « Il y a une distinction importante à 
» établir, dit M. Magni n, entre les populations urbaines et les 
» populations rurales. Les habitants des grandes villes acqui- 
» rent et conservèrent plus longtemps que d'autres Tusage ou 
» du moins l'intelligence de la langue latine \ » Telles durent 
étre ceiìes de Boulogne et de Thérouanne qui étaient pour les 
Romains deux centres d'occupation d'autant plus importante 
que ces deux villes étaient, du còlè nord, les deux dernières 
du littoral de la Gaule. 

Les empereurs romains avaient fait de Boulogne un arsenal 
maritime et un vaste port où stationnait une flotte destinée à 
arréter les incursions incessantes des Saxons et des Francs. 
Aussi cette ville fut elle souvent le séjour momentané des 

1 Cartular. Sithiense, p. 200. 

* Ibidem, p. 266. 

* Journal des Savants, 1844, déjà cité. 



i 3 



— 53 — 

Césars. Elle devint méme la capitale et le siège de l'empire 
éphémère de la Bretagne et de» Gaules que Carausius, suivant 
l'exemple de tant de légionnaires, s'était fait adjuger par ses 
soldats. Au cinquième siècle, Boulogne avait le rang de cité. 
Son ancien pbare, ses anciensmurs détruits par les Normands, 
les tombeaux, les inscriptions et les nombreux vestiges d'anti- 
quité qu'on y rencontre encore sous le sol, nous prouvent 
qu'une partie du moins de la population de cette ville était 
Roma ine. 

Il en était de méme de Thérouanne, capitale de la citò des 
Morins et d'une partie de celle des Ménapiens. Cette ville dont 
Cassel n'était pour atnsi dire qu'un poste avance, s'éleyait 
comme le dernier rempart, comme le dernier foyer de la civi- 
lisation romaine aux abords de la vaste contrée toute couverte 
de bois et de marais qui formait entre l'Océan et Tournai 
Pextréme nord de la Gaule, extremique horninum Marini. 
Thérouanne était le siége des autorités romaines de cette partie 
des Gaules et d'un relai de poste qui desservait les chaussées 
de Bavai par Cassel et Tournai, de la cité des Vermandes et 
de Reims par Arras et Cambrai et celle de Boulogne. A ces 
chemins de poste indiqués dans l'itinéraire d'Antonin venaient 
se rattacher les chaussées d'Amiens, de Sangate et de Wissant. 
Cette malheureuse ville a été cinq fois détruite et cependant 
au milieu de ces ruines de tant de siècles, accumulées les unes 
sur les autres, on découvre encore chaque jour des objets 
d'art dont l'origine romaine est incontestable *. 

Certes, on admettra sans peine qu'après plus de quatre 
siècles d'occupation par les Romains, le latin a dù étre fami- 
lier aux habitants de Boulogne et de Thérouanne et de là se 
répandre Qa et là dans les alentours. Nous ne pensons pas que 
ce soit aller trop loin que de nous figurer ces deux villes dans 

1 L'un de nos concitoyens, M. Albert Legrand, possedè dans son 
cabinet une riche et précieuse collection de ces antiquités romaines 
recueillies dans les fouilles qu'il a fait pratiquer à Thérouanne. 



— 54 — 

le méme état par rapport au latin que le sont aujourd'hui les 
villes flamandes par rapport au franqais. Bucherius disait, en 
4 656, il y a juste deux siècles, qu'il n'y avait plus un Braban- 
Qon ou un Flamand d'une condition tant soit peu honorable 
qui n'eut rongi de ne pas savoir le franqais ; que cette langue 
était celle de la Cour du Prince, de toute la noblesse et méme 
du Parlement de Malines *. « Je crois que toute la classe noble, 
» parmi les peuples vaincus, dit M. Villemain, apprit correc- 
» tement la langue latine et oublia presque la sienne ; mais 
» vous concevez qu'il n'en était pas de méme du peuple. Il 
» apprenait le latin comme il pouvait ; il était bien obligé de 
» le savoir, puisque les ordres du maitre étaient promulgués 
» dans cette langue. Cependant il gardait quelque souvenir de 
» la sienne, ou, quand il parlait la langue latine, il l'altérait à 
» sa manière *. » Nous pensons donc qu'on parlait latin à 
Boulogne et à Thérouanne à peu près comme on parie aujour- 
d'hui franqais dans les villes de Bergues, de Cassel, de Bail- 
leul et d'Hazebrouck ; que plus on s'éloignait du rayon de ces 
deux villes vers le Nord et le Nord-Est, plus le latin devenait 
rare, et que, dans le pays des Ménapiens, dans les Flandres 
actuelles et le Brabant où il n'y avait pas de ville, ni aucun 
centre important de population, on ne le parlait pas du tout. 
Ces contrées, entièrement couvertes de foréts et de marécages, 
ne furent jamais qu'imparfaitement occupées par les légions, 
et les peuples qui les habitaient causèrent plus de dommages 
aux Romains qui les envahirent que cenx-ci ne purentleur en 
faire a eux-mémes, c'est Dion Cassius qui le dit *. Mais plus 

1 .... Prorsus ut FJandrum Brabantumve paulò honestiorem pudeat 
gallica non scire ; quod prìncipis aula, nobìlitas omnis, adeoque su- 
premunì ipsum Ma hi ini© par 1 amen tum, tametsi inter theotisce lo- 
quentes, constitutum, jam inde à prima sui orìgine sub Burgundi© 
ducibus gallico loqnì assueverat. (Bucherius in Belgio'; . 

* Littérature au Moyen-Age, deuxième le^on. 

3 Nam illi Morioi et Menapii qnia non in urbibus, sed in tugurìis 
babitabant, rebus suis pretiosissimis in densissimas silvas collatis, 



— 55 — 

on avan^ait au contraire vers l'Artois et la Picardi e dont les 
habitants étaient beaucoup moins sauvages et où Ton rencon- 
trait de grands centres de population, plus le latin était ré- 
panda. Ce qui proave l'influence qu'ont exercée les villes par 
rapport à la propagation de la langue latine, e' est que, dans le 
Hainaut, qu'habitait la tribù Belge la plus puissante, celle des 
Nerviens qui, ainsi qu'on l'a vu se faisait gioire de descendre 
des Germains, le roman-wallon a été parie à la méme epoque 
que dans les provinces les plus voisines du centre de la France. 
Cette langue y a été méme employée plus tòt à la rédaction 
des actes publics. Le roman s'était répandu plus avant encore, 
jusqu'au-delà du Rhin, puisque le 2 e canon du concile de 
Mayence, de 847, imposait au clergé, comme ceux de Tours, 
de Reims et de Mons, l'obligation de traduire ses homélies 
en roman et en théotisque * . 

Nous avons cité plus haut la lettre dans laquelle Sidoine 
Apollinare écrivait à Arbogaste, vers la seconde moitié du 
cinquième siècle, que la majesté de la langue romaine, c'est- 
à-dire ia bonne latiniré, était depuis longtemps abolie dans les 
provinces Belgiques. Si le latin qu'on écrivait était plein de 
barbarismes, il avait encore du moins la forme latine. Il n'en 
était plus de méme du latin que parlait le peuple. Déjà dès le 
vn e siècle on n'observait plus la différence des cas. Aux ter- 
minaisons déclinables us, um, on avait substitué la terminaison 
fixe o qui domine encore dans les langucs nóo-latines du midi. 
Les premières chartes de Saint-Bertin nous en offrent plusieurs 
exemples dans les noms de lieux. Tels sont ceux des diverses 
dépendances de Sithiu énumérées dans la charte d'Adroald : 
Villa Magnigeleca, Wiciaco, Tatingua Villa, Ahneio, 
Masto, Fabricinio, Losantànas Ad Fundenis, Malros, 
Alciaco, Laudardiaca Villa, Franciliaco. lei les noms en o 
sont au nominatif, dans une charte de 723 ils sont à l'accu- 

plus damni invadentibus fìomanis intulèrc quàm ab iss accepére. 
(D. Gassius, hist. roman. 1. 39. e. 44\ 
» Labb. t. Vili, col. 42. 



— 56 — 

satif : J'ai venda et transporté toutes mes villa* appelées 
Sethiàco.... Kelmiàs et Strato ainsi que Bklrinio *. 

La méme charte d'Adroald donne à l'évéque des Morins, 
Omer, à Bertin et a ses compagnons le titre de dom y dotnnus 
et Fon y trouve ce gallicisme remarquable que comprendront 
ceux qui entendent le latin, melius nobis donami consilium, 
il nous donna un meilleur conseil. 

Voilà donc un échantillon du latin rustique, du roman qu'on 
parlait à Thérouanne et dans les alentours au vii 6 siècle. Car 
la charte d'Adroald a été passée en présence non-seulement 
de l'évéque et du nombreux ci erge de Thérouanne mais encore 
des officiers royaux et des principaux personnages de cette 
ville, .coràm optimatibus urbis Tarruannicce, panni lesquels 
étaient le grafion Chunebert et le sagibaron Babonus. 

Mais ce n'est pas seulement leur langue que nous ont laissée 
les anciens maitres du monde. L'industrie et les arts qu'ils 
avaient apportés dans nos contrées leurs ont aussi longtemps 
survécu. En voici selon nous une preuve incontestable. 

A son arrivée sur les bords de l'Aa, Bertin s'établit avec ses 
compagnons sur la butte ou s'élève actuellement l'église de 
Saint-Momelin. « C'est en ce lieu, dit Folquin, que ce saint 
» homme consacrant à la gioire de Dieu toutes ses sueurs 
» eleva d'abord un noble tempie construit en pierres entre- 
» mélées de briques rouges, nobile templum lapidibus ru- 
» brisque lateribus intermixtum. Des colonnes placées de 
» proche en proche en soutiennent solidement sur leurs cha- 
» pitaux la voùte et les deux murs. La décoration intérieure 
» de cet oratoire répond à sa construction. Les pavés en sont 
» formés d'un assemblage de pierres de diverses couleurs in- 
» crustées en plusieurs endroits de lames d'or 2 . Celui qui 
» désirerait connaìtre la structure de ce tempie, ajoute Fol- 
» quin, peut l'aller voir de ses propres yeux. » 

1 Cartolar. Sitbiense, p. 18 et 49. 

1 Pavimenta, multicoloris petrarum junctura quoe pluiibus in locis 
aurea infìgunt Lammina. (Ghart. Sitbiense, p. 17). 



— 57 — 

Ce n'était assurément pas de la bourgade de Sitbiu que 
Bertin avait pu faire venir ces briques rouges et ces pierres 
et encore moins l'architecte qui a trace le pian de ce tempie, 
les ouvriers qui l'ont exécuté et qui ont construit ce dallage 
en mosaique qui exigeait, indépendamment de la próparation 
des matériaux, la main delicate et babile d'un artiste. Gar 
quelques lignes plus haut, Folquin nous dépeint le territoire 
de Sithiu comme une contrée partout deserte, per omnia in- 
venit deserta et comme n'offrant rien de propre aux usages 
de la vie que les poissons de ses étangs, nec ad usus hominum 

nwi prò capessendis squamigerorum generibus, quid 

unquam utilia. Où donc Saint-Bertin a-t-il pu puiser toutes 
ces ressources ? Il n'y avait alors dans tous les environs que 
la ville de Thérouannne qui pouvait les lui fournir et ce fait 
nous prouve combien la civilisation romaine avait jeté dans 
cette ville de profondes racines. 

On conQoit l'influence qu'a dù avoir par rapport au langage 
sur l'abbaye de Saint-Bertin et la ville naissante de Sithiu le 
voisinage de cette vieille métropole de la Morinie. 

La fondation de l'abbaye de Saint-Bertin fut pour le nord de 
la Morinie un immense bienfait. Ce monastère s'eleva aux 
bords de nos marais comme un phare qui rayonna sur ces 
contrées sauvages et presqu'inaccessibles la lumière de la foi 
chrétienne et avec elle celle de la civilisation et de l'industrie ; 
il donna naissance à un nouveau centre de population, à une 
ville qui ne tarda pas à rivaliser avec celle de Thérouanne et 
à la surpasser méme, comme place de guerre et comme cité 
marchande. Son école, dominica schola, fut comme une pepi- 
nière d'où sortirent une foule de missionnaires qui évangélisè- 
rent le pays. Tels furent notamment Saint-Winoc et ses trois 
compagnons qui convertirent la population des alentours de 
Cassel et fondèrent, sous les auspices de Bertin, le monastère 
de Wormhout, transféré dans la suite à Bergues. Dans celte 
école on enseignait aux enfants à lire et on les initiait à l'étude 
des lettres. Folquin nous a transmis le nom d'un de ces ino- 



— 58 — 

destes précepteurs préposés à l'école de Sithiu, ad imbuen- 
dam puerorum scolarti. On l'appelait Odold. 11 était très 
verse dans la science des lettres, erat enim litieraforid arte 
peritissimus l . 

Les cbanoines de Notre-Dame avaient aussi leur école. 
L'agiographe du ix e siede dont nous avons déjà parie, raconte 
Fhistoire d'un jeune sourd et muet qui était venu à Sithiu 
d'une contróe óloignée qu'il n'avait pu indiquer et qui recou- 
vra tout-à-coup miraculeusement la parole, gràce à l'interces- 
sion de Saint-Bertin. Les moines l'envoyèrent à Fècole des 
chanoines pour lui apprendre les lettres : miserunt eum ad 
canonicorum scolam litterarum studiis quantulò posset im- 
buendum f . 

On ne peut pas supposer que dans ces écoles ont ait exclu- 
sivement enseigné aux enfants les lettres latines. Il est bien 
moins probable encore qu on leur apprit à lire en théolisque. 
Car les hommes d'église, ceux-là méme dont le thóotisque 
était la langue maternelle le considéraient comrae une langue 
barbare, barbara Illa quarti Theutiscam vocant. Nous cite- 
rons à cet égard le témoignage d'un liomme qu'on ne saurait 
suspecter de partialité. C'est celui d'Otfried qui mit à exéeu- 
tion le projet d'une grammaire théotisque eonc,u, dit-on, par 
Charlemagne et qui, à la solltcitation de Louis-I e-Débonnaire 

1 Cartular. Sithiense, p. 37 et 147. — - dette célèbre abbaye qui 
nous a laissé un cartulaire de dix volumes in-folio, méritait assu- 
rément d'avoir un historien. Elle en a trouvé un digne d'elle dans 
l'un de nos concitoyens M. H. de Laplane, secretai re-général de la 
Société des Antiquaires de la Morinie. Sa biographie des Abbés de 
Saint-Bertin dont le premier volume seulement est publié et dont le 
second est encore sous presse, est aussi intéressante à lire par la ma- 
nière attrayante dont elle est écrite que par les faits qui y sont re- 
tracés. On sait que le premier volume vient de recevoir de l'Académie ^ 
des Inscriptions et Belles- Lettres l'honneur d'une mention très-hono- 
rable, fé second par ordre de mérite parmi huit autres ouvrages 
auxquels ce corps savant a également dècerne une semblable mention. 

8 Vita Sancti Bertin, Gap. 33, 



— 59 — 

auquel il dédia son oeuvre, traduisit en cette langue, dans le 
dialecte des Franca, les plus beaux passa ges des évangiles 
pour les faire chanter au peuple Yoici comment dans sa lettre 
à Luitbert, archevéque de Mayence, Otfried apprécie le théo- 
tisque frane et les difficultés qu'il éprouvait à Técrire : « r La 
» barbarie de cette langue, dit-il, de méme qu'elle est inculte, 
» indisciplinable et inaccoutumée à étre contenue par le frein 
» de la science grammaticale, est de méme aussi difficile à 
» écrire dans beaucoup de mots à cause de l'accumulation 
& des lettres et de leur consonne inconnue f . » Il est permis 
d'en conciare que, au temps de Louis-le-Débonnaire, dans la 
première moitié du ix* siècle, le théotisque n'avait pas encofe 
de grammaire et que, par conséquent, on ne l'enseignait pas 
dans les écoles. 

11 est donc on ne peut plus vraisemblable, bien que nous 
n'ayons à cet égard aucune indication précise, que, si dans les 
écoles des moines de Saint-Bertin et des chanoines de Notre- 
Dame on enseignait une autre langue que le latin, une langue 
vulgaire et usuelle, ce devait étre le latin rustique, le roman 
qu'on parlait à Thérouanne, à Boulogne, dans toutes les an- 
ciennes villes de la Gaule-Belgique et dont nous avons montré 
la trace non-seulement dans la charte d'Adroald et les ebartes 
postérieuresmais encore et surtout dans les registres et papiers 
domestiques de l'abbaye et du moine Guntbert. 

Ajoutons que dans la partie exotique de la population de 
Sithiu et principalement parmi les négociants et les marebands 
qui vinrent du dehors s'y établir et y formèrent cette bour- 
geoisie devenue déjà si puissante au xi e siècle, il devait se 
trouver un certain nombre de familles apparlenant soit à Thé- 
rouanne, soit aux villes et aux contrées voisines où le roman 
était déjà presque passe à l'état de langue vulgaire. 

1 Hujus linguce barbaries ut est inculta et indisciplinabilis. atquo 
insueta capi regularf freno grammatica) artis sicetiam in multis die- 
tis scriptu est, propter litterarum coogeriem, et incognitam sonpri* 
tatem difficilis. (Epistola ad Liptbert, archiepisc. Mogunt). 



— 60 — 

Telles soni selon nous, les principales causes qui contri- 
buèrent a grefler, si Fon peut s'exprimer ainsi, et à propager 
le roman au sein de nos populations toutes théotisques. 

Si du vii 6 au xi e siècle ses progrès dans la ville, paraissent 
avoir été lents et ne s'étre fait sentir qu'à la surface sans pene- 
trar dans la masse da peuple, ils durent étre plus rapides à 
partir de l'epoque où ce nouvel idiome fut, pour ainsi dire, 
monte sur le tróne avec les rois Capétiens. Toutefois le traité 
de Verdun (843) en dégageant la nationalité Franqaise de la 
nationalité Allemande avait produit une espèce de réaction en 
faveur du théotisque dans le comté de Fiandre qui formait 
comme une petite monarchie. Car on commenda dès lors à y 
cultiver cette langue qui y était considéróe comme un signe 
d'indépendance et de nationalité. Mais la création du Pays et 
de la Comté d'Artois à la fin du xn e siècle vint rompre le lien 
et la communauté d'intéréts qui rattachait Saint-Omer à la 
Fiandre. Cette séparation fit prendre dans ses murs un nouvel 
essor au roman. Le dialecte Parisien-Normand en honneur à 
la Cour et importò par Guillaume-le-Conquórant en Angleterre 
n'avait pas tarde à acquérir sur les autres dialectes une predo- 
minence marquée. Désigné plus particulièrement spus le nom 
de Frangais parce que c'était le dialecte des habilants de 
rile-de-France, il devint le type de la langue nationale, le 
roman classique qu'on enseigna dans les écoles et la langue 
de la chevalerie. Telle était la considéralion doni il jouissait 
sous ce dernier rapport qu'il fut presque mis au rang des 
vertus que devait posseder un chevalier pour étre accompli. 
Dans un petit poème intitulé : Urbanm ou le dictié d'Urbain, 
attribué à Henri I er , roi d' Angleterre, le rivai de Louis-le- 
Jeune, on trouve en effet ce précepte : 

Seiez débonnaire et corteis ; 
Sachez aussi parler franceis : 
Quar molt est langage alosié 
De gentil homme et molt amé. 



— 64 — 

Dans le roman de Jean et de Blonde, d'Oxford, l'auteur fait 
dire à celle-ci : 

Il est sages, beaux et courtois 
Et gentil bom de par francois, 
Miex valt sa parole frammise 
Que de Glocestre le ricoise 4 . 

La considération qui s'attachait à cette langue contribuait 
naturellement à sa propagation, non-seulement parmi les sei- 
gneurs et les gentilshommes, mais encore au sein de la ricbe 
bourgeoisie. Aussi, le xn e et le xm e siècle furent-ils comme 
un age d'or pour les trouvères et les maitres du beau langage. 
Les seigneurs du Nord se les disputaient. Philippe d'Alsace, 
corate de Fiandre, attira les plus célèbres d'entr'eux à sa Cour, 
entr'autres Chrétien de Troyes. Les comtes de Guìnes et les 
seigneurs d'Ardres transformèrent leurs donjons en petites 
académies. Les romans de chevalorie furent pour le Nord de 
la France eomme un réveil. Les histoires de Charlemagne et 
de ses pairs, du roi Arthur et des chevaliers de la Table-Ronde, 
racontées en franqais étaient plus goùlées et elles eurent plus 
de vogue dans les contrées où l'on parlait encore le théotisque 
qu'à Paris méme et dans les autres parties de la France où le 
roman était déjà depuis longtemps à l'état de langue vulgaire *. 

1 Revue Anglo-Francaise, t. IV, p. 65 et 68. 

1 Rien n'était plus populaire autrefois dans nos contrées que tous 
ces vieux romans de cbevalerie. Lambert d'Ardres nous montre son 
jeune seigneur Arnould, passant ses longues soirées d'hiver à enten- 
dre ses chevaliers lui raconter les histoires « de Karlomanno, de 

Rolando et Olivero et de Arthuro Britanni^ rege de Tristanno 

et Hisoldd de Merlino et Merchulfo, etc. » Les généalogistes des 
comtes de Boulogne faisaient descendre ces seigneurs de Léger, l'un 
des neveux du roi Arthur qui serait venu au-delà des mers recon- 
quérir en faveur de ce neveu les villes de la Morirne et celle d'A- 
miens. — Aujourd'hui encore dans nos campagnes, le roi Arthur 
est le chasseur aérien dont on entend parfois aboyer la meute au 
loin dans le calme des nuits. Il y a peu de villageois qui n'ait lu 



— 62 — 

Ce mouvement des esprits fit faire un pas immense à la langue 
franose ; elle penetra dans les villes méme de la Fiandre où 
elle était restée jusque là ignorée *. Mais cette revolution n'alia 
pas jusqu'à déraciner instantanément le théotisque au sein des 
populatións pauvres et ignorantes. La prépondérance du fran- 
cais lai assurait la victoire méme de ce coté, mais senlement 
pour l'avenir. Il faut bien admettre que le théotisque, désigné 
désormais sous le nom de flamand, est reste longtemps encore 
au fond de nos populatións, puisque, ainsi qu'on l'a vu, le 
magistrat de Saint-Omer au xvi e siècle rédigeait encore ses 
sentences criminelles en flamand et qu'à la fin de la méme 
epoque les échevins (TArdres réclamaient la faculté de tenir 
lenrs plaids et de rendre leurs jugements dans la méme langue. 

Ainsi, pour résumer ces observalions, le roman fut parie de 
bornie heure à Saint-Omer, mais seulement dans Tabbaye de 
Sainl-Bertin et par une faible partie de la population. Cette 
langue d'abord informe et differente snivant les localités, de- 
vint peu à peu, grace à l'enseignement des écoles, plus uni- 
forme en prenant pour type le langage parìsien. Parlée d'abord 
par les classes aisées de la société et une partie des populatións 
des villes, elle penetra peu à peu et à la longue dans les mas- 
ses, et au xn e siècle, le théotisque traqué pour ainsi dire de 
tous les cótés par cette langue rivale, avait entièrement deserte 

l'bistoire des Quatre Fils Aymon, de Gallien restaurò, de Valentin 
et Ourson, du Chevalier vert t de Buon de Bordeaux, etc, etc. 

1 On employa le roman-wallon à la rédaction des actes publics en 
Fiandre à une epoque aussi reculée et plus reculée méme que dans 
l'Artois et la Picaidie. M. le docteur Leglay et après lui M. Tailliar 
en ont publié plusieurs, notamment une convention entre Jeanne, 
comtesse de Fiandre, et Mahaut, dame de Tenremonde, datée de 
Courtrai en 1221 . — Nous avons sous les yeux un acte du méme 
genre, enoore inédit, passe en 1293 entre le prévòt de Watten et 
Jacques de Haulte-Maison, William de Brucet, Baudens Capei, Simons 
de Vlate et Jehan le Escos, esquevins et Coriers de Bourbourgh'. On 
remarquera tous ces noms francais dans une ville flamande. On voit 
par là que les actes écrits en francais ne prouvent pas l'usage ge- 
neral de cette langue, comme langue vulgaire dans la population. 



— 63 — 

le département de la Somme, franchi 1'Authie, la Canche et 
la Liane et n'occupait plus dans le Pas-de-Calais que la partie 
du littoral comprise au nord de Saint-Omer, entre TAa et Test 
du Boulonnais. Appuyó de ce coté sur la Fiandre où, en haine 
de la domination franqaise, il est toujours reste en honneur, il 
a mis plusieurs siècles à sortir de ce dernier asile et ce ti' est 
qu'au commencement de ce siècle qu'il a définitivement fran- 
chi l'Aa à Ruminghem. Déjà, méme depuis cinquante ans, le 
franqais a considérablement gagné de terrain sur la rive droite 
de cette rivière. Les deux faubourgs de Saint-Omer sont le 
seul point du Pas-de-Calais que le théotisque occupo encore 
aujourd'hui. Sa persistance à se maintenir sous nos murs est 
un fait qui a attiré l'attention des savants et donne lieu à une 
foule de conjectures. Il nous reste à examiner en peu de mots 
ce qu'il faut en penser. 



V. 

LE THÉOTISQUE DBS FACBOCIGS DB LTZBL BT DU HACT-PONT. 

CONCLUSION. 

Au xv 6 siècle, Saint-Omer comptait cinq spacieuxfaubourgs. 
Trois d'entr'eux, la paroisse Saint-Martin borsles murs, Saint- 
Michel et Sainte-Croix ont dù disparaitre devant les nécessités 
de la défense lorsque Louis XI est venu mettre le siége devant 
cette ville en 4 477. Les deux autres, ceux da Haut-Pont et de 
Lyzel, autrefois risle, ont été conservés, gràce à leur position 
dans le marais. Le premier occupe les deux rives de l'Aa et 
le second, l'ancienne ile des marais de Saint-Bertin ; de là son 
nom. IJs touchent d'un coté à la ville, et de l'autre, aux villa- 
ges flamands des arrondissements de Dunkerque et d'Haze- 
brouck. Leurs babitants parlent un langage conforme a cette 
position, c'est-à-dire un patois flamand-frangais. 

Consta tons d'abord qu'une bonne moitié de la population du 
Haut-Pont, celle qui habite la rive gauche de l'Aa, est tonte 
franose, qu'il n'y a plus de flamands que les maraìchers qui 
habitent presque tous la rive droite. Il en était déjà ainsi au 
siècle dernier, car Tauteur de la célèbre chanson du Voyage 
de Gille Dindin aux grandes Indes à Dunkerque en faisait 
ainsi la remarque : 

Sur la main droite du canal 

Est la demeure des Sarrazins.... 

Sarrazins, e 1 est le nom que le peuple de la ville donnait en 
general aux flamands, par dérision, et particulièrement à ceux 
des faubourgs f . 

1 Au Moyen-Age le nom de Sarrazin, comme aujourd'hui celui de 
Bédouin, était pris dans le sens de bandii. Les habitants du gouver- 



— 65 ~ 

Les Lyzelards comme les Hautponnais connaissent le fran- 
<jais, mais entr'eux ils preferente comme tous les flamands, 
parler leur ancien idiome. 

Leur diale e te, c'est un fait dont nous nous sommes assurés, 
est absolument le méme que celui qu'on parie dans les villes 
et les villages flamands des alentours. Il n'en diffère que par 
l'emploi d'un grand nombre de mote patois franqais qu'ils ont 
empruntés à la ville et par un accent qui leur est propre. Mais 
c'est bien au fond la méme langue. Les flamands du voisinage 
se comprennent facilement avec ceux de nos faubourgs et 
beaucoup plus facilement qu'avec les flamands de la Belgique 
dont la langue plus cultivée forme avec le Hollandais ce qu'on 
pourrait appeler le flamand classique. 

Le marais de la rive droite de l'Aa, dont les deux faubourgs 
occupent rentrée, forme une véritable enclave dans la Fiandre, 
La population des villages et hameaux auxquels il confine ne 
parie pas d'autre langue que le flamand. Cette position góogra- 
phique suffirait à elle seule pour exp.liquer pourquoi les Lyze- 
lards et les Hautponnais, qui cultivent ce marais au fond du- 
quel ils passent toute leur vie, ont toujours conserve cet ancien 
idiome. Mais cela doit nous surprendre bien moins encore 
maintenant que nous savons que la population de la ville Fa 
longtemps parie elle-mème. Àux yeux de ceux qui n'ont pas 
à cet égard une opinion précongue, un système déjà formule à 
défendre il paraìtra évident, comme il nous parait à nous 
ménje, que la langue de nos faubourgs n'est autre que l'ancien 
idiome Audomarois, ou, ce qui revient au méme et comme le 
pensait Legrand de Castello, qu' elle n'est aulre que l'ancien 
idiome de la Morinie. « Les langues, ditM. Villemain, se con- 
» servent de deux faQons. Elles se conservent par la science, 

nenient d'Ardres qui dépendait de la Franco, le donnaient à ceux 
de Gutnes, d'Audruicq et de Tournehem dont les garnisons infes- 
taient continuellement leur pays. Les habitants des frontières de 
TArtois donnèreut pour la méme raison ce surnom aux Flamands 
qui les avoisinaient. 

5 



•^ 



— 66 — 

» les monuments littéraires ócrits, le commerce des intelli- 
» gences ; elles se conservent aussi par le défaut de culture et 
» l'isolement 1 . » C'est de cette seconde fa$on, par le défaut 
de culture et l'isolement que cet ancien idiome s'est conserve 
jusqu'à nos jours. 

Cette explication si simple et si conforme à la logique des 
faits, à l'état d'isolement dans lequel a toujours vócu cette po- 
pulation de modestes horticulteurs restés complètement étran- 
gers à la culture des lettres et se transmettant depuis des siècles 
de pére en fils ce méme genre d'occupation qui fait tout leur 
bonheur, cette explication n'est pas cependant celle qui est 
généralement admise. Ou elle a échappé aux lettrés de la ville 
qui, au siècle dernier, se soni occupés de la question ou, s'ils 
Pont connue, elle n'a pu les satisfaire. Ils ont préféré l'aller 
chercher bien loin dans le monde des conjectures. Ils ont 
imaginé de faire de ces bons habitants de nos faubourgs, uni- 
quement parco qu'ils parlent une langue que nous autres cita- 
dins nous ne comprenons plus, une race d'hommes étrangère 
au pa\s, une colonie de Saxons qu'ils ont fait venir, celui-ci, 
de la bande Anglo-Saxonne d'Hengist et Horsa, celui-là, des 
bords de l'Elbe au temps de Charlemagne, un autre, de Tar- 
mée du roi Othon. C'est dire assez que ces vaines et chiméri- 
ques hypotbèses ne sauraient trouver le moindre point d'appui 
dans Thistoire et encore moins dans les archives de Saint* 
Bertin et de la ville. C'est à peu près l'histoire de dame la 
Belette et de Jeannot Lapin ; c'est aussi celle de tous les peu- 
ples conquérants ou nouveaux venus qui ont eu à peu près 
partout la prétention de se donner eux-mémés comme autoch- 
tones dans les contrées où ils se sont établis et de traiter les 
indigènes d'Ilotes ou d'étrangers. Car il est certain que depuis 
environ douze siècles que la ville de Sainl-Omer a pris rfais- 
sance sa population s'est peut-ètre cent fois renouvelée, comme 
elle se renouvelle encore chaque jour insensiblement sous nos 

1 Littérature au Moyen-Age. Page 47. 



— 67 — 

yeux, tandis que les habitants des marais, véritables enfants 
da pays, sont restés constamment, immuablement fidèles à 
leursfoycrs. 

On ne peut en douter, ce sont bien là les descendants directs 
de ces primitifs habitants de la terre de Sithiu qui, au rapport 
de Folquin, ne connaissaient encore au vii* siècle d'autre in- 
dustrie que la péche, nisi.... prò capessendis squamigerorum 
generibus et dont les huttes occupaient les bords de la rivière 
et principalement I'Ile située dans les limites du marais de 
TAbbaye, insulam quce intra paludem ejusdem monasterii 
sita est. C'est en ces termes que le plus ancien agiographe, 
celui qui écrivit très-peu de teraps après la mort de saint 
Bertin, décrit le faubourg de Lyzel, à propos d'un voleur qui 
avaìt essayé de s'échapper du monastèro pour aller déposer 
dans cette ile, chez un individu de sa connaissance, les pla- 
teaux d'argent qu'il avait frauduleusement soustraits sous les 
lampes de Péglise. Cette population de pécheurs ne tarda pas, 
après la fondation de l'abbaye, à joindre le jardinage à sa pre- 
mière industrie. Saint Bertin lui-méme avait appris à ceshom- 
mes simples, par son propre exeraple, à dessécher le terrain 
marécageux qu'ils habitaient, en y élevant des digues et en y 
ouvrant des watergands et des fossés pour l'écoulement des 
eaux, c'est Iperius qui le dit : Terrai c&terarumque rerum 
congestionibus fossatis et aquarum commeatibus exsiccavit *. 
Ces desséchements avaient dù se pratiquer sur une as9ez 
grande échelle car deux siècles après, en 850, l'abbaye comp- 
tait dans les limites de son territoire qui embrassait une grande 
partie du marais de la rive droite, intra monasterium, des 
jardins dont le nombre était sans nul doute assez considerale 
puisqu'il lui rapportaient vingt livres de revenus. On pourra se 
faire une juste idée et de Timportance de cette somme et de 
l'étendue de jardins qu'elle suppose lorsqu'on saura que, d*a- 
près le méme registro, un porc gras valait alors quatre deniers 

1 Thesaurus nov. anecdotorum de Dom Martene. Page 476. 



— 68 — 

et que, dans les campagnes, la location de vingt bonniers de 
terre et de trois serfs ne rapportali que trois sous Nous devons 
toutefois remarquer, pour étre exacts, que ce n'était là qu'un 
revenu brut dont il faut défalquer les charges qui consistaient 
dans les prébendes ou prestations de vivrei, les vètements et 
les outils que Tabbaye devait (burnir aux maraichers qui ex- 
ploitaient ces jardins à son profit : Et de hortis veniunt libra 
XX ', si eis prcebend(B dantur et vestimento et ustensilia ! . 
L'Abbaye de Saint-Bertin conserva longtemps, sur une partie 
des héritages de Lyzel et de la rive droite du Haut-Pont, ses 
rentes foncières dont il est encore fait mention au xiv e siècle 
et dans les àges suivants. 

Il est boa de remarquer qu'à la différence des Mancipes et 
des serfs, les prébendiers étaient des honimeslibres qui louaient 
leur travail moyennant un salaire qui consistait en une presta- 
tion en nature et le plus souvent en un coin de terre qu'on leur 
abandoiinait a titre de prebende pour leur entretien et celui de 
leur famille. Aussi les maraichers de Lyzel et du Haut-Pont 
ont-ils toujours joui des mèmes libertés et des mèmes privilè- 
ges que les habitants de la ville. En revanche celi e -ci les 
compta en tous temps au nombre de ses plus solides défen- 
seurs *. 

1 Chartularium Silhiense, édit. Guérard. Page 107. 

1 Lors du siége de Saint-Omer, par Louis XI, les Lyzelards firent 
exactement ce qu'ont fait les Russes à Sebastopol. Les Francaisayant 
dirige leur principal point d'attaque de leur coté qui était le plus 
faible de la ville, ils élevèrent dans le marais d'Arques un rempart 
en terre. Cette première Hgne de défense ayant été emportée après 
un sanglant assaut qui dura tout un jour, les Lyzelards en élevèrent 
ime autre pendant la nuit beaucoup plus forte encore que celle 
qu'on venait de prendre. « Lequel second boulenvercb fut tenu par 
les dits Islaires et les survenants de quatre à cinq jours très vail- 
lammènt. » — Ils montrèrent la méme intrépidité et la méme ener- 
gie pendant le siége de 1638. — Après la réunion de Saint-Omer à 
la France, ils se condussi rent avec tant de bravoure durant les der- 
nières guerres de Louis XIV, que, pour les en récompenser, le ma- 
réchal de Villars, dans une lettre adressée au Magistrat de la ville 



— 69 — 

— Maintenant tirons la conclusion de cet essai qui nous a 
condii its beaucoup plus loin que nous n'en avions eula pensée. 
Il est donc vrai, comme nousTavions dit en commenc.ant, qu'il 
y a peu de villes qui soient aussi intéressantes à étudier que 
celle de Saint-Omer, sous le rapport de la philologie, puisque, 
nous croyons du moins Tavoir démontré, c'est Textréme limite 
od notre idiome national moderne et celili de l'ancienne Gaule- 
Belgique, de la Morinie se trouvent en présence depuis douze 
siècles et se sont arrétés. On ne nous accuserà pas d'ètre 
aveuglés par la prévention, car nous n'avons jamais appris le 
flamand et nous savons encore moins le parler. Mais nous 
sommes convaincus, indépendamment des preuves que nous 
avons produiles, que s'il y a en France un lieu où Tancien 
idiome de la Gaule-Belgique, de la Morinie a dù trouver un 
dernier et sur asile, un lieu qui n'a jamais dù tenter la cupi- 
dité des vainqueurs et où cet ancien idiome a dù étre à Cabri 
de toute influence tant du coté de la langue latine que du coté 
de celle des Francs, c'est bien ce coin de terre où, gràce à 
l'excessive insalubrité de ses marais et de l'épaisseur de ses 
bois, Bertin et ses compagnons ne rencontrèrent qu'un désert, 
sans autres habitants que quelques familles éparses dont le 
seul moyen de subsistance, la seule industrie consistait dans 
la pécbe des poissons de ses étangs. Cesi sans doute le senti- 
ment de cette antique nationalité qui a fait de ces familles de 
pécheurs, devenus jardiniers, comme un petit monde tout-à-r 
fait à part aux portes de notre cité. Mais aujourd'hui que l'ins- 
truction ne se donne plus à leurs enfants qu'en fraiiQais, on 
peut predire que, dans un avenir plus ou moins éloigné, le 
théotisque finirà par perdre ce dernier et unique asile qu'il 
occupe encore dans Tancien Artois et le Pas-de-Calais. 

où il fait leur éloge, leur transmit cn mème temps le privilège que 
leur accorda le Régent de chasser et de pécher dans Ics marais com- 
m un aux et de jouir en tout temps du droit de port d'armes, et cela,, 
pour les récompenser des services signalés qu'ils avaient rendus. 



COMMUNAUTÉ 



D'ORIGINE ET DE LANGAGE 



ENTRE LES UABITÀNTS 



DE L'ANCIENNE ROBINIE FLAMBANTE ET WALLONNE 



PAR M. A. COURTOIS, AVOCAT , SECRÉTAIRE-ARCHIVISTE DE LA SOC1ÉTÉ 

DES ANTIQUAIRES DE LA MORLME 2 . 



': Sic genus araborum scindit se sanguino ab uno 

VlRGILE. 

L'opinion suivant iaquelle la rivière d'Aa et le Neufossó 
auraient forme une ligne de démarcation entro dcux nations 
parfaitement distinctes, entre la race Flamande ou Germani- 
que, et la race Àrtésienne ou Celtique, est un de ces vieux 
préjugés qui ne sauraient soutenir un seul instant les regards 
d'une impaniale critiqne. 

« Les rivages de l'océan britannique (écrivait Folquin de 
» Lobbes, au x e siècle), sur les conflns des Gaules vers Tocci- 
» dent, sont habités par une nation plus forte qu'étendue. 

1 Dans cette question comme dans toutes celles qui sont suscep- 
tibles de controverse, le Coraité Flamand de France n'entend prendre 
aucun parti pour ou contre. Il laisse aux écrivains doni les travaux 
sont insérés dans ses pnblications la responsabili té de leurs opinions. 

8 Ce travail est reproduit d'après le Bulletin du Comi té Flamand 
de France, qui nous pardonnera, sans doute, de le lui avoir emprunté 
dans le but de réunir autant quc nous l'avons pu, dans un mème 
volume, les intéressantes études de notre regrettable collègue. 



— 72 — 

» Désignés chez les bistoriens sous le nom de Moiiss, Us 
» sont maintenant appelés Tirouaxxais, de Térouanne leor 
» cité, autrefois très-puissante, mais nagaère detraile et pres- 
» qu'anéantie. lls soDt dits par le poète les plus reculés des 
» hommes, pour cctte raison sans doule que la Flakdrb qui 
» est use pobtio5 de cette NATiO!f, en oc cupe les bords 
» maritimes, aa-delà desqnels aucune nation D'est répotée 
» habiter, l'océao y formant une barrière. Le poète, suivant 
» sod habitude, prend ici le tout pour la panie '. » 

Ainsi, loia qae les Mobihs et les Flamasds aient été dans 
l'origine deux peuples appartenaDt à deux races différentes, 
ils De formaient au contraire qu'une seale et mème nation 
désignés sous le nom de Térouassais qui, au x e siede, avait 
prévalu sor celui de Morins. Le mot Flaudre était non pas 
un Dom de peuple, mais celui de la frontière maritime du 
Mempiscon et du Térouannais dont le Mempiscon faisait lui- 
méme panie. 

Ce renseignement que nous fournit Folquin de Lobbes, qui 
avait été longtemps, comme simple moine, à l'abbaye de Saint- 
BertiD, et qui connaissait parfaitement le pays, est confirmé 
du reste et par la vie de Saint-Éloi, écrite au vii* siècle, et par 
la nomenclature de la division de l'empire Frane par pagi 
sous Louis-le-Débonnaire et par les chartes ds l'abbaye de 
Saint-Bertin au ix e siècle. Les premiers de ces documents font 
mention du Municipium flandrense ou du Frandwes comme 
étant tout à fait distincls des Pagi Gandensis et Cortracensis 
et du Mempiscon, et les ebartes de Saint-Bertin établissent une 

1 Littora Britannici oceani in finibus galliarum, occidentom ver- 
sqs, gens quondam incolit non tara lata quam valida : apud histo- 
ricos Morini, none a Tarvcnna urbe corum, quondam opulentissima, 
sed modo diruta et poene esinanita (a Nonnannis ann. 881) vocantur 
Tervannici.... Extremi autem hominum ob hoc forsitan a poeta 
dicuntur qnod Flandria quje pars hujus gektis est, ea maris loca 
occopat, nltraque nulla gens babitare audita est, probibente oceano, 
totum prò parte usus more suo (V. S. Folq. Àct. SS. Ord S. B. Siec. 
IV p. prim.) 



— 73 — 

dtsiinction entre le Térouannais proprement ditetle Tórouan- 
nais en Mempiscon ; Pagus Tervannensis intra Mempiscon ! . 

Jacques Meyer en avait fait avantnousTobservation. «Nous 
» lisons, dit ce sàvant annaliste, que toute la contrée qui était 
» autrefois baignée par le grand flot de Tocéan était située 
» dans le Pagus Flandrensis, et le reste dans le Mempiscon. 
» Les documents de l'abbaye d'Aldembourg semblent venir à 
» l'appui de cette assertion, car nous y trouvons cette tradi- 
» tion que la Flandre est ainsi nommée du soufflé ou si Fon 
» veut des flols de la mer 2 . » 

Meyer revient sur cette étyrnologie dans le cours de ses 
annales, pour nous dire que ses recherches et ses lectures 
Font conflrmé dans l'opiuion qu'il a déjà emise, d'après un 
très-ancien cartulaire de l'abbaye d'Aldembourg, in vetusto 
admodum codice, que la Flandre est ainsi appelée des flots 
ou émanations de la mer ; que ce mot signifie oestuaires dessé- 
cliés, c'est-à-dire poldres : vlaen, seu Phlaen, (estuario, 8 . 

Nous ne citons ces documents et cette explication de Meyer 
que pour constater le dófaut de base et de fondement du nou- 
veau système historique suivant lequel la Flandre devrait son 
nom, son origine, sa langue, ses moeurs et ses usages à une 
poignée de fugitifs, flyming, qui, on ne saurait dire à quelle 
epoque ni dans quelles circonstances, seraient venus s'implan- 

1 II est bon de rappeler que Bauduin Bras de Fer, Bauduin le 
Chauve et Arnould le Vieux, qu'on a depuis qualifiés du nom de 
Comtes de Flandre, ne prenaient eux-mòmes d'autre titre quo celui 
de Glorìosus Comes, Markio ou Markisus ; que Folquin qui a écrit 
son cartulaire de Sithiu, vers 964, ne donne pas d'autre nom au 
gouvernement militaire de ces comtes que celui de Marka et d'au- 
tres chroniqueurs de la méme epoque, tei que Richer, désignent 
Arnould le Vicux sous le nem de Morinorxim princeps, chef des 
Morins. 

8 Omnia quse aestus aliquando alluit marinus, in pago Flandrensi 
sita legimus, reliqua in pago Mempisco. Ad luec facere videntur acta 
Aldenburgensis coenobii, in quibus mandatum est memori», à flati- 
bus seu Tluctibus marinis Flandriam esse dictam (Meyer. Flaud, 
Annal. L. I). 

8 Ibid. Ann. 1310. 



■w,r» '— - « « i 



---*-„ 



— 74 — 

ler sur le territoire Ménapien. Cesi là à nos yeux une pure 
fiction tout aussi invraisemblable que l'étymologie sor laquelle 
elle repose nons parait inadmissible et hasardée. 

Nous avons essayé de démontrer ailleurs i qne le flamand 
atiquel nons avons restitué son nona de théotisque-belge avait 
dépassé de beaneoup la rìvièie d'Aa qu'on est habitué de lai 
donner pour limite entre la Fiandre maritarne et le nord do 
Pas-de-Calais. 

Le pas?age de Folquin de Lobbes que nous venons de citer 
emporte avec lui la preuve qu'au dixième siècle la Fiandre 
étant cofóidérée comme une portion des Morins ou Térouan- 
nais, les habitants de cette contrée et ceux de la Morirne de- 
vaient par conséquent parler encore à cette epoque la raème 
(angue, ce qui reporte le flamand à plus de vingt lieues au- 
delà, jusqu'à FAuthie. 

Et, en effet, ceux qui ont étudié l'bisloire du Ponthieu dans 
ses plus anciens documents, ne mettent pas en doute que la 
langue flamande y ait été en usage Voici ce que nous écrivait 
à ce sujet M. Parenty, chanoine et vicaire-général d' Arras, 
dont Térudition toute benedicane ne cesse de recueillir depuis 
longues années les matériaux d'une histoire ecclésiastique de 
son diocèse. 

« Je n'ai point, comme vous, approfondi cette question ; mais 
» si elle m'eut été posée dans le but de savoir si Fidióme 
» théotisque-belge ou flamand a été autrefois en usage depuis 
y> l'Aa jusqu'aux rives de FAuthie, sans hésiler j'aurais ré- 
» pondu affirmativement ; j'ai acquis cette conviction en com- 
» pulsant les chartes de nos anciens monastères, notamment 
» en ce qui concerne les frontières du Pontbieu, celles de 
» Saint- Josse-sur-mer, de Dammartin, de Saint-André et 
» d'Auchy-les-Moines. » 

Il est vrai que Fon n'a encore pu jusqu'ici produire un seul 
acte de Fautorité publique écrit en flamand dans l'ancien 
Artois. On est parti de là pour nous objecter que le flamand 

* V. V Ancien Idióme Audomarois. Saint-Omer, 1856. 



— 75 — 

dont il est fait mentici] dans la coutume d'Ardres et la chroni- 
que d'Andre comme étant la langue judiciaire du comté de 
Guines et le bas-flainand dont parie J'auteur du Petit-Pouillé 
du diocèse de Boulogne était sans doute le dialecte patois 
Picard qu'on parlait dans ces contrées et dont la forme et la 
prouonciatjon idiotiques devaient se ressentir du contact et du 
voisinage de l'idióme flamand. 

Cette distinction, toute habile et ingénieuse qu'elle est, de- 
vra cependant échapper à ceux qui persistent à voir dans la 
rivière d'Aa la limite qui séparait les deux races et les deux 
langues flamandes et artésiennes. Car nous sommes aujour- 
d'hui à méme de leur démontrer mathématiquement et preuves 
en main que le flamand en usage dans le Bas-Artois et dans 
le comté de Guines, était identiquement le méme, à part peul- 
ètre l'orthographe, que celui qu'on parie encore en Fiandre, 
de l'autre coté de la rivière d'Aa. Force sera donc a nos con- 
tradicteurs de franchir désormais cette rivière et d'aller cher- 
cher ailleurs une autre limite à la race et à la langue flamande. 

Voici d'abord un acte de donation passe en flamand par 
devant les échevius du Pays de l'Angle, en 4457. Nous l'avons 
extrait d'un ancien cartulaire des Chartreux de Saint-Omer, 
redige vers le milieu du xvi c siècle *. 

1 Traduction. — Salut etnotoire soit à tous ceux qui. cotte charte- 
partie par a. b. e. d. verront et entendront lire qu'au jour d'aujour- 
d'hui, date de ecs lettres, devant nous sont venus en personne Henric 
Haendenort le Vieux et Gasine Vander Woestine, sa femme légitime, 
et ont fait aduéritance et don à Jean Àendenort, enfant issu d'eux, 
de six mesures de terre, un peu moins ou plus, gisant à l'est de 
Mardic, dans la paroisse de Sainte-Mariekerke, tenant du coté sud 
au Langhedic, du nord à l'iiéritage de Chrétien Ferant, du coté de 
l'est toucliant à Rogier, et d'ouest à William de Meer, chargées par 
an, envers l'église de Saint-Pierrebrouck, de 7 gros, et envers l'église 
de Sainte-Mariekerke de 12 gros. Et en monte la vente à la somme 
de 18 livres monnaie de Fiandre la mesure, 12 deniers de couvre 
chef et 6 deniers de denier à dicu, Lors les susdits vendeurs se sont 
déclarés tenir contents et bien satisfaits et ont promis au susdit ac- 
quéreur de le tenir quitte de la vente et de le garantir au besoin en 
sécurité et en paix, perpétuellement et à toujours. A cet effet ont été 



*•-"", - . » mf-tt-, _ »»i ^ _ 



— 76 — 

« Goud ende kenlic zy alien den ghenen die dezen chart 
» ghedeelt by a b e d zullen zien of horen lesen dat up ten 
» dach van heiden date deser lettre voor ons commen es in 
» personen Henryc Haendenort dpuden ende Casine Vander 
» Woestine zijn ghemclde wijf, ende gaven halm ende ghifte 
» toe Jan Aendenorts kynde van zesse ghemeeten lands, lettel 
» myn of meer, ligghende boosten Mardique in de paroissie 
» van Sinte Marie Kerke houende ! metter zuthende an den 
» Langhedyc, van benoorden es gheland Xpiaen * Ferant, 
» van boosten mp • Rogier, et van Westen Willems de Me^r 
» sculdicb by jar der kerke van Sinte-Petersbroucq yìì grote 
» ende der kerke van Sinte Marie Kerke xii g*. Ende beliep 
» de cop toe somme van xviii $ p. vlaemsther munte tghemet, 
» xii d. van lyfcoop ende vi d. van godspennighe. Dannof 
» voorseide worpers hemleiden bilden content ende wel be- 
» taelt ende beloefden den voorseide coop te quittene ende te 
» warandeeren scopers behouf in ruste ende in payse ewelike 
» ende tallen daghen. Hier toe waren ghedaen alle die soleni- 
» teide daer toe dienende naer wet, recht, costume en usage 
» van den land vanden Houcke. Dit was ghedaen en ghepas- 
» seert voor Boudin Hack, Pietre Andries, Jacob Stombourch, 
» Jan Cryvelt en Jan Van Pitgam, Scepenen van der voorseide 
» lande Van den Houcke. Den xxiiii en daghe van Juny int jaer 
» ons heren m.cccc zeven ende vichtich. 

» V. J. Diègre. » 

Cet acte où la plupart des roots sont orlhographiés d'une 
manière conforme à l'epoque, nous donue une idée duflamand 
tei qu'on réerivait dans le Pays de l'Angle. Le flamand en 

observées les solenni tés suivant la loi, le droit, la coutume et l' usage 
du Pays de l'Angle. Ceci a été fait et passe par devant Bauduin 
Hack, Pierre Andries, Jacques Stombourch, Jean Cryvelt et Jean de 
Pitgam, échevins du susdit Pays de l'Angle, le 24 juin en Fan de 
N. S. 1457. — Signé V. J. Diegre. 

1 Iloudende. 

2 Christian. 

8 Peut-étre M r , pour meestre. 



J 



— 77 — 

usage dans la conversation, méme parmi les magistrate et les 
échevins, était aussi le méme que de l'autre coté de l'Aa. Un 
rapport, dressé en \ 454, par le cure de la paroisse Saint- 
Nicolas, nous en offre un assez curieux specimen. Ce curò 
avait été déléguó par le prévót du chapitre de Saint-Omer, en 
vertu de pouvoirs apostoliques, pour connaìtre d'un trouble 
apporté par quelques individus du Pays de l'Angle à la posses- 
sion d'une drive appartenant aux Chartreux. Le bàilli et les 
échevins de ce pays à qui cet ecclésiastique, nommé Legros, 
avait donne communication de ses pouvoirs, y virent, non sans 
raison peut-ètre, un empiétement sur leur juridiction. Ils for- 
mèrent opposition. Et comme le cure, se fondant sur les*ter- 
mes exprès de son mandat, paraissait dispose à passer oulre, 
ils déclarèrent en appeler. Voici comment le cure de Saint- 
Nicolas rend compte du fait. « Et tunc modicum se absentave- 
» runt, deinde reversi prò se et suis adhaerentibus verbo lenus 
» appellevarunt dicendo : ic appelkre van iou, ende vari iou 
» moenghete. » — C'est-à-dire : j'en appelle de vous et de 
votre pouvoir. 

Cette déclaration verbale du bailli et des échevins du Pays 
de l'Angle, que le cure de Saint-Nicolas a reproduite, telle 
qu'elle avait été arliculée, nous prouve tout à la fois qu'au xv e 
sièclc le flamand était la langue vulgaire et judiciaire de cette 
contrée, et que cette langue y était identiquement la méme 
qu'en Fiandre. 

Nous avons trouvé dans le registre aux délibérations du 
Pays de Bredenarde une ordonnance de Louis XIV, adressée 
à ceux des sujets duroi catholique qui payaient une contribu- 
tion aux armées de la France. Cette ordonnance qui a pour 
but de les auloriser à aller porter leurs denrées dans les places 
fortes occupées par le roi d'Espagne, sans avoir à craindre 
d'étre arrétés par les Francis, est écrite en flamand. Elle 
porte cette suscription : « Van weghen den coninck, » et elle 
est ainsi datée : 

« Ghedaen int castel van Versailles den twee en twintigs- 



>-*•■" m -—*■*■■** 



— 78 — • 

» len Maerte i 674, onderteeckent Louis ende nederwaert Le 
» Tellier ; » ende oonder « naer collatie. » « Het welcke 
> was gheprent onder het waepen der coninck. » 

Cette ordonnance, ainsi inscrée dans le registre aux délibé- 
rations des échevins, sans iraduction et sans commentaire, 
nous prouve deux choses : la première, qu'en France le Pays 
de Bredenarde était considerò comme faisant partie de la 
Fiandre flamingante, bien qu'il appartint à FArtois ; la se- 
conde, que les échevins, les magistrate et la popalation de cette 
contrée comprenaient le flamand, puisqu'ils n'ont pas eu besoin 
de faire traduire cet acte officici qui était pour enx du plus 
grand intérét ; car étant soumis à la contribution du roi de 
France, dont les armées couvraient les alentours, ils n'auraient 
pu, sans cette autorisation, faire un pas hors de chez eux. 

Du reste, et c'estlà un fait dont il est facile de s'assurersur 
les lieux, le flamand est reste en usage à Ruminghem et dans 
le Pays de l'Angle jusqu'à nos jours *. Nous y avons connu 
nous-mémes des vieillards qui préféraient converser dans cette 
langue lorsqu'ls étaient entr'eux. Quant au Pays de Brede- 
narde, il n'y a pas un siècle qu'on y parie exclusivement 
francais * . 

Faut-il après cela s'étonner que la justice fut rendue et les 

1 Voir les Annales du Comité, t. Ili, page 377 et suiv. 

* On sait qu'après la création du corate d'Artois, le diocèse de 
Térouanne fut divise en deux archi diaconés, l'un dit de Fiandre et 
Fautre d'Artois. Or il est à remarquer que le doyenné de Merch, 
comprenant les deux églises de Galais, Saint-Pierre (S tl Petri in 
Petrenesse) ; Merch, ubi fuerunl duo curce ; Oya, duo cura ; Gon- 
chelwarde et Gapklla Herewegh (Vieille et Nouvelle-Église) ; Hovo 
(Offekerque) ; S. Folquini Ecclesia (Saint-Folquin) ; S* Marle- 
kerka ; S. Nigolaus in esaga (Saint-Nicolas en l'Angle) ; S u Audo- 
mari Ecclesia in Angulo (Saint-Omer-Capelle) ; Noorkerque ; Au- 
drewic, in Dredenarda ; Ganep (Guemp) ; Zutkerka ; Arbatia de 
Gapella (N.-D. de la Gapelle), faisait partie de l'are liidiaconé de 
Fiandre, parce que la population en était encore considérée comme 
damando. (Pouillé du dioct'se de Térouanne, relevé par Alar»! Tas- 
sart, au xv e siècle). 



T- 79 — 

actes faits en flamand dans la ville d'ARDRES, dont le territoire 
est contigli à celui de Bredenarde ? (Test là ce que porte ex- 
pressément la coutume de cette ville, rédigée en 1507, et 
envoyée pour ètre homologuée au bailliage d'Amiens. 

« 4. Item, poevent les dits bailly et eschevins renouveler 
» leur loy, tenir leursplais, faire leurs jugemens en Flamenco, 
» en la manière accoutumée, faire édicts, ordonnanches et 
» statuts. » 

Devra-t-on s'étonner davantage que le flamand ait également 
été au xni e siede la langue judiciaire de la cour abbatiale 
d'Andre, comme nous l'apprend Guillaume dans la chronique 
de ce monastère ? 

« Ex consuetudine quoque patri» nostra, in curia nostria, 
» per singulas quindenas, humanas leges et judicia mundana 
« constat exerceri quae omnia non, nisi Flandrensi idiohate, 
« discuti debent et terminari. » 

D'Andre à Ardres, il n'y a qu'une lieue, et le territoire 
d'Ardres touclie à celui de Nortkerque, qui fait partie duPays 
de Bredenarde. Admettra-t-on que ìeflamencq qu'employaient 
les échevins d' Ardres dans la rédaction de leurs actes et de 
leurs jugements, et que le flandrense idioma, en usage à 
Andre dans la discussion et la décision des affaires, aient été 
une langue differente du flamand qu'on parlait dans les deux 
Pays de Bredenarde et de l'Angle, et dont nous venons de 
citer un specimen ? Ce serait là assurément une bien misérable 
argutie qui ne mériterait pas l'honneur d'èire prise au sérieux 
et de faire la matière d'une discussion. 

Passons maintenant au Boulonnais, où, suivant l'expression 
du Petit- Pouillé, on a longtemps parie le bas-flamand. 

Nous avons entre les mains un document très-curieux. C'est 
le cueilloir originai de l'abbaye de Beaulieu, dressé en 1286. 
II est écrit en franqais, mais tous les noms de terre qu'il indi- 
que sont en flamand. En voici quelques extraits .*. 

1 Nous devons la communication de ce manuscrit (écrit sur un 



-jd 



— 80 — 
ELINGHEM. 

« Jakemin de Quadbrigge f tient entor i i mesures gisans à 
» à le Holestrat *. . . à le Nonnen crnce * 1 mes. 

» Willems Bertiel tient se masure à le Brietstic 4 . . . Item 
» de sous Langstic. . . A Crawenbruec, entor I mesure. . . 
» Maroie Aaren et iehans ses fiex tiennent. . . à Papendale 
» entor III quarterons. . . pour II waite et II borewerc. 

y> Willems Hurscatre tient une pièche de terre à Suddrau 
» contenant une mesure et demie et verrehomstic 5 entor II 
» mesures et demie. 

» Maroie Kikeret tient. . . II mesures en vai à le Helde, II 
» mes. à Stapels, IIII mes. à le Stripe 9 à Witstien... à 
» Melle wog. . . à Scorepanche. . . Maistre Oliviers tient une 
» pièche de terre gisant à Elinghem, apelée Briedstic^ conte- 
» nant II mes. , et à Walrichove à Stridland, entor VI mes. 
» et dessous \eHoieke UH mes. . . Bekelins li clers tient entor 
» II mes. à Overdal. » 

A WESTMOIEKE. 
« Jehans li berkiers tient à Calkpit 7 entor I mesure . . . 

ròle de parchemin de 3 m 50, belle écriture du xm e ), à M. le doc- 
teur Coze, de Saint-Omer, lequel est aujourd'hui propriétaire de 
l'ancienne abbaye de Beatili eu, sitaée entre Fjennes et Hardingheni. 

1 Quadbrigge, maupont ou mauvais pont. 

* Holestrat, la creuse voie ou creuse rue. 

s Nonnen cruce, la croix des nonnes ou des religieuses. 

4 Brietstic, la large pièce ; Langstic, la longue pièce ; Papendale, 
la vallèe du cure ; borewerc, ouvrage de paysan, corvée. 

5 Verrehornstic, la pièce à quatre cornes, à quatre pointes. 

6 Le Stripe, la raie (de charme) ; Witstien, la pierre bianche ; 
Melle weg, le chemin du moulin ; Walric, la cour (ou la ferme) de 
Walrie; Stridland (*), le cbamp du combat; à Over dal, la vallèe 
d'au-delà (**). 

7 Calkpit, le puits (trou) à marne. 

(*) Strid, rude, difficile à travailler. 
(**) La terre au-delà de la vallèe. 



— 81 — 

» Goufroi Winden tient Gendekinslant, entor mesure et 
» demie . . . 

» Thomas Patin tient le tenanche Schacher gisant de sous 
» le bos de Wolfham*. . . à Hongcrcoutre . . . hBoffershil. . . 
» à le Woste. . . à Morlant. 

» Crestiene Bregth tient se masure contenant entor demie 
» mesure à II Akers. . . à le Herst. . . à Hangstic et Corte- 
» bosc. . . à Woluesti... à Hoeken... à Oudewoghe. . . et 
» d'autre part le voie entor II quartrons à Stienvelt. . . à Bon- 
» turi. . . à Beddagh. . . à Riede. . . desous le bos de Sanc- 
» tinghevelt . . . à Rodelant. 

» Willems Panehier tient... à Nedercouùre I mesure à 

« 

» Oppercoutre \ \ mesures. . . à Hantstic. . . à Scalrewoge. . . 
» au Knol. . . à Bofterche. . . a Wotrespoel. . . à Aluesmen- 
» cene. . . à Brocshole. . . à le Doetlage. . . à Hole. . . à Offe- 
» dale. . . à Marlepit. . . à Oudewog sor le mont, de sud le 
» voie. 
» Ustasse Tolpain tient le Stripe a Cromstic. . . » 

LANDRETHDM (le Nord). 

« Koldic... sor le mont de Lilleberc... Skermestic . . . 
» west'sard, ost'sard, Couderuske . . . Nantacrc... Roccalf 
» vers Ophove. » 

A CAFFIERS & OPHOVE. 
« Stridaker... Scardic... YAcre Bosten coutre... Vier 

1 Wolfham, le taillis dn loup ; Hongercoutre, le champ de la faina, 
le champ stèrile ; à deux akers, en deux champs ou deux pièces ; 
à le Herst, au Un ; Hangstic, la pièce qui va en pente ; Cortebosc, le 
court ou petit bois ; Ouderivoghe, l'ancien chemin ; Stienvelt, le 
champ des pierrcs ; Sanclinghevelt, le champ de Santine, aujour- 
d'hui Saint-Inglevert ; Rodelant, le rouge champ, le champ défriché; 
Nedercoutre, le champ cultivé d'aval ; Oppercoutre, le champ cultivé 
d'amont ; Scalrewoge (Scalles weg), le chemin d'Escalles ; Ano/, le 
sommet ; Hole, le fond ; Marlepit, le puits ou trou à marne ; Croms- 
tic, la pièce recourbée, etc, eie. 



1^,1 -* 



— 82 — 

» horn stic, sur le Gisenewog... * Papemooge... Bone- 

* gowers. . . le Coutre. . . HiewerrUant. . . TFoJ/m*. . . Une 
» pièce à Benorden winthus... Bonemersene . . . Mar tre- 

* /*iJ. . . Lewinthus. » 

A FIENLLES (Rennes) & LEULIHGHEM. 

« Haspecoutre. . . à le Stienstrat. . . Gomenacre. . . Ifafe- 
» òac appelée Berteuel. . . Bruostien. . . Platevoet (courtil) . . . 
» Miskensard. . . Stienhap. . . Zuardhege. . . Ckunsdale. . . 
» le Stienrokkes. . . Hasebrone Harackessant . . . sor le mon 
» deseur Ekhout... Brunevelt... Ravenstiene . . . Hobbe- 
» naker. . . Mansdale. » 

A HLDRIOHEM (Hydrequent). 
« Blekenaker. . . Grotstic. » 

A ERMNGESSEEM (Rirnent). 
« Clappastien . . . Lenebrigge.. . Couthem. 

A LOGOINGHEM (Locquinghem) & FLAS. 

« Rodrechem. . . Tarwelant. . . le Herewog. . . le Bruec. . . 
» TFesftofle. . . Hasewinckel. » 

A ROCHEFORT. 

« Driehormstic. .. Mafferbosc... Hesdmploich . . . Mafe- 
» ftoiU. . . Hasewinkel. » 

HERWINGHEM (Hervelinghem). 
« Hof stede. . . Robarsdal. . . Besenstien. » 

1 Gisenewog, chemin de Guines à Wissant par Saint-Inglevert 
(Sanciinghevell) . Dans une charte de Saint-Bertin (1208), la rivière 
de Guines à Galais est appelée Gisenlet, et dans une charte du car- 
tulaire d'Andre, leda. 



— 83 — 
ESTELLES. 

« Wolgebagten . . . Trenkebise. . . La fonlaine Helegebronc, 
» etc, etc. » 

Tous ces noms de terre, qui soni dans les proportions de 
plus des dix-neuf vinglièmes, par rapport aux dénominations 
franQaiscs ou romanes, appartiennent évidemment au dialecte 
théotisque-belge ou flamand. Nous sommes mème porte a 
croire que ce cueilloir n'est pas la traduction d'un cueilloir 
précédent écrit en cette langue. Ce qui nous le fait penser 
ainsi, ce sont les indications qui comprennent plusieurs mots. 
Tels sont : Nonnen cruce, la croix des Nonnes ou des Reli- 
gieuses ; Bosten coutre pour by Oosten kouter à Test de la 
couture ou de la terre cultivée ; Benorden Winthus pour by 
Norden, au nord du Winthus, hameau de Caffiers ; Viers 
hòrnstiCy la pièce à quatre cornes ; Gendekins lant, le champ 
de Gendekins et autres mots semblables. 

Les charlreux de Saint-Omer en ont use de méme dans 
Pacte que nous avons cité plus haut. On a vu dans ce contrai 
que cette pièce de terre tenait du coté de Test à la rivière ou 
canal du Mardicque, Boosten Mardicque. Dans Tacte de vente 
redige en frangais on a repris cette désignation dans ses termes 
flamands : « Au lieu que l'on dist Boesten Mardique. » 

Feut-on douter, en présence de ce document, que le théo- 
tisque belge ou flamand n'ait été la langue primitive et indigène 
du Boulonnais ? Car admettons par hypothèse que les habitants 
de cette contrée aiont avant la domination romaine parie une 
autre langue, le celtique armoricain par exemple, puis ensuite 
le roman, et que ce soit seulement à partir du iv e ou du v° 
siècle que le flamand y ait été importé par les Saxons ou par 
les Francs ; comment expliquer que ce dernier idióme eut 
tellement domine dans le pays, que devant lui se seraient 
complètement effacés et le roman et Tancien celtique ? L'ex- 
périence nous prouve qu'il n'y a rien de plus tenace que les 
noms attachés à la terre ; Térouanne, Boulogne, Arras, Bavai, 



— 84 — 

Tournai, Werwic, et une foule d'autres lieux n'ont-ils point 
conserve leurs noms depuis les Romains jusqu'à nous ? Voici 
sept à huit siècles que le franqais domine dans le Boulonnais. 
Et cependant, sans parler des villages, des hameaux et des 
fermes qui ont conserve leurs anciennes dénominations théo- 
tisques, à peine légèrement altérées par rorthographe et la 
prononciation, combien n'y a-t-il pas d'enclos, de cantons et 
méme de pièces de terre qui continuent toujours, mème après 
huit siècles, à étre désignées par leurs anciens noms flamands, 
et cela malgré la préférence accordée partout à la langue fran- 
ose, et la déconsidération qui s'est au contrai re attachée au 
flamand ? 

Les Romains eux-mémes, pendant les cinq siècles qu'à 
dure leur dominalion, n'ont rien changé aux noms topogra- 
phiques dans le Nord des Gaules. Bien que leur langue ait 
été parlée dans le Midi de la Belgique, elle n'en a pas fai! 
disparaitre les anciennes dénominations. 

Les Francs, qui vinrent après les Romains, loin de substi- 
tuer leur langue à celles qu'on parlait dans les provinccs 
qu'ils ont conquises, ont adopté eux-mémes celle des vaincus. 
« Comme les Francs, dit M. Villemain, n'étaient relativement 
» aux Gaulois transformés en Romains, que des barbares, ils 
» prirent le pays, sans le transformer. Ils re^urent la religion 
» des évéques gaulois. Ils laissèrent subsister la langue que 
» parlait cette religion. Ils apprirent eux-mémes les idiómes 
y> populaires enlés sur celte langue progressivement altérée 
» dans les Gaules ; et, à la longue, ils se confondirent dans 
» le peuple plus nombreux et plus éclairó qu'ils avaient 
» conquis i . » 

Si donc on admettait que ce sont les Francs ou une colonie 
de Saxons qui ont apportò le flamand, non-seulement dans le 
Boulonnais, mais dans toute la Morinie et la Fiandre, il fau- 
drait supposer que ces étrangers ont tellement détruits tous les 

* Cours de littérature. Itoyen-ége, 1. 1, p. 8. 



— 85 — 

habitants de celte contrée, qu'il n'y est plus reste aueun vestige 
de l'ancien ou des anciens idiómes qu'on y avait parlés avant 
eux. Il faudrait supposer aussi qu'un évènement aussi impor- 
tant fut passò complètement inapergu, puisqu'il n'en est reste 
aucune tradition dì aucun souvenir. 

C'est dire assez qu'une pareille hypothèse est dénuée de 
toute vraiseroblance. 

Mais on nous a fait encorc cette objection : 

Vous constatez l'existence de la langue flamande à Saint- 
Omer t dans le Bas-Artois, le Calaisis, l'ancien corate de Gui- 
nes et le Boulonnais, soit. Mais ce fait s'explique en ce que le 
territoire circonscrit entre la vallèe de l'Aa et la mer a été 
plus qu' aucun autre successivement occupé par des hommes 
venus des régions du nord. C'est ainsi que nous voyons, méme 
encore au x e siècle, une colonie de Normands, conduite par 
le Danois Sifrid, s'établir dans le comté de Guines. La predo- 
minence de l'idióme flamand dans cette partie de i'ancienne 
Morinie, sur une largeur de dix à douze lieues, à partir du 
rivage de la mer, prouve seulement la prédominence de l'élé- 
ment germanique dans cetle partie de la population. Mais cette 
prédominence ne s'est pas fait également sentir dans la partie 
sud de la Morinie, à partir de Blendecques et de la vallee de 
l'Aa. Au midi de cette vallèe, la population était d'origine cel- 
tique comme en Artois et dans le reste de la France, ou du 
moins c'est l'élément celtique qui y predominato. 

Le passage de Folquin de Lobbes, que nous avons cité plus 
haut, répond suffisamment à cette objection, puisqu'il nous 
représente la Fiandre comme formant une partie de la nation 
des Térouannais, dont elle occupait la còte maritime : quod 
Planària quce pars hujus gentis est, ea maris loca occupat. 

Nous avons établi ailleurs *, d'après un document judiciaire 
du xv e siècle, que, à cette epoque, il était d'usage à Ecques, 

1 Bulletin historique de la Société des Antiquaires de la Morinie, 
Ijvraison de décembre 1858, p. 581. 



— 86 — 

village sitaé à plus de six kilomètres au sud de la vallèe de 
l'Aa, et trois kilomètres seulement de Térouanne, de léitérer 
en flameng à l'accuse cette question posée d'abord en fran^ais : 
« S'il voloit oir droit sur le calenge faite par le bailly. » 

Nous avons rapproché cet usage de celui que pratiquaìent 
encore les échevins de Saint-Omcr au commencement du xvi e 
siècle, de rediger leurs sentences criminelles en flamand, et 
ceux d'Ardres de faire leurs statuts et leurs jugements dans 
cette méme langue. Nous y avons vu une preuve non pas que 
le flamand fùt encore à cette epoque a l'état de langue vul- 
gaire, mais qu'il avait été parie dans cette contrée et qu'il y 
était encore d'un usage general lorsqu'on a commencé à y 
rendre la justice en franqais. 

Si maintenant nous consultons les noms de lieux, ces vieux 
et fidèles témoins de la langue indigène dans toutes les con- 
trées, nous leur trouvons à tous, à Pexception des plus moder- 
nes, une physionomie théotisque parfaitement caractérisée, 
avec une signification dans cette langue en parfaite harmonie 
avee la situation des localités qu'ils désignent *. 

! Nous avoDS déjà donno quelques explications (t. VII des Mé- 
moires des Antiquaires de la Morinie), sur la valeur du mot ingue 
comrae terminaison, ou précèdant le mot hem. C'est un suffixe qu'on 
ajoutait : 1° aux substantifs pour en faire des adjectifs pris subgtan- 
tivement et tenir lieu du génitif : cxcmple, Henrick, Henricking, 
Henricien ou de Henri Henrickinghem , aajourd'hui Hcoringhem, 
village de Henri ; rade, rapide, torrent, ravin, rading, lieu où il y 
a un torrent ou ravin ; liadingliem, village du ravin ou du torrent; 
2° aux verbes ou aux adjectifs pour en faire des substantifs : exem- 
ple, boenen, nettoyer, et par extension, défricher ou dessécher, 
boeningue, défriclicment ou dessèchement , territoire desséché ou 
défriché. Quelquefois, au lieu du mot ing, on mettait ling. Les ter- 
minaison eque, que, autrefois eie, y, autrefois ieke, ìac, servaient 
également à former des noms quali ficatifs, comme les terminaisons 
francaises, ais, is, dans Boulonnais, Galaisis, Ardresis, etc Exemple, 
byte, autrefois, BUlele, aujourd'hui Bilque, lieu, territoire ou canton 
de la colline ; lille (de leelen, cultiver), culture, terre en exploita- 
tion, Tilleke, aujourd'hui Tilque, lieu, cantons des terres en culture ; 



-87 — 

Ainsi, Dohem qui s'écrivait au xi e siècle Dalhem, est évi-? 
demment forme des deux mots heim, aujourd'hui clóture et 
autrefois hameau, village, habitation, et de dal, vallèe. Dohem 
s'élève en eflfet à la naissance d'une petite vallee qui va s'em- 
brancher à celle de la Lys. 

A l'endroit où s'opère cet embranchement est un autre vil- 
lage appelé Delette, autrefois Dalette, diminutif de dal, vallon. 

Sur la hauteur, entre Dohem et Delette, est Upen, dans les 
chartes Ophem, village d'en haut. Cette commune se divise 
aujourd'hui en deux sections , qui sont Upen d'aval et Upen 
d'amont. 

Mais le point culminant de cette parti e du plateau qui séparé 
les deux versants de la Lys et de l'Aa, c'est le mamelon sur 
lequel est assis le village d'Herbelle que traverse la Leulène, 
c'est-à-dire la voie romaine de Térouanne à Sangate. Le nom 
de ce village s'écrivait au xi e siècle Hardbera, Hardberg, 
compose des deux mots flamands berg, mont, et hard, dur, 
rude. Le nom de ce village, aujourd'hui si dófiguré, signifìait 
donc dur ou rude-mont, synonime de Haut-Mont que porte le 
hameau de Moulle où passe la route imperiale de Saint-Omer 
à Calais l . 

Peut-on douter de l'origine théotisque de Waterdale, la 
vallèe de l'eau, hameau de Seninghem, situé a la naissance 
d'une étroite et profonde vallèe où l'un des affluents de l'Aa 
prend sa source ; de Wavrans, wauwer-randt, le bord du vi- 
vier ou du gué ; de Wadringhem, Watering-hem, le hameau 
de l'eau, situò de l'autre coté de la rivière ; Ouve, ouwe, la 
prairie, surlesbords de la méme rivière; Fauquembergue, 

boom, arbre, Bominck, aujourd'hui Bomy, lieu piante d'arbres. La 
terminaison romane oie jouait le méme róle. Ainsi du mot arbre.on 
faisait arbroie, mot tout à fait synonime de bomy et signifiant aussi 
lieu piante d'arbres. De là viennent les mots analogues de quesnoi, 
fresnoi, carnoi, coudroi, sauchoi, annoi, etc. 

1 II est à remarquer que la hauteur d'Herbelle porte le nom de 
terroir de Roide-Mont. 



rita^M^a 



— 88 — 

Falkenberg, mont-faucon ; Avondance, at-ond-enge, 1'étroit 
oo la gorge da soir ou de l'occident, par opposition a Fruges, 
vroege, la gorge da malin ou de l'orient ? 

La Lys prend naissance à Lysbourg, et la principale bran- 
che de l'Aa à Bourlbes. Le mot naissance s'ccrit anjourd'hui 
en flamand geboorte, et en allemand geburt. En ólant le pré- 
fixe gè qui est moderne, nous avons boorte et burt. Or Lys- 
bourg s'écrivait au x c siècle Liegesborth et Liegesburth, et 
Bourthes s'écrivait Burthem. Il est facile de voir que le pre- 
mier de ces noms signiOc naissance de la Lys *, et le second, 
hameau de la naissance ou de la source (de l'Aa). On remar- 
quera que la Clarence prend naissance dansun village nommc 
Bours, la Gache à Bour&ies et le Wimereux à Boursin. 

Sans doute plus on avance vers le sud et l'ouest de la Mori- 
rne, plus les noms de lieux de forme francese ou romane 
augmentent, et cela s'explique. Le théotisco-latin ou roman 
rustique avait fait plus de progrès dans le rayon des cités 
d'Amiens, d'Arras et de Tournai, que dans ceux Térouanne et 
de Boulogne, dont la population, adossée d'un coté à la mer 
et de l'autre aux marais et aux foréts de la Menapie, où il n'y 
avait point de villes, avait conserve la rudesse de mceurs et 
l'ancien idiòme desBelges. Tels Cesar et après lui Strabon, 
Ammien Marcelin et Saint-Paulin au iv c siècle nous dépeignent 
les Morins et les Ménapiens vivant au milieu des bois et des 
marais, et conservant toujours leur caraclère farouche et in- 
dompté, tels Folquin de Lobbes que nous avons cité plus haut, 
nous représente encore au xi* siècle les Térouannais et les 
Flamands qu'il confond en une seule et méme nation *. « Ce 
» peuple, sans règie dans ses moBurs, dit cet agiograghe, 

1 Libourg ubi flumen Legix Orilur. (Pouillé du diocèse de Té- 
rouanne). 

* Gens luce moribus incomposita, magis annis quam consiliis 
uUns, et ut nnte nos dicium est, multum eloquenti se, sapientise pa- 
rimi. Cujus indomitam barbariem et semper ad malum proclivem 
non facile erat restingui. Ex vita Sancti Folquini loco citalo, 



— 89 — 

» usant plus d'armes que de consoils est doué, comme il a é(é 
» dit avant dous, de beaucoup de faconde et de peu de sagesse, 
» Son indomptable barbarie et son penchant toujours porte 
» vers le mal, n'était pas chose facile à reprimer. » 

Chez les Morins donc, le roman, bien que conserve dans les 
principales villes, n'a cependant pénétré que peu à peu dans 
la masse de la population. Il paraìt mème y avoir mis beaucoup 
plus de lenteur que le fran^ais n'en met aujourd'hui à se 
substituer au flamand dans les arrondissements de Dunkerque 
et d'Hazebrouck. 

Mais il n'en a pas été tout à fait de mème dans le reste de 
FArtois et la Picardie. Dans ces contrées, le roman paraìt 
avoir jeté de plus profondes racines ; il y était plus générale- 
ment répandu. Dès le ix e siede, il y était passe à l'état de 
langue vulgaire ! . Et e* est vers cette epoque et dans le siede 

I Cesi à cette epoque que le savant du Tillet et, aprés lui, Locrius, 
fixent le mouvement de retraite du théolisque-belge vers la Fian- 
dre : Lingua teutonica... Sensim pedem refert atque infra Flandrix 
tcrminos sese contineve jubelur. Toutefois le patois picard en con- 
serverà longtemps une profonde empreinte qui ne s'est pas encore 
enlièrement cflacée. Roger Bacon di sai t, au xiii siècle, quo les ter- 
mos propres au patois picard élaicnt en horreur chez les Bourgui- 
gnons : Et qìtod proprie dicilur in idioma-te Picardorum, horrescit 
opud Burgundos. (Michclant, li ronians d'Alexandre, prof. p. XIV.) 
Et de son coté Barthélemy de Brèmes, autrement dit l'Anglois (de 
proprictate rerum lib. XV), faisait observer, à la inéme epoque, que 
J'ididme picard était plus grossier que ceux qu'on parlait chez les 
aulres nations de la Franco : Idiomatis ma gis grossi aliar um Gallix 
nalionum. 

Or il est a rcniarquer, d'après Bucheri us, que les Allcmands, au 
xvii- siècle, avaieut une idée tout aussi défavorable du flamand qu'ils 
considéraient comme étant encore plus corrompu, par rapport à leur 
langue, que ne Tétait le patois picard par rapport au francais : 
Flandro- Belgica germanicum usurpat idioma, sed longè Gallico a/- 
lero corruptius, magisque in mollitiem, quam germani aversantur, 
infiexm. 

II s'en suit donc que le patois picard , issu du théotisquc-belge, 
était au patois bourguignon, issu du théotisquc-allemand, ce que le 
théolisque-belge et le théotisque-allemand étaient entre eux. 



— 90 — 

saivant que le thóolisque-belge a cesse d'y étre en usage pour 
se retirer au-delà de TAuthie et de la Lys, pour se concentrer 
peu à peu sur la rive droite de l'Aa, au-dessous de Saint-Omer, 
après avoir occupé quelques siècles encore le Boulonnais, le 
Calaisis et le comlé de Guines. 

De là cette couleur théotique pour ainsi dire plus fraiche, 
plus prononcée et plus vive que présentent les noms de lieux 
dans cette panie du Pas-de-Calais. 

Dans le haut Artois, au contraire, et dans la haute Picardie, 
la prononcialion romane a óté de bonne heure aux noms de 
lieux leur ancienne physionomie. Dans beaucoup d'endroifs 
méme, ces anciens noms ont étó changés ou traduits. C'est 
ainsi, par exemple, que nous voyons dans la charte d'Adroald, 
au vn e siècle, le nom de Tatinghem changó en celui de Ta- 
tinga villa, et dans une charte du xi e , le méme nom s'ócrit 
tantòt Hetthenesberg et tantót Hettesna#mont. Nous avons au- 
jourd'hui méme encore l'exemple de semblables transforma- 
tions sous nos yeux. Le village à'Hondehem, dans Tarrondis- 
sement d'Hazebrouck, se traduisait en latin par canis villa ; 
il n'est connu dans le canton d'Aire que sous le nom patois de 
Thienville, ville du chien qui en est la traduction. Linde, 
autre village de Tarrondissement d'Hazebrouck , est appeló 
le Tilleul, parce que Linde en flamand a en effet cette signi- 
fication. Le faubourg du Haut-Pont, à Saint-Omer, n'a com- 
mencé à étre désigné sous le nom fran^ais qu'à partir du xm e 
siècle ; dans les titres antérieurs à cette epoque, il ne figure 
que sous le nom flamand de Hobrige, en latin Hobriga. De 
là le nom de Hobrighenards qu'on donnait aux Hautponnais. 
Pareillement le Haut-Mont, commune de Moulle, s'appelait 
en flamand Hoberg, et la Sablonnière, hameau d'Ecques, 
Sandgate. 

Quand à Tallération que le roman, ou plutót le patois picard 
et artésien ont fait subir aux dónominations théotisques, elle 
est plus curieuse encore à observer. lei, par exemple, Ophove, 
ferme d'en haut, s'écrit au Pauvre ou au Poovre, ailleurs 



— 91 — 

hove est devenu <mf, ailleurs encore lo mot final hem y équiva- 
lent au latin villa, a é\é remplacó par la terminaison ent, 
comme dans Hydrequent, pour Hìldrichem, Hardinxent, 
Rinxenr, Tubersent, pour Hardinguessem , Reninguessem , 
Thorbodessem, oa par la terminaison in, comme Annezin pour 
Annineshem, etc. 

Les villages dont les noms s'écrivaient, avant le xm e siècle, 
Loutesse, Helsche ou EUcke, Segerke, Widinghem, Batsal, 
Squave, Fampol (Van Poel) , s'appellent aujourd'hui Louches, 
Nordausque et Zudausque, Serque, Wcims, Basseux, Eooi- 
vres, Fampoux, etc. *. 

Le vieux mot flamand wald, forèt, qui est encore allemand, 
mais qui dans le flamand moderne se prononce wout, en an- 
glais wood, a subì une siiigulière transformation en Àrtois. On 
sait que ce mot s'écrivait en latin gualdus (V. Ducange), et en 
roman gault, gauld ou gaud, qu'on pronongaitsimplement^o. 
C'est de ce mot ainsi alterò que sont formós les noms des cinq 
villages artésiens qui portent le nom de Gowy, autrefois Gol, 
équivalent au mot waldig, lieu ou canton de la forét. De tcald- 
warde, garde ou juridiction de la forèt, on a fait en latin gau~ 
waria, et en fran^ais gowère, gohere, aujourd'hui gohelle. 
Le canton de Wimi, dit M. Harbaville, « comprend une partie 
» de la gohelle, gauwaria, juridiction forestière qui tire son 
» nom du vieux mot gaw ou gault, bois. Cette immense forét 
» fut défrichée d'abord sous la seconde race, par les soins des 
» grands forestiers de Fiandre, ensuite par les travaux des 
» moines qui y obtinrent des concessions de territoire très- 
» étendues, à charge do exartandi. La Gobelle s'étendait sur 
» les territoires d'Acbeville, Aix, Aiieux, Bois-Bernard, Bou- 

1 Lout(e)sse, au xvi° siede Louclics, de loetse, butte, cabane ; 
Elseke, lieu piante d'aulnes ; Annoy ou Aulnaic, de els, elsen buìne ; 
Segerke, domaine de Siger ; Widinghem, hameau des prairies, de 
weide, prairie ; Batsal, grand' maison ; Squave, rapide, courant, de 
schwap (près de Saint-Omer, suab, swave) ; van poel, (Hang de h 
tourbière. 



— 92 — 

» vignies, Boyeffles, Builly, Drocourt, Fresnoy, Gavrelle, 
» Givenchy, Gouy, Servins, Hersin, Noulette, Rouvroy, 
» Sains, Servins et Vimy. L'origine de la plupart de ces 
» noms de lieux attestent l'ancien état de la contrée. » 

Les rapportò et dénombrements des xiv e et xv e siècles, ainsi 
que les contrats de vente et de donation, nous raontrent le ter- 
ritoire compris aujourd'hui dans Farrondissement de Saint- 
Omer tout erapreint encore de dénominations flamandes. Ainsi 
la hauteur qui domine Saint-Martin-au-Laért, s'appolait Hos- 
selberch, le Mont des pàturages ; celle de Tilque, le Blaken- 
berg, le Blanc mont ; celle de Moulle, le Hoberch ou Hault- 
berch, le Haut mont ; celle 'de Mentque, le Minchenberch ; 
celle d'Éperlecque YOestberg, et celle de Nordausque le 
Keneberghe, de Tournehera, le Vierberg, d'Audreheni, le 
Mauquembergh, de Journy, le Calenberg, etc, etc. La plu- 
part des chemins portaient encore des noms terminés en 
straete, le wech ou gate. Tels sont notamment : le Lenstraet, 
le Nieuwe-straet, YEcstraet, sur Nordausque ; le Weststraet, 
le Hostraet, le Boerwegue, sur Bayenghem-lez-Éperlecques ; 
le Holleslraet, entre Serques et Moulle ; le Hartewech, sur 
Nortbecourt le Oudenweg et le Waghestraet, sur Salperwic ; ' 
le Haghestraet et le Stenegate, sur Tatinghem ; le Weetstraet 
ou chemin de la Loi, au-dessous des bruyéres, près d'Edeki- 
nes, où se tenaient les Franches Vérités ; le Hopstraet, à 
Blandecquc ; le Bretellestraet, entfe Wiserne, Hellefaut et le 
Grand-Bois ; le Hollestraet, le Herstraet, le Witestraet et le 
Witegate, le Honestraet et le Censtrat, sur Ecques ; le Hostraet 
ou VOstraet, en roman le Hault chemin, entre Hellefaut et 
Bilque ; le Hostraet, à Esquerdes ; le Hostraet, à Journy ; le 
Hostraet, à Nielles-lez-Ardres ; le Vlustraet, sur Tatinghem, 
etc, etc. 

Les noms des vallées ou des vallons terminés en dal ne sont 
pas moins fréquents des deux còtés du haut Aa. Tels sont : 
le Wysqusdal, sur Tournehem ; la vallèe du Wisquendalle 
et du Langhendale, sur Remilly-Werquin ; le Kinendale ou 



— 93 — 

Rendale, sur Acquili et sur Remili y ; le Bramendal, sur Bois- 
dingbem ; le Grauendal, sur Ecques ; le Lindal, sur Éper- 
lecques, sans compier les nombreux hameaux et les nom- 
breuses fermes qui ont conserve leur ancien nom, comme le 
Windal, hameau de Nortbecourt, le Nortdal et Latierdal, sur 
Acquin ; Waterdal, sur Seninghem, Cochendal, sur Roque- 
toire, etc, etc/ 

Au xv e siècle la plupart des rues de Saint-Omer avaient 
encore des noms flamands terminés en straet ; nous en avous 
énuméré un certain nombre dans l'un des derniers Bulletins 
historiques de la Société des Antiquaires de la Morinie. 

Nous pourrions ógalement citer une foule de noms de champs 
terminés, comme dans le terrier de Beaulieu, en velt, land, 
stic et aker ou ohe. Mais nous n'en finirions pas et nous croyons 
que les exemples cités suffisent pour établir surabondammcnt 
que la langue était partout la méme dans l'ancienne Morinie, 
et que cette langue n'était autre que le dialecte théotisque- 
belge qui s'est perpétue dans le flamand, tei qu'on le parie 
encore dans les arrondissements de Dunkerque et d'Haze- 
brouck. 

Nous ne doutons pas que Tétude des anciennes cbartes et 
des anciens terriers n'amène dans tout le nord de la France un 
résultat analogue. M. Tabbé Parenty Fa déjà constate en ce 
qui concerne la contrée située entre la Canche et TAuthie. 

Espérons que le nouveau Dictionnaire géographique de la 
France, dont M. le Ministre de l'instruction publique et des 
cultes a congu l'heureuse pensée, contribuera à nous mettre 
à mème de fa ire une étude analogue sur l'ancienne langue 
dans toute la France et de distinguer les difTérents idiómes 
qu'on y parlait et qu'on a si mal à propos, suivant nous, 
qualifiés jusqu'ici de langue celtique. Ces différents idiómes, à 
part le basque, paraissent se rattacher à une seule et méme 
langue, d'où sont également dérivés les difTérents dialectes du 
théotisque. 

Nous comptons du reste revenir sur cette question en ce qui 



IMÉJMr" ' I I IliMniMBiM "■ 






— 94 — 

eofleerne le palei* rottao qu'oo parlai! dans le nord de l' Artois 
et le Boulonnais *. 

f IL le Président do Comité Flamand qui a ea 1 obligeance de ré- 
▼iser les tei te* et de eorrìger la tradnction des documenta qu'on a 
los plus haut, a fait quelqnes rechercbes sor le dialerte flamand des 
aJTondissements de Dnnkerqne et dUazebrouek ; voìr le présent 
Tolame page 79. (Test là une oeoTrc intéressante et émi nera meo t 
utile qai complete la poblication qu'il a dèjà faite et dans laquelie il 
a eu l'beuretise idée d indiqaer, aa moyen d'une carte, les cantons 
et les localités où le flamand est encore parìe seni od conenrremment 
aree le franca™. 



H1ST0IRE LOCALE. 



LA PAROISSE SAI NT -MARTIN 



HORS LES MURS 



(ancien faubourg de saint-omer) 



Au quinziòrae siècle, un bourgeois de cette ville qui, se 
trouvant sur le Grand-Mar chié> désirait faire une promenade 
a la campagne, sur le chemin de Boulogne ou de Calais, n'a- 
vait pas a parcourir un^aussi long circuitque de nos jours. Il 
pouvait prendre au coin de la place, à Tissue du Cassk-Téte, 
la porte Boulenisienne qui le conduisait à l'embranchemeni 
des chemins d'Ardres et de Boulogne. Cette porte, la plus 
centrale de la ville, était le point de jonction et comme le con- 
fluent auquel aboutissaient les deux principales artères du 
quartier nord de Saint-Omer, la rue de Dunkerque ou Tenne- 
rue, à travers le Grand-Marchié, et les rues Boulenisienne, 
de Bouloigne et de Basse-Bouloigne qui en réalité n'en for- 
maient qu'une seule, comprenant aujourd'hui les rues da 
Comte de Luxembourg, des Corroyeurs, de Courteville et de 
YAvoine. 

En quittant la GrandTlace, on laissait à droite le vieux 
chàteau, espèce de bastille, composée comme tous les monu- 
ments de cp genre et de la mème epoque, d'une tour princi- 



-*- 96 — 

pale, dite la Grosse Tour ou la Payelle (ainsi noramée à cause 
de sa forme ronde et de sa longue gargouille qui lui donnaient 
l'aspect d'une poèle à frire), et de plusieurs autres tòurelles 
réunies en faisceaux par un mur et défendue par un fosse. 

La porte Boulenisienne était percée elle-méme dans une 
grosse tourelle couronnée de cróneaux, du haut de laquclle 
les Audomarois, en temps de siége, lancaient sur leurs enne- 
mis des flèches, des carreaux, des pierres et autres projectiles, 
« à grande force d'engins et de machines. » 

Quelqu'un qui, au quinzième siècle, serait monte sur les 
remparts, près de la porle Boulenisienne, aurait joui d'un 
coup-d'oeil dont il serait assez difficile de se faire une idée de 
nos jours. Il aurait vu, sur l'emplacement du fort des Cra- 
vattes et au-dessous, un spacieux faubourg, plus de deux cent 
cinquante maisons, avec leurs jardins, et au milieu de cet en- 
semble d'habitations divise en deux par la rue Boulenisienne 
hors les murs, trois clochers : celui de Péglise Saint-Martin 
réputée la plus ancienne de la ville ; celui des Frères pré- 
cheurs ou Dominicains dont la chapelle et le couvent occu- 
paient l'emplacement de l'ancien chàteau des comtes de Guines, 
vaste domaine qui s'étendait, depuis le Chingledicq ou fosse 
de ville, jusqu'à Longuenesse, entre les deux chemins de Bou- 
logne et de Seninghem, et comprenait tout le plateau qui a 
conservò jusqu'à nos jours le nom de Parcq ; et enfin le clo- 
cher de la chapelle de l'hópital Saint*Louis. 

Au sortir de la porte Boulenisienne, la rue formait une 
grande courbe inclinée vers le nord. On rencontrait d'abord 
à gauche, contre le Chingledicq, Tenclos des Arbalétricrs où 
les confrères de monseigneur Saint-George avaient leurs ber- 
seaux. C'étaient là que, fétes et dimanches, allaient s'exercer 
au tir horizontal « moult jeunes compaignons qui très volontiers 
» s'esbàtaient audit jeu de l'arbalétre. » 

Dire toutes les joyeuses fètes, dont cet enclos des arbalétriers 
de Saint-Omcr fut le théàtre, les brillantes réunions qui s'y 
fìrent aux tirs solennels et concours, au milieu d'une forile 



— 97 — 

immense des bourgeois, manants et sous-manants de la ville, 
de la banlieue et des villes d'alentours, soit à la Saint-George 
leur glorieux patron, soit à la kermesse, alors que tQUte la 
confrórie, en tute son roi, son doyen et son connétable, tous 
sur des chevaux richement équipés et caparagonnés, sortaient 
de là, a Fheure indiquée par lès règlements, et s'en allaient 
de parla ville, a son de trompes, en grande pompe et cérémo- 
nie, chercher monseigneur le bailli et messieurs du Magistrat 
à qui étaient réservées les premiòres places, puis les escor- 
taient et les conduisaient courtoisement a leurs galeries, en 
face des dames qui étaient déjà dans leurs hourts et les aVaient 
dévancós;... dire aussi Fimpatience, les trépignements, la 
liesse, les ébaudissements de la multitude des spectateurs, 
pressés, serrés, juchés les uns sur les autres, le cou tendu, 
Foeil invariablement fìxé sur le but, étalant sans fagon leurs 
mille faces pourpres et rebondies, éclatant parfois d'un im- 
mense gros rire qui parcourait tous les rangs et illuminait 
simultanément toutes les figures, comme une étincelle électri- 
que, ce qui ne manquait jamais d'arriver chaque fois que 
qnelqu'un des concurrents commettan une maladresse ou une 
balourdise, pendant qu'au milieu de tout cela circulaient de 
mains en mains des pots de grès au ventre renflé et orné de 
rehef, remplis jusqu'anx bords du jus écumant de l'orge et du 
houblpn, des brocs de cervoises estranges et doubles bierres, 
des lols d'hydromel et d'hypocras, voire méme de cet excel- 
lent vin qu'on récoltait, il n'y avait pas longtemps encore dans 
le pays.... dire, peindre ou raconter tont cela serait cbose 
impossible. 

A propos de vin, je ne sache pas que les arbalétriers ni les 
archers de Saint-Omer aient jamais joui de la mème fa.veur 
quQ leurs cpnfrères d'Arras à qui on payait sur la recette de 
Son Allesse le comte d'Artois quatre lols de vin chaque diman- 
che et féte, « à l'ayenant de 52 dimanches et de 45 fétes en 
» Fan, ce qui faisait 388 lots à 8 sols, s'élevant à la somme de 

• * 

» 155 livres 4 sous. » 

7 



kkuAàuCiJ.^. 



— 98 — 

Mais dans ces temps de guerres et de luttes incessantes, les 
arbalétriers avaient souvent à se livrer a des passe-temps beau- 
coup plus sérieux que ceux doni nous venons de parler. Com- 
me ils formaient avec les archers deux corps francs, deux 
compagnies d'olite dans la milice bourgeoisc, ils étaient tou- 
jours exposés, dans les combats, aux premiere rangs. Souvent 
méme, à la demande du prince, ils étaient envoyés dans les 
places voisines pour leur préter main forte et soutenir la gar- 
nison. Il serait trop long d'énumérer leurs exploits et d'ailleurs 
ce serait sortir des limites de notre sujet. 

Après l'enclos des arbalétriers on rencontrait la rue Sainte- 
Croix, c'est-à-dire la ine qui conduisait, parallèlement au 
Chingledic, au faubourg de ce nom ; puis la porte du couvent 
des Dominicains, dont l'enclos, qui comprenait huit mesures 
de terres, formait le marteau sur la me. L'église de ce couvent 
était surmontée d'une fiòche elegante en charpente. Trois clo- 
ches d'une parfaite harmonie y conviaient les fìdèles aux so- 
lennités. La plus grosse de ces cloches portait cette inscrip- 
tion : « Madame, Mahaut comtesse d'Artoys, me fit faire l'an 
» 4328. » Cette comtesse avait donne en outre aux Domini- 
cains, par son testamenf, deux vraies croix cnchassées en or 
et garnies de perles. 

Mahaut avait été pour ces religieux une véritable bienfai- 
trice. C'était elle qui les avait établis près de la porte Boule- 
nisienne, sur l'emplacement d'un vieux chàteau qui avait 
appartenu, comme je l'ai dit plus haut, aux comtes de Guines. 

La possession de ce chàteau par un seigneur puissant, 
étranger à la ville, dans un lieu si proche des remparts et de 
la porte Boulenisienne, avait été un jour bien fatai aux Àudo- 
marois, voici dans quelle circonstance. 

Philippe d'Alsace, comte de Fiandre, ayant marie sa nièce, 
Isabelle de Hainaut, au roi de France Philippe Auguste, lui 
avait donno en dot toutes les villes qui depuis ont forme le 
comté d'Artois. De ce nombre était Saint-Omer. A la mort 
d'Isabelle, Louis Vili son fils s'était hàlé, méme du .vivant de 



— 99 — 

son pére, de prendre le titre de sèigneur d'Artoù, Philippe 
d'Àlsace était mori lui-mème dans la troisième croisade, à 
Ptolemaide, laissant pour héritier au comtó de Fiandre son 
neveu Baudouin de Hainaut, frère d'Isabelle et onde de Louis 
Vili. Mécontent du démembrement que Philippe d'Àlsace 
avait fait du còmté de Fiandre, en faveur d'Isabelle, Baudouin 
forme le projet de reprendre l'Artois sur Philippe Auguste et 
son fils. En conséquencc il lève une puissante armée et vìent 
mettre le siége devant Saint-Omer, en <192. Il s'empare d'a- 
bord du faubourg et de la forteresse du Coelhof, situés à Pan- 
demie porte du Brulé et renfermés depuis dans la ville. Bien- 
tót, gràce au comte de Guines, Baudouin II, qui, malgré ses 
relations d'amitié avec le roi de France, et le lien étroit de 
parente qui Punissait au chàtelain de Saint-Omer, avait cru 
devoir embrasser la cause de son ancien suzerain, la ville elle- 
méme se vit dans la necessitò de céder. Car profitant de la 
position avantageuse que lui donnait son chàteau, le comte de 
Guines y avait elevò une grande tour du haut de laquelle il 
battit en bréche la porte Boulenisienne et lui donna de si puis- 
sants assauts que les Àudomarois, aprés avoir vainement solli— 
cité le secours du roi de France, furent contraints de capituler. 
Mais à quel titre les comtes de Guines possédaient-ils cette 
propriété ? A titre de pairs du comté de Fiandre dont la cour 
féodale se tenait souvent à Saint-Omer. Il était de règie que les 
pairs d'un comté eussent, au chef-lieu, un hotel indépendant 
et affranchi de tout autre justice que de la leur. Ces liótcls 
étaient de noble tenement. De là ce grand nombre de fiefs 
qu'il y avait autrefois à Saint-Omer et qui avaient lèur amarne f . 

1 Ce grand nombre de fiefs qu'on remarquait autrefois à Saint" 
• Omer et qui étaient indépendants de Véchevinage, du moine en ce 
qui concemait la justice foncière ou basse justice, avait eneo re une 
autre origine. Avant la' formation de la ville, l'espace qui séparait 
Notre-Dame de Saint-Bertin et les alentours se coraposaient en 
grande partie d'héritages nobles et de terres allodiales. Le prinpipai 
privilége attaché à ces cortes de possessions était l'exemption de 
toute espèce de redevance, sauf le service des armes. Au proprie- 



— 400 — 

Le cbàteau des comtes de Guines, par suite des aliónations 
que le prodigue Arnould III avait été obligé de consentir pour 
payer ses dettes, fut acquis aux comtes d'Artois; La; concesse 
Mahaut en avait fait sa residence.: En 4306 d^ans une sedino? 
doni ou ignore la cause, les Audomarois aprèfe,^voif .empor^é 
et devastò le cbàteau de la ville, ruinóJes toux$, les crénea.ux 
et les ponts-levis, coururent à celui des comtes de Guines et le 
pillèrent. Mais cetfe révolte ne fut pas de longue durée« Con- 

* ■ * ■ 

taire seul appartcnaient les émolumcnts de Ja justice ((redo) qvà 

étaient alors considérés comme faisant parile dir revenu. De là ces 

sauvegardes ou chartes d'immunità qui interdisaicnt aux juges et 

aux fondi on oai rcs publics l'entrée 4e ces sortendo terres, soitpour 

y tenir leurs assises, soit pour y leyer Jes impóts cp nature, et Ics 

amendes, corame ils avaient le droit de le faire partout ajlleurs, 

excepté sur les terres des égìises et des àbbayes qui jouissafent (Je 

la mème faveur. Ce privi légo ne conferai* nnìlement l'exerctee dò 

la justice. Mais entre ces deux droits, celui de petcevJoir les amen- 

des judiciaires et celui dq juger, la distance élait facile à francbir. 

Elle le fut dans le courant du onzième siede, lorsque les comtes et 

les barons, s'étant àffhmcbis de toute subordination,.sàuf l'homma- 

ge, enferà le souverann, farent devenus propriétaires et seigneurs 

de leurs charges et de leurs bén^fices, chacun danssoa ressort. 

Alors fut proclamée cette màxime du droit féodal que justice et seir 

gneurie, ne font qù'un. Par une conséquence toute natureìle, cette 

maxime fut appliquée à tous les degrés de la biérarchfè féodale, a 

toutes les terres nobles et méme aux alloeux. Cetfè maxime que 

justice, et seigneurie ne font qu r un abolte dans le reste»x3e la Franco 

dès le 13 e et le H e siede» continua à su blister dans i'anc^nne Gaule. 

Belgique jusqu'à la revolution. Néarimoins la municipali te de Saint- 

Omer travailla constamment à détruire toutes ces j usti ces particu- 

Hères établiés au sein de la ville, en achetantcès fiéfs endàvés dans 

son ressort, ebaque fois que l'oceagioi) fc'en presentai t.. Dans ce cqs 

le fief n'en continuait pas moins d'exister, mais comme il apparto - 

nait à la ville, c'étaient les éebevins qui avaient le droit de «lui 

nommei^on aman qui devenajt airisi un officier subalterne dp l'écbp-. 

Considérée au point de vue de nos institutions, la féodalité n'élait 
que 1-abutfdu droit de proprìété au proflt des particqìiefs, qomrae le 
socialisme, pris, en general, n'est que l'abus du ^rpit de propriété 
au proli! de l'État. Tant il est vraiqu'cn tout les e^trèmes se, tou^ 
chent. ' : 



— 101 — 

traints de se soumettre, les habitiants de Saint-Omer furent 
coridamn'és a reparer Je dommage et à payei 4 une amende de 
cent mille livj'es. * • 

Ce fut 18 aus après cette émeate, én 1324, que ìa comtesse 
Mahaut donna le chàteau des comtes de Guines aux frères 
prècbeurs pour en fàire leur couvènt. 

Cesreligieux qu ? on fait venir a tori de Bergues vers cette 
epoque étaient déjà à Saint-Omer depais un siede, c'est-à- 
dire depuis la fondation de leur ordre. Le chapitre de Notre- 
Dame avait alors pour prévót uri implacable adversaire des 
ordres mendiants. C'était le célèbre Pierre de Colmy, qui fut 
par la suite archevéque de Rouen, puis cardinal de Rome du 
titre de Saint-Ange. Ce prélat se montra tellement hostile à 
l'établisseinent des frères précheurs à Saint-Omer que, pre- 
nant pour prétexte cette circonstance qu'ils avaient prèchó et 
administré les sacrements dans les lieux soumis à sa juridic- 
tion prévótale, sans son consentement, il les chassa de sa cir- 
eonscription et fit méme demolir leur maison. 

Il n'avait fallu rien ttioins que rinterverition du bon roi 
Saint-Louis pour appaiser ce grave différend (1 233). Mais bien- 
tót Pierre de Colmy quitta Saint-Omer et les Dominicains fini- 
rent par y vivre en paix. Toutefoìs ce né fut qu'à force de 
souplesse et de concession qu'ils parvinrent à s'acclimater 
parmi le ci erge de la ville et par dissiper les otìibrageuses sus- 
ceptibilités que leùr présence et surtòut leurs travarux comme 
prédicateurs et confesseurs avaient fait naìtre. 
'" Le peuplé n'avait guère mieux accueilli ces frères mefl- 
diants. Quand ils furent établis a la porte Boulenisienne, plus 
d'urie fois des voisins mal intentionnés dévastèrentleur enclos. 

Ils étafcòùrurent la haine des cabaretiers et des maltotiers pour 

fi. 

une aùtre raison, à cause du privilége qu'ils avaient de rece- 
voir leurs vins exempts de toute espèce de droits. 

M^eyer lappone sur les Dominicains de Saint-Omer, pen- 
dant qu'ils étaient encorè près de la pòrte Boulenisienne, uno 
atièfedote 3sséz alquante, répétée par toùs noè historiéns. Je 
me bornerai à la traduire littéralement. 



— 102 — 

« En U06, la veille de la féte Saint-Martin, sousl'épi&copat 
» de Jean, évéque de Thérouane, les Anglais sortis de Calais, 
» de Guines, de Marck, d'Oye, de Wissant, de Ham, de San- 
» gate, de Balinghem et d'autres forteresses, firent une excur- 
» sion sur nos frontières, dévastant la banlieue de Saint-Omer 
» et envoyant leurs prisonniers les plus riches à Guines. IIs 
» envahissent le couvent des frères Dominicains. Mais fléchis 
» par les prières du general de l'ordre, homme probe, ils ne 
» s'y livrèrent a aucun excès. Ce religieux les accueillit avec 
» un visage bienveillant et ouvert et les reput largement de 
» vivres et de boissons. Il avait deux tonnes de vin quo le 
» comte d'Artois avait envoyées au couvent, depuis peu de 
» jours ; notre abbé les leur donne, afin qu'ils puissent féter 
» joyeusement la Saint-Martin, ce que firent les Anglais. A 
» quatre jours de là, ces insulaires envoyèrent au monastèro 
» douze nobles à la rose en reconnaissance du vin qui leur 
» avait été si généreusement offert. Touchés d'humanité et des 
» prièrés de l'abbé, ils se désistèrent du projet qu'ils avaient 
» forme d'incendier le faubourg Boulenisien. Cet abbé était 
» un homme expérimenlé et digne de mémpire. » 

Les Dominicains, malgré les injustes próventions qui s'éle- 
vèrent d'abord contre eux et qui finirent par se dissiper, ainsi 
que je viens de le dire, n'en, perso vèrent pas moins dans leur 
mission de charité qui consistait principalement à précber, 
confesser et enterrer les morts. La paroisse Saint-Martin, 
doni la cure était un bénéfice appartenant à un chanoine de 
Thérouane, était abandonnée aux soins d'un desservant oud'un 
vicaire de la ville qui atlait y dire la messe. Ils en obtinrent la 
desserte, moyennant une redevance annuelle de 30 sous qu'ils 
payèrent au titulaire, pour le profit qu'ils reiiraient dei obsè- 
ques, des offrandes ou oblations et autres dons des iìdèles. 
Pour ranimer le zèlo de leurs paroissiens ils obtinrent succes- 
sivement l'érection de d^ux confréries, Tune en l'honneur de 
Saint-Jacques, apòtre, le patron de leur église, l'autre en l'hon- 
neur de Saint-Pierre, le njartyr. Ils continuèrent ainsi jusqu'eu 



— 403 — 

1 477, epoque à laquelle le faubourg fut détruit, dans des cir- 
constances que je rapporterai tout-à-l'heure. 

Eri suivant toujours la rue Boulenisienne, après le couvent 
des Doininicaius et dans l'angle du marteau que ce.couvent 
formait sur la rue, étaient Féglisc et le cimetière de Saint- 
Martin. C'était, suivant la tradition, la plus ancienne église de 
la ville et des alentours. Elle aurait été fondée par Saint-Omer 
loi-méme, avant l'arrivée, sur les bords de TAa, de ses saints 
compagnons dans Tapostolat, Bertin, Momelin et Ebertram. 
Suivant loutes les apparences> c'était le centre de Sithieu, la 
bourgade du bas des versants, du bassin de i'Aa *. Car près 
de là était sa pdture publique, son Làer. Quant au reste de la 
vallèe, les bassures, pour me servir du terme patois qui cor- 
respond parfaitement à la dénomination teutonique de Sithieu, 
ce n'était alors qu'une vaste fondrière enlourée d'épaisses 
foréts, entièrement deserte et n'offrant aucune autre ressource 
que la péche aux peuplades qui, comme celle de Sithieu, 
habitaient sur ses bords. Tel est du moins- le tableau que nous 
trace de cette contrée le plus ancien, comme aussi le plus 
véridique et le plus positif de nos chroniqueurs. Il est bon de 
le remarquer en passant, il n'y a que certaines légendes et nos 
histoires modernes qui représentent Adrowàld, le donateur 
de Saint-Omer et de Saint-Bertin, comme un chef de pirates 
qui aurait habité un prétendu chàteau de Sithieu et qui de là 
aurait exercé ses brigandages sur le golfe Itius, ce golfe non 
moins fabuleux, eu égard du moins à cette epoque et mème à 
celle où Cesar fit la conquèta de notre pays. Ce sont là des 
faits purement imaginaires que démentent, de la manière la 

1 Sithieu, dans les plus anciennes chartes Sitdiu, se compose, 
suivant moi, des deux mots tudesques, sit, coté, versant (d'une col- 
line) et diew, le bas, le fond d'une chose). Ce mot correspond donc 
au mot patois bassure et au mot francais bassin qui désignent un 
espace de terre plat et uni, entouré de hauteurs, ce qui convient 
parfaitement à la posilion de Saint-Omer dont le terriloire s'étepd 
surtout dans les marais, dans le bassin de l'Aa. 




^ j ^p* ^^ - -. 






• " *^"T rttt t i n il i i i 



— 104 — 

plus complète, la nature et la disposition du sol dans nos ma- 
rais, aussi bien que l'histoire et l'archeologie. Jecroispouvoir 
l'affirmer, Adrowald dont le nom indique un administrateur 
subalterne * , c'est-à-dire un lieutenant du grafion de Thé- 
rouane, dìgnité que devait lui conférer naturellement sa posi- 
tion de riche propriélaire allodial, Adrowald,dis-je, n'a jamais 
eu de chàteau à Sithieu. Non-seulement la charte signée par 
lui ne fait aucune mention de ce prétendu chàteau, dans la 
longue énumération des proprictés qu'il transporte à Saint- 
Bertin, mais elle nous donne à connaìtre, de la manière la 
plus positive, que ce seigneur frane avait son manoir doma- 
nial et par conséquent sa residence dans un village nommé en 
latin Ascio, lieu qu'on croit otre, avec assez de vraisemblance, 
Aix eri Ergny, près de Fauquembergues. C'est en effet de 
celte residence et non de Sithieu que cetle charte est datée : 
c'est là qu'elle a été octroyée et écrite 2 . 

Quant au Mont de Sithieu, à mes yeux, il est contempo- 
rain des fortifications. C'était une motte seigneuriale, comme 
celles d'Ardres et de Guines, surmontée d'un chàteau qui fut 
la demeure des premiers chàtelains de Saint-Omer, jusqu'à 

1 De Walten régir, administrer et Ader, Acther, After, Aber, sous 
ctinférieur; sous administrateur. 

2 L'un de nos plusanciens hagiogràphes dit positivement qu'il n'y 
avait pas encore àSaint-Oraer ni chàteau ni aucune espòce de for- 
tifications, lors des prernières invasions normandes, et quo ce fut 
pour cette raison que ces barbares s'einparèrent si facileiueut de la 
ville : Necdum locum hunc aliqua castelli vel valli defensabat mu- 
nilio et ideò magis huc perfacilis inimicorum irrupìt incursio. — 
Il risulte d'ailleurs d'autres docilmente historiques que. la molle 
castelaine, la haute molte ou la molle du Bourg, aujourd'hui le fnont 
de Sithieu, ne date que de 880 à 891, c'est-à-dire de l'epoque ou 
la partie haute de la ville a recu scs prernières fortifications. Sithieu, 
bassure, bas paijs, est une dénomination opposée à celle à'Arque qui 
signifie haut territoire, haul pays, (des deux mots ar haut, élcvé 
et dre,'coin de terre, territoire. Arque, dans les plus anciens titres 
s'écrit en ctfet en latin Areca, Ar ed). — On sait que ce village, 
occupai! primitivement la hauteur du Haut- Arque. 



ifiLi. 



■a 



— 4Q5 — 

l'epoque où celui.dc la porte Boulenisienne fui eouslruil? par:, 
Louis Vili. Ce prince, dit Meyer, «pus l'année 1244, £ttél$vor . 
chez Iqs (Audomarois, a la porte de Boulogne, mie tour solide- 
ment fortifica, au moyen de lavello il se ménageaune sortie, 
et une entrée libre et particulière dans la ville. Par ce' mot 
tour, validissima turri, qui est toujours pris dansle.sfcns de- 
fortcresse et de citadelle, il faut nécessairemen.t eintendfe U 
chàteau, car nous voyons dans nos arehives quUl y avait en 
effet, en deliors de la villo, dans 1# paroisse Saint'-Martìn, ìe 
long d'une becque, celle qui tonrbq aujourd'iiui dans la lunette 
et le grand fosse qui bordent l'allée du Nard, un chemiapar- 
ticulier qui conduisaifc à la porte : du Ca$teL Majs revenons à 
la rue Boulenisienne hors les mura. - . 

Après l'église et le cimetière Saint-Martin, venait un |*àté 
de raaisons qui aboutissaient aux baitlcs. On donnait ce noni à 
une forte palissade élevée sur le rejet d'un fos&é large et pro- 
fond qui en défendait l'accès. La ri^e Boulenisienue était fer- 
mée, &n cet endroit, par une heppe ou herse précédée d'un 
pont-levis. , . , . ,; 

Du coté droit de la rue, toujours en sortant <Je lp ville, nous 
n'avons qu'un seul édifice public à signalcrj C'est l'hòpUal 
Saint-Louis, fonde dans le cours du treizième siècle, par un 
nommé Jehan Darques, marchand br^sseur et<sa (emme. Cet 
hópital et ses dépendances aboutissaient, all'est, au fosso de 
ville et, à Pouest, à une ruelle qui conduisait à Salpénvick et ; 
correspondalt avec célie qu'on apercoit àujoiird'hui iV droile 
de l'allée du Nard, le chemin du Peùit-PoM. Sur la rue,. l'hó- 
pital faisaitface à la parte des Dominicàins et, papderriòre, il 
s'étendait, au nord, jusqu'à la becque, le long de la^uellé était 
le chemin couvsrt, Yingressus specialis (Jorit parte Meyer, qui 
condubait au chàteau, . . 

iL'église de cet hópital était dfesservie par un chapelainàqui 
on payaft « pour chanter mess'e chacun jour, freizfe livres par 
» an. » OutrV les revenus qu*il percevait ailleu'rs, Thòpital 
Saint-Louis avait des rentes sur qu^torzo inaisoas, toijte$ siteiìées 



— 106 — 

dans la rue Boatentówane, et sur quatre autres uiaisons sises 
vers la Becque et la me da Cbateau. 

Après la ruelle de Salperwick venaient un pàté de maisons 
et une autre ruelle qui conduisait au Lakrt f . Cette ruelle 
aboutissait a la rue Boulenisienne, presqu'en face de l'églbe 
Saint-Martin. 

Suivait enfin un dernier pàté de maisons qui allaient jus- 
qu'aux iaiUe*. 

Telle était la paroisse Saint-Martin hors les inurs qui s'éten- 
dait depuis la porte Sainte-Croix jusqu'à celle de Dunk^rque, 

Cette paroisse pénétrait jusque dans la ville et comprenait 
tout le quartier qui était au nord de YErbostade ou quai des 
Tanneurs qui limitait autrefois Saint-Omer *. Ainsi le bas de 
la rue de la Bouquerie (des Bouchers), et quelques petites 
rues adjacentes, telle que la Salperwickstraete, etc, faisaient 
partie de cette paroisse. En dehors de la ville, près de la porte 
actuelle de Galais était le hameau $ Hebbinghem, (l'enclos de 
la levée de terre ou de la digue) qui en faisait également par- 
tie. Dans ce hameau se trouvaient plusieurs rues, entre autres 
la rue de Salperwick (aujourd'hui rue du Petit-Pont) et la rue 
de M. le prévót de Notre-Dame '. 

1 La#r, terre en friche, pàture publique, c'est le plus ancien com- 
munal de la ville. Il parali avoir été partagé en trofs parts ; Fune 
pour Saint-Bertin (le Corlis) ; la seconde pour Notre-Dame (laGarbe); 
et la troisième pour les habitants de la ville, (le Laert propreraeut 
dit). 

1 Des detix mots Erben ou mieux Gerben tanner le cuir, et de 
Stade> port, quai. — Quai des Tanneurs est donc la traduction ex- 
acte àErsbostade. 

8 Hebbinghem (de Hebbingue exbaussement, levée et de Hem en- 
clos) est suppose, sans fondemcnt, par quelques historiens, avoir été 
le berceau ds la ville. Ce bameau situé entre la rivière et la rue de 
Salperwick ou du Petit-Pont n'est autre à mon a vis, que l'ancien 
Nard qui, au scizième siècle, a succède au faubourg de la porte 
Boulenisienne, et occupait ce mèmc emplacement, à la por tèe des 
arquebuses du rempart. Au reste si Hebbinghem tire son uora de sa 
position sur la levée de terre qui formait la digue de la rivière, le 



ttiTTTYìiih i 



— 107 — 

DBSTRUCTION BT TRANSLATION DE LA PAROISSE SAINT-MARTIN. 

SIÉGB DB SA1NT-OMER BN \ 477. 

La paroisse Saint-Martin hors les murs était dono, au quin- 
zième siede, un grand et spacieux faubourg. Mais sa trop 
grande proximité des ramparla et de la Graade-BUee etjMtr 
CQMétfoeai in centre méme de la ville, doni il n'ótaìt séparé 
que par un fosse et l'épaisseur d'une porte, avait toujours étó 
un grave obstacle à la défense de la place. En temps de guerre, 
les ennemis trouvaient dans ses maisons et ses édifices publics 
un point d'attaque tout dispoié d'où ils pouvaient assiéger la 
ville, à Tabri des traits de la garnison. Gette position devint 
bien plus dangereuse encore, pour les Audomarois, après l'in- 
vention des armes à feu. Déjà dès la fin du quatorzième siècle 
« l'ospitai Saint Loys devant les Jacobins, en le rue Bouleni- 
» sienne, dehors les portes de la dite ville, ayant été ars (brulé) 
» et destruit et du tout desmoly par le guerre des Anglois » 
avait dà étre transféré dans l'intérieur de la ville, en « le mai- 
» son que on dit au chbval d'or, au Brulle. » Cette maison 
du Cheval ou Queval d'Or avait étó donnée en <378 par 
« Katerine, vefve de feu Jehan Vieusier pour illec recevoir 

Nard semble aussi tirer le sieri de sa position sur cette méme bran- 
che de FAa, appeléc le Naar ou Naar-Stroom, ce qui signifie litté- 
ralement arrière-courant, rivière inférìeure. Il est à remarquer qu'en 
eflfet cette denominati on de Nard n'apparalt dans nos archi ves que 
lorsque celle d'Hebbinghem a cesse d'étre en usage. Sans doute le 
Nard n'a pas tarde à franchir l'enceinte fortifiée par un large fosse 
et par une herse qui en défendait rentrée aux ennemis, car à la fin 
du seizième siècle la place du village était déjà en dehors de cette 
enccinte. Mais en rapprochant les diverses notions que nous fournit 
l'iiistoire, il en résulte qu'après sa démolition, arrivée dans des cir- 
constances qui seront exposées plus loin, et dès l'année 1489, l'église 
Saint-Martin avait été tran spor tèe et rebàtie dans cette méme en- 
ceinte et proche de la rivière, à cent pas seulement des remparts ; 
ce qui prouve clairemcnt que l'ancien Nard, appelé plus particulière- 
ment la Herse du Nard, occupait le méme emplacement qu'autrefois 
Hebblingbem. 






J 

4 



— 108 — 

» g*u$er qt, hébocgier tous poyres^ialade^ e& pqvpes trespasr: 
» sants en Tonneur (Je^Dieu^de la^eapìJjQ Vierge Marie, de 
» Monsieur S l -Loey (Louis) et de Monsieur S^Julien, des 
» aumosnes qt*e les bóQnes gens, par divine impiration^ vali- 
» roient carità cu r#ment donner as dits. povres. » Là veuvede 
La PjOjUtaine avait donno en outre avec sa maison, « àl'us 
» (usage) des. povres, tous les catetó (meubles) qui e^toient 
» en 1$ dite maison et seroipnt »u jpur.de son trespas, les lin- 
» che.ux (lingfls) couvejloirs, bapl^iors, Cotìssins, pos> paiclles 
» ptautres eateux, Uni c$ulx qu'elje.avoitou auroit dusi&n 
» propre, comme ceulx que les boimes gens y auroient donués 
>> ^a Aumosne, par ensi que li lieux ddmetfrachent au dit usage 
». des povres, cornine jdit *$st, et qu'elJe y 4emoureroàt elle- 
» mèrne pour peccvoir ot bébergier t®<uà povres malades et 
» autres trespassans, par laf manière .dite. » CeUe donatìon 
était faite à la seuJe chàrge de « paìer. quatre livres et trois 
» v mailles parfcÌ6 et quatre eapons de .rente par aa béritaule- 
» ment >> qui grévaient la maison» €efutyingt ansaprès, en 
ViKJ^quandjla donatrice fut morte que, les soéurs hospitaiiè- 
resayant fait reconstruire la maison du Chcval d'Or, Les>éche- 
vjns de S^inJ-Qmer .transfórèrent en cette Maison J'iidpital 
Saint-Louis et ses revenus, étant « acertenez (certains) porle 
»l'?icte d'érection, delebonne vi&iet bonneste coftversation 
» de plusietifs Jones femtees qui, par' pure dcvotlòn, se y ont 
» volu et vòèlerit appiiquier, vivanl ctè labeur et, gardant les 
» povres malades, autant que.sousjenir en, p^uveat; par le. 
>x fait et moyen desquelles ledit hèpital a esté et cslréparé et 
» en bon estat. » Par cet acte où ifà rendaient un bommage si 
éclatant à la charhé,, au zòle et au dévouejjjent de ces bwmes 
jeunes femmes, les- óe-bevin^ eonférènent à c&sdernière$ « le 
»» gouvernemewt et pourfit de le ditemaisonfct do toulesMe's 
» rèrìtes et revenus a icelfe ajipàrteriant oì| eschus et qui en 
» temps à vepir y appartlendrpient oh, es^berfoient, pour les . 
» employer ^ux dits -usa ges tan*qu$ k ce.voudroienl en bDnne 
» vie et bonnète conversation vaquer et enlendre, san?, à éllcs' 



VI* 



— 409 — - 

» éstra feaillié pài? tes dits ésèheTinfy' leurs suecéssetirs où àu- 
» tfes, empeschement aocun l . » ,j ' - ' 

L'hòpiial Saint-Lotiift, en se reggiani dans Pintériéitf de la 
ville, n*avait Fait, pcmr ainsi diro, qite donner le sìgnal de la 
retraite aux irois aotres cotnmun&utds, ies Domlnicains, lei 
Cordeliéfs et les (Jla* i&ses, q\ri, cornine òét éiiablisseménti se 
trouvaietit en dehorsiles'mtìrs. €ar le ferrips àpprochait ou 
non^seulement ces tfois couvents « qui estoient les troia plus 
» richeg cloi^res et mteulxédHfiéshorsbonne villo qui frtssertt 
» par dechà 'tes : tnans, » mais cncore Ics trtìis paroissès et les 
trois fcmbour^s, Safatf-Martm, Sàintc-Croìjr et Saint-Michel; 
qui étreignstieuft'fcri qiielqwe sorte les remparis au midi, ali 
couchant' et .ari septeiìtciòn, dteVaictìt disparate* devant lés 
nécessitós de la défense. Cét évènement arriva vérs la fin du 
qninziièTftè tìèéle, dans les crrconstotìees que Je vate dire. '""' 

CMhit^iì'Ùllì Charles fe^Téniéraire, dtìc d J e BòtirgogAcJ 
corate Sé $larjdre ei d'Àrtote, venali d*èfrc tue cHk braille Sé 
Na»ey/ én ne IdissaiU pour lui succeder daris ltfénèmbrèusés 
provinces qui lui étaient soumrses et qui ValaiénVtln royauriiei 
que là jeun e .princesse Marie sa fille. Sdh bon coriipère et 
ecrasin touis XI, que eette mort détfvrahd'utì grahd' èmbari-as; 
s«e hàfa àe la «lettre a profit étt féiròissant d'dliord la "Boùrgo- 
gne àson domaiwe, Gn sdit querelle province aVaitété donneo 
parie ròi de Franco Je&n li à Philippe le Bardi, le bisaienl 

de Charles, avec eette clatìsé, qu'à défout dì)éritier~itiàle elle 

» • • ...,■. 

<«* L'hòpital'SaiotrlLouiS'du cftevaì dW, depnis Pamìée 44Ì6, jns- 
qu'à celle de 1427, epoque a laquelle il fu* róutó à l'bòprtal Notre-t 
IUme-de-.l'Écoteiue, quiétaitdans. la>mème me, vitaccroUrc con- 
suldràbiement l ses rcVenus. Nous ne comptons pas moins de onz<* 
donatfòns', dorit qnelques-ùnes fùrdrit assez importaritcs, pendant' ce 
couF,t espape de! onze ftns*. Onsaitque longtempsavàtiNaf révoìtitiòii 
de 89, Vhópital du dieyal dV fut,jnélau*Qi^hQ$é»en;il|ópUaj miljtaire. 
Néanmoins on y avait conservò les lits fpndés pour les-yieilJar<U 
hors tl^'tat de fravaìller. — L'emplaceraent de cet ancien hòpitaL est 
occupé àujoard'liuj-par tès màisons:n* rf, 20,' 24, ; 26, 2#de la ruc 
d'Arras,— (Voiif. sur cet'ét&blìssernent une notìcold^^de'Lapf^fvel 
— Bulletin hi stori quo). 



— 440 — 

serait reversible i la couronne. Mais il n'en était pas de méme 
de l'Artois et de la Fiandre qui avaient élé apportées en dot à 
ce raème Philippe le Hardi par Marguerite de Fiandre et qui 
par conséquent étaient deux domaines patrimoniaux et comme 
tels, appartenaient de droit à la princesse Marie. 

Louis XI qui convoitait cependant cette panie de l'héritage 
de son bon cousin, avait essayé, mais en vain, de Tattirer à lui 
en négociant le mariage de la jeune Marie avec le dauphin, 
depuis Charles Vili. Les États de la Fiandre qui ne redou- 
taient rien tant quo de tomber sous la domination directe et 
immediate des rois de France, dont le système de centralisa- 
tion ne tendait à rien moins qu'à absorber dans l'unite de la 
puissance royale le pouvoir municipal et Jes priviiéges des 
communes non moins que le pouvoir et les priviiéges de l'aris- 
tocratie féodale et des grands vassaux, se gardèrent bien d'ac- 
cepter cette alliance. Mais Louis XI n'était pas homme à s'ar- 
rèter devant cet obstacle et à renoncer à ses projets, parce 
qu'ils ne plaisaient pas à la noblesse et à la bourgeoisie mar- 
chande de Bruxelles et de Gand. 

Sans perdre de temps, il lève une puissante armée et penetro 
dans la Picardie où il se rend maitre de toutes les villes sou- 
mises à la domination Bourguignonne. Puis il entre en Artois, 
s'empare de Bapaume qu'il livre aux flammes et vient mettre 
le siége devant Arras qui lui est remise sans coup ferir par 
son gouverneur, Philippe de Crevecoeur, seigneur d'Esquer- 
des. De là poursuivant toujours sa marche victorieuse, il 
s' avance jusqu'à Tournai où il bat l'armée flamande accoufue 
au secours de cette ville. 

Après la prise d'Arras, Louis XI avait pensé qu'il lui suffi- 
rait d'envoyer ses commissaires avec un détachement de son 
armée aux autres villes de l'Artois pour que celles-ci se ren- 
dissent et fissent leur soumission. Mais il s'était grandement 
trompé dans ses prévisious et ses calculs. Saint-Omer, qui 
était la plus forte place de la province, refusa de lui ouvrir ses 
portes. Cette ville, non moins jalouse de ses droits et de ses 



— 444 — 

priviléges quo les grandes communes de Fiandre, était d'ail- 
leurs soigneusement entretenue dans ses sentimento de fidélité, 
envers la Olle de ses anciens comles, par Philippe de Bourgo- 
gne son gouverneur et le cousin germain de Marie, et par 
l'abbé de Saint-Bertin, Ton des conseillers intimes de celte 
jeune princesse, comme aussi l'un des plus actifs et des plus 
habiles négociateurs de son gouvernement. L'exemple donno 
par Saint-Omer, qui, depuis sa réunion avec les Pays-Bas 
sous la domination de la maison de Bourgogne, avait toujours 
été considérée cotnme le chef-lieu du West-Quartier de la 
Fiandre, fut suivi par toutes les autres places moins impor- 
tantes comme Bergues, Bourbourg, Cassel, Aire, Saint-Venant 
et Armentières, qui s'appuyaient d'un autre coté sur Lille. 
Irrite de cette résistance, « le roy, dit un chroniqueur con- 
» temporain qui habitait une maison séant près du Grant- 
» Marchié en la Liste Rue *, le roy estant au pays de Hénau 
» se conclud de tyrer a Saint-Omer ; et quant ceulx de la ville 
» de Saint-Omer furent de ce advertis, ils firent demolir tous 
» leurs faulbourgs tant à la porte Boullisienne, Sainte-Croix, 
» comme à la porte du Brulle, lesquelz estoient beaux et riches 

1 « L'an 1475, Pierre Leprestre, abbé de Saint-Riquier, voient et 
» percevant les guerres qui sourdoient de plus fort en plus fort, 
» voiant aussi qu'il estoit impotent et qu'il ne povoit jamais paine 
» d'alcr par les cbamps, fut conseillé par son frère et aultres ses 
» amis d'acheter une maison oudit Saint-Omer, ce qu'il fist et acheta 
» une maison séant près du grant marcine, en la Liste Bue, qui 
» appartenoit lors à ung bourgeois de 1 adi te ville nome Gilly de 
» Cancy, auquel il en paya trois cent livres. » 

Or ce vénérable abbé de Saint-Bicquier qui nous donne lui-mème 
ces détails et qui mourut en 1479 dans l'abbaye de Saint-Bertin 
« fist contrescriprc, pendant son séjour dans la Liste Bue, une chro- 
» nique et aultres livres, pour passer le temps qui estoit bien di- 
» vers. » C'est dans cette chronique intitulée : Les aventures des 
croni ques, depuis le temps de monseigneur Saint Loys, par Pien % e 
Leprestre, abbé de Saint Riquier, qu'ont été puisés les récits qui 
snivcnt, du moins pour la plus grande partie, sur le siége de Saint- 
Omer en 1477. 



— 112 — 

* * roerreiFe?, et le* pìos beaci ^ardin^zes et mìealx ciò* 

* qne Feo e^t *.?eu d*r.i-er: firent d<rm:Iir T^/i-e etcuavent 
» des Cordeliers et rOb6erv3r.ee, Fafcbave e! eouveat de 
» Satnte-Claire, Tégllse et convent des frères preschears, qui 
» estoient les plus riefces ebi-tres el mieax édifDés hors bonne 

* ville qui fosfeni panl^cha les nnos : mais ils eussent peu 

* porter grant dommage à la ville pour tant qa'ils esEoient 
» trop près- Et pour ce que Farmée da roy ?e has!a plus qn'ils 

* ne cuidoieni, ils farent constraints de bja'erles feux èsdits 

* • 

» frères proscbears, en Sainle-Claire, et en tonfesles aullres 
» plaeés qai ri* estoient point pardesmohes ; firent demolir pa- 
* > reillemen! Féglise parocial de Saint-Martin, près des dits 
» frères prescheurs, faquelle estoit moult ancienne et la pre- 
» mi ere qui avoit esté fondée en la dile ville. » 

Ayant de proceder a ces démoIifion>, Messienrs da Magis- 
trat avaient fait dre-ser un état'des Tieu'x, avec Festimation par 
experts des propriétés et des maisons a supprimer, afin d'avoir 
nne base certaine ponr répariir enlre les ayant droit Findem- 
nitó qui leur. était dae a raison de e ette expropriation. Ón 
compia environ sept cent trente-deux habilations depais Fan- 
gle nord-ouest da rempart jusqu'à la porte du Brulé, ce qui 
.suppose en moyenne une populaiion de irois mille six cent 
soixante bflbitants. 

E» meme temps que la municipalité-de Saint-Omer prenait 
ecs sages mesures, elle faisait travailler anx remparts en les 
forlifianl « tant 6e décharges, tranchées et boulevards, comme 
» d'une tour grande, épaissc de dix7$ept pieds. » D'autre part 
le «ire de Chantereine, chevalier oroisé, était verni se jeter 
dans la place avee quatre cents cavaliere et des provisións de 
guerre, ainsi que le sieur de Meruel « flamehg, capitaine de 
» ceulx de Bruges,, qui estoient veous au seepurs de la dite 
» villo de Saint-Omer. » Ce n'étaient pas' seulement les aoto- 
t\\6$ de la ville qui éc disposaient à braver ainsi la puìssanee 
et Fimplacable rancune de Louis XI ; toute la bòurgeoisie 
partageait les mAmes sentiments. L'enceinte de la ville, sous 



O^^^^^MUM 



nmimJk 



— 443 — 

le rapport de la milice bourgeoise, était divisée en quatorze 
sections ou connétablies, division qui etait analogue aux huit 
sections et aux huit compagniesde la garde nationale actuelle 1 . 
La seule connétablie ou confrórie des Arquebusiers, qui cor- 
respondait à peu près à la compagnie des artilleurs de nos 
jours, se coniposait de trois cent cinquante hommes. Les ar- 
chers et les arbalétriers, corame on le pense bien, ne man- 
quèrent pas non plus à leur poste. 

1 II n'est peut-ètre pas sans intérét de dire un mot sur la milice 
urbaine et de faire connaltre quelques-uns des devoirs et des obli- 
gations dont les connétables et leurs hommes, les bourgeois, étaient 
tenus. On va voir que le service de la garde nationale de nos jours 
n'est qu'un jeu auprès du rude service qui était impose à nos bons 
aieux. 

D'abord tout bourgeois et fils de bourgeois ayant Page de porter 
les armes faisaient partie de droit de la milice urbaine. — Tousceux 
qui possédaient un capital de trois cent livres étaient tenus d'entre- 
tenir un cheval et une armure à leurs frais et de se tenir toujours 
préts à marcher sur la première réquisition des échevins. — Ceux 
qui étaient plus riches devaient avoir un nombre de chevaux pro- 
portionné à leur fortune. — Ceux qui n'avaient pas un capital de 
trois cent livres, faisaient partie de la milice à pied. En temps de 
guerres, au premier son de la bancloque, tous les bourgeois, sans 
distinction, devaient se rcndre à la Ghildalle ou hotel de ville, au- 
près des échevins, munis chacun d'une pelle, d'un hoyau et d'une 
cognée, pour faire tous les travaux nécessaires à la défense de la 
place, soit pour relever et elargir les chemins, afìn d'empécher qu'ils 
ne fussent interceptés par Tinondation destinée à garantir la ville, 
soit pour creuser les fossés, raftermir les parapets et les garnir de 
fascines. 

Quant aux connétables ou commandants de section, ils étaient 
nommés par les échevins. Ils devaient commander le guet et veiller 
à ce que leurs ordres fussent exécutés sous pcine d'amende. Le 
guet consistait en ceci : Toutes les nuits quatre hommes de chaque 
section faisaient le guet sur le rcmpart, aux portes ou sur les tours ; 
ils fermaient les portes le soir, les ouvraient le matin, sonnaient 
également la bancloque le soir et le matin. — En outre les conné- 
tables devaient avoir un équipage de guerre toujours prét, faire 
i'appel nominai chacun dans sa section et suivre, avec leurs hom- 
mes, les Mayeurs et Échevins, quand ils en étaient requis. 

8 



v._r„ «_„ 



— 414 — 

Lorsque la cloche d'alarme avait annoncé Papproche du roi 
de France et de son armée « les notables audomarois, dit J'un 
» de nos historiens, s'étaient réunis a l'hotel de ville et v avaienl 
» fait le serment de tenir bon jusqu'à la mort. Le maire s'ap- 
» pelait Nicolas d'Avroull. » 

On sait que Louis XI ne réussit pas a prendre Saint-Omer. 
Le gros de son armée était a Blendecques, mais il avait établi 
son camp à l'entrée d'Arques, près de la Madelaine. « Et lan- 
» tost commencièrent à escarmucier devant la dite ville de 
» St-Omer et principalement cuidèrent les Francois approcier 
» la villo par l'isle (Lyzel) où il y a grand marès et fossés ; ils 
» estoient bien advertis que c'estoit le plus febbe de la ville. » 
Mais ils trouvèrent, dans nos braves maraicbers du Haut-Pont 
et de Lyzel, une résistance à laquelle ils élaient loin de 
s'attendre. La beche en main et la piqué sur l'épaule, ayant 
à leur téte « un nommé Pierre Wedemaire, riche brasseur 
» qui toutejours avoit été come capitaine des dits Islaires, » 
ces intrépides enfants de nos faubourgs élevèrent une redoute, 
un bonlenverch, entre les marais d'Arques et ceux de Lyzel et 
« se deffendirent moult bien conire la puissance des Francois 
» qui moult aigrement les escarmu^oient et oppressoient. » 

La Furia franceza, comme disent les Italiens, ne recula 
point devant cet obstacle. L'attaque et la défense furent égale- 
mcnt vigoureuses et durèrent toute la journée. Mais « à la 
» parfin, le vespre venu, les Francois gaignèrent le dit Bon- 
» lenverch. » Cette première attaque coùta cher aux Lyzelards, 
car leur brave commandant, Pierre Wedemaire y fut tue. 
« Les Francois eurent si grant joie de ce succès que il sem- 
» bloit, à les ouir, que la ville fùt ainsi que gagniée ; mais il 
» s'en fallait beaucoup ; car cette nuit les dits Islaires refirent 
» un autre boulenverch plus prés de la ville de St-Omer, plus 
» fort et plus asseuré centfois que le premier qui estoitplus 
» prés d'Arques que du dit St-Omer. Lequel second boulen- 
» verdi fut tenu par les dits Islaires et les survenants de qua- 
» tre à cinq jours très vaillamment. » Comme ils ne pouvaient 



— 415 — 

suffìre à soutenir eux seuls les efforls d'un ennemi qui se re- 
crutait sans cesse et revenait chaque jour plus frais et plus 
anime à l'attaque, les Lyzelards « louèrent compaignons de 
» guerre qui gagnoicnt bon salaire pour garder le dit boulen- 
» verch, lesquels compaignons rtiirent une tenie au dit bou- 
» lenverch, là où ils faisoient leur logis, ce dont les Francois 
» povoient prendre petit d'espérance d'avoir la dite ville par 
» là, quant ils ne povoient point conquester la dite tente estant 
» entre eulx et la dite ville. » 

Pendant que les Lyzelards soutenaient ce siége, les Audo- 
marois se défendaienl non moins valeureusement a la porte du 
Brulé et suriout à la porte Boulenisienne. Là, comme dans 
Lyzel, « les fran^ois se trouvèrent très durement re^us et en- 
» coires eussent-ils eu plus à faire si les capitaines eussent 
» laissé issir (sortir) les compaignons à leur volonté, ce que 
» non. » 

Le principal point d'où l'armée francaise dirigea son attaque 
contri la ville, du coté de la porte Boulenisienne, était sur la 
croupe de la hauteur que domine aujourd'hui le fort des Cra- 
vattes, à l'ouest de la Grande-Place. Il y avait en cet endroit, 
à gauche du chemin de Boulogne, sur le bord du sentier du 
PARCQ, autrement appelé la pied-sente des Chartreux, un 
moulin, connu jusqu'alors sous le nom du Moulin-Corlis *. 

1 Le Gorlts, en latin Comlisium, (de Core-lis, grand chemin de 
la Keure ou de l'échevinage), élait le nom de fief que portait la pièce 
de terre située à l'angle des deux anciens grands chemins de Bou- 
logne et d'Ardres. Au onzième siede, ce fief qui relevait de Saint- 
Bertin appartenail aux seigneurs d'Ardres qui se retrouvaient ainsi 
les voisins des comtes de Guines, anciens seigneurs du Parcq. — 
Quelques-uns de nos antiquaires et de nos historiens ont cru que le 
Moulin Brulé était situé sur le rempart, à l'extrémité de la rue d'Ar- 
ras, et que e' est depuis l'incendie de ce moulin que la rue d'Arras a 
pris le nom de la rue du Brulé. Mais c'est là une doublé erreur, car 
le nom de Brulé (de bruhl marécage), s'appliquait bien longtemps 
auparavant, non-seulement à la rue, mais encore à tout le quartier 
qui l'avoisine. C'est ainsi que nous voyons, dans l'acte cité plus 
haut (1378), que la maison du Cheval d'Or était située au Brulle. 



— 446 — 

Les Francis brùlèrent ce moulin qui depuis cette epoque a 
changé son ancien nom en celui de Moulin-Brulé, et sur sa 
motte ils établirent une batterie qu'ils appelaientla Bombarde- 
Saint-Omer. Mais soit maladresse, soit défaut de portée, celte 
fameuse bombarde dont Texplosion était si terrible « et menoit 
» si grande noise au descliquier que il sembloit que tous les 
» diables d'enfer fussent en chemin, » ne produisit d'autre 
effet qu'un peu de fumèe et beaucoup de bruit. 

Cependant la suspension du commerce et de l'industrie, 
Tobligation de nourrir et de solder tous ces compaignons de 
guerre que les Audomarois avaient dù appeler à leur secours 
et qui gagnaient bori salaire, n'avaient pas tarde à épuiser la 
caisse municipale. Pour parer à cetle necessitò du moment, le 
magistrat de Saint-Omer « fit pour dix ou douze mille escus 
» de monnoie de plomb et la faisait courre et avoit cours panni 
» St-Omer et à Tenviron. » Ces pièces qui porlaient les armoi- 
ri es de la ville avec cetle devise ou legende prò patria, 
étaient de differente valeur, valeur toute de convention qui 
était indiquée sur la pièce mème. Après le siége, la caisse 
municipale escompta peu à peu ces douze mille écus en mon- 
noie de plomb et s'acquitta ainsi de sa dette et de ses engage- 
ments envers les citoyens. 

Louis XI, bien qu'il ait fait la guerre pendant la plus grande 
partie de son règne, n'était cependant rien moinsqu'un prince 
belliqueux. Mais chez lui c'était plutót prudence que défaut 
de courage. L'exemple de son arrière-bisaieul, le roi Jean II, 
fait prisonnier à Poitiers et le souvenir de sa propre captivité 
dans la tour de Péronne, où il avait craint, pour un instant, de 
subir le sort de Charles-le-Simple, avaient produit une telle 
impression sur son esprit, qu'il s'était fait, pour ainsi dire, une 
règie, de ne jamais se hasarder dans une mèlée. Aussi, tant 
que dura le siége, on le vit beaucoup plus souvent sous sa 
tente, sur la bauteur de la Mal-Assise qu'à la tète de son 
armée. « Les FranQois estant devant St-Omer, come dit est, 
» le roy y aloit et venoit souvent en personne, mais il n'y sé- 



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— 117 — 

» journoit gaires, ains y commettoit le sieur d'Esquerdes et le 
» gouverneur du Daulphiné. » 

Les assiégés étaient commandés de leur còte par le seigneur 
de Chantereine, dont j'ai déjà parie « le sieur de Beures, fils 
» à Anthoine Bastard de Bourgogne, ajoute Pierre Leprestre 
» (qui devait bien le savoir puisqu'il habitait alors la ville), 
» estoit capitarne general du dit St-Omer et d'Aire ; mais pour 

» LORS IL ESTOIT DEDANS AlRE. » 

Cette dernière circonstance est assez difficile à concilier 
avec le fait que racontent à l'envi nos historiens, concernant 
ce méme sieur de Bévres, autrement appelé Philippe de Bour- 
gogne. 

Ce seigneur avait pour pére Antoine de Bourgogne, sur- 
nommé le grand bàtard, parce qu'il étail le fils naturel de 
Philippe-le-Bon. Antoine avait toujours été Tun des plus 
grands favoris de Louis XI. Ce roi, (dit le pére Anselme), 
« qui lui avait donne les comtez de Grandpré, Chateau 
» Thierry, Passavant et Chatillon-sur-Marne, par leitres 
» données, à Arras, le 4 juillet 1476, registrées au parlement 
» le 30 abut suivant, le redemanda au due de Lorraine (car le 
» grand bàtard avait été fait prisonnier à la bataille de Nancy) 
» pour s'en servir, promettant qu'il ne souffrirait étre fait à ce 
» prisonnier aucun mal et qu'il ne le délivrerait que du con- 
» sentement de ce due. Ces lettres sont datées de Selonnes le 
» 19 janvier 1477, scellées du grand sceau. » 

Or, s'il faut en croire nos- historiens, Louis XI, qui avait 
amene le grand bàtard au siége de Saint-Omer, aurait fait un 
beau jour mander au seigneur de Bévres que, s'il ne se hàtait 
de lui rendre la ville, son pere allait étre égorgé sous ses yeux. 
Ce à quoi Philippe de Bourgogne aurait fait cette réponse ma- 
gnanime et vraiment romaine : « Certes j'ai grand amour pour 
» mon pere, mais j'aime encore mieux mon honneur : Ainsi 
» je tiens et je tiendrai loyalement mon parti, quand le roi 
» devraitfaire de mon pére ce que # bon lui semble.... ce no- 
» ble pére dont la mort me coùterait une douleur mortelle, 






— H8 — 

» mais qui s'indignerai! loi-méme de ma làehe trahisoa...- » 
(Test superbe, sortoci eomme sojet d'amplificalion oa de mé- 
lodrame, mais est-ce Trai ? D est du moins permis d'en doaier. 
D'aotant phis qne Pierre Leprestre, l'ennemi personnel de 
Louis XI, loin de raeonter ce fa'ti, qui n'aurait pas été à la 
gioire da roi de Franco, dil positivement ao eontraire qoe. 
lors da siége, le sieor de Bevres n'était pas à Sainl-Omer 
mais dcda5s Ani, et quOlivier de La Marche loi-méme nous 
représente le sieor de Chantereine comme etani le gouvernear 
de la ville pendant tool le terops qne l'année francaise resta 
soos ses murs. 

Mais pendant qne les Audomarois opposaient celle énergi- 
que résistance anx Francai*, pour la cause commane de la 
Fiandre et do nord de l'Artois, qne faisaìt la nombreose armée 
qoe nos voisins de Taotre cóle de FAa avaient levée et entre- 
tenoe à grands frais pour venir sur nos frontières dispoter 
l'approehe de Saint-Omer a l'ennemi, que faisaient les Fla- 
mands ? Qoelqoes joors avant l'arrivée de Louis XI, € les 
» Flamengs qui estoient ao Neof-fossé, en grant nombre, se 
» partirent ong jour une compaignie avec aolcuns do com- 
» man de Saint-Omer et s'en alèrent à Ardres atout artilleric 
» et aoltres abillemenls de guerre ; mais les Francois de de- 
» dens s'en partirent et les diti Flamengs pillèrent la ville 
» tout ao net ; et si démolirent une panie des murs et puis 
» s'en retoornèrent à lout leor proie et fo en la fin de Julet 
» (4477). » Mais « quand les Flamengs furent acertenez (cer- 
» tains) de la venue de l'armée du roy, qui fut en la fin de 
» Julet du dit an \ 477, ilz se partirent en desroy du dit Ncuf- 
» fosse bastivement, et si avoient iilec esté gisans de VII à 
» Vili mois au nombre de XIV à XVI mille bommes payés 
» aux despens et gaiges de ceulx du pays de Fiandre, et es- 
» toient leurs capitaines le seigneur de Doulieu et le bailli de 
» Bcrghes Saint-Winoc nome Woultrk-Doye, et n'atlendi- 
» rcnt pas les Francois, ni dommagèrent en riens, doni plu- 
y> sieurs furent ermerveillés, veu qu'ils y avoient estc si lon- 



— 119 — 

» guement, et qu'il sembloit à les veir ei oyr (à les voir et les 
» entendre) qu'ils deussent faire merveilles. » 

Une pareille conduite n'a pas besoin de commentaire. La 
ville de Bergues qui, ainsi que les autres, n'a pas óté sans pro- 
durre des hommes remarquables, la ville de Bergues assuré- 
ment ne sera pas tentée de compter au nombre de ses célé- 
brilés ce monseigneur le bailli Woultre-Doye qui avait été un 
si hardi capitarne quand il s'était agi de piller tout au net la 
malheureuse petite ville d'Ardres et qui n'a su que battre pru- 
demment en retraite, quand le moment a été venu, non plus 
de piller, mais de combaltre. 

Cette insigne làcheté de l'armée flamande * livra tout le 
pays sans défense aux fureurs et a la rapacité des soldats de 
Louis XI. 

On aurait de la peine à se faire de nos jours une idée des 
ravages et des dévastations qui, à cette epoque, accompagnaient 
la guerre et des inaux qui en résultaient pour les malheureu- 
ses contrces qui en étaient le théatre. Louis XI qui, dix-huit 
ans auparavant, alors qu'il n'était encore que dauphin, avait 
recu une magnifique hospitalité dans nos murs, où il avait été 
amene par Philippe-le-Bon, son bienfaiteur et l'aieul de cette 
jeune Marie à qui il s'eflbr^ait d'enlever l'Artois, Louis XI 
avait ordonné à ses généraux « de faire si bien le dégàt autour 
» de Saint-Omer qu'on n'y retournàt plus. » Cet ordre ne fut 
que trop bien exécuté. « Pendant que l'ime partie escarmu- 
» coit sur ceulx de la ville, l'aulre partie brulloit et pilloit tout 
» le pays d'entour, qui estoit une grant pitie à regarder ; brù- 
» lòrent une partie des Chartreux et n'y laissèrent d'entier 
» quo l'église et les cloistres, puis allèrent bruller à Clermarès 
» toutes les maisons et officines de l'ostel, la basse-cour, là où 

1 Cette retraite des Flamands qui étaient campcs, au nombre de 
14 à 16 mille hommes sur les bords du Neuf-Fossé, pròs du Fort- 
Rouoe, au-dessus d'Arques, est d'autant moins excusable qu'ils au- 
raient pu faire, lors du siégc, une utile diversion contre l'armée 
francaise qui ne comptait que 20 mille hommes. 



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— 420 — 

» ils lenoient leur.bestail, e' est à savoir leur charroy, besles à 

» cornes et moutons et n'y laissèront que le corps de Féglise, 

» dorloir, réfectoire et cloistres et les maisons où l'abbé se 

» tient, pour tant qu'ils ne les povoient bruller bonement sans 

» bruller l'église ; emportèrent tous les vaisseaux de l'ostel, 

» tant d'estain comme d'arain et lous les biens meubles et 

» mérae emportèrent tout le plomb qu'ils purent oster de la 

» dite église que i'on estiraoit à plus de cent mille livres pesans ; 

» ostèrent et emmenèrent trois charrues, bien quatre-vingt 

» bestes à cornes, et tout leur autre bestail ; et finablement 

» leur firent si grand dommage que l'on ne savoit à grant 

» peine estimer. Et cependant alèrent les dils Francois à 

» Cassel, brulèrentetmirenten proie loute la ville, leséglises 

» tant collégiales comme de la paroisse, et brief brullèrent 

» toute la vallèe de Cassel. Brullèrent en outre etpillèrent tous 

» les villages qu'ils purent trouver en tout le pays de Fiandre, 

» autant qu'ils purent aler avant. » 

Les villages de l'autre coté de Saint-Omer ne furent pas 
mieux traités. « Quant les Francois eurent estó devant cette 

» ville l'espace de vingt journées, iis se partirent le vingt et 

» unième jour d'aoust et, au partir, brùlèrent la ville d'Arques 

» et le chastel appartenant à l'abbé et couvent de Saint-Bertin. 

» Brullèrent pareillement Blendecques, là où ils estoient lo- 

» giés et tous les forts, réservó qu'ils laissièrent entière Tab- 

» béle du dit Blendecques et les molins à bló ; mais ils brùlè- 

» rent les chasteaux et les forts de la dite ville ; brullèrent 

» audit abbó et couvent de St-Bertin la pluspart de leurs aul- 

» tres villages, comme Longuenesse, Salbruic, le Viesmou- 

» tier (Saint-Momelin) et plusieurs aultres, là où il y avoit de 

» plusieurs et notables ed i (Ti ce s et maisons de plaisance, là où 

» les religieux aloient, trois ou quatre fois l'an, prendre leur 

» réeréation en belle et honnorable ordonnance. » 

Cette guerre d'extermination fut promenée par l'armée 
franqaise des environs de Saint-Omer aux environs de Bé- 
thune, Lille, Armentières, Haubourdin « et aultres gros vii- 



— 121 — 

» lages et tonjours en détruisant pays et peuple de tout son 
» povoir. » 

Pendant que Louis XI perdait ainsi son temps et ses peines 
à assiéger Saint-Omer et à dóvaster ses alentours, la petite 
revolution populaire quii avait fort habilement, mais aussi 
fori traitreusement ménagée à la princesse Marie, venait d'avoir 
son dénouement, et un dénouement diamétralement oppose à 
celui que cet astucieux monarque avait eu en vue et que sa 
politique artificieuse et toute machiavélique s'était flattée pour 
un instant d'obtenir. Ceci demando quelques mots d'explica- 
tion ; d'autant plus que cet évònement exer^a la plus grande 
influence sur l'avenir et les destinées de notre pays. 

Quelque temps après la mort de Charles-le-Téméraire,une 
ambassade, nommée par les Etats de Fiandre, était allée faire 
des propositions de paix au roi de France, de la part de la 
jeune Marie.; mais ce n'était au fond que pour sonder les in- 
tentions de ce souverain. Qu'on juge de Tétonnement des dé- 
putés, quand Louis XI, en vue d'amener les choscs au gre de 
son ambition, leur remit une lettre, écrite de la main de l'im- 
prudente Marie, dans laquelle cette princesse priait le monar- 
que de ne faire connaìtre ses vrais sentiments qu'à Hugonet 
et Imbercourt, qui étaient les seuls, avec la duchesse douai- 
rière et le seigneur de Ravestein, qui eussent, disait-elle, sa 
confiance et dont elle prit conseil dans les affaires d'Elat. 
Transportés d'indignation, les dépulés arrivent à Gand, et 
présentent, en plein conseil, la fatale lettre à Marie, qui nie 
d'abord l'avoir écrite. Les deux ministres sont arrètés la méme 
nuit. On nomma, pour instruire leurs procès, une commission 
dont les membres fureni choisis dans le corps des échevins, 
auxquels on adjoignit des juges pris dans toulesles provinces. 
Accusés d'avoir livré à l'ennemi la ville d'Arras, par l'inter- 
médiaire du seigneur d'Esquerdes, d'avoir vendu la justice et 
fait un grand nombre d'infractions aux privilèges de la ville 
pendant le règne de Charles-le-Téméraire, ils ne purent, dit- 
oni, se disculper des deux premiers chefs d'accusation. Après 



— 422 — 

une procedure de six jours, pendant lesquels on les appliqua 
à la torture, ils furent condamnés à mort et décapités, avec le 
chevalier Van Melle, sur un échafaud, dressé au milieu du 
marche du Vendredi. On ne leur avait accordé que troisheures 
pour penser a lcurs affaires. En vain la jeune princesse, apròs 
élre descendue aux plus humbles priòres, était accourue au 
lieu du supplice pour sauver ceux qu'elle appelait ses fidèles 
serviteurs : elle n'y était arrivée que pour voir tomber leurs 
tétes. 

Comme on le pense bien, le sournois Louis XI n'avait fait 
que rire sous cape de tout ce grabuge que sa déloyauté, pour 
ne pas dire son infame trahison avait eu l'art de susciter dans 
lesEtats de cette jeune orpheline qui ne comptait encore que 
vingt ans et qui par conséquent était sans expérience comme 
sans force pour maintenir dans le devoir un peuple aussi diffì- 
cile à gouverner que l'étaient alors les flamands. Ceux-ci de 
leur coté se montraient d'autant plus rebelles et audacieux, en 
présence de la faiblesse de leur souveraine, que leur turbu- 
lence habiluelle avait été longtemps contenue et comprimée 
sous le bras de fer des ducs de Bourgogne, Louis XI s'était dit 
que les troubles et les divisions qui résulteraient de cette que- 
relle enlre le gouvernement de Marie d'une part et de l'autre 
Ics Etats et les Communes de Fiandre ne pourraient, dans tous 
les cas possibles, que venir en aide à ses projets sur cette pro- 
vince. Mais il avait compté sans l'invincible aversion qu'éprou- 
vaient pour sa personne, les Flamands en general et les Gan- 
tois en particulier. 

Ces derniers, qui avaienl en leur possession la princesse 
Marie, avaient hàte de la marier pour en finir avec tous les 
prétendants. Ils n'étaient difficiles que sur un point, dans le 
cboix de l'époux qu'ils lui cherchaient ; c'était que cet époux 
de leur souveraine ne fut pas asscz puissant pour devenir leur 
maitre et pour poser une limite aux droits et aux privilèges 
qu'ils s'arrogeaient. Ils avaient d'abord jeté les yeux sur un 
Adolphe de Clèves qu'ils avaient tire de la prison où Charles- 



— 123 — 

le-Téméraire l'avait fait jeter à cause de sa condiate odieuse 
et dénaturée envers son vieux pére. C'était ce Seigneur, qui 
s'était attiré la plus triste réputation non-seulement dans les 
Flandres, mais encore dans l'Allemagne rhénane, que les 
Gantois avaient mis à la téle de leur armée pour aller au 
secours de Tournai menacé par Louis XI. Nous avons vu quo 
cetre armée avait été batlue. La rencontre avait eu lieu près 
du pont d'Espierre ; la déroute du seigneur de Clfrvcs et de ses 
Flamands avait été complète et ce futur époux de la princesse 
Marie était reste au nombre des morls sur le champ de bataille. 

Cependantla marche toujours victorieuse de Louis XI, eette 
première déconfìture des soldats de la Fiandre, la retraite 
bonteuse de cette armée de 14 à 16 mille hommes qui avait 
làchement deserte son poste sur les bords du Neuf-Fossé et 
enfln le siégc de Saint-Omer dont la réussite découvrirait tout 
le pays et fraierait aux Francais le chemin de Bruges et celui 
de Gand rendait la circonstance on ne peut plus critique, le 
perii on ne peut plus imminent. Les Gantois, qui jusque-lù 
avaient toujours été disposés à refuser la main de la jeune 
Marie à tout prétendant qui aurait été en position de les mai- 
triser et de se faire obéir, passèrent tout-à-coup de cette ma- 
nière de voir a une résolution diamétralement opposée. IIs ne 
songèrent plus qu'à donner a leur jeune souveraine un époux 
assez puissant pour les protéger contre les entreprises du roi 
de France et les soustraire à son odieuse domination. D'après 
cette nouvdle détermination, leur choix ne pouvait ètre dou- 
teux. Car le seul prétendant dont la puissance pùt avantageu- 
scment contrebalancer celle de l'héritier présomptif du roi de 
France élait Maximilien, arcbiduc d'Autriche, fils de l'empc- 
reur d'Allemagne Frédérìc HI. Ce prince s'était déjà présente 
comme aspirant a la main de la riche héritière des ducs de 
Bourgogne, mais on avait eludè ses propositions a cet égard, 
par le méme motif qu'on s'était refusé à accèder à celles du 
roi de Franco, pour le daupbin Charles Vili. 

Ce fut donc du coté de Maximilien que se tournèrent Ics 



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— 124 — 



Gantois et les États de la Fiandre. Le resultai de ies négocia- * 




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tions ne se firent pas attendre; le 12 aoùt 1477, pendant que 
l'armée de Louis XI se consumait en vains efforts sous les 
murs de Saint-Omer, Maximilien épousait, à Gand, la prin- 
cesse Marie, cette jeune damoiselle à marier, dont la main 
était le but que s'était propose le roi de France lorsqu'il avait <p 

entrepris cette expédition. Ce mariage dont Louis XI apprit 
sans doute la nouvelle dans son camp de la Mal-Assise dut 
l'indisposcr davantage encore contre les Audomarois qui, par 
Icur opiniàtre résistance ne contribuèrent pas peu à en facili- 
ter Taccomplissemcnt. Il cut les conséquences les plus graves, ù 
non-seulement pour notre pays, dont il retarda de deux siècles 
la réunion à la France, en méme temps qu'il y suscita les 
guerres les plus longues et les plus désastreuses dont cette 
contrée ait étó le théàtre, mais encore pour la France et pour 
l'Europe entière, en faisant désormais de l'Artois et des Pays- » 
Bas cornine un cbamp-clos où devaient venir se rencontrer les 
deux maisons les plus puissantes de la ehrétienté. Ce jnariage, 
en un mot, produisit Charles-Quint et il mit l'Europe entière 
sur le point d'étre asservie. 

Maximilien ne tarda pas à entrcr en campagne pour défen- y. 

dre cette ricbe dot de l'Artois et des Pa\s-Bas que la prin- 
cesse Marie venait de lui apporter. Dcsormais ce n'était plus 
contre ces deux provinces seulement que Louis XI avait à ? 

e 

lutter, mais contre i'Autriche et méme contre tout l'empire > 

d'Allemagne. L'intervention d'un aussi puissarit auxiliaire ì 

produisit bientót son eflet. Car quelques jours après le départ 

de Louis XI, il intervient une trève signée a Lens le 8 septem- 

bre enlre ce monarque et le nouveau comte de Fiandre et ? 

d'Artois, une trève qui suspend indéfiniment les hostilités. > 

Mais huit jours sont à peine écoulés « quand les fran^ois « 

» vindrent courre devant St-Omer, sans rien faire signifier, 

» ainsi que ladite trève le portoit Et pour ce que les bonnes 

» gens des villages estoient aux champs et leurs bestes, con- 

» fiants esdites trèves, ils furent tous prins prisonniers et leur 



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— 125 — 

» bestail ravy et eux mis à ranchon, sans avoir aucun regard 
» aux trèves et ainsi en y eut beaucoup de morts de gens de 
» guerre et d'auttres. » 

Ces dévas!atioDs devinrent permanentes lorsque Louis XI 
eut distribuì son armée dans les différentes places. « Ceux de 
» Boullogne, de Thérouane et d'ailleurs queurent et pillent 
» journellement tout le pays tant de Fiandre conime d'entour 
» St-Omer et Aire, qui est une piteuse chose pour le povre 
» peuple, car ils n'ont pu dépouiller Taoust passe et aussi 
» n'ont rien ressemó pour l'année à venir, autour du dit 
» St-Omer, ni ailleurs ès-frontières où les dits Francois sont ; 
» Dieu par sa gràce y veuille remédier, car le povre peuple 
» en a grant mestier (grand besoin). » 

Pauvre peuple en effet et d'autant plus à plaindre que pen- 
dant près de qualre siècles il fut sonvent la victimes de pareil- 
les razias ! On vient de voir que Tarmée de Louis XI épargnait 
du moins les églises. Mais plus tard, dans la longue guerre 
enlre la France et la maison d'Autriche, guerre qui ramena le 
siècle de fer dans nos contrées, on n'eut plus les mèmes mé- 
nagements, ni les mémes scrupules. Transformés en forte- 
resses par la nécessité de la défense, les lieux saìnts furent 
alors horriblement profanés, pillés, dévastés et le plus souvent 
mème livrés aux flammes. C'est ce qui nous explique pour- 
quoi, en general, nos églises rurales ne remontent pas au-delà 
de celte sanglante epoque, où Fon recommenca la guerre de 
clocher à clocher avec une fureur et une barbarie qu'on ne 
rencontre d'ordinaire que dans les guerres civiles. 

« Voyons quelle misere et calamite nous amène la guerre ! 
» s'écrie notre bon vieil Hendricq, qui fut le contemporain de 
» ces temps désastreux et le témoin de ces malheurs. Con- 
» traints à se retirer, comme renards, en carrières soubs 
» terre, pour estre en paix, encoires sont-ils recherchez, vo- 
» lez, meurdris, bruslez et enfumez misérablement et sans 
» pitie. Certes, dit— il encore ailleurs, les misères de la guerre 
» nous aflligeoient tellement que de ce temps. les pauvres 



— 426 — 

» paisans ne cherchoient plus les maisons pour y habiter, 
» mais à la facbon des anciens hermitcs, cherchoient les ca- 
» vernes et carrièros sous la terre pour illec cstre en seureté 
» des Francois qui ne laissoient point a les inquiéter et sur- 
y> prendre en ces grottes champestres, aussi bien que en leurs 
» maisons ou en leurs dglises. » Ainsi, pour n'en citer que 
quelques excmples, «Je 20 mars 4596, les Francois d'un coeur 
» cruel et malin mirent le feu aux enlrées de la carrière près 
t> Difque (à une lieue et demie de Saint-Omer) où il y avoit 
» quelques quatorze personnes qui furent toutes estoufTées, 
» sauf quelque deux ou trois qui reschappèrent à demi morts, 
y> ce qui estoit certes à eux grande cruauté, voyant qu'ils n'al- 
» tendirent la fin de leur tragèdie, ni eurent aucun profil de 
» ce mal. » Ainsi encore le 7 février 4598, lesFranqais enfu- 
mòrent de móme la carrière de Maisnil-lez-Dohem « là où 
» furent estouffées quelque soixante-deux personnes, n'en res- 
» chappant qu'uns jeune fille laquelle fut rescousse demi- 
» vivante, après la retraite de ces Francois. » 

Ces Francois « d'un coeur malin et cruel, » c'étaient nos 
voisins de Térouanne, de TArdrésis et du Boulonnais. Mais 
nous ne sommes pas en droit de leur en faire un reproche, 
car à Toccasion, ceux de l'Artois et du bailliage de Saint-Omer 
allaient chez eux exercer les mèmes actes de cruaulé et de 
barbarie. « Et pareillement la garnison de Saint-Omer issoit 
» (sortait) souvent et rencontroient l'un Tautre et domageoient 
» le plus qu'ils povoient. » 

Tel étail le résultat de cette funeste et bizarre division que 
la polhique et le droit de succession avaient alors établie enlre 
les habitanls d'une mème province, entro des hommes qui 
avaient la meme origine, qui parlaient la mème langue, qui 
professaient la méme religion et le méme eulte, qui avaient 
toujours comballu sous les mèmes drapeaux, pour la mème 
patrie et que la seule différence de gouvernement avait trans- 
formés à cette epoque en ennemis implacables et férocei les 
uns à l'égard des autres. Tel était en un mot le résultat de ce 



— 127 — 

mariage de la princesse Marie qu'avaient improvisé les Gantois 
et les États de Fiandre dans un moment de danger, mariage 
qui fait cncore aujourd'hui d'une province toute frammise, du 
nord de l'ancienne Gaule, de la Belgique enfìn un Etat à pari 
et séparé de la commune patrie. 

Il y eut cependant quelques villages limitrophes doués 
d'asscz de bon sens pour s'entendre et convenir entr'eux que, 
en temps de guerre, ils s'abstiendraient de courir sus les uns 
aux autres. On cite notamment un traité de ce genre inter- 
venu entre les habitants de Surques, qui dépendaient du gou- 
vernement d'Ardres et par conséquent étaient fran^ais, et les 
habitants du Loquin qui ressortissaient du bailliage de Saint- 
Omer et par conséquent étaient sujets de la maison d'Autriche. 
Rendez-vous avait été donne aux députés choisis de part et 
d'autre à cet effet, sur un chemin qui formait la séparation des 
deux villages. Là il fut convenu des clauses et conditions à 
insérer dans Tacte et, à défaut de table, Tun de ces graves 
plénipotentiaires eut Tobligeance de prèter son dos, en guise 
de pupitre, pour rediger tout au long cette charte Loquino- 
Surquoise arrélée entre les deux communes. 

Mais retournons sous les murs de Saint-Omer dont nous 
nous sommes un peu écartés. 

Ce n'était pas la première fois que les Audomarois s'étaient 
vus dans la nécessité de brùler eux-mémes leurs faubourgs. 
Ils avaient déjà eu recours à cette extrémité cent trente ans 
auparavant, en 1347. Les Flamands assiégeaient alors leur 
ville de concert avec Edouard III qui avait investi Calais. 
L'armée des assaillants ne comptait pas moins de 80 mille 
hommes. Mais leurs efforts étaient demeurés impuissants. Dé- 
sespérant de mener ce siége à bornie fin et voyant Tapproche 
de l'biver, ils avaient député auprès d'Édouard III quelques- 
uns des leurs pour obtenir l'autorisation de se retirer, ce que 
ce prince leur avait octroyé. « Quant revenus furent en leur 
» ost (en leur camp), grant despit eurent-ils que nulle honte 
» n'avoient fait à la ville de Saint-Omer. Et pour chou, ordon- 



— 4 £8 — 

» nèrent que tout à une fois venroient (viendroient) devant la 
» ville et les avant-bourgs arderoient [brùleroient] tous ras, si 
» bien que chil (ceux) qui en la ville venroient, porroient 
> dire : chi fuiext li flamenc ! Lendemain au point du 
» jour sonnèrent trompes et buissines en leur ost et ordonnè- 
» rent leurs balailles pour venir faire leur empreinse. » Avertis 
de ce projet les Àudomarois résolurent de le déjouer. Ne pou- 
vant sauver leurs faubourgs, ils ne voulurent pas du moins 
laisser aux Flamands le mince honneur de pouvoir se vanter 
de les avoir brules. En conséquence t leurs gens envoièrent 
» hors et furent bouter le feu partout les faubourgs. Et quant 
» li Flamenc l'aperchurent, si furent mouit ébaubis et direni 
» que aler se \oIoient 'qu'ils voulaient s'en aller] et que onc- 
» que Fon ne leur avint devant St-Omer [et que jamais on ne 
» les ramènerait devant St-Omer; . La nuit tronssèrent tentes 
» et parvillons et en leur pais retournèrent. Suivis furent de 
» chiaux de la ville, mais tant furent eslongiet éloignés) que 
» on ne les put rejoindre bonement, se ne furent aucun leitif 
* j>i ce n'est quekjues trainards) qui derrière estoient de— 
» mourés. » 

Ces mauvais Flamands, comme les appelle nalvement le 
moine contemporain auqnel j'ai emprunlé ces détaiìs, éiaient r 
il faut en convenir, de bien mauvais garnements et tont-à-fait 
indignes de porter le nom de soldats et de chrétiens. On va en 
juger par ce fait, passe jusqu'iei inaperea dans Thistoire. Pen- 
dant qu ils étaient oceupés au siége de Saint-Omer, un déta- 
ebement de Tarmée anglaise condait par le due de Northamp- 
ton, d'autres disent par le prince de Galles en perfonne, avait 
pris et brulé Térouane, roalgré les efforls de notre brave eom- 
patrìote Arnould d'Àudrehem, martchal de France, qui eut 
la jambe cassée et fut flit prisonnier dans la mèlée. Ce fait 
d'armes qui s'étaìt pour aicsi dire passe sous leurs yeux et 
navatl demandé qn'un coup de ma in, avait singulièrement 
humiiié les Flamands et avee raison, eux qui guidaient axmr 
Ternane et qui avec une année de 80 mille homines après 



— 129 — 

avoir d'aborti échoué devant Béthune ne povoient rien faire 
à Saint-Omer, et n'avaient réussi à prendre que le petit fort 
de Rihout ! Encore avaient-ils dù l'assiéger dans toutes les 
règìes à grant force d'engins et de machincs. 

Pour se laver de còtte espèce d'affront qui les avait fait 
demeurer tout coy eri leurs tentes, lorsque les Anglais étaient 
repassós devant Saint-Omer, nos Flamands n'imaginòrent rien 
de mieux que de se ruer pour ainsi dire sur le cadavre de la 
malheureuse Térouane, afin d'achever d'y détruire ce qui 
avait échappé aux Anglais. « Ils envoièrent donc deux grosses 
» batailles hors de leur ost pour fourrer et reuber (fourrager 
» et piller) tout le pais. » Ces Vandales ne s'acquittèrent que 
trop bien de cette mission. « Tout alèrentparla contróe ardant 
» et essillant tout ce qu'ils rencontroient sur leur passage que 
» à Terwane arrivèrent. » 

Cette vieille capitale de la Morinie n'était plus qu'un mon- 
ceau de cendres. La plupart de ses édifices, dont les débris 
fumaient encore, s'étaient abìmés dans les flammes qu'y avaient 
allumées la torche incendiaire des soldats du Prince Noir. Les 
églises seules, la Canisie et quelques maisons avaient échappé 
à Tincendie ou avaient été à dessein épargnées. Le pasteur du 
diocèse, Rémond, avait fui avec son troupeau cette ville déso- 
lée. Loin d'otre mue d'un sentiment de pitie, comme Taurait 
été tout autre ennemi, si peu généreux qu'il pùt ètre, celte 
soldatesque flamande vit, dans la conquéte de cestnurs déserts 
et de ces ruines, un exploit à la hauteur de son courage, une 
glorieuse compensation des ennuis que le siége de Saint-Omer 
lui faisait éprouver. Elle s'abat, comme une nuée d'oiseaux de 
proie, sur cette cité sans défense et s'y livre, de gaieté de 
coeur comme sans profìt, aux plus ignobles excès. « Et partout 
» boutèrent le fu, si que rien ne demoura. En Téglise Notre- 
» Dame entrèrent, les ymages defroissèrent et encore firent- 
» ils pis, car ils prirent le vaissel là où le Saint-Cresme 
» estoit, et y firent leurs ordures, puis le mirent sur Tautel 
» et apròs se retrairent en leur ost, et firent à entendre à 

9 



— 130 — 

» leur gent que ceux avoient-ils été qui Terwane avoient arse 
» (brùlée). » 

Fort heureusement pour la Fiandre, elle a eu d'autres ar- 
mées, d'autres soldats que ces sacriléges saccageurs de Té- 
rouane, que ces ridicules triomphateurs d'une ville déjà prise 
et ruinée. 

Ainsiqn'on Fa vu plus haut, les faubourgs Saint-Michel, 
Saint-Martin et Sainte-Croix avaient été démolis avant l'arrivée 
de Louis XI, en 4 477. Les églises, les couvents et les habita- 
tions qui s'élevaient au sein de ces trois paroisses avaient étó 
rasées au niveau du sol. Comme nous l'avons vu encore, pour 
accélérer ces démolitions nécessitées par, la défense, la piocbe 
et le marteau n'avaient pas suffi ; on avait dù appeler ù leur 
aide l'action beaucoup plus prompte de la fiamme et de l'in- 
ccndie. 

Mais il en est à peu près des ìieux habités comme des plantes 
vivaces; on a beau les détruire, ils renaissent toujours de 
leurs ruines. Pareils à une souchc dont on a coupé le tronc et 
qui étend au loin encore ses racines et ses jeunes pousses, les 
centres d'habhations, quand ils ont été détruits, ont aussi ieur 
rejeton. 

C'est ce qui est arrivé pour nos trois faubourgs. L'église 
Saint- Michel fut transporlée et rebàtie, pour étre démolie de 
rechef quelques siècles après, au pied de la hauteur qui porte 
encore aujourd'hui ce nom ; l'église Sainte-Croix fut reculée 
plus loin vers les bruyères où elle a donne naissance au vii— 
lage, aujourd'hui le hameau de Sainte-Croix ; quant à celle de 
Saint-Martin elle fut transférée au nord de son ancienne place, 
sur les bords du Naar-Stroom, où elle forma aussi une nou- 
velle paroisse. C'est dans cette nouvelle église, située dans 
l'enceinte fortifiée appelée la Herse du Nard, que les Bour- 
guignons, d'accord avec les conjurés de Saint-Omer, avaient 
préparé, en 4 489, les petites barques à l'aide desquelles ils 
devaient traverser les fossés de ville et les cchelles de corde 
qui devaient leur servir à escalader les remparts ; ce qui leur 



— 131 — 

a réussi, comme on sait, et a fait retomber Saint-Omer au 
pouvoir de Maximilien, vingt-deux mois après que cette ville 
eùt été prise et possédée par les Francis *. Mais soit que cette 
église ne fùt qu'une chapelle provisoire, soit qu'elle ait été 
démolie comme Fancienne, elle ne resta pas longtemps sur les 
bords du Naar-Stroom. Elle fut transférée de nouveau, vers 
1539, en dega et aux environs de Petit-Pont, sur une partie du 
Laer ou pàture communale qui appartenait à la ville. De là le 
noni de Saint-Martin-au-Laèrt qu'a portò depuis cette pa- 
roìsse, au lieu de celui de Saint-Martin hors les murs qu'elle 
portait avant 1 477. 

* Cette troisiòme église Va pas dù ótre bàtie bien solidement, 
car en 1570 le choeur en fut renversé par un coup de vent et 
il ne fut reconstruit que 34 ans après, en 1604. Vint ensuite 
le siége de 1638 pendant lequel les Francis et les Audomarois 
s'emparèrent tour à tour et à plusieurs reprises de cette méme 
église qui par suite fut brùlée et démolie. Elle futremplacée 
quelques années après par une chapelle conslruite en bois et 
recouverte en chaume, laquelle avait 40 pieds de long sur 20 
de large, et enfin definiti vement transférée, probablement vers 
la fin du xvn e siècle, à Tendroit où elle est aujourd'hui. A 
cette epoque le village du fyard ou de Saint-Martin-au-Laért 
devait avoir bien peu d'importance, car il ne comptait que 93 
habitants. 

Ce village, qui a succède à l'ancien faubourg de la porte 
Boulenisienne, pourrait fournir à son tour quelques pages in- 
téressantes à l'histoire ; mais ici doit s'arréter le cercle assez 
restreintque j'ai essayé de parcourir. Je ne me flatte pas de 

1 Louis XI avait assiégé une seconde fois, mais toujours vainement 
la ville de Saint-Omer en 1479 ; — l'armée de Charles Vili, com- 
mandée par le maréchal d'Esquerdes, avait été plus heureuse en 
1488. Un détachement de sept à huit cents hommes était parvenu à 
s'introduire dans la ville par le moulin de Saint-Bertin, tant à la 
faveur du bruit que faisait ce moulin que de la négligence de ceux 
qui faisaient le guet. Cette poignée d'hommes ouvrit les portes au 
reste de l'armée. Ce fait avait lieu dans la nuit du dimanche 27 mai. 



■ I III | | 1 _ ' ' • ■ ■■■ 



— «32 — 

l'avoir embrassé dans tous ses détails, ni d'avoir rien omis, 

encore moins d'avoir mis au jour des fails jnsqaici inconnus. 

Modeste arcbitecle, j'ai choisi mes pierres dans ìa carrière 

méme toutes ìes fois qne j'en ai eu la facilité, sans qu'U fui 

besoin de beaucoup de recherches, mais je n'ai pas hésité à 

m'emparer de celles que j'ai Irouvées déjà extraites, sani à les 

retailler à ma facon, pour les approprier à mon pian et les 

faire entrer dans ma chétive conslruciion. Aossi, je crois de- 

voir le dire pour ceux qui auraient, sur le méme sujet, des 

notions plus étendues ou qui n'admettraient pas F ancienne 

topograpbie telle qne j'ai essayé de la rétablir, d'après des 

documentò certains et autlientiques, je ne donne pas ce travail 

comme une oeuvre savante qui m'aurait demandò de longues 

rechercbes et de pénibles études ; tei n'a pas été mon bui, 

telle n'est pas snrtout ma prétention. Tout ce qne j'ai voulu 

faire, c'est une page d'histoire écrile currente calamo, mais 

que je crois, sinon tout-à-fait complète, du moins exacte. 

Libre à ceux qui croiraient pouvoir mienx faire, de l'entre- 

prendre. Qnant à moi j'ai pour principe que mieux vaut, dans 

l'intére* de l'bistoire, une publication imparfaite que la plus 

vaste érndition qu'on tiendrait en resene et tn petto, comme 

mienx vant, pour la sociélé, un homme médiocrement riche, 

mais qui dépense tous ses revenus, qu'un opulent avare qui 

garde son trésor pour lui seni ! . C'est d'après celle manière 

de voir, c'est sous l'impression de celle pensée qne ces quel- 

qnes pages sur notre bistoire locale ont été livrées au public ; 

et bien qu'elles n'aient pas été seulement restreintes à la topo- 

1 Anssi devons-nons savoir gre à l'un de nos plos bonorables et 
de nos plus savants concitoyens, M. J. Derheims, de noos a voir 
donne une bistoire de Saint-Omer, qu'il n'a pas écrite pour ceax 
qui ont foit de cette histoire une étnde toute speciale et tonte parti- 
calière, mais où il a eu l'art de réunir tout ce que cette méme 
bistoire pent présenter d'intéressant. Disons-le en passant, cette 
publication n'a été ni appréciée ni encouragée comme elle aurait 
dù Tètre. 



— 133 - 

graphie et que je me sois laissé sou\ent méme entraìner par 
les faits,- comme je croyais pouvoir le faire dans un travail 
qui n'est, à vrai dire, qu'un fragment historique, j'ai le bon 
espoir qu'elles auront élé favorablement accueillies. 

E. LECOINTE. 

Nota.— Cette signature est pseudonime, l'auteur est M. Aimé 
Courtois, notre savant et très regrettable collègue de la Morirne. 

Le Secrétaire-General de la Steiélé dei Anliqnaires de la Mtrinie. 

H ri de Laplace. 



QUELQUES MOTS 



SUR 



LE DROIT D'ARSIN 

RECONNU AUX AUDOMAROIS DANS LEURS CUARTES COMMUNALES 

ET SUR LA LOI DU TALION *. 



"O^oc^o- 



I 



L'un des privilèges les plus importants et les plus précieux 
que nos chartes communales aient accordés à la ville de Saint- 
Omer, c'est sans contredit ce qu'on est convenu d'appeler im- 
proprement aujourd'hui le droit d'Arsin. 

Voici en quoi il consistait : 

Quand un étranger, c'est-à-dire un individu domicilié hors 
de la ville et de la banlieue, avait attaqué un bourgeois de 
Saint-Omer et lui avait fait outrage ou injure, ou l'avait déva- 
lisé en usant de violence sans avoir réparé son offense ni pu 
arrèté sur le fait, le chatelain, ou son épouse, ou son sénéchal, 
faisait appeler l'offenseur. Si celui-ci refusait ou négligeait de 
venir, dans les trois jours, donner satisfaction, les bourgeois 
prenaient en main la cause de leur frère. L'offcnse qu'il avait 
recue devenait celle de la commune ainsi que le droit de ven- 
geance qui lui appartenait à lui et à sa famille. Le ban do 
guerre était publié, la bourgeoisie toute entière prenait les 

1 Gette nolice est extraite du Mémorial Arlésien, des 18 et 25 
octobre et 5 novembre 1862. 



+r. '-^• J. tyi im . K 



1 



— 136 — 

arjnes et se réunissait au son de la bancloque sur le Grand 
Marche. De là, se formant en un corps d'armée, elle marchait, 
le mayeur à sa téte, vers la maison du coupable et de ses com- 
plices, s'il en avait, pour le contraindre à donner satisfaction 
a la coramune. La guerre lui était déclarée et faite dans toutes 
les règles, en conformité du droit des gens. Aussi, par une 
juste conséquence, s'il arrivait que l'offenseur, qui pouvait 
ótre un seigneur puissant ayant de nofnbreux vassaux, opposàt 
une vive résistanco et qu'il s'ensuivit une bataille, une mèlée 
danslesquelles il y aurait eu des maisons détruites ou brùlées, 
des hommes tués ou blessés, les auteurs de ces faits, agissant 
dans Fexerciee de leur droit et dans un cas de guerre légitimc, 
ne pouvaient pas plus étre inquiétés que les soldats, à raison 
de pareils actes dans un combat. En toute autre circonstance, 
ces voies de fait auraient été des crimes qui auraient pu étre 
poursuivis tout à la fois par les victimes ou leurs parents, en 
vertu de leur droit de vengeance, et par le comte en vertu de 
son droit A'offense, c'est-à-dire du droit de frapper d'amende 
et de confìscation, et de faire méme condamner a mort ceux 
qui, rompant la paix du comte en troublant la tranquillité pu- 
blique, commettaient envers lui une offense personnelle *. 

Lorsque Tétranger qui avait attaqué Tun des bourgeois de 
Saint-Omer et lui avait fait outrage ou injure, ou Tavait déva- 
lisó en usant de violence, avait pu étre saisi et arrété en fla- 
grant délit, il était conduit sur le champ devant la cour éche- 
vinale qui pronon^ait conformément aux lois et aux coutumes 
et lui infligeait une peine proportiofinée au délit, et suivant le 
tarif fìxé par la loi Salique, pour la compositivi ou réparation 

1 Depuis Childebert, la peine de mort avait été admise dans les 
cas de meurlre, àHncendie, de rapt et voi sur les grands cìiemins.. 
G'était là ce qu'on appelait les cas de haute justice. Getle peine fut 
étendue à d'autres vols accompagnés de circonstances aggravantes 
et dont la connaissance appartenait à la majeurc justice. G'étaicnt là 
les seuìs cas qui donnassent lieu à l'action publique, sauf celui de 
trahison dont la connaissance appartenait au comte ou au roi. 



— 137 — 

du préjudice cause, tarif qui était base sur la loi du talion : 
celi pour ceil, dent pour dent, lète pour tète. 

Nous dirons plus loin quel était le prix alloué par la coutu- 
me pour la réparation de chacun de ces délits, ou plutót pour 
le rachat de ces diverses peines, quels étaieot les moyens cn 
usage pour forcer la partie offensée à Taccepter, et quel était 
le sort de Toffenseur qui ne voulait ou ne pouvait acquilter la 
composition à laquelle il avait été condamné par jugement. 

Revenons, quant à présent, à ce qu'on appelle le droit 
d'Arsili. 

Nous avons dit que ce droit était l'un des privilèges les plus 
importants et les plus précieux accordés à la ville ; nous ajou- 
terons que c'était un véritable progrès vers la centralisation et 
la substitution de l'action publique aux vengeances privées. 
Nous allons justifier succinctementcliacune de ces propositions. 



II 



Au xu e siècle, il y avait autant de juridictions que de sei- 
gneuries, et toutes les juridictions étaient en dernier ressort, 
sans autre appel que ce qu'on appelait Yappeau par les armes i . 

La juridiction des échevins de Saint-Omer ne s'étendait 
pas au-delà des limites de la banlieue. Le bailliage de cette 
ville, qui est devenu plus tard une cour d'appel en second et 
en troisième ressort, n'existait pas encore. La juridiction des 
chàtelains, bien que plus étendue que celle de l'échevinage, 
ne connaissait que des matières féodales et des cas de haute 
justice commis dans le ressort de la chàtellenie, hors du terri- 
toire des seigneurs hauts justiciers qui en relevaient. 

La cour des comtes de Flandres était restreinte à ce que l'on 
a appelé un peu plus tard les cas royaux, c'est-à-dire à la 

1 Get appci u'était pas admis au profìt des malfaiteurs. Les cas 
assez restreints où il pouvait étre invoqué, étaient déterminés par la 
coutume. 



1 

I 



t 



— 438 — 

connaissance des conteslations soulevées entre deux juridie- 
tions différentes, entre deux seigneurs ou aux cas de déni- 
justice. 

Dans cet état de choses, les bourgeois de Saint-Omer qui, 
pour la plupart, étaient commercanls ne pouvaient sortir de la 
banlieue, sans étre exposés à étre attaqués, soit par des bandes 
de maraudeurs, avec lesquels certains seigneurs du voisinage 
quelquefois s'entendaient, soit par quelques-uns de ces sei- 
gneurs eux-mémes qui, retranchés dans leurs donjons, se fai- 
saient larrons et détrousseurs de passants. Qui le croirait? Les 
avoués de Saint-Bertin, de I'église collegiale de Saint-Omer 
et de Tévéchó de Thérouannc, créés dans le principe pour la 
défense des biens teinporels de ces monastères et de ces églises, 
s'étaient eux-mémes érigés en de petits tyrans qui opprimaient 
non-seulement les vassaux placés sous leur protection, mais 
encore ceux qui passaient sur les territoires de ces monastères 
et de ces églises. Les abbés de Saint-Bertin, Tévéque de Thé- 
rouanne et le prévól de Notre-Dame, tous puissants qu'ils 
étaient, durent avoir recours aux comtes de Flandres et à la 
cour de ses barons pour avoir justice de ces usurpateurs et 
les mettre à la raison. L'avoué du chapitre de Saint-Omer alla 
plus loin que les autres. Il dèlia à un combat à outrance ceux 
qui prétendaient qu'il avait agi sans droit. Il fallut qu'un autre 
avoué du chapitre relevat le gant. Cet autre avoué, nommé 
Jean de Bergues, était à ce qu'il paraìt un rude jouteur. La 
lice où devait se livrer ce combat singulier fut établic sur la 
Grande-Place. C'était en 1088. Au jour fixé, le comte de 
Flandres, Robert de Jérusalem, alors appelé Robert le Jeune, 
vint à Saint-Omer avec toute sa cour, pour assister à ce com- 
bat judiciaire et prononcer sa sentence suivant l'évènement. 
Les chanoines de Saint-Omer se rendirent processionnelle- 
ment sur les lieux, avec le corps du saint patron de la ville. 
L'abbé et les moines du monastère de Sithiu y vinrent égale- 
ment en procession, avec les chàsses de Saint-Bertin, de 
Saint-Folquin et de Saint-Silvin. « Les moines de Saint- 



— 139 — 

» Berlin en agirent ainsi, porte le document contemporain 
» que nous anaJysons, par une inspiration de Dieu et de leurs 
» saints mémes qui voulurent, comme je le crois, que leurs 
» restes mortels vinssent en aide à leur cher voisin, le bien- 
» heureux Omer, dans un moment où ce saint avait tant a 
» souffrir d'une injure et se trouvait dans des circonstances 
» si critiques. » 

Comme Ics hommes làches, sans intelligence et sans coeur, 
qui font de la tyrannie quand ils sont les plus forts, avec le 
méme instinct que les loups qui égorgent les agneaux et s'en- 
fuient devant les balles des chasseurs et la gueule beante des 
limiers qui les poursuivent, l'avoué prévaricateur, Eustacbe 
recula devant le combat qu'il avait lui-mème propose, et de- 
vant le serment qu'il devait préter sur les saintes reliques. Il 
essaya d'abord de prendre un faux fuyant en demandant que 
les hommes du cbapitre qui l'accusaient subissent l'ópreuve 
du feu. Mais le comte et sa cour ayant rejeté cette prétention 
d'imposer au chapitre la preuve qui lui incombait à lui-mème, 
il finii par reconnaìtre et avouer ses torts en se désistant de 
ses prétendus droits sur les vassaux des cbanoines et les biens 
de l'église: 

Telle était la justice distributive au xn e siede. Voici, entre 
mille, l'un des moyens de chicane et de vexation que pou- 
vaient employer les seigneurs. Les comtes de Guines dont le 
domaine s'étendait jusqu'à la banlieue de Saint-Omer, à Cor- 
mettes, et les comtes de Fauquembergues qui, en leur qualité 
de chàtelains de Saint-Omer, pouvaient envoyer leurs sergents 
jusqu'aux portes de cette ville avaient établi un droit de travers 
et de tonlieu sur les voyageurs et les marchandises qui tra- 
versaient ces comtes. Ces droits fondés sur une longue posses- 
sion, étaient reconnus et acquittés aux bureaux de péage, éta- 
blis sur les grands chemins. Or, il pouvait prendre fantaisie à 
certains seigneurs hauts justiciers ou vicomtiers, comme cela 
s'est vu plusieurs fois, d'établir arbitrairement et sans titres 
de pareils droits dans leurs domaines. Les bourgeois de Saint- 



— 140 — 

Omer qui n'en étaient pas avertis ou qui no se croyaient pas 
obligés de payer ces droits désignés sous le nom de mauvaises 
coutumes venaient-ils à passer ces bureaux de péages sans se 
soumettre à ces exactions seigneuriales, le seigneur ou les 
officiers auraient pu les faire arrèter, confisquer leurs mar- 
chandises et les soumettre, pour prix de leur liberté, à une 
ran^on plus ou moins élevée. Or, quelle aurait été la ressource 
d'un bourgeois de Saint-Oraer qui se serait trouvé dans cette 
position, si la commune n'avait pas eu le droit d'arsin ? Ce 
malheureux bourgeois aurait informò les eschevins de ce qui 
lui était arrivé. Les eschevins auraient pu en écrire au comte 
de Fiandre, qui de son coté en aurait écrit au seigneur et l'au- 
rait fait assigner devant sa cour. Ce dernier n'aurait pas man- 
quó d'invoquer, comme l'avoué du chapitre dont nous venons 
de parler, une prétendue coutume dont il aurait offerì de faire 
la preuve par les armes contro quiconque se serait avisé de le 
contredire. Voilà donc notre bourgeois réduit à cette alterna- 
tive également désavantageuse : ou d'offrir à son oppresseur 
un gage de bataille pour descendre avec lui en champ clos, 
arme d'un simple bàton et combattre un hómme aguerri, 
monte à cheval, barde de fer et armò de toutes pièces, ou de 
payer la ranqon qu'on exigeait de lui. 

Avons-nous besoin de rappeler qu'à cette epoque c'était le 
duel qui décidait toutes les questions, voire méme les ques- 
tions de droit controversées entre les légistes ? C'est ainsi 
qu'en 942, l'empereur d'Allemagne, Othon I er , fit résoudre à 
Steil, eri Westphalie, devant lesgrands de l'Empire assemblés, 
la question de savoir si la représentation devait ou non avoir 
lieu en ligne directe. Deux chevaliers qui n'avaient ni l'un ni 
l'autre aucune notion de droit, et ne savaient mème pas ce que 
c'était que la représentation, s'armèrent pour soutenir l'un 
contre l'autre les deux thèses contraires. Dans ce duel, dit 
Maillard, « la représentation directe eut obligation à la valeur 
» du champion qui la défendit : il fut vainqueur et la repré- 
» sentation directe gagna sa cause. » 



— 141 — 

C'était là, il faut en convenir, une jurisprudence fort peu 
consulaire et qui n'était pas de nature à sourire aux fabricants 
et aux marchands de draps de Saint-Omer. Disons-Ie en pas- 
sant, quand Guillaume Cliton et ses successeurs ont affranchi 
dans leurs chartes les membres de la ghilde audomaroise de 
l'obligalion d'accepter le duel ou combat judiciaire qui leur 
serait propose dans les marchés de la Fiandre, en y substituant 
la juridiction des eschevins, ces comtes ont tout bonnement 
entendu que nos vieux ai'eux ne seraient pas lenus d'accepter 
un cartel en paiement de leurs factures, ou comme moyen de 
preuve d'une obligatiòn non écrite dont on aurait reclame d'óux 
l'exécution. Il serait tout au moins oiseux d'agiter, à propos 
de ce paragraphe de nos chartes municipales, la question de 
savoir si Guillaume Cliton et ses successeurs ont entendu par 
cette disposition, interdire d'une manière partielle ou absolue, 
le duel ordinaire, tei qu'il existe encore aujourd'hui. Cette 
question est tout aussi ólrangère au texte qu'à l'esprit de ces 
chartes. 

C'est par un motif analogue que Guillaume Cliton et ses 
successeurs ont reconnu à la commune de Saint-Omer ce que 
nous appelons le droit d'arsiti. Gràce à ce droit, notre vieille 
cité est devenue la reine de toutes les seigneuries de ce qu'on 
appelait alors le West-quartier du comlé de Fiandre. Les sei- 
gneurs et autres durent y regarder à deux fois avant d'attaquer 
un bourgeois de cette ville. Ceux qui ont été assez imprudents 
pour le faire ont eu tout lieti de s'en repentir. Les róles ont 
été entièrement changés ; car alors il ne fut plus libre à un 
hobereau de dire au faible et malheureux bourgeois qu'il avait 
attaqué, outragé et détroussé : Prouvez-moi par le sort des 
armes que j'ai tort. Le bourgeois au contraire pouvait lui ré- 
pondre par la voix de ses frères, par Porgane de la commune : 
C'est à vous à venir prouver contradictoirement avec moi, 
devant le chàtelain, que vous avez raison. Certes dans ces 
temps de force brutale où le despotisme féodal était parvenu à 
son apogée, il était beau pour un humble bourgeois de Saint- 






— 142 — 

Omer de pouvoir dire au seigneur le plus puissant qui Poppri- 
mait : Monseigneur, je ne suis rien perscnnellement devanl 
vous, mais si vous abusez de votre pouvoir pour commettre à 
mon égard une injustice, ce ne sera pas moi, mais ce sera la 
commune dont je suis membre que vous oiTenserez et qui 
viendra vous en demander raison. Si vous avez pour principe 
que le droitdu plus fort est le meilleur, prenezgarde, car j'ai 
derrière moi toute une armée d'hommes qui sont mes fròres et 
dont le norabre surpasse infiniment celui de vos vassaux. 

Aussi qu'est-il arrivò ? (Test que les bourgeois de Saint-Omer 
furent parlout respectés et que la ville n'a dù que rarement 
intervenir pour faire acte de son droit de répression et de ven- 
geance, de ce droit de paix et de guerre dont elle était en 
possession. 

Panni ceux à qui il est arrivé d'attaquer et d'outrager un 
bourgeois de Saint-Omer, il en est qui ont préféré, suivant 
les termes de nos chartes, venir à satisf action. Témoin Pierre 
de Wirquin qui, en 4347, s'est constitué prisonnier à la Motte- 
Chatelaine d'où il fut conduit sur le grand marche, près de la 
halle : « Là il se desvètit et dessaucha jusqu'à sa cotle, etétant 
» sans bas et sans souliers et sans chaperon, ses manches dé- 
» lassées et renversées, et ayant un tisson ardent dans sa main, 
» de la longueur d'une aune et demie, il vint au bout de la 
» halle des Merciers, où les mayeurs et eschevins se trou- 
» vaient pour recevoir l'amende ; et là il dit ces paroles : 
» Seigueurs, je reconnais que au cas où je ne fusse venu à 

» votre volonté pour amender le injure et vilenie ils (les 

» bourgeois) peussent avoir fait occision et ars maisons et ma- 
» noir sans encourre aucune indignation du seigneur et, pour 
» eschiever la dite vengeance, j'ai appone ce tison publique- 
» ment et le amende de men giron, selon la teneur des privi- 
» lèges et franchises de la ville » 

Telles étaient la répression et la pénalité assurément très 
morales et juridiques, et parfaitement conformes aux principes 
de h civilisation que le privilège accordé à la ville de Saint- 



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— 143 — 



Omer par ses chartes communales avait pour objet et dont le 
droit d'arsin n'était que la sanction. 



Ili 



L'exemple de Pierre de Wirquin qui se reconnait lui-méme 
coupable d'avoir fait injure et vilenie à des bourgeois de Saint- 
Omer, et qui cependant en est quitte pour une amende hono- 
rable et une simple réparation pécuniaire, nous prouve, beau- 
coup mieux que lousles commentaires, que notre bonne vieille 
cité, avec son droit d'arsin, n'était pas tout à fait aussi feroce 
qu'on se la figure et que la représente d'ailleurs à l'esprit ce 
terrible nom méme de droit d'Arsiti qui semble nous la mon- 
trer, comme une espèce de furie, s'en allant aveuglóment, 
l'épée d'une main et une pioche ou une torche ardente de 
l'autre, venger quand rnéme, par la destruction et l'incendie, 
le moindre affront fait à l'un de ses bourgeois ; l'exemple de 
Pierre de Wirquin nous prouve que loin d'abuser de ce privi- 
lège, la ville de Saint-Omer n'en usait, au contraire, que dans 
le cas de necessitò, après avoir employé les moyens de conci- 
liation et les voies judiciaires. 

Pour juger sainement de la législation audomaroise au xn e 
siècle, surtout dans ses rapports avec la civilisation, ce n'est 
pas de l'organisation sociale du monde antique et moderne 
qu'il faut la rapprocher, mais c'est de la législation franque et 
germanique, déjà en vigueur dans le nord de la Gaule-Belgique 
longtemps avant Clovis, et de celle que la féodalité est venue à 
son tour y introduire, en deliors de la commune. 

En se placant à ce doublé point de vue, on pourra facile- 
ment se convaincre que l'état social tei qu'il existait à Saint- 
Omer, en 1127, et quii est constate par nos chartes munici- 
pales était déjà, relativement, un immense progrès, tant sous 
le rapport de la liberto des personnes et des béritages, du 
commerce et de l'industrie, de l'association et des relations 



— 444 — 

commerciales que sous celui de l'exemption des tax.es arbitrai- 
res et des corvées, de la justice distributive et des moyens de 
preuves juridiques, déjà presque tous ramenés, à quelques 
exceptions pròs, à la preuvc testimoniale, substituée, mais 
beaucoup plus tard, en France, aux combats judiciaires et aux 
ordalies. 

En se plagant à ce méme point de vue, il sera égalernent 
facile d'apprécier que le droit d'arsin qui n'était autre chose 
que le droit de guerre contre Tétranger contumace et rebelle 
à la justice qui était coupable de voies de fait contre un bour- 
geois, avait pour but non-seulement de protéger, avec le com- 
merce de la ville de Saint-.Omer, la vie, les biens et la liberté 
de ses habitants contre la tyrannie ou la cupidité des seigneurs 
ou la brutali^ et les mauvaises passions de leurs vassaux, mais 
encore de substituer autant qu'il était possible l'action régu- 
lière de la justice aux vengeancrjs individuelles et privées, de 
centraliser cette action et de lui prèter main-forte dans le cas 
où elle serait méconuue et réduite à l'impuissance. 

Et en effet, nous Tavons déjà dit, au xii e siècle, il y avait 
autant de juridictions que de seigneuries et chaque seigneurie 
formait comme un petit Éiat à part où les habitants de la sei- 
gneurie voisine étaient considérés comme aubains, c'est-à-dire 
comme étrangers et traités en conséquence. Les chefs de ces 
petits Etats dont les uns étaient comtes, les autres barons et le 
plus grand nombre de simples seigneurs, étaient presque tou- 
jours en guerre entre eux, ce qui établissait une division encore 
plus iranchée entre leurs vassaux. C/est ainsi que nous voyons 
notamment dans le voisinage de Saint-Omer, les comtes de 
Guines guerroyer tour à tour contre les seigneurs d'Ardres, 
leurs vassaux, contre les chàtelains de Bourbourg, les vicomtes 
de Marck et les comtes de Boulogne, puis attirer successive- 
ment sur eux les armes infiniment plus redoutables et plus 
puissantes du comte de Fiandre, du roi de France et du roi 
d'Angleterre ; les seigneurs d'Ardres guerroyer de leur coté 
non-seulement contre les comtes de Guines, mais aussi contre 



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— 4 45 — 

les seigneurs de Fiennes, leurs parente ; Éperlecques dont le 
doraainc était échu aux comtes de Boulogne, Mentquc el Sur- 
ques, prendre part à ces mouvements et se faire aussi une 
guerre acharnée. Chaque village avait en quelque sorte sa 
nationalité et se battait ainsi avec le village voisin, tantot pour 
l'usage d'un communal dont les limites n'étaienl pas bien 
fixées, tantot pour soutenir la querelle privée d'un de ses ha- 
bitants et le plus souvent pour le plaisir de se battre et voir 
lequel l'emporterait. Folquin de Lobbes ayait dit des Morins, 
à la fin du x e siècle que c'était « une nation aux moeurs in- 
cultes et usant plus d'armes que de conseils » et un versifica- 
teur avait également trace leur portrait dans deux vers latins 
qu'on peut traduire ainsi : 

Les Morins sont un peuple inlraitable, indocile, 
Impatient, du joug, inconstant, versatile ; 

ce caractère n'était pas changé. 

La ville de Saint-Omer, avec sa commune, était au milieu 
de toutes ces seigneuries comme une petite république démo- 
cratique, à la fois guerrière et commerQantc qui ne demandait 
qu'à vivre en paix avec ses voisins et à conserver la plus 
stride neutralitó, méme alors que ses cbàtelains prenaient fait 
et cause pour les comtes de Guines, leurs parents. Loin de 
s'immiscer dans ces guerres désastreuses qui désolaient et 
divisaient prefondément le pays, elle travaillait au contraire a 
son unite en établissant cntr'elle et les principales localités 
voisines, cet ancien lien de fcedération dont font menlion ses 
coutumes et qui avait pour objet la suppression róciproque du 
droit d'arrét et avec ce droit, la qualitó d'étranger que leurs 
habitants s'attribuaient respectivement. Les lieux avec lesquels 
la ville de Saint-Omer avait forme cotte alliance étaient : 
GRAVELINES, BOURBOURG, WATTEN, AIRE, NIEUR- 
LET, MORBECQUE, le FRANC DE BRUGES et FAUQUEM- 
BERGUES. Le droit d'arsin qui lui permettait de tirer Tépéc 

10 



— U6 — 

pour venger Finsulte faite à ses bourgeois, on pourrait presque 
dire à ses nationaux, achevait de lui assurer, au milieu de 
tant de territoires si divisés et le plus souvent bostiles, la liberté 
de cireulation qui lui était indispensable, pour le transportdes 
produils de ses manufactures de draps qui, on le sait, étaient 
très estimés et faisaient sa richesse. 

Ce privilège en vertu duquel la ville de Saint-Omer, ou 
plutòt sa commune, se trouvait investie du droit de vengeance 
qui appartenail à chacun de ses membres contre l'individu 
domicilié sous une autre juridiction, coupable envers eux 
d'une offense, et Texercait elle-méme par les voies judiciaires 
et, au besoin, par la force armée, était à la fois une déroga- 
tion au droit germanique et au droit féodal. Au droit germani- 
que, parce que, suivant les principes de ce droit, la vengeance 
n'appartenait qu'à la personne lésée et à sa famille et que le 
pouvoir public n'intervenait entre l'offenseur et l'offensé que 
comme arbitre, dans Finterei de la paix, et pour règler entre 
eux le prix de la composition. Au droit féodal, parce que, 
d'après les règles admises par la féodalité, les bourgeois et les 
roturiers n'avaient pas le droit de guerre : nul autre que gen- 
tilhomme, dit Beaumanoir, ne poeut guerroyer. 

Cette doublé dérogation était toute dans le sens du droit 
rpraain qui n'admetiait pas plus les vengeances que les guerres 
particulières et en réservait le droit à la société. Or qu'est-ce 
que la commune au moyen age, et en particulier la commune 
de Saint-Omer, sinon une vérilable société, un etre collectif, 
une personne morale qui se subslituait aux individus, comme 
la société antique et moderne, et absorbait en quelque sorte, 
sinon tous leurs droits naturels, du moins une partie de ses 
droits, en se réservant de leur en répartir l'usage à son gre 
par ses volontés qu'elle appelait lois, statuts ou coutumes ? 

En s'appropriant les vengeances privées, du moins celles 
qui appartenaient à ses membres contre les étrangers, la com- 
mune n'a donc fait que déroger, sous ce rapporl, au droit ger- 
manique et s'assimiler à la société antique. 



— U7 — 

Cette dérogation au droit germanique en faveur des princi- 
pes de la civilisation greco-romaine n'est pas la seule que 
nous remarquions dans nos chartes communales. Ainsi> par 
exemple, le meurtre commis dans la ville, quand son auteur 
avait pu étre arrèté, ne pouvait se racheter par la composition : 
Nusquam salvationis remedium habebit , porte le grand pri 
vilège. Il en était de méme du flagrant délit de voi. Ces crimes 
sont considórés par la commune comme une attaque contro 
l'ordre social et elle les punit du dernier supplice, sans s'oc- 
cuper de l'individu lése et sans lui laisser le droit de pardon- 
ner à son ennemi. C'est bien là le caractère de la vindicte 
publique seule adraise chez les Grecs et les Romains, et, de- 
puis quelques siècles seulement, en France. Nous pourrions 
multiplier ces citations si nous ne tenions à ne pas dépasser les 
limiles étroites que nous nous sommes tracées. 

Revenons a notre privilège. Un bourgeois de Saint-Omer a 
été l'objet d'une injusle agression de la part d'un individu 
domiciliò hors de la juridiction échevinale. Cet individu, que» 
que soit son rang, après avoir outragé ou spolié sa viclime, n'a 
pu étre arrété sur le fait. Que se passe-l-il ? Au lieu de laisser 
à l'offensé le soin d'exercer son droit de vengeance, conformé- 
raent au droit germanique, la commune interviene Elle fait 
citer l'offenseur par le chàtelain lui-méme à comparaitre de- 
vant lui pour venir à satisfaction. Or, qu'est-ce que le chàte- 
lain? c'est, suivant les termes mémes de nos chartes, le juge, 
le prepose du comte, judex, prmpositus meus, e' est par con- 
séquenl le représenlant du souverain, de celui qui a un droit 
de juridiction sur tout le comté. Si le prévenu obéit à cette 
citation du juge expressement commis pour ce cas special par 
le comte, s'il comparato, soit pour reconnaìtre sa culpabililé et 
se soumettre à la réparation prescrite par la coutume, comme 
Fa fait Pierre de Wirquin, soit pour dénier le fait ou exciper 
d'un droit ; dans le premier cas, la réparation faite, tout est 
fini, il ne peut plus étre inquiète ; dans le second, il sera 
admis, s'il en forme la demande, à se mettre à Yenqueste du 



— 148 — 

pays pour se punjor de l'accusation, par la preuve testimo- 
niale, cuntradiettùvmeni à l'oiTensé. S'il est convaiocu, on lui 
appliquera la mème peinc qu'à un bourgeois. 

Voilà bien la justice distributive telle que la prattquait la 
société greco-romaine et ielle qu'onFentendencoreaujourd'bu*'. 

Mais si, au lieu d'ol ir à la justice et d'obtempérer à la cita- 
tion du cluìteìain, le t. : \ -, ?im n'en tieni aucun compie et s'en 
moquc, si cuatìn- *•<*, ;'.', lu si par négligence il laisse tcouler 
le délai de truis j i/s • ' ;I lui est aecordé pour venir donner 
satisfactiun, quo fa:; •;.;-!-•! f .Ire ? 

A Rome, le piéi.-.T ; .:;»•. ;;ìit, en pareii cas, la missio in 
possessionem, c'osi-;- -.ine l'envoi du demandeur en posses- 
sion des bieiis du dJ:\.iìia:it pour contraicdre ce dernier à 
comparaìtre. Sii ^ubsiuiait à l'aire défaut, ses Liens étaient 
vendus. Nous n'a\ons p:.s Lesoin d'ajouter que si le défaillant 
s'était oppose par la violence à l'exécution du jugement, on 
aorait employé contro lui la force armée, manus militai /.?, et 
que dans le cas où sa résisiance aurait oceasienné des bomi- 
cides, des blessures, des coups ou d'autres accidente, ceux qui 
en auraient eie ìes auleurs, en prctant maìn-forte à la justice, 
n'auraient encouru à cet égard aucune responsabiliié. Il en 
serait de mème aujourd'bui. « Il n'y a ni crime ni délit, porte 
» l'art. 327 du code penai, lorsque Thomicide, les blessures 
» et les coups étaient ordonnés par la loi et commandos par 
» l'autorité légitime. » La résistance violente anx decisione 
judictaires est prévue dans cette formule exécutoire doni elles 
sont revètues au nom du souverain : « Mandons et ordonnons... 
» à tous commandans et officiers de la force publique de 
» prèter main-forte lorsqu ils en seront légalement requis. * 

Au xii* siede, dans un pays comme celui que nous avons 
dépeint plus baut, d'après Tbistoire, non-seulement la résis- 
tance devait ètre prévue, mais elle était certaine et inévitable 
niènie de la partdes simples particuliers, sans une force année 
assez imposante pour la rendre impuissante et impossible. 
Car d'aborti la plupart des seigneurs ne reconnaissaient au 



— 149 — 

chàtelain aucune suprómatie ; ils considéraient les citations 
faites a eux-mémes ou à leurs vassaux comme un impiéte- 
ment sur leur indépendance ou leur droit de justice et, ne 
fut-ce d'ailleurs que par amour-propre et esprit de clocher, 
ils étaient naturellement disposés à voir de mauvais oeil exécu- 
ter sur leurs terres des actes émanés d'une autre juridiction* 
En méme lemps que le chàtelain était le juge du comte, en ce 
sens qu'il présidait la cour frodale des francs-hommes et les 
malls ou assises des francs-alleux, il était aussi, en temps de 
guerre, le commandant de la force publique, composée de 
tous les vassaux de la chàtellenie et de la milice bourgeoise, 
conduite par ses mayeurs. Pour que force restai à la loi et à 
la justice, dans une cause qui intéressait personnellement la 
commune, il n'avait donc qu'à se mettre lui-méme à la téte de 
la bourgeoisie, ce qu'il faisait ordinairement ou à l'envoyer, 
sous le commandemenl de ses mayeurs, exercer contre l'étran- 
ger contumace la vindicte publique de la commune, substi- 
tuée à la vindicte particulière de ses bourgeois offensés. C'est 
là en effet le droit que nos chartes communales accordent aux 
audomarois lorsqu'elles disent en parlant de l'offenseur élran- 
ger qui fait défaut : « S'il dédaigne ou neglige de venir dans les 
» trois jours à satisfaction, ils vengeront eux-mémes sur lui 
» l'injure de leur fròre. Si dans cette vindicte une maison est 
» détruite ou brùlée, si quelqu'un est blessó ou tue, l'auteur 
» de celie vindicte ne courra aucun danger dans sa personne 
» ni dans ses biens, il n'aura ni a éprouver ni à redouter mon 
» oflense. » C'est au fond la mème disposition que celle de 
l'art. 327 du code pénol citée plus haut. Si au lieu de resister, 
le contumace avait abandonné sa maison et pris la fuite, cette 
maison était détruite ou brùlée, par application de la peine 
infligée dans la ville merae au contumace fugitif. Car celui 
qui était rebelle à la justice était mis à cet égard au mème 
rang que l'individu coupable du crime de trahison ou de lòse- 
majesté. Le rasement de la maison du coupable est édictó dans 
toutes les ordonnances royales relatives à ce crime et c'est par 



— 450 — 

application de cos ordonnances que l'arrèt qui a condamné le 
regicide Damiens, en 4757, a ordonné que la maison où il 
était né serait démolie sans qu'on pùt, dans la suite, en recons- 
truire une autre sur le méme emplacement. 

Voilà donc à quoi se réduit en definitive ce terrible droit 
d'arsin : à une armée de bourgeois Iégalement requise par 
l'autorité légitime, prétant main-forte à la justice et remplis- 
sant les fonclions de gendarmes. Changeons d'epoque, descen- 
dons le cours des siècles, jusqu'aux temps les plus civiiisés, 
jusqu'à la législation encore en vigueur en 89. A la place du 
chàtelain ou du mayeur àia téle de la milice bourgeoise, nous 
aurons le procureur general près le parlement de Paris accom- 
pagné d'un huissier, d'une escouade de la maréchaussée, de 
l'exécuteur des hautes oeuvres et de quelques pionniers allant 
demolir la maison de Damiens, corame nos audomarois sont 
allés non moins juridiquement dégaster ou ardoir les chà- 
teaux du seigneur de Renty et de Seninghem ou le manoir de 
Jean d'Esquerdes. 

Il faut bien admettre que ce mode d'exécution ne paraissait 
pas, au temps où il était en usage, aussi contraire aux princi- 
pes de la civilisation que nous sommes tentés de le supposer 
aujourd'hui à la première vue, puisque nos plus grands rois, 
ceux-là méme qui ont le plus contribué à substituer dans toute 
la France l'organisation sociale greco-romaiue à celle des peu- 
ples de la Germanie, tels que Philippe- Auguste, Saint-Louis 
et Philippe-le-Bel, sans compter Louis Vili, Charles IV, 
Philippe-le-Long et Philippe VI, Font tous expressément con- 
drale dans les mèmes termes que la charte de Guillaume Ciiton • 

Mais il y a plus, le parlement de Paris doni la jurisprudence 
était si hostile aux droits de guerre seigneuriale qu'elle consi- 
dérait comme l'usurpation d'un droit de la couronne, le parle- 
ment de Paris a étó lui-méme appelé à interprèter la disposi- 
tion de nos chartes sur laquelle se fondait le droit d'arsin et 
à se prononcer sur un procès relatif à son application, et le 
parlement de Paris a décide la question en faveur de la ville. 



— 151 — 

« En 1320, dit M. Harbaville, les audomarois, pour venger 
» l'injure faite à des bourgeois par des hommes de Renty, 
» marchèrent conlre le bourg et y exercèrent le terrible droit 
» d'arsin. Nombre de maisons furent brùlées. Les échevins 
» (de Renty), portèrent plainte au parlement qui par arrèt de 
» février 1323 déclara que les gens de Saint-Omer avaient use 
» de leur droit. » 

Les audomarois sont allés exercer la méme vindicte, vers la 
mème epoque, à Coulogne sous les murs méme de Calais, à 
Serques en 1351 et à Esquerdes en 1405. 

Mais dans le cours de ce dernier siècle les heureuses réfor- 
mes introduites dans nos contrées par les ducs de Bourgogne, 
surtout en ce qui concerne l'administration de la justice désor- 
mais soumise à une liiérarchie régulière, au sommet de laquelle 
fut créée la cour de Malines, juge des cas seigneuriaux, l'abo- 
lition des guerres particulières, l'ascendant du prince dont la 
main puissanle se faisait sentir partout jusqu'aux moindres 
hpmeaux, rentiòre soumission des seigneurs et des peuples et 
enfin l'action libre et régulière de la justice, débarrassée de 
toutes les entrave& qui autrefois la suspendaient ou l'arrètaient 
dansson cours, toutes ces circonstances, tout ce nouvel étatde 
cboses rendirent desormais l'exercice du droit d'arsin com- 
plètement inutile et sans objet. Nous croyons que les audoma- 
rois, loin de le regretter, durent au contraire s'en estimer très 
beureux. 

Voilà pour le droit d'arsin. Parlons maintenant de la loi du 
talion qui est également consacrée dans nos chartes commu- 
nales et dont l'application était un peu plus generale et beau- 
coup moins barbare qu'on semble aussi le supposer. 



IV 



Après avoir prévu le cas où un étranger coupable envers un 
bourgeois de Saint-Omer se serait échappé de ses mains et 



— «a* — 

aurati refasé de comparaifre derant le ehàtebi», motre pre- 
mière eharte eommonale de 1127 et les soiraotes préroieat 
llifpothèse od Poffen^ar aarait pò étre relena et salsi ea 
flagraot délit, soit par Poffensé loi-méme oo par lool autre. 

> Si eelui qui a fait Finjore, porte le texte, a été arrété dans 

> le moment mème, il sera jogé sur le cbamp suivant les lois 
* et contarne* de la riile et pani saivant la gravite da fait, 
» e'est a savoir qu'i/ rendra crii pour ctil, dent pour dent, 
» U te pour Ute. » Ce qai rewent a dire quon lui inUigera 
noe peine pareille à Foffen>e f suivant la lui da talion, ainsi que 
Fexprime celte antique formule, etti pour crii, ifc.,empnintée 
a la Bible. 

On lit en effet dans PExode : € Si la mori suit, il le coupa- 
» bte] rendra \ie pour vie, ceil pour «il, dent pour dent, main 
» pour main, pied pour pied, brulure pour brùlure, plaie pour 
» plaie, meurtrissure pour meurtrìssure : Reddet animam prò 
» anima, oculum prò oculo, dentem prò dente, eie. > Nos 
chartes communales s'expriment de mème : Oculum prò ociila, 
dentem prò dente, caput prò capile reddet. On lit également 
dans le Lévitiquc : « Celui qui aura fait outrage à l'un de ses 
» concitoyens, cornine il a fait, ainsi on fera avec lui ; blessure 
» pour blessure, ceil pour ceil, dent pour dent : de mèmequ'il 
» aura outragé, ainsi il sera outragé. » Et dans le Deutéro- 
nome : « Lorsqu'après un examen sevère ils auront reconnu 
» que le faux témoin a dit le mensonge contre son frère, ils le 
» traiteront eomme il a voulu traiter son frère.... Vous n au- 
» rez pas pitie de lui : mais vous exigerez ame pour ame, ceil 
» pour ceil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. » 

Que la peine soit pareille à Poffensé, noxice pana par esto, 
dit a son tour la loi des xn tables où le talion, tallo, figure au 
nombre des buit espèces de peines infligées aux coupables. 
Cello loi ajoute : « Que la peine soit pareille à Voffense, dit 
» Cicéron, afin que ehacun trouve son chatiment dans son 
» vico rnóme, que la violencc soit réprimée par la peine capi- 
» tale, Favarice par Famende, la brigue des honneurs par 
» l'ignominie. » 



— 453 — 

En supposant donc que la loi du talion, telle qu'elle est édic- 
tée dans nos chartes communales conlre l'étranger convaincu 
d'outrages envers un bourgeois de Saint-Omer, dùt étre prise 
à la lettre, ces Charles irouveraient facilement, comme on le 
voit, de sùrs garanfs pour se défendre du reproche d'avoir 
consacré dans cette loi du talion un principe contraire à la 
civilisation. Car, d'une part, cetle loi se trouve, à coté du dé- 
calogue, dans la Bible à laquelle nos pères Font empruntée et, 
d'autre part, nous la voyons inserite dans cette célèbre loi des 
xii tables qui est toujours restée la base du droit romain, c'est- 
à-dire du droit civilisateur par excellence. 

La loi du talion est loin d'avoir été exclue des lois du monde 
moderne. Car, qu'est-ce que la peine de mort encore aujour- 
d'hui admise dans le code penai des nations les plus civilisécs, 
sinon la peine la plus terrible du talion ? Ecoutons ce qu'en 
dit le célèbre auteur de Y Esprit des Lois, Montesquieu : « C'est, 
» dit ce philosopbe, le triompbe de la liberto, lorsque les lois 
» criminelles tirent chaque peine de la nature particulière du 
» crime. » Et pour faire connaìtre la peine qui devait ètre in- 
fligée pour chaque crime, il divise les crimes en quatre clas- 
ses, en comprenant dans la quatrième ceux qui attaquenl la 
sùreté des citoyens. « Les peines de ces derniers crimes, 
» ajoute Montesquieu, sont ce qu'on appelle des supplices. 
» C'est une espèce de talion qui fait que la sociétó refuse la 
» sùreté à un citoyen qui en a prive ou qui en a voulu priver 
» un autre. Cette peine est tirée de la nature de la chose, 
» puisce dans la raison et dans les sources du bien et du mal. 
» Un citoyen nitrite la mort, lorpqu'il a viole la sùreté au point 
» qu'il a óté la vie, ou qu'il a entrepris de l'óter. Cotte peine 
» de mort est cornine le remède de la société malade. » 

Un célèbre philosopbe alleniand, Kant, est du mème avis. 
Suivant lui, dit M. Lerminier, « Ics peines doivent répondre 
» au crime, et dans l'espèce de talion rationnel qu'il établit, 
» Kant trouve juste que le meurtrier soit puni de mort. On n'a 
» pas encore rencontré, dit-il, un assassin condamné à mort 



— 154 — 

» qui ait pensé que la peine fùt trop grande et qu'on lui fit 
» tori. » 

Voilà donc la peine la plus grave du talion adoptée et adraisc 
non-seulement par les législaleurs mais par les plus beaux gé- 
nies du monde moderne. 

Malgré sa miséricorde infime et son inépuisable mansuétude, 
le christianisme lui-méme reconnait la nécessilé de cette loi 
suprème du talion. « Remeltez votre épée dans le fourreau, 
» dit Jesus, a celui de ses disciples, qui avait frappé l'un des 
» serviteurs du grand prétre ; car tous ceux qui se servironl de 
» Fépée périront par Fépée. » C'était une allusion à ce que 
Dieu avait dit dans la Génèse : « Quiconque aura répandu le 
> sang de Fhomme son sang sera répandu. » Saint-Jean dans 
son apocalypse, rappellc cette sentcnce d'une manière non 
moins énergique. « Il faut, dit-il, que celui qui aura lue par 
» Tépée, soit tue par Fépée. » Saint-Paul juslement appelé le 
grand a pò tre, dit de son coté, dans son épitre aux Romains. 
« Voulez-vous ne pas craindre le pouvoir ? faites le bien, 
» vous vous attirerez par là sa louange. Car il est à votre 
» égard le minislre de Dieu pour le bien. Mais si vous faites 
» le mal, craignez : car ce n'est pas sans raison qu'il porte 
» Tépée. Il est en effet le ministre de Dieu, son vengeur en sa 
» colere pour celui qui fait le mal. » 
. Cest du reste ainsi que Ta toujours compris l'univers chré- 
tien ; jamais il n'a conteste à la société, au pouvoir public qui 
en est la représentalion, le droit d'appliquer cette peine terri- 
ble du talion qu'on appelle la mort : Animam prò anima, 
caput prò capite. 

Or à qui les Charles communales de Saint-Omer confient- 
elles le soin de faire l'application de la loi du talion ? Est-ce à 
Toffensé ou à sa famille? Non ; mais cest aux juges, c'est-à- 
dire au Pouvoir public interpose entre l'offenseur et Foffensé, 
dans i'intérót de la société, et dont les décisions doivent otre 
conformes aux lois et aux coulumes de la ville, bien qu'il 
s'agisse d'un étranger. 



— 155 — 

Il y a donc bien loin entre le talion admis par nos chartes 
conimunales de Saint-Omer et celui que proscrit l'Evangile, 
dans lesermon sur la montagne, lorsque l'Homme-Dicu, résu- 
mant en quelques mots la morale toute nouvelle et toute celeste 
qu'il vieni apporter à la terre et substituer a la morale humaine, 
au principe de la loi naturelle qui permei de rendre à un en- 
nemi l'outrage qu'on en a recu, tient ce sublime langage à ses 
disciples, à la multitude avide de sa parole, quil'a suivi et qui 
est là assise en cercle, a ses pieds, autour de lui : « Vous avez 
» entendu qu'il a étó dit : celi pour ceil, dent pour dent. Et 
» moi je vous dis de ne point resister aux mauvais traitements, 
» mais si quelqu'un vous a frappé sur la joue droite, présehtez 
» lui encore l'autre. Et à celui qui veut disputer en jugement 
» avec vous et vous enlever votre tunique, abandonnez encore 
» votre manteau. Et quiconque vous forcera de faire avec lui 
» militi pas, faites en encore deux mille avec lui.... Vous 
» avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu 
» halras ton ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, 
» faites du bien à ceux qui vous haissent et priez pour ceux 
» qui vous persécutent et vous calomnient, etc. » 

11 est évident que ces préceptes óvangélique3, si diamélrale- 
ment opposós-à l'esprit de vengeance individuelle et privee, si 
peu généralement pratiqués, mais qui cependant n'ont pas 
laissé que de régénérer le monde et d'infiltrer pour ainsi dire 
goutte à goutte dans ses veiues ce sang généreux de la charité 
qui a créé à elle seule une différence si profonde entre la civi- 
lisation de nos temps modernes et celle de Tantiquité, il est 
évident, disons-nous, que ces préceptes évangéliques, s'ils 
s'adressent indistinctement à tous, n'ont pas en vue d'arracher 
au pouvoir le glaive qu'il ne porte pas sans cause, suivant 
Saint-Paul, non enim sine c-ausd gladium portai, mais d'en 
rendre l'usage le moins nécessaire et le moins fréquent possi- 
ble, et de le faire remettre méme à jamais dans le fourreau, 
converte gladium tuum in locum suum, si ces divins conseils 
étaient universellement suivis. Ce serait assurément bien m^l 



— 456 — 

comprendre l'esprit du christianisme, ce serait mème le ca- 
lomnier, de supposer que son inépuisable charité soit aveugle 
et puissc alter jusqu'au point de laisser la carrière ouverle et 
entièrement libre aux mauvaises passions et de briser entre 
les mains da pouvoir, le glaive que la socie té lui a conGé dans 
Finterei de sa cooservation. 

C'est donc à tort qu'on a reproché à nos chartes commu- 
nales, parce qu'elles ont adrais l'application de la peine du 
talion par les juges à Fétranger saisi enflagrant délit d'outrage 
envers un bourgeois, d'ayoir par cela mème sanciionné un 
principe contraire à ceux du cbristianisme et de la civilisation. 

Jusqu'ici nous n'avons parie que de la peine de mort qui 
était le talion du mcurtre et de quelques aulres crimes contre 
la sùrcté des citoyens Nous avons dit qu'à Saint-Omer cette 
peine était af pliquée à Fhomicide volontaire, commis dans la 
ville et dont Fautcur avait pu ctre arreté et au flagrant délit de 
voi. Nous avons ajouté que cette peine juridique, empruntée 
au droit romain, était une dérogation au droit germanique 
qui n'admettait que les vengeances privées et Tintervention du 
pouvoir public que pour rélablir la paix entro la famillc de 
Toffenseur et celle de Toffensé. 

Au xn c siede et aux siècles suivants, c'étaìt d'après ics 
mémes principes qu'élait appliquée à Saint-Omer la loi du 
talion à tous les crimes autres que ceux dont nous venons de 
parler. A part cette exceplion, il n'y avait pas de crime ou de 
délit qui ne pùt se racheter par la composition, c'est-à-dirc 
par une réparation pécuniaire quo la loi des francs-saliens 
appello leudi-schalt ou simplement tendi, la loi des Allemands, 
tcer-geld et celle des Lombards, prelium hominis qui avait la 
méme signiflcation, celle de prix de Vhomme, rancon ou com- 
position, et en outre par une amcnde envers le Pouvoir public, 
amende qu'on appelait fredum, du mot fred. paix ; car, pro- 
tecteur de la paix publique, comme il avait une part dans 
toutes les offensesquila troublaient, le Pouvoir devait en avoiv 
une dans les satisfactions qui la vengeaient. 



X 



— 457 — 

Voici en eflet quelles sont les dispositions pénales édictées 
sous la charte de Philippe d'Àlsace, rèdine vers 4169, et 
dont l'originai, designò dans nos archives municipales sous le 
nom de Grand Privilége, a été publié par M. Louis deOiven- 
chy dans le t. iv des Mémoires de la Société des Antiquaires 
de la Morinie. 

§ 17. — Si quelqu'un dans la ville de Saint-Omer a tue un homme, 
s'il a été appréhendé et convaincu d'otre coupable, il n'y aura pour 
lui aucun moyen de salut ; que si par hasard, trompant notre vigi- 
lance et ayant recours à la fuite, il s'est échappé, scs maisons seront 
détruites. Quant à ce fugitif, il ne sera plus recu dans la ville, à 
moins qu'il se soit préalablement réconcilié avec les parents de la 
vielime ; il donnera dix livres, cent sous au Chàtelain et cent sous 
a la Commune pour fortifler la ville. 

§ 18. — Si quelqu'un dans la ville, a blessé un homme avec des 
armes et qu'il en soit convaincu par témoins, il paiera dix livres ; 
un liers à celui qui aura été frappé, un liers au Ghàtelain et un tiers 
à la Ccmmune pour fortifier la ville. 

§ 19. — Si quelqu'un, dans la ville, a frappé un homme et qu'il 
en soit convaincu par témoins, il paiera cent sous : un tiers à celui 
qui aura été frappé, un tiers au Ghàtelain et un tiers à la Gommuue. 

g 20. — Si quelqu'un a coupé Ics cheveux à un autre (par déri- 
sion ou insuite) et qu'il en soit convaincu, il paira 50 sous. 

g 21. — Si quelqu'un profère une injure contre un autre et qu'il 
cn soit convaincu, il donnera 40 sous. 

g 22. — Gelui qui, dans la banlieue, aura blessé un homme avec 
des armes, s'il en est convaincu par deux témoins, donnera cent 
sous. S'il l'a tue, il donnera dix livres, cent sous au Ghàtelain et 
cent sous à la Commune pour fortifier la ville. 

g 39. — Si quelqu'un est entré dans lVnclos d'autrui et qu'il y ait 
été pris et convaincu par deux témoins, il donnera 10 sous. 

g 42. — Tout larron qui aura été pris en flagrant délit de voi sera 
au plus tòt condamné à mort. Mais si quelqu'un a été autérieure- 
mcnt poursuivi pour voi et se trouve de nouveau accuse d'un autre 
voi par ses voisins, il devra se purger par le jugement du feu ou de 
Teau, etc. 

Ainsi d'après le code penai, en vigueur a Saint-Omer, au 



m 



— 458 — 

xn e siòcle, lous les crimes, exceplé le meurtre commis dans la 
ville et le flagrant délit de voi, pouvaient étre rachetés. Le 
meurtre méme commis dans la ville ólait susceptible de Tètre, 
lorsqne son auteur était parvenu a s'échapper, ce qui devait 
étre assez facile. Car suivant Fune des dispositions de la cou- 
tume on ne pouvait « ni prendre ni constituer prisonnier les 
» bourgeois de la diete ville pour bature ou navrure ou aultre 
» cas dont mort ne se soit ensuivie au jour de la prinse, ré- 
» serve pour désobéissance ou injure faite à j usti ce, ou contro 
» les droits et autorité du comte d'Artois, pour bature ou débat 
» fait de guet à pens ou aultre pareil ou plus enorme fait 
s> qu'ils auraient perpetrò ou fait perpétrer, laquellc prinse se 
» poeult lors faire par ordonnance ou permission de Mayeur 
» et Eschevins.- » On remarquera que le meurtre commis dans 
la banlieue était toujours rachetable, et taxé au méme taux que 
les blessures faites avec arme dans la ville. 

La somme de dix livres à laquelle est évaluée la vie d'un 
homme paraitra bien mediocre. Nous nous bornerons à faire 
observer que ces dix livres valaient 200 sous, que c'est aussi 
à 200 sous que la loi salique évalue la vie d'un homme et que 
ees 200 sous du temps de la loi salique valaient 400 boeufs, 
c'est-à-dire quelque chose comme 20 à 30 mille francs. En 
admettant méme qu'au xn e sièclc la dépréciation monétaire 
fùt dans les proportions de mille pour cent, depuis la rédac- 
tion de la loi salique, nos dix livres auraient encore valu de 
deux à troii mille francs. Il faut bien adraettre que cent sous 
avaient au xn c siècle, une valeur assez importante, puisque 
ceux qui ne pouvaient pas p^yer cette somme et méme une 
somme encore moindre étaient condamnés au pilori et au ban- 
nissement. 

Voici quelles soni, à cet égard, les dispositions du Grand 
Privilége. 

§31. — Si quelqu'un a commis l'un de ces délits dont l'amende 
est de cent sous et au -dessous et qu'étant convaincu il ne puisse ou 
ne veuille pas payer le prix fixé, il sera mis au pilori où il resterà 



— 459 — 

debout attaché un jour de samedi, depuis le matin jusqu'au s ir. Il 
sera ensuite expulsé de la ville et il ne pourra y revenir dans la suite 
sans la permission de celui quìi aura offensé par une injure grave ! 
et sans Je consentement de la Gommune. 

§ 32. — Quant à Pindividu qui fait le métier de bouffon ou à la 
femme querelleuse et insolente, s'ils se sont pris à attaquer quel- 
qu'un dans son honneur par des propos blessants, si étant convain- 
cus par le témoignage de deux membres de la Gommune, ils ne 
paient pas les 40 sous qui sont fixés pour l'injure verbale, ils seront 
semblablement mis au pilori, mais après cela ils ne seront pas ex- 
pulsés de la ville. 

La plupart des bannis allaient se réfugier dans le comté de 
Guines. « Item, est-il dit dans le Livre des anciens usages de 
» ce comté, s'il fut ainsi que aucun banni $e la comté de 
» Flandrcs, de Saint-Omer ou d'ailleurs, pour mori d'homme, 
» de larrècin ou d'autres cboses, et (qu') iceluy banny aliasi 
» demourer en la conte de Guysnes, faire le peut, etc. » 

Du reste, une fois bors de la banlieue, les bannis n'avaient 
plus rien à craindre de la juridiction échevinale. Il a été mème 
un temps où ils pouvaient trouver facilement un refuge aux 
portes de la ville ; car voici ce que nous lisons dans un arrét 
de 1541 : «Meme seroit trouvé que anchiennement lesdites 
» seigueuries de Lindequin et Longardin (à Saint-Martin-au- 
» Laèrt) appartenoient au prévót de ladite église (de Notre- 
» Dame) et pour ce qu'elles estoient scituées près de ladite 
» ville et en la banlieue d'icelle, souvent il advenait que les 
» bannis de ladite ville ville se retirèrent ès dites seigneuries, 

1 Nous n'avons pas besoin de faire observer que les mots latins 
infuriando, injuriam expriment toujours dansnos chartes cequ'on 
appello aujourd'hui une injure grave ou réelle, c'est-à-dire un ou- 
trage par action, une voie de fait, des coups et blessures : Si inju- 
riam feceiHt, hoc est si percusseril, dit la loi romaine. C'est ce qu'on 
appelait au moyen àge et c'est aussi ce que les procès-verbaux re- 
lati fs au droit d'arsin appellent injure et vilenie. Dans le Grand 
Privilòge comme dans la loi romaine l'injure simple ou verbale s'ex- 
prime par le mot convicium qui n'est puni que d'une amende de 
40 sous. 



— 160 — 

» corame en lieu non comprins en leur bannissement, ni sujet 
» à ladite ville, à cause de quoi lesdils mayeur et eschevins 
» avoicnt trouvé fachon d'acquester (d'acquérir) par eschange 
» lesdites scigneuries de Lindequin et Longardin. » 

Lorsqu'un condamné oflrait de payer sa composition et que 
l'oflcnsé la rcfusait pour conserver son droit de vengeance, 
on avait recours au corate qui donnait l'ordre de le faire en- 
lever et de le retenir en otage jusqu'à ce qu'il eùt consenti à 
donner au condamnó une charte de sécurité ou asseurement, 
c'est-à-dire un acte en bonne ou due forme par laquelle il 
rcconnaissait avoir re^u la composition, se tenir pour satisfait 
et déclarait renoncer à son droit de vengeance. C'élait encore 
ainsi que les choses se passaient méme au xiv e et xv e siècles. 

Voilà à quoi &e réduisait cette inexorable loi du talion que 
nos Charles communales admettent contre l'étranger jugé sui- 
vant les lois et les coutumes de la ville, secundum leges et con- 
suetudines ville et puni suivant la quantité du fait, secundum 
quantitatis facti, c'est-à-dire suivant le taux fixé pour chaque 
délit. Si l'application de cette loi péchait par un coté,. ce n'était 
point par sa rigueur, mais par son excessive modération qui 
équivalait presqu'à l'impunite, du moins pour les meurtres 
autres que ceux qui avaient été commis par des assassins ou 
des voleurs. Aussi voyons-nous l'erapereur Charles- Quint 
rendre plusieurs ordonnances « pour remédier, y est-il dit, 
» au grand nombre d'homicides qui se commettent journelle- 
» ment en nos pays de par-de^a (en Artois) par yvrognerie, 
» ou sans confìdence (sous confiance), de facilement obtenir 
» rémission. » 

Dans ses savantes Etudes sur Vhistoire, les lois et les ins- 
tltutions de V epoque méroting tenne, ouvrage couronné par 
l'Institut et publié en 1851, M. de Péligny, membre de cette 
académie, a fait ressortir d'ime manière aussi vraie qu'inté- 
ressanle cette transformation de la loi du talion qu'il appello 
la justice primitive du genre humain, en une réparation pécu- 
niaire qui, cbez les germains, était considérée comme le prix 



— 461 — 

de riiomme, leudi-schàlt> wer-geld, pretium homlnis et la 
canyon, le rachat de la vie du coupable. Dans les idées de ces 
peuples « une vife d'homme, dit M. de Pétigny, est la seule 
» indemnité qui puisse ètre justement offerte en compensation 
w de la perte d'un homme. Mais appliquée avec cotte rigueur 
» la loi du talion éterniserait les vengeanccs. Pour en adoucir 
» les effets, il fallut transiger avec le principe. On reconnut 
» qu'en droilstrict, la vie du meurtrier appartenaitaux parents 
» de la victime. Seulement on proposa de le racheter, moyen- 
» nant une rancon fixée d'un commun accord et les conditions 
» de ce racbat devinrent la base des traités à conclure entre 
» les familles pour le rélablissement de la pai* » 

De là vient que la loi salique comme dans toutes les autres 
lois barbares, la loi du talion n'est plus qu'un tarif qui embrasse 
lous les attentate contro les personnes et la propriété, depuis 
le meurtre, dont le prix sert de base aux autres, jusqu'aux 
simples injures. On vient de voir que le code penai de Saint- 
Omer, à part deux exceptions, se rattachait entièrement sous 
ce rapport à la loi salique. Aussi, ne trouvera-t-on dans aucun 
des documents de notre histoire qu'à Saint-Omer, a aucune 
epoque, on ait quelquefois crevé un oeil, arraché une dent, 
casse un bras ou une jambe à un individu, en punition de pa- 
reilles blessures inférées à autrui. Comme le dit M. de Pétigny, 
ces peines, chez les Germains étaient déjà remplacées par la 
composition, méme du temps de Tacite. (Test en ce sens qu'il 
faut entendre la loi du talion dans nos chartes communales. 
Celle de Cerny, dans le Laonais, en date de \ 084, le porte 
expressément. « Si, dit cette charte, il a été trouvé coupable, 
» il rendra tète pour tète, membre pour membre, ou il paiera 
» à l'arbitrage du mayeur et des jurés une rancon en rapport 
» avec le prix de la tòte ou la qualité du membre ; tei ad ar- 
» bitrium majoris etjuratorum prò capite ant membri qua- 
» litate dignam persolvet redemptionem. » 

L'histoire de l'origine et la naissance de la commune de 
Saint-Omer et celle de son droit communal sont encore à faire. 



* -^ 



— 468 — 

Cesi là une étude qui est très complete et qui rentre, il est 
vrai, dans le domaine de l'histoire generale et de la philoso- 
pbie, mais beaucoup plus encore dans celui da droit et de 
Thistoire locale et provinciale qui continue à étre l'objet de 
patientes recberehes. Quelles que soient l'intelligence et Faptì- 
tude doni oa puisse étre doué ce n'est pas l'oeuvre de quelques 
jours. H est fort douteux que ceux-là méme qui y travailtent 
depuis de longues années en soient encore au point d'arrivef 
a une synthèse embrassant cette étude dans toutes ses parties. 

Le droit d'arsin et la loi du talion sur lesquels nous venons 
de présenter ces quelques observations ne sont pour ainsi dire 
que deux points presqu'imperceptibles dans cette étude. En 
essayant de les rétablir tels que nous les apercevons, nous 
n'avons fait encore qu'effleurer ces deux questions. Nous lais- 
sons à d'autres le soin de le faire d'une manière plus complète. 
Nous n'avons eu d'autre but que de dire ce que c'était que le 
droit d'arsin et la loi du talion admise dans nos chartes com- 
nranales, de démontrer la moralité et la légitimité de ces deux 
droits, de donner une idée de l'application qui en était faite 
dans l'usage et de justifier ainsi nos chartes communales du 
reprocbe, suivant nous injuste, d'avoir sanctionné par Pad- 
mission de ces mémes droits, des principes contraires à la 
morale, au christianisme et à la civilisation. 

Ce but, l'avons-nous atteint? c'est a nos lecteurs qu'il appar- 
tieni de l'apprécier. 

A. COURTOIS, 



TABLE DES MÀTIÈRES 



-e*<o*o- 



FA0B8 

A vis aa lecteur là 2 

Portrait de l'anteur » à » 

Son éloge, par M. Delmotte là 77 

Observations préliminaires de l'auteur là v 

Dictionnaire Topographique de l'arrondissement de 

Saint-Omer 1 à 308 

L'ancien Idiome Audomarois 5 à 69 

Communauté d'origine et de langage entre les habitants 

de Fancienne Morinie Flamingante et Wallonne. . . 71 à 94 

La paroisse Saint-Martin hors les murs 95 à 133 

Quelques mots sur le Droit d'Arsi n 135 à 162 



1